Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Mais qui donc sont ces gens ? Mais à qui est ce bateau ? Auriez-vous deviné ?! Bon, je cesse le suspens, je vous fais des bisous, je vais à la fête de la musique de chez moi et je vous dis à la semaine prochaine !
Pause réponse aux reviews
Blue Pangolin : Mon dieu, j'ai oublié de te répondre la semaine dernière ! Je rampe à tes pieds… Pardon. Merci pour ta review donc. Et j'espère que tu n'as pas été trop déçue de leur conversation. J'aime l'idée du Papa Kjii mais je la trouve impossible. Et le coup de la glace à la fraise n'était pas pour toi, désolée. Simple coïncidence. T'es déçue ?! Merci encore en tout cas.
Zorobin-pm : Merci ! Je suis contente que ça te plaise ^^
InconnuE : Merci pour ta review ! A croire que cette fic est aussi efficace que de l'héroine ^^
Les personnages ne sont pas à moi, vous le savez, mmh mmh mmh.
Enjoy ;)
~ L'Auberge du temps qui passe ~
~ chapitre dix-huitième ~
hasard
.
Zoro est impassible, impénétrable, sa garde est parfaite, pas une seule balle ne risque d'effleurer l'épiderme de la jeune femme dissimulée derrière lui. Les marins s'affolent ! Pas un seul de leur projectile n'atteint leur cible et pourtant, l'adversaire qui leur fait face n'a pas encore attaqué.
- Appelez du renfort en urgence ! hurle l'un des hommes.
- Oh que non, réplique Zoro en grognant.
Il bondit, tel un fauve féroce. Il bondit et Robin prend la première chose qui lui tombe sous la main, une rame. Ce sera son arme pour la lutte à venir. Les balles fusent, le bruit ambiant devient assourdissant. Zoro assomme ses adversaires tandis que Robin tente de l'imiter du mieux qu'elle peut. Jetant de furtifs coups d'œil en arrière, le bretteur vérifie que sa partenaire se porte bien. Quand une balle lui effleure l'épaule, il se met à grogner :
- Là, ça va chier.
Affolée, Robin se retourne. Elle commence à connaître Zoro. Elle sait que ce timbre de voix là, ce n'est pas bon. Un mouvement suspect provenant d'une porte donnant sur le pont l'interpelle mais elle reste fixée sur son compagnon, jugeant que l'importance est là avant tout.
- Stop ! s'écrie-t-elle.
Et chose étonnante, tous les hommes autour d'elle s'arrêtent.
- Stop ! s'écrie une autre voix dans son dos.
D'un même mouvement, les deux pirates se retournent. Leurs capes volent sans dévoiler leurs visages. Mais s'ils étaient démasqués, c'est la stupeur qu'on pourrait lire sur leurs traits.
- Stop ! Cessez immédiatement ce raffut !
La voix s'avance, pas très grande mais charismatique, frêle mais puissante. C'est une voix dans un corps de femme. Une connaissance. La jeune personne se poste devant ses hommes, une main sur la hanche, l'autre main pointée devant elle.
- Regagnez vos postes et plus vite que ça.
- Mais, votre al…
- Il suffit ! J'en ai soupé de vos enfantillages ! C'est la troisième fois que je fais cesser vos petits affrontements cette semaine. C'est pourquoi cette fois ?!
- C'est que…
Alors, et alors seulement, la jeune femme voit les deux capes sombres parmi ses hommes en uniforme militaire. Et à cet instant seulement, elle comprend que, pour une fois, ce n'était pas une petite mutinerie mais bien une défense. Se sentant agressée sur son propre bâtiment, elle dégaine son arme d'une main droite habile. Les sourcils froncés, elle s'apprête à hurler aux deux individus suspects de déguerpir au plus vite mais, les deux suspects en question ont posé un genou à terre.
La tête baissée, le dos courbé, Robin et Zoro ont fait cette révérence sans réfléchir. Ils se regardent discrètement. Ils n'ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Le bretteur inspire calmement et prend la parole.
- Mes hommages… Princesse Vivi.
La jeune femme recule d'un pas. Robin a laissé sa rame de côté et Zoro a remis ses sabres dans leurs fourreaux respectifs. Sa longue chevelure bleue coule en cascade sur ses épaules, un fin voile retenu par un lien de cuir recouvre son crâne. Vivi porte une tunique ressemblant à l'uniforme orangé des soldats passée sur un pantalon couleur crème. Pour couronner cet attirail, elle porte une paire de bottes noires cirées. À son auriculaire pend son arme fétiche et elle arbore une mine à la fois réjouie et étonnée.
- Euh… M-merci mais… Je peux savoir qui vous êtes et ce que vous faîtes sur ce navire ?
- Toutes nos excuses pour avoir mis à sac votre pont et certains de vos hommes… Nous ne savions pas que ce bâtiment était votre. J'ose espérer que vous nous pardonneriez.
- Votre Altesse ? interpelle un homme non loin. Euh… qu'est-ce qu'on fait ?
Aussitôt, la jeune femme reprend de l'aplomb et déclare avec assurance :
- Emmenez les blessés à l'infirmerie, Commandant. Et repassez par l'armurerie pour vous réapprovisionner.
- Bien !
L'homme s'éloigne. Les deux pirates sont toujours nez baissé sur le plancher. Les blessés sont évacués. Quelques hommes restent autour de la princesse qui regarde les deux inconnus, intriguée. Elle se met à soupirer.
- Je ne sais pas qui vous êtes aussi, je vous demanderais de bien vouloir découvrir vos visages.
- C'est déjà ce que je leur ai demandé tout à l'heure, soupire un petit homme édenté.
Zoro déglutit difficilement.
- Oups, murmure-t-il.
Robin ne peut s'empêcher de sourire. La honte et le regret sont bien des sentiments qu'elle n'imagine pas chez son compagnon. Il lui lance un regard passablement irrité, ce qui augmente un peu plus l'hilarité discrète de son amie.
- Bon, relevez-vous ! On ne va pas y passer la nuit. Et si vous n'obéissez pas, j'ai de quoi vous enfermer.
- Lui vivant, on ne nous enfermera jamais, déclare Robin en se redressant. Et je suis au regret de vous dire qu'on ne le tue pas si facilement. Vous en savez quelque chose, Princesse.
Silencieuses et farouches. Telles sont les luttes entre femmes. Zoro retient son souffle. Depuis quelques temps, il cerne mieux sa compagne. Mais là, il est incapable de prédire sa réaction. Pourtant, il lui fait intégralement confiance.
- Je vous demande pardon ? déclare Vivi.
- Non, Princesse. C'est moi qui te demande pardon.
Robin pose une main sur son cœur et penche la tête en avant. Lorsqu'elle redresse sa tête, Vivi voit très bien ce visage pâle et sérieux encadré par deux longues mèches brunes. Elle connait bien ce visage. Elle en a longtemps eu peur, il a longtemps été le sujet de nombreuses interrogations. Et à présent, ce visage est là, droit dans sa cape sombre, sérieux derrière les traits tirés par l'angoisse et la solitude. Ce visage raviné par les ans, les fuites et les pleurs, ce visage est là. Ce visage est vivant. Alors, Vivi baisse les yeux vers la deuxième personne. Cet homme qu'on ne tue pas impunément, serait-ce…
- Vivi, souffle Robin. Je suis sincère. Je suis désolée pour…
- Elle est au courant, Robin. Ne remue pas le couteau dans ces plaies que tu as déjà refermées…
L'archéologue se tourne vers son compagnon qui se redresse et lui lance un regard froncé. Vivi voit alors une infime portion de chevelure verte, un œil barré d'une cicatrice et des lèvres pincées.
- Tu te fais du mal pour rien, idiote.
- Pardon, Zoro.
Il secoue négativement la tête en soufflant par le nez. En face d'eux, la jeune femme aux cheveux bleus se sent vaciller. L'un de ses hommes l'empêche de s'effondrer, lui demandant si elle va bien. Elle assure que oui, ne lâchant pas du regard les nouveaux individus. Elle ajoute même :
- Conduisez ces personnes à mon office. Je souhaite les recevoir seule.
- Mais… votre Altesse… Ils ont… !
- Je me fiche de ce qu'ils ont fait. Vous ne maîtrisez pas la chance que vous avez de les voir en vie.
Elle se détourne vivement, faisant tressauter ses larges boucles bleues sur ses épaules. Un garde lui emboîte le pas, Robin et Zoro suivent sans broncher.
La princesse file à l'infirmerie, vérifier l'état de ses hommes tandis que le garde conduit les deux étrangers dans l'office de la jeune femme. Devant la porte, le soldat se racle la gorge.
- Veuillez me pardonner mon indiscrétion mais… vous connaissez la princesse ?
- En quoi ça vous regarde ? réplique Zoro.
Il se prend un coup de coude dans les cotes de la part de son amie.
- Ne répond pas si sèchement. Excusez-le, il est un peu énervé.
- Je suis pas énervé. C'est juste que t'as été blessée et…
- Et alors ?! Tu m'as vu pire, tu le sais.
Pendant un instant, ils s'affrontent dans un duel de regards que le soldat ne peut pas juger. Il finit par se racler à nouveau la gorge.
- Euh… Je vous propose d'entrer dans l'office de la princesse. Elle… elle va vous recevoir. Je reste auprès, si vous avez besoin de quoi que se soit.
- Hé, relax, mec. On va pas la bouffer votre Altesse. Desserre les mâchoires et va prendre l'air.
Zoro pousse Robin à l'intérieur de la pièce et referme la porte derrière lui. L'archéologue s'offusque de l'attitude désobligeante de son compagnon. Elle veut lui en faire la remarque mais Zoro retire sa pèlerine, la pose sur le dossier d'une chaise et impose du regard à Robin de faire la même. La jeune femme soupire.
- La politesse est un tort chez toi, Zoro.
- Qu'importe. Fais voir ton bras.
- Oh. C'est ça qui t'obsèdes ? Mon bras va bien, je t'assure.
Elle retire sa cape et la pose sur celle de Zoro. Le bretteur lui attrape le bras et observe la blessure. Agacée, Robin pousse un long soupir.
- Mais tu vas faire attention oui ? Tu me fais mal !
- Désolé !
De peur, le sabreur lâche le bras de son amie. Robin s'assied sur la chaise et regarde profondément Zoro. Cet homme est incorrigible, elle sait qu'elle ne lui retirera pas cette lubie de la tête. Vaincue, elle tend son bras et il inspecte l'égratignure.
- Tu saignes encore.
- Ce n'est qu'une éraflure, Zoro !
- Robin. Depuis que nous avons quitté ce rocher maudit, pas une seule fois tu n'as été blessée par balle. Je m'en veux, ok ?!
- Zoro ! Il y avait des balles partout et j'étais dans l'incapacité d'utiliser mon fruit du démon. Tu ne vas pas en faire une affaire d'état !
- J'ai été incapable de te protéger !
Il se détourne et déniche un flacon de stérilisant qu'il verse directement sur la plaie, en épongeant avec un mouchoir propre trouvé là. Robin soupire.
- Il y en aura d'autres, des fois où tu ne seras pas à mes côtés !
- Non.
Catégorique, glacial, implacable. Non. Zoro ne laissera plus jamais Robin en difficulté. La discussion est close. Robin regarde le bretteur essuyer la blessure avec le mouchoir dans un geste très lent.
Soudain, la porte s'ouvre et Vivi entre en prenant soin de bien refermer derrière elle. Les deux pirates la regardent en silence. Zoro se redresse un peu et lâche le bras de Robin. Le silence est entrecoupé du bruit des vagues contre la coque. Vivi regarde les deux pirates. Un sentiment lointain remonte dans sa gorge et lui laisse un goût amer dans la bouche. Elle détourne la tête et dit simplement :
- Il n'est pas revenu me voir…
Un frisson parcourt les bras nus de la princesse. Elle ferme les paupières, elle ne veut plus voir ces deux personnes qui lui rappellent le douloureux souvenir d'un ami cher disparu. Robin lève le nez vers Zoro et l'interroge du regard. Le silence est banal pour eux, si pesant pour Vivi.
Alors, Zoro s'approche. Il ouvre ses bras et enserre la jeune femme aux cheveux bleus.
- Il n'a pas tenu sa promesse, c'est vrai. C'est pour cela que le hasard nous a mis sur ta route, Vivi.
- Je suis tellement contente de vous revoir…
Pendant une longue minute, Zoro ferme les yeux et ne bouge pas d'un pouce, ses deux bras fermement serrés autour des épaules de la frêle jeune femme. Vivi respire cet homme qui sent la sueur, le métal et l'air marin, elle sent contre sa joue ses pulsations cardiaques et elle voit sa poitrine se soulever au rythme de ses respirations. Les larmes lui montent aux yeux, alors discrètement, elle les laisse couler. Zoro la laisse s'abandonner un instant, soufflant calmement. Soudain, il ouvre son œil valide et fixe la personne juste en face de lui. Robin voit la pupille du bretteur s'élargir vivement avant de rétrécir à en devenir si fine qu'elle disparait dans l'iris.
Pendant une longue minute, les deux pirates s'observent intensément. Et Robin jalouse Vivi. Et Zoro regrette son geste.
Pendant cet instant, furtif, fugace, pendant ces quelques secondes d'inattention de la princesse, Robin se rend compte à quel point sa promiscuité involontaire avec Zoro l'a rendue possessive. Et elle voit bien que Zoro s'en rend compte. Pendant cette lutte visuelle, longue et pourtant si discrète, pendant ce petit temps entre les tempêtes, Zoro se rend compte que Robin est devenue pour lui bien plus importante que tout le reste du monde. Et il voit bien que Robin le ressent dans le fond de son regard.
Pendant cet instant d'immobilité, les deux pirates se regardent sans rien dire. Mais ils comprennent. Ils se comprennent. Et ils savent.
…
Ils pourront mettre toutes ces aventures sur le compte du destin, plus tard, quand ils en reparleront avec nostalgie. Ils pourront même croire au hasard.
Mais, pour le moment, ils sont juste là, l'un en face de l'autre, séparés par un corps de femme, par une amie qui pointe du doigt la partie sombre de ce tableau qu'ils tentent d'éclaircir depuis l'incident.
C'est le hasard. Simplement le hasard. Le hasard qui a mis Vivi sur leur route, tout comme il avait mis Aokiji sur leur chemin ou le navire de Smoker ou celui d'Hancock ou de Law. Le hasard qui leur fera croiser certainement d'autres amis et d'autres adversaires par la suite. Le hasard qui les ballote dans ses bras frêles, le hasard qui joue avec eux…
Le hasard qui les a fait trouvé cette barque, le hasard qui les a poussés dans les bras l'un de l'autre. Le hasard.
Car même si Luffy a exigé de Zoro qu'il rejoigne Robin, la suite n'était déjà plus de son ressort.
Le hasard, juste le hasard.
Ils n'aiment pas ça, le hasard, la destinée, ces choses qu'ils ne maîtrisent pas.
À présent, ils sont décidés.
Ce hasard peut leur mettre qui il veut dans leur pattes mais il ne décidera plus de leurs émotions.
…
Lentement, Vivi s'éloigne de Zoro, un léger sourire vient étirer ses lèvres. Elle regarde le bretteur qui est perdu dans les yeux de l'archéologue. Étonnée de ce silence et de cette immobilité, la princesse observe le sabreur puis, l'historienne. Elle scrute attentivement ce jeu de regard avant de se mettre à sourire pour elle-même.
- Vous avez soif ? Ou faim ?!
La lutte est terminée, coupée net, tranchée là. Leurs regards se séparent. Robin sourit en approuvant, un café lui fera du bien. Zoro s'assied sur une chaise et prendra ce qu'on lui apportera. Vivi a un immense sourire.
- Je vais faire venir de quoi se restaurer !
Elle se détourne pour appeler un garde.
Et dans leurs coins, Robin et Zoro se demandent pour la première fois ce qu'ils feront demain.
NdZ Eeeeet oui ! Vivi ! Et là, vous réagissez ! Mais que diable fait-elle ici ?! Vous le saurez la semaine prochaine ! Je vous abandonne pour aller écouter de la bonne musique (ou paaaas xD) A la semaine prochaine !
Et pour les reviews, c'est juste dessous :)
