Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Oui, oui, oui... Je vous ai oublié la semaine dernière. Mais ! J'avais une excuse de taille, j'étais très, très, TRES occupée. Voilà. Donc, je vous avais laissés (ou lâchement abandonnés) sur le lemon la dernière fois, muhuhu. On repart donc de là : ils viennent de... de se laisser aller. Réactions...
Comme vous le savez, ils ne m'appartiennent pas. Ni eux, ni tous les autres, d'ailleurs.
Enjoy ;)
~ L'Auberge du temps qui passe ~
~ chapitre douzième ~
interrogations
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Lorsqu'il ouvre les yeux, Zoro est ébloui par un rayon de soleil. Il ferme aussitôt les paupières et se tourne dans le lit en grognant. En posant lourdement sa joue contre l'oreiller, la fraicheur du carré de tissu l'interpelle. Il ouvre grand ses deux yeux. Zoro est désormais dos à la fenêtre, dos à la lumière. Il voit la cuisine, au loin, et surtout, il voit la place vide à côté de lui dans le lit. Une place vide mais froissée et encore tiède. Lentement, il passe sa main sur le drap et inspire lentement l'odeur de l'oreiller voisin. Zoro ferme les yeux et il sent quelque chose lui enserrer les tripes lorsqu'il reconnait parfaitement le parfum fort et sucré de Robin. Alors, il se souvient qu'il a passé la nuit enlacé contre la jeune femme…
Le bretteur s'allonge sur le dos et pousse un soupir en se frottant les paupières. Soudain, un doute l'assaille. Il soulève le drap et constate que son pantalon est manquant, il est intégralement nu. Il laisse tomber le drap en soupirant. Et seulement à cet instant, il se souvient de tout.
De la colère qui l'a envahit, des larmes de Robin, de la tension qui le tirait vers le bas.
Puis, de la façon dont il a lâché prise, dont ils ont lâché prise…
De la manière la plus brute et directe qui soit.
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D'un bond, Zoro se lève. Pour ne pas être trop triste, il faut passer à autre chose, penser à autre chose, panser autre chose. Il repousse le drap et pose ses deux pieds sur le parquet glacé. Il prend un tee-shirt dans l'armoire, si vivement qu'il en déplie trois au passage. Il l'enfile rapidement et reprend son pantalon. Puis, il ouvre la fenêtre, inspire l'air iodé et se dirige vers la porte de dehors.
Accoudée au bastingage, Robin regarde les vaguelettes mourir doucement contre la coque. Elle a relevé l'ancre et le Fantôme de Paille glisse lentement sur une mer étrangement apaisée. Sans rien dire, Zoro s'accoude à ses côtés et regarde au loin l'île hérisson se réveiller dans la brume. Il souffle un filet d'air par le nez.
- Je n'ai pas encore déjeuné, déclare Robin. Je ne voulais pas te réveiller en faisant du café.
- Oh. T'aurais pu, tu sais. Si je suis réveillé, c'est que j'ai assez dormi.
Cette phrase est presque drôle. Mais Robin n'a pas envie de sourire. Le silence s'installe.
Lorsqu'elle s'était réveillée, il y a quelques minutes, Robin s'était sentie terriblement bien, au chaud entre les bras de Zoro. Et puis, elle s'était souvenue de ce qu'il s'était passé la veille au soir, de ce qu'ils avaient fait la veille au soir. Elle s'était levée et habillée sans bruit, elle avait passé un pull et était sortie prendre l'air. Et elle avait regardé les vagues, silencieuse.
Zoro trouve le silence un peu trop lourd. Il ferme lentement les yeux et déclare :
- Bon allez. On petit déjeune et on poursuit la route.
Il se détourne de Robin en se demandant ce qu'elle pense de la soirée d'hier.
- Tu veux un café ? demande-t-elle en passant derrière lui.
- Volontiers, répond-il en la regardant rentrer dans le navire.
Il respire quelques instants l'air frais de cette matinée brumeuse et rejoint sa camarade à l'intérieur.
Robin a fermé la fenêtre et elle observe pensivement le café couler dans la verseuse. Elle a sorti deux tasses qu'elle a posées sur la petite table. Zoro s'installe à une chaise, celle qu'il prend à chaque fois, et il la regarde attendre. Il la regarde longuement, immobile, silencieux.
- À quoi penses-tu, Zoro ?
Il pourrait être étonné, pris en flagrant délit d'observation minutieuse. Mais il ne l'est pas. Il ne détourne même pas le regard, ce serait se trahir. Et, actuellement, Zoro n'a aucune envie de se trahir.
- Et toi, Robin. Tu penses à quoi ?
Elle se détourne lentement de la cafetière et plonge son regard océan dans celui profondément sombre de Zoro.
Et il ne se passe absolument rien.
Dans le regard de l'autre, ce que chacun voit, c'est du vide. Un vide immense, sans aucune explication. Chacun y voit son propre reflet, non pas comme dans un miroir, mais comme dans une vitre teintée. Ils voient tous deux qu'ils se cachent des choses. Leurs regards sont absolument neutres, parfaitement indifférents, aucune émotion ne transparait, aucun indice ne les trahit.
Et derrière cette vitre sans teint, il y a des questions. Des centaines et des milliers de questions. Des interrogations banales sur la prochaine destination et sur ce qu'ils vont manger à midi. Mais surtout, des interrogations plus profondes sur ce qu'il s'est passé cette nuit.
Pourquoi n'ont-ils pas réussit à résister à la tentation de l'autre ?
Comment ont-ils fait pour s'abandonner si facilement à l'autre ?
Qui est réellement l'autre ?
Et qui suis-je, moi ?
La cafetière glougloute bruyamment, indifférente à ces luttes intérieures qui se jouent tout près d'elle. Le café noir coule, emprisonné derrière le verre de la verseuse. Les pirates sont toujours aussi immobiles et silencieux. La cafetière exulte ses dernières gouttes dans un sifflement et se tait. Robin ouvre la bouche.
- Je pensais à notre prochaine destination.
Elle se détourne et prend la verseuse.
- Désormais, nous sommes sur le Nouveau Monde. Certains de nos amis s'y trouvent. Mais aussi, nombre de nos ennemis.
Elle verse le café dans les deux tasses en porcelaine. Zoro réplique :
- Ami ou ennemi, quelle est la différence ? Pour les premiers, nous allons être des survivants. Pour les seconds, nous resteront des fantômes…
- Il faudra être méfiant.
- Nous le sommes, inutile de s'inquiéter.
Elle repose la verseuse à sa place et s'assied sur sa chaise.
- Nous allons continuer notre voyage comme avant sur Grand Line, poursuit Zoro. Et à chaque navire croisé, nous évaluerons la situation, comme nous l'avons toujours fait, Robin.
L'archéologue n'aime pas vraiment le ton employé par son compère, surtout l'intonation qu'il a donnée à son prénom. Trop paternelle, trop protectrice.
- Cela ne doit pas nous empêcher d'être vigilants, Zoro. Il ne faudrait pas baisser notre garde.
Le bretteur trouve l'intonation de sa camarade très sèche et rude, comme si elle lui faisait un reproche. Il fronce les sourcils.
- Nous allons rester attentifs. C'est ce que nous faisons de mieux.
Elle se lève brusquement, prend sa tasse de café et se dirige vers la porte de la bibliothèque, sans rien ajouter. Il la regarde s'éloigner du coin de l'œil. Juste avant de disparaître dans la pièce adjacente, Robin déclare, froide et cinglante :
- Et ne vas pas t'imagier que, parce que nous avons couché ensemble, nous avons une quelconque relation de cet acabit.
La porte se referme et Zoro pousse un soupir. Il a envie de lui répondre que, évidemment, ils ne sont pas ensemble ! Ils n'ont aucun sentiments l'un pour l'autre. Hier soir, c'était juste un accident. Le bretteur avale son café d'un trait et se lève pour rincer sa tasse. Il pose l'ustensile sur le rebord de l'évier et va près de la barre, vérifier que le navire se déplace sans incident. Dans la bibliothèque, Robin regarde le Log Pos d'un air absent. Pour le moment, aucune aiguille ne semble vouloir se stabiliser, il va falloir attendre. Elle soupire en posant ses yeux sur le plafond. Hier soir, ce n'était qu'un accident.
Un accident, certes. Mais un accident nécessaire.
Ils pensaient que, plus ils avanceraient, plus les mauvais souvenirs deviendraient flous. Mais leur rencontre avec Boa Hancock a quelque peu changé la donne.
Alors, ils doutent. C'est également la peur qu'ils cachent derrière la vitre teintée de leurs regards. La peur de la réaction de l'autre lorsque le sujet de cette nuit reviendra sur la table.
C'était un accident, juste un accident.
Et si, à cet instant d'égarement, Robin n'était pas entrée dans la chambre, si, à cet instant de tristesse, Zoro n'avait pas calmé la situation, si, à ce climax émotionnel, ils ne s'étaient pas retrouvés l'un à l'autre et l'un en l'autre, l'histoire en aurait-elle été différente ?
Ils se disent que ce n'était qu'un accident. Et à aucun moment ils ne se disent que c'était une erreur…
Alors ils oublient, ils ferment les yeux, ils passent à autre chose. Ou du moins, ils essaient. Ils continuent de veiller l'un sur l'autre, du coin de l'œil, ils continuent de converser sur le strict minimum, ils continuent leur route, pensant qu'ils ont chacun leur propre voie.
Et le temps s'écoule…
...
Ils s'arrêtent sur une île très habitée. Ils se font discrets, réapprovisionnent leur garde manger et filent aussi vite. Ils évitent un navire de la marine et un ouragan, de justesse.
Puis, un jour, ils croisent un navire pirate qu'ils coulent de façon machinale. Et là, Robin se rend compte que quelque chose cloche.
Elle a vu Zoro se battre contre des adversaires très divers, elle l'a vu mettre Mihawk un genou à terre, elle a vu la mort dans ses yeux un nombre incalculable de fois. Après l'accident, elle a vu la rage et la force dans les coups de Zoro. Mais là, elle ne voit rien de cette monstruosité sans pareil qu'elle lui connait. Là, elle ne voit qu'une vague lassitude, comme s'il savait que le combat était gagné d'avance et qu'il n'en avait rien à faire. Une fois, il lui a dit que se battre était pour lui la seule manière de se sentir vivant. Cela signifierait-il que Zoro est en train de se laisser mourir ?!
- Oh, oh. J'ai l'impression qu'on a piqué cette bataille à quelqu'un…
Robin sursaute en tournant la tête vers son camarade. Sa cape toujours passée sur sa tête, Zoro respire profondément après l'effort qu'il vient de fournir pour foutre une rouste à ces pirates et couler ce bateau sans importance. Il a le regard vissé vers un point à l'horizon. À son tour, l'archéologue regarde dans cette direction. Un navire s'approche à grande vitesse. Elle lève le nez vers le ciel. Il n'y a aucun vent ce qui signifie qu'ils n'ont aucune chance d'échapper à ce bâtiment. Zoro lève l'un de ses sabres.
- T'es d'attaque pour une deuxième tournée ? demande-t-il.
Elle se met à sourire en tirant sur sa capuche sombre.
- Ces individus ne savent pas dans quel pétrin ils se sont fourrés…
Il se met à sourire, de ce sourire carnassier, de ce sourire des batailles phénoménales qu'ils ont déjà menées. Alors, tous deux, ils se mettent en garde et ils attendent, avidement, le second round.
Quelques minutes plus tard, lorsque le navire arrive à portée de vue, Robin baisse les bras et Zoro range ses sabres dans leurs fourreaux. Un drôle de goût âcre leur monte à la gorge et leurs ventres se nouent violemment. Ils savaient que le Nouveau Monde serait un passage difficile… Debout sur le plancher de leur navire ridicule à lutter contre leurs propres émotions, ils attendent, silencieux, en regardant s'approcher à grande vitesse un sous-marin jaune.
...
- Cap'tain ! hurle Penguin accroché au bastingage. On a rattrapé le navire !
- C'est ce truc riquiqui qui a coulé l'autre ? s'étonne un petit homme en combinaison verte en se penchant par-dessus bord.
- Bah merde ! s'exclame l'un de ses compagnons dans la même position et la même combi que lui. Comment ils ont fait ?
- Désolé mais je crois qu'on est tombé sur un os !
- T'excuse pas Bepo, c'est pas de ta faute si on a perdu de vue ces connards de pirates qui nous ont volé la carte au trésor que le capitaine avait volé à Eustass Kidd…
- Qui nous avaient volé, Sachi, tonne une voix grave venant des profondeur du bâtiment. Ces connards de pirates qui nous avaient volés cette fichue carte ! Vu l'état dans lequel est désormais le navire, on ne va pas récupérer grand-chose.
- Désolé, Cap'tain…
Law sort sur le pont de son navire. Il est un peu dégoûté. Son plan était pourtant rondement mené : endormir Kidd aux somnifères puissants, subtiliser la carte, s'enfuir vite et loin puis, profiter du trésor. Jusque là, c'était facile. Mais il n'avait pas prévu que des pirates de pacotilles lui chiperaient le graal… Et si en plus, on l'empêche de passer sa colère sur ces demeurés…
- Poussez-vous, grogne-t-il. J'ai les nerfs en pelote…
Il s'avance vers le bastingage, s'y accroche fermement et se met à crier :
- Qui que vous soyez, montrez-vous où vous allez passer un sale quart d'heure !
Ses hommes d'équipage se mettent à trembler. Leur capitaine est véritablement d'une humeur massacrante aujourd'hui… Sur le petit navire rien ne bouge.
- Hé ! Du bateau ! hurle Penguin. Le Cap'tain vous cause ! Vous seriez mignons de…
Il ne termine pas sa phrase. Il est cloué sur place par l'aura des deux personnes qui viennent d'apparaître à bord du petit navire. Ils ne sont que deux, silencieux comme la mort, sombres, presque vaporeux. Et surtout, ils sont immobiles. Une légère brise se lève. Pas assez forte pour gonfler les voiles mais assez vive pour soulever les deux capes des pirates. Pirates ? Law s'interroge. Il se demande à quel genre d'individu il a à faire. Dans le silence de l'instant, le capitaine lève les yeux vers le haut du mât. La légère brise soulève un drapeau noir sans insigne.
Lentement, le capitaine des Heart s'éloigne du bastingage et prend du recul. Il a une sensation très désagréable, comme s'il n'était plus dans le même monde que ces deux personnes en face de lui. Il cligne plusieurs fois des yeux. Ses compagnons le regardent sans comprendre. Le brun prend une inspiration et déclare :
- Bepo ?...
- Euh… Oui Cap'tain ?!
- Est-ce que je rêve ?
- Pas que je sache Cap'tain.
- Alors, s'il te plait, monte sur ce navire et vérifie que ces deux personnes sont bien vivantes…
- D'accord… Cap'tain…
En un bond, l'ours polaire est sur le bastingage du Fantôme de Paille. Les deux pirates n'ont pas bougés d'un pouce.
- Désolé… souffle l'ursidé.
Et il observe depuis le bastingage ces deux formes humaines. À dire vrai, il n'est pas très rassuré. Il tremble même un peu.
- Approche, l'ami ! s'exclame une voix masculine. On n'a jamais mangé d'ours polaire.
- Enfin pas encore, répond une voix féminine.
De peur, Bepo chancèle et bascule en arrière. Il termine à la flotte alors que, sur le sous-marin, trois pirates se sont précipités sur une bouée de sauvetage pour venir en aide à leur ami. Law est totalement imperméable au fatras de ses hommes. Il fronce les sourcils. Ces voix…
- Est-ce que… hasarde-t-il. On se connait ?
- Sûr ! réplique Zoro en s'approchant. On a fait quelques méchants coups ensemble…
- T'en as de bonnes toi, soupire Robin à destination de son compagnon. Quelques méchants coups… À t'entendre, on pourrait penser que renverser un pays entier est une promenade de santé.
- Oh, presque.
Sous leurs pèlerines, ils se sourient narquoisement. Law est perplexe. Et Bepo sorti des flots ainsi que ses compagnons le sont tout autant.
- Cap'tain… Des pays, t'en as pas renversé des masses, t'sais…
- En effet, Sachi… En effet…
- Et pis, y'avait un de ces mondes à Dressrosa…
- Je sais, Bepo… Je sais.
Un léger silence s'étiole. Zoro soupire en regardant Robin. Soudain, ils ne sourient plus, ils n'ont plus envie de sourire. Ils se souviennent de Dressrosa. Et Dressrosa ranime la flamme bien vivante de leur capitaine.
- Il était ton ami, Law, déclare Robin. Il s'est rallié à ta cause et nous avons tous suivi.
- Tous sans exception.
- Et même si tu as douté de son manque de finesse, c'est lui qui a délivré Dressrosa.
- Et toi avec, souffle Zoro au capitaine des Heart. Il avait un immense sens de l'honneur…
- Que tu as su honorer lorsqu'il est devenu le Roi des Pirates.
Zoro se penche en avant pour saluer son interlocuteur.
- Pour tout ça, pour lui, je te serai éternellement reconnaissant, Trafalgar D. Water Law… Mon ami…
Lorsqu'il se redresse, sa capuche tombe et le visage grave de Zoro apparaît à la lumière. Les cheveux verts, la cicatrice sur l'œil, les sourcils froncés, les trois boucles d'oreilles. Law ne s'y trompe pas.
- Roronoa Zoro, souffle-t-il en se passant une main sur les paupières. Et je présume que ton compagnon de route n'est autre que Nico Robin.
La jeune femme retire sa capuche à son tour et lance un fade sourire au pirate. Pendant un instant, il n'y pas un bruit. Puis, soudainement, Penguin rompt le silence.
- Bah merde alors ! On a faillit mettre deux démons en colère !
- Ouaip, réplique un de ses potes en combi verte. On l'a échappée belle ! Et puis, je n'ose imaginer l'état d'énervement du capitaine si on avait foutu à la flotte deux membres de l'équipage du Chapeau de Paille…
- La mort assurée ! s'écrie Sachi en faisant mine de s'étrangler. Là, on passait même pas par la case "punition" !
- On n'aurait même pas eu le temps de se poser de questions, ajoute Bepo.
- Hé Cap'tain, Cap'tain !
- Ne hurle pas Sachi ! Le capitaine n'est pas sourd…
- Du moins pas encore…
- Rho ça va vous deux. Cap'tain ! On peut inviter Zoro et la jolie Robin à venir manger sur le navire ?!
- Oh mais c'est une bonne idée ça !
- En plus, je crois qu'on a des frites au menu de ce soir…
- Nan, t'es sérieux ! Mais c'est tip top ça !
- Tu l'as dis, bouffi…
- Alors, Cap'tain ?!
Law regarde ses compères dont les yeux se mettent à briller.
- Euh…
- Oh allez Cap'tain !
- Steuuuuplééééééé !...
- On peut pas les laisser partir comme ça, ce sont des potes, quoi !
- Ouais, ouais ! En plus, j'suis sûr qu'ils ont des tas d'histoires à raconter !
- Et des blagues salaces…
- Pervers…
- Franchement, Cap'tain. T'as pas le droit de les laisser filer.
- Pas après ce qu'il s'est passé…
Law pousse un soupir en regardant les deux pirates. Robin et Zoro soutiennent ce regard, les visages neutres et impassibles.
- Qu'est-ce que vous en pensez ?
- Si c'est une invitation, déclare Zoro, on ne peut pas dire non.
- Bien. Penguin, va prévenir le cuisinier de bord de rajouter deux couverts à côté des miens. Nous avons des invités ce soir…
Le cri de joie qui suit cette annonce est tonitruant. Les pirates s'égaillent vers l'intérieur du navire. Law montre d'une main l'entrée de son bâtiment, invitant Zoro et Robin à le suivre. Seul Bepo est resté près de lui et observe, intrigué, son expression.
- Ça va, Cap'tain ?!
- Comment veux-tu que j'aille ? demande Law en haussant les épaules alors que ses deux invités sont sur le plancher de son sous-marin. Deux amis nous reviennent d'outre-tombe et moi, je suis là ! Je suis juste là, debout, vivant ! Vivant bordel !... Et je ne sais même pas quoi leur dire !
- Ne dit rien, Law, déclare Robin en s'approchant. L'entrain de tes hommes d'équipage est le remède de bien des maux.
- Déjà, que veux-tu dire ? poursuit Zoro. Que tu es désolé ? Que tu partages notre tristesse ? Sérieusement, Law… On a en marre des condoléances.
- On est là, c'est tout.
- C'est déjà beaucoup, souffle le brun. Allez, entrez. Je n'aimerai pas qu'on vous voit…
Il les pousse légèrement et referme la porte de son sous-marin. Bepo se charge de conduire les deux pirates à travers les couloirs. Law reste immobile pendant un instant à regarder s'éloigner les trois silhouettes. Cela fait combien de temps que l'annonce d'Akainu a fait trembler le monde ? Trois mois, quatre mois… même plus… Ils sont deux à être vivants. Qu'est-ce qui les a mis sur sa route ?... Le hasard ? La destinée ? Law ne croit pas à ce genre de truc. Pourtant, à cet instant, il se prend à imaginer qu'il existe une bonne étoile ou quelque chose comme ça. Il se prend même à prier cette étoile, pour que ces deux vivants le restent le plus longtemps possible.
Au loin, dans les profondeurs de son navire, Law entend les éclats de voix de ses hommes. Il les connait bien, il les connait tous par cœur. Ils sont vivants. Lui aussi. Pourtant, en cet instant, Law a l'impression d'être mort. Il ferme les yeux en soupirant.
- Cap'tain ?!
Une tête de fourrure blanche apparaît au détour d'un couloir.
- Tu viens ?
Bepo, son second… Law sourit. Il n'est pas mort. Pas encore…
NdZ Toutes ressemblances avec des personnages de la finc "Expérience inachevée" de Ko' koha... sont tout à fait volontaires :] Bref, voilà une rencontre sans larmes, pour une fois. C'est si rare, profitez-en ^^ Au passage, je signale qu'il est très difficile de traiter Law. J'espère qu'il ne vous semble pas trop OOC...
Et puis pour les reviews, c'est juste dessous :)
