Reis64, Sunday 87, Adrastea93, merci pour vos coms ça m'a poussé à écrire la suite plus rapidement
bonne lecture à tous!
Le FBI ne tarda pas à se rendre compte qu'on avait – une nouvelle fois – forcé l'entrée de leur serveur pour consulter des dossiers. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour savoir à qui le mérite en revenait. Une seule équipe au ncis avait suffisamment de culot et d'audace pour violer une loi fédérale. Lorsque Gibbs vit Fornell sortir de l'ascenseur, l'ancien marine adopta immédiatement sa tête des mauvais jours et sans un mot, il fit signe à son visiteur de le suivre dans l'ascenseur. Il appuya sur le bouton marche arrêt, les lumières se tamisèrent.
- « Tu sais Jethro, un jour ça va mal finir. Je ne serai pas toujours là à faire mon numéro de claquettes pour sauver tes fesses. »
- « Tobias, m'aurais tu transmis le dossier de Novak si je te l'avais demandé? »
Bien que formulée comme une question, le ton employé ne suggérait qu'une réponse négative. Bien sûr que non, jamais il n'aurait pu avoir le dossier, du moins, pas par les voies légales. Malgré ses années d'expérience dans le ncis, Gibbs n'avait toujours pas compris les raisons qui poussaient les agences fédérales à se livrer une guerre sans merci. N'étaient-elles pas sensées travailler coude à coude, pour que la loi soit respectée?
- « Etais tu au courant avant? »
Fornell sortit un paquet de chewing-gum de sa veste et en proposa un à l'ancien marine qui l'accepta; une façon à eux d'enterrer la hache de guerre.
- « Je ne l'ai su qu'il y a quelques semaines, lorsque mon directeur m'a chargé d'une mission de protection. »
- « Celle de Madame Novak »
- « Tony était déjà sur le coup. »
- « Tu l'as pourtant laissé faire » fit-il sans prendre la peine de cacher son agacement d'avoir été délibérément mis de côté.
- « Oui, car c'est un agent mais aussi car il était mieux placé que nous pour la protéger. Luciano a recours à des méthodes particulières pour s'occuper de ses victimes, Tony savait donc à qui, il avait à faire. »
- « Tu ne t'es pas dit à un moment donné que je devais savoir que le FBI se servait d'un de mes agents »
Ce qui lui aurait évité de perdre du temps et de gaspiller de l'énergie pour rien. Gibbs avait une sainte horreur qu'on se foute de lui et de son travail. Si seulement on l'avait tenu au courant, le ncis et le FBI auraient pu collaborer.
- « C'est une affaire commune désormais. J'ai un capitaine mort car sa femme est un témoin protégé contre un mafioso qui entend se venger à sa sortie de prison. »
- « Je sais tout ça. Mais Jethro... ne fais pas tout capoter avant qu'elle soit en sécurité. J'ai deux agents qui doivent aller la chercher à son hôtel. »
- « Et après? Que se passera t-il lorsqu'elle sera mise au rouge. A voir comment Luciano s'est occupé de son mari, je ne donne pas cher à Dinozzo pour qu'il lui arrive la même chose. » fit Gibbs avant de s'interrompre, comprenant que Fornell ne lui disait pas tout. « Que me caches-tu? »
- « Rien »
Gibbs sonda l'agent, et à voir la dilatation de ses pupilles, l'accélération de sa respiration, il mentait.
- « Tony va servir d'appât... pour que vous puissiez le prendre en flag de tentative de meurtre. »
- « Oui. »
Sa réaction ne se fit pas attendre, il frappa sur une paroi en acier de l'ascenseur à défaut de pouvoir le faire sur Fornell, se retenant à la dernière minute de lui fracasser la tête pour se défouler. Ça ne lui ressemblait pas de laisser transparaître ses sentiments. Pas comme ça. A vrai dire, il se sentait quelque part impuissant devant ce qui arrivait; Tony était envoyé au casse-pipe sans que lui ne soit là pour couvrir ses arrières.
- « Ne sous estime pas ton agent, Gibbs. »
- « Je ne le sous estime pas... je sais de quoi il est capable, mais qui va couvrir ses arrières une fois ta mission accomplie. On ne sait pas quand Luciano peut frapper. »
- « Dinozzo sait mieux que quiconque quel est son mode opératoire. »
- « Aurais-tu quelque chose à me dire, une chose qui ne serait pas écrite dans le dossier que j'ai lu » questionna Gibbs, tous ses sens en alerte.
Fornell, soupira, décidément rien ne lui échappait.
- « Comme toujours, ton instinct ne te trompe pas. »
- « Dois-je te frapper pour que tu me dises enfin ce que je dois savoir, Tobias » le menaça t-il, arborant un regard assassin.
- «Peu de temps après que Megan ait disparu de la circulation, juste avant le procès de Luciano, ce dernier a tenté une dernière fois de sauver sa peau. »
- « Comment? »demanda Gibbs, bien qu'il en avait une petite idée.
- « Il a kidnappé Tony pour lui soutirer des informations sur l'endroit où se trouvait Megan. »
L'ancien marine croisa les bras et par un signe de tête, lui indiqua de poursuivre.
- « Ils l'ont battu pendant trois jours, mais Tony tint bon, il n'a rien dit. »
- « Comment s'en est-il sorti? »
- « Il s'est échappé, personne n'a su comment il y est arrivé. Un passant l'a trouvé évanoui quelques pâtés de maison plus loin, gisant dans son sang. On lui avait planté un couteau à cran dans l'épaule et avec un sadisme sans bornes, on l'a tourné dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. »
Il n'était pas très difficile pour Gibbs d'imaginer la scène, son vécu militaire l'aidait même assez bien. Il secoua la tête pour effacer ce que son imagination lui montrait, ce n'était pas le moment de baisser sa garde, justement maintenant alors que tout était en train de se jouer. Ne jamais se relâcher, Gibbs se répéta cette phrase comme un tambour dans la tête.
- « Pourquoi... pourquoi cette partie n'est pas inscrite dans le rapport? »
- « Franchement je ne sais pas, mais à mon avis, Dinozzo l'a demandé pour que son passé ne puisse pas avoir de conséquences navrantes sur sa carrière. »
- « Comment ça? »
- « Il était sensé intégrer l'académie de police une fois l'année universitaire terminée. Psychologiquement parlant, être kidnappé et torturé pendant trois jours n'a rien de très glorifiant, on l'aurait certainement refoulé. »
Gibbs approuva, effectivement il comprenait les réticences de son agent. Lui même avait connu les regards de travers et les questions de savoir s'il était encore apte à être un bon marine lorsque Shanon et Kelly furent assassinées. Tous ces psy ne savent rien, ne comprennent rien.
OoO
- « Tu es prête? »
- « A redémarrer tout de zéro, encore... oui. » répondu Megan en mettant sa veste.
- « Tu l'as mis? »
Megan souleva son haut, montrant un gilet par-balles sur lequel était écris ncis.
- « C'est le tien, Tony? » demanda Ziva, décidant de se mêler de leur conversation.
- « Je n'y ai pensé que trop tard, donc oui je lui ai donné le mien. On ne sait jamais »
- « Enfin, gilet ou pas, ça ne servira pas à grand chose s'il lui tire une balle en pleine tête » argua Ziva.
Voyant Megan changer de couleur, l'italien donna un coup de coude à Ziva, maudissant sa manie de dire tout ce qui lui passait par l'esprit.
- «Ba quoi c'est vrai? »
- « Luciano n'aime pas les exécutions... il préfère faire durer le plaisir si on peut parler comme ça. La preuve en est, son mari. »
Ziva ne sut pourquoi, mais elle eut la sensation que son coéquipier parlait d'expérience. Perplexe, elle vérifia néanmoins ses munitions sous l'oeil affolé de Tony qui lui faisait des signes de ne pas le faire devant Megan.
à suivre...
