Hey, me revoilà, un peu en retard, pour le quatrième chapitre de Chaos
J'hésite à remonter le rating en fait, vous me direz ce que vous en pensez ^^'
Merci pour vos vus et vos reviews !
Et merci à Emeraude pour sa correction !
Comme toujours, les personnages mentionnés n'appartiennent qu'à eux même, et s'il y a un problème avec l'utilisation de vos personnages n'hésitez pas à m'en parler !
Bonne lecture !
Chapitre 4 - Violences
Zaxrion ouvrit les yeux avec difficulté. Sa tête et son épaule semblaient se disputer la première place de la douleur la plus pénible. Le reste de son corps lui donnait l'impression de patauger dans de la mélasse. Il leva son bras valide avec difficulté, et le posa sur son front. Il remarqua alors la serviette humide qui y était posée, qui avait dû être fraîche un jour, et qui était désormais presque aussi bouillante que son front. Son regard fiévreux se posa sur la confusion qui régnait autour de lui, les meubles, les murs et le plafond se confondant en diverses tâches de couleurs indistinctes. Sa main valide poursuivit son examen, se posant sur son épaule bandée. Il sentait encore les muscles déchirés hurler à l'intérieur, et retira rapidement sa main, laissant son bras retomber le long de son torse.
Il s'accrocha à l'immense tâche blanche au dessus de lui, qu'il identifia comme étant le plafond, et vida son esprit, espérant perdre la douleur dans le flou qui l'enveloppait. Une tache violette se détacha soudainement de la confusion, se penchant sur lui et perturbant la pureté du blanc qui le soulageait un peu.
« Zaxrion ? Ça va ? »
La voix lui paraissait provenir d'un tunnel extrêmement long, mais il reconnut le timbre familier de Lavi.
Se sentant trop faible pour émettre le moindre son, il voulut utiliser la télépathie pour lui répondre. Il pensa alors simplement un « j'ai mal », loin de se douter de la réaction qu'il allait provoquer.
Un hurlement emplit la pièce, alors qu'une douleur indescriptible le traversait. Il reprit sa respiration, perdue dans un souffle erratique, et remarqua, lorsqu'il sentit des mains –les siennes- lui enserrer le crane, que c'était lui qui avait hurlé.
« Zaxrion ! Calme-toi, je vais chercher de l'aide ! »
La voix paniquée s'éloigna en courant, le laissant seul, les joues striées de larmes de douleur, il n'arrivait plus à penser, à respirer. Il ne faisait que serrer de plus de plus cette tête qui ne fonctionnait plus. Les taches de couleurs, devenues encore plus floues de l'autre côté de ses yeux humides, paraissaient tourbillonner autour de lui, moqueuses, lui disant toutes la même chose.
« Jamais tu ne t'en relèveras. Et jamais, ça ne s'arrêtera. »
Pendant ce temps, chez les Flammes, Draeline s'efforçait de déployer au maximum ses capacités. Ce qui ne fonctionnait pas comme elle l'espérait, Mad étant déjà familier avec l'impression que dégageait la porte parole. De plus, la conversation n'étant pas des plus faciles au vu du sujet.
« Attend, tu me la refais là ?
-Une faction inconnue vient de décimer une partie des troupes en mission. J'y étais, mais je n'ai pas pu voir grand-chose, c'était trop soudain, trop violent. Fait juste l'appel dans tes troupes, il y a eu des morts. Beaucoup de morts. Et il faut les arrêter.
-Mais… -Mad arpentait la salle de long en large- Mais comment ?! Qui ?!
-Je ne sais pas. Il y avait du feu, de la force inhumaine et au moins l'un d'entre eux peut bloquer nos pouvoirs.
-Attends, comment ça, bloquer ? Dans quel sens ?
-Dans le sens où Zaxrion a dû me tirer sur plusieurs mètres pour pouvoir émettre un appel télépathique avant de se faire toucher à son tour.
-Merde.
-Voilà. »
Mad se tut, réfléchissant à toute vitesse, puis elle releva les yeux.
« Attends, tu m'as dit qu'il y avait du feu ? L'un d'entre eux à des pouvoirs de feu ?
-Oui…
-Tu n'es pas en train d'insinuer que je suis impliquée là dedans n'est ce pas ? Emit Mad d'un air féroce, l'air prête à retirer ses gants.
-Non non –fit rapidement Draeline, les mains levées en un geste d'apaisement- Bien sur que non. Des membres de ton clan sont morts là bas, je te vois mal tuer tes propres alliés.
-Bon. –Mad reposa ses mains sur la table en soufflant, l'air visiblement à bout de nerfs- Je vais envoyer mes espions sur place, et je vais demander des nouvelles de tout le monde. Tu n'as aucunes idées de l'identité de ceux qui sont tombés, t'es sûre ? Ou même du nombre ? »
Draeline hocha négativement la tête, l'air triste
« Je suis désolée. Ils étaient au moins deux dizaines au sol. Des verts, des flammes… Zaxrion et moi on s'en est sortis de justesse. On a rien pu faire. »
Mad baissa les épaules, incapable de trouver une réponse adéquate. Elle déglutit, et pris un air dégagé.
« Je prends les opérations en main. Tu es la bienvenue ici pour quelques jours si tu as besoin de repos.
-Merci Mad… Mais, il y a Emeraude. Et les Verts sont sur l'affaire aussi. Peut être que vous pourriez trouver un arrangement ?
-Bosser avec Mandra ? T'as pas remarqué que cette connasse n'en faisait qu'à sa tête ? Ça va virer en bataille rangée, réfléchis ! Explosa soudainement la cheffe, forte de ses expériences passées avec les Verts.
-Vous avez toutes les deux perdues vos membres dans cette histoire ! Ils sont en deuils, et toi aussi. Ils vont vouloir se venger, et les flammes aussi. Et vu la force de l'ennemi, vous serez plus forts ensemble. En plus, vous êtes complémentaires.
-N'empêche que Mandra, c'est une sacrée salo…
-Tu sais être très désagréable aussi, je te rassure. L'interrompit Draeline, exaspérée.
-Je ne te permets pas ! »
Mettant fin à la dispute, Lise ouvrit soudainement la porte, et, en ignorant superbement la porte-parole, lança d'une traite :
« Sun a disparu avec Emeraude !
-Quoi ?! »
Kali s'enfonça dans son fauteuil, laissant simplement dépasser ses oreilles au dessus du dossier, prenant l'air le plus innocent possible alors que, sur l'écran, les deux personnages de l'ERB semblaient un peu perdus, s'écartant d'un baiser peu prévu au scénario. Derrière elle, une Mad particulièrement furieuse traversait le couloir en hurlant, Draeline sur ses talons, tentant d'utiliser son charisme pour l'empêcher de mettre feu aux pièces qu'elle et la leader des Flammes traversaient.
Une fois la tempête furax éloignée, Kali se glissa hors de son fauteuil et opéra une retraite stratégique dans le dortoir, tandis, qu'au loin, les gardes balbutiaient un rapport remplis d'excuses entrecoupés de cris leur promettant les pires châtiments s'ils n'étaient pas plus clairs.
La lapine, fermant la porte derrière elle avec soulagement, ne remarqua pas immédiatement les sourcils froncés qui étaient assis sur son lit.
« Kali, qu'est ce que tu as encore fait ? »
La serial shippeuse bondit sous le coup de la surprise, lâchant un petit hurlement, avant d'identifier la menace.
« Lise ! Qu'est ce que tu fais ici ?
-N'inverse pas les rôles, c'est moi qui pose les questions. »
Les longues oreilles de la lapine semblèrent s'affaisser en même temps que ses épaules, alors qu'elle prenait l'air le plus innocent possible en détaillant le visage fermé de l'espionne.
Lise avait bien changé. Au début des affrontements, elle avait opté pour la fuite, passant à travers les murs et les personnes pour éviter les combats au maximum.
Jusqu'au jour où elle avait compris qu'elle ne pouvait sauver qu'elle dans cette stratégie. Son frère était tombé sous ses yeux, emporté par une immense branche souple qui les avait raflés tout deux. Elle s'était rendue intangible, la plante meurtrière ne la touchant pas, mais son frère, auquel elle tenait la main, n'avait pas eu cette capacité.
Depuis, l'ancienne Lise avait complètement disparu. Elle avait participé activement à la séparation entre les verts et les flammes, et avait juré la mort de cette satanée Mandragore, et était la meilleure espionne du premier clan. Elle avait vite compris que tuer la mandragore ne serait pas simple, ses capacités en combats étant encore trop faible, et la nécessité de se rendre tangible pour la manœuvre impliquait une défaite quasi certaine. Mais sa hargne ne s'était pas dissipée durant ces longs mois d'espionnage. Elle avait aiguisé sa haine, en avait fait son carburant, son arme. Même si cela impliquer d'être désormais la seule compagne de ses longues journées. Elle travaillait seule, et restait à distance des autres membres de son clan, n'obéissant qu'à Mad et à ses instincts. Comme si le risque de partager un instant de joie la révulsait.
Ainsi, la présence de Lise au dortoir commun qu'elle refusait de partager n'avait clairement rien d'une visite de courtoisie.
« J'ai… Rien. Rien du tout. Balbutia Kalincka, peu crédible.
-T'as conscience de la gravité de la situation ? Une alliée qui disparait avec une ennemie qui connaît notre position ? Les Verts vont…
-Elles ne vont pas chez les Verts. Lança soudainement la lapine dans un regain d'assurance.
-Elles vont où alors ?
-J'en sais rien, très loin d'ici, elles vont fonder leur propre clan.
-Dans le but de nous attaquer ?
-Non ! Pour… Ben pour être ensemble, pour pouvoir RP, pour… -Kalincka sentit ses yeux s'humidifier malgré elle- Pour pouvoir faire comme avant ! »
Lise leva les yeux au ciel dans un soupire d'exaspération, et se leva.
« Avant n'existe plus Kali, rentre toi ça dans la tête. Arrête de vivre dans le passé.
-Comme si toi tu… »
Lise fonça sur elle, et, dans un glapissement, Kali se retrouva plaqué au mur, une lame contre la gorge.
« Ecoute moi bien le lapin, tu arrêtes tes conneries maintenant. Tu passes tes journées à faire n'importe quoi, tu ne sais même pas te battre autrement qu'avec ton épée débile, et encore, tu ne sais rien faire d'autres que l'agiter dans tout les sens. Si t'es encore là, c'est seulement car Mad pense encore que tu as une quelconque utilité, alors, soit tu rentres dans le rang une fois pour toutes et tu te mets sérieusement au boulot. Soit tu nous trahis encore une fois et je me charge moi-même de t'abattre, pigé ? »
La shippeuse déglutit, et hocha imperceptiblement la tête. La lame recula alors de sa gorge, et elle se permit une petite inspiration.
« Je ne dirais rien à Mad, mais que je ne t'y reprenne pas. »
Sur ces mots, Lise avança à nouveau vers elle, poussant Kalincka à se plaquer à nouveau contre le mur par reflexe, et la traversa, sortant ainsi de la pièce sans passer par la porte.
La respiration forte, Kali laissa quelques secondes s'écouler, essayant de retrouver son calme, mais ses jambes finirent par se dérober sous elle, la laissant glisser contre le mur en silence, alors qu'elle ramenait ses genoux contre son torse tremblotant.
Au loin, ayant quitté les lieux du carnage depuis longtemps, la quatrième faction marchait à la recherche d'autres surnaturels, guidée par une ancienne Flamme. Lev levait la tête en direction du soleil couchant, marchant en réfléchissant. Elle s'était enfuie de son sous-sol il y avait déjà deux semaines, et personne n'avait surement encore remarqué son absence, puisqu'elle vivait seule et recluse chez les flammes. Elle avait longuement hésité à finalement s'enfuir. Mad l'avait poussée à rester seule le temps d'apprendre à se maîtriser, mais cette protection avait fini par devenir un emprisonnement. Les jours passant, ses doutes disparurent les uns après les autres. Et, enfin, lorsque Mad lui avait refusé une autorisation de sortie, elle avait pris sa décision. Elle était tombée sur Nyxox après à peine trois jours d'errance, qui découvrait ses nouveaux pouvoirs en jubilant, et qui avait déjà formé son petit groupe, composé de Guez, qui avait un bras mécanique surpuissant, de Moonlight, une métamorphe, de Logaen, qui était capable de détruire la matière avec laquelle il était en contact, et enfin de Merle, qui était capable d'annuler les pouvoirs de tout ceux qui l'entouraient. Tous avaient leurs histoires, leurs spécificités, et elle n'était pas assez proche avec tous pour les connaître en détail.
Leur groupe hétéroclite était parfait, c'est ce qui lui suffisait. Ils l'avaient acceptée, Nyxox l'avait incitée à relâcher toute ses capacités dans leur projet : arrêter la guerre en détruisant tout les supers.
Lev avait été effrayée par cette idée dans un premier temps, les suppliant de penser à un autre plan. Mais, peu à peu, leur logique lui était apparue en même temps que leurs raisons. Tous avaient été refusés ou rejetés par un des clans, ou alors s'étaient simplement enfuis, comme elle, dégoutés de n'être que des simples outils dans une guerre qui n'avait aucun sens. Blessés, humiliés, et décidés, ils en étaient arrivés à cette conclusion. Pour que tout s'arrête, il fallait prendre le problème à la racine. Et comme Méta était hors d'accès, c'est à sa progéniture qu'ils avaient décidé de s'attaquer.
Mais de nouveaux doutes l'assaillaient à nouveau, et les images du carnage qu'ils avaient laissé derrière eux lui laissaient un goût de bile dans la gorge.
Surtout ce que Merle avait fait à ce pauvre Vert. Il avait déjà était touché par le canon énergétique dont était équipé Guez –Lev s'interrogeait encore sur son fonctionnement- et avait pourtant continuer à leur faire face, faisant rempart de son corps entre eux et la porte parole des Neutres, sérieusement amochée par un coup que Nyxox lui avait portée en pleine tête.
Le Vert avait toujours cru en une possible réconciliation des deux principaux camps, et, dans cette posture, Lev y avait vu Lola. L'ancienne Neutre s'était toujours interposée entre les verts et les flammes physiquement, quitte à prendre des coups, pour faire cesser les combats. Alors, Lev avait eu un instant d'hésitation.
Un instant d'hésitation que Zaxrion utilisa pour lancer un appel télépathique, fermant les yeux pour se concentrer.
Merle avait alors déboulé à toute vitesse et l'avait touché.
Elle pouvait annuler les pouvoirs des gens juste par la pensée, mais en voyant la dissidence de ce survivant qui osait défier ses capacités, elle avait sortie son attaque la plus puissante. Lorsqu'elle touchait un surnaturel, elle pouvait verrouiller ses capacités pour un long moment. Peut être même définitivement.
Zaxrion avait hurlé, et s'était effondré sur le corps de Draeline, la protégeant encore dans le peu de conscience qui lui restaient.
« Allez, fini le boulot » Lui avait demandé Merle.
Lev avait hésité, réalisant la cruauté de leurs actes, tournant le regard sur les multiples corps calcinés qui parsemait le chemin. Ils l'avaient attaquée, c'était de la défense.
Rien d'autre que de la défense…
Pourquoi elle en avait douté alors ?
Merle n'avait cependant pas eu le temps de réitérer son ordre qu'Emeraude apparu devant eux et disparu aussitôt, emportant Zaxrion et sa protégée.
Et Lev avait été soulagé.
Alors qu'elle avançait, toujours en direction de son ancien QG, elle s'interrogeait.
Mais qu'est ce qu'elle faisait ?
Meta, inspira profondément, contemplant la ville endormie décimée qui s'étalait devant elle, postée en haut du bâtiment où elle avait choisi de se cacher. Enfin… Là où les neutres la cachaient. Elle entendit des pas dans son dos. Elle se retourna, et elle constata avec allégresse qu'il ne s'agissait pas d'un de ses protecteurs-moralisateurs.
« Tu viens m'arrêter ? » Demanda-t-elle d'un air narquois à son ancienne amie.
La silhouette avança, se démarquant de l'obscurité pour devenir plus précise, son habit blanc déchiré par endroits attirant le peu de lumière qui régnait.
« Tu en as assez fait Méta, je ne peux plus te laisser continuer.
-Les neutres ont essayés bien avant toi. Ranne, Titipo, et les autres, ils ont essayés de tout faire cessé. Mais je dois continuer, tu le sais, Lola. »
La silhouette jeta en arrière sa capuche, désormais démasquée, dévoilant de courts cheveux bruns et le visage angélique de la fondatrice du troisième clan.
« On n'a jamais essayé de t'arrêter Méta, juste de te tempérer. Tu m'avais promis qu'il n'y aurait plus de morts.
-Tout ne s'est pas passé comme prévu, répliqua immédiatement Méta en serrant les poings.
-Tu aurais dû nous écouter.
-« Nous » ? Alors tu t'identifies toujours comme étant des Neutres ? Alors que tu les as abandonnés ? »
Lola ne répliqua pas, se contentant de fixer tristement celle qui fut son amie.
« Répond ! Hurla soudainement Méta.
-Je te hais Méta. C'est pour ça que je suis partie. Je te hais depuis le jour où on t'a retrouvé.
-Et maintenant, qu'est ce que tu comptes faire ? Comment tu vas m'arrêter ? Tu n'as pas de pouvoirs offensifs ! »
Lola s'approcha de deux pas, amenant une Meta intimidée à se coller à la barrière qui la séparait d'une chute dans le vide.
« Je n'en ai pas besoin. » Fit-elle.
Puis elle s'élança.
