Désolée pour cette attente; j'espère que cette suite vous plaira et pardon pour cette coupure
Les mains crispées sur le volant, pestant contre ce feu qui s'éternisait au rouge, Ziva songea pendant l'espace d'un instant à le griller mais s'abstint, se raisonnant que le moment n'était pas vraiment approprié pour causer un accident. Pas alors que son coéquipier était dans la mouse. Rien ne servait de causer plus de soucis à Gibbs qui, malgré tous ses efforts, ne parvenait pas à cacher ses inquiétudes pour son agent. Aussi paradoxe que cela puisse l'être, cette pensée la réconfortait. L'inquiétude de Gibbs pour Tony n'était pas celle d'un patron mais plutôt celle d'un ami. Ensemble, ils formaient une famille, tous se protégeant mutuellement et à tour de rôle quand ça n'allait pas fort.
Un coup de klaxon de la voiture derrière elle la ramena à la réalité, elle jura en israélien et démarra en prompt. Il ne lui fallut que quelques minutes pour arriver à destination, réalisant au passage qu'elle venait encore une fois de battre un record de vitesse. Ziva pouvait entendre ce que Tony lui aurait répliqué, toujours la même chose: tu es un danger public, voilà pourquoi je veux pas que tu conduises, je tiens trop à la vie. Il l'aurait dit avec un petit sourire narquois au coin de lèvres, ses yeux étincelant de malice enfantine.
Ziva coupa le moteur mais ne se résigna pas encore à sortir de la voiture. Elle ferma les yeux, inspirant, expirant, lentement et calmement. Rien ne servait de se montrer agressive lorsqu'elle le verrait, car ce comportement n'aurait pas – au contraire des suspects qu'elle interrogeait - l'effet escompté. Il ne se confierait pas mais au contraire, il se refermerait sur lui. Après trois ans à travailler avec lui, elle avait fini par le connaître ce bougre de Dinozzo! Il était assez étrange de voir que Tony se montrait parfois si impudique sur sa vie privée, parlant de détails assez gênant pour qui l'écoutait sauf pour lui, mais d'un autre côté, il savait aussi se montrait si discret. Une discrétion qui remettait alors en cause cette croyance selon laquelle il est impossible que Tony puisse garder un secret pour lui.
Tony n'était pas aussi facile à connaître que cela finalement... Il était même un homme à plusieurs facettes.
La jeune femme se décida enfin à sortir de la voiture et pénétra dans cet hôtel quatre étoiles : le Plazza. Emerveillée par tout ce luxe, elle en demeura toutefois écoeurée en pensant au prix qu'il fallait déboursée en somme d'argent sonnante et trébuchante afin d'avoir le privilège de passer une nuit ici. Le personnel lui dardait des regards curieux, se demandant ce qu'elle pouvait faire ici. Car à dire vrai, son style vestimentaire n'était pas vraiment le style réglementaire de la clientèle. Ziva se rendit jusqu'à la réception et montra son badge. Le visage du réceptionniste se tendit et demanda d'une voix tremblante:
- « Que puis-je faire pour vous agent David? »
- « Donnez moi le numéro chambre de Madame Novak »
Ziva eut la satisfaction de voir perler des gouttes de sueur sur le front dégarni de cet homme légèrement en embonpoint.
- « Je n'ai aucune Madame Novak d'enregistrer »
- « Essayez avec Dinozzo. »
- « Euh.. non, désolé. »
Interdite, la jeune Israélienne ne savait plus quoi penser jusqu'à ce qu'un éclair de lucidité ne lui traverse l'esprit.
- « Et avec Dinardo? »
Il tapota sur la clavier de son ordinateur et hocha de la tête.
- « J'ai une réservation au nom de madame et monsieur Dinardo, chambre 387, quatrième étage. »
- « Merci. » fit-elle en tournant des talons.
- « Madame, je dois vous annoncer » prévient le réceptionniste mais lorsque Ziva se retourna, il changea d'avis et dit « .. en fait, il faudrait mieux que vous vous annonciez vous même... »
- « Très bonne initiative »
Ziva rejoignit à l'aide de longue enjambées l'ascenseur et s'y engouffra au moment où les portes se refermaient. Elle appuya sur la touche quatre et croisa des bras.
Bon sang, pourquoi s'être enregistré au nom de Dinardo? Ce nom que Tony avait utilisé lorsqu'il était sous couverture lors de l'opération de la grenouille. Professeur Dinardo. Professeur de cinéma à l'université.
Soit elle se faisait des fausses idées, soit ce que Tony leur avait raconté jusqu'à là n'était qu'un mensonge. Et dire qu'elle se glorifiait de savoir déceler le vrai du faux chez les hommes et en particulier chez Tony. Sur ce point, il avait su la battre à son propre jeu et avec brio!
Quand il ne flattait pas son ego, Tony aimait se sous estimer, voire même s'auto-dériser - une façon pour lui de fausser les pistes, de ne pas voir qui était vraiment Antony Dinozzo? De montrer de lui que ce côté irresponsable, blagueur, et girouette sur le plan sentimental? Et si finalement, Tony s'était construit lui même cette personnalité pour cacher une blessure du passé. Car tous étaient d'accord sur ce fait, et notamment Ducky dont la psychologie frôlait la science exacte, Tony portait une blessure dont le temps n'avait pas eu pour effet de la cicatriser. Mais quelle blessure? Tout n'était pas à mettre sur le dos de son enfance troublée, car tant bien même qu'il venait d'une famille aisée, Tony n'avait pas eu une enfance des plus douces. Il crachait de temps à autres des brides de son passé, pensant que cela passerait inaperçu. Sauf pour Ziva, qui était rapidement tombé à la conclusion que Tony éprouvait une sorte de rancoeurs vis à vis de ses parents, mais pas au point de l'avoir blesser pour la vie. Car malgré tout, il aimait ses parents et les savait imparfait comme tout le monde.
Alors quoi? Qu'était-il arrivé dans son passé? Pourquoi donne t-il l'impression quelques fois et surtout depuis le début de cette enquête, de ne pas le connaître. De plus, son instinct de ninja détraqué - comme aimait Tony l'appelait quelque fois – lui soufflait que l'usage de ce nom n'était pas à prendre à la légère. Et si... Ziva secoua la tête, se refusant de penser que Tony puisse être encore une fois en mission sous couverture. Non, Jenny n'aurait pas fait une seconde fois l'erreur de cacher à Gibbs une telle chose. Elle se souvenait parfaitement de la colère de l'ancien marine lorsqu'il avait découvert le poteau vert.. euh non .. le poteau rose. Alors si ce n'était pas ça.. Quoi?? Un moyen de passer inaperçu aux yeux des gens. Car ce nom n'était connu que par très peu de gens.
Ziva cesse ses réflexions, elle était arrivée. Elle sortit de l'ascenseur et marcha jusqu'à la chambre 387. Elle inspira profondément et frappa quelques coups. Des chuchotements s'élevèrent de derrière la porte, puis après un temps qui lui parut extrêmement long la porte s'ouvrit.
à très bientôt pour la suite..
