Merci à tous pour vos reviews je ne le dirai pas assez mais c'est mon carburant pour écrire lol, voilà un nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaise. Bonne lecture!
Comment passer à autre chose alors qu'il n'avait envie que de hurler, d'évacuer sa colère et son impuissance? C'est dans cet état d'esprit que Gibbs arriva au ncis. Il voulait s'isoler. Rester seul. Penser que ce monde était devenu fou. Sauf que c'était un luxe auquel il ne pouvait se permettre, deux de ses agents étaient retenus captifs je- ne- sais-où, s'ils n'étaient pas déjà morts... Non, ils n'étaient pas morts, il refusait d'y croire car si tel était le cas, au fond de lui il le saurait. Son flair était imparable, alors pourquoi ne pas avoir écouté ce que ses tripes lui disaient? Pourquoi n'avoir pas rejoint Tony et Ziva? Avec l'âge il se ramollissait, à quoi bon refaire le monde avec des si au lieu d'aller de l'avant pour rattraper son erreur. Ne pas s'apitoyer sur son était une de règles d'or, ne l'avait-il d'ailleurs pas rappeler à Cassidy lorsque son équipe avait trouvé la mort lors de l'explosion d'une bombe par des kamikazes! Si j'étais vous, je pleurais mes hommes qu'une fois le responsable sera lui aussi mort.
L'ancien marines pénétra dans le laboratoire de Abby, nullement étonné de ne pas entendre le moindre accord de techno, ce qui était assez caractéristique en soi. Elle n'avait pas le moral; quoi de plus naturel.
- « Abby » l'appela t-il d'un ton paternel.
La jeune gothique avait les yeux creux, signe d'une extrême fatigue, les litrons de café ingurgités n'étant de toute évidence plus assez pour l'aider à garder les yeux ouverts, seule son inquiétude pour ses amis l'obligeait à garder le cap.
- « Je n'ai pas encore l'identité de notre inconnu, mes bébés cherchent encore »
Gibbs regarda l'écran plasma sur lequel défilait à toute vitesse les empreintes digitales de différentes personnes fichées dans l'attente d'une concordance avec celles du macchabée que Ducky était en train d'autopsier.
Après le coup de fil de Megan, Gibbs et Mcgee s'étaient rendus sur place, mais trop tard, ils n'avaient pu que constater les dégâts et récolter un paquet d'indices. Les deux agents du fbi avaient été retrouvés la gorge tranchée d'une oreille à l'autre, ce qui n'était pas sans rappeler les méthodes de l'homme de main de Luciano. Une lacération franche et profonde.
Gibbs avait également retrouvé le corps d'un homme touché en pleine poitrine par Dinozzo à en croire le rapport balistique de la laborantine.
- « Où est Megan? »
- « Elle se repose dans le grand salon » répondit Gibbs, observant la jeune femme du coin de l'oeil.
Il la savait extrêmement sensible, voire même plus que la plupart des gens. Abby avait sans cesse ce besoin de tendresse, d'enlacer les personnes qui comptaient beaucoup pour elle. Etrange dirait-on pour une personne dont la mort était une fascination, un loisir?
- « Tu ne m'as pas amené de café » demanda la jeune femme en sourcillant ce qui lui donnait un petit côté enfantin tout à fait craquant.
- « Je n'ai pas eu le temps, Abby »
La jeune femme délaissa quelques instant son ordinateur pour se rendre au frigo où elle en sortit un caf-pow.
- « Règle de Abby: toujours avoir de la réserve. »
- « Abby, tu m'as appelé car tu avais quelque chose pour moi » fit Gibbs d'un ton le plus doux qu'il put, l'impatience commençant à le gagner.
- « Oui, j'ai trouvé des choses intéressantes sous les chaussures de notre John Doe, très intéressantes qui pourraient nous conduire au lieu où ... du lieu où Tony et Ziva sont capturés » dit-elle mais les derniers mots étaient mélangés à des sanglots.
Puis elle se jeta dans les bras de Gibbs qui resserra son étreinte, comprenant que la jeune femme ait besoin de réconfort.
- « Dis moi qu'ils sont vivants Gibbs, s'il te plaît dis le moi » lui susurra t-elle conte l'oreille.
- « Je vais tout faire pour les retrouver » lui répondit-il, ne voulant pas dire ou promettre quelque chose qui ne dépendait pas de son bon vouloir.
OoO
Qu'il pouvait être si agaçant parfois! Ziva rongea son frein et lorsqu'elle fut calmée ou plutôt, au moment où elle n'avait plus d'envie de meurtre envers son coéquipier, elle l'appela d'une voix froide:
- « Tony? »
Son appel ne trouva aucun échos. Elle tendit l'oreille et constata que la respiration de Tony était lente comme s'il dormait, ce qui ne devrait pas l'affoler vu la nuit qu'ils venaient de passer, et surtout, connaissant la fâcheuse manie de son coéquipier de pouvoir s'endormir partout même sur un tas de bois; toutefois elle se souvint de sa blessure à la jambe. Ziva s'avança vers lui pour examiner sa blessure, son bandage de fortune imbibé, sa plaie ne cessait de saigner. Si Tony ne voyait pas un médecin dans les plus brefs délais; il se videra de tout son sang.
- « Dis donc Ziva David, tu ne serais pas encore en train de profiter de moi? » fit Tony dans un murmure.
Il avait essayé de parler d'un timbre de voix des plus normal pour ne pas confirmer ses craintes, la vérité était que ses forces se réduisaient d'heures en heures, il le sentait. Pas besoin de toucher sa plaie à la cuisse pour savoir qu'elle saignait toujours autant, avec la veine qu'il avait – et sans faire un mauvais jeu de mot – il avait certainement une artère de sectionnée.
- « Il faut que je te change ton bandage » répondit Ziva sans formuler une quelconque réplique cinglante pour lui rabattre le claquet.
Que Ziva ne prenne pas la peine de lui répondre était assez effrayant, démontrant à quel point leur situation était désespérée.
- « Gibbs nous trouvera »
La jeune Israélienne aurait aimé avoir la même foi inébranlable que Tony en leur patron, cette même conviction que tout se terminera par un happy end, mais plus réaliste, ou disons moins crédule que lui, elle savait aussi que Gibbs pourrait faillir et arriver trop tard.
- « Qu'est ce que tu fais? »
- « Je te l'ai dis, il faut te changer ton bandage » dit-elle en déchirant un autre bout de son chemisier qui était heureusement assez long.
- « A ce rythme, tu n'auras plus de vêtement, le comble c'est que je ne pourrai même pas profiter de la vue »
- « Surtout si tu meurs avant »
D'une main hésitante, de peur de lui faire mal, Ziva défit le bandage, et bien qu'il fasse noir, elle l'entendit gémir faiblement.
- « Pardon.. »
- « C'est à moi de m'excuser, Ziva. Tu as raison, tu es en droit de savoir. »
- « De savoir quoi? »
- « Ce qu'il nous attend si Gibbs nous retrouve pas à temps. »
Ziva ne dit rien, son silence étant assez éloquent en soi, elle attendait la suite. Sans même s'en rendre compte, elle cessa de respirer, s'attendant au pire. Tony inspira un bon coup puis débuta sa litanie:
- « Luciano ne fait pas le sale boulot, non, c'est son toutou qui se charge de tout. Martino aime par dessus tout déstabiliser ses victimes, leur faire perdre tout repères, toute notion de temps comme en les enfermant dans le noir pendant des heures, voire des jours, sans manger, sans boire... Je suis déjà passé par là. On a rien d'autre à faire qu'attendre, la peur monte, on se demande ce qu'il va nous arriver. Lorsqu'il a assez patienté, alors il vient vous chercher, la fête peut alors commencer. »
- « Sauf qu'on a pas des jours devant nous » fit Ziva dans un murmure, consciente que l'état de Tony se dégradait.
- « Je sais et d'ailleurs je pense qu'ils le savent également. »
- « Comment t-on t-ils blessé? »
Tony hésita à deux fois : lui mentir ou lui dire la vérité, mais étant embarqués tous les deux dans la même galère, il ne devait pas lui raconter des histoires.
- « Une fois inconscient, c'est une façon pour Martino de me rappeler le bon vieux temps et à quel point il aime les objets tranchants » répondit l'italien sur un ton léger et ironique à souhait.
Mais n'étant pas dupe, surtout car elle avait le mérite de pouvoir se vanter de le connaître plutôt bien, Ziva dénota de la colère que son coéquipier tentait de cacher. Elle pouvait aisément comprendre son désir de faire payer à cet homme tout le mal qui lui avait fait enduré, ainsi si l'occasion se présentait, elle ne ferait rien pour l'empêcher d'assouvir sa vengeance peu importe que le protocole ne soit pas respecté.
- « Ziva, tu ne penses pas qu'il serait temps de finir notre conversation de toute à l'heure et de mettre les choses à plat temps qu'on le peut encore. »
- « Tu veux finir quelle conversation? »
- « Tu sais parfaitement de quoi je parle. »
- « Tony...on en reparlera, mais là ce n'est ni le lieu ni le bon moment pour... »
- « Pour quoi? Pour dire enfin ce qu'on ressent l'un pour l'autre?! Ziva on aura peut être plus l'occasion.. je n'aurais peut être plus l'occasion. »
- « Arrête! On va sortir de là. Gibbs nous trouvera! » le contredit-elle fermement, refusant de croire le contraire.
Un rire s'échappa de sa gorge. Finalement, Tony était parvenu à lui redonner l'espoir et à croire que leur patron les sauvera effectivement. Ce n'était même pas de l'espoir à ce stade, elle le savait, il ne pouvait pas en être autrement. La jeune Israélienne voulait penser qu'il y aurait un lendemain pour eux, pour une potentielle histoire avec lui.
à suivre...
