Bonjour, bonsoir, bienvenue & bonne année 2016 !

Démarrons 2016 sur de bonnes bases. Ce qui signifie un petit chapitre de l'Auberge... un peu tardif mais c'est pas ma faute, je suis un peu perturbée. Et oui, je vais avoir des lunettes (ceux qui disent que ça n'a rien à voir n'ont pas totalement tort) et puis je m'occupe également du cadeau d'anniv de mon pirate... Ah ces enquiquineurs qui sont nés en janvier... Bref. J'arrête de raconter ma vie fantabuleuse.

On avait laissé Zoro et Robin après Sabondy la dernière fois et je vous avais parler d'un nouveau personnage qui allait... faire des vagues. Voici donc le chapitre du jour qu'on pourrait qualifier de "chapitre qui ne sert à rien" ^.^ Merci pardon désolé !

Je vous rappelle que les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont tous de Oda... même le nouveau personnage du jour. (comment ça "Zuzu fait du mystère"?)

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre neuvième ~

quotidien

.

Le temps s'écoule.

Une semaine défile, puis deux, puis trois. Un mois passe. Ils oublient de compter les heures qu'ils passent en silence sur leur petit navire, occupés à leurs activités respectives. Robin relit pour la troisième fois l'intégralité de sa bibliothèque. Zoro connait par cœur le nombre de striures sur le plancher du pont principal. La chance est de leur côté. Ils ne sont pas embêtés par la Marine, même pas par le temps, pourtant très incertain et imprévisible. Et le seul équipage pirate qui a osé s'en prendre à eux est en train de régaler les monstres marins et Davy Jones.

Le temps s'écoule. Et la douleur s'égare.

Lorsqu'ils ont quitté Sabondy, ils se sont délestés d'un poids immense qui pesait sur leurs épaules. Parler à Rayleigh leur a fait un bien fou. Ils n'ont pas reparlé du Seigneur des Ténèbres par la suite mais, leurs gestes étaient devenus francs et assurés. Ils regardaient leur figure de proue et le drapeau noir à leur mât avec un sourire vaporeux figé sur les lèvres. Ils allaient mieux, ils pouvaient le sentir en eux même et dans le fond du regard de l'autre. Zoro trouvait Robin plus détendue et Robin trouvait Zoro plus reposé. Signes qu'ils allaient nettement mieux.

Le temps s'écoule. Lentement, sûrement.

...

Par une après-midi nuageuse, Zoro descend tranquillement de la vigie et se dirige vers la salle de bain lorsque Robin sort sur le pont. Ils échangent un sourire.

- Tu vas à la douche ?

Ils ne savent depuis combien de temps ils ont quitté le rocher maudit. La barque, les révolutionnaires, Sabondy… Tout leur semble loin. Ils ont complètement perdu la notion du temps. Aussi, lorsque Robin pose cette question banale à la réponse évidente, Zoro hésite un temps avant de lui répondre.

- Ouaip. Ça va me faire du bien.

Elle ne pose jamais de question inutile. Entre eux, il n'y a jamais eu de paroles superflues. Zoro fronce les sourcils en regardant Robin.

- Ça va pas ? lui demande-t-il en penchant légèrement la tête sur le côté droit.

- Euh… si. Pourquoi tu dis ça ?!

- Je ne sais pas. Ce n'est pas dans tes habitudes de poser des questions à laquelle tu as déjà la réponse.

Robin semble hésitante bien que son visage ne la trahisse pas. Elle laisse couler un temps avant de répondre.

- Tu pouvais très bien avoir envie de grignoter quelque chose avant d'aller prendre ta douche, non ?

Zoro ne répond rien. Que peut-il lui dire ? Elle n'a pas tort mais elle n'a pas raison pour autant. Il hausse les épaules en passant devant elle pour se rendre à la salle de bain. Robin le laisse passer sans rien dire et se poste au bastingage pour regarder le ciel. Les nuages sont si compacts que le soleil n'y glisse même pas un rayon.

- Il va faire nuit de bonne heure, murmure-t-elle aux vaguelettes qui viennent lécher la coque du Fantôme de Paille.

Elle reste un long moment, prostrée face à l'océan puis, soudainement, elle se détourne et rentre dans le petit logis. Elle entreprend de préparer un bouillon avec les restes de viande de requin d'hier soir. Elle soupire. Cuisiner est vraiment un défi sur un navire et ils en reviennent à faire souvent les mêmes choses. Ses cheveux la gênent. Ils sont plus longs qu'avant désormais. Elle prend un élastique et les attache en queue de cheval. Dans la salle de bain, elle entend l'eau s'arrêter de couler. Un sourire lui échappe. Zoro est toujours efficace en ce qui concerne l'hygiène corporelle. Il sort de la salle de bain quelques minutes plus tard, s'essuyant violemment les cheveux et poussant la porte du bout du pied.

- Curry ou cumin ? demande-t-elle.

Zoro redresse la tête. Il voit Robin affairée à préparer le repas. Il s'approche. Il voit les restes du requin avec les maigres légumes qu'ils ont réussit à garder. Il hausse les épaules.

- Cumin. Ça ira bien avec les carottes.

L'archéologue hoche de la tête, faisant tressauter les petits cheveux bruns échappés de l'élastique qui bouclent presque sur les côtés.

Une foi assuré que ses cheveux sont secs ou presque, Zoro étend la serviette sur le dossier d'une chaise. Puis, il s'assied sur la chaise et entreprend de se limer les ongles de pieds. Robin pose le couvercle sur la marmite et se détourne de la cuisine en s'essuyant les mains sur un torchon. Elle regarde Zoro, consciencieux dans son travail. Elle se souvient qu'avant, sur leur navire, il avait l'habitude de le faire assis sur le bastingage, en laissant volontiers les idiots lui courir autour et l'interroger sur cet acte intriguant qu'est de se couper les ongles de pieds. Robin soupire.

- Ça, déclare Zoro. C'est de la nostalgie.

- Pardon. Je repensais à la vie d'avant.

- Notre capitaine disait souvent "le passé c'est le passé".

- Je sais mais je ne voudrais surtout pas oublier.

Là, Zoro relève la tête. Robin s'est assise sur l'un des fauteuils du salon et elle contemple d'un regard éteint le jour baisser petit à petit. Le bretteur la fixe un instant, puis, il pose à nouveau son nez contre son genou, limant méticuleusement les coins de son gros ongle de pouce.

- Je comprends, souffle-t-il. Les souvenirs ont tendance à s'effriter.

Ils n'ont plus cette douleur lancinante au cœur comme ils avaient lorsqu'ils étaient sous la protection de Dragon. Ils n'ont plus cette tristesse de ceux qui ont tout perdu. Ils ont déjà commencé à construire autre chose. Mais ils ne savent pas ce qu'ils sont en train de faire. Pas vraiment. Alors, ils ont peur. Peur d'oublier comment était leur vie, avant.

- Tu crois qu'il fera beau demain ? demande Robin.

- Nous verrons bien, réplique Zoro.

Le jour suivant n'est ni beau ni mauvais.

Le jour d'après, leur route croise celle d'un magnifique galion flambant neuf. Le drapeau noir qui flotte en haut de son mât est inconnu aux deux pirates. Zoro regarde Robin.

- Je n'ose pas couler un aussi beau bâtiment.

- Oooh. Tu crois que notre capitaine s'en serait soucié ?!

- Lui, non. Mais notre charpentier et notre sniper reconnaissaient volontiers le travail bien fait. Je ne voudrais pas leur faire outrage.

- C'est bien vrai.

Ils laissent couler un temps, rabattant sur leurs têtes une cape sombre. Morts ou vivants, c'est toujours ce qu'il y a d'écrit sur leurs avis de recherche. Lorsque le chef des pirates hurle : "Pillez-moi ce rafiot, les gars !", Zoro et Robin se demandent si un jour leurs primes remonteront encore.

La bataille est un vrai carnage. Debout sur le bastingage du navire ennemi, l'archéologue regarde Zoro se défouler. Elle use de son pouvoir avec parcimonie. Non pas par peur de se faire repérer. Mais parce qu'elle sait que le bretteur a besoin de laisser aller sa colère et sa frustration de cette manière. Robin le regarde se battre avec rage, ne laissant rien debout derrière lui. Elle le trouve féroce, sauvage, presque fou. Elle le trouve beau malgré cette cape sur lui, malgré le temps qui défile. Lorsqu'il ne reste plus un pirate conscient à bord, Zoro rejoint sa camarade.

- Tu es un monstre, souffle Robin.

- Je sais. Je n'y suis pour rien. Il n'y a guère que de cette façon que je me sens vivant.

Elle n'ajoute rien et saute sur le plancher du Fantôme de Paille. De ses mains additionnelles, elle pousse le gros navire qui s'éloigne mollement, porté par un courant et par son gouvernail que Robin tourne volontairement dans une direction contraire à la leur.

- Ils nous ont fait changer de cap ces salauds, grogne Zoro en prenant la barre.

Robin réplique :

- Je vais me mettre au chaud.

Il hoche du chef, le regard posé à l'horizon.

Lorsqu'il rentre dans la pièce de vie un peu plus tard, Zoro se dit que ce navire là est bien plus simple que l'ancien. Il ne s'est pas encore retrouvé dans les cales en cherchant la cuisine. Ce souvenir lui fait faire une grimace. Le bretteur passe une main lasse sur son visage et laisse échapper un soupir. Assise dans son fauteuil, Robin entend ce soupir comme une plainte aigüe qui vient du cœur. Elle relève le regard et croise celui de Zoro. Ils échangent un sourire fugace.

- Ça va mieux maintenant, souffle-t-elle.

- Ouais ! réplique le bretteur sur le même ton. Ouais…

Et Robin se replonge dans sa lecture, près d'une bougie qu'elle a allumée pour y voir plus clair. Pendant que son compère se battait sur le pont, elle a fouillé des yeux les cales des pirates. Elle a ainsi dégoté quelques trésors, de la nourriture et deux trois bouquins. Zoro s'assied à la table de la cuisine et contemple le pactole avec un sourire carnassier. Il veut féliciter la pirate mais son regard bute sur le profil apaisé et profondément absorbé d'une Robin en pleine lecture. Pendant un instant, le bretteur ne bouge pas d'un pouce, se contentant de contempler le nez droit, les lèvres fines et les yeux bleus de l'archéologue sur lesquels viennent se fermer des paupières aussi légères que des papillons. Il la trouve belle, assise là, à lire, sans se soucier de quoi sera fait demain, loin des douloureux souvenirs de la veille. Il la trouve belle et, pour la première fois depuis qu'ils sont seuls sur l'océan, il se rend compte qu'elle est à lui. Pas au sens physique ou marital. Non. Elle est à lui par sa simple présence.

Est-ce qu'elle aurait été la même si leur capitaine avait envoyé quelqu'un d'autre à sa recherche ? Aurait-elle eu ce même air serein, ce même sourire transparent, ce même regard doux ? Pour la première fois depuis l'incident, Zoro se demande comment aurait été la vie si Robin avait été avec un autre que lui. Un autre que lui. Le bretteur secoue la tête. Cette phrase sonne faux sous son crâne.

- Bon sang ! s'exclame-t-il soudainement. Ces bougres avaient même une couronne sertie de diamants bruts dans leurs cales !

Lorsque les réflexions prennent trop d'ampleur, il faut se détourner l'attention. Robin relève la tête, le visage soudainement illuminé de joie.

- Tu as vu ça ?! Elle est magnifique ! Je suis certaine que notre navigatrice en aurait tiré un excellent prix !

- Pff, tu parles ! Elle se serait pris une marge énorme.

Ils se mettent à rire doucement. Puis, ils se regardent.

- C'est bon de rire, avoue la jeune femme. Ça fait du bien aux zygomatiques.

- Yep ! Ça te dit d'ouvrir une bouteille de saké pour fêter cette belle prise ?!

- Zoro, soupire l'archéologue en fermant son livre. Tu n'as pas besoin de ça pour boire ton saké.

Il lui offre un immense et malin sourire. Ils se font un petit festin ce soir là. Pas un de ceux qu'ils partageaient avec leurs compagnons d'équipage, non. Mais un festin qui rappelle de bons souvenirs.

La douleur n'est plus. Elle est partie. Les souvenirs sont toujours là. Ils sont bien accrochés. Le temps s'écoule, la pluie efface les traces de poussière sur le plancher, le soleil réchauffe la pièce de vie deux jours après. Un monstre marin servira de dîner et une nouvelle île recueillera provisoirement ces deux fantômes naufragés.

Ils se disent qu'ils vont mieux, que le plus dur est derrière eux, que, désormais, plus rien ne peut les atteindre. Ils se croient presque invincibles. Ils n'ont plus peur, ils n'ont plus mal, ils n'ont plus de larmes en stock. C'est ce qu'ils croient.

...

Tout d'abord, ils sont étonnés de voir au loin ce pavillon. Ils se regardent longuement, avant que Zoro n'ouvre la bouche.

- Je me demande ce qu'on doit penser de notre navire à cet instant même.

- Certainement pas grand-chose.

Leurs regards se perdent à nouveau sur le long navire qui se dessine à l'horizon.

- On ne peut pas passer à côté, n'est-ce pas ?

- Non, Zoro. Premièrement, ce serait très impoli de notre part. Deuxièmement, c'est un bon moyen de mettre une autre personne dans la confidence.

- Troisièmement, termine Zoro, ça permettrait d'apporter un peu d'espoir.

Robin se tourne vers son compère.

- Je n'aurais pas dit ça comme ça mais, oui. Tu n'as pas tort.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ?

L'archéologue retire sa pèlerine et réplique en se détournant :

- Je croyais pourtant qu'on était clair sur le point des questions inutiles, Zoro.

Le bretteur a un rictus. Il enlève sa cape et la lance dans un coin du navire. Puis, il s'assied au pied du mât, passe ses deux bras derrière la nuque et s'endort.

Quand Monkey D. Luffy était devenu le Roi des Pirates, un grand mouvement avait secoué le monde. Des pirates du monde entier s'étaient retrouvés pour rencontrer le Roi. Certains équipages connus des pirates au chapeau de paille avaient fait leur apparition. Dont ce navire. Grand, imposant, superbement bien mené, ce navire aurait déplacé des continents s'il avait fallut.

Aujourd'hui encore, pour cet équipage, ce bâtiment fendrait les eaux bouillonnantes du Nouveau Monde s'il le fallait.

Ni Robin ni Zoro n'étaient en mesure de prévoir l'intensité et les conséquences de leur action ce jour là.

D'abord, ils sont surpris par un cri. Un cri déchirant le ciel.

- Luffy !

Zoro et Robin redressent la tête. Puis, ils la voient. Elle les voit en retour. Le silence est total. Des dizaines de paires d'yeux attendent quelque chose qui ne vient pas. Il y a un instant de flottement durant lequel elle comprend qu'il n'y a vraiment plus que les deux qu'elle a sous ses yeux.

- Aaaaaaah ! Luffyyyyy !

Et Boa Hancock explose en larme contre le bastingage de son navire sous les cris de douleur de son équipage.


NdZ Héhé, oui. Boa Hancock. Au vue de sa réaction, vous comprenez pourquoi c'est un personnage qui fait des vagues... En bref, ça va être un joyeux bordel. J'espère que ça vous a plu, que je vous avais pas trop manqué et tout et tout. Je pense que je vais bien avancer cette fic parce que j'ai repris le travail. Ouais, je sais ça n'a pas de liens direct mais en fait si... Je suis de bonne humeur ce soir, dis donc !