Petit à petit les liens se renouent mais peut être pas autant que nous le voudrions…

Spéciale dédicace aux mousquetaires :

Paige0703 (Fusco toujours ! : ), Jade181184 (mais non pas de mouchoir capitaine !), Nourann (toujours endormie avec Lulu : ), Coljayjay (bon café !), CoolMhouse (bonne idée le bonheur) et Val81

Et merci à tous ceux qui me lise en général

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Le lendemain matin Reese se rendit à la bibliothèque comme à son habitude mais de bien meilleur humeur après la soirée passée avec son associé.

-« Bonjour Finch » lança t-il en entrant dans la salle, petit déjeuner en mains.

-« Bonjour M Reese »

John remarqua aussitôt l'attitude rigide de son partenaire. Pourtant la veille ils s'étaient quittés en bons termes…Il décida de faire comme si de rien n'était. Si Finch avait un reproche à lui faire il ne tarderait sans doute pas. Il caressait distraitement Bear tout en réfléchissant, mais il avait beau chercher il ne voyait pas ce qui pouvait mettre son associé de mauvaise humeur.

Il le vit saisir son gobelet et boire quelques gorgées de thé. John s'avança, ouvrit la boite de beignet et la rapprocha un peu.

-« Non merci M Reese » murmura Finch en réponse à sa suggestion.

-« Vous n'en voulez pas ? » demanda l'ex agent étonné

-« Peut être plus tard »

-« Vous allez bien Finch ? » demanda John perplexe et vaguement inquiet.

L'informaticien s'efforça de rester neutre tandis qu'il approchait de son but.

-« Oui M Reese. Je suis juste un peu barbouillé, rien d'important »

-« Oh » émit John un peu rassuré « Vous avez pris ce qu'il faut pour vous soigner? »

-« Cela passera. Peut être qu'un aliment n'était pas assez frais hier soir » estima Finch.

-« Voulez vous que j'aille vous chercher des médicaments ? » proposa Reese « A moins que vous n'ayez déjà ce qu'il faut dans votre trousse de soins si parfaitement équipée ? » ironisa t-il

Finch fronça les sourcils.

-« Il le faut bien vu la fréquence à laquelle vous en avez besoin » marmonna t-il l'air mécontent.

Reese gloussa.

-« Les risques du métier Finch ! Et sinon ? Je vais vous chercher quelque chose ? »

-« Non. Ce n'est pas nécessaire merci»

-« Si vous le dites » répondit John contrarié. Evidemment il avait encore l'intention de se débrouiller seul. « Si nous n'avons pas de numéro je vais emmener Bear » ajouta t-il finalement.

-« D'accord. A tout à l'heure M Reese »

L'ex agent emmena le chien faire sa promenade matinale au parc. Il en revint un peu plus d'une heure plus tard avec un sac en papier et un air de conspirateur. Il se dirigea directement vers la cuisine. Finch le vit faire, perplexe, mais fit semblant de n'avoir rien remarqué.

John en ressortit cinq minutes plus tard avec une tasse de thé, un verre et une petite assiette.

-« Tenez » affirma t-il en déposant le tout près du clavier.

-« Qu'est ce que c'est ? » demanda l'informaticien étonné et un peu méfiant.

-« Votre thé préféré, un remède pour l'estomac trouvé dans votre pharmacie et une pomme si vous avez faim »

-« Une pomme ? »

-« C'est un remède naturel »

-« N'est ce pas un peu "lourd" ? »

-« Non. Elle contient de la pectine qui agit comme un antiseptique intestinal. Ca marche aussi avec l'oignon mais c'est plus difficile à avaler » remarqua l'ex agent.

-« Je l'ignorais. Vous êtes bien savant ce matin M Reese » remarqua Finch en insistant sur le mot "savant". Il retint un sourire satisfait devant la réussite de sa petite ruse. En se faisant passer pour souffrant il savait bien qu'il ferait réagir son associé. Son but étant de glisser une remarque valorisante comme celle qu'il venait de lui faire. Il voulait lui redonner confiance vis-à-vis de lui.

-« J'ai appris quelques trucs pendant mon service. Il fallait parfois se contenter de remèdes naturels et si cela peut vous rendre service »

Finch ne fit aucun commentaire. Il savait que John possédait ce genre de connaissance et lorsqu'il avait imaginé son plan, il escomptait bien qu'il les utiliserait pour lui.

-« Merci » murmura t-il touché par l'attention malgré tout. Il mangea la pomme et avala le médicament en se disant qu'il ne lui ferait pas grand mal et qu'il devait jouer le jeu.

La matinée s'écoula lentement sans que la machine ne se manifeste. Reese sortit vers 11H30 pour aller chercher le déjeuner. Il revint vers midi

-« Toujours pas de numéro Finch ? »

-« Non. Je n'ai reçu aucun appel. C'est surprenant d'ailleurs »

-« Est-ce qu'elle nous accorde un congé ? » se moqua l'ex agent.

-« Peut être. Nous allons pouvoir déjeuner tranquillement »

-« Ok. Ce sera prêt dans une demi heure » annonça John en se dirigeant vers la cuisine.

Finch se tourna vers lui.

-« Vous n'êtes pas allé chez le traiteur ? » interrogea t-il surprit

-« Pas cette fois. Je vous préviendrais quand le repas sera prêt »

Finch en resta perplexe. Il fut tenté de l'épier puis décida d'attendre en continuant son codage en cours. Toutefois, intrigué, il répondit immédiatement à l'appel de son partenaire.

-« Vous avez faim ? » demanda celui-ci en voyant son empressement.

-« Un peu. Votre traitement m'a fait du bien » commenta l'informaticien songeant qu'il avait manqué de discrétion cette fois

-« Tant mieux » se réjouit Reese. Il lui tendit une assiette « avec ça vous devriez être suffisamment nourri et en même temps c'est très léger »

-« C'est appétissant en tout cas » jugea Finch en détaillant le contenu du plat. L'image réveilla sa mémoire. Il se rappela d'autres moments ces derniers mois.

-« J'aimais bien lorsque vous prépariez le repas. Je n'ai jamais été doué pour la cuisine » murmura t-il en laissant déborder ses pensées.

-« Vraiment ? » demanda Reese, étonné mais heureux de ces paroles.

Finch saisit cette occasion que cette fois il n'avait pas provoqué :

-« Quoique vous en disiez c'est là un domaine où vous êtes bien meilleur que moi M Reese »

John tressaillit à cette remarque.

-« Merci Finch » murmura t-il. Il posa une main sur celle de son partenaire mais l'informaticien retira brusquement la sienne. John se sentit blesser de ce recul mais comme Finch affirmait tranquillement :

-« Je suis certain que c'est très bon et que cela me fera du bien »

Il comprit la véritable raison de son geste : il se protégeait pour ne pas trahir ses véritables sentiments. Parce qu'il ne voulait plus recevoir de lui autre chose que de l'amitié. Et Reese se demanda alors comment lui faire changer d'avis. Le voyant immobile, Finch leva les yeux vers lui.

-« Vous ne mangez pas ? »

-« Si. Si bien sur » répondit l'ex agent tiré de ses pensées. Il fallait qu'il trouve une solution. Il devait trouver une solution.

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Quelques jours s'écoulèrent sans changement. Après ces petites mises au point Finch estimait qu'il avait suffisamment insisté pour que son agent retrouve confiance en lui vis-à-vis de leur relation. D'ailleurs il semblait beaucoup plus détendu. Il avait retrouvé envers lui son assurance d'autrefois, avant qu'ils ne soient ensemble. Finch avait envisagé beaucoup de changement au début de leur liaison, imaginé bien des éléments susceptibles de changer, de les perturber ou de gêner leurs missions. Mais il n'avait jamais envisagé que Reese se mettrait à douter de lui s'ils se liaient de liens plus intimes. Il s'était souvent évertuer à chasser les ombres du passé. Il ne s'était pas méfier assez de leurs différences. Heureusement il avait réussi ces derniers jours à lui faire comprendre que ces différences ne devaient pas les éloigner l'un de l'autre et que finalement, chacun avec leurs atouts, ils étaient à égalité tout les deux. Cela ne leur rendrait pas le lien perdu mais ils pourraient retrouver une relation apaisée, une amitié solide, et travailler en harmonie. Seule la solitude resterait. Quelques regrets aussi. Mais cela il ne pouvait rien y changer. Sauf à tenter un nouveau rapprochement mais ça il ne le souhaitait pas. Il voulait John assuré, serein, heureux et il était prêt à beaucoup pour lui offrir cela, mais pas à retenter l'aventure avec lui, c'était un risque qu'il ne voulait plus courir.

La sonnerie de son téléphone le tira de ses pensées.

-« Oui M Reese ? »

-« Fusco vient de prendre livraison de son dernier colis. Il est enchanté d'avoir coincé ce gars qui le narguait depuis plusieurs mois »

-« Une chance alors qu'il est eu l'envie de se débarrasser de son associé et ainsi incité la machine à nous transmettre son numéro »

-« Oui une chance pour Lionel » approuva l'ex agent. « Pas de nouvelle mission ? »

-« Non. Vous allez pouvoir souffler un peu M Reese»

-« Je ne suis pas fatigué Finch »

-« C'est tout de même votre troisième intervention en six jours »

-« Un bon petit rythme pour me maintenir en forme » se moqua John

« Comment peut-il penser cela ? » songea Finch en soupirant

-« Je n'approuve pas vraiment mais je préfère ne pas vous contredire » concéda t-il finalement

John sourit. Il hésita puis décida de risquer la question qui le préoccupait depuis deux jours :

-« Si nous sommes libres ce soir voulez vous que nous allions visiter l'exposition sur les pierres précieuses ? »

-« L'exposition ? » demanda Finch étonné.

-« Celle dont le guide nous avait offert des billets »

L'informaticien se souvint alors de leur dernière sortie. Ils avaient longuement discuté avec un guide et celui-ci leur avait offert deux entrées pour aller admirer une collection de pierres précieuses où il assurait également les visites. Il n'avait pas vraiment relevé l'invitation mais Reese s'était approprié les billets avec intérêt.

-« Ce n'est pas vraiment mon domaine » répondit-il

-« Moi non plus. Nous le découvrirons ensemble ? N'avez-vous pas dit qu'il est bon d'élargir les horizons de nos connaissances » tenta John, cherchant à le persuader.

-« En effet » concéda son associé « Pourquoi pas après tout » dit-il finalement

-« Je passe vous chercher à 20H ? »

-« Entendu M Reese »

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Harold feuilletait le catalogue d'un air ennuyé

-« Un souci ? » demanda Reese.

-« Non. En fait il manque des pages. Mais ce n'est pas important »

-« On dirait que certaines ont été déchirée » confirma l'ex agent « Je vais aller vous en chercher un autre » ajouta t-il en saisissant le document.

-« Ce n'est pas la peine »

-« J'en ai pour une minute » lança John sans l'écouter. Il fit demi-tour et se dirigea vers l'accueil. Finch le suivit des yeux. Il songea alors qu'il avait omis un détail et l'appela.

-« Oui ? »

-« M Reese il s'agit juste du catalogue de l'exposition temporaire, j'ai déjà celui de la permanente et il est complet »

-« D'accord Finch »

Harold allait ajouter un commentaire lorsqu'il fut interpellé.

-« M Wren ! qu'elle heureuse rencontre ! »

Surprit, il se tourna vers son interlocutrice, oubliant de couper la communication.

-« Miss Walter »

Reese, toujours à l'écoute, tressaillit à l'entente de ce nom.

-« Et bien, vous êtes infidèle à notre musée ? » plaisanta la conservatrice.

-« Vous aussi il me semble » rétorqua Finch.

-« Exact. Nous ne présentons jamais de pierres précieuses ou de bijoux mais cela m'intéresse. Vous aussi apparemment ? »

-« Mon ami avait des invitations »

-« Ah ? C'est son domaine de prédilection alors ? »

-« Pas spécialement. Et moi non plus, mais il est bon de se diversifier »

-« Oui c'est vrai » approuva la femme « enfin s'il vous a invité il doit apprécier ceci davantage que nos tableaux ou nos reconstitutions. Il semblait tellement s'ennuyer lors de la dernière ! » Remarqua t-elle

-« Vous avez du mal voir Miss Walter. Il a beaucoup apprécié ce qu'il a vu » répliqua Finch légèrement agacé « C'est le dîner qui lui a semblé un peu long »

-« Il n'y était pas à sa place je crois » jugea la conservatrice avec un haussement d'épaules.

-« Je ne vois pas ce qui vous autorise à dire cela Miss Walter » affirma l'informaticien, cette fois vraiment irrité par la réflexion.

-« Oh c'était juste une constatation » émit sa vis-à-vis en remarquant la brusque tension de son interlocuteur « j'avais l'impression qu'il n'avait pas les mêmes centres d'intérêt que vous »

-« C'est possible. Mais il a l'esprit ouvert »

-« Comme vous le défendez M Wren ! » ironisa la conservatrice « Vous tenez à votre ami ! »

-« En effet. Son amitié est sans prix pour moi » affirma Finch. Devant la moue septique de la jeune femme il ne put s'empêcher d'ajouter « Mais ce n'est pas notre seul lien Miss Walter »

-« Ah oui ? » interrogea la femme étonnée. L'informaticien lui adressa un sourire ironique. Elle comprit alors.

-« Oh vous êtes… »

-« Plus que des amis »

-« D'accord. Je comprends mieux que vous teniez tant à sa présence » jugea t-elle « C'est un peu surprenant »

-« Les différences peuvent être sources d'enrichissement Miss Walter »

-« Oui sans doute. Bien. Je vous laisse poursuivre votre visite. A bientôt j'espère »

-« Merci Miss Walter. Bonne soirée »

La jeune femme hocha la tête et s'éloigna un peu trop rapidement pour que ce soit naturel. Finch sourit en songeant que cette fois il devrait être débarrassé des insistantes invitations de la conservatrice. Elle était un peu trop envahissante à son goût. Il n'était pas dans sa nature de faire preuve de si peu de discrétion mais l'air condescendant de cette femme lui avait semblé insupportable. Il ne laisserait personne dénigrer John devant lui ! Il se détourna et s'efforça de se concentrer à nouveau sur les objets exposés. Il porta alors machinalement la main à sa poche et réalisa à cet instant que la communication n'avait pas été interrompue. Il eut un geste contrarié. Voilà qui ne l'arrangeait pas ! Si Reese avait entendu la discussion il risquait fort d'en tirer des conclusions erronées.

En voyant le regard brillant de son agent à son retour, Finch eut confirmation qu'il avait tout entendu.

-« Votre catalogue Harold. Intact cette fois »

-« Merci M Reese » Finch se mit à feuilleter le document, mal à l'aise.

Reese le remarqua. Il ne voulu pas attendre :

-« J'ai entendu votre conversation » affirma t-il alors.

-« Je m'en doute » répondit l'informaticien sans lever les yeux.

-« Je crains qu'elle ne vous invite plus »

-« Ce qui me convient parfaitement »

-« Ah oui ? »

Finch soupira et se décida à se tourner vers lui.

-« M Reese, c'était juste une excuse pour l'éconduire. Vous ne devez rien y voir de plus »

John s'attendait à une réponse de ce genre.

-« Laissez-moi faire le tri » répondit-il tranquillement.

L'informaticien lui adressa un regard étonné.

-« Vous m'avez défendu. Vous ne vouliez pas que je sois dénigré par cette femme »

-« C'est bien normal »

-« Vous m'avez aussi confirmé ce que je savais déjà : notre amitié n'a pas de prix pour vous. Comme pour moi d'ailleurs »

-« Vous savez que cela ne changera jamais. Mais pour ce qui est de notre relation… » Ajouta t-il

-« Elle existe toujours pour vous » l'interrompit John

-« M Reese, je viens de vous dire… »

-« Qu'elle vous avez servi d'excuse je sais. Mais vous n'êtes pas sincère »

-« Comment pouvez vous le savoir ? »

-« Parce que je vous connais »

-« Et donc ? » questionna Finch un peu inquiet.

-« Rien. J'attends » répondit simplement l'ex agent.

-« Et qu'attendez-vous ? »

-« Que votre colère s'apaise. Que vous cessiez de m'en vouloir pour mon erreur et que vous laissiez vos sentiments s'exprimer à nouveau »

-« Vous êtes bien certain que je vais changer d'avis » marmonna Finch qui trouvait son associé bien trop sur de lui cette fois.

-« Non. Mais je l'espère. Je m'y emploierais. Mais je sais que vous êtes têtu et que cela demandera certainement beaucoup de temps »

Reese se tourna vers lui et sourit.

-« Mais j'attendrais le temps qu'il faudra »

Finch se mordit les lèvres. Il ne savait pas ce qui dominait dans ses sentiments entre son agacement devant l'assurance de son agent qu'un jour il lui céderait à nouveau, et son exaspération contre lui-même à se sentir toujours aussi vulnérable. Parce qu'il sentait bien qu'il avait raison. Il tenta de donner le change :

-« Vous aimez les causes perdues M Reese » rétorqua t-il.

-« Ne font-elles pas un peu partie de notre quotidien Finch ? Et nous en avons sauvé quelques unes. Aussi ai-je bonne espoir pour la mienne» ajouta John en posant un instant la main sur l'épaule de son associé avant de se diriger vers une autre vitrine.

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Commença alors un étrange jeu du chat et de la souris. Reese multipliait les attentions. Petit à petit Finch sentait que son agent s'insinuait à nouveau dans sa vie. Doucement mais surement, ils se rapprochaient indubitablement. Cela lui plaisait autant que cela lui faisait peur. Il mettait toute son énergie à rester neutre, mais devant certaines marques d'intérêts le touchant particulièrement, il se demandait combien de temps encore il allait pouvoir tenir. Tout cela mettait ses nerfs à rude épreuve et il finit par commettre un faux pas.

Chaque matin, lorsqu'il n'était pas en mission, Reese avait prit l'habitude de rester lire dans son coin. Auparavant il s'installait près de son compagnon. Désormais il restait un peu en retrait, mais Finch pouvait sentir son regard régulièrement posé sur lui. Il finit par en être mal à l'aise. Après quelques jours passés de cette façon il se décida à l'interpeller :

-« M Reese, n'avez-vous rien de mieux à faire ? Vous pourriez sortir vous détendre un peu ou choisir une activité, que sais-je… ?»

-« La lecture est un bon passe temps Finch » répondit l'ex agent sur la défensive devant le ton un peu vif de son patron.

-« Sans doute. Mais ce n'est pas dans vos habitudes »

-« Je peux changer ? J'y ai pris goût près de vous » rétorqua Reese. Puis devant l'air contrarié de son associé il ajouta : « A moins que ma présence ne vous dérange Finch ? »

-« Non. Je n'ai pas dit cela » marmonna l'informaticien agacé. Sa nervosité était visible.

-« Bien » affirma John. Il se leva et reposa son livre d'un mouvement brusque.

-« Qu'y a-t-il ? » demanda Finch surpris de son geste « Je n'ai pas dit que vous me gêniez » ajouta t-il un peu inquiet en le voyant enfiler rapidement son manteau.

-« Non. Vous ne l'avez pas dit » répondit John. Il leva les yeux vers lui et constata : « Mais vous l'avez pensé si fort que c'est tout comme » Il siffla Bear qui se précipita pour le suivre et se dirigea vers la sortie.

-« John ! » protesta Finch « Je n'ai jamais… » Commença t-il. Mais son agent avait déjà quitté la salle sans se retourner « Il est vexé ! Il ne manquait plus que cela ! » Marmonna Finch exaspéré. Certes, il n'aurait sans doute pas dû se montrer si direct mais Reese, lui, n'aurait pas dû se montrer si susceptible ! Il soupira et se promit de s'excuser lorsqu'il rentrerait. Et d'essayer de trouver une manière délicate de lui faire comprendre que son omniprésence était parfois un peu envahissante pour lui. D'autant que Finch savait bien ce qui le faisait agir ainsi et ne voulait pas qu'il continue à nourrir de faux espoir. Et puis, il devait se l'avouer, c'était aussi un moyen de se protéger de lui-même.

Une heure plus tard, Finch entendit le bruit des pas de son agent et le souffle de Bear dans les escaliers. Le chien fit irruption dans la salle et vint quérir une caresse auprès de son second maître avant de regagner son panier pour y entamer une petite sieste bien méritée. Finch attendait, scrutant l'entrée, mais le malinois était seul « J'ai pourtant entendu ses pas » songea t-il « et Bear ne peut pas être rentré seul ! » il se leva pour aller vérifier mais le couloir était désert. Il dut se rendre à l'évidence, John avait ramené son chien avant de repartir aussitôt. Cette fois ce fut Finch qui se vexa. Il retourna s'asseoir, agacé, se promettant d'avoir une bonne explication avec son agent lors du déjeuner. Sauf que Reese ne revint pas pour le repas. L'informaticien dut se retenir de lui envoyer un message.

A 16H Finch était dans la petite cuisine et se préparait une tasse de thé, lorsqu'il entendit un long sifflement résonner dans la salle. Il passa la tête à la porte juste à temps pour voir Bear partir au quart de tour et se précipiter dans le couloir. Il entendit vaguement une voix, puis plus rien. De toute évidence Reese était passé chercher son chien pour sa promenade mais en évitant soigneusement de pénétrer dans leur repaire, le sifflant depuis l'escalier. Cette fois l'informaticien se sentit complètement frustré. Il songea qu'il devrait être en colère aussi mais sans grand succès. C'était la vexation qui l'emportait. Il ne s'étonna pas de voir Bear rentrer seul une heure plus tard. Il ne tenta rien pour voir son agent, persuadé que c'était le but de celui-ci.

Le reste de l'après midi s'étira interminablement et Finch en était presque à prier pour recevoir un numéro. Mais la machine cette fois ne se montra pas coopérative. Il quitta la bibliothèque vers 19H, frustré de la situation, vexé de la réaction de Reese et … déçu de ne pas l'avoir vu depuis plusieurs heures alors qu'ils n'étaient pas en mission… paradoxe bien contrariant à ses yeux !

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Le lendemain matin, Finch arriva assez tôt dans leur base selon son habitude. Il ouvrit la grille et pénétra dans la salle. Un détail le frappa immédiatement : Bear ne vint pas l'accueillir… Il scruta la pièce, inquiet, et aperçu alors son traditionnel gobelet de thé et la boite de gâteaux, posés près de son clavier, lui indiquant que son associé était déjà passé et que le malinois était probablement avec lui.

-« Cette fois ça suffit ! » s'exclama t-il exaspéré. Il fit demi-tour et quitta le bâtiment avant de se diriger d'un pas décidé vers le parc. Il y arriva un peu essoufflé et réalisa alors que la colère l'avait fait avancer plus vite qu'il ne le pensait. Il resta un instant à l'entrée pour se calmer puis avança vers le coin préféré de Bear. Une fois sur place il aperçu John jouant avec le chien, lui lançant inlassablement sa balle. Il repéra le banc le plus proche et s'y installa, décidé à attendre la fin de leur jeu.

Du coin de l'œil John avait capté l'arrivée de son associé. Il retint un sourire : il ne pensait pas qu'il céderait si vite… Il fit comme s'il ne l'avait pas remarqué, continuant à s'amuser avec Bear. Finalement au bout d'une vingtaine de minute il cessa de lancer la balle en voyant le malinois partir saluer un autre chien. Il fit mine d'observer les alentours avant d'aller s'asseoir sur un banc à l'exact opposé de celui où patientait son partenaire. Celui-ci le suivit des yeux, stupéfait par son attitude. Il était clair qu'il choisissait délibérément de ne pas le rejoindre. Il le vit prendre place et se caler en arrière sur le siège, les yeux clos pour profiter du soleil sur son visage, les mains dans les poches, immobile.

-« Il ne trouve pas qu'il exagère ! » marmonna Finch, nerveux.

Il se leva et se dirigea vers le banc. John l'entendit approcher mais ne bougea pas. Lorsqu'il l'estima suffisamment près, il l'interpella :

-« Désolé Finch. Je pensais m'être installé assez loin »

-« M Reese ! » protesta l'informaticien, blessé de sa remarque « Voulez vous cesser ce jeu stupide à présent ! Cela suffit ! »

L'ex agent ouvrit les yeux et le fixa d'un regard neutre

-« Je ne veux pas vous gêner Finch »

-« John ! » s'emporta ce dernier « Vous ne m'avez jamais gêné et vous le savez très bien ! »

-« Pourtant hier… » Commença Reese

-« Hier j'étais énervé par… par votre comportement » l'interrompit son associé.

-« Qu'avais-je fait de mal ? » interrogea l'ex agent

-« Mais rien… vous n'aviez rien fait. C'est juste… » Finch hésita, cherchant ses mots. Il s'assit près de lui « John je sais très bien pourquoi vous restez si souvent à la bibliothèque » dit-il finalement « Vous voulez attirer mon attention en espérant que peut être je changerais d'avis. Mais je vous l'ai dit, je ne veux pas revenir en arrière. Ce serait… trop compliqué » trancha t-il.

-« Pour vous peut être. Pas pour moi » répliqua Reese « J'ai décidé de me laisser aller. De privilégier le plus important. Tant pis si c'est une erreur, je compte mettre tout le reste de côté. Les doutes, les ombres »

Finch ne répondit pas tout de suite. Reese guettait sa réponse le cœur battant.

-« John, je suis heureux que vous ayez choisi d'agir ainsi. Je vous l'ai dit, ces doutes étaient sans fondement. Ces ombres sont votre passé et vous devez les oublier pour continuer votre route. Je serais toujours prêt à vous y aider »

-« Mon passé me rattrapera un jour Harold. Mais au moins en choisissant cette option je pourrais vivre un peu » suggéra l'ex agent.

-« Vous avez entièrement raison M Reese » approuva son associé.

John se tourna vers lui.

-« Seulement pour que ça marche il faut que vous soyez avec moi Harold » murmura t-il.

-« Je suis avec vous John. Et je le resterais toujours. Mais en tant qu'ami. Notre relation me convient mieux ainsi »

L'ex agent secoua la tête et posa une main sur celle de son partenaire.

-« Nous sommes plus que cela vous le savez bien ! Vous ne pouvez pas l'ignorer !»

Finch l'observa un instant.

-« Je le reconnais. Mais je sais aussi que cela ne nous mènera à rien, l'expérience nous l'a prouvé »

-« Non. L'expérience nous a démontré combien nous étions bien ensemble ! Et sans mon faux pas nous le serions toujours parce que c'est ce dont nous avons besoin : être deux et ne faire qu'un ! »

Finch lu la détermination dans son regard. Elle l'effraya presque. Mais sa crainte de souffrir à nouveau était encore trop présente. Il retira sa main.

-« Je vous l'ai dit : je ne changerais pas d'avis » affirma t-il

Reese pinça les lèvres. Il sentait son hésitation. Il devinait qu'il avait sans doute juste besoin d'être rassuré.

-« Et moi je vous ai dit que j'aime les causes perdues » répliqua t-il d'un ton ferme qui impressionna son associé malgré lui.

Finch soupira.

-« Vous êtes têtu »

-« Pour les bonnes causes » répliqua Reese.

Finch laissa passer quelques secondes puis leva les yeux vers lui.

-« John, je veux que nous restions amis, alors s'il vous plait arrêtons ces provocations. Elles pourraient finir par nous séparer. Vous pourrez toujours compter sur moi et je sais que vous serez toujours là pour moi. Ne pouvons-nous nous contenter de cela ? »

Reese haussa les épaules

-« Je veux bien essayer pour vous mais je sais que cela ne me sera jamais suffisant »

-« Il le faudra bien pourtant » murmura Finch.

-« Pourquoi ? J'ai compris mon erreur. Je ne la commettrais plus. Pourquoi ne pas essayer de nouveau nous deux ? Je comprends que vous ayez peur mais cette fois je suis sur de moi ! » Plaida Reese. Il posa la main sur son bras pour l'empêcher de se détourner « faites moi confiance ! »

-« Vous êtes certainement celui en qui j'ai le plus confiance en ce monde M Reese. Mais c'était à double tranchant » jugea l'informaticien « Je continuerais à vous croire. Mais juste comme un ami » affirma t-il en fixant son agent.

Cette fois ce fut Reese qui soupira

-« Je suppose que c'est mieux que rien » estima t-il « Mais je ne renoncerais pas » ajouta t-il avec obstination.

-« Prenez garde M Reese, insister… »

John l'interrompit en se levant. Il se pencha vers lui.

-« Je n'abandonnerais pas l'idée de vous ramener vers moi Harold. Et quoi que vous en disiez, je sais que vous ne me chasserais pas de votre vie, sinon vous ne seriez pas ici » affirma t-il. Il se redressa « Je vais vous chercher un thé, il fait un peu frais »

Finch le suivit des yeux, abasourdit par sa réplique. Cette fois Reese avait retrouvé toute son assurance. Et il lui semblait tout à coup vraiment trop sur de lui ! Ses paroles lui revinrent en mémoire « J'ai décidé de me laisser aller. De privilégier le plus important » Ces mots faisaient écho en lui « Devrais-je en faire autant ? » s'interrogea t-il. Choisir entre risque ou tranquillité. Entre folie et sagesse. Selon la façon dont il voulait être avec lui. Le choix n'était pas simple. Il lui avait semblé plus facile la première fois mais c'était avant que Reese ne perde pied, ce qu'il n'avait jamais cru possible tant son partenaire lui semblait son plus solide rempart. En même temps il se sentait toujours un peu coupable de ne pas avoir deviné ses doutes. Lui qui pensait le connaître si bien, il n'avait rien vu ! S'il avait comprit, s'il l'avait détrompé, le soutenant comme il devait le faire en étant son compagnon, toute cette histoire n'aurait pas été si loin. Ils auraient eut une explication, peut être un accrochage ? En tout cas pas une rupture. C'était le manque de communication qui avait détruit leur relation. Il soupira de nouveau. Il avait sa part de responsabilité aussi. Il ne pouvait même pas reprocher à John de ne pas s'être exprimé, c'était dans sa nature. Et lui-même aurait certainement agit de façon identique parce qu'ils se ressemblaient sur ce point. Trop sans doute. « Si nous voulons que cela fonctionne il faudra plus de communication » songea t-il. Puis il réalisa qu'il pensait comme si tout recommençait entre eux ! Toutefois il n'eut pas le temps de s'en inquiéter, ses pensées interrompues par le retour de son partenaire.

-« Tenez ça vous réchauffera » annonça celui-ci en lui tendant un gobelet.

-« Merci »

-« La machine s'est-elle mise sur pause ? » demanda John en reprenant place près de lui « cela fait presque 48H »

-« J'en doute M Reese. Vous manquez d'action ? » Ajouta t-il tentant l'ironie pour contrer la légère tension qui subsistait entre eux.

-« Je n'aime pas être payé à rien faire » répondit John sur le même ton.

-« Vous me livrez mon petit déjeuner. Vous n'êtes donc pas totalement inactif » répliqua Finch. Il se tourna vers lui. Leurs regards se lièrent un instant et Reese sourit. Quelque chose avait changé dans celui de son partenaire et il songea que tout n'était peut être pas perdu.

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Les jours suivants Finch passa beaucoup de temps à réfléchir à leur conversation. Il n'avait pas changé d'attitude mais parfois John le voyait hésiter, certains détails lui faisait comprendre que l'informaticien semblait moins sur de sa décision et cela lui donna l'espoir d'une réconciliation, d'un nouveau départ. Un événement vint précipiter les choses…