Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Un peu tardif ce chapitre. Mais chapitre quand même ! Smile ! Celui-là, je l'aime particulièrement beaucoup. Pourquoi ? Oh pour des tas de raisons que vous ne comprendrez sans doute pas de premier coup, héhéhé… Bref ! J'arrête mon blabla, je vous lance le chapitre, slash !

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BluePangolin : Merci pour ta review ! Déjà, de un, j'adore ton pseudo, genre, carrément. Ensuite, Aokiji ne grogne pas, il tempête. Et on ne lui parlera pas d'Akainu ici. Haha j'ai cette théorie à son propos mais je la dément moi même : Kiji, le papa de Robin. Yeah, ça claque. La surcharge mammaire de Robin ne joue en rien sur son poids qui tire sur les gros biceps de Zoro. C'est une question de posture : le bretteur était mal placé pour la porter aisément sans douleur. Voilà. C'est tout. Rassure-toi, Zoro reste très fort et porter Robin ne lui fait pas plus d'effet que de soulever un séquoia. Mais à très vite petit Pangolin azuré ! (au passage, "Blue", bleu, Aokiji… je flaire un truc louche)

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre seizième ~

sac de nœud

...

La nuit est noire et silencieuse. Zoro dort profondément, adossé à un arbre, les bras derrière la nuque, respirant paisiblement. À la lueur du feu de camp, Robin l'observe, la tête posée sur les genoux, se demandant s'il ne va pas finir par gober un moustique. Ces bestioles sont particulièrement virulentes, à cause de leur proximité avec les marais. Mais, malgré cela, la soirée s'est très bien déroulée. Aokiji a partagé avec eux les fruits de sa chasse et Zoro est retourné en forêt chercher quelques baies, aidé des mains de Robin. Ils avaient discuté de tout et de rien autour du feu, après le repas. Mais surtout, ils avaient parlé de leur capitaine.

Étrangement, la discussion n'avait tourné qu'autour de lui. Le Roi de tous les Pirates du monde.

Et ni Zoro ni Robin n'avaient trouvé ça dérangeant ou triste. Ils avaient répondu aux questions d'Aokiji, parfois même en souriant. De bons souvenirs étaient remontés à la surface, ils s'étaient même surpris à rire de bon cœur. Ils évoquèrent les batailles passées, les petits dérapages de leur tête couronnée qui leur servait de capitaine. Ils avaient parlé à l'imparfait toute la soirée et ça ne les avaient a peine effleuré.

À présent que Robin s'en rend compte, cette situation l'effraie. Aokiji a su endormir leurs craintes, il les a fait évoquer le passé sans même les forcer. Elle ne se sent pas très fière… Pour tout dire, elle a peur. Pour se rassurer, elle regarde Zoro. Car lui, elle le sait, ne s'inquiète pas de ce genre de chose. D'ailleurs, rien ne l'inquiète vraiment. Robin fronce les sourcils. Vraiment ? Soudainement, elle n'en est pas très sûre. Cet après-midi, dans la forêt, il a légèrement paniqué lorsque Toto le macaque a tenté de la kidnapper. Oui, Robin se souvient bien que c'est de la peur qu'elle a lu dans son regard à ce moment là. Mais la peur de quoi ? De la savoir enlevée ? Ou tout simplement, la peur de ne plus l'avoir à ses côtés ?

Un bruissement lui fait détourner le regard. Aokiji est assis sur la paillasse qui lui sert de lit et se craque lentement les cervicales.

- Tu ne dors pas ? demande-t-il.

Lui, se dit-elle, il n'a pas l'habitude du silence des naufragés, à poser cette question inutile. Elle souffle par le nez et répond :

- Non. Je ne dors pas.

À question sotte, réponse bête.

- Tu as peur de quelque chose ?

Robin se tend. Cette fois, la question n'est pas banale. Elle est juste complètement irréfléchie. Derrière son masque de neutralité, elle inspecte le visage de son interlocuteur. Que cherche réellement Aokiji ?... Enfin, Kuzan, comme il a insisté toute la soirée.

- Je ne sais pas vraiment, déclare-t-elle en tournant la tête vers les étoiles. Je me pose des questions, c'est tout.

- Je me trompe où tu es sans cesse en train de réfléchir pour rien, Robin ?

- Tu ne te trompes qu'à moitié. Oui, je réfléchis sans cesse. Mais non, ce n'est pas pour rien.

- Ce que je voulais dire, c'est que tu te prends le chou pour rien. Tu vois bien qu'il n'y a pas de quoi réfléchir, là !

- Il y a toujours de quoi réfléchir, Kuzan…

L'ancien Amiral fronce les sourcils et retire son masque de nuit pour le poser sur ses maigres affaires. D'un geste lent et calculé, il s'approche du feu qu'il ravive de quelques petites branches. Le regard fixé sur Robin, il étudie ses moindres traits. Mais comme à chaque fois qu'il la croise, son expression est impénétrable. Alors, il observe Zoro endormi. Il repense aux regards que ces deux là ont échangé toute la soirée, à mi-chemin entre la franche camaraderie et quelque chose de plus fort sur lequel il est incapable de mettre le doigt.

- Tu t'inquiètes pour lui ? demande-t-il soudainement.

Robin tourne la tête en haussant un sourcil. Du pouce, elle désigne son compagnon.

- S'inquiéter pour lui ?

Un éclat de rire traverse la barrière de ses lèvres.

- On voit bien que tu ne le connais pas…

- C'était une question sérieuse, Robin.

- Et c'était une réponse tout aussi sérieuse, Kuzan. Zoro, on lui fait confiance ou on est son adversaire. Il n'y a pas de demi-mesure avec lui. S'inquiéter pour lui ne sert donc à rien.

Un léger sourire se dépeint sur le visage de l'ancien Amiral.

- Je crois que tu te leurres, Robin.

Il a décelé dans sa tirade un petit air inquiet.

- À quel sujet ?

- Je crois que tu t'inquiètes pour lui.

Le regard d'Aokiji est si franc, si sûr de lui… Robin ne répond rien. Elle a pris la mauvaise habitude d'éluder les réponses qui remuent. Surtout depuis l'incident. Et ce n'est pas avec Zoro qu'elle discute beaucoup.

- Tu veux en parler ?

- Ça ne va pas ! s'écrie-t-elle.

Cette rapide réponse, elle s'en mord les doigts. Trop rapide, beaucoup trop rapide. Aokiji jubile, il avait visé juste. L'archéologue se reprend.

- Non, non. Je ne peux pas.

- Pourquoi ? Je t'effraie ?

- Euh… plus vraiment, non. C'est que… Avec lui, on ne sait jamais s'il dort ou pas. Je ne voudrais pas qu'il entende des choses qu'il n'a pas à savoir.

- Robin, c'est ton seul et unique compagnon, désormais. Il a le droit de savoir tout autant que tu as le droit de savoir ce qui le tracasse.

- Nous ne sommes pas comme ça, Kuzan…

Elle a grogné ces derniers mots, alors, l'homme n'insiste pas. Il a eu le temps, au cours de la soirée, d'observer Robin. Fascinant personnage. Une femme forte et fière, franche quand ça l'arrange et qui n'a peur de presque rien. Excepté d'une chose : de Zoro. Aokiji ne sait pas où commence et où finit sa crainte du bretteur mais, il sait que l'historienne a constamment peur. Y a-t-il eu un évènement déclencheur à cela ou l'a-t-elle toujours craint ? Aokiji ne peut pas savoir. La seule chose qu'il sait c'est que, si elle a légèrement peur de lui, lui ne pourrait rien faire sans elle. Il n'a pas loupé un seul de leurs échanges visuels. Zoro tient à Robin, s'est indéniable. Mais l'inverse doit être semblable, non ?

- Robin, tu veux qu'on s'éloigne un peu pour en parler ?

- Impossible, Kuzan. Je suis désolée mais je ne bouge pas d'ici. Si je m'éloigne, Zoro va se réveiller. Il ne supporte pas quand je suis trop loin. Et, franchement, tu le vois ? Je n'ai vraiment pas envie de le réveiller…

Aokiji comprend : "Il ne supporte pas quand je suis trop loin. Et, franchement, moi non plus"… Il sourit malicieusement et répond :

- D'accord. Je comprends parfaitement. En tout cas, Robin, vous formez un duo improbable et rien que votre existence rend le Gouvernement Mondial ridicule. Restez ainsi.

Elle lui sourit reconnaissante. Aokiji reprend son bandeau de nuit et conclut :

- Mais, il faut parfois savoir aller à l'encontre de ses foutus principes… Bonne nuit !

Il s'allonge et s'endort. Robin l'observe un moment puis, elle reporte son attention sur son compère et demande :

- Qu'est-ce que tu en penses, Zoro ?

- La glace à la fraise, balbutie le bretteur en se tournant dans son sommeil.

Il dort vraiment. Robin ferme les yeux en s'allongeant sur la couverture prêtée par leur hôte improvisé. Elle repense un moment à cette étrange discussion avant de basculer dans un drôle de sommeil.

Et cette nuit, pour la première fois depuis longtemps, elle rêve en noir.

.

Au petit matin, Aokiji se lève sans bruit, ramasses ses quelques affaires et remue les braises avant de repartir.

- Merci, Kuzan.

L'interpelé se retourne. Son œil valide ouvert, Zoro le regarde avec cet air qu'il a toujours lorsqu'il est très sérieux. L'ancien Amiral demande :

- À quel sujet ?

- D'avoir croisé notre route.

- Je n'y suis pour pas grand-chose, tu sais.

- Ouais. Je sais. Mais merci quand même. Tu n'étais pas obligé de nous accoster. Tu aurais très bien pu rester caché.

- Non. Non, Zoro, non. Pas avec tout le respect que j'avais pour votre capitaine.

Le bretteur lui lance un demi-sourire. Il se lève et s'étire doucement.

- Tu comptais t'en aller sans rien dire ?

- À vrai dire, je m'attendais bien à être retenu par l'un de vous deux. Et, je suis content que ce soit toi.

- Robin ne te craint plus, tu sais.

- Oh oui, je l'ai vu. Mais elle a d'autres craintes.

- Elle en aura toujours.

- Certes. Alors, en connaissance de cause, Zoro, s'il te plait, tâche de les réduire, ces craintes.

L'intéressé reste interdit pendant un instant. Aokiji en profite pour s'éloigner. Il leur souhaite bon courage pour la suite de leur voyage. Zoro réplique :

- C'est une promesse d'homme, Kuzan. Et je suis un homme qui tient ses promesses.

- Oui. J'ai vu. Ton capitaine est devenu le Roi des Pirates et tu as défait Mihawk, piquant ainsi son titre. Maintenant qu'il n'y a plus que vous deux, Zoro, j'espère bien que tu vas continuer de tenir tes paroles.

Il se retourne un peu, juste assez pour capter le regard de défi que lui lance le bretteur. Puis, il poursuit son chemin, nonchalant comme à son habitude. Il a laissé les deux pirates avec les mêmes problèmes qu'avant. Sauf que désormais, ils savent tous deux où se trouvent les bouts de leurs sacs de nœuds…

...

Lorsque Robin se réveille, Aokiji est déjà loin. L'archéologue soupire, se maudissant d'avoir loupé la fuite de cet homme. Cette idée la met de mauvaise humeur et elle n'ouvre pas la bouche de la matinée, laissant même Zoro se perdre une ou deux fois. Sur le chemin du retour, ils remplissent leurs gourdes à la source d'une rivière. Dès qu'ils retrouvent leur navire, Robin s'enferme dans la bibliothèque, claquant la porte derrière elle pour bien signifier à son compagnon de bord qu'elle veut être seule. Le bretteur pousse un soupir mais ne fait aucune réflexion. Aokiji a toujours été un peu craint et profondément respecté par Robin. Elle doit avoir besoin de remettre de l'ordre dans son esprit. En sifflotant un célèbre air pirate, Zoro remonte l'ancre, sort les voiles et dirige le bateau pour le faire quitter l'île, lentement mais surement.

Dans la bibliothèque, Robin s'est affalée sur son fauteuil. La tête posée contre son avant-bras, elle songe. Sous son crâne repasse en boucle sa conversation avec l'ancien Amiral. Si elle avait le pouvoir de faire remonter le temps, elle le ferait. Juste pour dire à Aokiji ce qu'elle avait sur le cœur… et peut-être aussi éviter ces drôles de sentiments avec Zoro… et surtout faire revenir ses compagnons… Elle pousse un long soupir, presque comme un sanglot mais pas tout à fait. Cet espèce de sanglot la fait réagir. Ah non, elle ne va pas pleurer ! Sinon, ça pourrait encore mal se finir… Elle se redresse et se dirige vers ses linéaires de livres. Un papier, soudainement apparu dans le coin de son regard, attire son attention. Robin se calme tout à coup et avise une enveloppe posée sur la petite table qui lui sert à poser sa tasse de café. Lentement, elle s'approche.

C'est une lettre…

Signée Kuzan.

.

"Robin,

Je suis désolé d'avoir quitté si vite le campement ce matin. À vrai dire, je crois que je n'avais pas le courage d'affronter à nouveau ton regard indéchiffrable et ton air neutre à toute épreuve. Pour te dire la vérité, Robin, toi et ton compagnon m'avaient donné la nausée. Vous avez l'air si fort et si impénétrable que s'en est risible et ridicule.

Tu es offusquée ? J'espère bien, c'est le but. Je dois être le premier à voir que vous faites semblant. Votre force et vos larmes refoulées, ce n'est que du chiqué. Je suis certain qu'au moindre coup de vent, vous allez vous briser en mille morceaux et il n'y aura personne pour vous rattraper. Pas cette fois…

Cesse de te voiler la face, Robin ! Tu vois bien que tu es faible, tu vois bien que vous n'êtes pas de taille à parcourir ce monde ! Vous n'êtes plus des pirates respectés, rends-toi à l'évidence. Le Roi est mort ! Mort ! Votre existence même est impossible à croire.

Voilà pourquoi je suis parti si vite ce matin. Je n'avais pas la force de te mentir, de te dire que tu vas pouvoir t'en sortir. Je n'y crois pas un seul instant. À la prochaine brise, il n'y aura plus rien de vos beaux idéaux.

Tu dois pleurer, Robin. J'en suis certain.

Zoro aurait craqué aussi si je lui avais dit.

À la place, avant de m'en aller ce matin, je lui ai juste demandé de prendre soin de toi. Oui, je sais. Après ce que tu viens de lire, tu dois me prendre pour un hypocrite. Pourtant, c'est ce que je lui ai dit. Et j'étais sincère.

Et c'est moi qui ai pleuré.

Vous êtes des idiots. Mais je suis pire que vous. Si vous arrivez à tenir assez longtemps pour qu'on se recroise à nouveau, alors, je te présenterai mes excuses.

En attendant, cessez de vous regarder comme des étrangers. C'est pourtant clair que vous êtes liés par un filon que vous êtes les seuls à sentir ! Arrêtez de faire vos propres voies et commencez à vivre ensemble ! Le Roi des pitres a laissé deux bien tristes clowns derrière lui…

Amitiés,

Kuzan

PS : Et cesse de réfléchir pour des broutilles ! Fonce."

.

De rage, et sans doute aussi de désespoir, Robin chiffonne la lettre. Puis, elle la balance sur le sol, l'écrase de son talon et, pour finir, elle la brûle. Mais consumer un bout de papier ne résoudra pas ses émotions confuses. Et après son accès de colère, Robin ne trouve plus rien d'autre à faire que de pleurer. Ça ne dure pas longtemps, quelques larmes seulement. Puis, l'archéologue se reprend. Elle essuie ses joues, file en cuisine préparer une tasse de café et déboucher une bouteille de saké et elle rejoint Zoro sur le pont.

En la voyant arriver ainsi, de sa démarche déterminée, les mâchoires crispées, les sourcils froncés et les deux mains prises par une tasse de café et une bouteille de saké, Zoro se dit que ce n'est pas bon. Instinctivement, il prend une position neutre et un air défensif. Il s'appuie au bastingage du Fantôme de Paille, sans croiser ni ses bras, ni ses jambes. Il pose ses deux mains de chaque côté de lui sur la barrière de bois verni et attend, l'air impassible, presque soumis.

- Zoro, déclare Robin très sérieusement. Il faut qu'on parle.


NdZ Tadam ! OUais, Aokiji est dégueulasse avec Robin mais en même temps, c'est un personnage difficile à cerner alors... J'espère que ce chapitre vous a plu. La prochaine fois, on va parler... Oh ouais, on va dire ce qu'on a sur le coeur et ça va faire du bien.

Et pour les reviews, c'est juste dessous :)