Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Ouéééé je sais... ça fait un moment que j'avais pas posté sur cette fic. Mais c'est parce qu'on c'était bien arrêtés la dernière fois. Mais là, on va faire une nouvelle rencontre qui risque (non, pas qui risque mais qui VA) bousculer les choses.

Je ne vous laisse pas mijoter plus longtemps. J'espère que cette fic ne vous manquait pas trop...

Comme toujours, les personnages ne m'appartiennent pas, par contre, désolée Oda, mais j'en fais un peu ce que je veux !

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~chapitre quinzième ~

rencontre

.

Ils ont débarqués sur une île tôt ce matin. Ils sont arrivés près d'un endroit complètement sauvage et ont laissé le navire près d'une forêt. Cela fait maintenant 5 heures qu'ils marchent au couvert des arbres, en silence, jetant parfois de furtifs coups d'œil en arrière. Zoro, pour vérifier que Robin est bien là, et Robin, pour vérifier que rien ne bouge derrière eux. Elle a fait confiance à son compagnon de route pour s'orienter dans la forêt. Mais à présent, elle doute. Elle doute et elle a mal aux pieds…

- Zoro ?

Le bretteur s'arrête en tournant la tête. Il a senti Robin ralentir la cadence. Elle se trouve désormais à quelques pas derrière lui. Il s'approche.

- Qu'est-ce que t'as ?

- On fait une pause ?

- Mmh. Si tu veux. Tu peux t'asseoir sur ce tronc.

Elle s'exécute sans rien dire et pousse un long soupir lorsqu'elle sent ses jambes se plier. Elle masse doucement ses genoux et ses cuisses en fermant les paupières. Zoro ne fait aucune remarque et s'accroupi près d'elle. Il lève la tête vers le ciel et déclare :

- C'est vrai qu'on marche depuis longtemps… Tu crois qu'on va trouver quelque chose sur cette île ?

- J'aimerais au moins qu'on déniche une source d'eau potable. C'est la denrée qui risque de nous manquer le plus rapidement.

Le silence reprend ses aises. Autour d'eux, la forêt bruisse, la forêt vit. Mais la forêt garde ses distances et les cris d'oiseaux ou les éventuels animaux sont loin. Robin est très sensible à ça et garde un œil attentif aux changements de son environnement. Pour le moment, rien ne l'inquiète. Elle pose son regard sur Zoro.

- Ça va toi ? Moi, je commence à avoir mal aux talons.

- Les pansements sont dans ton sac. Tu veux…

- Non. Si je retire mes chaussures, je ne pourrais plus les remettre vu comment mes pieds ont dû gonfler. Continuons. On va bien finir par trouver un village ou quelque chose comme ça.

- Espérons…

Elle se lève en lançant un coup d'œil à son compagnon. Cet étonnant manque d'optimisme la chagrine, elle qui est pourtant la première à imaginer les pires situations. L'archéologue souffle par le nez et invite le bretteur à poursuivre l'exploration.

Zoro se lève et reprend la tête de la marche. Leur expédition se poursuit dans ce même silence qui leur convient si bien.

Ils n'ont jamais eu besoin de mots pour communiquer. Ils s'étonneraient presque de voir qu'ils se comprennent si bien sans rien se dire. Pourtant, aujourd'hui, l'ambiance est étonnamment différente.

- Tu te souviens de Jaya et de son South Bird, Robin ?

L'archéologue sourit dans le dos de son compère.

- Je m'en souviens, Zoro. C'était ma première véritable aventure à vos côtés.

- Héhé, c'était assez folklo… Quel oiseau capricieux ! J'me souviens comment tu as réussi à lui clouer le bec.

- Et moi, je me souviens bien comment tu as massacré les bestioles sur ton passage.

- Beuh… Je faisais pourtant attention.

- Mais bien sûr…

Elle soupire en levant les yeux au ciel. Soudain, un frisson parcourt ses bras.

- Mmh, ça me rappelle Skypiéa et notre combat contre Ener…

- L'homme foudre ?! Ah lui, il nous aura donné du fil à retordre.

- Au moins, c'est grâce à lui que je me suis dit que le fruit du démon de notre capitaine n'était pas si idiot que ça.

Zoro ralentit légèrement la cadence en levant le nez vers la cime des arbres.

- Il nous a prouvé plus d'une fois qu'il était possible de vaincre un Logia sans Haki…

La main de Robin doucement se pose sur son épaule. Ce contact aussi rapide que doux le réconforte et, aussitôt, le bretteur passe à autre chose.

- On dirait que ça sent les fraises des bois, ou les myrtilles… Tu trouves pas ?

- Maintenant que tu le dis, effectivement, un petit quelque chose me chatouille les narines.

Ils stoppent un instant leur avancée. Puis, Robin pointe du doigt une direction vers laquelle les deux pirates s'engagent sans hésiter. Quelques mètres plus loin, ils dénichent un bosquet et des arbustes dont les branches ploient sous des fruits rouges et appétissants. Après avoir jugé les baies, l'archéologue déclare qu'elles sont comestibles et Zoro en dévore une poignée. Ils jugent bon de refaire une pause, profitant pour manger les maigres sandwichs qu'ils avaient préparés. Après quelques temps d'immobilité, Robin se lève et déclare :

- Je vais aller faire pipi dans un coin.

- Tu t'éloignes pas, hein ? s'exclame Zoro en fronçant les sourcils.

- Je suis juste à côté, cesse de toujours t'inquiéter pour un rien !

Elle hausse les épaules et disparaît derrière un buisson. Les sens à l'affût, Zoro surveille les horizons. Un bruissement le fait sursauter. Robin manque d'éclater de rire.

- Ce n'est que moi, Zoro, relax ! Et c'est bon ! Je suis toujours là, tu vois ?!

- Oui, oui, je vois, grogne l'intéressé en détournant la tête.

Il se lève et déclare qu'il faudrait continuer à avancer. Robin approuve sans rien dire et leur progression dans la forêt continue.

Plus ils avancent, plus les pirates se rendent compte que le chemin qu'ils empruntent s'élargit. Zoro ne fait aucune conclusion à ce sujet mais, Robin, très alerte, suppose un passage d'animaux ou même, un passage d'être humain. Elle le signale à son compère qui redouble d'attention.

Soudain, Zoro s'arrête, tendant sa main gauche en arrière pour stopper Robin et posant naturellement sa main droite sur son fourreau blanc. Robin ne cherche pas à voir, elle croise les bras sur sa poitrine. Le silence est assourdissant autour d'eux. Après une longue minute d'immobilité, Robin demande :

- Qu'est-ce que tu as senti ?

- Quelque chose, murmure Zoro. Quelque chose de gros et de grands. Quelque chose qui chasse…

- Quelque chose ou quelqu'un ? demande l'archéologue.

- Méfiance, souffle son ami pour toute réponse.

Ils avancent ainsi, à petits pas, attentifs comme des bêtes sauvages, sur quelques mètres. Soudain, une sorte de liane tombe du ciel, agrippe l'archéologue et la soulève de terre. La jeune femme prisonnière pousse un cri de surprise.

- Zoro !

Zoro a tout juste le temps de se retourner, il voit sa camarade s'envoler au-dessus du sol. Elle est forte, il le sait. Mais tant qu'elle ne voit pas d'où vient la menace, elle ne peut rien faire. Le bretteur tire son sabre, bondit en avant et tranche. À un mètre au-dessus de la tête de Robin, tout est coupé. Les troncs, le lierre et la liane qui la retenait. La jeune femme tombe et se réceptionne doucement au sol. Dès qu'elle pose pied par terre, Zoro se poste devant elle et scrute les horizons, les sourcils froncés.

- D'où ça venait ? demande-t-il.

- De plus loin vers la cime, déclare l'archéologue.

Le bretteur tourne la tête. Le regard des deux pirates se croise dans une étincelle de sadisme pur.

- On traque la chose ?!

- Avec plaisir. Je n'aime pas vraiment être faite prisonnière aussi brutalement.

Zoro rengaine son sabre alors que Robin a déjà grimpé à l'arbre le plus proche. C'est facile avec son fruit du démon et elle offre également quelque prise à son compagnon bien qu'il s'en sorte parfaitement en sautant de branches en branches.

Ils jouent aux acrobates pendant presque 10 minutes lorsqu'enfin la "chose" leur apparaît. Il s'agit d'une sorte de babouin qui les fixe, apeurés et surtout très étonné, en enduisant une liane d'une substance visqueuse et collante.

- Dis-donc, Toto, déclare Zoro en grinçant des dents. On peut savoir ce que tu manigances ?

- Toto ? demande l'archéologue.

- Ouais. Une vieille manie… J'aime bien savoir qui j'affronte.

Le bretteur tire une lame. Aussitôt, le singe prend peur, lâche son ouvrage et commence à filer. Mais c'est sans compter sur l'archéologue qui l'immobilise en une fraction de seconde.

- C'est pas bien de fuir mon petit Toto. Pas bien du tout…

- Laisse-le Robin. On ne tirera rien de ce babouin. Il a eu peur, il ne devrait pas revenir.

Elle tourne la tête vers son compère et déclare :

- Et s'il va chercher du renfort, hein ?

- Je les tranche en deux. Ils repartiront avant de perdre un tiers de leur effectif.

Robin pousse un long soupir, pesant mentalement le pour et le contre de cette situation. Puis, voyant le calme olympien de Zoro, elle regarde la bête et déclare :

- Bon. Toi, t'as intérêt à te tenir à carreau et à nous laisser tranquille. Allez, file.

Elle le délivre et le singe s'évanouit dans la nature. Les deux pirates le regardent détaler puis, Zoro déclare :

- Bon bah… Je crois qu'on peut redescendre.

Et il saute dans le vide. Robin pourrait s'inquiéter. Mais à quoi bon paniquer pour un homme qui a frôlé la mort une bonne dizaine de fois… Sans sourciller, elle se lance à sa suite.

Mais, dans sa fuite, le singe a fait glisser sa liane enduite de produit visqueux. Robin ne la voit pas et se prend le pied dedans. Résultat, elle se retrouve bloquée dans sa chute, la liane enserrant sa cheville avant de se défaire de son attache et venir se coller contre sa tailler et ses bras. Robin s'écrase lourdement contre un tronc. Légèrement sonnée, elle ne peut assurer sa réception. Heureusement pour elle, Zoro a suivit l'action de loin et tend les bras pour atténuer sa chute.

- Ah ce truc est tout collant ! s'écrie le bretteur en posant la jeune femme au sol, le dos contre un tronc. Robin ! Tu vas bien ?

- Ça va, Zoro. Merci. C'est juste cette liane…

D'un geste brusque, le bretteur tire sa lame pour couper les liens. Il analyse d'un rapide coup d'œil les blessures de l'historienne. Elle a des égratignures sur les bras et certainement dans le dos mais pas de coupures profondes. Elle saigne un peu à la cheville où le frottement de la liane a brûlé la peau. Zoro grimace.

- On va devoir trouver un cours d'eau et rapidement pour nettoyer tes plaies… Et surtout cette substance dégueulasse !

Il se débarrasse de la liane en la lançant dans un fourré.

- Tu peux marcher ? demande-t-il en se retournant.

- Oui, oui, réplique Robin en se levant.

Elle a la jambe à la cheville meurtrie qui tremble et elle se tient au tronc en serrant les mâchoires. Zoro soupire.

- Oui, bah non, non, Robin. Tu fais pas 10 mètres dans cet état.

Il passe son sac à dos sur son ventre et présente son dos à la jeune femme.

- Allez grimpe ! Et utilise ton fruit du démon pour nous trouver de quoi se laver.

Robin a envie de répliquer, de dire "non", de jurer qu'elle pourra s'en sortir seule. Elle voit bien que sa cheville ne la portera pas. La douleur est lancinante. L'archéologue soupire. Elle n'a pas du tout envie de grimper sur le dos de Zoro mais, son regard franc ne lui laisse aucune raison de refuser. Alors, elle se laisse porter. Le bretteur passe un fourreau sous les fesses de Robin et poursuit la marche, sans rien dire.

Après quelques minutes, Robin se détend. La position n'est certes pas très confortable mais, elle remarque parfaitement les efforts intenses de son compère pour ne pas trop la secouer. Et elle trouve que c'est une attitude assez étonnante venant d'un gars comme Zoro. Cette réflexion lui tire même un léger sourire et elle commence à apprécier le voyage. Soudain, un bruissement sur sa droite l'attire.

- Stop !

Le bretteur arrête nette sa marche. Il est légèrement essoufflé et ses biceps lui font mal. Mais il ne dit rien et tend l'oreille.

- Par là ! déclare Robin en tapotant le bras droit du bretteur.

Zoro marche dans la direction indiquée, essayant par tous les moyens du monde de garder une trajectoire droite.

Au bout d'une trentaine de pas, la chaussure gauche de Zoro s'enfonce dans un petit cours d'eau. En suivant le courant, les pirates ne tardent pas à dénicher une rivière assez large pour pouvoir s'y tremper. Là, Zoro dépose Robin au sol et ils entreprennent de panser les blessures.

Une fois l'archéologue remise sur pieds, les deux pirates suivent la rivière. En toute logique, elle doit mener à l'océan. En toute logique oui. Car tout ce qu'ils trouvent au bout de cette rivière, c'est un marais, vaste et visiblement très instable. En soupirant, ils tentent de le contourner par la gauche, longeant la forêt.

Le soleil est rougeoyant lorsqu'ils dépassent les marécages. La forêt laisse ici la place à une parcelle de verdure toute entourée d'arbre. Voyant la position du soleil, Robin prend quelques minutes avant de juger de la direction à prendre pour retrouver le navire. Ils se préparent à emprunter ce nouveau chemin lorsque soudain, Zoro se retourne vivement, faisant crisser l'une de ses lames. Aussitôt, Robin prend une position défensive.

- Zoro qu'est-ce que…

À l'autre bout de cette étendue verdoyante, un homme avance vers eux. Cet homme n'a aucune once d'animosité dans son attitude. Zoro le sait, il le voit bien. Pourtant, quelque chose lui dit qu'il doit se méfier. Il se tend, il n'est pas rassuré. Il sent la main de Robin se poser sur son épaule et lui donner une légère pression. Jetant un coup d'œil à son amie, Zoro baisse son sabre, le gardant fermement serré dans sa main. La voix de l'homme le surprend.

- Je rêve…

Zoro ne se retourne pas. Il ferme les yeux et pousse un soupir. Ses muscles se détendent alors qu'il rouvre les yeux pour observer Robin.

- Non, déclare celle-ci. Tu ne rêves pas, Aokiji.

Lentement, le bretteur se retourne, faisant glisser Ichimonji dans son fourreau. Toujours aussi grand et imposant, l'ancien Amiral s'approche lentement, semblant mal assurer ses pas. Il regarde les deux pirates tour à tour en murmurant :

- Je ne rêve pas… bon sang… je ne rêve pas…

Zoro le savait. Robin n'avait envie de ne revoir personne d'autre que Sabo et Koala. Elle avait juste besoin de revoir cet homme là. Un étonnant sauveur, un bienfaiteur mesquin. Cet homme aurait pu tous les tuer par le passé. Pourtant, il a délibérément choisit de les laisser en vie. Pourquoi ?

- Une seule question, Aokiji, déclare Zoro.

L'ancien Amiral s'arrête net et Robin garde une certaine distance. Elle a entendu la dureté de la voix de son compère.

- Pourquoi nous avoir laissés en vie, la première fois ?

Robin regarde fixement Aokiji qui garde le silence. Puis, lentement, il ouvre la bouche et déclare :

- Pour que vous me prouviez que vous valiez la peine de la prime sur vos têtes.

Il se met à sourire, le regard soudainement perdu.

- À l'époque, il n'y avait que trois avis de recherche répertoriés sur cet équipage. Mais ils étaient déjà très élevés. J'étais juste curieux au départ. Puis, je me suis souvenu que j'étais un Amiral… et qu'il valait mieux que je vous capture. Mais trois mots ont retenu mon attention, Zoro : force, faiblesse et détermination.

Du menton, il désigne Robin et conclut :

- C'est tout ce dont elle avait besoin. Il fallait juste que quelqu'un lui prouve. Et vous l'avez fait avec brio.

Zoro se met à sourire franchement. Déjà, à l'époque, il l'avait pressenti. Aokiji n'a pas mauvais fond. Il a juste des idées très précises et très en avance. Aokiji pousse un long soupir.

- Bon sang. Je ne m'attendais pas à croiser âme qui vive sur cette île paumée. Mais de là à vous croiser… Je n'aurai jamais pensé cela possible un jour. J'ai posé mes affaires là-bas. Vous resterez bien pour la nuit. Votre navire est loin ?

En avançant vers le bout de forêt que l'ancien Amiral a réservé, Robin lui explique que leur navire se trouve de l'autre côté. Aokiji ne pose pas de question, bien qu'il ne comprenne pas tout. Il invite les deux pirates à s'installer près de lui et il fait un petit feu au milieu d'un cercle de pierre.

- J'étais en train de préparer ça quand j'ai senti la forêt bruisser en face. Par précaution, je me suis caché et puis, je vous ai vu. Oh, vous étiez immanquable, je vous ai reconnu tout de suite. Simplement, quand on lit les journaux, on est en droit de se poser des questions sur sa santé mentale après cette vision !

- Ne t'inquiète pas, souffle Zoro. Notre santé mentale est remise chaque jour en question !

Robin ne sourit pas et regarde fixement son compagnon. Zoro relève la tête et Aokiji comprend à ce regard échangé que la situation est beaucoup plus complexe qu'elle ne semble l'être. Car, vu de l'extérieur, tout semble parfaitement filer droit. Mais à l'intérieur…

À l'intérieur, ce n'est qu'un sac de nœuds bien ficelé.


NdZ Et ouiiiii Kiiiijiiii :D J'aime tellement beaucoup ce personnage, vraiment, genre beaucoup beaucoup ! Et il fallait à tout prix que je les fasse se croiser. Par contre, attention, au prochain chapitre, ça va piquer un peu !

Et pour les reviews, c'est juste dessous :)