Bonjour, bonsoir & bienvenue !
Avant de vous parler, je laisse un paragraphe de blanc comme une minute de silence pour toutes ces personnes parties trop tôt. Sérieusement, là, ça commence à faire trop.
. .
Voilà.
Passons au chapitre du jour. La dernière fois, on s'était arrêtés sur une scène assez fun, qui vous a lancé dans des délires imaginatifs. J'ai particulièrement apprécié. Robin et Zoro se sont couchés nus l'un contre l'autre. Et à présent, réveil.
Pause réponse aux reviews
Zorobin-pm : Merci pour ta review… Perverse !
Loukarin : Merci pour ta review ! C'était trop chou. Merci !
Comme toujours, ces deux loulous ne sont pas de moi. *claquement de langue*
Enjoy ;)
~L'Auberge du temps qui passe ~
~ chapitre vingt-et-unième ~
tête à tête
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Un rayon de soleil caresse sa joue. Elle ouvre un œil et le referme aussitôt. Elle a oublié de fermer le volet hier soir, la poisse. Elle se retourne dans le lit. Et elle heurte quelque chose. Quelque chose de mou, quelque chose de chaud… Quelque chose qui fait "mmmh" après le choc. Alors, Robin ouvre les yeux. Allongé à côté d'elle, la couette protégeant son corps jusqu'à la moitié de son torse, la respiration paisible, Zoro dort. Son bras gauche disparait sous la couette mais son bras droit est à l'extérieur, posé nonchalamment sur le matelas, le poing fermé et immobile. Robin le regarde sans bouger. Elle observe les traits de son visage, ses lèvres entrouvertes, sa barbe naissante et cette fine cicatrice qui lui barre l'œil droit. Elle a envie de passer son doigt sur la petite trace rose laissée par un objet contendant quelconque. Mais elle se retient. Elle a aussi envie de passer sa main dans la chevelure verte si particulière de l'homme à ses côtés. Ça, elle ne se le refuse pas.
Dans les premiers rayons du matin, Robin avance la main vers le crâne de Zoro et glisse ses doigts dans ses cheveux verts. Ils sont doux et ils reviennent à leur place après avoir été décoiffés. Robin sourit et recommence l'expérience. À mi-chemin, elle stoppe son geste sans retirer sa main. Zoro la regarde de son œil valide. Il n'a pas bougé d'un pouce. Il a juste ouvert son œil. Robin termine son geste en lui souriant doucement. Lorsque la main de l'archéologue atteint sa nuque, Zoro s'étire doucement, baille deux fois et ne bouge plus. Il regarde Robin qui l'observe avec un léger sourire. Elle lève la main vers son visage, tout doucement, et elle passe le bout de son doigt sur la cicatrice de Zoro. Il ne bronche pas.
- Qu'est-ce qui a fait ça ?
- Un éclat de roche.
Le silence s'installe entre eux, confortable, naturel. Zoro sourit à ce souvenir.
- Quand j'y repense, c'était vraiment un accident stupide.
- C'est l'accident qui était stupide ou le fait que tu sois un mauvais patient ?
Zoro hausse les épaules en faisant une petite moue. Robin ramène sa main sous son menton.
- C'est pas ma faute si notre médecin de bord était trop loin.
Robin se met à rire doucement. Zoro la regarde en souriant. La jeune femme se met à bailler en s'étirant discrètement. Elle se rend compte qu'elle est nue sous la couette. Ses yeux s'agrandissent et, d'instinct, elle ramène ses bras contre sa poitrine en regardant Zoro. Le bretteur ne bronche pas, il la regarde sans même esquisser un sourire. Une vague d'incertitude envahit Robin. Elle veut se retourner. Elle fronce imperceptiblement les sourcils. Ce petit tic nerveux, Zoro le voit très bien. Il le voit et il réagit aussitôt. Robin n'a pas le temps de se retourner : Zoro a approché la main pour glisser ses doigts dans ses longs cheveux noirs. La jeune femme est tellement surprise, qu'elle n'ose plus bouger. Elle regarde Zoro sourire innocemment et elle le trouve adorable. Lorsqu'il n'y a plus de cheveux, Zoro revient en arrière et recommence.
- Ça fait combien de temps qu'on se connait, Robin ? 6… 7 ans ? Mmmh… 5 peut-être.
- Je ne sais pas, répond-elle. Je ne compte plus les années depuis longtemps…
Le silence s'amuse lui aussi avec les cheveux de Robin. Elle soupire.
- Ça ne fait pas si longtemps que ça, en fait.
- Ouais. Mais on a vécu tellement de chose !
Robin se redresse sur un coude pour être un peu au-dessus du visage de Zoro.
- La vie est étrangement faite.
Zoro sourit en ramenant sa main sur son torse. À nouveau, il s'étire. Robin regarde en détail son torse musclé. Elle a envie de parler.
- Je suis sûre que des centaines de femmes se damneraient pour être à ma place à cet instant même.
Coupé dans son geste, Zoro ouvre son œil et regarde Robin, observant avec insistance son torse. Il fronce les sourcils et réplique :
- Et tu as pensé au nombre d'hommes qui aimeraient être à la mienne ?
Robin se prépare à répondre mais, Zoro vient passer une main sur son ventre, glissant jusque dans son dos pour rapprocher la jeune femme de lui.
- Je crois qu'on ne mesure pas notre chance, souffle-t-il en égarant son nez dans le cou de la jeune femme.
D'abord surprise, Robin se met à apprécier la proximité de son compagnon de route. Elle passe à nouveau sa main dans ses cheveux courts puis, elle descend, dessinant du bout des doigts des ronds sur le torse de Zoro. Elle distingue, sous la couette, les formes du corps du bretteur. Elle pousse un soupir. Le jeune homme relève la tête.
- Comment on en est arrivés là ? demande l'archéologue en plongeant son regard azur dans les prunelles sombres du sabreur.
Zoro n'a pas besoin de réfléchir. Il sait que son amie parle de cet incident qui les a unis dans ce lit, il y a déjà un moment. Il prend une courte inspiration et déclare :
- Est-ce qu'on s'est posé la question, Robin ?
Elle fait 'non' de la tête.
- Exactement. Et tu sais pourquoi ?
Elle songe un instant et puis, elle enserre le torse chaud de Zoro en posant sa tête sur son cœur. Elle réplique :
- On en n'a pas eu besoin, Zoro.
- C'était naturel et spontané, Robin. Et je le referais volontiers.
Là, Robin s'éloigne vivement en se redressant sur ses mains. La couette glisse dévoilant sa poitrine. Mais le bretteur n'a pas un seul coup d'œil de travers.
- Qu'est-ce que ça signifie ? s'exclame-t-elle. Est-ce que c'est une invitation ?
À son tour, Zoro se redresse. Il s'assied dans le lit et approche son visage de celui de Robin. Leurs nez se frôlent.
- 5 ans, 6 ans… 7 ans peut-être. Je ne sais plus depuis quand on se connait, Robin. Mais depuis longtemps, les femmes ne m'ont pas intéressé plus que ça. Je voyais les marins se souler dans les bars et finir dans les bras des putes. Moi, j'ai eu beau me souler comme un marin, j'ai jamais pu concevoir l'idée de coucher avec une inconnue juste pour tirer mon coup. Depuis que les autres ont disparu, je me demande souvent pourquoi toi. Pourquoi toi et pourquoi moi. Pourquoi nous. Mais je sais pourquoi.
Il s'éloigne un peu, juste assez pour la regarder dans les yeux.
- Parce que, depuis qu'on se connait, Robin, tu es bien la seule femme avec laquelle j'ai sincèrement songé à faire l'amour.
- Sé… sérieux ?
- Deux fois, Robin. Deux fois seulement. La première, juste avant d'arriver sur Skypiéa. L'idée m'a traversé l'esprit. Et je ne l'ai pas repoussée. C'est sans doute pour ça que j'ai bondit lorsqu'Ener t'a foudroyé.
Robin se détend. Jamais elle n'avait entendu Zoro parler autant. Lui qui est si discret sur ses propres émotions… Elle n'a pas envie qu'il s'arrête, elle veut savoir. Un flash traverse son esprit. L'île des Hommes-Poissons… Elle assure :
- Et la deuxième fois, c'est après nos deux années de séparation, n'est-ce pas ?
Zoro approuve du chef, sans lâcher son regard.
- C'est la première fois que je te regardais comme un homme regarde une femme. Je me suis surpris !… Et puis j'ai oublié. Mais…
Il désigne autour de lui la pièce vide.
- Mais les autres ne sont plus là et il ne reste plus que toi. Peut-être que notre capitaine avait réfléchi avant de m'envoyer à ta recherche.
Robin se met à songer.
- De toute façon, n'importe quel autre n'aurait même pas eu le droit à la moitié de ce que tu as eu.
Elle sourit doucement. Zoro demande :
- Pourquoi ?
- Crois-tu qu'un seul d'entre eux aurait été capable de me le rendre aussi bien ?
Zoro ferme les yeux. Il n'y a plus personne pour vérifier. Lentement, il souffle par le nez puis, il ouvre son œil valide. Pour chasser la tristesse, il faut changer de conversation. Il déclare alors :
- Petit déjeuner, madame ! Je vous fais un café ?
- Volontiers ! Bien noir et…
Zoro pose son front sur celui de la jeune femme et termine sa phrase :
- Bien noir et sans sucre, je sais, Robin. C'est pareil tous les matins depuis 5, 6, 7 ans…
Elle est bouche bée. Il sourit narquoisement. Puis, il approche ses lèvres tout près des siennes et déclare :
- Je vous fais ça tout de suite, madame…
Et il sort du lit, s'étire et file à la cuisine en embarquant au passage un pantalon propre et un tee-shirt. Robin le regarde s'éloigner, les fesses à l'air sans aucun complexe. Une fois qu'elle sent l'odeur du café qui passe doucement dans la cafetière, Robin se lève, s'habille rapidement d'une robe et rejoint Zoro.
- C'est drôle, déclare-t-elle. Mais, depuis tout à l'heure, j'ai l'impression qu'on est à l'arrêt…
Pendant une infime seconde, les deux pirates se regardent. Les évènements de la veille leur reviennent en mémoire. Où diables ont-ils atterris ?
D'un brusque mouvement, ils se précipitent dehors. Zoro pense aux voiles, Robin à la barre. Mais une fois sur le pont, leurs bonnes actions sont coupées nettes. Ils sont échoués sur les berges d'une île. Robin pousse un soupir et observe les alentours. Le soleil est désormais levé. Mais étrangement, il est englué dans une nappe de brume que dégage l'île. En regardant de plus près, Robin trouve l'île très étrange. La brume semble s'accrocher aux grands arbres gris qui tendent vers le ciel des branches épineuses. Le sol semble poussiéreux, l'atmosphère est lourde, le paysage terne. Robin a un mouvement de recul.
- Brr, il ne doit pas y avoir grand monde sur cette île lugubre.
- Lugubre… mais oui !...
La jeune femme tourne la tête vers son compère. Il a une mine indéchiffrable, à la fois sombre et heureuse. Quelque chose de nostalgique brille dans son regard. Elle ne sait pas que sous le crâne de Zoro, des milliers d'interrogations défilent dans tous les sens sans grande cohérence. Elle reste silencieuse et l'observe minutieusement. Il semble bloqué sur un détail, un arbre ou une forme dans le lointain. Il est bloqué sur des souvenirs.
Ici, se dit-il, vont à nouveau se croiser passé et futur.
Et lentement, il passe un doigt sur sa cicatrice.
NdZ Quand vous avez beaucoup d'attentes sur le prochain chapitre, j'ai toujours peur de vous le donner. J'ai peur que ça soit en décalage avec ce que vous imaginez. Etrangement, après relecture de celui-ci, je ne me pose même pas la question, je sais qu'il va vous plaire... Merci encore et toujours de suivre cette fic. L'écriture est une évasion.
Et pour les reviews, c'est juste dessous :)
