Un long chapitre! J'ai été très inspirée, surtout, ce sont vos reviews qui m'ont influencé à écrire la suite plus rapidement, le prochain est d'ailleurs déjà en cours d'écriture,
dans cette suite les choses se précipitent...
merci encore pour votre fidélité et bonne lecture!
Alors que leurs baiser devenait plus ardent, plus passionné, qu'ils en oubliaient dans quel pétrin ils se trouvaient, la porte s'ouvrit dans un bruit fracassant faisant entrer une lumière qui aveugla le couple. Quand leur tortionnaire parla, Tony reconnu immédiatement cette voix, il n'avait jamais pu l'oublier.
- « Ça fait un bail Tony »
- « Pas assez à mon goût » grinça l'intéressé.
- « Tu n'as pas changé toujours le même humour décalé »
- « Et toi non plus je suppose, tu dois toujours avoir autant besoin d'une pastille de menthe. » rétorqua l'italien sur un ton sardonique.
- « Bon allez debout! Il y a un vieil ami qui est impatient de te revoir. » aboya Martino en pointant son arme vers lui.
Tony et Ziva échangèrent un bref regard. Que faire? Devaient-ils tenter le tout pour le tout en essayant de le désarmer? Après tout, ils étaient deux contre un, sauf que désarmés, leurs chances de succès descendaient en flèche. Non c'était trop risqué...C'est ce que Tony lui fit comprendre en secouant légèrement la tête de gauche à droite et en la suppliant du regard de ne rien faire, de ne pas bouger.
- « Allez debout sinon je me chargerai d'abord de ta petite copine! »
- « Ce n'est pas ma... » voulut contredire Tony mais un coup de pied dans sa jambe lui coupa le souffle tellement la douleur se fit intense, irradiant tout son corps.
Affolée de le voir se tordre de douleur, Ziva l'empoigna par la taille, espérant que son contact puisse l'aider à faire passer le mal.
- « Dinozzo! »
- « Vous ne voyez donc pas qu'il est blessé! Il n'est même pas capable de tenir debout! » cria Ziva.
Et merde, songea Tony dont l'intervention de sa coéquipière sonnait peut être son arrêt de mort.
- « Si Tony n'est pas capable de me suivre vous allez donc prendre sa place ma chère » fit le mafioso d'un sourire carnassier.
- « Laisse la tranquille, elle n'a rien à voir dans cette histoire! Elle ne sait rien! » pesta Tony en s'appuyant sur ses mains pour se lever.
Ziva le souleva par le bras pour l'aider à se relever. Son équilibre était précaire, Tony s'appuyait essentiellement sur sa jambe valide.
- « Ne m'oblige pas à te le demander encore une fois. »
Tony souffla puis hocha de la tête pour lui indiquer que ce n'était pas nécessaire. Il effleura brièvement la main de la jeune femme toujours fermement accrochée à son bras et qui ne semblait ne pas vouloir le lâcher pour un sou.
- « Sois sage en mon absence, Kate »
Et sans un dernier regard pour la jeune Israélienne, n'ayant pas le courage de supporter son regard inquiet sur lui, Tony emboîta le pas à Martino, non pas sans mal. En effet, il manqua de tomber à deux reprises avant même d'atteindre la porte de la cellule. Voyant que ce n'était pas du chiqué ni une quelconque tentative pour s'enfuir, Martino - tenant toujours son arme d'une main - lui posa un bras autour de la taille pour le soutenir.
La porte de referma violemment, restaurant le noir dans la pièce qui devint soudainement pour Ziva un espace très étroit et inquiétant, surtout car Tony n'était plus avec elle...
Elle ramena ses genoux contre elle et se laissa aller à quelques pleurs, le désespoir la gagnant malgré tout; malgré son côté dur à cuire, malgré qu'elle se soit promis de ne plus s'amouracher d'un collègue. Pourtant, tous ces malgré ne l'empêchèrent pas de pleurer, de se conduire finalement comme tout être humain : imparfait et fragile.
Pourquoi l'avait-il appelé Kate? Il ne divaguait pas, alors pourquoi? Une réponse se présenta à elle; une réponse qui ne lui convenait pas et qu'elle eut tôt fait de chasser de son esprit.
Pressentait-il qu'ils ne se reverraient plus?
OoO
On dit que lorsque la douleur est si insupportable, alors on ne la ressent plus, elle vous enveloppe de part en part. Le cerveau s'éteint pour protéger la dernière étincelle de vie... C'est exactement ce que Tony était en train de vivre. Son corps meurtri, comme chauffé à vif par les coups, s'était peu à peu habitué à la douleur. Mais comment peut-on s'habituer à la douleur? La douleur a au moins le mérité de vous rassurer sur le fait que vous êtes encore vivant, sauf que dans le cas présent, Tony commençait à en douter... Martino s'était déchargé sur lui comme il le ferait sur un punching ball histoire de se défouler, et dire que ce n'était qu'un échauffement en attendant que Lucciano daigne se montrer pour le questionner! A demi conscient, affalé plus qu'assis sur une chaise, Tony fixait son tortionnaire d'un air hagard sans vraiment le voir. Des voix, des sons résonnaient dans ses oreilles, il se façonna dessus pour rester lucide, pour ne pas tomber dans l'inconscience. Il voulait tenir bon, plus pour Ziva que pour lui même.
Ses paupières se fermaient, inexorablement, il voulait s'accorder un répit et se reposer, mais à chaque fois, comme une décharge électrique que lui lançait son cerveau, Tony relevait la tête vivement. Non, il ne devait pas s'endormir bien que tout son corps le lui réclamait.
De l'eau jeté contre son visage l'aida à le réveiller totalement.
- « On se réveille Dinozzo! »
De son oeil valide, Tony observa Martino et la personne se tenant derrière lui.
- « Anthony Dinozzo, buongiorno! » clama Lucciano.
- « Lui même, en chair et en os » chuchota Tony qui aurait voulu parler plus fort mais c'était mission impossible.
- « Marti' y a été un peu fort » fit-il en lui capturant sans ménagement le menton entre le pouce et son index pour constater les dégâts. « Ma petit gueule d'ange aura moins de sex a peal désormais... encore faut-il que tu puisses un jour courir de nouveau les rues à la recherche d'une ragazza. »
Tony rejeta la tête en arrière pour se libérer de l'emprise de Lucciano.
- « Tony, Tony... » chanta le mafioso en tirant une chaise sur laquelle il s'assit, le dossier devant lui, une jambe de chaque côté. « Toi et Megan m'avaient vraiment, vraiment, rendu la vie infernale. J'ai été en prison pendant dix ans. J'ai perdu beaucoup d'argent vois tu, mais heureusement que Marti' était là pour veiller à mes investissements. »
- « Un vrai Saint Bernard » grimaça Tony.
La pique du jeune agent ne plut guère à Martino qui leva aussitôt son poing dans sa mâchoire. Finalement je sens encore la douleur c'est que je suis vivant, songea amusé Tony, c'est plutôt bon signe... sauf peut être ce goût acre dans la bouche. Du sang. Ne supportant pas ça dans la bouche, il le cracha, remarquant avec bonheur qu'aucune dent ne venait avec.
- « Le temps est venu de payer, je m'occuperai de Megan un jour ou l'autre. Je suis très patient. »
- « Sans blague! Ça fait dix ans, tu crois pas qu'il y a prescription »
Un rire satanique s'échappa de la gorge de l'italien.
- « Tony... tu as toujours le mot pour rire. Mia madre me disait toujours : les bons comptes font les bon amis, alors si tu veux qu'on oublie tout, ok... » dit-il en se rapprochant de son visage. « Mais seulement quand tu seras mort. »
OoO
L'expression tourner comme un lion en cage n'était plus dénuée de sens pour la jeune femme qui faisait les cents pas dans la cellule, se cognant parfois au paroi, faute de pouvoir maîtriser la superficie de la pièce à la perfection. Le manque de sommeil, la faim, la captivité, tout ça commençait à lui peser sérieusement sur les nerfs. Elle ne voyait aucune possibilité pour eux de s'en sortir, rien, elle misait tout sur Gibbs qui mettait trop de temps à son goût pour se rappliquer avec la cavalerie.
- « Et merde! » cria t-elle en frappant le mur du pied qui s'effrita légèrement.
D'abord surprise, elle s'agenouilla, palpant l'endroit où son pied avait frappé et constata que ce mur n'était pas en parpaing comme le reste, mais en plâtre. Un matériau fragile, donc facilement destructible. Elle ne s'autorisa qu'une courte seconde de reproche pour ne pas l'avoir remarqué avant, puis elle s'attela à donner d'autres coups de pied. A force de persuasion et de férocité, le trou s'agrandit, mettant à nue une plomberie vétuste, vielle comme érode, qui ne devait plus servir. Elle tira sur le tuyau qui résista encore, mais après plusieurs essais, Ziva parvint à le dé-souder et à le sortir de sa prison de pierre. Satisfaite, le coeur gonflé d'espoir, elle fit tournoyer dans ses mains le bout de tuyau. Quand ils viendront, elle sera prête à les recevoir... en espérant que Tony soit encore vivant.
OoO
- « Je suis curieux Tony, dis moi, qui est cette femme avec toi? Apparemment vous travaillez ensemble. »
Tony avait espéré – certainement par utopie – qu'on ne le questionne pas sur Ziva, il leur serait tellement facile de le faire chanter en comprenant quelle importance cette femme avait pour lui. Et même, il leur serait tellement facile de torturer Ziva uniquement par soucis de le blesser, lui. Juste par sadisme.
- « C'est juste une collègue. »
- « Juste une collègue? Oh je ne suis pas né de la dernière pluie, je te connais. Tony, tu ne côtoies pas de femmes aussi belles sans coucher avec elles. »
Martino s'approcha de son patron pour lui chuchoter quelques mots à l'oreille.
- « Il semblerait que c'est elle qui se soit immiscée dans tes histoires suite à l'enquête sur la mort du mari de Megan. Elle t'a rejoint à l'hôtel, puis elle t'a suivit jusqu'à la planque que le Fbi pensait sûr. Ne fais pas cette tête, depuis le début on avait un oeil sur toi et Megan, en réalité ça fait des mois que je savais tout sur vos faits et gestes. »
- « Tu étais obligé de tuer son mari »
- « Non, il ne m'avait rien fait, enfin par association, si. »
Tony souffla, il venait d'avoir la confirmation de ses doutes. Ziva aurait droit au même traitement de faveur que lui, et ce, uniquement car elle était importante à ses yeux. Uniquement car elle avait eu le malheur de s'attacher à lui...
- « Tu sais quoi Marti', j'ai changé d'avis. Va me chercher cette Ziva, j'ai à lui parler. »
Tony tenta de se rebeller, or ses mains liées dans le dos l'empêchèrent de coller son poing dans la face de cette ordure.
- « Ziva » murmura t-il, un pincement au coeur, se résignant de ne pouvoir lui venir en aide.
À suivre...
