Merci pour toutes vos reviews! Elles me vont droit au coeur, surtout quand on dit que vous arrivez à penser comme les personnages

bonne lecture



Et merde, j'aurai dû faire plus attention à mon père lorsqu'il essayait de m'apprendre l'italien, songea Tony en écoutant Lucciano parler au téléphone dans sa langue maternelle. Le jeune agent tendit l'oreille dans l'espoir de comprendre quelques mots, mais il ne capta que : ils sont là.

Qui sont là?

Au vu du changement d'expression du visage de son ravisseur, Tony, espéra, pria, qu'il s'agissait de Gibbs. Ça ne pouvait être que lui... Tony jeta à nouveau un coup d'oeil par-dessus l'épaule de Lucciano, comme si la révélation serait évidente dans sa perception du corps. Ce fut son regard, lorsqu'il fit face à Tony en raccrochant, qui confirma ses espoirs. Un regard fixe, ses yeux comme des glaciers, un hiver froid. Un enfer gelé.

- « Ton patron doit vraiment t'apprécier pour s'être démené autant pour te retrouver. »

- « Si c'était le cas, il ne me frapperait pas derrière la tête » plaisanta Tony.

- « Mi dispiace Tony, mais on va devoir passer au plan B. »

- « Pourquoi ais je l'impression que je ne vais pas aimer ce plan... » fit-il, inconscient de parler à haute voix.

Lucciano glissa une main à l'intérieure de sa veste et en sortit un berretta.

- « Au contraire, je pense que tu préfères une mort rapide plutôt que lente. »

- « Quit à choisir : ni l'un ni l'autre. »

- « Tu n'as pas le choix » répondit-il, s'avançant vers Tony et fixant son arme sur sa tête.

On dit que la vie défile devant vos yeux lorsque l'approche de la mort est imminente. Foutaise. Pour l'avoir frôlée à trois reprises, Tony sait que c'est juste qu'une idée pré-conçue pour rassurer les vivants lorsque la mort les fauche de manière inattendue. Non, pendant ces quelques secondes vos réflexions vont pour les personnes que vous aimez et que vous allez laisser derrière vous, et à la rigueur, vous regrettez de n'avoir pas pu leur dire à quel point elles comptaient. C'est pour ça que Tony ne voulait pas encore mourir, pas comme ça, pas tout de suite. Il avait encore des choses à vivre avec elle. Avec Ziva.

Jouant sa dernière carte, il patienta que Lucciano soit suffisamment proche de lui, et quant il jugea que c'était le cas, il leva sa jambe pour lui faire tomber son arme... juste au moment où Lucciano appuyait sur la gâchette.

OoO

Son sang se glaça dans ses veines lorsqu'un coup de feu retentit. Figée sur place, elle murmura un faible Tony, imaginant déjà le pire scénario.

Elle inspira, lentement et calmement, puis se rua dans ce couloir, l'arme à la main, occultant les risques potentiels qu'elle pourrait courir en se mettant à couvert de la sorte. Un seul mot résonnait dans sa tête comme un tambour, un seul prénom... Elle ferma les yeux devant la vague de vertige qui menaçait de le submerger, mais ne se donna pas plus de quelques secondes. Combien de secondes étaient passées depuis le coup de feu ? Elle s'ordonna à elle-même de garder l'équilibre, de faire son devoir : sauver son partenaire. Sans même chercher si elle était ouverte ou fermée à clef, Ziva écrasa son pied sur la porte, empoignant son arme avec ses deux mains comme elle le ferait avec une bouée de sauvetage perdue en pleine mer.

Parcourant la pièce du regard, son attention se porta immédiatement sur Tony, ligoté sur une chaise, puis sur Lucciano, baissé comme pour ramasser son arme sur le sol mais il n'en fit rien, voyant que Ziva le visait de son pistolet.

- « Excellent timing Ziva » dit Tony, le souffle filant.

Les yeux de la jeune femme se posèrent sur le jeune agent, scrutant son faciès comme si c'était la première fois.. Bon sang qu'est ce qu'on t'as fait Tony? Une question purement rhétorique. Ziva savait que les ecchymoses sur son visage, sa lèvre fendue, son oeil gonflé n'étaient que le résultat d'une rafale de coups de poings au point qu'il avait de forte de chance d'avoir une commotion cérébrale. C'était sa voix, sa carrure, mais cet homme n'avait plus rien à voir avec son partenaire au sourire de séducteur invétéré et au regard de braise. Cet homme semblait être au bord de l'agonie... une pensée que Ziva ne pouvait, ne voulait, pas accepter.

- « Ziva? » appela Tony d'une voix faible.

Elle essaya pendant un instant d'ignorer les signes de douleur sur son visage, elle réussit presque mais n'y arriva pas. Une colère sans précédent s'empara d'elle alors que sa conscience l'amena à se rappeler que l'auteur de tout ça était présent dans la pièce. Lucciano. Déviant ses yeux de Tony, elle braqua son arme sur le mafioso, les lèvres pincées. Ses mains ne tremblaient plus. Ses yeux se rétrécissaient à mesure que ses mains se détendaient sur son arme, devenant une partie d'elle même. L'objet de sa vengeance. Car oui, elle ne concevait plus, l'avait-elle au moins pensé un seul instant, que cet ordure puisse se sortir vivant de cette histoire surtout après tout le mal qu'il avait déjà fait à Tony. Oeil pour oeil, dent pour dent. L'agent du mossad était de nouveau là. Une tueuse ôtant la vie sans vergogne et sans remords.

Comprenant les intentions de sa partenaire, Tony l'appela doucement, la suppliant du regard de ne pas le faire. La mort est une punition encore trop douce pour lui. Mais Ziva n'égara pas ses yeux du mafioso, trop concentré, assoiffé de vengeance, elle se délectait de ce qu'elle voyait dans le regard de Lucciano: de la peur. Il leva ses mains, signe qu'il se résignait à se rendre et donc que ça ne servait à rien de tirer.

- « Vous avez gagné » murmura t-il en reculant d'un pas.

Ce qu'il n'aurait pas dû faire... car ce fut le signal pour Ziva qui appuya sur la gâchette. Touché en plein coeur, l'italien tomba au sol, mort sur le coup. Ce n'est qu'après que Ziva reprit sa respiration..

- « Ziva? »

La jeune femme tourna la tête; fixant Tony sans vraiment le voir, elle tenait toujours son arme levée comme prêt à tirer de nouveau. Quelques secondes lui firent nécessaires pour reprendre contact avec la réalité et surtout, elle dû se répéter à plusieurs reprises que c'était fini pour enfin comprendre ce qui venait de se passer... ce qu'elle venait de faire.

Préférant oublier la scène qui venait de se jouer, Ziva se rua sur Tony pour le libérer de ses mains. Silencieuse, elle lui défit ses liens, avalant sa salive avec difficultés en remarquant ses poignets en sang pour avoir trop tirer sur les cordes.

Une fois libre de ses mouvements, il lui prit ses mains, espérant que ce contact force la jeune femme à lever les yeux sur lui. Il ne comptait pas lui dire qu'elle n'aurait pas dû l'abattre car c'était à lui de le faire, il ne voulait pas non plus lui dire que Ziva risquait d'avoir des problèmes. Tony voulait juste que l'israélienne soutienne son regard. Rien de plus. Il voulait juste contempler les prunelles de cette sacrée fille...

Au bout d'un temps infiniment long, Ziva leva enfin le nez, les larmes au bord des yeux. Les meurtrissures violettes et noires étaient trop vives pour les ignorer, et pendant un instant elles attirèrent le regard de Ziva. Elle sentit une fois encore la répugnance qu'elle avait eu quand elle les avait vu précédemment. Elle refoula ses pensées loin du bilan technique des coups de poings nécessaires pour causer cette quantité de dégâts, et son regard vint se poser sur le torse de Tony, certainement dans le même état que son visage, pensa t-elle le coeur serré.

Tony voulut se lever, certainement pour lui montrer qu'il n'y avait pas de quoi s'affoler, mais ses jambes le trahirent et il serait tombé si Ziva ne l'avait pas retenu in extremis.

- « Reste assis » lui ordonna t-elle alors qu'elle tendit l'oreille.

Elle ne se trompait pas. Des bruits de pas. Instinctivement, elle reprit son arme délaissée au sol et la braqua en direction de la porte. Elle se détendit aussitôt lorsqu'elle vit deux visages familiers: Gibbs et Mcgee. De joie de les revoir après tout ce temps comme si ça faisait des années qu'elle ne les avait pas vu, un sanglot s'échappa de sa gorge.

- « Tu arrives après la bataille, Gibbs » se moqua Tony, sa voix ne dénotant pas le moindre reproche. « Ce fils de pute est mort. »

- « Je vois ça » répondit l'ancien marines en rangeant son arme dans son holster. « Vous deux ça va? »

Une question qui n'amenait aucune réponse mais il se devait de la poser, alors même que Tony semblait avoir besoin de soins en urgence, que Ziva était en état de choc – un tableau auquel il n'était pas habitué et qui le laissait sans voix.

- « Une ambulance est déjà là. »

- « Et les autres, Gibbs? »

- « On les a arrêté au moment où ils prenaient la fuite. C'est eux qui nous on révélé où Tony était retenu dans l'entrepôt »

La tension retomba d'un seul coup, Tony voulut dire quelque chose mais son corps devint mou et il tomba en avant. Surprise, Ziva, toujours agenouillée à côté de lui, parvint à peine à stopper ce qui aurait pu être une chute de la chaise, tête la première. Elle le rattrapa sur son épaule, ses mains appuyant maladroitement sur son corps alors que le poids de Tony reposait sur elle.