Tony et Megan rejoignirent Gibbs en salle de réunion comme ce dernier l'avait ordonné. Au moins, elle n'était pas encore considérée comme une suspecte, songea le jeune agent soulagé, sinon le patron lui aurait demandé de la conduire au parloir. Et là, Megan n'aurait aucune chance car Gibbs l'aurait obligé à rester dehors. Seule, face à cet ancien marines, la jeune femme aurait craché le morceau en moins de deux.

Juste avant de rentrer dans la pièce, Tony lança un furtif coup d'oeil à Megan, un regard qui signifiait que tout se passerait bien et qu'il fallait s'en tenir à leur version. Gibbs les attendait, assis sur le bord de la table, et il arborait sa tête des mauvais jours. En avait-il au moins des bons? - songea Tony, amusé et effrayé à la fois en s'asseyant au bout de la table.

- « Madame Novak, je vous écoute, quand avez vous vu votre mari pour la dernière fois? »

Une façon détournée de lui demander son alibi, pensa Tony en s'abstenant pourtant du moindre commentaire.

Megan échangea un regard avec Tony puis déclara :

- « Je suis séparée de mon mari depuis plusieurs semaines, je n'habite d'ailleurs plus avec lui. Je suis passée hier soir pour qu'on puisse parler des arrangements concernant le divorce, quand je suis partie, il était bien vivant. »

- « Il était quelle heure? »

- « Euh... 20 heures environ. »

- « Vous étiez seule? » demanda Gibbs en déviant son regard sur Tony.

La jeune femme secoua la tête puis murmura un non.

- « J'étais avec elle, mais il était bien vivant quand nous somme repartis » fit Tony pour venir au secours de Megan. « Et j'anticipe ta question en te disant que oui, on a un alibi pour l'heure où il est mort. Ducky estime l'heure du décès au alentour de minuit, l'hôtel Plazza pourra confirmer notre présence. »

Gibbs eut un sourire au coin. Finalement, il l'avait bien entraîné.

- « Madame Novak, votre mari avait-il des ennemis? »

Megan déglutit, puis d'une voix claire et posée elle répondit :

- « Pas à ma connaissance »

Alors que pour elle, ce n'étaient pas cela qui manquait. Avec les années, la liste avait dû certainement s'allonger. Qui sait combien de contrats avaient-elles sur la tête maintenant? Voilà pourquoi, il était essentiel qu'elle quitte cette ville le plus tôt possible. S'ils avaient retrouvé son mari, ce n'était qu'une questions de jours, si ce n'est pas d'heures, avant qu'on mette la main sur elle.

- « Patron, nous devrions chercher du côté de Novak et non de son épouse. » proposa Tony, sachant pertinemment que s'il n'avait pas été mêlé à cette histoire, l'équipe aurait agit de cette manière.

D'abord enquêter sur le travail de la victime avant de s'intéresser aux civils la côtoyant. Sauf que Gibbs agissait à l'envers dans le cas présent. Pourquoi? Car il avait peur que son agent ait commis ce meurtre? Tony fut blessé à l'idée que Gibbs, après toutes ces années, ne le connaissent pas mieux. D'accord, il ne montrait de lui que ce qu'il voulait bien, mais pour le travail, n'avait-il pas fais ses preuves. Gibbs avait-il si peu confiance en lui?

- « ... à moins que tu penses que je sois le coupable... que j'ai voulu me débarrasser du mari de trop? »

- « Le crois tu vraiment, Dinozzo? » fit-il d'un ton plein de reproches.

Tony souffla de soulagement. Bien sûr qu'il ne le croyait pas capable!

- « Agent Gibbs » appela Megan « .. je n'aimais peut être plus mon mari mais jamais je n'aurai été capable d'un tel acte. »

- « Depuis combien de temps étiez vous marié?

- « Dix ans. »

- « Comment acceptait-il cette séparation? »

Megan se renversa contre le dossier de son fauteuil et leva les yeux au ciel. Bien sûr qu'il vivait mal cette séparation, car à sa différence, Peter l'aimait toujours. Mais le cap des sept dans de mariage avait terni leur bonheur commun, et sans même qu'elle rende compte, Megan avait vu ses sentiments pour lui disparaître. Finalement, en y repensant bien, elle ne l'avait jamais aimé autant que Tony. Mais voilà, Peter était rentré dans sa vie à un moment où elle avait besoin de se sentir de nouveau aimé, à un moment où sa solitude la pesait trop. A un moment où elle avait besoin de stabilité après avoir avoir couru pendant des années pour leur échapper...

- « Tu n'as pas à la garder ici, Gibbs. Laisse la rentrer à l'hôtel pour qu'elle puisse se reprendre, car au cas où tu l'aurai oubli son mari vient de mourir » dit Tony.

- « Est ce un ordre, Dinozzo? »

- « Euh non patron mais... » balbutia Tony qui n'arrivait jamais à formuler des paroles cohérentes lorsque son patron le regardait de la sorte.

- « Mais quoi? Pour le moment Madame Novak vous allez rester dans les locaux du ncis »

Tony ferma les yeux un instant, essayant de se calmer. S'énerver ne servirait strictement à rien mais ne ferait qu'attiser la curiosité de Gibbs.

- « Et pour vous deux? Comment vous êtes vous revu? » s'enquit l'ancien Marines sans laisser transparaître sa gêne d'évoquer un sujet qui concernait la vie privé de son agent.

Megan et Tony échangèrent un bref regard afin de savoir qui devait prendre la parole. Finalement, ce fut Tony qui prit l'initiative:

- « On s'est revu il y a environ 4 semaines dans un bar sur la douzième.. on a passé la soirée ensemble et de fil en aiguille.. je vais pas te faire un dessin patron »

- « Si justement » rétorqua Gibbs dont la gêne de Tony sur cet aspect de sa vie paressait étonnant vu qu'il avait toujours aimé se vanter de ses dons de dragueur ou d'amants.

Sauf... Sauf en ce qui concerne Jeanne. Le jeune agent avait fais des pieds et des mains pour cacher cette relation. Au départ Gibbs avait pensé qu'il agissait de la sorte par pudeur, mais finalement cette relation était restée secrète car Tony travaillait sous couverture. Alors si dans le cas présent son agent mettait les même réserves à ne pas parler de son histoire avec Megan, c'est qu'il y avait forcément une partie de l'histoire qui n'était pas nette.

Tony lui cachait la vérité...

Gibbs s'apprêtait à poser une question lorsque son téléphone sonna. Jenny désirait lui parler immédiatement...