Je crains que la suite ne soit pas plus réjouissante… pour l'instant !
Spéciale dédicace aux mousquetaires :
Paige0703, Jade181184, Nourann, Coljayjay, CoolMhouse et Val81
Et à tous ceux qui me lise en général
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Un matin, John arriva à la bibliothèque et Finch sentit immédiatement la tension qui émanait de lui. Particulièrement préoccupé depuis deux semaines, il n'avait cessé de réfléchir à leurs différences, ou présumées telles. A tout ce qui les séparait. A l'éventuelle menace constituée par son passé, même si a ce sujet Finch avait calmé ses inquiétudes d'une affirmation : près de lui il ne risquait rien ! Malgré cela il en était arrivé à la seule issue possible : s'il voulait que son compagnon s'épanouisse, s'il voulait le préserver, il devait mettre de la distance entre eux. Même si cette seule pensée lui était insupportable. Il voulait le meilleur pour lui.
Sa décision était prise. Cela n'avait pas été facile et il en souffrait, mais il devait le privilégier avant tout.
L'informaticien l'observa tandis qu'il faisait le tour de la pièce l'air indécis.
-« Vous êtes d'humeur bien sombre ce matin John. Quelque chose ne va pas ? » Demanda finalement Finch, inquiet. La veille, la mission s'était terminée tôt mais John ne l'avait pas rejoint dans leur repaire, il n'avait même pas évoqué leur soirée et l'informaticien avait fini par rentrer chez lui pensant qu'il voulait être un peu seul comme cela lui arrivait parfois. Mais depuis il avait un mauvais pressentiment.
-« J'ai quelque chose d'important à vous dire » finit par affirmer John après quelques minutes d'hésitation « Je crois que j'ai commis une erreur »
Finch sentit son sang se glacer à ces mots. Plus que jamais il redouta la suite.
-« Je pense que nous devons tout arrêter » murmura John sans oser lever les yeux vers son associé.
-« De quoi parlez-vous ? » demanda l'informaticien même si au fond de lui il savait déjà
-« De notre relation »
Finch ferma un instant les yeux, reflexe dérisoire comme s'il cherchait à chasser un mauvais rêve. Il se reprit très vite :
-« Nous devons ou vous souhaitez ? » l'interrogea t-il
-« C'est la même chose »
-« Oh non » répliqua Finch « c'est très différent au contraire ! Car c'est vous qui changeait d'avis John ! Moi je ne me suis pas trompé, je n'ai jamais confondu entre amitié et amour, je sais ce que je ressens ! »
-« Moi aussi… enfin je le croyais » murmura l'ex agent.
-« Que s'est-il passé ? Qu'est ce qui a changé ? » Interrogea l'informaticien. Il avait absolument besoin de comprendre ce brusque revirement.
-« Rien » Emit John en secouant la tête.
-« Il doit bien exister une raison ? Ai-je fait quelque chose de mal ? » Insista Finch.
-« Non. Vous n'avez rien fait de mal Harold »
John vit l'air perdu de son associé.
-« Je suis désolé » ajouta t-il, ne sachant plus quoi dire devant la douleur qu'il lisait dans le regard de son compagnon. L'informaticien ne répondit pas. Il semblait perdu dans ses pensées.
-« Finch ? Est ce que… » Commença John
-« Je regrette de vous avoir suivi » l'interrompit ce dernier « J'aurais du savoir que c'était trop beau pour être vrai, vous ne pouviez pas être sincère » soupira t-il.
-« Non ! Je l'étais ! » Protesta Reese.
-« Vous étiez trop bien pour moi » poursuivit Finch sans paraître remarquer son intervention.
-« C'est faux Finch ! Au contraire. C'est vous qui êtes trop bien pour moi, pour ce que j'étais… »
Finch lui lança un regard interdit.
-« Je n'ai jamais accordé d'importance à votre passé lorsque nous avons entamé cette histoire M Reese. Si cela avait été le cas j'étais libre de refuser »
-« Je sais. Mais je ne peux pas en faire abstraction »
-« Pourquoi ? Je l'ai bien fait moi ? »
Une pensée traversa l'esprit de Finch.
-« Est-ce en rapport avec l'affaire Benson ? » demanda t-il « Nous en avons parlé. Je n'ai pas peur John »
-« Non. Ca n'a rien à voir. Même si je redoute qu'un jour mon passé ne nous rattrape j'ai tourné la page »
-« Alors quoi d'autre ? » insista Finch.
-« C'est juste…nous sommes… trop différents. Je pense que nous ne pouvons pas être ensemble » affirma John sans vraiment trouvé les mots qu'il cherchait. Il ne voulait pas lui avouer ses craintes. Il hésitait, étonné par l'insistance de son associé. Il n'était jamais si démonstratif.
Le voyant muet, Finch trancha finalement :
-« Bien. Puisque vous souhaitez mettre fin à notre relation restons en là. J'espère que cela ne remettra pas en cause notre association. Voulez vous cessez aussi nos missions ? » Demanda t-il en s'efforçant de masquer son inquiétude.
-« Non. Non pas du tout. Je ne veux pas arrêter ce travail » affirma John « C'est tout ce que j'ai » songea t-il Et, placé devant le fait accompli, il réalisa qu'il avait bien plus seulement quelques minutes plus tôt mais qu'il venait de tout gâcher. Et brusquement, alors qu'il était si sur de sa décision, il la regrettait déjà ! Ce fut comme une brutale prise de conscience et il eut l'impression d'une chute vertigineuse vers le vide.
-« Très bien » répondit son associé « Dans ce cas je vous appellerais pour votre prochaine mission M Reese »
-« D'accord » murmura machinalement celui-ci. Il avait l'impression d'être congédié et, de ce fait, il voyait bien que Finch ne tenait plus à sa présence. Comme il ne bougeait pas, ce fut l'informaticien qui se détourna et il comprit que s'il ne partait pas, se serait lui qui s'en irait. Il pouvait deviner pourquoi, la tension dans la pièce était étouffante… « Il a besoin d'être seul » songea t-il. Cela aurait du être le cas pour lui aussi, pourtant c'était le contraire. Jamais il n'avait eu autant envie de le prendre dans ses bras, de le tenir contre lui. Il quitta la bibliothèque sans se retourner de peur de céder à son impulsion. Finch n'aurait pas compris…
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John passa l'après midi et une bonne partie de la soirée à arpenter les rues de la ville. Parfois il voulait faire demi-tour, retourner à la bibliothèque et demander à Finch d'oublier ses paroles. Puis il retrouvait ses doutes et se retenait d'y aller. Il ne savait plus très bien où il en était. Il ne restait déjà plus grand-chose de ces certitudes qui l'avaient poussé à agir quelques heures plus tôt. Il ne savait même plus d'où elles lui venaient ! Tout ce qu'il retenait c'était cette sensation de vide en lui depuis qu'il avait quitté leur base laissant derrière lui l'homme qu'il aimait et dont, il le comprenait un peu tard, il ne voulait pas s'éloigner.
Il s'éveilla au matin après quelques heures d'un mauvais sommeil qui ne lui avait apporté aucun repos. Il se prépara machinalement et se demanda ce qu'il devait faire. Logiquement Finch l'attendait pour leur travail. Mais là, quel accueil allait-il lui réserver ? Et comment devrait-il se comporter ? Entrer dans la salle, avec le petit déjeuner, comme avant mais sans pouvoir l'approcher et devoir rester distant comme au début de leur association ? Avant de l'aimer… cette époque lui semblait si lointaine, révolue. La sonnerie de son portable mis fin à ses interrogations. Il décrocha le cœur battant
-« Oui ? »
-« Bonjour M Reese » le ton était rigide, froid, professionnel. « Nous avons un nouveau numéro »
-« Je serais là dans dix minutes »
-« Bien. Je vous attends » affirma son associé avant de raccrocher aussitôt.
John jugea qu'il avait ce ton qu'il employait au début, lorsqu'ils ne se connaissaient pas. « Tout est à refaire » songea t-il. Sauf qu'après ce qui s'était passé la veille il risquait d'avoir encore plus de mal à l'apprivoiser que la première fois…
Dix minutes plus tard il entra dans le vieux bâtiment avec le petit déjeuner. Bear vint l'accueillir joyeusement comme à son habitude. Finch lui ne bougea pas. Il ne leva même pas les yeux de son écran. Reese remarqua ses traits tirés, la tension dans ses épaules. Lui non plus n'avait pas du beaucoup dormir. Il posa les gobelets et Finch le remercia machinalement, avant de se lever pour aller afficher la photo de leur nouveau numéro sur le panneau. Il reprit sa place et lui transmis les informations toujours sans lui adresser le moindre regard. Devant son air impassible, Reese n'aurait su dire si c'était par colère ou par tristesse. Il finit par se détourner pour partir commencer l'enquête.
-« Soyez prudent » lui intima Finch par reflexe. Il regretta aussitôt son inattention mais il ne pouvait reprendre ses paroles.
La réflexion fit tressaillir l'ex agent. Il se tourna un instant vers son patron mais celui-ci continuait ses recherches et semblait à nouveau absorbé par sa tâche. Il se décida à quitter les lieux, perturbé.
Finch s'autorisa à se détendre lorsqu'il fut certain qu'il avait réellement quitté le bâtiment. Après la scène de la veille il appréhendait leur revoir. Il n'avait pas dormi de la nuit. Trop de sentiments se heurtaient en lui, déception, colère, regret et… amour. Parce que les mots de Reese avaient brisé leur lien mais n'avait en rien atténué ses sentiments pour lui. Qu'ils soient devenus sans écho lui faisait mal, terriblement mal, mais n'avait en rien altéré ce qu'il ressentait. D'autant qu'il ne trouvait pas de raison valable au changement de son agent. Malgré ses dénégations il songeait que l'affaire Benson devait l'avoir influencé, au moins un peu. Il savait que Reese redoutait que son passé ne ressurgisse un jour, mais que ce n'était pas pour lui même qu'il s'inquiétait des conséquences. Mais il devait y avoir autre chose et il ne parvenait pas à comprendre quoi. D'ailleurs à force d'y réfléchir il en était venu à se demander si Reese lui-même savait ce qui le faisait agir ! Il avait eu l'air de regretter ses paroles aussitôt après les avoir prononcé. Et ce matin il y avait tant de tristesse dans son regard. Cela n'avait pas de sens !
« Peu importe » songea Finch en se secouant. Il devrait se faire à leur nouvelle situation. Ce n'était pas la première fois que son monde s'effondrait, qu'il perdait ce qu'il avait de plus précieux, il saurait s'y faire. Simplement il n'avait jamais imaginé que cela arriverait avec lui. La trahison n'en était que plus douloureuse.
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La mission dura trois jours et s'avéra assez délicate. Ce qui permit aux deux hommes de garder l'esprit occupé et de faire momentanément abstraction de leurs problèmes.
Finch ne prît même pas le temps de rentrer chez lui, dormant à la bibliothèque, dans la petite chambre qu'il y avait aménagé. Lorsqu'il s'y installa le premier soir il ne put s'empêcher de penser que la dernière fois qu'il avait dormi là il n'était pas seul. John s'était moqué du lit un peu étroit pour y tenir à deux.
-« Pour y faire un peu d'exercice c'est correct mais pour une bonne nuit de sommeil c'est trop juste ! » s'était-il plaint en riant, le faisant rougir comme à son habitude.
Il lui sembla entendre son rire raisonner encore dans la petite pièce. Son parfum flottait dans l'air. Sans parler des images que sa mémoire lui renvoyait. Il eut presque envie de fuir les lieux avant de se résigner à y rester, puis finalement de s'endormir en serrant contre lui l'oreiller qui portait encore son odeur.
Au matin, comme il cherchait de quoi se changer, il songea aux vêtements qu'il avait entreposé au loft. Il n'avait plus de raison de les y laisser. Il décida alors d'aller les récupérer dès qu'il serait prêt.
Un peu plus tard il avait emmené Bear au parc, puis au retour, prenant sa voiture, il s'était rendu au loft. Parvenu devant la porte il avait du prendre une profonde inspiration pour se donner le courage d'y entrer. Trop de souvenir étaient concentrés en ce lieu, les moments ensembles, leur premier baiser, leurs aveux, leur première étreinte. Des gestes, des mots, des instants… quatre mois hors du temps pendant lesquels il s'était senti revivre. C'était trop lui demander d'effacer tout cela d'un trait de plume. Il s'empressa d'empiler ses vêtements dans une valise sans prendre soin de les plier convenablement, trop pressé d'en finir. Il se rappela le jour où il les avait amené. John le taquinait, cherchant à s'accaparer les vêtements « pour les ranger » disait-il. En vérité il les empilait sans ménagement, les froissant au passage. Il avait protesté contre ce traitement.
-« Nous avons tellement mieux à faire ! » lui avait alors affirmé John en le prenant dans ses bras, le faisant taire d'un baiser. Il n'avait eu de cesse de le taquiner jusqu'à ce qu'il lui cède, ce qui ne lui avait pas pris bien longtemps en vérité. Dès le début de leur liaison il s'était trouvé incapable de lui résister. Ce qui l'avait vaguement effrayé. « Je n'avais pas tort de craindre cette dépendance » avait-il alors songé avec amertume. Ce n'était aujourd'hui qu'une difficulté de plus à surmonter. Ce besoin de lui qui ne le quittait pas, il allait devoir apprendre à vivre avec. S'il pouvait seulement se rappeler comment il vivait avant, au début de leur collaboration ? Mais sa mémoire lui faisait défaut, c'était comme s'il n'avait jamais vécu autrement qu'en lui faisant confiance.
Il avait quitté le loft aussi rapidement qu'il l'avait pu, oppressé par l'atmosphère du lieu, ici tout lui parlait de lui, d'eux et c'était insupportable…
Il n'avait rien dit de son escapade à son agent. Reese s'en apercevrait de lui-même.
Pendant leur mission ils gardèrent leur lien professionnel intact. Leurs discussions étaient les mêmes à cette différence qu'une légère tension subsistait et que Reese ne le taquinait plus, ce qui manqua cruellement à son partenaire.
Au soir du troisième jour, enfin, l'enquête fut résolue. Leur numéro en sécurité, le coupable aux mains de Fusco, Reese contacta son associé pour l'informer de l'issue de la mission et pour le plaisir d'entendre sa voix. Il n'était pas tard et il lui proposa de ramener le dîner, mais Finch refusa l'invitation. John insista, tenaillé par l'envie de le revoir mais il ne céda pas, désireux, lui, de l'éviter. Et pourtant tout deux mus par une même motivation.
Reese rentra donc chez lui, complètement épuisé et un peu déprimé. Il entra dans son loft et se laissa aller dans le canapé. Pourtant après quelques minutes il se redressa. Quelque chose était différent, l'ambiance…Son instinct l'avertissait d'un changement. Il se leva et examina les lieux. Non. Rien n'avait changé. De toute façon il était le seul à avoir la clé avec Finch… Finch !
Brusquement il comprit et se dirigea vers le placard dont il ouvrit les portes à la volée. La moitié réservée à son partenaire était vide. Les quelques vêtements ou costumes lui appartenant avaient disparu. Il se tourna et avança vers la salle de bains. Il constata aussitôt l'absence de sa trousse de toilette. Visiblement Finch était passé récupérer toute ses affaires. Reese eut vaguement l'impression de recevoir un coup à l'estomac. A nouveau ce vide. C'était pourtant évident. Pourquoi Finch aurait-il laissé ses affaires chez lui puisqu'ils n'étaient plus ensemble ?
-« Je me suis trompé » murmura t-il désespéré. Il pouvait même dire qu'il avait fait la plus grosse erreur de sa vie.
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Quelques jours s'écoulèrent dans une ambiance étrange, lourde de non-dit et de faux semblants. Reese regrettait ses paroles et se demandait comment les reprendre. Finch s'efforçait de retrouver sa vie "d'avant", un semblant de normalité. Parfois un geste les trahissait, un mot leur échappait, ils s'empressaient de se reprendre comme s'ils étaient en faute et cela rendait l'atmosphère un peu plus bizarre encore…
Seul Bear était le témoin de ces instants où la peine l'emportait sur l'apparence et il jouait les consolateurs pour chacun de ses maîtres.
Une nouvelle mission débuta, plutôt routinière. Au moins leurs enquêtes avaient le mérite de leur occuper l'esprit.
Reese avait hâte de boucler l'affaire. La météo annonçait une tempête sur la ville et il ne voulait pas prendre le risque que son partenaire se retrouve bloqué à la bibliothèque. Pourtant tout ne se déroula pas tout à fait comme prévu et Finch fut même contraint d'aller prêter main forte à son agent sur le terrain au grand mécontentement de celui ci. L'informaticien ne fut pas exposé mais ils se trouvaient toujours à l'extérieur lorsque la tempête annoncée débuta. Reese prit aussitôt les choses en mains. Après avoir remis le coupable à Fusco, il entraina son associé dans son véhicule avec l'intention de le mettre à l'abri au plus vite. Il conduisit rapidement jusqu'à son loft.
-« Dépêchez vous Finch. Je n'ai jamais connu une tempête pareille ! » Affirma t-il en le faisant entrer
-« Celle de Owen Island n'était pas mal non plus » remarqua Finch.
-« Oui c'est vrai mais à New York c'est inédit »
-« Je pense que nous aurions pu atteindre la bibliothèque M Reese »
-« Mon loft était plus proche » répliqua John « Allez vous sécher, je vais essayer de vous trouver de quoi vous changer »
-« D'accord » accepta Finch avec réticence. Il n'était pas revenu au loft depuis le jour où il avait récupéré ses affaires et il se sentait mal à l'aise. Il y avait trop de souvenir en ces lieux, et bien plus de bons que de mauvais. Ce qui ne lui facilitait pas les choses.
-« Finch ? » Interrogea John en le voyant rester immobile près de l'entrée.
L'informaticien sortit de sa rêverie et gagna la salle de bains sans un mot. Il décida de prendre une douche pour se réchauffer. Lorsqu'il sortit de la cabine il trouva un petit tas de vêtements posé sur le meuble à coté. Il n'avait même pas entendu la porte « toujours aussi silencieux » songea t-il
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Reese poussa doucement la porte, tenant sur son bras ce qu'il avait pu réunir en dépannage. Il entendit l'eau de la douche et aperçu la silhouette de son partenaire à travers le verre dépoli de la cabine. Cette image raviva des souvenirs dans sa mémoire. Du temps où il pouvait se glisser dans cette cabine avec lui, le tenir contre lui, laisser ses mains parcourir sa peau et l'embrasser éperdument jusqu'à ce que le souffle leur manque, jusqu'à ce que…
Il stoppa brusquement le cours de ses pensées. Inconsciemment il avait posé la main sur la poignée de la porte de la cabine. Il recula comme si elle le brulait, en réalisant ce qu'il s'apprêtait à faire. Il n'en avait plus le droit et il était le seul à blâmer pour cela…
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Finch sortit de la salle de bains, un peu emprunté dans ce pantalon trop grand et ce tee shirt trop large. Il avisa son partenaire debout devant la baie vitrée. John regardait tomber la pluie. Il lui sembla déceler quelque chose d'infiniment triste dans l'expression sur son visage.
-« J'ai terminé » affirma t-il incertain « Vous devriez y aller vous aussi »
-« J'y vais » murmura John distraitement. Il tourna vers son partenaire un regard que Finch jugea un peu perdu.
-« Vous allez bien ? » demanda t-il vaguement inquiet.
-« Oui » Reese força un sourire « Vous êtes au large là dedans » se moqua t-il.
-« En effet. Je n'ai pas votre carrure M Reese »
-« Vous auriez dû laisser des vêtements de rechange » répondit spontanément l'ex agent.
-« Je ne pensais pas revenir ici » avoua franchement l'informaticien. Il vit une lueur de tristesse passer dans les yeux de son vis-à-vis. Il voulu ajouter quelque chose mais Reese se détourna puis gagna l'autre pièce sans rien dire.
Finch soupira. La situation était étrange. « C'est pourtant bien lui qui a voulu rompre ! » songea t-il « On dirait qu'il le regrette mais il aurait dû y penser plus tôt » constata t-il, amer, « Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Je ne vivrais pas cela une seconde fois ! » Se morigéna t-il. Pourtant il savait bien qu'un mot aurait suffit pour qu'il se perde à nouveau dans ses bras. Il sentait bien que la flamme n'était pas éteinte, ni pour lui ni pour Reese, et qu'un rien pourrait la raviver. Et il avait presque peur de ses sentiments. Il lui serait si facile de se trahir ! Mais il s'y refusait. Il ne voulait plus souffrir alors il était hors de question de recommencer quoi que ce soit. Il était bien décidé désormais à rester seul, fermant définitivement les portes de son cœur. Il n'en serait peut être pas heureux mais il s'éviterait ainsi toute souffrance.
Finch jeta un regard par la fenêtre. La tempête ne se calmait pas. Il risquait fort d'être bloqué pendant un moment, en espérant qu'il puisse finalement rentrer chez lui. Ayant besoin de s'occuper l'esprit, il se dirigea vers le coin cuisine et chercha de quoi préparer un repas. « Ses placards sont toujours aussi légèrement remplis» remarqua t-il, un sourire amusé naissant sur ses lèvres « Il a perdu son défi » songea t-il en se remémorant une de leur dernière conversation, un échange "d'avant" presque d'une autre vie… « Il ne change pas » pensa t-il « Enfin presque ». Il avait changé pour l'essentiel...
Il finit par trouver de quoi confectionner un repas léger et se mit à le préparer.
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Au sortir de la salle de bains Reese entendit du bruit venant du coin cuisine. Il s'approcha silencieusement et s'appuya contre le pilier, observant son partenaire absorbé dans la confection du dîner « Comme autrefois » songea t-il. Mais autrefois il aurait pu s'approcher de lui pour le prendre dans ses bras et lui voler un baiser en se moquant de ses maladresses. S'il pouvait seulement retrouver cela un moment, juste une fois, juste une heure…
Il détaillait la silhouette sous le tee shirt trop large. Il connaissait par cœur chacune de ces courbes. Chaque parcelle de cette peau sur laquelle il avait si souvent laissé courir ses mains ou ses lèvres. Il se rappela le regard chaviré de son partenaire sous ses caresses. Il avait besoin de cela. Besoin de lui. Encore. Toujours.
Irrésistiblement attiré, il avança jusqu'à se trouver tout près de lui. Finch sentit sa présence et se retourna brusquement se retrouvant presque collé contre lui. De surprise, il lâcha le pot qu'il tenait dans ses mains et qui s'écrasa sur le sol avec un bruit de verre brisé qui résonna dans la pièce.
-« John… » Commença t-il avant d'être réduit au silence par les lèvres de son agent posées brutalement sur les siennes, impérieuses. John avait pris son visage entre ses mains et l'embrassait comme si c'était devenu vital pour lui.
Sans réfléchir, Finch posa ses mains sur les siennes, fermant les yeux pour profiter de ce moment. Le baiser se fit fiévreux, impatient. Il laissa échapper un gémissement de plaisir qui sembla brusquement ramener son compagnon à la réalité. John s'écarta au prix d'un terrible effort de volonté.
-« Harold » chuchota t-il « J'ai tellement besoin de vous »
Finch, qui commençait à réaliser ce qui se passait et songeait à repousser son partenaire, se sentit sans défense face à cet aveu. Prisonnier de son propre besoin, de son envie de garder contre lui ce corps qui appelait le sien. Passant une main sur la nuque de son compagnon il l'attira dans un nouveau baiser auquel l'ex agent ne put résister. John le rapprocha de lui, ses mains retrouvèrent naturellement leurs repères comme si elles n'attendaient que cela, ses lèvres le parcouraient, pressées de retrouver ces courbes si souvent redessinées. Avec des gestes vifs, il ôta son tee shirt et le sien, impatient de sentir sa peau contre la sienne. Il pouvait ressentir les frissons qu'il provoquait chez son compagnon, il savait trop bien comment les faire naître et renaître encore. Finch soupira a ce bien être retrouvé, cette chaleur dont il avait tant besoin. Et lorsque John le guida vers sa chambre il ne put que le suivre, brulé par le même désir.
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John émergea lentement du sommeil. Aussitôt son esprit lui envoya les images des derniers événements. Il tendit la main mais la place à côté de lui était vide et froide. Il se redressa brusquement. Il faisait sombre dans le loft, seul les lumières de la ville apportaient un peu de clarté. Le réveil indiquait 4H58. Le jour n'était pas levé, pourtant Il n'était plus là. Reese scruta les lieux, espérant apercevoir la silhouette de son compagnon, mais en vain. Il se leva et alla jusqu'à la salle de bains tout en devinant qu'il n'y trouverait personne. Il se tourna vers l'entrée, son manteau n'y était plus accroché. Il savait qu'il était parti, qu'il l'avait fuit. Après ce qui s'était passé il devait être en plein doute.
-« Mais pas moi » murmura t-il. Non. Lui savait maintenant quelle erreur il avait commis et il avait bien l'intention de la réparer. Et peu importe leurs différences cette fois. Si Finch l'aimait avec ses faiblesses et son passé ce n'était pas à lui de prêcher le contraire. « Si seulement je l'avais comprit plus tôt » songea t-il. Il s'était laissé obnubiler par de mauvais prétextes. Il décida d'aller se recoucher et se mit à réfléchir longuement. Il lui fallait trouver les bons arguments et quelque chose lui disait que son associé ne serait pas facile à convaincre.
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Finch s'était forcé à rester éveiller, refusant de se laisser aller à cette quiétude en lui, à ce sentiment de sécurité parce qu'il était à ses côtés. Guettant le moment où son souffle devenu régulier lui indiquerait qu'il s'était endormi. Une première fois, il tenta de se dégager de ses bras, mais John était encore assez lucide pour resserrer sa prise. Il avait attendu patiemment jusqu'à ce qu'enfin il puisse se lever sans le réveiller. Il s'était alors glissé hors de la chambre le plus silencieusement possible, se rhabillant sommairement avant d'enfiler son manteau et de quitter le loft, le cœur battant à l'idée que John ne se réveille. Bien sur ils auraient à s'expliquer. Mais il avait besoin d'y réfléchir d'abord. De retour chez lui, il avait pris une douche, restant un long moment sous le jet d'eau tiède pour se détendre, mais il savait bien que toute les douches qu'il pourrait prendre n'effacerait pas la sensation de ses mains sur sa peau, ni la chaleur de son corps contre le sien. Et ce sentiment quand il l'avait pris dans ses bras, l'impression de retrouver sa place. Il était dépendant de John et dans leur situation il lui sembla que c'était la pire des addictions…
Il finit par se coucher mais ne trouva pas le sommeil. Ils allaient devoir en parler et il appréhendait déjà les conséquences de leur discussion.
