une suite plutôt que prévue mais la prochaine sera plus longue à venir par manque de temps
Ziva s'effondra à même le béton brut et se recroquevilla dans la position du foetus, à semi consciente. Aucun repère, aucune indication, la pièce était plongée dans le noir, elle resta allongée sur le sol le temps que la pièce cesse de tourner... ou plutôt sa tête. Elle se toucha la bosse qui se dressait fièrement sur le coin du crane et sentit du sang séché dans ses cheveux, sur sa joue. Au bout d'un laps de temps indéterminé, la porte s'ouvrit et une forme fut projetée vers elle, l'empêchant de s'approcher pour voir à qui elle avait affaire, le corps s'affala à ses pieds tandis que la porte se refermait dans un bruit sinistre.
A l'aveugle, elle s'avança de la forme couchée, inerte apparemment, et toucha le visage : la mâchoire carrée, la barbe naissante, des cheveux courts; Ziva reconnut Tony. Elle s'assit, parvint à soulever à demi le corps, le prit dans ses bras en passant les siens par-dessus sa tête. Malgré elle, Ziva ne put s'empêcher de sourire en se sachant fermement enlacée à lui.
- « Tony » lui murmura t-elle à son oreille. « Réveille toi, s'il te plaît, ne m'oblige pas à me montrer violente... »
Même s'il faisait noir, Ziva souffla de soulagement en l'entendant respirer et gémir doucement. Elle continua d'essayer de le réveiller en lui parlant de choses vécues ensemble, profitant de l'occasion pour lui dire aussi à quel point il l'agaçait. Sa persévérance fut couronnée de succès, au bout de quelques minutes, il commença à émerger et à sortir de sa torpeur.
- « Ziva David ne profiterait-elle pas de la situation pour me peloter » dit-il faiblement.
Ziva jura en hébreux. Tony était toujours fidèle à lui même, un éternel adolescent.
- « Tu es impossible ma parole, je voulais juste m'assurer que tu n'étais pas blessé »
- « Oh tu sais, un coup de plus, un coup de moins sur la tête . »
- « Cette planque du Fbi devait être sûre! On s'est bien fait voir! » grogna Ziva.
- « Le terme c'est : avoir »
- « Je vois pas de différence. »
- « Je peux pas te dire Ziva...je sais pas d'où vient la fuite. »
- « Qu'est ce qu'il s'est passé dehors, Tony? »
Elle l'entendit respirer bruyamment comme s'il essayait de se rappeler ou qu'il cherchait ses mots.
- « J'ai trouvé un des deux agents avec la gorge tranchée à côté de la voiture et l'autre un peu plus loin. Il devait être cinq, j'en ai eu un je crois avant de me faire assommer » lui expliqua t-il avant de se redresser vivement. « Attend, Megan? Je t'avais dis de prendre le passage secret et... »
- « Du calme, Megan va bien, enfin je crois. Je t'ai rejoins après avoir contacté Gibbs. »
- « Tu m'as désobéi, Zee-va » lui reprocha Tony sur un ton qui n'était en rien réprimant.
- « Oui et alors? »
- « Laisse moi te poser une question, Ziva, pourquoi es-tu encore en train de m'enlacer. Je suis réveillé à présent et je vais bien. Je ne suis donc pas le seul à aimer ce genre de lieu étroit et sombre... » fit-il d'une voix rauque.
- « Qui facilite les rapprochements?! J'ai comme une impression de déjà vu là. »
- « Oui, d'ailleurs je me passerais bien de me faire prisonnier même si je suis avec toi, en plus il y a pas de caisses remplies de dvd porno cette fois-ci »
- « Tony! »
- « Je sais c'est pas le moment de faire de l'humour » fit-il en se dégageant de son étreinte.
En se libérant de son étreinte, Ziva crut entendre un faible gémissement s'échapper de sa bouche.
- « Ça va Tony? »
- « Oui, juste des courbatures je commence à me faire vieux » la rassura t-il du mieux qu'il put, mais en touchant sa cuisse, il constata que non, tout n'allait pas bien.
Sa blessure saignait toujours autant, il devrait faire un garrot s'il ne voulait pas se vider de tout son sang .
- « Arrête de me raconter des histoires, qu'est ce que tu as? »
- « Rien... Ok j'ai une petite égratignure à la cuisse mais rien de méchant. »
- « Rien de méchant? » lui demanda t-elle sceptique en s'approchant de Tony pour lui palper la cuisse.
Ziva constata l'ampleur des dégâts, et chose étonnante, Tony minimisait pour une fois l'état de es blessures alors que d'ordinaire il aimait rajouter une couche pour se faire plaindre et accueillir la sympathie de son entourage.
- « Oui bien sûr ce n'est qu'une égratignure, tu comptais me le dire quand? Je te comprends pas d'habitude tu geins comme un sinus au moindre bobo et là tu te tais. »
- « Tu veux dire comme un minus?! »
- « Oui je sais, mais je voulais rester polie. »
- « Tu t'inquiéterais pour moi? » lui demanda Tony dont la voix disait qu'il souriait.
- « Tu rigoles?! Je ne tiens pas à ce que tu meurs sinon je devrai travailler seule avec Gibbs, ce fou furieux » lui répliqua t-elle sur un ton sarcastique pour masquer son inquiétude.
- « Tu oublies Mcguignol. »
- « Tu es désespérant » souffla t-elle, dépitée.
La jeune Israélienne déchira un bout de son chemisier et entoura avec le tissu la cuisse de Tony, espérant que Gibbs les trouve rapidement et surtout que leurs tortionnaires n'aient pas l'intention de faire joujou avec leurs couteaux sur eux entre temps.
- « Dommage qu'il fasse noir »
- « Désolée de briser tes rêves mais je n'ai pas enlever tant que ça sur mon chemisier. »
- « Dommage. »
- « C'est un couteau qui t'as fait ça? »
- « Oui, alors crois moi après ça Gibbs pourra me frapper autant de fois qu'il veut mais je n'aurai plus de couteau sur moi. »
- « Tu sais ce qu'ils vont nous faire, hein? »
Face au silence de son coéquipier, Ziva explosa littéralement.
- « Tony, réponds moi, j'ai le droit de savoir à quoi on peux s'attendre! »
- « Et qu'est ce qui te fait croire que je le sais? »
- « Peut être car tu ais déjà passé par là, il y a 20 ans. C'est Megan qui m'en a parlé. »
- « Et elle n'aurait pas dû. Ils ne te feront rien, non je ne le permettrai pas.. » fit-il d'une voix ferme et autoritaire comme si au final tout dépendait de lui, mais ce n'était pas le cas, tous les deux le savaient.
- « Tu ne le permettras pas?! On croit rêver ! Tony, nous sommes enfermés, dieu sait où, loin de toute aide! Tu penses sérieusement qu'ils vont nous libérer car Anthony Dinozzo le demande. »
- « Tiens ça me rappelle un film de 1964 de Jules Dassin un très bon film avec... »
- « Bouche là! » le coupa t-elle.
- « On dis : boucle là. »
- « M'en fous! »
Ziva alla se réfugier à l'opposé de la pièce, entourant de ses bras ses genoux repliés et baissa la tête jusqu'à ne plus vouloir rien voir, ni rien penser. Faire le vide. Etre ailleurs. Echapper à tout ça.
Tony se rendit compte qu'une fois encore, il avait dépassé les bornes, il respecta donc son voeux de silence. Ses paupières devinrent soudainement lourdes, il ne devrait pas s'endormir, mais l'appel du sommeil étant plus forte, il se permit de fermer les yeux quelques instant... oui, juste quelques instants... ça ne lui fera pas de mal.
À suivre...
