Je suis trop généreuse 3 suites en une semaine lol. Oui ils sont libres, mais leurs problèmes ne sont pas encore terminés...
bonne lecture
Il se serait damné rien que pour avoir droit à du café digne de ce nom et non à du jus de chaussette auquel on attribuait faussement cette appellation.
- «Jethro»
Gibbs ne l'avait pas entendu venir, il se retourna et vit le médecin légiste vêtu de son vieil impair à la colombo tenant un breuvage qui éveilla ses papilles olfactives.
- «Je me suis dis que tu aurais besoin de ça.»
- «Merci Duck» fit Gibbs en prenant le gobelet en plastique pour boire goulûment une gorgée. «Abby est venue avec toi?»
- «Oui ainsi que Megan.»
La communication non verbale qui se passait souvent entre les deux hommes : une combinaison de l'expérience et de la confiance dans les capacités de l'autre, ajoutée à une longue amitié, rendait souvent les mots superflus. Ducky remarquait très bien que Gibbs - malgré que cette histoire soit enfin finie - n'allait pas bien. Il oserait même conclure que dans une certaine mesure l'ancien marines culpabilisait. Mais de quoi? De n'avoir pas su protéger son agent, mais en avait-il eu seulement l'opportunité tout en sachant que Tony leur avait délibérémment caché cette partie de son passé.
Gibbs, quant à lui, s'attendait d'une seconde à l'autre à ce que Ducky lui fasse la morale comme quoi il n'avait pas à s'en vouloir. Peut être qu'il attendait ces paroles réconfortantes du vieil Irlandais, car après tout, Ducky était l'une des rares personnes qu'il écoutait.
- «Tu n'as pas de raisons de t'en vouloir, Jethro»
Gibbs étudia son ami quelques instants puis lui demanda :
- «Alors dis moi pourquoi?
Ducky inclina sa tête en arrière, regardant à travers ses lunettes au moment même où il rencontra la regard de l'homme de plus grande taille. Il y eut une légère note d'hésitation avant de parler.
- «Que tu le veuilles ou non, tu ne pourras jamais protéger tes agents, et c'était encore plus vrai dans le cas présent.»
Comme il n'avait pas pu protéger Kate... Sauf que s'agissant de Dinozzo c'était une autre affaire. A quoi pensait-il en voulant jouer cavalier seul ? Il savait pertinemment que Lucciano reviendrait s'en prendre à lui et à Megan, histoire de finir le boulot commençait il y a 20 ans de ça. Ducky avait eu raison de lui dire ça ici. Comment peut-on protéger une personne si on ignore le danger qu'elle peut encourir?
Ducky rompit le contact visuel et soupira profondément, ses sourcils se plissèrent devant la réflexion, la télépathie fonctionna encore alors qu'il anticipa correctement la réplique de Gibbs.
- «Comment aurais-tu pu sentir que Anthony avait des problèmes et qu'il te cachait quelque chose? Ton instinct ne peut pas te donner des réponses à tous les mystères.»
Pourquoi se montrait-il autant protecteur envers les membres de son équipe, et spécialement envers Dinozzo. C'était peut-être le code des Marines : Semper fi - un code si enraciné maintenant qu'il ne pouvait se rappeler un temps où il n'avait pas vécu selon ce principe. C'était peut-être la différence d'âge qui faisait ressortir ses instincts paternels, en effet, Tony pouvait quelques fois se comporter réellement comme un gosse, ou du moins, inciter les instincts protecteurs d'un frère plus âgé. C'était peut-être aussi le fait que Tony le considérait comme un mentor, une personne qui lui apprenait les ficelles du métier, bien qu'à présent, il n'avait plus rien à apprendre de lui. C'était peut être dû également au fait que son agent dégageait une vulnérabilité inhérente, un niveau d'incertitude, de manque de confiance en lui si dissimulé que la plupart des gens ne s'en apercevait pas. C'est donc pour toutes ces raisons que Tony était sous sa responsabilité, et le voir meurtri de la sorte lui faisait mal au plus profond de son être.
OoO
Physiquement elle allait bien, c'est en tout cas ce que le médecin de garde aux urgences de l'hôpital Bethesda lui avait dit une fois qu'il l'avait ausculté. Juste une belle bosse sur le coin de la têtes et quelques ecchymoses ici et là. Rien de bien méchant. Le seul remède: du repos et de l'aspirine.
- «Ziva!» cria Abby en la voyant entrée en salle d'attente.
La jeune gothique sautilla sur ses plates formes pour venir à la rencontre de Ziva, l'enlaçant dans ses bras au point de l'étouffer.
- «Je suis heureuse que tu sois en vie» lui souffla t-elle dans l'oreille.
- «Oui, moi aussi» murmura Ziva se forçant à sourire.
- «Qu'est ce que le médecin t'as dit?» demanda Mcgee.
- «Tout va bien. Est ce qu'on a des nouvelles de Tony?»
Abby et Mcgee échangèrent un regard, cherchant à savoir qui des deux prendrait la responsabilité de lui parler. Finalement, ce fut Megan qui se chargea de la tenir informer.
- «Pas encore, toujours en salle d'opération.»
Ziva fronça des sourcils, mais ne dit rien, résignée au fait qu'il faudra attendre qu'on vienne leur donner des nouvelles sur l'état de Tony. Un état assez préoccupant au vu des derniers événements... Après s'être effondré dans ses bras, Tony n'avait pas repris connaissance, même pas un fragment de seconde, ce qui n'était pas vraiment bon signe. Bien que la jeune femme ne soit pas diplômé de médecine, elle avait parfaitement conscience que le coup de couteau dans sa cuisse, sa mise à tabac, le tout étant suffisant pour avoir raison de lui. Elle se demandait même comment son partenaire avait réussi à tenir jusqu'à là. Un vrai exploit. Parfois, l'instinct de survie peut décupler les forces d'un homme...
- «Où est Gibbs?» demanda t-elle, s'apercevant soudainement l'absence de son patron.
- «Il est parti se chercher un café» lui répondit Abby.
Ziva soupira, ravie par l'absence de l'ancien marines, car partager une pièce avec Gibbs était semblable à partager une pièce avec un tigre en cage.
- «Vous devez vous sentir libérée Megan, à présent tout est fini» fit Ziva sur un ton légèrement réprobateur.
- «Je ne le serai quand je saurai Tony tiré d'affaire» lui rétorqua Megan avec une voix douce.
- «Je suis désolée...»
- « Non, vous n'avez pas à l'être» la coupa t-elle en posant sa main sur la sienne. «Vous avez raison de penser que tout est de ma faute car c'est le cas. Je n'aurai pas dû mêler Tony encore à tout ça.»
- «Et vous seriez morte alors!»
Les deux femmes se jaugèrent du regard, communiquant pendant un instant de cette manière, se comprenant même. Megan avait eu raison de faire appel à son ancien amant, ceci était un fait incontestable, le seul hic, c'est que Tony aurait dû leurs faire confiance et leurs leurs parler afin qu'ils couvrent ses arrières. En leur cachant cette partie de sa vie, comptait-il vraiment protéger Megan? Ziva en doutait réellement. La seule explication valable à ses yeux était beaucoup plus obscure tout en étant limpide comme l'eau. Tony n'était pas un homme facile à cerner à prima bord. Certes, il aimait se vanter, mais sur certaines choses, il se montrait très discret. Parler de cette épisode de sa vie, un épisode traumatisant ayant largement contribué à faire l'homme qu'il était devenu aujourd'hui, signifiait se mettre à nu, quelque chose que Tony détestait en définitif. Néanmoins, Ziva pouvait aisément se mettre à sa place, peut être en aurait-elle fait de même? Car elle aussi avait des vieux squelettes dans son placard, des événements qu'elle gardait tapis au fond d'elle, les protégeant jalousement. Sauf que dans le cas présent, Tony avait fait une erreur de jugement, et une fois encore, il avait écouté son coeur en dépit de la raison. La prudence aurait voulu qu'il mette son côté pudique et réservé aux oubliettes pour sauver sa peau.
- «Que comptez vous faire après?» demanda Ziva par politesse, histoire de changer de sujet.
- «Pour dire vrai, je ne sais pas. Je peux aller où bon me semble sans aucune menace au dessus de ma tête. Je pense aller à Baltimore...On m'a dit que c'est vous, qui aviez abattu Lucciano, merci.»
Ziva haussa des sourcils, la seule réaction dont elle fut capable. De rien. C'était mon devoir. Ellen'aurait pas pu dire ces mots qui auraient sonné tellement faux dans ses oreilles. Pourquoi? Car en vérité elle n'avait écouté que sa vengeance en mettant à la trappe le protocole, car elle avait tout simplement exécuté cet homme au lieu de l'arrêter! La jeune femme avait eu du temps à mettre à profit pour repenser à tout ça, pour rejouer la scène dans sa tête. Elle avait surtout eu le temps de réaliser et d'apprécier la gravité de son acte alors que du temps où elle était en Israel, ça lui serait passé dessus. Ziva se contrefichait d'avoir des problèmes, c'était le cadet de ses soucis, ce qui lui posait problème : sa conscience. Qu'est-on amené à faire par amour?
Si seulement elle n'avait pas été amoureuse de lui... Et dire que ce cas de figure risquait de se présenter... c'était inéluctable à moins de faire en sorte que ça ne puisse plus se reproduire.
