Bonjour, bonsoir & bienvenue !

Houla ! J'ai faillit vous oublier dis donc ! Bien. Dernier chapitre de cette fic. Et oui. C'est la fin. Merci beaucoup à tous d'être venus, merci d'être restés jusqu'au bout. Je vous aime tous.

On est revenus en arrière. Mais que va-t-il se passer ?!

Comme toujours, les personnages ne sont pas de moi.

Enjoy ;)


~ L'Auberge du temps qui passe ~

~ chapitre trente-deuxième ~

renouveau

...

Les pirates au chapeau de paille font la bringue. Ils attaquent des navires pirates et parfois, par inadvertance, des navires de la Marine. Ils traversent des îles, ils boivent à la santé des morts et des vivants. Ils sont les maîtres du monde.

À bord du navire, l'ambiance est toujours la même. Électrique, entre le cuisinier et le bretteur, calme à la vigie ou à la bibliothèque, animée à la cuisine, réfléchie en sous-sol, reposante au salon, ronflante dans les chambres, joyeuse sur les ponts… Et parmi les membres vivant sur ce petit navire, il y en a deux. Un homme, une femme. Deux membres qui semblent constamment en décalage. Comme s'ils n'étaient pas vraiment là. D'extérieur, ces deux là gardent leur façade neutre et inviolable. Mais derrière le vernis calme et placide, il y a un flot de questions inavouables et sans réponses.

Un soir, les pirates s'arrêtent auprès d'une île très animée. Une fête locale est en train d'avoir lieu et les pirates s'y glissent sans problème. Au programme, fête foraine, manèges, feu d'artifice et bal populaire sur la place du village. Luffy et ses compagnons s'amusent comme des petits fous. Et, naturellement, Zoro s'égare. Évidemment, l'idiot ne s'en rend compte qu'une fois face à un cul de sac. À cet instant précis, il se dit qu'il est dans la merde. Alors, il se retourne. Et tombe face à Robin.

Silence.

- Tiens ? s'étonne soudainement Zoro. Tu t'es perdue ?!

Soupir.

- Non, je suis venue te chercher.

- Ah ?!

- Oui. Luffy m'a envoyé à ta recherche, malgré les protestations de Sanji. Tu imagines bien. Tu viens ?!

- J'te suis.

C'est innocent, c'est trois fois rien. Mais ça les perturbe, ça les titille. Ils se regardent en coin en se demandant pourquoi. Pourquoi lui, pourquoi elle ?!

Une fois, sur le navire, un incident force Zoro à faire la vaisselle. Trois fois rien en somme. Une montagne de problème si l'on considère le fait que Robin a profité de cet instant de solitude en cuisine du bretteur pour aller se faire un café. Il n'y eut que du silence, aucun regard en coin, juste un homme faisant la vaisselle et une femme venant prendre un café. Ce n'est presque rien.

Mais cette situation, cette proximité, cette situation anodine, ils ont la vague sensation de l'avoir déjà vécue.

Des milliers de fois.

Puis, le café est prêt, Robin repart, Zoro termine sa vaisselle.

Un jour de plein hiver, les pirates sont pris dans une tempête de neige, au beau milieu d'un combat contre la Marine. Le brouillard tombe soudainement, une purée de pois à couper au couteau. Les pirates ne voient plus à deux mètres. Et dans ce décor apocalyptique, Robin et Zoro s'arrêtent, attendant quelque chose. Ils regardent autour d'eux mais ils ne trouvent plus rien que du blanc. Et puis, en cherchant à tâtons, ils se retrouvent face à face. Autour d'eux, il y a des cris. Ceux des pirates égarés et des Marines qui cherchent à retrouver leur chef. Tout est bourdonnant dans ce grand paysage blanc. Mais ils n'entendent rien, ils ont le regard plongé dans celui de l'autre. Quelque chose bouillonne dans leur ventre, quelque chose d'étrange, qu'ils ne connaissent pas. Ou plutôt, qu'ils connaissent mais qu'ils ne veulent pas admettre. Zoro s'approche, Robin l'imite. En deux pas, ils sont face à face. Ils se regardent, ils s'observent, ils s'épient. La jeune femme soupire. Quelle est cette sensation ?!

Et puis, un jour, ils croisent le navire des Cujas.

Et là… Là, c'est le drame.

Évidemment, Hancock en fait tout un plat, louant son Luffy adoré dans de longs monologues larmoyants, s'extasiant qu'elle ne pensait pas le croiser ici, qu'elle en pleure de joie. Des larmes, des larmes et encore des larmes. Et sans savoir pourquoi, Robin et Zoro, chacun de leur côté, se sentent très mal à l'aise. S'en est tellement insupportable qu'ils se détournent du navire. Et leurs regards se croisent. Ils ont la même détresse au fond des yeux. D'où cela vient-il ?

Soudain, Hancock déclare :

- Oh Luffy, mon Luffy. L'autre nuit, c'était affreux. A-ffreux ! J'ai rêvé… oh mon dieu, je défaille… J'ai rêvé que toi et tes compagnons étaient… m-m-mmm… MORTS ! Tu étais mort, Luffy ! Une horreur ! Mais tout cela n'était qu'un rêve, je suis soulagée de te voir. Nous partagerions bien notre repas avec vous tous, pas vrai les filles ?!

Des cris de joies se font entendre, de chaque navire. Seuls Robin et Zoro ne partagent pas cette joie. Pourquoi ? D'où est-ce que ça vient ?

La main sur le ventre, ils ne peuvent rien avaler. Ils rient avec les autres, ils boivent un peu mais ils ne sont pas vraiment là.

Alors… Où sont-ils ?

N'y tenant plus, Robin s'éclipse, prétextant d'aller aux toilettes. Personne ne note que le bretteur la suit discrètement.

- Robin attend !

La jeune femme se retourne vers son compagnon, l'air étonné.

- Robin, qu'est-ce qu'il se passe ?!

- Et bien, je vais juste aux toilettes !

- Me prends pas pour un bleu ! Qu'est-ce qui ne va pas ?

L'archéologue hésite un instant.

- Je ne sais pas, Zoro. J'ai un nœud au ventre.

- Pareil. Mais pourquoi ?

- Si je le savais, je te le dirai, Zoro. Bien, je peux aller aux toilettes à présent ?!

Le bretteur lui bloque la route, les sourcils froncés.

- Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ça ne me plait pas.

Il se redresse, laissant le passage libre pour la jeune femme. Elle dépasse le bretteur, un peu étonnée de son attitude. Et Zoro, lui, ressent comme un violent coup au ventre lorsque la jeune femme passe à ses côtés. Il se retourne et l'observe, continuant sa route, ses longs cheveux bruns glissant en cascade sur ses épaules. À cet instant là, il se dit qu'elle est belle. Vraiment belle…

Et il se dit que ce n'est pas bon.

Le temps suit sa route.

Un soir, alors que Robin lit tranquillement à la bibliothèque, elle redresse soudainement le nez de son livre. Autour d'elle, tout est calme. Trop calme. Elle fronce les sourcils, quelque chose ne va pas. Lentement, elle pose son livre sur le meuble et se lève sans un bruit. Quelque chose ne va pas. Et elle sait exactement où aller.

Elle traverse le navire à l'aveugle. Elle le connait si bien qu'elle s'y orienterait les yeux fermés. Pourtant, à chaque pas effectués, elle a comme la sensation de marcher sur le plancher d'un autre navire. Elle se dirige sans problème jusqu'à l'échelle de corde et grimpe à la vigie, aussi silencieuse qu'un chat. Lorsqu'elle ouvre la porte, elle tombe sur un spectacle étonnant.

Zoro, allongé au milieu de la pièce, sous ses barres de tractions, est en train de parcourir un livre, un infime sourire aux lèvres. Robin se redresse et entre complètement dans la pièce. Elle s'approche de Zoro et demande :

- Qu'est-ce que c'est que ce livre ?!

Le bretteur le tourne dans sa direction et déclare :

- "Le Bushido des îles Hermines"… Mihawk l'a dans sa bibliothèque personnelle. L'autre jour, dans un petit village, je l'ai retrouvé. J'suis content de le relire.

Robin sourit et s'allonge à côté de lui, le ventre sur le plancher froid. Elle lit par-dessus son épaule. Certains passages l'interpellent. Elle se demande où elle a pu les lire.

- Parle-moi de ce bouquin.

- Ce livre a deux histoires, souffle Zoro.

Robin sursaute. L'air calme et nostalgique de son camarade, elle ne le connait pas.

- La première, c'est la mienne. Quand je suis arrivé à Lugubra, ce livre servait de cale à ma table de chevet. Il était planqué sous une couche de poussière absolument phénoménale ! J'ai faillit ne jamais le découvrir. Un soir, j'avais fait tomber au sol mon ustensile de nettoyage. À l'aveugle, je le cherchais. Je suis tombé sur lui. J'ai passé la nuit à le lire. Un bien bel ouvrage…

Il sourit…

- Un bien bel ouvrage, ouais.

Lentement, il laisse son livre glisser au sol et lève son regard vers Robin.

- C'est étrange, Robin. J'ai l'impression d'avoir déjà vécu cette conversation.

- En effet… J'ai la même sensation. Je pourrais presque croire que tu vas me parler de la leçon 23…

- "De l'art"… commence Zoro.

- "De trancher le roc", termine Robin.

- Exactement, "de l'art de trancher le roc"… Mihawk et moi avions une vision très différente.

- Je me souviens, c'est limpide. Tu m'en as déjà parlé de ce livre !

- Comment est-ce possible ?! Je l'ai acheté il n'y a que quelques jours !

Robin secoue négativement la tête.

- Je ne sais pas, Zoro… Je ne sais pas…

Ils ne se regardent pas. D'où vient cette étrange sensation de déjà-vu ?

Quelques jours après cet incident, Zoro se retrouve dans la salle de bain avec Luffy, endormi contre la baignoire, sa brosse à dent dans la bouche.

- Punaise, Luffy ! grogne le bretteur. Si t'es pas réveillé, tu ne te lèves pas, quoi !

- Gnééé ?! Uchopp a fait péter le navire ?!

- Mais non ! Qu'est-ce que tu me chies ! Brosse-toi les dents et laisse-moi tranquille !

- Oh, Joro, ch'est toi ?!

- Et parle pas la bouche pleine ! Tu mets du dentifrice partout !

- Pargon…

Le capitaine se précipite au lavabo, crache, se rince la bouche, rince sa brosse, essuie le tout et lance sa brosse dans le verre prévu à cet effet. Zoro grogne un peu mais laisse faire son idiot de capitaine. Avant de sortir, Luffy s'exclame :

- Oh, Zoro ?! J'ai besoin de ton avis.

Étonné, le bretteur arque un sourcil. Il crache dans le lavabo et déclare :

- Depuis quand tu me demandes mon avis, toi !

- Parce que… en fait, je sais pas trop quoi faire. Tu m'écoutes ?!

- Oui, oui, je t'écoute, grogne le sabreur en se lavant le visage.

- Je vais devoir faire des groupes pour aller sur l'île, faire les provisions. Tu sais, j'en ai marre que se soit toujours Nami qui décide.

Il fait la moue et poursuit :

- Du coup, est-ce que ça te dérange si je t'envoie avec Robin ?!

Soudainement, le bretteur a la tête qui tourne, des images défilent par milliers sous son crâne. Il perd pied, sans raison. Sa respiration s'accélère, la sueur perle à son front. Mais que se passe-t-il ?

- Zoro ?! Euh… ça va ?! demande Luffy en penchant la tête.

- Ouais… Ouais, t'inquiète.

- Il te plait pas mon programme ?!

- Nan… C'est pas ça. Ton programme est très bien.

- Est-ce que c'est Robin qui te met dans cet état ?!

Le regard dans le vague, Zoro n'est plus vraiment là. Il souffle rudement et soudain, il murmure :

- Restez en vie…

Le bretteur est perdu. Comme s'il était entre deux temporalités. Il se tourne vers le brun et lui offre un léger sourire.

- Je crois que j'ai tenu parole, capitaine.

Il n'arrive pas à se souvenir mais il est sûr d'une chose. Il est resté en vie.

Comme prévu, Zoro se retrouve avec Robin l'après-midi pour aller chercher quelques provisions sur l'île à laquelle les pirates sont arrêtés. Ils sont silencieux, parcourant les ruelles désertes sous le soleil de plomb de cette journée. Robin regarde la liste, Zoro se contente de suivre. Il tente, en vain, de remettre ses idées en place. Mais l'archéologue est présente dans chaque recoin de son crâne, quoi qu'il fasse. Pourquoi elle ? Que lui a fait cette femme ?!

- Zoro ? On entre dans cette boutique là ?!

Le bretteur relève la tête. Il regarde Robin. Elle est étonnement sereine. A-t-elle vécu la même chose que lui ?

- Ouais, ouais, ça me semble cool. Avance, j'te suis.

- Tu pourras porter quelques sacs ?

- Je suis là pour ça, non ?!

- Non, Zoro. Tu es là pour m'accompagner et pour…

Robin s'arrête en plein milieu de sa phrase, comme si elle hésitait. Ou plutôt, comme si elle ne savait pas comment finir sa phrase. Zoro pose sa main sur son épaule et lui offre un maigre sourire.

- Entre. Je suis juste derrière toi.

Robin est saisie par ce regard. Profond, froid mais étrangement familier. Elle approuve de la tête et s'engouffre dans le magasin.

Lorsqu'ils retrouvent leur navire, en début de soirée, ils ont les bras chargés de paquets et une drôle de lueur dans le fond des prunelles. Quelque chose que personne à bord ne décèle.

Le Sunny reste à quai quelques jours. Puis, il reprend la mer, son éternel sourire sur son visage de bois peint. Sans doute que lui, il sait.

Les jours passent, les semaines s'écoulent, les mois défilent. D'abord deux, trois. Puis, quatre, six… Huit.

Un soir, que la lune n'est qu'un croissant dans un ciel constellé d'étoiles, Zoro se dit qu'il a soif. Il est à la vigie. Et il ne se perd plus depuis longtemps pour aller à la cuisine. D'un geste franc et sûr de lui, il ouvre la trappe.

Il tombe nez à nez avec l'archéologue.

Pendant une seconde, ils ne se disent rien. Puis, Robin sourit doucement.

- Une petite soif ?!

- On dirait que tu me connais bien.

- Avec le temps, Zoro, j'ai appris beaucoup de choses à ton sujet. Tiens ! J'ai déniché ça, par hasard, dans la réserve d'alcool de Sanji.

Elle lui tend une bouteille aux reflets dorés que Zoro accepte avec grâce, tendant la main à l'archéologue pour l'aider à monter. Elle n'en a pas besoin, il le sait. Pourtant, elle accepte son aide. Il sourit en refermant la porte de la vigie derrière la jeune femme.

- Tu n'as rien pris pour toi ?!

- Pourquoi ? interroge Robin en haussant les épaules. J'ai cru t'avoir vu monter l'autre jour l'ancienne cafetière du Merry. Je me trompe ?!

- Pas du tout ! réplique le bretteur en sortant la fameuse cafetière. Corsé ?

- Le café ?

- Naaaaan. Mon pantalon !

L'historienne émet un hoquet de surprise puis, elle éclate de rire.

- Est-ce que tu es sérieux, Zoro ?

Il débouche la bouteille avec ses dents et en avale une grande goulée. Puis, il serre le café à Robin et s'assied sur la banquette à ses côtés.

- Je ne sais pas, Robin, soupire-t-il. Je ne sais pas si c'est un rêve, mais, des fois, j'ai l'impression d'avoir vécu des tas de trucs avec toi.

- Ah oui ? Des tas de trucs comme quoi ?

- Des aventures ! Je sais pas exactement quoi mais… Des trucs quoi !

- Haha, je vois. Et… dans ces "rêves" nous sommes que… tous les deux ?

Zoro se tourne vers Robin et fronce les sourcils.

- Tu fais les mêmes rêves, n'est-ce pas ?

- Je te vois venir, toi ! Non, je n'ai pas de vues sur toi et…

- Je te parle pas de ça ! Je suis sérieux. Robin, je ne sais pas si c'est possible mais…

Il soupire.

- On a déjà vécu ça, souffle Robin, les yeux dans le vague.

Elle tourne la tête vers lui et le regard dans le fond des yeux. Dans le fond de l'âme. Zoro s'approche d'elle et caresse sa joue du revers de la main.

- Je ne sais pas, murmure-t-il. Je ne sais plus faire la différence entre mon imagination, d'éventuels souvenirs et mes sentiments.

- Tes… sentiments ? demande Robin sentant affluer en elle des émotions contradictoires.

Zoro s'éloigne en se frottant la nuque.

- J'aurai aimé te le dire autrement. Mais, tu me connais. Je suis pas doué pour les mots.

Le bretteur se lève, déambulant dans la vigie tandis que l'historienne ferme les yeux, en proie à des images issues d'un passé qu'elle ne saisit pas. Soudainement, sans trop savoir pourquoi, elle se redresse un peu et murmure :

- Moi aussi, Zoro…

Le bretteur s'arrête, tourne la tête vers elle, ouvre la bouche pour parler mais la referme. Le regard perdu dans le noir de la nuit, il fronce imperceptiblement un sourcil et déclare :

- Robin, réveille les autres. On nous suit.

L'archéologue se lève en un bond, croisant les bras sur sa poitrine.

- Loin ? Qui ?

- Je ne sais pas, souffle le bretteur dans le dos de l'historienne. Mais, moi vivant, ils ne nous auront pas.

Robin sourit doucement. Ce "nous" ne désignait en rien leur capitaine et leurs compagnons.

Le Sunny file sur les flots du Nouveau Monde. Les pirates à son bord continuent de lutter pour leurs idéaux bien acquis. Robin et Zoro, dans leurs coins, songent encore et toujours à ces souvenirs qu'ils n'arrivent pas à placer sur la frise de leur vie. Ils se rapprochent l'un de l'autre, toujours plus, inexorablement.

Et un jour, ils arrivent sur une île.

Une île aux belles habitations.

Mais une île déserte.

S'égarant au hasard des rues, les pirates tombent sur un étrange bâtiment.

Cette île déserte est uniforme.

À l'exception d'un bâtiment.

"L'Auberge du temps qui passe".

- C'est quoi ce truc ?!

- Oula, Luffy, t'approches pas, c'est moche !

- Et alors ? Sanji, c'est pas parce qu'un bâtiment n'est pas beau qu'il ne faut pas s'en approcher. Mais j'avoue, Luffy, c'est pas très prudent. On devrait retourner dans ce bâtiment plus haut qui avait un grand lit trampoline !

- Oh oui, Luffy ! Usopp a raison ! Retournons au lit trampoline !

- Aaaah, Usopp ! S'il te plait, arrête d'embarquer Chopper et Luffy dans tes délires !

- Je comprends ton sentiment, jolie Nami. Mais, avoue que ce lit était top.

- Pfff, Brook ! T'étais le premier à voler ! Et d'ailleurs, tu volais suuuuuper bien, mon pote !

Robin et Zoro ne disent rien. Ce bâtiment leur rappelle quelque chose. C'est un vague souvenir, comme une réminiscence venue de loin. Pas comme un souvenir d'enfance, lointain, vague, flou. Ce sentiment d'être déjà venu ici bat dans leur poitrine.

Attiré par le lit trampoline, Luffy entraine ses compagnons à l'écart de l'Auberge étrange. Le bretteur et l'archéologue restent à la traîne. Sanji prépare un dîner frugal et végétal dans une maison inhabitée et les pirates s'endorment à même les lits froids et vides de l'habitation.

Mais, une fois que tout le monde est endormi, Robin sort. Quelques minutes plus tard, Zoro se réveille, baille et sort à son tour.

Le bretteur marche dans la nuit. Au-dessus de lui, la lune est pleine. On dirait presque qu'elle le nargue de son œil blafard. Zoro l'ignore et se promène. Il ne sait pas où il va. Son cerveau ne le sait pas. Mais ses pieds, eux, savent parfaitement où ils vont. Au détour d'une rue, le bretteur s'arrête et revient sur ses pas, prenant une ruelle sombre. Ne s'inquiétant pas de sa situation, Zoro continue de marcher, les mains dans les poches, le nez levé. Soudain, il s'arrête. Et il tourne la tête vers la gauche.

Là, un bâtiment. Comme tous les autres autours. Sauf que celui-ci a la porte entrouverte. Et par l'entrebâillement, il distingue une lumière douce. Sans se poser de question, Zoro entre.

En face de lui, il y a un grand escalier couvert d'une moquette rouge. Et partout, cette lumière tamisée qui enroule le bretteur d'une étrange familiarité. Zoro grimpe vers les étages. Sa tête est vide mais, petit à petit, ses sensations font remonter à la surface des souvenirs d'un autre temps. Le bruit de ses pas, l'odeur de la moquette, la vue de la lumière, le toucher… D'instinct, Zoro ferme le poing. Là, il manque quelque chose. Mais quoi ?

Arrivé au dernier étage, Zoro ne s'arrête même pas. Il pousse le battant de bois devant lui qui donne sur une chambre à la lumière basse.

Accoudée à une fenêtre ouverte, Robin regarde la nuit.

Le bretteur ferme la porte derrière lui et s'approche.

Robin se retourne alors que Zoro n'est qu'à quelques mètres d'elle. Le bretteur remarque tout de suite la larme qui roule sur sa joue droite. Lentement, il s'approche, l'essuie du pouce. Le toucher…

- Je me souviens, murmure la jeune femme en enlaçant Zoro.

- Moi aussi, je me souviens, souffle le bretteur en répondant à l'étreinte de Robin.

Ensuite, ils font ce dont ils se souviennent le mieux. Ils s'aiment. Entièrement. Sans doute aveuglément.

Comme la première fois après l'incident.

Les souvenirs refluent, doucement, par vagues. Ils revoient un bateau, ils ressentent la tristesse, ils se souviennent de visages. Mais ils n'arrivent pas à mettre les morceaux en place. Comme si le puzzle était incomplet. À l'aube, ils savent quelle est la pièce manquante.

L'Auberge du temps qui passe.

Dès qu'ils pénètrent dans le bâtiment, ils savent qu'ils sont arrivés au point de non retour. C'est là que tout à commencé… ou peut-être terminé… ou sans doute, recommencé.

Ils entrent dans l'Auberge et distinguent, tout autour d'eux, des objets sur des tas d'étagères. Comme la première fois. Au fond, ils distinguent un rideau, dissimulant certainement un escalier menant à l'étage. Et devant cet escalier, une chaise. Et sur cette chaise, un homme.

Comme la première fois.

- Et bien… Vous revoilà.

Le vieil homme se redresse. Il fume sa pipe et darde son regard sombre sur les deux pirates.

- Vous n'avez pas la même tête que la première fois, les jeunes.

- Nous nous souvenons, déclare Robin. Vous nous avez menti.

- C'est vrai, jeune femme. C'est vrai. Mais… Je dirai plutôt que je vous ai caché la vérité parce qu'elle n'est pas toujours exacte.

- Alors, vous saviez que nous retrouvions sans doute la mémoire ? interroge Zoro.

L'homme hausse les épaules et ne répond pas. Il se met à sourire. Les deux pirates se regardent.

- Qu'allez-vous faire désormais ? demande l'homme après un long silence.

Robin glisse ses doigts dans ceux de Zoro.

- Facile ! s'exclame-t-elle. Nous allons tenir notre promesse.

- Qui est ?!

- Rester en vie, déclare Zoro en serrant fortement la main de Robin dans la sienne.

Lorsque les pirates se réveillent ce jour là, personne ne se doute de rien. Robin est en train de lire un livre et Zoro ronfle comme un bébé. Personne ne soupçonne que, cette nuit, deux vies ont pris une tournure différente…

Et ces deux vies vont se suivre, s'imbriquer, se croiser, s'aimer pendant un temps sans fin…

Jusqu'au jour où…

C'est une journée pluvieuse. Luffy et son équipage partagent un moment de calme dans le salon du Sunny. Un calme précaire et imposé par le mauvais temps. Ce navire en a connu des galères mais garder son capitaine au sec et à l'intérieur, c'est sans doute l'expérience la plus difficile pour lui. Les pirates au chapeau de paille sont tous là, plus ou moins calme, plus ou moins boudeur, autour de la table et de quelques jeux. Soudain, entre deux tours de carte, Zoro se redresse sur sa chaise. C'est à son tour de jouer mais il est étrangement silencieux. D'un air sérieux, il regarde son jeu de carte, sortant une carte, la replaçant dans son jeu avant de faire la même chose avec une autre carte. Lorsqu'il a trouvé la bonne, il la sort de son jeu, souffle par le nez, réfléchit encore et puis la range. Il en prend une autre qu'il balance sur le tapis de carte. À ce moment là, le regard posé sur la carte qu'il vient de lancer, il déclare le plus calmement du monde :

- Vous savez les gars… Il y a trois ans, vous êtes morts.


NdZ Et là, vous vous dites "Bon sang, Zuzu ! Mais quelle fin de merde !" Ah ! Oui. Mais en fait non. Je l'ai dit à certains d'entre vous. Cette fic a un épilogue. Et ça, ça n'en est clairement pas un, n'est-ce pas ?! Alors, on se donne rendez-vous la semaine prochaine pour la vraie fin de cette fic. Mais bon, je vous avoue que j'aurai très bien pu finir comme ça, pas vrai ?! *Zuzu sort son bouclier en vibranium*

Et pour les reviews, c'est toujours dessous :)