Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Je vous ai oublié la semaine dernière. Carrément zappés même pour tout vous dire. (la faute à mon travail, je dirai) C'est qu'en me couchant que je me suis dit que j'aurai pu vous sortir un petit chapitre. J'ai ri, toute seule dans mon lit en me disant que, tant pis, ce sera pour aujourd'hui. Et donc voilà !

Et dans ce chapitre, nous allons avoir l'interaction entre un Dragon qui a perdu son unique fiston et deux pirates qui ont perdu leur famille. Serrez les dents, c'est qu'un mauvais moment à passer.

Pause réponse aux reviews

Closia : Merci pour ta review :)

Les personnages sont l'intégrale propriété d'Oda. Je ne fais qu'emprunter l'art pour le remodeler à ma sauce.

Enjoy ;)


L'Auberge du temps qui passe

~ chapitre quatrième ~

révolutionnaires

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Lorsqu'ils entrent dans la pièce de vie animée du navire révolutionnaire, le silence se fait instantanément. Comme si un fantôme était entré dans la salle, tout se glace, les mouvements, les regards, les voix, les actes. Plus rien ne bouge. Plus rien à part Zoro et Robin qui avancent à pas lents pour cacher leurs douleurs. Les douleurs physiques, les muscles noués, la fatigue et tout ça, mais aussi la douleur mentale. La douleur de voir la tristesse sur les visages de ces gens qu'ils ne connaissent pas, la douleur de résister. Et surtout ne pas craquer. D'un claquement de doigt, les révolutionnaires se réveillent et quittent la pièce en jetant de furtifs coups d'œil aux nouveaux arrivants. Les pirates se retrouvent seuls face à Dragon qui, toujours la main en l'air, les doigts crispés, les regarde. Son visage est parfaitement neutre et impénétrable. Assis dans un coin, Sabo et Koala contemplent la scène. Il est inutile de les regarder pour savoir qu'ils ont les larmes aux yeux. Dès que la porte se referme derrière le dernier homme, Dragon se lève. Lentement, comme s'il vivait au ralenti, il s'approche des deux pirates et les enserre dans ses bras. Koala ne peut réprimer un sanglot que Sabo étouffe contre son épaule.

- Vous êtes tellement incroyables… souffle Dragon.

Il a longuement hésité. Il voulait leur dire à quel point il était heureux de les savoir vivants, mais, utiliser ce terme enfoncerait encore plus leur peine de savoir leurs compagnons morts. Et bien qu'il ait très envie de savoir la véritable histoire sur cette affreuse et prématurée disparition, Dragon se tait. Il se recule et regarde les deux pirates dont les visages sont ravagés par la fatigue. Il a l'impression qu'ils ont pris 10 ans en quelques jours.

- Venez à ma table, installez-vous.

- Et mangez, surtout, déclare Sabo en frappant dans ses mains.

Un cuisinier apparaît, portant un plateau bien rempli. Il dispose deux assiettes, deux verres et deux couverts et laisse les premiers plats. Puis, il retourne en cuisine amener d'autres choses à manger. Attirés par l'odeur et le bruit de leurs estomacs, Zoro et Robin se mettent à table. Ils mangent goulument, sous l'œil avisé des trois révolutionnaires et du cuisinier. Et ils avalent tout, sans en laisser une miette. Une fois qu'ils sont repus, les pirates soupirent. Zoro se tourne vers son amie et esquisse un semblant de sourire. Dragon sursaute.

Tout à coup, au milieu de cette salle vide, les deux pirates se retrouvent seuls, dans une bulle qu'ils sont les seuls à voir. Le bretteur essuie du coin de sa serviette la joue de l'archéologue tâchée de sauce. Et plus rien n'existe autour d'eux. Plus rien du tout. L'espace d'un instant, il n'y a que le regard de l'un et de l'autre, leur présence, leur vie. Leur vie et rien d'autre. Puis, ils détournent le regard et Robin sourit au cuisinier.

- Merci, Alonso. C'était délicieux.

- Vous vous souvenez de moi ? demande le cuisinier incrédule.

- Absolument. Je me souviens très bien de cette délicieuse sauce au wasabi.

Sa voix est calme et posée, tendre et veloutée. Son sourire est discret mais il illumine son visage d'une lueur sincère. Dragon sent la nausée lui prendre. Mais où trouve-t-elle la force et le courage de sourire ainsi alors que lui a laissé exploser son chagrin en apprenant la mort de son fils qu'il n'a même pas vu partir ! Il est pris de tremblements et est obligé de se prendre la tête entre les mains et de détourner son regard. Sabo renvoi le cuisinier d'un signe de tête. Koala meuble le silence pesant.

- Ravie de savoir que vous avez bien mangé. Vous êtes reposés et nourris. C'est bon…

Sa phrase semble ne pas être terminée mais la jeune femme, même avec la meilleure volonté du monde, n'arrive pas à trouver les mots justes pour la finir. Elle soupire tristement. Dragon se ressaisit et reprend la parole.

- Je suis vraiment heureux de vous voir en bonne santé, Robin, Zoro. Ce n'est pas grand-chose mais, si vous avez besoin d'aide ou de quoi que se soit, je suis entièrement à votre disposition.

- Tu as souffert, souffle Robin. Terriblement.

- Comme chacun de ces hommes ici, réplique le chef de l'armée en prenant sur lui.

- Non. Pire qu'eux. Tu as perdu ton fils Dragon.

- J'ai peut-être perdu mon unique enfant mais le monde entier, lui, a perdu un Roi. Ce n'est pas un malheur. À cette échelle, on parle de drame.

Sabo s'installe à côté de Dragon et pose sa main sur son épaule en appuyant un peu pour le réconforter. Le chef soupire en se prenant à nouveau la tête dans les mains. Il se sent ridicule, si faible face aux deux têtes franches et levées des pirates.

- Vous voulez savoir ce qu'il s'est passé ce jour là, n'est-ce pas ? assure Zoro.

Dragon lève les yeux et affirme du chef. Le bretteur ferme les yeux en soufflant par le nez.

- Deux mots : erreurs, au pluriel, et vitesse.

Zoro tourne la tête et regarde sa camarade qui affirme d'un lent mouvement de tête.

- Erreurs que nous avons commises et qui nous ont bloquées dans un piège. Et vitesse car l'Amiral Akainu nous a pris de court.

Alors, ils racontent. Par morceau, chacun leur tour, selon ce dont ils se souviennent. Les couleurs, les impressions, les odeurs. Les cris, les bruits, la chaleur. Le château de sable sur la plage, la peur, l'immensité de la solitude. Et puis, la barque, la fuite et le sommeil. Zoro regarde fixement Dragon dans les yeux.

- Avant de me laisser filer, il m'a juste dit "restez en vie". Tels sont les derniers mots du Roi des Pirates. Je le lui ai promis.

- Et Zoro est un homme de parole.

- Les derniers mots de notre capitaine ne seront pas vains.

La première chose qui frappe Sabo dans ce récit, c'est la façon qu'ils ont de ne plus dénommer leurs amis par leurs prénoms, comme si la mort n'avait laissé que leurs dénominations et pas leurs noms. À moins qu'ils ne fassent ça pour se protéger de la tristesse qui les guette. Il se met à sourire.

- Jusqu'au bout, Luffy aura été un homme généreux.

- Oui, souffle Zoro. Le capitaine a toujours préféré penser aux autres avant lui.

Le jeune homme voit les poings du bretteur se serrer sur la table. Sa deuxième théorie n'est pas mauvaise. Dragon demande alors :

- Qu'allez-vous faire à présent ?

- Comme Zoro l'a dit, vivre.

- Mais où ?!

Ils se concertent un instant du bout des cils.

- Sur la mer. C'est là que tout a commencé, c'est la que tout a fini, c'est là que nous devons continuer.

- Le Roi des Pirates est un homme dont la volonté est sans faille et le rayonnement infini. Nous allons continuer à propager son héritage.

- Nous ne sommes que des fantômes aux yeux du monde. Mais nous sommes bien vivants et nous allons continuer notre vie de pirate.

- C'est ce que le capitaine voulait, conclut Robin en lançant un sourire à son ami.

Encore une fois, les pirates oublient ce qui se passe autour d'eux. Ils retournent dans cette bulle de nostalgie pleine du souvenir des rires et des pleurs de leur équipage. Dragon soupire. Ils portent leur peine à bout de bras, ce fardeau qui les accable ils le hissent au dessus d'eux. Ces deux êtres sont plus forts que tous les pirates qu'il a pu croiser dans le monde entier.

- Je suis impressionné. Autant par votre force que par votre lucidité. On va vous escorter jusqu'à notre QG. Là bas, vous serez en sécurité. Vous aurez tout le temps de récupérer de vos épreuves. Nous aviserons ensuite. Je dois avoir un navire assez grand en rab. Je verrai à vous le faire affréter. En attendant, reposez-vous. C'est le seul ordre que j'oserai vous donner.

- Merci Dragon. Merci du fond du cœur.

- Tu n'as pas à me remercier, Robin. Luffy était mon fils. La moindre des choses que je puisse pour lui c'est faire en sorte que ceux qu'il a laissé derrière soient en sécurité. Sabo, appelle au QG. Dis-leur que nous ramenons un inestimable trésor qui va nécessiter deux chambres propres et un navire impeccable avec tout le nécessaire de premier soin et de nourriture.

- Bien, Dragon.

- Rien ne doit être laissé de côté, déclare-t-il en se levant.

Il se retourne et se dirige vers la sortie en assurant :

- Si ces deux là venaient à mourir à leur tour, je m'en voudrais plus que tout au monde. Koala, je rentre. Les pirates sont sous la protection de ce navire.

- Il ne leur arrivera rien, Dragon. Fais attention à toi !

Et le chef de l'armée révolutionnaire quitte la pièce. Sabo a filé par une autre porte pour joindre le QG. Koala est seule avec les pirates.

- Il a beaucoup souffert, souffle-t-elle.

- Ça fait mal, la fierté d'un père. Surtout celui du Roi des Pirates. Je suis fatigué, Robin. On redescend ?

Elle ne répond rien, se levant à sa suite. Et Koala attend qu'ils aient fermé la porte pour laisser les larmes l'envahir à nouveau. En descendant les marches, ils savent, ils savent parfaitement les larmes qui coulent dans leur dos. Ils apprécient l'attention et se regardent en se demandant si eux aussi ne devraient pas pleurer. Mais leurs yeux sont secs. Ils n'ont plus rien à pleurer. Alors, lentement, ils retournent dans leurs chambres. Zoro refuse de rejoindre la sienne, Robin lui laisse une place dans son lit. La nuit est totalement noire. Ils montent la couette sur eux et s'endorment sans demander leur reste.

Les jours suivants sont lents et monotones. Les deux pirates se remettent à manger normalement, partageant leur repas dans leur chambre. Ils refusent catégoriquement de se mêler aux autres révolutionnaires. L'ambiance est trop lourde auprès d'eux, le silence est trop pesant dès qu'ils apparaissent. Robin et Zoro préfèrent rester tous les deux, dans cette minuscule chambre qu'ils partagent volontairement. Koala a prêté des livres à Robin. L'archéologue passe ses journées, plongée dans ses lectures. Zoro a déniché des poids et reprend ses longs entraînements quotidiens. Les journées s'écoulent, se ressemblant toutes. Le temps ne semble pas filer, les pirates se languissent de retrouver la mer mais dès qu'ils ont l'occasion de l'apercevoir, ils en ont la nausée. Le chagrin n'est pas vraiment parti, pas tout à fait.

Ils apprécient la présence silencieuse de l'autre. Ils se connaissent bien, ils savent comment ils réagissent. Lorsque le bretteur s'entraîne, torse nu à soulever des poids, Robin ne s'étonne pas, Robin ne fait aucun commentaire. Elle serait une autre femme, elle le trouverait diablement sexy, la sueur rendant son torse luisant, et ses muscles si saillants, son charisme séduisant… Mais non. Robin regarde son compère s'entraîner avec un regard neutre. Il est là, c'est tout. Il continue de faire ses activités favorites, comme avant. Avant les erreurs, avant l'incident. Il est vivant et c'est tout ce qui compte. Elle le trouve beau, elle est certaine que des tas de femmes en ce monde tueraient pour être à sa place. Mais elle s'en moque pas mal. Zoro est là, c'est tout ce qui compte. Alors, elle reprend son livre. Et quand elle est trop fatiguée, elle referme le bouquin, le pose sur la petite table et se glisse sous le drap pour se laisser aller dans les bras d'un sommeil lourd et sans vague. Lorsque l'archéologue s'endort, les yeux fatigués d'avoir tant lu, Zoro ne s'étonne pas, Zoro ne fait aucun commentaire. Il serait un autre homme, il la trouverait terriblement attirante, ses courbes généreuses en filigrane sous le drap, sa respiration lente et posée, et ses cheveux noirs de jais coulant sur l'oreiller… Mais non. Zoro regarde son amie endormie avec un regard neutre. Elle est là, c'est tout. Elle continue de lire et d'emmagasiner toutes les connaissances du monde, comme avant. Avant les erreurs, avant l'incident. Elle est vivante et c'est tout ce qui compte. Il la trouve belle, il est certain que des tas d'hommes se damneraient pour être à sa place. Mais il s'en moque pas mal. Robin est là, c'est tout ce qui compte. Alors, il ferme les paupières pour méditer. Et quand il se sent épuisé d'avoir tant travaillé, il se lève, se glisse sous la couverture sans réveiller l'archéologue et plonge à son tour entre les bras d'un sommeil à l'air malin et au regard moqueur.

Les jours passent, la bobine du temps se dévide sans que ni Zoro ni Robin ne la voie passer. Un matin de brouillard, une corne de brume se fait entendre dans le silence opaque. Ils sont arrivés au QG. Robin regarde Zoro, elle connait la maison. Il approuve d'un signe de tête. Qu'elle le conduise dans cet endroit, il lui fait absolument confiance. Ils n'ont pas peur. Elle lui lance un léger sourire au travers de ses orbes bleus. Ils ont vécu le massacre, ils ont fuit, ils se sont laissés flotter. Désormais, ils doivent réapprendre à vivre. Et ils sont prêts.


NdZ Alors oui, hein, pour rappel ! On est sur Grand Line ! Alors, je ne sais pas ce que vous en pensez, si le QG des révolutionnaires est sur le Nouveau Monde ou pas... Bref, j'en sais fichtre rien mais pour les besoins de cette fic, pour le moment, on est encore sur Grand Line. C'est pour les besoins scénaristiques, diras-t-on. Bon, j'espère que ça vous a plu, que vous pleurez pas trop.

Et pour les reviews, c'est juste dessous :)