coucou tout le monde, merci pour vos reviews qui me font énormément plaisir, voilà un long chapitre avec... une coupure qui vous donneront certainement envie de me tapper lol


- « Ziva, vous êtes un cordon bleu, avec un rien vous nous avez préparé un vrai festin. » fit Megan en l'aidant à débarrasser.

- « Ne flatte pas trop son ego, sinon elle risque de prendre la grosse tête. »

- « C'est l'hôpital qui se moque du malade » grinça l'israélienne

- « On dit la charité, c'est l'hôpital qui se moque de la charité. » rectifia Tony.

- « Peu importe! » se vexa Ziva.

Elle ne devrait pas s'énerver autant, surtout qu'elle était habituée à ce que Tony la reprenne régulièrement sur ses fautes de langages, une manière pour lui de nourrir son machisme et un moyen pour elle de s'américaniser. La vérité est qu'elle ne supportait plus d'être dans cette pièce avec eux, les écoutant parler du passé, les voir se regarder avec tendresse. S'en était trop.

- « Je sors pour m'assurer que tout va bien » informa Ziva en attrapant sa veste.

Une fois dehors, Ziva rabattit le col de sa veste, un vent froid et cinglant s'était levé depuis la tombée de la nuit. Elle descendit les marches du perron et s'assit sur la dernière marche. Elle ferma les yeux, inspirant, expirant lentement et calmement. Ce dîner avait mis ses nerfs à bout.

- « Tout va bien agent David? »

- « Megan, vous devriez rentrer à l'intérieur » somma Ziva.

- « Je ne crois pas non » la contredit-elle en s'asseyant à ses côtés.

- « Megan... »

- « Je sais très bien que vous ne m'aimez pas trop. »

Ziva hocha de la tête en signe d'acquiescement, effectivement elle ne l'aimait pas, pourquoi prétendre le contraire?

- « Et je crois savoir aussi pourquoi? »

- « Vous m'intéressez, dites moi » fit Ziva, sarcastique.

- « Vous aimez Tony »

Ziva se mit à rire comme si elle venait d'entendre la blague la plus drôle de toute sa vie.

- « C'est une façon d'agir. »

- « Comment ça? »

- « De refuser d'écouter son coeur pour ne pas prendre le risque de souffrir. »

La gorge de Ziva se serra à l'entente de ces mots pour les avoir elle même prononcés à Tony du temps où il sortait avec Jeanne.

- « Tony est un homme bien. »

- « Je sais, mais... »

- « Mais quoi? Entre vous ça crève les yeux qu'il se passe quelque chose. »

- « Ah bon! Et que se passe t-il entre nous, allez s'y mettez moi au courant! »

- « C'est dur pour moi de le voir aimer quelqu'un d'autre » chuchota Megan

Ziva observa du coin de l'oeil la jeune femme, concluant que malgré le temps et les années de séparation, Megan l'aimait toujours. Tony était et serait son éternel amour.

- « Mais je ne ferai rien pour le retenir. Ziva, c'est sûrement un cliché mais il dit pourtant vrai: la vie est courte, si courte pour ne pas dire aux gens qu'on les aime. Qu'est ce qui vous empêche de vous aimer? »

Elle avait bien une dizaine de bonnes raisons en tête, à commencer par la fameuse règle numéro 12 : ne pas sortir avec un de ses collègues, mais finalement, cette règle lui servait de prétexte puisqu'elle appréciait que très modérément qu'une foutue règle lui dise avec qui elle pouvait sortir ou pas. Après? Le fait que Tony ne soit pas juif représentait-il un problème? Là encore c'était une excuse plus qu'une raison, car en règle générale elle faisait toujours le contraire de ce que son paternel lui imposait, surtout en matière d'homme. Alors quoi? Avait-elle peur que ses sentiments ne soient pas partagés? Avait-elle peur que Tony ne brise son coeur comme il avait su le faire avec tant d'autres femmes?

- « Vous vous trompez Megan, Tony et moi ne sommes que des amis. »

- « Des amis, oui bien sûr, on agissait pareil avant de se mettre ensemble. Vous ne cessez pas de vous chamailler, sans parler de ces regards... Faites lui un peu confiance, Ziva. »

- « Je lui fais confiance, on est partenaire »

- « Je veux dire, dans le cadre intime; il ne fera rien pour vous blesser intentionnellement. Il va m'en vouloir de vous en avoir parlé mais... »

- « De quoi? Qu'est ce que je suis censée savoir? »

- « Il ne s'agit pas de lui trouver une excuse sur son comportement passé avec les femmes, mais il faut savoir qu'il a vécu un événement assez perturbant. »

- « Votre séparation, oui. »

- « Non, il y autre chose »

Megan se massa la nuque, inspira profondément puis parla d'une voix brisée.

- « Tony est un homme d'honneur et c'est encore plus vrai en amour... Peu de temps après ma mise sous protection des témoins rapprochés, Tony a été kidnappé par Lucciano »

- « Pour le faire parler? »

- « Oui. Il savait pourtant où je me trouvais... il était le seul à savoir même ma famille l'ignorait. »

- « Il n'a rien dit. »

- « Rien. Trois jours de tortures et Tony n'a pas dit un seul mot. Avez vous déjà remarqué une cicatrice sur son épaule gauche?

Ziva murmura un faible oui pour l'avoir vue lors d'une mission sous couverture, mais elle n'avait jamais osé lui demander comme il s'était fait ça.

- « C'est le résultat d'un couteau à cran qu'ils ont tourné encore et encore jusqu'à ce la douleur soit si intense qu'il tombe dans les pommes »

La jeune israélienne déglutit avec difficultés, considérant son expérience au mossad elle n'avait aucun mal à imaginer la scène.

- « Et pour le réveiller, on lui balançait une ou deux décharges électriques sur le torse . »

- « Comment... comment? »

- « Comment a t-il tenu? Comment s'en est-il sorti? Un moment d'inattention d'un des gardes qui le remettait dans sa cellule, il lui restait si peu de forces mais assez pour l'assommer et s'échapper. »

Ziva se mit à trembler, mais pas de froid. Elle souffrait de savoir ce que Tony avait enduré, ce qui expliquait bien des choses finalement...

- « Tony est capable de tout pour quelqu'un qu'il aime, pour vous il soulèverait des montagnes... il n'attend qu'un signe de votre part »

Megan se leva et rentra dans la maison, laissant Ziva songeuse.

Il est capable de tout pour quelqu'un qu'il aime... Ziva le savait déjà, par amour, Tony aurait été capable de tout abandonner pour Jeanne, son métier, ses amis, tout, pour suivre une femme qui ne le méritait pas. Une femme qui l'avait accusée du meurtre de son père uniquement pour se venger de lui avoir menti sur son identité, alors que ses sentiments, eux, étaient véridiques et non simulés. Et elle, est ce qu'elle pouvait prétendre le mériter? C'est là que la bas blesse. Ziva avait un lourd passé dont elle n'était pas vraiment fière. D'accord, en trois ans elle avait changé, la tueuse était devenue une enquêtrice, la femme réservée et méfiante s'était peu à peu ouverte au monde, mais intrinsèquement, elle était et restera quelqu'un de mauvais... Elle savait faire un amalgame avec son frère Ari, mais c'est ce qu'elle ressentait, l'impression d'être comme son frère : une mauvaise graine. Ziva n'avait pas su voir la véritable personnalité de son frère, pas su faire abstraction du lien familial pour se rendre compte qu'il jouait un double jeu. Et les conséquences de son aveuglement avaient été la mort de Kate, un membre apprécié de l'équipe de Gibbs.

Peux t-il m'aimer malgré ça? En dépit de mon lien avec Ari, en dépit de ma nature réservée, en dépit de sa peur d'aimer...

Pour la première fois de sa vie, Ziva avait peur, et elle ne supportait pas ce sentiment de faiblesse qui lui embrouillait l'esprit et l'empêcher de penser rationnellement. De rage contre elle même, elle donna un coup dans le pied de l'escalier puis rentra dans la maison.

- « Ça y est on s'est calmé, David » dit Tony assit sur le canapé.

- « Où est Megan »

- « Partir dormir, tu peux en faire autant »

Le ton de son coéquipier était froid.

- « Et toi? »

- « Je vais rester éveillé. »

Sans un mot, la jeune femme s'assit à côté de lui sur le canapé, n'osant pas le regarder en face.

- « Ziva, tu peux me dire ce que Megan t'as fais? »

- « Rien »

- « Ba voyons, si tes yeux pouvaient tuer, moi et elle on seraient morts. » rétorqua t-il sarcastique avant d'ajouter sur un ton amusé. « Tu es jalouse. »

- « Non, mais tu rêves là Dinozzo! »

Tony s'approcha de son visage et à mesure que les secondes passaient, un sourire de triomphe s'élargissait sur son visage.

- « Tu mens, tes pupilles se dilatent, Zee-va. »

- « Ok, ok, je suis jalouse. Tu es content » s'énerva t-elle, levant les yeux au ciel.

- « Très... car ça signifie que »

- « Stop! » le somma t-elle en levant son index pour qu'il se taise.

Elle n'était pas prêt encore à assumer cette vérité et encore moins à ce que Tony la lui dise à haute voix.

- « Ziva » l'appela t-il d'un voix rauque en couvrant sa main avec la sienne « Tu ne t'es jamais dis que ça pouvait être partagé. »

- « Tony. »

Pour une fois, Ziva resta sans répartie, clouée par ce qu'elle voyait dans les yeux de l'italien. De la sincérité et quelque chose... qui lui coupa le souffle.

- « Je ne plaisante pas. »

- « Je sais. »

Et c'est d'ailleurs ça qui était si déconcertant.

- « La grande Ziva David aurait-elle peur de livrer ce combat? »

- « Plutôt de partir perdante »

Tony s'humecta les lèvres, cherchant les mots qui pourront la rassurer, mais que peut-on dire à une personne qui a peur d'aimer? Jusqu'à Jeanne, il n'avait jamais voulu prendre le risque de s'accrocher à quelqu'un, préférant l'attache charnel à celui du coeur, sauf que malgré ses efforts pour ne pas succomber, il s'était fait capturé par les rouages de l'amour. Il entrevoyait le bonheur avec le médecin jusqu'à ce qu'on lui ferme la porte au nez, juste au moment où il acceptait enfin l'idée d'un : pour la vie. Il avait mis du temps à guérir, se disant qu'on ne l'y reprendra pas à croire en l'amour, que finalement il était mile fois plus heureux lorsqu'il se comportait sexuellement comme un adolescent. Sauf qu'il se trompait, et lourdement.

- « Toi, tu refuses de prendre un risque?! »

Tony esquissa un sourire ce qui effraya Ziva, le connaissant, il avait sûrement une idée derrière la tête. Lorsqu'il s'avança de son visage, elle aurait pu reculer, quand il posa une main sur son visage, il lui aurait été facile de le repousser, mais la jeune femme n'en fit rien. Elle se laissa porter par les événements. Quand elle sentit son souffle contre sa bouche, Ziva ferma les yeux, attendant le contact de ses lèvres sur les siennes. N'y tenant plus, elle combla la distance les séparant, leurs lèvres se frôlèrent doucement au départ, puis la passion enfouit en eux depuis si longtemps se réveilla et s'empara d'eux. C'est à ce moment là que la lumière se coupa...


à suivre... bientôt