Bonjour, bonsoir & bienvenue !
J'ai l'impression que l'annonce de revoir Mihawk vous a fait excessivement plaisir. Alors, le voici, le voilà, le grand Mihawk au chocolat !... Non, pardon, y'a pas de chocolat dans ce chapitre, désolé. Bien. On poursuit l'aventure ?!
Pause réponse aux reviews
Zorobin-pm : Merci pour ta review :) Oh nan mais pour Zoro on est toutes perverses, non ?!
Loukarin : Merci pour ta review ! Oooooh une fan de Mihawk Perona ! Halala, j'aime ce pairing aussi… Je manque cruellement d'objectivité sur mes chapitres, donc je les aime tous.
Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi (excepté deux ou trois mais vraiment, c'est du pur n'importe quoi sur ce coup là...)
Enjoy ;)
~ L'Auberge du temps qui passe ~
~ chapitre vingt-deuxième ~
retrouvailles
...
Ayant égaré ses bottes dans la tempête de la veille, Zoro déambule pieds-nus sur le plancher de la pièce de vie du Fantôme de Paille. Assise autour de la table remise à sa place, Robin boit son café, le regard perdu dans les striures du parquet. Le bretteur prépare des sacs pour leur expédition, se posant mille questions à la seconde. Aussi, quand Robin l'interpelle, il ne l'entend pas.
- Zoro ! répète-t-elle.
- Hein quoi ? Tu me parles ?
- Oui, je te demandais si on allait être longtemps partis.
Le bretteur arrête toute action pendant un instant puis, il vient s'asseoir auprès de l'archéologue.
- Je peux pas dire. Je sais où on a atterris mais je sais pas de quel coin. Incapable donc de prédire combien de temps on aura avant de trouver la… la civilisation.
- Pourquoi tu as marqué une pause avant de dire "civilisation ? demande l'archéologue intriguée.
Le bretteur lui lance un regard neutre.
- Tu verras, déclare-t-il.
Elle hausse les épaules et retourne à sa contemplation du plancher tandis que Zoro poursuit les préparatifs du départ. Honnêtement, il est incapable de dire quoi que ce soit. Mais si l'île est habitée, au vu de la situation actuelle de lui et Robin, ils seront obligés de rester au moins une nuit. Et encore.
Une nuit sera trop courte pour tout raconter…
La matinée est bien engagée lorsqu'ils quittent le navire et s'engagent sur l'île brumeuse. Ils marchent pendant trois heures, s'arrêtant souvent pour s'orienter et marchant lentement, bloqués par la végétation sauvage du lieu. À aucun moment ils ne croisent de forme de vie quelconque. Lorsque leurs ventres se mettent à gronder, ils s'arrêtent pour pique-niquer. Robin regarde autour d'elle, l'air nullement effrayé.
- C'est un endroit tout à fait glauque, déclare-t-elle impassible.
- Ouais. Vivre ici est d'un ennui mortel. Il n'y a guère que des fantômes pour pouvoir se faire à ces lieux.
Robin regarde son compagnon. Il a utilisé le terme "fantôme" mais, il ne parlait pas d'eux.
- Fantôme, souffle-t-elle en fixant son compère.
Zoro approuve du chef. Leurs regards se croisent. Alors, Robin comprend. Ses pupilles s'agrandissent et ses yeux se mettent à pétiller de l'éclat de compréhension. Zoro a un sourire en coin.
- La femme fantôme de Thriller Bark, souffle la jeune femme.
Le bretteur détourne le regard vers le ciel. Robin poursuit :
- Notre cuisinier avait raconté que cette demoiselle vous avait aidé à quitter Sabondy en toute sécurité. Je comprends désormais. Elle était avec toi pendant deux ans.
Zoro approuve du chef. Un sentiment étrange envahit alors l'archéologue. C'est un petit trois fois rien au fond de son ventre qui s'estompe dès que Zoro la regarde en s'exclamant :
- On repart ?!
- Allons-y !
Ils se remettent en route. Ils n'ont pas fait un kilomètre que Zoro s'arrête, levant sa main derrière lui pour protéger Robin. L'archéologue se tait instantanément. Elle pose sur son compère un regard intrigué. Zoro fixe les buissons, l'air parfaitement calme. Soudainement, il fronce les sourcils et fait une grimace.
- Ils nous ont vus quand on devait manger, je suppose. Mais ne t'inquiète pas, ils me craignent trop pour s'approcher de plus près.
- Ils ? Mais qui ?
- Tu ne les vois pas ?
Robin s'approche de son compère et scrute dans la direction indiquée par l'index tendu de Zoro. Alors, elle distingue parmi le feuillage des formes massives ressemblant à s'y méprendre à de grands singes. Un bruissement les fait fuir.
- Roberto, grogne Zoro.
L'instant d'après, un macaque immense sort des fourrés et s'approche, méfiant. Zoro pose la main sur son sabre sans dégainer. Il regarde le monstre et siffle entre ses dents.
- Dégage de mon chemin, Roberto. Tu sais ce qu'il se passera si tu n'obéis pas.
Le singe stoppe son avancée et se met à quatre pattes en humant l'air. Zoro se décale légèrement, laissant Robin à découvert. Le macaque plonge son regard dans les iris bleus de la jeune femme. Un grondement sourd sort du fond de la gorge du colosse.
- T'excites pas, mec. Cette femme n'a pas peur de toi. Pas vrai, Robin ?
- Comme si j'allais avoir peur d'une espèce de mammifères sous développés, déclare l'historienne.
Et elle ponctue sa phrase d'un haussement de sourcil particulièrement dédaigneux. Le macaque se redresse sur ses deux pattes arrières et détale dans la forêt. Zoro s'exclame :
- Et bien ! En voilà une réaction devant une jeune femme, Roberto !
Il se tourne vers Robin et, désignant du doigt la direction prise par le singe, il déclare :
- On le suit. Roberto loge dans les ruines mais le manoir est juste à côté.
- Je présume que cette pauvre bête a dû endurer tes coups de colère.
- Tu présumes bien, Robin. Mais tu verrais la masse musculaire qu'il déploie à se battre et tu ne l'appellerais plus "pauvre bête"…
Elle se met à rire doucement. Le message est clair. Si Zoro a, effectivement, martyrisé les singes de cette île, c'est qu'il devait y avoir une bonne raison. Les deux pirates se remettent en route.
En quelques minutes, ils sortent de la forêt mais il leur faut une bonne demi-heure avant d'arriver aux premiers vestiges des anciennes civilisations. Là, Robin s'arrête, fascinée par le carnage qu'elle a sous les yeux. Elle tire sur la veste de Zoro et demande :
- Que s'est-il passé ici ?
- Guerre civile. Je connais quelques bouquins au manoir qui t'en parleront mieux que moi.
L'archéologue brûle d'impatience et de curiosité. Et au fond d'elle, le petit quelque chose se met à bouger.
Robin distingue le château, sortant de la brume derrière les ruines. Lugubre, sombre, délabré. À l'image de l'île, le manoir semble tout aussi accueillant. Les pirates continuent leur marche. Ils n'ont même pas pris le soin de mettre leurs pèlerines. Ils traversent les ruines sans perdre le château des yeux. Et à chaque pas que fait Zoro, les singes détalent en couinant, courant se réfugier au couvert des arbres.
Arrivés devant la grande porte d'entrée du manoir, Zoro s'arrête et prend une grande inspiration en levant le poing. Il se passe quelques secondes de silence. Puis, le bretteur frappe trois coups à la porte et il ouvre.
…
Le hall d'entrée est immense, vide et froid. Le bretteur s'engage dans le bâtiment, laissant la grosse porte se refermer derrière lui. Zoro marche devant, scrutant le moindre signe de vie. Robin marche derrière lui, observant les murs et les statues de pierre. Leurs pas résonnent sourdement entre les murs épais. Soudain, le bretteur dévie sur la droite et ralentit l'allure. Au fond du couloir, une grande double porte de bois se dessine. Robin pense que son compère est un peu stressé. Elle pose sa main sur son épaule. Zoro pose sa main sur la sienne, sans se retourner. Puis, il pose ses deux paumes sur les battants de bois et pousse la porte.
Dans un grincement léger, la double porte s'ouvre sur un salon clair et chaud. Au centre de la pièce, trône un immense fauteuil de velours rouge, tournant le dos à la porte, posé devant une cheminée crépitante. Pendant un instant, Zoro regarde le fauteuil sans un rictus. Puis, un sourire se dessine sur ses lèvres. Une voix caverneuse se met à gronder.
- Ce n'est pas très poli de rentrer chez les gens sans frapper, Roronoa.
- J'ai frappé à la porte d'entrée. Ça suffit, non ? Après tout, je suis un peu chez moi ici.
- Mmh. Je n'ai jamais dit ça.
Un drôle de rictus tord le sourire de Zoro.
- Tu n'es pas seul, souffle l'homme à la voix grave dans le fauteuil.
- Et toi ?
Pour toute réponse, un cri aigu se fait entendre et une tornade se déclenche dans le salon.
- Mihawk, c'est horriiiible ! Il doit y avoir une terrible créature sur l'île, tous les singes se sont cachés dans la forêt !
- Je sais, Perona ! répond l'homme dans le fauteuil à la jeune femme qui vient d'entrer. Je sais. Et d'ailleurs, tu ferais bien de le saluer.
Flottant à quelques mètres au-dessus du fauteuil, Perona redresse la tête. Son regard croise celui de Zoro. Le petit quelque chose bouillonne au creux du ventre de Robin. Zoro ne dit rien, immobile, il se contente de regarder le visage de Perona se décomposer. La femme fantôme se redresse, s'approche, monte et descend sur place, penche la tête, regarde le bretteur sous toutes ses coutures puis, elle se tourne vers le fauteuil et réplique :
- Mihawk, comment tu as fait pour retrouver le corps de ce crétin sans une égratignure alors qu'il a été réduit en poussière par Akainu ? Et puis, franchement… C'est crade de l'avoir empaillé de la sorte, il n'est pas du tout à son avantage.
- Et comme ça c'est mieux ? demande le bretteur en prenant une pose héroïque.
Perona pousse un cri de stupeur.
- Hiiiiiiiiii ! Un fantôme !
Et elle file se réfugier derrière l'immense fauteuil de velours rouge. Le silence tombe. Robin lance un coup d'œil à Zoro qui la regarde, l'air triste.
- C'est difficile, lui dit-il.
- Personne n'a dit que c'était simple, Zoro. À chaque fois, c'était la même chose.
- Ouais mais là, j'en fais une affaire personnelle. Et c'est dur, Robin, ce qu'on voit dans le regard des autres.
Dans un geste très lent, Mihawk se lève de son fauteuil et fait quelques pas pour se retrouver face aux pirates. Perona passe sa tête à travers le dossier du siège pour observer la scène. Robin est un peu intimidée face au regard puissant de l'ancien plus grand spadassin du monde. Mais elle est encore plus intimidée par la soudaine aura qu'a prise son compagnon de bord, réalisant sans aucun mal pourquoi le jeune homme a supplanté le plus âgé. Pendant une longue minute, les deux hommes se dévisagent sans un bruit. Puis, Mihawk ouvre la bouche et déclare :
- Je m'étais fait une raison à cette défaite cuisante que tu m'as offerte sur Red Line il y a longtemps de ça. Je t'avoue avoir eu du mal à la digérer. Mais je peux t'assurer que, si ce jour là tu m'avais laissé mon sabre en un seul morceau, je serai allé trancher Akainu de mes propres mains le jour où le journal du matin avait annoncé votre disparition.
Il sort son petit poignard de son fourreau et ajoute :
- Difficile d'exterminer l'Amiral en chef avec un cure-dent, pas vrai ?
- Sûr !
- Pourtant, cette charogne le méritait. Mais, heureusement que je ne l'ai pas fait. Tu sais à quel point j'ai horreur des morts inutiles.
- Je sais.
Le spadassin se tourne vers la femme fantôme et soupire.
- On va surement avoir des tas de choses à raconter, Perona. Retourne dans ton enveloppe charnelle, jeune fille. Oublie ces singes et ramène des mouchoirs.
- Je suis pas une jeune fille, boude la femme fantôme en disparaissant dans le sol.
Mihawk se met à sourire imperceptiblement. Les deux pirates, habitués des détails, le remarquent aussitôt et Zoro fronce les sourcils. Et le petit quelque chose au fond de Robin se met à grincer. L'ancien spadassin reporte son attention sur Zoro. Mais, son regard glisse sur le bretteur et vient se planter dans celui de Robin.
- Tu n'es pas seul, Roronoa.
- Toi non plus, Mihawk.
- Mes raisons sont différentes.
- Bien sûr, grogne le bretteur. Toi, tu n'as pas entendu ton capitaine te hurler dessus d'aller chercher cette femme et de rester en vie.
Un silence s'installe. Robin baisse le nez. Mihawk passe une main lasse sur son visage.
- Approchez, vous deux. Prenez le temps de vous reposer. Comme tu le disais tout à l'heure, tu es chez toi ici, Roronoa. Fais-moi le plaisir de partager ma table.
- Zoro !
Le bretteur se retourne. Il n'a le temps de rien voir, il se retrouve prisonnier des bras de Perona. Perona qui sanglote :
- Mais bon dieu, quel crétin tu fais ! Tu m'as fait chialer pendant des jours !
Elle se recule, essuie ses larmes sur sa manche et repart à pleurer en voyant Robin. Elle la désigne du doigt et déclare, en pleurant :
- Et en plus, t'es pas tout seul à être vivant ! Bouaaaaah, je suis tellement contente !
Mihawk se met à sourire en lui tendant le premier mouchoir d'une longue série. Zoro se met à rire doucement, voyant l'attitude ridicule de la jeune femme et Robin tente de contenir le petit quelque chose qui gigote au fond d'elle.
- Zoro ! Il faut que tu nous racontes, je veux savoir !
- Perona, gronde Mihawk. Ne parle pas sur ce ton. C'est difficile ce que tu demandes là. Laisse le respirer, laisse les prendre le temps de jouir ici d'un repos digne de ce nom. Laisse les prendre le temps de poser les mots sur leurs sentiments et leurs émotions. Roronoa, Nico Robin, prenez votre temps. Mais s'il vous plait…
Il les regarde, presque implorant et termine sa phrase en joignant les mains :
- Parlez.
NdZ De bien belles retrouvailles nous avons là. Un peu pleurnichouinantes, merci Perona. On va rester sur Lugubra pendant encore deux chapitres que je vais vous donner avec un espace d'une semaine. Après, on reprendra un rythme un peu plus aléatoire (parce que j'ai pas encore écrit, héhéhé) Mais, si ça peut vous rassurer, ou pas d'ailleurs, on approche de la fin. Allez, je vous laisse. A la semaine prochaine !
Et pour les reviews, c'est juste dessous :)
