Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Je ne vous ai pas oubliés ! Vous êtes contents ?! Allez, là, on s'en va. On quitte l'Armée Révolutionnaire, sans larmes. On part. Pour aller où ?!
Les personnages sont la propriété d'Oda, ceux qui partent, ceux qui restent, et ceux qui arrivent.
Enjoy ;)
L'Auberge du temps qui passe
~ chapitre sixième ~
départ
.
Dragon regarde, inquiet, les deux pirates découvrant le bateau qu'il leur a affrété. Il n'est pas très à l'aise, il a peur de les froisser, de les gêner. Il a peur aussi que l'embarcation ne leur plaise pas. De mémoire, leur navire était vraiment immense, le grand luxe face à ce truc. Malgré ses appréhensions, Zoro et Robin sont contents. Le navire leur plait. Dragon souffle, rassuré.
- Il faudra trouver un nom à ce bâtiment.
- Oui. Nous le savons, souffle Robin.
- Notre charpentier ne nous laisserait pas naviguer sur un navire sans nom.
- Nous allons y réfléchir.
Cela fait une bonne semaine qu'ils sont au QG des révolutionnaires. Et ni Sabo ni Koala n'est reparti en mission depuis. Chaque jour, ils guettent les moindres changements chez leurs amis, tentant de percer leurs discussions muettes ou de s'immiscer dans leurs longues réflexions visuelles. Mais rien n'y fait. Zoro et Robin sont absolument impénétrables. Les deux pirates passent leur temps chacun de leur côté, l'un à la salle d'entraînement, l'autre à la bibliothèque. Et le temps s'écoule.
...
Un soir, Robin est surprise dans sa lecture par une Koala un peu triste.
- C'est vrai, Robin ?! Dragon m'a dit que vous allez bientôt partir…
- Nous ne sommes pas encore fixés mais, oui. Nous n'allons plus tarder.
L'archéologue ferme son livre et le pose sur ses genoux alors que la révolutionnaire vient prendre place à côté d'elle en soupirant.
- C'est triste… Je m'étais habituée à vous. Vous ne voulez pas rester avec nous ?
- Nous sommes pirates, Koala. Pas Révolutionnaires.
- Pff… Zoro m'a dit exactement la même chose quand je lui ai posé la question.
Robin lève un sourcil, étonnée.
- Je l'ai croisé en venant ici.
- Il s'est perdu, souffle l'archéologue en croisant les bras devant sa poitrine.
- Oh non, non ! Il allait se chercher un truc à grignoter en cuisine…
L'archéologue, peu convaincue, ferme les yeux pour observer le bretteur. Devant la porte de la cuisine, portant un petit plat de biscuit, Zoro regarde fixement le petit œil apparu sur le mur d'en face. Il soupire et hoche la tête en signe d'affirmation. Robin rouvre les yeux. Le bretteur ne se perdra pas.
- Tu t'inquiètes trop pour lui, souffle Koala d'un air amusé.
- Il est encore pire avec moi.
- Ouais, j'avais cru remarquer. Et vous dormez dans la même chambre, non ?!
Robin lui lance un regard absolument neutre et elle réplique :
- Je n'utiliserai pas le verbe "dormir"… Zoro et moi n'avons pas du tout les mêmes horaires.
- Mouais, enfin, vous partagez la même chambre en tout cas ! C'est suspect ! Il se passe des trucs entre vous ?!
- Pas au sens où tu l'entends, Koala. Il veille sur moi, je veille sur lui. On est dans la même situation. On se soutient mutuellement.
- Mouais, réplique la jeune femme pas très convaincue.
Koala s'affale sur la banquette, renversant la tête en arrière et observant le ciel étoilé à travers la fenêtre. Elle soupire. Elle a envie de poser d'autres questions à son amie mais, elle connaît trop bien Robin pour savoir quelles sont les limites de sa patience. Et Koala les a dépassées depuis le moment où elle a émit l'hypothèse de voir Zoro et Robin dans l'armée. Elle soupire à nouveau.
- Ça ne va pas, Koala ?! Tu sais, si tu as des problèmes, je suis là.
L'interpelée relève la tête et fixe l'archéologue du regard. Robin lui lance un léger sourire, presque maternel. Koala est bouche bée.
- Mais pourquoi tu fais ça, Robin ? souffle-t-elle. Tu es celle qui a le plus souffert de nous deux. Non, Robin, l'ordre logique des choses n'est pas comme ça !
- Oh, ça va mieux, Koala. Je t'assure. Tu te fais trop de souci pour moi. Franchement, ça va.
- Je sais. Ça fait une dizaine de jours que vous êtes ici, on a vu le changement. Mais tout de même ! Essaie de… de… je ne sais pas moi !
- Calme-toi, déclare Robin d'un ton ferme. Ça ne sert à rien de se fâcher. Je suis ainsi, c'est tout.
Robin reprend son livre, se replongeant totalement dedans. La discussion est close. Koala sourit doucement en se levant. Elle se penche sur Robin pour déposer un baiser sur son front.
- Je t'aime beaucoup, Robin. Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites.
- Qu'est-ce que tu entends par là ?!
- Et bien, je souhaite que tu poursuives ta vie comme bon te semble et surtout, que tu trouves la bonne personne avec qui la partager…
Elle lui lance un clin d'œil et sort de la bibliothèque. Une fois seule dans le couloir, Koala étouffe un haut-le-cœur en effaçant rageusement une larme inopinée. Elle soupire en fermant les poings et se dirige d'un pas lourd vers sa chambre. En passant devant celle de Sabo, elle s'arrête et frappe.
- Entrez !
Elle entre et referme la porte derrière elle. Son regard se perd dans celui du Révolutionnaire. Sabo soupire.
- Oh toi, tu es allée parler à Robin.
Koala affirme du chef. Sabo se lève et ouvre les bras. La jeune femme vient s'y lover sans rien ajouter. La nuit est calme et noire. La bougie se souffle toute seule.
Lorsque Zoro regagne la chambre ce soir là, Robin lève le nez de son livre. Elle a un drôle de regard, à la fois inquiet, triste et impatient.
- Koala est venue me parler, souffle-t-elle.
Le bretteur soupire en levant un sourcil. C'est une question. Robin ferme son livre et le pose sur la table de chevet.
- Elle avait l'air triste de nous savoir sur le départ.
Zoro approuve du chef, lance son tee-shirt sur une chaise et file à la douche. En silence, Robin se lève en baillant et va allumer une bougie parfumée sur une table basse puis, elle se glisse sous le drap. Lorsque Zoro sort de la douche, les cheveux dégoulinants sur le plancher, Robin dort déjà. Il regarde ses contours se dessiner en ombres chinoises au milieu du lit. Elle est recroquevillée sur elle-même, elle semble si frêle et tellement seule. Le bretteur soupire. Il ne supporte pas de la voir si faible, en proie à ses démons invisibles dont il est le seul gardien. Lentement, il s'assied sur le tapis près de la table basse sur laquelle Robin a allumé une bougie. Il sourit.
- Dort sans crainte, souffle-t-il en fermant ses yeux, prêt pour sa séance de méditation.
Dans son sommeil, l'archéologue décrispe lentement ses muscles tendus en soupirant d'aise.
...
Le lendemain, lorsque Robin se réveille, Zoro est endormi à même le sol, la tête posée sur ses sabres, ronflant doucement. Elle pouffe de rire en se levant.
- C'est le matin, tu peux vraiment dormir maintenant.
Le bretteur grogne, mastique gracieusement, se retourne dans son sommeil et une jolie bulle s'échappe de son nez. L'archéologue file à la salle de bain pour s'habiller et se rend ensuite à la cantine pour son petit déjeuner. La journée s'écoule comme n'importe quelle journée. Robin poursuit ses lectures à la bibliothèque, tandis que Zoro poursuit ses entraînements à la salle de musculation.
Lorsque les rayons du soleil couchant touchent la surface scintillante de la mer, Robin ferme son livre et Zoro ouvre son œil valide. Sans un mot, ils savent. Lentement, le bretteur retrouve la chambre, aidé de quelques mains presque invisibles. Les deux pirates se regardent, ils se sourient. L'archéologue prend un sac déniché par Koala, Zoro ferme les rideaux et la porte de la chambre.
Lorsqu'ils arrivent au port, il n'y a personne. Normal, à cette heure là, tous les révolutionnaires sont à la soupe. Les pirates échangent un coup d'œil. C'est le meilleur moment pour partir. Robin se hisse à bord. Dans la journée, de la façon la plus invisible qui soit, elle a monté leurs maigres affaires à bord : quelques livres, des outils de musculation, des vêtements divers…
- Je savais que vous partirez sans rien dire, souffle une voix.
Assis sur une corde enroulée au bord du quai, Dragon regarde les pirates avec un air triste.
- Dragon, souffle Robin. Je savais que tu viendrais nous saluer. Et j'imagine que tu as prévenu Sabo et Koala.
- Tu pensais vraiment que vous pourriez vous échapper sans leur dire au revoir ?!
Le chef de l'armée soupire par le nez en secouant négativement la tête. Des bruits de pas précipités se font entendre. Koala apparaît, les yeux remplis de larmes. Elle est heureuse de voir que les pirates n'ont pas encore pris le large. Elle est à bout de souffle. Sabo ne tarde pas à la rejoindre. Robin se refuse de descendre du navire pour prendre la jeune femme une dernière fois dans ses bras. Zoro est du même avis. Il grimpe sur le bateau et demande à Sabo de dénouer la corde qui retient le navire au port.
- Je refuse, souffle le révolutionnaire en enfonçant son regard de braise dans celui du bretteur.
- C'est symbolique, réplique Zoro en croisant les bras. Les êtres disparaissent mais les souvenirs restent.
- Fait-le, Sabo, intime Dragon le visage dans l'ombre.
Et Sabo le fait. Il défait la corde qui retenait les pirates ici. En contenant ses larmes, le révolutionnaire libère Zoro et Robin, leur rendant la liberté. Le navire s'éloigne, doucement porté par les flots.
- Vous avez trouvé un nom ? demande Dragon en se relevant.
- Assurément, affirme Robin. Nous avons hésité mais, finalement, nous avons trouvé.
- En mémoire de notre équipage, poursuit Zoro, ce navire s'appellera…
- "Le Fantôme de Paille".
Les trois personnes restées sur le quai ne font aucune remarque sur le symbole que porte ce frêle navire. Robin s'agrippe au bastingage en lançant un immense sourire à ses amis.
- Portez-vous bien ! s'écrie-t-elle. Poursuivez vos missions, le monde a besoin de vous !
- Au plaisir de vous recroiser un de ces jours ! réplique Zoro.
Sabo et Koala ont envie de hurler. Ils ont l'impression d'assister à de simples au-revoir alors que c'est un peu des adieux. Qui sait ce qui peut leur arriver à ces deux là ?! Ils ont perdu leur équipage, ils ont été sauvés par l'armée révolutionnaire et ils partent comme s'ils venaient de passer quelques jours de repos. Non, vraiment. Koala et Sabo ont juste envie de vomir devant l'absurdité de la situation. Dragon soupire. Il a toujours eu des difficultés à comprendre le fonctionnement de l'archéologue de son fils. Et il se trouve que le bretteur est un mystère encore plus vaste et profond. Lentement, il met sa main en porte-voix. Il hésite un instant et finalement, il dit simplement :
- Faîtes attention à vous !
"Mes vœux vous accompagnent" soufflera-t-il une fois le bateau devenu une silhouette diaphane dans l'horizon rougeoyant.
NdZ Bon, désolée, y'avait encore un tout p'tit Sabo/Koala. Promis, c'est le dernier... (logique, merci Zuzu) Enfin, voilà nos deux pirates de retour sur la mer ! Quelle sera leur première destination ? Les paris sont ouverts... Héhé, le monde est vaste, bon courage !
Et pour les reviews, c'est toujours dessous :)
