Bonjour...
Dans le dernier chapitre, je disais que le prochain chapitre mettrait un certain temps avant d'arriver. Je n'imaginais pas mettre presque trois ans pour écrire la suite. Je dois avoir perdu tous les lecteurs de cette histoire, mais je tiens quand même à la finir.
Si jamais vous passez par là, j'imagine que vous ne vous souvenez pas de... Harry qui a découvert dans la pensine de Rogue que celui-ci aimait Lily... Narcissa qui a informé l'Ordre en échange de faveurs physiques avec notre espion préféré... Rogue qui s'est fait enlever et que le trio est parti rechercher à Exeter.
Spoilers, rating, rien n'a changé en trois ans. Et je dédicace ce cadeau à ma toujours fidèle correctrice Lupinette.
Bonne lecture! Et si jamais un véritable lecteur passe pas ici, je serais extrêmement reconnaissante d'avoir une review.
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Exeter
Chapitre 6: La maison du bonheur
- PARCE QUE TU APPELLES ÇA UN PLAN ? s'exclama Hermione.
La nuit était à présent tombée sur Richmond Road. Le trio avait remercié Mr Plunkett pour son aide, puis avait pris congé. Une fois dehors, Harry avait exposé ce qu'il comptait faire.
- Que lui reproches-tu à ce plan? répondit-il, vexé.
- Harry, c'est tout sauf un plan!
- Ben quoi? On entre dans le manoir, on récupère Rogue sans se faire remarquer et on sort!
- Et tu crois peut-être que les Mangemorts vont nous laisser faire? Sans parler du fait que Voldemort – Ron, s'il te plaît – risque d'être présent!
- Voldemort n'est pas dans cette ville, sinon je l'aurais senti grâce à cette fichue cicatrice. De plus, l'effet de surprise joue pour nous.
- Pourquoi ne pas avertir l'Ordre nous-mêmes? Les membres s'en chargeraient bien mieux que nous!
- Le temps que Dumbledore les prévienne, et Rogue sera mort! Mon plan peut marcher, j'en suis sûr! Et au pire, on fera traîner les choses jusqu'à ce que l'Ordre arrive.
Hermione leva les bras au ciel en signe d'impuissance:
- Je renonce à essayer de comprendre comment tu as eu cette idée! Mais il est hors de question d'aller risquer notre vie d'une façon aussi stupide!
Harry commençait lui aussi à s'échauffer, d'autant plus qu'il sentait confusément que les minutes lui étaient comptées. Si Voldemort n'était pas à Exeter en ce moment, cela pouvait changer rapidement.
- Trouve une autre idée, alors, puisque tu es si maligne!
Hermione ouvrit la bouche, mais curieusement rien n'en sortit.
- Tu vois? triompha Harry.
- Harry… intervint Ron, tu ne peux quand même pas nier que c'est dangereux! Imagine qu'ils nous attrapent! Tu veux faciliter la tâche à Tu-Sais-Qui?
- Oui, évidemment, tu es de son côté!
Harry regretta immédiatement ses paroles injustes. Il savait que ses deux amis étaient inquiets, et que leurs réactions étaient normales. Mais il ne pouvait s'empêcher de leur en vouloir, parce qu'ils le retardaient. Rogue pouvait être tué à n'importe quel moment, et cela Harry ne pouvait l'accepter. Depuis ce voyage dans la pensine, il sentait comme un fardeau sur ses épaules. Comme si sa mère voulait qu'il protège Rogue, malgré tout.
- Écoutez, dit-il d'un ton plus calme, vous avez raison, je ne peux pas vous imposer ce danger. Restez ici, attendez Dumbledore et racontez-lui tout ce qu'on a découvert. Je vais chercher Rogue.
Ron et Hermione se regardèrent avec un air désolé. Hermione soupira et secoua la tête:
- C'est quand même fou, après toutes ces années… commença-t-elle
- … il n'a toujours pas compris que quelle que soit l'embrouille dans laquelle il va se fourrer… poursuivit Ron
- … on sera toujours là pour l'aider à faire ses bêtises!
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- Lucius, arrête je t'en supplie!
Les hurlements de Narcissa parvinrent à peine aux oreilles de Severus. Le sort que le Mangemort lui avait lancé l'avait à moitié fait perdre connaissance. C'était le cinquième Doloris d'affilée.
- Quoi Narcissa, tu en veux aussi? ricana Malefoy en pointant sa baguette sur elle.
Le couple illégitime était assis sur des chaises métalliques, avec les bras et les jambes attachés par des cordes magiques anti-évasions, complètement à la merci de leur tortionnaire.
- Endoloris!
Ce fut au tour de Narcissa de subir les mille tourments de la douleur… Severus se sentit totalement impuissant face à ses cris de souffrance. C'était injuste, tellement injuste! Elle n'avait jamais subi l'entraînement des Mangemorts, elle n'était pas habituée à la douleur, elle ne l'avait jamais combattue. C'était une innocente, mariée de force à un monstre, elle ne méritait pas ça! Il ne put se retenir de hurler:
- Espèce d'ordure, arrête!
Malefoy le toisa d'un air narquois sans lever sa baguette. Devant lui, Narcissa s'affaiblissait à vue d'œil.
- Que j'arrête? murmura-t-il d'un air malsain. Mais je viens à peine de commencer…
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La rue était totalement plongée dans le noir et complètement déserte. Enfin, presque déserte: trois silhouettes se faufilaient discrètement en direction d'une grande bâtisse située un peu à l'écart. Celle-ci était de style victorien, mais ne semblait plus être entretenue depuis longtemps. Le portail était complètement rouillé et les mauvaises herbes avaient envahi les parterres.
- Il doit y avoir des Mangemorts pour garder le parc devant la maison, souffla Ron, à demi accroupi derrière un banc public qui les cachait tous les trois.
Harry avait pensé à cette éventualité. Sa cape d'invisibilité ne serait pas d'un grand secours: s'ils marchaient sur une branche trop sèche, comme elles étaient nombreuses dans tous les jardins à cette époque de l'année, ils seraient immédiatement repérés. Et comme aucun des trois ne savait transplaner, la seule solution était la voie des airs. Seulement, ils n'avaient pas de balais.
- Pourquoi pas un sort de Lévitation? chuchota Hermione, qui devait avoir suivi le même cheminement de pensées.
- Bonne idée, fit Harry, mais alors ça veut dire que quelqu'un doit rester ici pour le jeter…
- Hermione, dit Ron. De nous trois, c'est toujours toi qui as le mieux réussi ce sort.
- Quoi? Et vous laisser tous les deux contre les Mangemorts? Il n'en est pas question!
- Hermione, sois raisonnable! fit Harry, d'un ton sans réplique. De toute façon, il nous faut quelqu'un qui fera le guet jusqu'à l'arrivée de l'Ordre. Et aussi pour nous faire sortir en urgence si jamais les choses tournent mal.
- Mais… mais… essaya-t-elle de protester.
- S'il te plaît, Hermione… implora Ron.
La Gryffondor sembla vouloir encore dire quelque chose, mais elle se ravisa en soupirant.
- D'accord… Mais vous allez me promettre d'être prudents tous les deux! fit-elle avec un air sévère qui la faisait ressembler à McGonagall.
- Promis, fit Harry.
La jeune fille se mordit les lèvres, hésitante. Elle enlaça d'abord Harry fraternellement, puis plus tendrement Ron. Après quoi, elle déposa un rapide baiser sur les lèvres de celui-ci, et saisit sa baguette.
- Accrochez-vous à vos estomacs, les garçons! Ce sort n'est pas fait pour élever les gens, alors vous risquez de vous retrouver la tête en bas. Wingardium Leviosa!
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- Alors comme ça, Servilus, tu te tapais ma femme! fit Lucius, sur un ton presque badin.
Il avait finalement relevé sa baguette, laissant Narcissa totalement hébétée de douleur. A présent, il revenait vers Severus en conversant comme s'il était dans un grand salon rempli de gens distingués. Le professeur de potions ne répondit pas à sa question, mais ça n'eut pas l'air de l'affecter.
- C'était bien au moins? Parce que pour ma part je trouve que Narcissa manque un peu de piquant au lit… tu vois?
A ces derniers mots, il releva la main et des fléchettes argentées apparurent de nulle part. Avant que Severus n'ait pu réagir, elles s'élancèrent sur Narcissa et la transpercèrent de toutes parts. Ses hurlements glacèrent le sang de l'espion.
- Oh, mais peut-être es-tu meilleur amant que moi, Servilus. Ou alors ma femme faisait-elle preuve de charité en te permettant de t'envoyer en l'air? Il faut dire que ça n'a pas souvent dû t'arriver, n'est-ce pas?
Severus laissa passer la provocation, n'écoutant que vaguement ses paroles, pour se concentrer sur Narcissa. Elle s'était évanouie à cause de la souffrance et perdait énormément de sang. Il fallait qu'il la sorte de là rapidement, sinon elle y laisserait la vie.
- Malefoy, laisse-la partir! Tu l'as assez punie comme ça, maintenant ça suffit! Tu m'as en ton pouvoir, c'est assez pour te venger !
- La laisser s'en aller? murmura-t-il d'un air mauvais. Cette traînée ne mérite qu'une seule chose…
Il s'approcha de la chaise de Narcissa, se plaça derrière elle et l'attrapa violemment par les cheveux. Ce geste sortit sa femme de l'inconscience et elle gémit de douleur.
- Narcissa… lui cracha-t-il au visage. Peut-être as-tu oublié depuis tout ce temps, depuis que nous avons conçu Drago, mais moi aussi je peux être très bon dans ce domaine! De toute façon, tu pourras comparer, après que tous les Mangemorts présents dans cette maison te soient passés dessus! Traînée…
La pauvre femme commença à sangloter, mais Malefoy la fit taire d'un baiser rageur qui ressemblait plus à une morsure. D'ailleurs, la lèvre inférieure de Narcissa s'était elle aussi mise à saigner lorsque Lucius daigna la lâcher.
Au milieu de toutes ces horreurs, Severus ne put que baisser la tête.
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- Les fenêtres ne sont pas condamnées magiquement, murmura Harry.
Hermione les avait transportés jusqu'au toit de la maison, juste au dessus de ce qui ressemblait à un grenier, d'après ce qu'ils pouvaient en voir à travers une lucarne de la taille d'une pastèque.
- On ne peut pas entrer par là, constata Ron.
- Dommage…
- Attends, il y a un balcon ici, fit le rouquin qui s'était éloigné pour inspecter l'autre côté du toit.
- Tu crois qu'on peut l'atteindre?
- Je pense que oui
Les deux Gryffondor se retrouvèrent bientôt sur le balcon en question. Ron scrutait les alentours pendant que Harry se chargeait d'ouvrir la porte-fenêtre donnant apparemment sur une chambre.
- La voie est libre.
Ils entrèrent en faisant le moins de bruit possible. La chambre était certainement inoccupée car elle sentait le renfermé. Ils se dirigèrent vers la porte et écoutèrent quelques minutes pour être sûrs que personne ne surveillait le couloir.
- Je crois qu'on peut y aller, murmura Harry.
Ron acquiesça et ouvrit la porte avec précaution. Le corridor était plongé dans la pénombre, mais ils n'osaient pas utiliser leurs baguettes pour éclairer le chemin. Ils attendirent donc que leurs yeux s'habituent à l'obscurité avant de s'aventurer plus loin dans la maison.
- Tu penses qu'il vaut mieux se cacher sous ta cape tout de suite? demanda Ron.
- Oui, ça vaut mieux, on ne sait pas combien de Mangemorts sont présents dans cette maison, il ne faut pas se faire surprendre!
Il revêtirent donc la cape d'invisibilité et se risquèrent vers les escaliers qui descendaient au deuxième étage. Ils entendaient de vagues éclats de voix, mais ils étaient trop loin pour comprendre quoi que ce fût. Une fois arrivés sur le palier, ils distinguèrent un ronflement provenant de l'une des pièces de cet étage. Ils en déduisirent qu'au moins un Mangemort dormait là. Ils allaient descendre plus bas lorsqu'une voix s'éleva, à peine étouffée par le mur du couloir:
- Crabbe, tu ronfles!
Harry sursauta, et Ron s'arrêta net. Ils avaient tous les deux reconnu la voix traînante de Drago Malefoy. Ainsi son père l'avait emmené avec lui dans cet endroit! Et ses amis également!
- Désolé, répondit Crabbe qui avait la voix de quelqu'un qui s'est réveillé en sursaut.
- De toute façon, fit une voix qui ressemblait à celle de Goyle, à quoi ça sert d'attendre? Ton père nous a dit de rester ici et de ne redescendre que demain. Il a même posé des sortilèges pour qu'on ne puisse pas approcher ou entendre ce qui se passe au rez-de-chaussée. Alors il vaut mieux dormir!
- Pas question! répondit Drago. Je sens qu'il se passe quelque chose, mon père n'est pas aussi mystérieux avec moi d'habitude. Et je n'ai pas vu ma mère depuis des jours. Je suis sûr que notre retranchement dans cette maison n'est pas normal!
Harry pensa en frissonnant que pour une fois son ennemi avait vu juste. Il devait s'inquiéter pour sa mère, surtout en sachant ce que son père était capable de faire.
- Alors qu'est-ce que tu proposes? demanda Crabbe.
- On redescend, affirma Drago. Par le même chemin que tout à l'heure. Seulement maintenant on est au courant pour le sortilège d'alarme dans le hall d'entrée, on ne fera pas deux fois la même erreur.
Il ouvrit brutalement la porte et les deux Gryffondor se figèrent, espérant de tout coeur que les Serpentard ne détecteraient pas leur présence. Heureusement, les trois garçons passèrent près d'eux mais sans les voir. Harry consulta Ron du regard et comprit qu'ils avaient eu la même idée: s'ils suivaient le groupe à distance raisonnable, ils passeraient plus facilement inaperçus et seraient prévenus des divers sorts susceptibles de leur barrer la route.
Ils descendirent donc à leur suite vers le premier étage. Drago mena les deux autres vers le fond du couloir où se trouvait un petit escalier de service qui allait sans doute vers la cuisine. Cela signifiait donc que l'escalier principal était gardé.
Ils laissèrent une minute d'avance aux Serpentard, puis empruntèrent l'escalier à leur tour. Une fois arrivés dans la cuisine, ils constatèrent que Drago et ses amis s'étaient arrêtés et écoutaient attentivement quelque chose. Harry ne tarda pas à comprendre pourquoi: un cri affreux retentit dans l'une des pièces voisines. Ron agrippa le poignet de Harry avec force et lui indiqua d'un signe de tête Drago: le garçon était encore plus pâle que d'habitude, même dans la pénombre.
- Maman... murmura-t-il.
- Il vaut mieux qu'on remonte, fit faiblement Crabbe.
Un autre cri, tout aussi inhumain, déchira le silence. Cette fois-ci Harry le reconnut: il appartenait à Rogue.
- C'est Rogue... identifia lui aussi Goyle.
- Je sais, fit Drago.
Le Serpentard paraissait sur le point de vomir. Mais il se reprit:
- On continue.
Au lieu d'aller directement vers la source des hurlements, ils se dirigèrent vers une porte qui donnaient sur une large bibliothèque.
- J'espère que les autres sont toujours dans le petit salon. On va pouvoir passer par le passage secret de la tapisserie..
Harry supposa que "les autres" étaient les Mangemorts. Quant au passage secret, c'était probablement le moyen que Drago avait trouvé pour se faufiler dans le salon d'où provenaient les cris sans se faire repérer. Lui et Ron se rapprochèrent donc avec précaution du groupe de Serpentard et le suivirent vers un pan de mur gris.
Drago promena lentement sa main sur les briques, puis s'arrêta sur l'une d'elle qu'il poussa de toutes ses forces. Le pan de mur disparu soudain, laissant place à l'envers d'une tapisserie. Ils distinguèrent tout à coup la conversation qui se tenait de l'autre côté:
- Alors, salope, tu vas me dire ce que tu lui as révélé sur le Maître? Ou est-ce que je dois continuer à te torturer?
- Je ne te dirai rien du tout, Lucius! Je connaissais les risques avant de livrer des informations à l'Ordre! Je n'ai pas fait ça pour ma propre sécurité, j'ai fait ça pour que Drago puisse un jour se dire qu'au moins l'un de ses parents était quelqu'un de respectable!
- Respectable! Non ma chère, Drago saura la vérité, il saura que sa mère n'était qu'une vulgaire prostituée aux mains de son professeur de potions!
Harry entendit Drago déglutir. Il ne pouvait pas seulement imaginer ce que le Serpentard pouvait ressentir en entendant cette conversation. Quant à Crabbe et Goyle, dès les premiers mots de Lucius à propos de Voldemort ils s'étaient enfuis de la bibliothèque et étaient probablement remontés dans leur chambre en un temps record.
- Narcissa n'est pas une prostituée! cracha Rogue. Elle est bien plus noble que tu ne le seras jamais, espèce de salaud!
La voix de Rogue sonna bizarrement aux oreilles de Harry. Il s'était demandé ce que ça lui ferait de le revoir, mais que cela se passe dans ces conditions lui paraissait encore plus difficile.
- Oh, mais c'est qu'il est amoureux, ce cher Servilus!
- Tais-toi! fit Narcissa d'une voix cassée. Tu ne sais pas ce que tu dis, Severus ne m'a jamais aimé. Il ne venait qu'à cause des informations que je pouvais lui donner... Il en aime une autre... ajouta-t-elle faiblement.
- Comme c'est touchant, fit Lucius d'un ton doucereux. J'en aurais presque pitié de toi si tu n'avais pas trahi notre Maître. Mais je ne lui laisserai pas le loisir de te torturer, je garderai ce plaisir pour moi. Endoloris!
Un nouveau cri rauque s'éleva, et c'en fut trop pour Drago. Il écarta la tapisserie et s'écria:
- Père! Arrêtez!
D'un même élan, Harry et Ron franchirent le passage à leur tour et virent que Lucius s'était arrêté en plein élan:
- Drago? Je t'avais dit de rester à l'étage!
Il avait relâché sa vigilance et les Gryffondor y virent là leur seule chance de libérer Rogue. Ron arracha d'un coup sec la cape de leur tête et Harry hurla:
- Stupefix!
Le Mangemort, surpris, n'eut pas le temps de se protéger. Le sortilège le percuta violemment et il s'écroula de tout son long. Ce fut soudain comme si le temps s'était arrêté. Drago regardait successivement sa mère, évanouie sous le choc du dernier sort, Rogue qui tentait de défaire ses liens, son père allongé et enfin les Gryffondor qui pointaient maintenant leurs baguettes vers lui. Il sortit alors la sienne et la dirigea vers eux.
- Malefoy, fit Harry, ce serait trop long de t'expliquer ce qu'on fait ici, mais on est là pour libérer Rogue et ta mère. Alors baisse ta baguette et aide-nous à les faire sortir d'ici!
Le Serpentard ne parut pas saisir quoi que ce soit.
- Qu'est-ce qui se passe ici? cria-t-il, aussi bien à eux qu'à Rogue.
- Drago, réagit ce dernier, écoute ce qu'il te dit. Pour une fois Potter a raison, tu dois nous aider.
Mais Drago n'avait pas l'air de bouger. Il était à moitié en colère, et à moitié au bord des larmes. Il ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait.
- Vous me demandez de faire confiance à Potter! Alors qu'il vient juste d'abattre Père sous mes yeux!
- Tu l'as entendu comme nous, intervint Ron, ton père était en train de torturer ta mère!
- Je... je ne sais pas ce que j'ai entendu!
Voyant qu'il hésitait toujours et que les Mangemorts n'allaient sans doute pas tarder à venir voir pourquoi les cris s'étaient arrêtés, Harry envisagea de stupéfixer Drago également. Mais il vit du coin de l'oeil que Narcissa reprenait conscience:
- Drago... murmura-t-elle. Drago, s'il te plaît, lâche ça, viens près de moi.
Le Serpentard trembla.
- Mère...
- Drago, appela-t-elle encore d'une voix un peu plus ferme.
Le jeune homme baissa lentement sa baguette. Harry laissa enfin échapper l'air qu'il retenait inconsciemment dans ses poumons, et regarda Malefoy se précipiter vers sa mère et défaire ses liens.
- Potter! lança Rogue d'un ton sec. Cessez de rêvasser et libérez-moi!
Harry rencontra les yeux de son professeur et cela eut l'effet d'un électrochoc. Il se précipita vers lui et entreprit de défaire les cordes qui le retenaient. Pendant qu'il s'acharnait avec sa baguette sur les liens magiques, il murmura, de façon à ce que personne d'autre que Rogue ne l'entende:
- J'ai vu la tombe de mes parents.
Le professeur ne réagit pas.
- Je suis au courant de l'accord que vous avez passé avec ma mère.
Rogue ne répondit toujours pas.
- Je sais que vous l'aimiez.
Les cordes cédèrent enfin. Le professeur de potions ne se releva pas immédiatement. Il garda la tête baissée. Harry ne savait pas ce qu'il devait faire. Le temps pressait, mais il voulait savoir ce que pensait Rogue de ses révélations.
Finalement, l'espion se tourna vers lui et dit d'un ton froid:
- Potter, j'espère que les pas que j'entends derrière cette porte appartiennent aux membres de l'Ordre, parce que si je constate que vous avez eu encore une fois l'idée stupide de vous lancer dans le danger seulement accompagné de votre toutou Weasley, toutes les Lily du monde ne m'empêcheront pas de vous botter les fesses dans l'au-delà!
Ron avait lui aussi entendu les pas qui se rapprochaient du salon et tendit sa baguette vers les bruits. Harry se mit lui aussi en position d'attaque, et Drago lança sa baguette à Rogue, pendant qu'il soutenait sa mère qui était trop faible pour marcher.
La porte s'ouvrit avec fracas.
- Harry!
Tous baissèrent leurs baguettes au même moment. Dans l'encadrement de la porte se tenait Albus Dumbledore, accompagné de Maugrey Fol Oeil et de Kingsley Shackelbot. Derrière eux se trouvait celle qui avait poussé ce cri: Hermione. Elle écarta sans ménagement Maugrey et se jeta au cou de Ron.
- J'ai eu si peur! Vous en avez mis du temps! Puis j'ai vu les Mangemorts qui gardaient l'extérieur s'agiter! A ce moment-là, le professeur Dumbledore est arrivé, avec les autres membres de l'Ordre, j'ai dû lui dire ce que vous essayiez de faire. Je croyais que vous vous étiez faits capturer! Ils sont entrés et ont assommé les gardes, et ensuite nous avons entendu des cris venus de l'intérieur, mais il nous a fallu du temps pour rentrer et... et...
- Chut, du calme, la rassura Ron. On est là, bien entiers.
Elle lui mit une tape sur la tête:
- Je vous avais dit que c'était une mauvaise idée d'y aller seuls! Vous auriez pu vous faire tuer!
- Je crois qu'ils en avaient parfaitement conscience, Miss Granger, intervint Dumbledore avec un sourire. Tout comme vous-même aviez conscience de violer le règlement en quittant l'école et en me faussant compagnie dans le cimetière. Ne les blâmez donc pas trop.
Hermione rougit et se blottit un peu plus contre Ron. Harry aida les membres de l'Ordre à ligoter Lucius Malefoy, toujours inconscient au sol, et leur indiqua que Crabbe et Goyle étaient cachés dans une chambre du deuxième étage. Au milieu de toute cette agitation, il remarqua que Rogue avait pris le relais de Drago auprès de Narcissa, et l'aidait à marcher hors de la pièce. Sous prétexte de faire léviter Lucius vers l'extérieur, Harry les suivit à distance.
- Comment te sens-tu? demanda-t-il doucement.
- Mieux. L'air me fait du bien. Mais j'ai froid.
Rogue enleva alors sa cape et l'enveloppa autour d'elle avec précaution. Elle eut un sourire de remerciement.
- Ce que tu as dit... Lorsqu'il nous... Enfin tu as dit que tu savais que j'en aimais une autre...
- Ce n'est pas le cas? l'interrompit-elle.
Il arrêta de marcher et la regarda dans les yeux.
- Il y a quelqu'un que j'ai aimé, oui. Mais c'était il y a très longtemps. Elle est morte à présent.
- Mais tu y penses encore...
Rogue soupira et la serra contre lui. Il aperçut alors Harry et un courant de compréhension passa pour la première fois entre eux. Harry indiqua Narcissa d'un mouvement de tête et articula un silencieux "c'est ce que ma mère voudrait".
Après tout ce qu'il avait vu dans la pensine, après tout ce qu'il avait vécu ici, à Exeter, il savait à présent que Lily aurait voulu que Rogue ne passe pas le reste de sa vie à pleurer sa mort. Le professeur parut saisir le message. Il serra plus fort Narcissa contre lui et ils s'éloignèrent dans la pénombre du parc.
Harry resta debout un long moment, enfin soulagé du poids qui l'avait saisi depuis qu'il avait mis le nez dans la pensine pour la première fois.
- J'imagine qu'il est inutile de te faire la morale, fit Dumbledore.
Il était arrivé si discrètement derrière lui que Harry ne l'avait pas entendu approcher.
- Je pense que je le mérite, répondit-il sincèrement. J'ai mis en danger mes amis et je vous ai désobéi.
- C'est vrai, acquiesça Dumbledore. Et je devrais te retirer des points pour cela. Mais malheureusement, nous sommes en période de vacances, les sabliers de Poudlard ne travaillent pas durant ces deux semaines!
Un sourire s'étira sur le visage de Harry.
- C'est le professeur Rogue qui ne va pas être content, blagua-t-il.
- Je pense que Severus a d'autres hippogriffes à fouetter en ce moment, Harry. Et je pense que le fait de lui avoir sauvé la vie l'empêchera de te retirer trop de points à l'avenir.
- Ça c'est vous qui le dites. A ce propos, comment nous avez-vous trouvés? Vous ne saviez pas que Narcissa était la source d'informations de Rogue, vous n'avez pas pu jeter un sort de localisation, je me trompe?
- Non, tu as raison. Mais j'ai reçu un hibou en urgence d'un certain Mr Plunkett, m'expliquant que vous étiez tous les trois à la recherche de Severus et que vous pensiez qu'il avait été enlevé par un Malefoy. J'ai alors eu l'idée de jeter un oeil sur les archives de propriété de la ville. Quand j'ai découvert que ce manoir appartenait à la famille Malefoy, j'ai su que ce n'était pas une coïncidence.
- Vous êtes intervenu à temps...
Dumbledore hocha la tête. Il y eut un long moment de silence, puis il reprit:
- A propos de tes parents...
- Non! l'interrompit Harry. Vous aviez raison, il y a des choses pour lesquelles je n'étais pas prêt. Je suis désolé d'avoir eu une réaction aussi violente. En quelques jours, j'en ai appris beaucoup plus sur eux que je n'aurais voulu en savoir.
- Il te faudra du temps pour te faire à tout ça. Et je pense que ce sera pareil pour Severus.
Harry regarda dans la direction où Rogue et Narcissa avaient disparu.
- Je pense... murmura-t-il plus pour lui même que pour le directeur. Je pense que ma mère l'aimait beaucoup. Sinon elle n'aurait pas fait tout ça pour lui.
- C'est vrai.
- Je crois que beaucoup de choses vont changer à partir de maintenant.
- Harry, ne te fais quand même pas trop d'illusions à propos de Severus. Il se pourrait que tu sois déçu.
Il hocha la tête, mais en son fort intérieur, il se promit qu'il allait essayer. Pour Lily.
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Il reste un petit épilogue à cette histoire. Il sera posté en fin de semaine.
En attendant, n'hésitez pas à donner votre avis!
Loufoca
