Titre : Tout ce sait rien ne s'oublie

Auteur : Marysol Cx

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sauf Snape dans mes rêves), et ils appartiennent à JK Rowling

Rating : M

Désolée pour le retard, j'avais dit que je posterais le weekend dernier (je crois) mais j'ai été embarquée dans les révisions et tout le blabla de ma vie que je vous épargne

Je ne sais pas quand je posterai la suite en revanche. J'ai bac blanc au retour des vacances donc je n'aurai pas trop le temps d'écrire, mais je ferai au mieux

Bonne lecture !


Chapitre 17

Si Harry avait espérer faire un retour discret dans la tour de Gryffondor, ce n'était pas sans compter sur Ronald qui s'était fait un plaisir de dire à tout le monde qu'Harry Potter avait disparu, mais que c'était sûrement parce qu'il pouvait transplaner au travers des barrières du château.

Il était arrivé dans la tour dans la matinée du samedi, pensant que tout le monde dormirait, et qu'il pourrait retourner dans son dortoir sans qu'on s'aperçoive de son absence, mais la salle commune était bondée, et à peine le portrait s'ouvrait-il, qu'il se faisait applaudir par tout le monde.

— Bravo Harry !

— Tu aurais vu la tête de McGonagald alors qu'elle te cherchait partout, c'était énorme !

Il se fraya un chemin au travers des élèves pour réussir à attendre Ron qu'il voyait au loin, merci à sa très grande taille.

— Ron ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu étais censé me couvrir !

— Ouais mais d'habitude tu reviens avant 23h, et pas là. Et McGo est passé pointer comme d'hab, sauf que je t'avais déjà couvert à 21h, donc j'ai pas pu, expliqua-t-il d'une voix détendu, pas du tout préoccupé par ce qu'il avait fait.

— Mais tu as dit à tout le monde où j'étais ou quoi ?

— En fait, elle est monté comme d'habitude, sauf que quand elle s'est rendue compte que tu étais pas là, elle nous a fait un scandale en réalisant que depuis le début on lui mentait, elle est descendue dans la salle commune pour hurler, et ça a rameuté tout le monde, et ils ont tous voulu savoir après où tu étais parti, alors je leurs ai dit que tu étais sûrement partit te promener hors du château comme tu pouvais transplaner.

— Mais bon sang Ron tu es stupide ou quoi ?! Personne ne savait que je pouvais le faire à par Dumbledore et Severus, maintenant toute l'école va être au courant…

Il ignora les petites étincelles qui crépitaient au bout de ses doigts, mais se força à se calmer. Ce n'était pas le moment pour une nouvelle explosion de magie.

— Mais arrête, à ta place je serais trop content que ça se sache ! Comme ça tout le monde va être trop fasciné par toi, encore plus que d'habitude ! Et pourquoi tu appelles le connard graisseux par son prénom hein ?

— Mais je n'ai pas envie d'être une bête de foire ! Tu peux comprendre ça ?! Cria Harry, faisant stopper tous bruits et mouvements dans la salle commune.

Il ignora la remarque sur Severus. Ce n'était pas le moment de rajouter quelque chose à la liste des problèmes que Ron lui posaient et que tout le monde sache qu'il voyait souvent leur professeur de Potions tant aimé n'était décidément pas une bonne idée.

— De toute façon tu as toujours eu tout le monde à te regarder, c'est pour ça qu'aujourd'hui ça te fait plus rien, répondit-il avec un air dédaigneux.

— Ron, on est de retour en 4ème année ou quoi ? Pourquoi tu me sors un discours pareil ? Sinon, tu sais quoi ? Je ne vais même pas essayer de comprendre ou de m'expliquer. A plus tard.

Tout le monde avait le regard fixé sur lui, et il fit quelque chose de très stupide mais malgré tout trop tentant pour ne pas être fait : il transplana non loin des cachots, sous les exclamations d'admiration des Griffons.

Il se rendit compte de là où il était qu'une fois devant la porte des appartements de son professeur. Etait-ce vraiment une bonne idée de venir ici après ce qu'il avait réalisé hier soir ? Après qu'il ait appris qu'il était venu chez lui pour s'occuper de lui quand il était évanoui ? Il était plus vraiment sûr de lui. Mais il ne pouvait pas non plus le laisser sans explications. Après il pouvait utiliser l'arrivée de McGonagald pour expliquer sa fuite, et l'accident la seconde d'avant parce qu'il avait entendu du bruit et avait sursauté. Il n'était pas sûr du tout que son professeur le croie, mais il n'avait pas le choix. Il ne pouvait décemment pas lui donner la véritable raison de sa fuite où il serait traité de fou, et il perdrait sûrement tous les moments qu'il pouvait passer avec lui. Alors il ne dirait rien, à personne. Pas même pas à ses amis sûrement pas à Hermione, encore moins à Ron.

Il mit dans un coin de son esprit qu'il verrouilla ses révélations de la veille. Il n'était pas sans savoir que Severus essayerait sûrement d'aller lire dans ses pensées pour savoir si c'était la vérité. Mais à présent il pouvait tout cacher, même à lui qui était un maitre de l'Occlumancie.

Il attendait une réponse pour rentrer dans les appartements de son professeur. Il n'était jamais passé par cette entré. Habituellement, il y allait en passant par la classe de potions, puis par son bureau. Mais là, il se doutait que la salle aurait été fermée et qu'il ne l'aurait donc pas entendu. Mais cela aurait peut-être été plus simple, comme ça il n'aurait pas eu à l'affronter, à lui mentir…

La porte s'ouvrit. Il n'eut pas d'autre choix que de rentrer. Son professeur savait que c'était lui, jamais il n'aurait laissé quelqu'un rentrer sans qu'il soit là pour l'accueillir, il le connaissait suffisamment pour pouvoir affirmer cela.

Il était assis devant la cheminé, un plateau avec du thé fumant devant lui il l'attendait. Il savait qu'il viendrait. Il resta plusieurs secondes à l'entrée des appartements sans oser bouger tout juste s'il arrivait à respirer. Il le regardait. Son regard était neutre, mais ça en disait beaucoup quant à l'humeur du professeur. Chez lui, on aurait presque pu qualifier ça de joie. Car oui, il était heureux de voir qu'Harry était venu le voir, et il espérait une explication, car il savait que sa fuite n'était pas lié à McGonagald, ça n'aurait jamais mis sa magie dans cet état.

Il le fixa plusieurs secondes alors qu'il restait dos à lui, les mains posées contre le pan de mur qui venait tout juste de se refermer. Il ne se sentait pas capable de soutenir le regard de son professeur. Il savait qu'il le fixait, attendant qu'il se retourne et vienne lui expliquer, mais il savait aussi qu'il n'était pas pressé, et qu'il lui laisserait le temps qu'il faudrait.

Non il ne pouvait pas lui mentir. Il n'en était pas capable. Il avait trop menti pendant la guerre et pendant toutes les années auparavant pour continuer ainsi. Il n'espérait pas une seule seconde que ce soit réciproque. Il comptait tout lui dire, et s'enfuir, loin d'ici, sûrement ne plus jamais revenir. Oui, c'était la meilleure solution. Loin de lui, peut-être il arriverait à l'oublier. Mais à cette simple pensée de devoir le rayer de son esprit pour le reste de ses jours, son ventre se contracta douloureusement. Mais avait-il vraiment le choix ?

— Je suis désolé, souffla-t-il.

Il se retourna vivement et immobilisa son professeur d'un geste de la main. Severus essayait vainement de croiser son regard pour y voir ce qu'il n'allait pas, mais Harry faisait tout pour l'éviter.

— Pour… Pour hier soir, je suis désolé, commença-t-il d'une voix fragile, qui manquait de se briser à chaque mot. Je vous suis reconnaissant de m'avoir aidé. Aussi bien hier soir que depuis plusieurs semaines. Cela m'a permis de réaliser de nombreuses choses. Et aujourd'hui je ne suis plus capable de continuer comme ça.

Il se détourna et s'éloigna de lui. Il n'était pas capable de rester proche de lui, cela affectait trop son jugement.

— Je suis désolée, répéta-t-il. J'aurais aimé ne pas tomber amoureux de vous.

L'absence d'Harry Potter n'était pas le sujet principal des conversations. Il l'était, juste derrière l'humeur massacrante du Maitre des Potions. Si certains avaient cru voir une amélioration les dernières semaines, il était clair que ces derniers jours il avait été dix fois pire. Il hurlait sur tout ce qui bougeait, vidait les sabliers de toutes les maisons y compris de la sienne, même les autres professeurs se faisaient hurler dessus quand ils lui demandaient ce qu'il se passait.

Quant à Harry Potter, il avait tout simplement disparu, et ses affaires dans le dortoir aussi. Le Directeur n'avait pas voulu en parler, mais lui-même ignorait où était passé Harry, et même s'il savait qu'il pouvait se défendre tout seul et qu'il ne courait aucun danger ne pas savoir où il était partit, et surtout pourquoi il était partit, n'était pas vraiment rassurant. La seule piste qu'il avait était Severus. Il était convaincu qu'il y avait un lien. Il avait parlé à Minerva qui lui avait affirmé que c'était sur la bonne voie, mais quand il voyait la situation actuelle, quelque chose avait forcément raté à un moment. Il aurait aimé en parler à Severus, mais il avait déjà essuyé une crise de sa part, il n'était pas prêt à en supporter une autre pour le moment.

Il avait fini, désespérant à obtenir de ses nouvelles, par contacter Remus, qui saurait peut-être où il était allé. Mais une nouvelle fois, il s'était retrouvé face à une impasse. Il avait également essayé d'en parler à ses amis : Ron et Hermione, mais apparemment le rouquin s'était disputé avec Harry, et il semblait même être le responsable de son départ. Quant à Hermione, elle ne semblait rien savoir. Alors il se retrouvait à son point de départ, sans plus aucune piste à étudier. Il utilisa sa dernière solution et envoya Fumseck dans l'espoir qu'il le trouve et qu'il lui délivre la lettre. Si son phénix pouvait trouver n'importe qui, on parlait ici d'Harry Potter, et s'il ne voulait pas être trouvé, il ne le serait pas.

Au même moment, un jeune homme émergeait d'un violent cauchemar, dans son petit appartement à Pré-Au-Lard. Depuis plusieurs semaines cela c'était calmé, il arrivait à les contrôler, il voyait de moins en moins de morts mais là, il ne voyait que lui, chaque fois mourant dans ses bras alors qu'il était là, impuissant, malgré sa magie. Depuis deux semaines il ne dormait quasiment plus. Il avait du mal à manger, à réfléchir, à agir. Il aurait pu quitter le pays il aurait dû. Mais il était resté au plus près de l'école pour s'assurer que des rares fous qui croiraient encore en Voldemort et ses idéaux tenteraient d'attaquer Poudlard maintenant qu'il était absent. Mais c'était tout simplement l'excuse qu'il s'était trouvé pour être proche dans un sens de son professeur. Il ne le voyait bien sûr plus, mais il ne pouvait pas partir plus loin qu'il ne l'était déjà. Chaque jour il se retenait de retourner là-bas, de le supplier de recommencer comme avant, avant qu'il lui avoue stupidement qu'il était tombé amoureux de lui. Mais il ne pouvait pas. On le prendrait pour un fou. Alors il resta dans son lit, il ferma les yeux à nouveau en priant pour ne pas faire de nouveau un cauchemar. Mais à peine se sentait-il sombrer qu'un bruit sourd à la fenêtre le fit sursauter et créer d'un geste de la main un bouclier autour de lui. Il était peut-être dans un état second, mais ses réflexes n'en étaient pas réduits pour autant.

— Fumseck ?

Il ouvrit la fenêtre et attendit que l'oiseau vienne se poser sur son lit.

— Que fais-tu là ? Tout va bien à Poudlard ?

Il comprit dans le regard du phénix que oui, tout se passait bien, mais quand il tendit sa patte et qu'il y vu une lettre, il comprit que finalement non tout n'allait peut-être pas aussi bien. Comme si son absence n'allait pas se faire remarquer…

« Harry, j'espère que cette lettre t'arrivera. Je ne te demande pas de revenir, tu as tes raisons pour être partit et bien que je ne connaisse pas, je les respecte. Je veux juste m'assurer que tu vas bien et que tu n'as pas besoin d'aide ou de quoique ce soit. Réponds-moi. Albus Dumbledore. »

Il soupira doucement. Comme si le vieux fou allait le laisser tranquille aussi facilement… Quel idiot il avait été de rester à Pré-Au-Lard, aussi près de lui sans pourtant pouvoir le voir, alors qu'il savait pertinemment que jamais plus il ne pourrait l'approcher, pas avec ce qu'il lui avait révélé.

Il prit tout de même la peine d'écrire une très rapide réponse au directeur pour le satisfaire, et surtout pour qu'il le laisse tranquille. Il ne se doutait pas qu'on se faisait du souci pour lui aussi bien Hermione que Remus et Molly qui avaient dû apprendre qu'il avait disparu.

Il s'enfouie à nouveau sous sa couette. Il avait sommeil. Tellement sommeil… Mais il savait que s'il dormait il ferait de nouveau le même cauchemar qui lui donnait envie de transplaner dans les cachots pour s'assurer qu'il allait bien. Maintenant qu'il avait pris conscience de ses sentiments, il ne pouvait plus ne penser qu'à ça, et surtout à ce qu'il aurait dû faire, ce qu'il aurait pu faire, ce qu'il n'aurait pas dû lui dire. Cela aussi l'empêchait de dormir. Et c'est dans le manque de sommeil le plus total, et donc dans une lucidité seconde qu'il prépara une potion de sommeil sans rêves. Il savait qu'elle ne serait pas au niveau de celle de Severus, bien qu'il lui ait appris à la faire parfaitement, mais actuellement, il n'était pas capable de plus. Il savait qu'elle était réussie et donc sans danger, mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'elle serait beaucoup plus puissante quand temps normale, et surtout qu'il en avala bien plus que la dose habituelle, dans l'espoir de récupérer de ses trop nombreuses nuits blanches.

Severus tournait en rond dans ses appartements. Le verre qu'il tenait dans la main n'y resta pas longtemps et fini rapidement contre le mur le plus proche, faisant se déverser le liquide ambré contre le mur. Mais il n'en avait que faire. Il avait arrêté de compter le nombre de verres, et surtout le nombre de bouteilles ce soir. Il avait appris que Potter avait répondu au Directeur, qu'il lui avait dit qu'il allait bien. Ça n'avait que confirmé ce qu'il s'était imaginé. Il s'était moqué de lui, il lui avait menti, c'était servi de ce qu'il lui avait dit pour s'enfuir et partir faire sa vie comme bon lui semblait. Comment avait-il pu s'imaginer l'espace d'un instant qu'il était tombé amoureux de lui. Que quelqu'un avait pu l'aimer. Que le Survivant, jeune, populaire, aimé de tous, si beau et si sûr de lui comment aurait-il pu tomber amoureux d'un homme comme lui, qui avait servi les Ténèbres, dont le corps et l'âme porteraient à jamais les traces de ses erreurs un homme qui aurait pu être son père et qui l'avait hait pendant des années à cause du sien. Bien sûr que non, jamais il ne pourrait l'aimer. Mais il avait fallu que lui en tombe amoureux.

Le verre qu'il avait repris l'instant d'avant et vidé d'une traite fini lui complètement brisé dans sa main, incrustant des morceaux de verres dans sa chair. Mais il était tellement embrumé dans l'alcool qu'il ne s'en rendit même pas compte. Sa chemise blanche se tachait lentement au fur et à mesure qu'il passait ses mains sur son corps, complètement perdu dans ses pensées sombres.

Il finit par s'écrouler au sol, au milieu de la nuit, l'alcool ayant raison de lui. Mais pas une seule seconde il ne pensa au fait qu'il avait cours le lendemain, qu'on viendrait voir pourquoi il n'y était pas, et qu'on le trouverait dans cet état.


Les reviews sont les meilleures amies de mon imagination alors n'hésitez pas :)