Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Ohhhh, vous m'aviez manqué ! Allez, on reprend la fic et j'ai une bonne nouvelle ! Elle est fini d'écrire ! Non ! Siiiiiii ! Bref. Je croyais qu'elle faisait 30 chapitres... Et puis, en regardant mes titres je me suis rendue compte que j'avais écrit : 26 27 28 26 27 28 29 30 x) Du coup, elle fait un peu plus que prévu. Vous êtes contents ?! Ouais, moi aussi. Je vous rafraîchis un peu la mémoire ? Zoro avait avoué ses sentiments à la mistinguette. La vie continue à bord du Fantôme de Paille...

Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi. Mais ça, vous le savez, hein !

Pause réponse aux reviews

Loukarin : Merci pour ta review, j'avais oublié de te répondre il y a deux semaines, pardooooon. Merci beaucoup !

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre vingt-sixième ~

but

...

Quinze fois. Robin pose le livre sur ses genoux, en fermant les yeux, soupirant bruyamment. Elle pose ce livre qu'elle a lu quinze fois… en trois jours. Ça commence à faire beaucoup, elle commence à en avoir marre. Mais c'est le seul qui l'aide dans sa situation actuelle. À nouveau, elle soupire. Son regard se pose sur le hublot. La nuit est noire, aucune lumière ne perce l'horizon. D'un geste absent, Robin caresse la couverture usagée du livre qu'elle a sur les genoux. "Le Bushido des îles Hermines". Tel est le titre de ce livre qu'elle vient de finir pour la quinzième fois. À quoi cela rime-t-il ?

Robin se lève. Elle va aller se faire un café. Elle n'a pas sommeil. Dans le froid de la nuit, elle avance, presque lasse. Zoro doit être à la vigie, à dormir ou s'entraîner, ou les deux en même temps. Robin pousse la porte de la pièce commune et la referme derrière elle pour ne pas faire entrer le froid à l'intérieur. Depuis ce matin, ils sont entrés dans une zone assez fraîche. Ils doivent approcher d'une île hivernale. Robin n'allume pas de bougies, elle connait ce bateau par cœur, elle sait s'y orienter sans ciller. D'un petit coup d'œil bref alors que le café coule dans la machine, Robin vérifie que Zoro va bien. Elle revient à son café en souriant doucement.

Il va bien. Il dort.

En retournant à la bibliothèque, Robin prend le temps d'observer la mer. Elle est légèrement agitée, comme si elle était impatiente de quelque chose. L'archéologue s'accoude au bastingage et pose son regard azur sur les flots noirs. Elle souffle sur sa tasse de café et en boit une gorgée. Le liquide lui brûle la langue et l'œsophage. Qu'importe. Elle en prend une deuxième gorgée. Le vent se lève tout à coup, refroidissant le café et poussant les nuages devant un quart de lune malicieux. Robin lève les yeux vers le ciel. Les étoiles se cachent mais la lune lui fait un clin d'œil. Ce petit éclair de lumière dans la nuit sombre est presque comme le sourire de Zoro dans son existence chaotique. Robin soupire. Alors qu'elle pensait sa vie entièrement noire, son capitaine et son équipage sont venus montrer qu'il existe toujours des astres pour indiquer la marche à suivre. Et si son capitaine brillait comme un soleil, l'homme qui se trainait dans son ombre luisait comme la lune. Cet homme, Roronoa Zoro, même sans le soleil qu'était son capitaine, continue de luire sans discontinuer.

En refermant la porte de la bibliothèque derrière elle, Robin sent la chaleur l'envahir. Il fait bon ici. Elle sourit. Elle pose son café sur la petite table et prend le livre à la couverture vieillie. Elle le manipule, l'ouvre, fait défiler quelques pages, le referme, l'ouvre à nouveau, au hasard, caresse sa tranche et, finalement, Robin s'assied dans son fauteuil et recommence à lire ce livre.

En soi, cet ouvrage n'a rien de spécifique. Il est un peu vieux, il vient de loin, les informations qu'ils livrent sur l'art de vivre des samouraïs des îles Hermines n'ont rien d'exceptionnelles. Mais ce livre a quelque chose d'inexprimable. Comme s'il avait un message à délivrer. Un message que Robin n'arrive pas à décrypter. Robin sait que quelque chose se cache dans ses lignes…

Ce livre, c'est un de ceux qu'elle a récupérer chez Mihawk. En le prenant, elle avait vu l'ancien spadassin sourire. Et quand elle avait montré à Zoro ses piles de bouquins, Zoro avait posé le doigt sur celui-ci, comme s'il lui rappelait des souvenirs. Ce jour là, elle avait son sourire dans ses yeux. Ce livre cache forcément quelque chose, mais quoi ?!

Un gros soupir passe la barrière de ses lèvres. Robin termine son café et repose la tasse à l'endroit précis où elle l'avait laissée. Puis, elle prend le livre et quitte la bibliothèque, son chandelier à la main.

Elle monte à la vigie.

Robin ne comprend pas. Elle ne comprend pas pourquoi Zoro lui a déclaré avoir des sentiments pour elle. Elle ne comprend pas d'où ça vient, elle ne voit pas où ça va et surtout, elle a peur.

.

Lorsqu'elle arrive à la vigie, Zoro est en train de nettoyer ses sabres. Bien réveillé, il tapote ses lames à l'aide d'un torchon humidifié de produit spécial. Il lève son œil valide à l'arrivée de la jeune femme.

- Tiens ? demande-t-il en reportant son attention sur son arme. Tu t'ennuies ?

Robin s'installe à même le sol.

- Non, déclare-t-elle avec sincérité. Je me pose des questions.

- Tu veux les poser ?!

- Je n'arrive pas à les formuler, Zoro. Je tente d'y répondre par moi-même. Parle-moi plutôt de ce bouquin.

Elle fait glisser le livre sur le parquet et observe la réaction de son compère. Il sourit en le voyant et caresse la couverture du pouce avant d'ouvrir le livre. Pendant une longue minute, le silence règne en maître. Robin observe Zoro, son expression, ses muscles, sa posture et ses sabres, posés non loin de lui. Robin observe Zoro. Elle voit la fissure qui fait une plaie béante dans l'âme du bretteur. Et elle sent au fond d'elle son cœur qui bat à coups rudes dans sa poitrine comme s'il était trop à l'étroit à l'intérieur.

- Ce livre a deux histoires.

Robin sursaute. Elle en avait oublié le bouquin.

- La première, c'est la mienne. Quand je suis arrivé à Lugubra, ce livre servait de cale à ma table de chevet. Il était planqué sous une couche de poussière absolument phénoménale ! J'ai faillit ne jamais le découvrir. Un soir, j'avais fait tomber au sol mon ustensile de nettoyage. À l'aveugle, je le cherchais. Je suis tombé sur lui. J'ai passé la nuit à le lire. Un bien bel ouvrage…

Il sourit. Puis, posant son regard sur l'archéologue, il poursuit.

- La seconde histoire, c'est celle de Mihawk. Comme j'ai bien aimé ce livre et que Perona m'énervait à me tourner autour à longueur de journée, je lui avais filé le bouquin. Elle le lisait à la bibliothèque. Un jour, Mihawk l'a vue lire. Elle était à fond dedans. Quand elle l'eu terminé, elle lui trouva une place dans la bibliothèque du spadassin. L'histoire pourrait s'arrêter là. Sauf que, piqué de curiosité, Mihawk est allé y fourrer son nez.

Il ouvre le livre et en feuillette quelques pages.

- Perona n'a pas aimé le bouquin. Elle l'a lu par ennui. Mais Mihawk et moi…

Zoro semble chercher une page. Il fronce les sourcils.

- Ah ! Là ! Leçon 23. "De l'art de trancher le roc".

Un sourire traverse son visage et il se met à lire :

- "Le sabre du samouraï n'est pas destructeur. La roche qui s'oppose à lui n'est pas un obstacle, c'est un chemin. L'art de trancher le roc revient à ouvrir la voie. Le roc est une épreuve, il n'est pas à prendre à la légère. Le sabre du samouraï qui se brise sur la roche n'est pas destiné à poursuivre son chemin dans ce sens là."

Zoro laisse couler un silence. Il referme le livre et le renvoie à Robin.

- Ici, Mihawk y a vu une explication très spirituelle, prenant cette leçon au pied de la lettre, estimant que la voie du sabre est comme une recherche de soi dans les éléments autour de soi. Moi, j'ai interprété ça à l'inverse. J'ai estimé que si je tombe sur ce genre d'obstacle, je dois trouver le passage coûte que coûte.

Il se met à sourire, en tendant devant lui son sabre à la lame luisante.

- On n'a jamais été d'accord. On se disputait tout le temps. Perona était là pour nous séparer.

Robin reprend le précepte 23 et demande :

- Qu'en pensait-elle de cette leçon ?

- Perona ?

L'archéologue approuve. Elle sent ses joues devenir chaude et le petit quelque chose au creux de son ventre qu'elle pensait avoir oublié se fait sentir à nouveau. La réponse de Zoro se faisant attendre, la jeune femme tourne la tête vers son compère. Elle est transpercée par le regard sombre du bretteur. À travers le prisme azur de son regard, c'est son âme qu'il est en train de regarder en face. Robin est tellement impressionnée qu'elle ne peut même pas détourner la tête. Elle reste neutre. Mais à l'intérieur d'elle-même, c'est une immense déchirure.

- Perona ne comprend rien à l'art du sabre. C'est une midinette. Elle a lu sans comprendre. Et toi, qu'y as-tu compris ?!

Robin ne répond rien, sentant un irrésistible feu s'emparer d'elle. Elle ferme les yeux et soupire. Elle vient de trouver le mot qu'elle doit mettre sur ce sentiment dérangeant.

Jalousie.

Robin feuillette l'ouvrage.

- L'art du sabre est complexe. Elle nécessite autant de concentration que de muscle. C'est comme une histoire qui s'écrirait au fur et à mesure des coups donnés. Chaque bretteur, chaque samouraï, chaque épéiste trace sa propre voie parmi les éléments.

Elle sourit.

- Là-dessus, on se ressemble.

- Ouaip, approuve le bretteur. Et c'est sur ce point là, Robin, que tu n'as pas de soucis à te faire.

- Pardon ?!

- Tu es la seule à comprendre aussi bien ma voie. Ne jalouse pas les personnes qui m'entourent. Je l'ai compris il y a longtemps. Les livres t'apportent des connaissances très précises sur ce que nos compagnons et moi-même manipulions de façon naturelle et spontanée.

Il glisse au sol sur ses fesses pour se rapprocher de la jeune femme. Arrivé près d'elle, il pose son front sur le sien et déclare :

- Tu es la seule, Robin.

- J'en ai conscience désormais, murmure-t-elle en caressant sa joue. Mais… Je n'arrive pas à m'imaginer la suite.

- La suite, souffle Zoro aussi doucement que possible.

Elle sourit du bout des lèvres et murmure encore plus bas, comme si elle craignait de réveiller la nuit :

- Toi et moi… l'avenir, Zoro. J'en ai un peu peur.

- Qu'importe, Robin. Pour moi, tout ce qui compte, c'est que tu le saches. Alors, je te le répète.

Un courant d'air souffle l'unique bougie de la vigie. La lune illumine un instant la scène de son regard blafard avant de disparaître derrière un nuage gris.

- Tu es la seule, souffle Zoro en embrassant Robin.

La jeune femme se laisse presque enivrer par ce baiser léger. Lorsque les lèvres de Zoro s'éloignent, elle en veut encore. Elle soupire. Tout ceci est très mauvais… Elle se détourne et se relève à tâtons. Zoro craque une allumette pour rallumer la bougie. Il regarde Robin partir, sans rien dire.

Il ferme les yeux.

Elle ne retourne pas à la bibliothèque. Elle se rend dans la pièce principale. Sans doute récupère-t-elle sa tasse laissée dans la bibliothèque. Elle fait couler l'eau dans l'évier. Zoro prend ses sabres, les glissent à sa ceinture et attrape la bougie. En bas, il éteint la mèche et pose le chandelier sur la table de la cuisine. Assise à une chaise, Robin étudie une carte du Nouveau Monde, le Log posé à côté d'elle. Zoro tire à lui une chaise. Il sent encore la douceur des lèvres de Robin sur ses lèvres mais il ne dit rien.

Pour chasser la tristesse, il faut passer à autre chose.

- Tu sais, j'ai repensé à Vivi l'autre jour.

Entendant le nom de la Princesse du Royaume des Sables, Robin relève vivement la tête. Zoro note l'éclair dans son regard. Jalousie encore ? Robin elle-même n'en est pas certaine.

- Tu te souviens de ces premiers mots ? Elle a dit "il n'est pas revenue me voir".

- En effet. Elle avait l'air triste.

- Ouais. En même temps, elle n'a pas tort. Luffy n'a pas tenu sa promesse. Alors, j'ai eu l'idée de l'honorer à sa place. Qu'en penses-tu ?

- Tu veux dire, retourner sur les lieux que nous avons visités ?

- Exactement.

- Nous le faisons déjà involontairement.

- Alors, faisons le en pleine conscience, Robin. Retournons à Raftel et faisons demi-tour.

- Tu es bien décidé.

Elle sourit et se penche en avant.

- Cette idée me plait beaucoup, Zoro. Nous avons encore des tas de choses à accomplir.

À son tour, il sourit. Un ange passe au-dessus d'eux.

Cela doit faire presque six mois qu'ils naviguent au hasard. Ils ont désormais trouvé leur but. C'est un point lointain à l'horizon. Mais c'est exactement là qu'ils vont.

Enfin…

Si le hasard le veut bien.


NdZ On passe dans un nouvel arc qu'on pourrait appeler "pleine conscience" et qui va les emmener très loin dans leurs propres limites. Bref, je suis contente de revenir. Et en toute logique, vous aurez un chapitre par semaine jusqu'à ce que mort s'ensuive... euh, non pardon, jusqu'à la fin. Héhé. Allez, tchao, à la semaine prochaine !

Et pour les reviews, c'est juste dessous :) (et j'attend vos retours avec impatience ! vraiment...)