Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Je sais, je sais... ça fait longtemps que j'ai pas posté un chapitrounet ici. Je m'excuse, je ne vous avais pas oublié, promis. C'est juste qu'en ce moment, c'est un peu tendu chez moi. J'vais pas vous raconter ma life (#onsenfout) Aussi, je répondrai à vos adoraaables reviews sans doute un peu plus tard. Mes excuses.

Bon. Reprenons nos chouchous. On avait quitté Law sur une pointe d'humour et de bonne humeur. On continue d'avancer, à pas sûrs, à pas lents.

Les personnages ne sont pas ma propriété. Les seuls trucs qui m'appartiennent sont les situations dans lesquelles je les mets (et avec grand plaisir en plus... aaaah, la sale gosse que je suis !)

Pause réponse aux reviews

Zorobin-pm : Merci boucoup ! Ravie que ça plaise, c'est le but !

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre quatorzième ~

brouillard

.

En ce moment, la nuit, elle rêve. Ce ne sont pas des cauchemars sombres comme lorsqu'elle était enfant, ni des cauchemars sanglants comme après l'accident. Ce sont des rêves très étranges, lumineux et colorés. Chose assez improbable, Robin rêve en couleur. Et pas n'importe quelles couleurs.

Assise sur le lit, elle observe la pièce plongée dans le noir, se demandant où est son compagnon de bord. Elle inspecte rapidement le navire d'un petit œil et trouve le bretteur en pleine série de pompes à la vigie. Dès qu'elle le voit, elle ferme les paupières et ses yeux disparaissent. Elle ne voudrait surtout pas qu'il la voit, qu'il voit qu'elle est réveillée. Soudainement, elle a envie de se faire une tisane. Mais si elle bouge, elle est certaine que Zoro sentira sa présence. Robin pousse un soupir. Le simple fait de bouger dans le lit, elle est persuadée que Zoro le ressent. D'un geste du bras, elle repousse les draps et pose ses deux pieds sur le sol glacé. Elle ne ressent pas le froid et file en cuisine mettre un peu d'eau à bouillir. Attendant le sifflement de la bouilloire, elle regarde les étoiles à travers la fenêtre.

Depuis quelques temps, Robin fait des rêves étranges. Elle saute dans les nuages, souriante et insouciante. Elle vole dans un ciel constellé d'étoiles. Ou elle vogue à dos de tortue sur une mer rose bonbon. Tous ces rêves sont très lumineux, vaporeux, angélique. Presque niais tant ils semblent idylliques. Et chaque fois que Robin se réveille, elle a la même sensation de bien-être absolu.

C'est sans doute ça qui la dérange le plus. Ce sentiment de flottement au réveil, elle en a peur.

Car s'il leur arrivait malheur, sur le Fantôme de Paille, quelle serait sa réaction ?

Robin n'en a aucune idée.

Pourtant, ses rêves sont si agréables.

La bouilloire siffle. Elle verse l'eau frémissante dans une tasse et repose l'ustensile sur le feu. Elle se sort un sachet de tisane et reste immobile une seconde. Autour d'elle, il n'y a pas un bruit. La nuit est calme et silencieuse. Souriant, Robin reprend la bouilloire et sort une seconde tasse qu'elle remplit d'eau chaude. Puis, elle prend un deuxième sachet qu'elle plonge dans la tasse qu'elle vient de remplir. Puis, elle va s'enrouler dans un plaid avant de s'asseoir à table. D'un geste vague, elle remue le sachet, le regard perdu dans le vide, l'esprit encore tourné vers son rêve. Un drôle de rêve dans lequel elle nageait au milieu de poissons multicolores, de dauphins joueurs et de mille créatures étonnantes. Elle nageait comme une sirène, avec grâce et simplicité. Et soudain, elle était remontée à la surface. Le ciel n'était pas bleu. Il était vert.

Et le soleil lui faisait un clin d'œil.

- T'as fait un cauchemar ?

Robin sursaute. Elle n'a pas entendu Zoro entrer et s'installer en face d'elle. La vision de cet homme soudainement si proche la surprend quelque peu.

- Oups… Je t'ai fait peur. Excuse.

- Ce n'est rien. J'étais… perdue dans mes pensées…

- Mmh…

Il retire le sachet de sa tasse et se détourne pour le mettre dans la poubelle. Une fois qu'il a le dos tourné, il déclare :

- Merci. Pour la tisane…

- Réglisse menthe, précise l'archéologue. Ta préférée.

- La tienne aussi, ajoute le bretteur en retrouvant sa position initiale.

Ils se sourient doucement. Puis, Robin prend une inspiration.

- Je ne fais plus de cauchemars, tu sais.

- Ah ouais ?! Bah c'est cool ! C'est vrai que je trouvais tes nuits moins agitées ces temps-ci.

- Ces temps-ci ?

- Ouais. Depuis qu'on a quitté Law… à peu près…

Robin hoche de la tête en portant la tasse à ses lèvres. Depuis Law ou avant, songe-t-elle. Elle laisse la tisane brulante couler dans son œsophage.

- Je fais des rêves étranges où je vole… Des fois même, je nage. C'est complètement insensé.

- Les rêves n'ont pas de sens, Robin.

- Détrompe-toi. J'ai lu dans un livre d'un docteur de West Blue que les rêves seraient des souvenirs inspirés de nos journées ou de notre enfance et raconteraient, vraisemblablement, une partie de nos désirs.

- Ouais, et alors ?

- Mais je suis incapable de nager…

Le bretteur hausse les épaules. Dès que ça sort de la logique normale et banale, ça lui passe par-dessus la tête.

- Cherche pas à comprendre.

- Je n'essaie pas de comprendre, Zoro. Je m'interroge, c'est tout.

- Tss… Est-ce que tu t'arrêtes de réfléchir des fois ?!

- Je ne crois pas, non…

Un rictus déforme les lèvres sèches du bretteur. Il soupire.

- Tu changes pas, Robin. Cesse de te tracasser. Je t'ai déjà dit que je ferai tout pour te protéger. Rêve en sécurité…

Il pose affectueusement sa main calleuse sur la tête de la jeune femme et retourne à la vigie, sa tasse à la main. Robin le regarde faire sans rien dire. Elle plonge le regard dans sa tasse dont le liquide lui renvoie son reflet.

- Rêve en sécurité, souffle-t-elle.

Elle ne terminera pas sa tisane. Robin aurait aimé la finir dans son lit, calée contre les oreillers. Mais une fois couchée, elle ne peut lutter contre le sommeil et elle s'endort profondément. Et elle se met à rêver…

Elle rêve qu'elle flotte au gré du courant, dans l'onde pure d'une rivière. Elle rêve qu'elle se laisse porter, seule au monde, dans les bras chauds de la rivière. Elle rêve qu'elle vogue…

Lorsque Zoro rapporte en cuisine sa tasse vide au petit matin, il regarde Robin, allongée de tout son long dans le grand lit, les bras écartés au-dessus de sa tête et un léger sourire collé aux lèvres. Le bretteur sourit face à cette vision. Il pose la vaisselle sale dans l'évier et s'approche sans un bruit du lit. Le soleil ne passe pas encore l'horizon mais la claire luminosité permet au jeune homme de pouvoir observer sa camarade. Il la trouve belle, souriant innocemment. Il écoute sa respiration lente et posée, il observe sa poitrine se soulever lentement.

Et soudain, Zoro pense à son cuisinier. Comment cet idiot aurait-il réagit s'il s'était trouvé à sa place ?! Aurait-il simplement survécu à l'épreuve de la perte de son équipage ? Et comment Robin aurait réagit à ses côtés ?

Lentement, le bretteur se laisse envahir par les questions auxquelles il tente, malgré lui, de répondre… Et si c'était le charpentier plutôt que lui sur ce navire ?! Ou le musicien ?... Robin aurait-elle supporté la colocation avec ces pervers ? Ou même avec leur froussard de canonnier ? Ce menteur aurait-il seulement réussit à la protéger de la tristesse ?...

Robin se retourne dans le lit. Zoro sort de ses pensées un instant, pour s'éclipser de la pièce, et se place à la barre pour poursuivre ses réflexions.

Zoro tente d'imaginer la réaction de ses compagnons respectifs. Et lorsque le soleil se lève à l'horizon, il sait qu'aucun d'eux n'aurait eu le courage et la volonté d'aller aussi loin que lui est allé. Car il sait qu'aucun de ses compagnons n'aurait été capable de tirer ainsi Robin vers le haut. Et inversement. Robin aurait été incapable de tirer aucun de ses compagnons vers le haut, pas dans son état après l'incident. Alors, Zoro repense à cette réflexion qu'il avait eu quelques jours plus tôt.

Que se serait-il passé si ça n'avait pas été Robin qu'il avait fallu récupérer ?...

Zoro se demande ce qu'il aurait fait si son capitaine l'avait envoyé chercher la navigatrice. Aurait-il su la protéger comme il l'a fait avec Robin ? Aurait-il su calmer sa tristesse et sa colère ? Aurait-il pu garder aussi facilement son calme et sa sérénité ?...

Et surtout… Auraient-ils dérapés de la même manière ?

Zoro regarde le ciel en soupirant par le nez. Il repense à cette fameuse nuit comme un dérapage, un accident. Mais en était-ce vraiment un ?

Dans les nuages étrangement grisâtres de cette matinée, Zoro ne trouve aucune réponse à ses questions. Au contraire. Dans ces formes cotonneuses, Zoro déniche une autre question si énorme qu'elle balaie toutes les autres.

Pourquoi son capitaine l'a-t-il envoyé lui auprès de Robin et pas un autre ?

.

Une porte s'ouvre, suivit d'un bâillement. Le bretteur se détourne de sa contemplation céleste et sourit à Robin. L'archéologue se frotte les bras pour se réchauffer.

- Bien dormi ? demande-t-il.

- Fort bien, ma fois. Tu veux aller te reposer un peu ?

- J'ai bien peur que ces nuages gris nous apportent un peu de pluie alors, je vais rester à la barre. Que dis le Log ?

Robin consulte la bulle de verre à son poignet. Elle regarde l'horizon.

- Nous allons continuer à suivre la direction du soleil levant pour le moment.

- Très bien, chef.

- Je vais faire du café, est-ce que je t'en mets dans une tasse ?!

- Je vais avoir besoin de plus fort pour tenir, je crois…

- Oh, Zoro. Tu ne vas pas tourner au saké dès le lever du jour !

- Et pourquoi pas ?

L'archéologue ne répond pas. Inutile pour elle de converser avec cet alcoolique. Elle lui lance un léger sourire en assurant :

- Bien, monsieur. Je vais vous chercher de quoi lamper…

- Vous êtes bien aimable, mademoiselle.

Elle se retourne pour lui lancer un coup d'œil, juste avant de rentrer à l'intérieur du bâtiment. Et soudainement, la vision de Zoro et de son demi-regard malin la surprend. Elle file en cuisine pour y réfléchir. Cette situation… Elle a une sensation de déjà vu. Comme si…

En débouchant la bouteille de saké, l'archéologue se souvient. Cette impression, ce sentiment, elle l'a déjà vécu, en effet. En temps que spectatrice.

C'était une scène vécue entre Rayleigh et Shakky… quasiment trait pour trait.

Robin ferme les yeux en fronçant les sourcils. Le parallèle entre les deux est trop gros pour être vrai… Elle se demande si elle ne fabule pas quelque peu.

Une odeur de brûlé l'interpelle. Robin a mis la cafetière en route… mais elle n'a pas mis d'eau dedans. En pestant, elle corrige son erreur puis, va donner la bouteille d'alcool à Zoro. Le bretteur a un froncement de sourcils en reniflant l'air.

- Tu fais des biscotes ?

- Non, réplique l'archéologue légèrement énervée de cette situation. J'ai raté le café.

Zoro prend la bouteille. Il a le regard étonné en entendant la raison de cette soudaine drôle d'odeur. Puis, il reprend cet air chiffonné entre les deux yeux et réplique :

- Tu ne rates jamais le café, Robin. Tu as déjà raté la béchamelle, une ou deux fois… le beurre blanc la semaine dernière… et la soupe, au début qu'on faisait des trucs bizarres en cuisine. Mais jamais je ne t'ai vu rater le café. Tu es sûre que tu as bien dormi ?

- Mais oui, enfin ! s'exclame la jeune femme vexée que son compère ait une si bonne mémoire.

- Alors qu'est-ce qui…

- Ça ne te regarde pas, ok ?! Bois ton saké et surveille le ciel !

Elle se détourne rageusement et referme vivement la porte derrière elle. Zoro se demande si Robin n'a pas ressenti toutes ses questions étranges…

...

Après sa petite altercation avec le bretteur, l'archéologue part s'enfermer dans la bibliothèque, avec un livre et le silence autour. La bibliothèque, c'est son coin, sa place, son endroit. Zoro n'y a jamais mis les pieds. Excepté la première fois, où ils ont fait le tour du bâtiment. C'est son cocon, sa bulle de solitude, un endroit où elle se sent bien. Pourtant, aujourd'hui, seule dans cette pièce avec son livre et le silence autour, elle n'est pas à l'aise. Elle a envie de pleurer sans raison. Elle se sent abandonnée.

Elle reste longuement prostrée sur son fauteuil à tenter de définir les limites de son mal-être lorsqu'elle entend trois petits coups frappés à la porte de la bibliothèque. Elle relève la tête. Avant, elle se serait demandé qui venait la déranger et elle était surprise de voir à qui appartenait la petite tête qui pointait dans l'encadrement de la porte. Désormais, ça ne peut être que Zoro. Et pourtant…

Et pourtant, lorsqu'elle lui demande d'entrer, Robin est tout de même surprise.

C'est d'abord un plateau portant une tasse fumante, deux tartines avec de la confiture et une mandarine qui apparaît. Puis, portant le plateau, Zoro, la tête basse et le regard en biais.

- Tiens, ton… ton p'tit dej, Robin…

Il dépose le plateau sur le premier meuble qu'il voit, sans faire un seul pas dans cette pièce qui n'est pas la sienne et il se détourne.

- Mange, tu vas en avoir besoin. Un navire vient de se pointer au loin derrière nous.

- Quel genre ? demande-t-elle en approchant le plateau de son fauteuil.

- Le genre de gros bastion qui va nous rattraper en peu de temps…

- Des pirates ?

- Je sais pas… D'ici quelques heures, on aura une meilleure visibilité.

Il referme la porte et l'archéologue prend son petit déjeuner, étonnée de cette soudaine bienveillance de la part de son camarade.

...

Elle est en train de faire la vaisselle lorsque Zoro entre précipitamment dans le bâtiment.

- On a un problème… Un gros problème.

- La Gouvernement Mondial ?!

- Non. Mais j'ai bien peur que le navire de tout à l'heure soit la Marine…

- Bien… On va prendre la tangente.

- Négatif, Robin. Viens voir.

Étonnée, la jeune femme s'essuie les mains et suit son compagnon sur le pont. Là, elle est saisit par le paysage. Du blanc à perte de vue. Leur Fantôme de Paille est pris dans un brouillard épais.

- C'est une vraie purée de pois. Impossible de s'orienter.

- Remonte les voiles, Zoro. On est suivis par la Marine, autant essayer de se laisser doubler sans bruit…

- Pigé.

En une seconde, le bretteur a grimpé aux cordages. Robin lui propose quelques mains supplémentaires qu'il ne refuse pas et en quelques minutes, le navire se retrouve presque immobile seulement dirigé par un courant marin que Robin avait bien remarqué.

Vêtus de leurs capes sombres, dans ce brouillard inopiné, sur ce navire paisible, invisible aux yeux du monde, insoupçonnables pour qui ne serait pas attentif, Robin et Zoro attendent en silence. Ils ont l'impression qu'une force plus puissante qu'eux cherche à les protéger des mauvaises rencontres…

Au loin, résonne une corne de brume.

Et soudain, un drapeau blanc surmonté d'une mouette bleue perce l'opacité ambiante à quelques mètres du Fantôme de Paille.

Silencieux, immobiles, les deux pirates retiennent leurs respirations.

Il n'y a pas un souffle de vent pour agiter leur drapeau noir.

Le drapeau disparaît. La corne de brume déchire l'air.

Et la coque du gros navire frôle le bastingage des deux pirates…

...

- Vice-Amiral ! hurle une voix. J'ai perdu le contact avec le QG ! Le brouillard brouille nos signaux…

- Haha, il porte bien son nom ! ricane une autre voix.

- Évite les blagues, toi, le crétin ! soupire une troisième. Ou tu vas vraiment finir à la flotte…

- T'es pas cool avec moi, toi…

- Je l'ai toujours été avec les nouvelles recrues.

- Beuh… T'es même pas le chef ici…

- T'occupes. Et reste attentif ! Ce serait con de se payer un récif…

Les voix se taisent un instant, des pas résonnent. Robin et Zoro sont toujours immobiles, leurs respirations sont calmes et posées, leurs visages sont dans l'ombre de leurs pèlerines, la coque du bâtiment de la Marine défile lentement sous leurs yeux.

- Vice-Amiral ! Vice-Amiral !

Cette voix toute proche semble affolée.

- Vice-Amiral ! J'ai vu quelque chose à bâbord dans le brouillard !

Mouvement de panique. Les soldats se heurtent à l'aveugle, des pas lourds, plus lourds que les précédents, se font entendre. Au loin, une porte claque et des bruits des pas pressés gagnent le bord gauche du navire.

- Vice-Amiral, vous pensez que…

- Chut !

Un mot, une syllabe, une voix. Et le silence autour, traitre fantôme, invisible surprise. Une voix et soudain, dans un trou de brouillard, un visage.

C'est l'espace de quelques secondes, comme un mirage dans la brume. Et la rumeur se répand sur le bâtiment. Il y a un navire fantôme. Les soldats s'éparpillent, certains arment leurs fusils.

- Silence ! s'écrie le Vice-Amiral en détachant chaque syllabe.

À nouveau, un mot, une voix. À nouveau, un visage. Le même. Dans un trou de brouillard. Comme une illusion, une hallucination. La rumeur enfle, les soldats s'éloignent. Sauf le Vice-Amiral qui scrute le brouillard en plissant les yeux.

- Vice-Amiral ?! Que se passe-t-il ? Pourquoi tant de chahut ?!

Une nouvelle voix. Et une nouvelle tête.

Cette fois, le trou dans le brouillard est plus long. Les marins les plus téméraires s'éparpillent en criant devant cette vision d'outre-tombe, devant ce navire sorti de la brume avec à son bord deux passagers dans des capes sombres, immobiles et silencieux. Le Vice-Amiral s'approche de son bastingage et regarde par-dessus bord. Aussitôt, son second en fait de même.

La vérité s'impose à eux : le navire est bien réel. Ce qui signifie donc que les deux personnes à bord sont certainement réelles.

Le Vice-Amiral fronce les sourcils un peu plus qu'à son habitude. Il ouvre la bouche, prend son inspiration. Il va parler d'une voix franche et forte, une voix qui tranchera la brume. Pourtant, rien ne sort, le son reste bloqué aux cordes vocales. Le silence règne en maître.

Le silence règne car, soudainement, les deux fantômes ont dévoilés leurs visages. Deux visages familiers, deux visages disparus, deux visages aux airs sereins, deux visages aux sourires légers.

Zoro tourne la tête vers sa camarade. Robin pose un doigt sur ses lèvres en regardant le Vice-Amiral. Motus et bouche cousue, lui dit-elle. Lui, il ne dit rien et passe sa main sur son visage pâle. Lorsque Zoro lui lancera un coup d'œil, le bretteur verra une larme sur sa joue. En plissant les yeux, il verra deux larmes sur leurs joues.

Le brouillard, les avalera à nouveau. La corne de brume retentira, lointaine. Et ils disparaîtront dans la brume, fantômes invisibles qu'ils sont. D'une main, Robin changera la direction pour ne pas suivre l'imposant galion, Zoro dépliera à nouveau les voiles. Le vent chassera les nuages et les poussera vers une nouvelle île…

...

- Vice-Amiral, vous allez bien ? Vous en faites une drôle de tête !

- Laissez-moi… Laissez-nous…

Les soldats repartiront à leurs activités, trop contents d'avoir quitté ce méchant brouillard. Et le Vice-Amiral restera seul avec son second, silencieux un long moment.

- Smoker ?

- Oui, Tashigi ?!

- Ils étaient bien réels, n'est-ce pas ?!

- J'en ai bien peur, oui.

- Alors… Ils sont vivants…

- Vivants mais plus que deux, Tashigi…

- Les autres sont…

- Tu connais l'Amiral en chef aussi bien que moi. Et il sait ce qu'il fait !

- Alors comment expliques-tu ces deux là, Smoker ? Il s'agit de Roronoa Zoro et de Nico Robin ! Deux des plus grosses primes de l'équipage !

- Je ne sais pas ! Je ne sais pas… Je sais juste que c'est un secret d'état qui ne doit pas sortir de ce bureau.

- Il n'ira pas plus loin que les recoins de mon cerveau, Smoker. J'ai trop de compassion pour ces deux là.

- N'utilise pas ce mot à la légère, Tashigi.

- Désolée, je…

- J'ai trop de respect pour eux pour permettre à cette information cruciale de filtrer à travers le monde. Voilà ce que tu devrais dire, Tashigi.

Tashigi se tait, elle sourit doucement. Smoker regarde par la fenêtre. Ça lui fait mal de le dire mais, même si sa vie en était menacée, il ne mettrait pas en danger ces deux là. Pour la simple et unique raison qu'ils sont les deux seuls survivants de l'équipage du Roi des Pirates, du grand Monkey D. Luffy que même lui, le grand Vice-Amiral Smoker n'a jamais réussit à attraper.

- Rien que pour ça, vous êtes digne du plus costaud des pirates…

- Que dis-tu, Smoker ?

- Rien, Tashigi. Va voir si les hommes se sont remis de leurs émotions.

- Bien… Vice-Amiral !

Et Smoker se retrouve seul dans son bureau, avec sa fumée, ses cigares… et ses souvenirs…


NdZ Ooooh mais qui voilà donc ?! Le petit Smockerounet ! Ouais, ouais, je trouve qu'il a une bonne "entente" avec Luffy (feu-Luffy) et son équipage. Du coup, le voilà, bien vivant lui ! Et peut-être que, si j'oublie pas, peut-être qu'ils se recroiseront et qu'ils auront l'occasion de discuter un peu. Je vous laisse là-dessus ! En croisant les doigts pour qu'il n'y ait pas plus de retard sur le prochain chapitre. Et promis, je vous répond dès que possible !

Et pour le reviews, c'est juste dessous :)