Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Je vous aime tellement ! Vos adorables retours sur le dernier chapitre ont empli mon coeur d'une joie immense. Quoi, j'en fais trop ?! Bon, ok, j'avoue. Mais n'empêche, je suis trop contente de vous retrouver mes petits lecteurs adorés !

Surtout qu'on approche inexorablement de la fin... (oh il est joli ce mot, "inexorablement"...) Et donc, l'histoire commence à prendre le tournant que je souhaite lui faire faire depuis le début de cette fic. On en était où déjà ?! Oh ! Oui. On repart à l'aventure. Et si chez nous l'automne arrive à grand pas, sortez les bonnets et les écharpes ! Il va faire froid dans ce chapitre. Mais on va se marrer. Entre autre.

Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi. Bon, ok, sauf le pauvre vendeur du début du chapitre mais franchement... C'est une fourmi, quoi ! Bref.

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre vingt-septième ~

hiver

...

Il fait froid sur cette île. Les maisons ont les portes closes et les volets filtrent la lumière provenant de l'intérieur. Un épais brouillard entoure tout à plus de dix mètres. Robin et Zoro, mal habillés pour ce temps, avancent péniblement, cherchant une boutique où s'acheter des vêtements chauds. Ils trouvent enfin un magasin, après une heure de recherches infructueuses dans le froid glacial. Voyant des clients par ce temps, le vendeur leur propose un café. Robin accepte vivement, Zoro est plus réticent. Ils choisissent des vêtements chauds ainsi que des gants et une écharpe pour Robin. Alors qu'elle se change, Zoro surveille les alentours. Le vendeur le fixe d'un air torve.

- Quoi ? Qu'est-ce que t'as ?

- Oh, rien du tout, cher monsieur.

- Alors occupe-toi de tes oignons !

- Sois gentil, lui souffle Robin. Cet homme ne t'a rien fait !

Zoro souffle par le nez en croisant les bras sur sa poitrine. Robin émet un petit rire. Le bretteur pose son regard vers l'arrière.

- Qu'est-ce que tu dis, toi !

- Oh mais rien du tout ! Et toi ? Que dis-tu de ça ?!

Elle pousse le rideau de sa cabine et se présente au bretteur dans un complet en fourrure. Elle sourit doucement. Il la regarde, un air neutre peint sur le visage. Puis, le coin de ses lèvres se redresse et il approuve d'un signe de tête.

- C'est parfait.

La jeune femme sourit et sort de la cabine, satisfaite.

- Merci monsieur, déclare-t-elle au vendeur. C'est parfait.

- Merci à vous ! Vous êtes bien courageux de venir ici par ce temps.

- Le temps ne nous effraie plus, soupire Zoro.

Le vendeur le regarde, étonné. Puis, il se met à sourire.

- Alors, si cela vous intéresse, il y a une magnifique baie de glace à deux kilomètres vers l'Ouest. C'est un endroit magnifique ! Avec un peu de chance, on devrait avoir une éclaircie cet après-midi.

- Et bien, merci du tuyau. Combien nous vous devons ?

Le vendeur regarde Robin. Elle a pris un sous-pull, un collant de laine, un manteau épais, une écharpe chauds et un bonnet polaire. L'homme a pris un sous-pull, un bonnet et une veste polaire à col montant. Ses produits sont de qualité, il le sait. Le prix est assez élevé mais… Il laisse couler un silence, observant tour à tour les deux personnes qu'il a devant lui. Il est très physionomiste, il le sait. Et il se trompe rarement. Il soupire en fermant les yeux.

- C'est bizarre comme question, pour des pirates.

Lentement, il ouvre une paupière. L'homme a posé une main sur l'un des fourreaux à sa ceinture. Malgré cette cape sombre et informe, il sait qu'il y a des sabres cachés dessous.

- C'est étrange comme réponse pour un vendeur, assure Robin.

L'homme sourit.

- Vous êtes à la hauteur de votre réputation. Je n'ose pas vous annoncer le prix de ce que vous allez m'acheter, j'aurai peur de récupérer de l'or volé je ne sais où.

D'un geste franc et viril, Zoro pose sur le comptoir une bourse pleine. Il relève la tête pour croiser le regard du vendeur. Il lui offre un petit sourire en coin, celui du genre carnassier qui dissuade n'importe quel idiot d'approcher.

- Ça, c'est de l'argent propre. Certains anciens pirates ont des amitiés bien placées.

Il fait demi-tour et se dirige vers la sortie. Robin sourit et ajoute :

- Si vous estimez qu'il y a trop, gardez la monnaie pour offrir des cafés à d'autres éventuels visiteurs…

Elle se tourne vers son compère et s'accroche à son bras pour sortir de la boutique. Dehors, le brouillard est toujours aussi épais au-dessus de leurs têtes. Ils avancent en silence pendant quelques mètres.

- Étrange personnage, souffle Robin au bout d'un moment.

- Étrange mais honnête, souligne Zoro.

Ils se demandent s'ils doivent rester méfiants. Ils marchent en silence pendant deux kilomètres. Puis, ils oublient leurs interrogations. La baie gelée indiquée par le vendeur est à couper le souffle.

...

Comme un creux grisâtre dans un paysage entièrement blanc, la baie est en forme de croissant de lune, comme si la mer avait jadis cherché à dévorer l'île. À présent, l'intégralité de l'arc de cercle est recouverte d'une glace rendue grise par la profondeur de la mer. Tout autour, la roche se découpe, blanche de neige, griffant la glace de quelques rochers sombres. Tout est lisse, le vent semble ne jamais avoir accès à cet endroit. Le silence est absolu. Ici, pas de ressac, pas de brise. Juste la neige, le brouillard et le silence. Zoro fronce les sourcils. Au loin, un petit point noir se dessine. Il tapote l'épaule de Robin et lui indique la direction d'un index frigorifié. La jeune femme approuve. Il y a quelque chose en bas, au pied de la glace. Leur curiosité prend le pas sur leur méfiance. Ils se mettent en route.

Ils longent un instant la falaise, tentant de s'approche de ce qui ressemble à un bateau, en contrebas. Toujours aussi émerveillés par le paysage, ils sont obligés de s'arrêter lorsque, soudain, un rayon de soleil perce le brouillard ambiant.

- C'est magnifique ! souffle Robin. Regarde comme la glace scintille.

- Ça me fait mal aux yeux.

- Oh, Zoro, tu n'as aucun sens artistique.

- Désolé.

Ils poursuivent leur marche. Soudain, ils s'arrêtent. Ils ont entendu des voix, en bas. Des voix graves d'hommes, des voix sombres. Ils reprennent leur marche, ils approchent. Et soudain, ils le voient.

C'est un grand navire. Ils l'ont connu, il y a déjà bien longtemps. Ils connaissent ce pavillon par cœur. Une flotte fidèle, au-delà de la mort. Robin et Zoro ont presque envie de pleurer devant le sourire indéfectible de la figure de proue. Mais il fait trop froid, leurs yeux sont secs.

Le Going-Luffy semble les appeler de loin.

Ils descendent la falaise en se faisant les plus discrets possible, glissant silencieusement sur une ancienne cascade gelée. Arrivés en bas, sur la baie glacée, Robin et Zoro se tournent pour regarder le chemin parcouru. Ils veulent se détourner pour continuer leur avancée mais leur regard est happé par un phénomène étrange. Un étonnant nuage blanc se déplace dans le ciel au-dessus d'eux. Et soudain, ce nuage tombe. Ni Zoro ni Robin n'émettent un cri, pas même un sursaut. Un épais brouillard les dévore et les dissimule dans ce paysage de neige. Robin se tourne vers son compère. Ils se distinguent à peine alors qu'ils sont à quelques mètres l'un de l'autre. Zoro fait un pas en avant. Il ferme les yeux, il sait par où aller. Il tend sa main, Robin glisse ses doigts entre les siens et ils se mettent à avancer.

- Le temps est étrangement changeant sur cette île.

- C'est le Nouveau Monde, Robin.

À petits pas, ils arrivent au pied du navire à la figure de proue originale. Ils se mettent à sourire. Depuis leur position, ils entendent les hommes discuter sur le pont. Robin fait apparaître quelques mains pour aider son compagnon à grimper à bord.

Leurs talons claquent sur le plancher.

- Capitaine ?! C'est vous ?

- Qu'est-ce que tu racontes, idiot ! Il n'y a que toi et moi sur le pont ! Le capitaine est à l'intérieur, tu crois quoi ! Il fait beaucoup trop froid pour lui, ici !

- Mais… Alors, c'est quoi ces bruits de pas ?!

Dans le brouillard ambiant, deux silhouettes s'avancent. Pris de panique, les deux hommes de garde se ruent à l'intérieur de leur navire en hurlant le nom de leur capitaine. Entendant ce prénom, Robin et Zoro ne peuvent s'empêcher de sourire.

- Et quoi alors ?! hurle quelqu'un à l'intérieur. Fermez la porte, les gars ! C'est qu'il caille ici !

- Mais ca-ca-ca-capitaine ! Il-il-il y a des fantômes ici !

- Des fantômes ? Hiaahahahahaa ! N'importe quoi, retournez surveiller.

- Mais on vous jure capitaine !

- Oui, oui !

Dans l'encadrement de la porte, deux silhouettes s'arrêtent. À moitié dans le brouillard, ils regardent l'intérieur, immobiles.

- Kyyyaaaaaaa ! hurle le capitaine. Vous aviez raison !

Les hommes présents à l'intérieur lèvent leurs pistolets.

- Baissez les armes, gronde Zoro. Je n'aimerai pas avoir à sévir.

Impressionnés par la sévérité de l'homme, les pirates baissent les canons de leurs armes. Robin sourit imperceptiblement. Son compagnon de route a toujours cette aura meurtrière autour de lui, celle qui dissuade n'importe quel homme sensé de s'en prendre à lui. Le capitaine qui était affalé sur une chaise se lève d'un bon et s'approche de deux nouveaux venus, l'auriculaire dans la narine.

- Kesssske vous faîtes là, vous ? On vous a pas invité que je sache !

- En effet, affirme Zoro. Mais, on se considère un peu chez nous, ici.

À ces mots, le capitaine recule un peu, les yeux plissés dans une attitude de réflexion. Cette voix lui dit quelque chose mais qui ? Où ? Quand ? Il sait qu'il a bonne mémoire, ça va lui revenir. Il n'y prête pas attention.

- Mwhé mwhé mwhé, vous savez où vous êtes là ?!

- Bien sûr. Sinon, ne serait pas entrés.

- Mais il est vrai qu'on aurait pu s'annoncer.

La voix sortant de la seconde silhouette est une voix de femme.

- Excuse nous, Bartolomeo.

Le dénommé ouvre deux grands yeux ronds et se laisse tomber sur les fesses. Cette voix là, impossible de s'y tromper, il la reconnaîtrait parmi mille. Il s'agit de la douce voix mielleuse de la délicieuse et irrésistible…

- Robin-sempai…

L'intéressée se met à rire.

- Et bien, tu en as mis du temps, ma petite crête de coq adorée !

- Robin-sembaaiiiii ! hurle le pirate en se jetant dans les bras de l'archéologue.

Il pleure, il bave, il est tellement heureux. Ses hommes l'accompagnent jusqu'à ce que, l'un d'entre, un petit gringalet avec les dents en avant et les cheveux lui bloquant la vue, demande :

- Mais, si Robin-sempai est ici, où sont les autres ?

- C'est vrai ça ! s'exclame la capitaine. Où s…

- Ils sont morts, Barto.

Lentement, le pirate se tourne vers la seconde silhouette. Forte, épaisse, ni trop grande, ni trop petite, Bartolomeo n'a pas besoin de vérifier à la ceinture de l'homme. Il sait qui il a devant lui. Et il comprend les paroles amères du bretteur.

- Zoro-sempai… Luffy-sempai et les autres sont…

- Tu as lu les journaux, non ? Nous sommes morts. Point final.

- Mais pourtant vous êtes là ! Tous les deux ! Où sont les autres ?! Si c'est une blague, elle est de très mauvais goût !

- Ce n'est pas une bl…

- Calme-toi Zoro ! gronde Robin. Retire ton manteau et assied-toi. Qu'on lui serve du rhum !

- Tout de suite !

- Et un café pour moi, s'il vous plait.

- J'arrive !

Zoro retire sa veste et son bonnet. Bartolomeo se met à pleurer, c'est bien le plus grand bretteur du monde qui est face à lui. Robin retire son écharpe, son manteau, ses gants et son bonnet tout en expliquant :

- Aux yeux de la Marine, nous sommes morts. Akainu nous a attaqués avec notre équipage et, par un hasard inexplicable, Zoro et moi-même avons échappé à l'extermination de notre navire. Mais, aux yeux du monde et pour notre sécurité, nous sommes morts. Alors, navrée Bartolomeo… Mais, notre capitaine ne reviendra pas.

Le capitaine du Barto Club éclate en sanglot. Il pleure à chaude larmes pendant au moins une demi-heure, incapable de se calmer même après trois boîtes de mouchoirs et tous ses doudous pour le consoler. En triturant la peluche à son effigie, Zoro s'approche de Robin. Les deux anciens pirates échangent un long regard.

La dernière fois qu'il y a eu autant de larmes, il y a eu un incident après.

Robin a un petit sourire. Du dessus de l'index, elle caresse la joue rêche et froide de Zoro. Il baisse le regard vers elle. Il souffle par le nez. C'était obligé que la réaction de Bartolomeo soit aussi exagérée. Mais là, il n'y aura pas d'incident. Du bout des lèvres, Zoro embrasse le doigt de l'archéologue avant de s'approcher du capitaine pirate. Un homme lui tend une chope de rhum, il en boit une longue gorgée.

- Hé, Barto, ça va allez mon vieux ?

- Gouah, pardon Zoro-sempai. C'est juste que je suis trop content de vous revoir ! Je sais pas comment m'exprimer, alors, je pleure ! Mais ça va super hein, promis.

Il essuie ses joues mouillées contre sa manche alors que Zoro s'enfile la moitié de sa choppe en rejoignant sa place. Robin le regarde revenir vers avec un tendre sourire aux lèvres. La voyant ainsi, Bartolomeo fond à nouveau.

- Robin-sempai, tu es si beeeeelle !

Il ouvre grand les bras, prêt à se jeter sur elle. Mais il est retenu sur place par un fourreau de sabre dans l'encolure de son tee-shirt.

- Zo… Zoro-sempai ?! Oh, pardon, je ne voulais pas bousculer votre camarade. Est-ce que vous restez un peu avec nous ?

- Oui, Bartolomeo, déclare Robin. Seulement si vous promettez tous de ne rien dire à personne.

- Promis, juré, craché ! s'écrient les pirates en faisant une croix à l'aide de leur index sur leur poitrine.

Zoro soupire. Une belle brochette d'idiot, voilà ce qu'ils sont.

...

Durant des heures, Bartolomeo discute avec ses amis, leur racontant ses mésaventures à renfort de grands gestes et de longs détails inutiles. Robin et Zoro l'écoutent, souriant, riant parfois, s'amusant beaucoup. Ils regardent les pirates qui s'esclaffent. Malgré les faibles températures, la plupart d'entre eux sont en marcel et en bermuda, levant des choppes pleines d'alcool. Robin a terminé son café et a demandé un cocktail maison. Elle se souvenait que le cuisinier de bord était très doué. Assis à côté d'elle, Zoro semble s'amuser aussi. Robin sourit. Cela fait bien longtemps qu'elle ne l'a pas vu si détendu. Elle profite même d'une chorégraphie improvisée sur une parodie de Binks no sake à la Barto pour s'approcher du bretteur. Glissant son nez contre son oreille, elle demande :

- Tout va bien, Zoro ?

- Je gagne quelques minutes précieuses de vie, Robin, répond l'intéressé en tournant doucement la tête.

Leurs nez se frôlent. Robin sent son estomac jouer au yoyo. Elle ferme les yeux. Quelle est donc cette sensation ?! Elle a envie d'approfondir, de chercher plus loin en elle afin de trouver la réponse à sa question mais elle n'en a pas le temps. Soudainement, Bartolomeo éclate à nouveau en sanglot. De surprise, les deux anciens pirates s'éloignent l'un de l'autre et se tournent vers leur ami. Les yeux mouillés de larmes, il les regarde et s'exclame :

- Pardon ! Je ne savais pas que vous étiez amoureux ! Paaardoooon…

Zoro soupire en levant les yeux au ciel.

- Nous ne sommes pas amoureux ! réplique Robin avec force. Pas le moins du monde !

L'archéologue a répondu par automatisme. Posant une main sur son bas ventre, elle se demande si, véritablement, elle n'aurait pas, elle aussi, des sentiments pour Zoro. Le bretteur lui, éclate de rire.

- Tu changes pas d'un poil, Barto ! Arrête tes idioties et viens trinquer avec nous tant qu'on est encore vivant !

- J'arrive !

Le reste de la journée n'est qu'une succession d'éclats de rire, de souvenirs et de larmes. Dehors, le brouillard opaque les garde bien loin du reste du monde.

Loin, mais tout de même assez proche…

Zoro le sent arriver avant qu'il ne s'annonce. Il se redresse, la main posée sur son fourreau. Aussitôt, Robin se tend, croisant les mains devant sa poitrine, prête à exterminer la première chose qui bougera. Autour d'eux, les pirates ne s'en formalisent pas. Ils poursuivent la fête. Zoro se penche vers Robin et lui fait un signe de tête.

En une minute, ils ont remis manteaux, gants et bonnets, écharpes, pèlerine et capuche.

Et soudain, une voix grave dans un mégaphone se fait entendre :

- Pirate Bartolomeo, vous et vos hommes, rendez-vous !

Le temps se fige une seconde. Robin et Zoro s'avancent à pas lourds vers la porte de sortie.

- Zoro-sempai ?

- Chut, Barto. Nous sommes morts, pigés ?

- Mais… Robin-sempai ?!

- Pas un mot, petit coq.

Zoro ouvre la porte. L'air glacial entre dans le navire, faisant grelotter les pirates. Robin passe devant son compère. Le bretteur se tourne vers Bartolomeo.

- Merci pour tout. Désolé encore de t'avoir surpris. J'espère, nous espérons, croiser à nouveau ta route. Et que ta choppe s'entrechoque encore avec la mienne, comme les frères d'armes que nous sommes.

Le pirate est à deux doigts de pleurer, encore. Mais il se retient, en se mordant la joue jusqu'au sang. Zoro remarque son effort. Robin passe sa tête dans l'entrebâillement de la porte.

- Avec ce brouillard, je ne vois pas grand-chose mais, il s'agit d'une petite escouade de la Marine arrivée par voie terrestre. Vous pouvez filer par la mer, ils ne sont pas nombreux, nous les retiendrons. Merci encore, Bartolomeo. La prochaine fois, ce sera moi qui vous servirai le café.

Elle sourit et disparaît.

Pour toujours.

Le sabreur tire sur sa capuche.

- Zoro-sempai ! On va vous soutenir. À nous tous, on éliminera tous ces Marines ! Et puis, on…

- Non, Barto. Non. Vous avez beaucoup donné pour protéger notre capitaine. Il est l'heure de rembourser nos dettes. Filez ! Robin et moi on s'occupe de tout.

- Mais !...

- Y'a pas de mais, Barto, tu te casses ! Il est temps pour nous de vous dire merci pour tout ce que vous avez fait pour nous, à Dressrosa et après.

Il fait un pas en avant et ajoute :

- La prochaine fois, on boira dans la même bouteille de sake, capitaine Bartolomeo.

Et il disparaît.

Pour toujours.

En deux gestes simples, Bartolomeo envoie ses hommes lever l'ancre et les voiles. En une petite minute, le Going Luffy s'ébroue dans le froid glacial de la fin de journée. Robin et Zoro marchent côte à côte sur la glace grise. Bartolomeo les observe depuis le pont de son navire. Il les regarde marcher du même pied, si sûrs d'eux. Le brouillard commence à se lever doucement, laissant glisser sur l'immense baie de glace des nuages blancs cotonneux. Le capitaine pirate distingue par moment les Marines, leurs fusils tirant au hasard dans la brume. Fermant les yeux, tournant le dos à l'île, Bartolomeo croise les doigts de ses deux mains.

Une immense barrière se forme, entre les deux fantômes et le Going Luffy.

Robin et Zoro se mettent à sourire. Bartolomeo a compris.

Et sans un bruit, le navire glisse sur les eaux du Nouveau Monde et disparaît, dévoré par le brouillard.

Il disparaît pour toujours.

- Bordel, les gars ! Ce crétin nous a encore échappé ! s'écrie un Marine à la voix grave et passablement énervée.

Robin et Zoro ne sourient plus. Ils l'avaient senti, cet homme.

- Demi-tour, on retourne au navire ! Avec un peu de chance on les prendra par la mer !

Sa voix est désespérée, il a raté son coup, c'est tout. Malgré ses canons, ses hommes et leurs fusils, il n'aura pas Bartolomeo aujourd'hui.

- Merde, ça m'agace ! Au navire et plus vite que ça, bande de poules mouillées !

- Du calme, Vice-Amiral, ce n'est pas de leur faute.

- Je sais mais ça m'énerve.

La brume se déchire une seconde. Suffisamment pour apercevoir le Vice-Amiral dans sa tenue blanche et sa seconde à ses côtés.

La surprise. Le brouillard se referme. Il joue. Le Vice-Amiral fronce les sourcils. Ça lui rappelle de drôles de souvenirs.

Il les ressent avant de les voir clairement. Deux silhouettes enroulées dans des pèlerines sombres.

Les mêmes que la dernière fois sur l'Océan.

- Comme on se retrouve, Smoker, gronde un homme au sourire carnassier.

L'interpellé coince un cigare entre ses lèvres qu'il allume d'un geste habile. Et le brouillard se lève dans un cercle autour de lui. Un coup de vent soulève les capuches des deux individus, ne laissant aucune place au doute.

- Roronoa Zoro, Nico Robin… Que font deux morts parmi les vivants ?


NdZ Avis aux personnes qui m'avaient proposé de revoir Barto, j'espère que vous êtes contentes. Pour tout vous dire, quand je vous avais posé la question, il y a bien longtemps maintenant, je savais pertinemment qui j'allais faire apparaître. Voilà donc Barto et son équipage. Et la semaine prochaine, vous aurez droit au retour de Smoker.

Et pour les reviews, c'est juste dessous :)