Titre : Tout ce sait rien ne s'oublie

Auteur : Marysol Cx

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sauf Snape dans mes rêves), et ils appartiennent à JK Rowling

Rating : M

Bonne lecture et à dans 2 semaines pour le chapitre suivant !

(Pardon pour le post tardif)

Chapitre 12

Harry ! Ecoute-moi ! Non ! Pourquoi ?! S'il te plait ! Je peux t'expliquer… Comprends-moi, elle… Répond ! Laisse-moi !

— Bon sang Harry, réveillez-vous !

Snape claquait le garçon sans ménagement. Il était plongé dans un violent cauchemar qui le faisait bouger dans tous les sens, rouvrant ses plaies qui peinaient à se refermer. Il finit, dans un geste désespéré, par lui lancer le Doloris pendant un quart de seconde, ce qui le sortit immédiatement de son sommeil.

— Du calme Potter !

Il le plaqua contre le lit sans retenu.

— Arrêtez donc de bouger que je puisse vous soigner.

Harry s'immobilisa enfin, mais son souffle était toujours rapide.

— J'ai senti comme un Doloris… Murmura-t-il après plusieurs minutes. Vous pensez que la connexion…

— C'était moi, le coupa Snape. Vous ne vous réveilliez pas, et vos mouvements rouvraient vos plaies. Navré si vous l'avez sentit.

Il ne répondit rien. Il s'était excusé. Bien sûr, il avait appris à connaitre la terreur des cachots depuis plusieurs semaines, mais le fait qu'il s'excuse, ça lui paraissait tellement invraisemblable.

— Que s'est-il passé ? Dois-je m'attendre à voir des aurors débarquer ici pour un meurtre commis par le survivant ?

— Je ne lui ai rien fait, répondit-il tout simplement.

— Et vous comptez me dire ce que vous avez fait pour que vous soyez blessé comme ça ?

— Non.

Même s'il ne dit rien, il fut blessé par ce refus. Lors de leurs cours, il lui parlait de ce qu'il se passait : ses amis, les cours, le Quidditch, les rumeurs. Il détestait habituellement entendre des gens parler comme ça de leur vie, mais venant Harry, il aimait bien il trouvait cela apaisant, il pensait à autre chose pendant ce temps. Et se retrouver face à un soudain refus de se confier, ça ne lui plaisait pas.

Il termina rapidement de soigner ses blessures : de nombreuses entailles sur tout le corps et au visage, des bleus, deux côtes de brisées et un poignet cassé et il le laissa pour rejoindre Dumbledore qui était encore dans son salon. Car oui, il l'avait installé dans sa propre chambre, il n'avait pas eu le temps de penser à mieux vu les circonstances dans lesquelles il était arrivé.

— Severus, comment va-t-il ?

— Il ne veut pas me dire ce qu'il s'est passé pour qu'il soit dans cet état. Tout ce que je sais, c'est que l'autre garçon n'a rien.

— Je suis convaincu qu'il vous dira bientôt ce qu'il s'est passé. Laissez-lui juste le temps de s'en remettre. Mais si vous voulez absolument satisfaire votre curiosité, peut-être devriez-vous vous rendre chez lui. Enfin, je n'émets qu'une simple supposition. Je vais vous laisser Severus. Le diner ne va pas tarder, et je vous conseille d'y être pour calmer les rumeurs sur votre petit départ précipité avec Harry. A tout à l'heure Severus.

Vieux fou citronné, pesta Snape en le voyant quitter ses appartements sans lui laisser le temps de répondre. Il alla voir Harry en continuant de pester silencieusement. Il s'était endormi, mais même dans son sommeil il voyait ses traits qui étaient crispés pour une raison qui lui était encore inconnue. Mais pas pour longtemps.

Il lui laissa une note pour le prévenir qu'il ne rentrerait que tard dans la nuit, et qu'il pouvait commander à manger auprès des Elfes de Maison.

Il sortit du château de manière à ne plus être sous l'influence des barrières anti transplanage, et se rendit dans le Manoir des Black qui appartenait désormais à Harry. Si Dumbledore lui avait conseillé de venir ici, c'est qu'il connaissait sûrement quelque chose qu'il ignorait. Mais comme c'était de Dumbledore dont il s'agissait, il avait trouvé beaucoup plus drôle de le mettre sous la piste de la réponse que de lui donner directement.

Il se fit accueillir par les trois elfes, qui semblaient complètement perdus.

— Professeur Snape ! Le maitre ! S'il vous plait il a disparu !

— Ses appartements sont détruits, et Lana ne l'a pas trouvé.

— S'il vous plait professeur, vous savez où il peut être ?

— Calmez-vous, réclama Snape d'une voix forte pour qu'ils arrêtent de crier. Il est chez moi. Il va bien, juste quelques blessures. Mais j'ai besoin de savoir ce qu'il s'est passé.

— Venez, Lana va vous montrer.

Elle lui prit sa main, et ensemble ils atterrirent dans ce qui semblait être les vestiges de la chambre de Potter. Jonchaient au sol des morceaux de bois, de tissus, et de verre et les murs étaient dégarnis de toute peinture et le plâtre était creusé à de nombreux endroits.

— Que s'est-il passé ? Demanda-t-il, bien qu'il ait une nette idée de ce qui avait causé ce déluge.

— Le maitre est venu ici ce midi. Il n'est resté que quelques minutes avant de repartir. Et quand il est revenu 3h plus tard, il s'est enfermé ici. Sa magie nous empêchait de venir voir ce qu'il e passait. Et d'un coup, il y a eu une énorme explosion de magie. Tommy est tout de suite allé voir ce qu'il se passait, mais le maitre avait disparu.

— Tu sais où il était avant de revenir ici ?

— Non professeur… Mais je sais qu'il a été sur le Chemin, dans l'appartement qui est là-bas.

— Peux-tu m'y emmener s'il te plait ?

— Oui professeur tout de suite !

Une nouvelle fois il dut transplaner en compagnie de l'elfe. Il n'avait rien contre le transplange, mais transplaner avec comme guide quelqu'un d'autre que soi-même était relativement désagréable, parce qu'on ne savait pas où on allait, et il fallait faire confiance à l'autre.

— C'est ici. Lana doit elle vous laissez seule ?

— S'il te plait.

— Très bien, bonne journée professeur et merci de nous avoir rassuré sur l'état du maitre.

Elle disparut dans un petit pop sonore et il regarda autour de lui. L'appartement était relativement grand pour un logement sur le Chemin, mais il était très impersonnel. Il ne s'était pas entendu à trouver énormément d'objets personnels : il savait qu'Harry n'était pas matériel et qu'il avait très peu de souvenirs, mais à ce point ?

Il se rendit dans la chambre où il trouva les draps défaient des deux côtés, et une odeur qui n'était pas celle d'Harry flottait dans la pièce. Mais aucun vêtement ou objet qui auraient pu attester de la présence d'une autre personne quelques jours dans la semaine. Il continua sa visite, mais ne trouva rien du tout qui aurait pu le conduire à cet autre jeune homme. Car oui, il cherchait Ethan. D'une part pour s'assurer qu'il allait bien, et d'autre part parce qu'il était intrigué de savoir qui était cet homme qui avait réussi à avoir le cœur de Potter.

Il allait s'apprêter à partir, quand il vu un en papier dans la poubelle. Il n'allait pas le nier, sa curiosité était telle qu'il allait voir, et il eut bien fait. C'était le sac qui avait servi à Ethan pour ramener à Harry quelques produits qui lui manquait. « Aux boucles raides Coiffeur du Chemin de Traverse 8, impasse des Gobulles Londres. Du lundi au dimanche, 8h-21h » Voilà qu'on pouvait qualifier de parfait, pensa Snape en mettant le sac dans sa poche. Il transplana directement non loin de l'impasse qu'il visualisait à peu près. Il était 20h. Il se doutait que le jeune homme finissait tard vu que plus d'une fois, le lundi matin, Potter était arrivé en retard, et il se doutait que c'est parce qu'il n'arrivait pas à quitter son lit, ou qu'on l'en empêchait. Il s'apprêtait à s'adosser à un mur en attendant, quand il vu deux personnes sortir.

— Tu es sûr que ça va ? Tu n'aurais pas dû venir travailler avec ce qu'il s'est passé tout à l'heure. D'ailleurs, tu lui as dit quoi pour qu'il réagisse comme ça ?

— Que j'avais eu mal d'avoir fait ça, mais c'était la seule solution. Que je n'en pouvais plus de cette journaliste, cette Rita, qui me suivait dès que je sortais de chez moi, qui essayait d'en savoir plus sur le pourquoi du comment on nous voyait avec Harry.

— Et il l'a pris comment ? Parce qu'au final tu m'as juste dit que tu avais manqué de te prendre un sort, et qu'il avait disparu quand tu avais ouvert les yeux.

— Je ne sais pas comment on peut décrire ça. Il était triste, en colère, il m'en voulait je crois aussi. Mais de toute façon je ne voulais pas continuer comme ça. Il avait commencé à s'attacher à moi, et même si c'est un super bon coup, et qu'il était quand même très mignon, je l'aimais pas plus que ça.

— Et tu n'as pas peur de représailles ?

— Pourquoi devrais-je avoir peur ? Il n'a pas de raisons de m'en vouloir. C'est plutôt la journaliste que j'ai accusé qui devrait avoir peur. Mais ce n'est pas mon problème.

— C'est con, maintenant il ne risque plus de chercher des plans culs avant un moment. Dommage, j'aurais bien aimé me le faire d'après ce que tu m'as dit.

— Bah, il finira par revenir sur le marché. Il était tellement accro qu'il ne tiendra pas longtemps.

Ils rentrèrent dans un café, et Snape ne put se résoudre à les suivre plus longtemps. Il n'en revenait pas de ce qu'il venait d'entendre. Ce gamin n'avait pas assez souffert pendant son enfance et sa scolarité, pour que quand il fût enfin heureux, se soit une nouvelle fois quelqu'un qui profitait de lui. Il était décidément maudit.

Il retourna sans tarder à Poudlard. Il ignorait s'il devait en parler à Potter. Lui dire la vérité lui permettrait d'être plus vigilant à l'avenir, mais ça risquerait aussi de le détruire un peu plus. Le mieux lui paraissait d'attendre le moment où il serait apte à encaisser. Mais pour l'instant, ce n'était tout bonnement pas possible.

Cette nuit, Snape dormit peu. Il repensa à tout ça. A l'arrivé d'Harry dans un état qui lui avait fait peur comme rarement, le fait de se retrouver seul dans une chambre où il avait partagé son lit avec un autre homme, puis d'apprendre que ce dernier c'était servi de lui, l'avait fait souffrir. Pourquoi avait-il mal pour son élève ? Bien sûr ils s'entendaient mieux qu'avant, mais jamais il n'avait eu mal pour quelqu'un d'autre au paravent. Pourquoi lui alors ? Et pourquoi cette nuit-là il rêvait de ce qu'il s'était passé au bord du lac, quand Potter avait fini dans ses bras ?