Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Je vous ai laissé carrément dans une situation critique la semaine dernière. Je suis désolée... ou presque. Hem, enfin, quoi qu'il en soit, je vous donne donc aujourd'hui le chapitre suivant, qui mettra fin à vos théories foireuses sur la personne à chapeau. Je ne voudrais surtout pas gâcher vos délires hein, mais y'en a pas un seul d'entre vous qui a tapé au bon endroit. En même temps, j'suis un peu coquine puisque j'ai exagéré sur un point qui vous a certainement induit en erreur ^^ Aussi, je vous laisse le plaisir d'y réfléchir encore un peu. Réponse à vos questions en milieu de chapitre ^^
Oda détient tous les droits sur ses personnages. Même sur ceux que j'ai tué. Délibérément.
Enjoy ;)
L'Auberge du temps qui passe
~ chapitre troisième ~
sommeil
.
Il émerge difficilement du sommeil de plomb dans lequel il flottait lourdement. Zoro ouvre un œil en grognant. Il est dans un lit, il le sent. Il a envie de se rendormir, il est fatigué, sa bouche est pâteuse, ses muscles sont noués, il a mal partout et nulle part à la fois. Et soudain, tout lui revient en mémoire. Il se redresse sur son séant.
Le bretteur observe la pièce autour de lui. C'est une petite chambre aux murs clairs. Le sol bouge, il est sur un bateau. Au pied de son lit, il y a ses trois sabres. Zoro avance la main pour les prendre. Tout son corps est endolori. Il doit dormir depuis des jours. Il est complètement perdu. Sa tête tourne et son estomac est tellement vide qu'il ne grogne même plus. C'est lorsqu'il attrape ses trois sabres qu'il se rend compte qu'il est seul. Tout à coup, la panique s'empare de lui. Où est Robin ?
Il se redresse et se met debout sur le sol. Zoro tangue mais il s'accroche au bord du lit. Lentement, à petits pas, il gagne la porte et l'ouvre. Il arrive dans un couloir et il ferme les yeux. Deux secondes. Juste le temps pour Zoro de trouver un signal, de percevoir une respiration. Robin est de l'autre côté de la porte qui donne juste en face de la sienne. Sans hésiter, il s'avance. Il n'y a pas un bruit autour de lui et il se demande si ce ne sont pas ses oreilles qui lui jouent des tours. Mais lorsqu'il appuie sur la poignée, il entend le déclic. Ça le rassure un peu. Il pousse la porte. Robin est là, allongée sur un lit dans une chambre semblable à la sienne. Il s'approche sans prendre le soin de fermer la porte. Il a froid. Il doit être simplement vêtu d'un caleçon. En fait, il s'en moque pas mal. Tout ce qui compte à l'instant ce sont ses sabres et Robin endormie. Endormie ?
Lentement, Zoro s'assied sur le lit à côté d'elle. Elle respire calmement, bercée par un sommeil qu'il sait noir et dénué de rêve. Il soupire, ses paupières sont encore lourdes de sommeil. Doucement, sans faire de bruit, il s'allonge à côté de l'archéologue, posant ses sabres au pied du lit, et il se rendort. Inconsciemment, elle l'a senti s'installer à côté d'elle. Son sommeil profondément sombre se teinte de couleurs pâles et elle soupire d'aise.
...
Quelques heures plus tard, lorsqu'une personne, une infirmière peut-être, pénètre dans le couloir menant aux chambres des deux blessés, la première chose qu'elle remarque avec horreur ce sont les deux portes ouvertes. Connaissant bien les deux oiseaux, elle pense aussitôt à une fugue et se précipite dans l'encadrement de la porte de la chambre du bretteur : personne. Son angoisse monte d'un cran. Elle se retourne et pousse un soupir de soulagement. Le bretteur est là. Et en regardant de plus près, elle constate que l'archéologue est ici aussi. Cela signifie que Zoro s'est réveillé, l'espace d'un instant, sans doute très court, mais il est revenu à lui. La jeune femme entre dans la chambre et remonte la couverture sur le torse nu du bretteur endormi. Elle décale un peu Robin pour laisser une place suffisante au corps imposant de Zoro. Puis, elle s'assied sur une chaise et les regarde dormir. Elle soupire.
- Vous nous avez fait une belle frayeur. Mais, après la terrible nouvelle, on était contents de vous trouver… On fera tout pour vous garder en vie, je vous le promets.
Une larme s'échappe du coin de son œil qu'elle essuie prestement. Elle a promis d'essayer de ne plus pleurer. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Mais, elle a besoin d'explications, elle veut savoir ce qu'il s'est passé. Et tant que ces deux là dormiront, personne n'en saura davantage.
- Je vous en prie, revenez vite parmi nous...
- Elle s'est réveillée ? demande une voix masculine dans l'encadrement de la porte.
L'infirmière improvisée relève la tête et regarde son compagnon. Il s'approche. En remarquant le bretteur couché dans le lit de l'archéologue, une larme vient faire briller ses yeux.
- Est-ce qu'il a volontairement changé de chambre ?
- Je crois bien. Je l'ai trouvé ici en venant apporter des serviettes propres.
Le silence reprend ses aises dans la chambre et seules les respirations des deux pirates se font entendre. L'homme soupire. Ils n'en apprendront pas plus pour le moment. Mais leur réveil est proche.
- Viens, souffle-t-il à son amie. Je crois qu'il vaut mieux les laisser se reposer encore un peu.
La femme approuve et se lève. Ils referment la porte derrière eux. Et personne ne bouge.
...
Il ne sait pas combien de temps il s'est écoulé lorsqu'il ouvre à nouveau les yeux mais, Zoro se sent déjà beaucoup mieux. Il n'a plus cette impression de poids sur son corps, il se sent toujours faible mais il retrouve les sensations au bout de chacun de ses membres. Il a juste un poids contre l'épaule gauche. Il n'a pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir quel est ce poids. Ou plutôt, qui est ce poids. Cette sensation, il l'a connait très bien, c'est Robin. Il ouvre lentement les yeux. Il pensait qu'il ferait jour. Mais la pièce est plongée dans le noir. Enfin, presque.
Posé sur une chaise près du lit, il y a un photophore en forme de maison, qui semble veiller sur eux de ses deux yeux clos. Zoro se redresse sur son coude pour essayer de distinguer autre chose. Mais il ne voit rien, il n'entend rien. La nuit est juste noire et profonde. Il se rallonge, se glissant contre Robin qui se met à grogner comme un enfant qu'on aurait réveillé.
Elle fronce les sourcils, se forçant à quitter ce sommeil qui englue ses moindres mouvements. Elle ouvre les yeux et la première chose qu'elle voit, c'est une lueur. Une lueur qui se reflète dans la prunelle d'une personne dont elle ne voit que le visage. Cette vision est parfaitement effrayante. Mais Robin n'a pas peur. Cette chaleur contre son bras, cette sensation de familiarité, ce demi-regard sombre et froid, elle connait tout ça.
- Zoro, souffle-t-elle en tentant de se relever un peu.
- Force pas, répond-il sur le même ton.
Il l'aide à se tourner, la soutenant de son bras le plus fort. Elle se retrouve assise, adossé à l'énorme coussin qui lui servait d'oreiller. Elle tente d'observer la pièce. Mais elle ne voit que le photophore illuminant une nuit trop noire. Elle frissonne et remonte la couverture sur sa poitrine.
- Où sommes-nous ?
Zoro se glisse sous la couverture, elle le voit désormais en plongée. Elle voit ses traits fatigués, ses cheveux aplatis, ses cernes… Il ferme son œil valide pour réfléchir un instant. Puis, il ouvre la bouche et répond dans un filet de voix :
- Sabo.
Robin glisse à son tour, approchant son oreille pour entendre son ami. Derrière l'écran noir de ses paupières, Zoro repasse le film. Il se souvient de cette barque sur laquelle ils dérivaient.
- Tu as perdu connaissance, murmure-t-il. Je n'ai rien pu faire contre ça. Le manque d'eau et de nourriture…
Il ouvre son œil pour la regarder. Elle esquisse un sourire sur son visage défait.
- Je suis éveillée à présent…
Il referme son œil, rassuré. Ce n'était pas un rêve. Il prend une grande inspiration, remettant les pièces du puzzle en les racontant à Robin.
- On a continué de dériver. J'ai lutté contre l'évanouissement, je te jure. Mais j'ai manqué de vigilance et on s'est fait accoster.
- C'était Sabo ?!
- Oui. Au début, je ne l'ai pas reconnu. Je voyais flou, j'étais déjà ailleurs. J'ai tenté de te protéger. Mais le chapeau, Robin. Le chapeau, je l'ai reconnu. Je crois qu'il était étonné et heureux mais je me suis évanoui avant de pouvoir lui parler.
- Alors, Sabo nous a retrouvés… On peut dire qu'on a eu de la chance.
Le sommeil pèse à nouveau sur leurs paupières, comme si un petit être facétieux tentait de s'asseoir sur leurs crânes. Robin laisse aller sa tête dans le creux de l'épaule du bretteur et Zoro se laisse aller au sommeil. Il balbutie :
- Dors encore… Tu es… tu es fatiguée…
- Oui, répond-elle en soufflant. Toi aussi, tu es fatigué. Et surtout, tu es incroyablement fort. Dors, Zoro.
Elle lui murmure ensuite un merci qu'il n'entend pas. Elle écoute un instant sa respiration calme et posée avant de se laisser aller au sommeil.
Lorsqu'elle se réveille à nouveau, elle se redresse et voit la lumière du jour filtrer entre les striures d'un store. L'intensité lumineuse est presque orangée, signe du coucher de soleil. Robin se frotte lentement les paupières du revers de la main. Zoro ouvre son œil valide et la regarde. Ils se jaugent un instant du regard, constatant l'état alarmant de leur santé. Une respiration qui n'est pas la leur les fait tendre l'oreille. Lentement, ils se retournent. Assise sur une chaise près du lit, Koala dort profondément, la tête en arrière et un livre posé à l'envers sur ses genoux. Robin se redresse, aidée de Zoro. Pendant de longues minutes, ils regardent la révolutionnaire assoupie.
- Elle a dû longuement veiller sur nous, souffle Robin.
- Oui, répond Zoro.
Ils songent déjà à la façon dont ils vont pouvoir la remercier. Soudain, la poignée tourne lentement et la porte s'ouvre sans un bruit. Sabo pénètre dans la chambre sur la pointe des pieds. Il porte un plateau repas et il referme la porte en essayant de faire le moins de bruit possible. Son regard se pose sur Koala endormie sur sa chaise et un sourire adorable se dessine sur ses lèvres. Ce sourire n'est qu'un flash. Car, soudainement, il voit les deux pirates bien éveillés qui le regardent avec attention. De surprise, il lâche le plateau. Koala se réveille en sursaut.
- Nan mais ça va pas bien ?! s'écrie-t-elle en chuchotant. Y'en a qui dorment ici !
- Plus maintenant, souffle son compagnon.
Elle se tourne vers le lit où elle croise le regard de la pirate.
- Robin !
Et elle se met à pleurer entre ses doigts.
- Koala, soupire Sabo. Tu avais promis de ne plus pleurer.
- Je-je sais mais j'y-j'y peux rien ! renifle la révolutionnaire alors que son compère lui frictionne les épaules pour la calmer.
Les pirates ne prononcent pas un seul mot. Ils regardent la scène, le regard vide. Le Commandant de l'Armée Révolutionnaire s'approche et demande :
- Vous allez mieux ?
Ils ne répondent pas. Zoro se tourne vers Robin. Ils ne se disent rien. Puis, le bretteur se retourne et déclare :
- Ça va. C'est pas la grande forme, mais c'est toujours mieux qu'avant.
- C'est sûr, souffle Koala qui se rappelle avoir aidé Sabo à hisser les deux pirates inconscients à bord de leur navire. Robin, on est sur notre bateau, tu t'en souviens ?
Elle affirme d'un signe de tête. La révolutionnaire sourit.
- Tu es un peu chez toi ici.
- Oui, souffle-t-elle. Zoro aussi.
Les deux révolutionnaires sont surpris de cette réponse mais ils approuvent du chef.
- Oui, oui, Robin. Zoro aussi. Vous êtes chez vous. On a prévenu Dragon, il sera là dès que possible.
À cet instant précis, on frappe à la porte. C'est un jeune marin d'une quinzaine d'année qui annonce que le chef de l'Armée vient d'arriver. Sabo sourit en renvoyant le garçon après l'avoir remercié.
- Toujours aussi ponctuel ! déclare-t-il en se levant. Bon, je vais le chercher et je vous l'envoie.
- Non, déclare Robin d'une voix ferme et sans faille.
Zoro ne sursaute même pas à ce ton. C'est celui de Nico Robin, la femme qui a découvert la vérité sur le siècle oublié. C'est le ton ferme et sans détour de la femme sûre d'elle.
- Non, Sabo. Il est hors de question de se présenter à Dragon dans ces affaires. Nous allons nous changer et monter dans la pièce de vie.
- Ouais, je commence à avoir faim, réplique Zoro. J'espère que vous avez du bon saké à bord !
Le ton enjoué et malin du bretteur ne surprend pas Robin. Elle sourit presque de le voir si ragaillardit. Mais lorsqu'il s'étire, elle voit bien que ses muscles ont fondu, que ses côtes sont saillantes et que sa peau a perdu de son éclat. Elle passe une main sur son ventre. Si elle a vu le changement sur Zoro, elle n'ose pas imaginer l'état de son propre corps. Koala se lève et déclare :
- D'accord. Prenez votre temps. Vous avez des affaires propres dans vos chambres respectives. Nous vous attendrons à l'étage.
- Dernière chose, ajoute Sabo avant de quitter la pièce.
Son regard de braise plonge dans celui des pirates.
- Ça fait dix jours qu'on vous a récupérés. Je ne sais pas depuis combien de temps vous dériviez mais, de ce que je sais, il n'y avait aucune île à l'horizon. Faites le calcul.
- Votre dernier repas remonte à trop longtemps, nous allons vous préparer un énorme festin ! conclut Koala en souriant.
Un nœud se noue dans leurs estomacs alors qu'ils regardent les révolutionnaires quitter la chambre. Leur dernier repas… Ils étaient encore sur le Sunny et c'est le plus grand cuisinier du monde qui l'avait préparé. Rien ne pourra jamais égaler leur dernier repas… Pourtant, sans un mot, ils se lèvent. Ils ont encore sommeil mais ils luttent pour ne pas sombrer à nouveau. Ils doivent prendre des forces, ils doivent repartir. Zoro se rend dans sa chambre pour enfiler un tee-shirt et un pantalon décent. Robin enfile le pantalon des révolutionnaires et passe un pull sur son débardeur. Les deux pirates se retrouvent dans le couloir. Le bateau tangue sous leurs pieds. Ils ont sommeil, énormément sommeil. Mais ils luttent, ils luttent pour ne plus sombrer, plus jamais. Ils posent leurs regards sur l'escalier. Le soleil est presque couché, le noir est presque effrayant mais pas encore, pas tout à fait. Ils doivent avancer, ils doivent remonter à la surface. Lentement, ils montent les marches.
NdZ Hé oui ! Sabo de l'Armée Révolutionnaire ! J'vous ai bien eu, hein ?! Le chapeau est impossible à manquer. Et pour ceux qui me dirait "Oui mais, Zoro et sa confiance, nianiania" je réponds, Luffy a une confiance absolue en Sabo, Zoro a une confiance absolue en Luffy, donc, Zoro a une confiance absolue en Sabo. C'est aussi simple que ça. Voilà donc nos deux loulous recueillis par l'Armée Révolutionnaire, à l'abri du monde extérieur et du Gouvernement qui les croit mort. Fin de l'histoire ?! Non, en vérité, l'histoire vient juste de commencer.
Et pour les reviews, c'est dessous :)
