Titre : Tout ce sait rien ne s'oublie

Auteur : Marysol Cx

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sauf Snape dans mes rêves), et ils appartiennent à JK Rowling

Rating : M

Désolée pour le retard, je n'avais pas le temps de corriger

Le chapitre suivant devrait être en ligne dimanche dans 2 semaines comme prévu

Bonne lecture !


Chapitre 19

— Harry, mon garçon, comment vas-tu ? Tu nous as fait une belle frayeur à disparaitre ainsi !

— Je suis désolé professeur, mais j'avais besoin de me retrouver un peu seul.

— Ne t'en fais pas, je comprends totalement. La prochaine fois, essaye juste de nous prévenir d'une manière ou d'une autre. Si j'avais écouté Remus, il aurait envoyé tous les aurors disponibles à ta recherche…

Harry eut un léger sourire en réalisant à quel point Remus tenait à lui. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu, il devrait passer au Square un de ces jours pour lui parler de tout ce qu'il se passait actuellement, parce qu'il était convaincu qu'il était une des rares personnes, voire la seule, qui ne le jugerait pas.

— Promis, professeur. Je ferai attention.

— Parfait alors ! Maintenant que cela est vu, comptes-tu retourner en cours demain ?

— Je pense que oui. Je me sens en pleine forme, et si je suis trop absent, ça va crier au favoritisme… D'ailleurs, combien de temps ai-je été absent ? Demanda-t-il en réalisant soudainement qu'il avait dû être absent un moment. J'ai un peu perdu la notion du temps…

— Trois semaines, Harry.

— Trois ? Je pensais que ça ne faisait que deux… Mais… Ça veut dire que les vacances de Noël sont dans une semaine ?

— En effet. D'ailleurs, tu comptes rester à Poudlard, ou tu iras chez les Weasley ou au Square ?

— Je… Je n'y ai pas encore réfléchi.

Sur le moment, il pensait à passer les vacances seul. A Poudlard, il y aurait Snape, et il ne voulait pas à avoir à l'affronter. Au Terrier, Ron essayerait sûrement de lui faire la misère. Et au Square… Oui, il y aurait Remus, mais il ne voulait pas passer 2 semaines là-bas. Quelques jours lui suffiraient à lui expliquer la situation et à lui demander de l'aide. Mais de toute façon, s'il voulait changer d'endroit, ce n'était pas très compliqué pour lui de se déplacer.

— Je pense bien, ne t'inquiète pas pour ça. Tu me rediras en temps voulu.

— Merci professeur.

— Bien ! Tout cela étant dit, je te laisse te reposer un peu pour que tu sois en forme pour les cours demain.

Il le suivit du regard alors qu'il allait, non pas vers la porte, mais plus loin dans la rangé, là où était Snape. Car s'il était à côté de lui la veille, à peine s'est-il réveillé qu'il avait conjuré un paravent entre eux, et qu'il s'était ensuite déplacé plus loin, sous le regard exaspéré et confus de Madame Pomfresh qui ne comprenait pas à quoi jouait le Maitre des Potions.

Harry savait qu'il était mal d'écouter les conversations des autres, surtout de deux professeurs, mais là, il n'en avait que faire. Il lança d'un geste de la main un sort qui lui rapporterait toutes les paroles dises, y compris celles inaudibles, sur un parchemin.

« Comment vous sentez vous Severus ? — Je vais bien ! Si vous pouviez la convaincre de me laisser sortir, ce ne serait pas de refus. — Pourquoi donc Severus ? Vous n'appréciez pas votre présence ici ? Et surtout sa présence ? — Je ne vois pas de quoi vous parler ! — Ah bon ? J'aurais cru pourtant… Enfin, mon bureau vous est toujours ouvert si l'envie vous prend de venir m'en parler. Je vais dire à Pompon de vous laisser partir. Bonne soirée, Severus. »

Il resta immobile plusieurs minutes, relisant encore et encore les mots inscrits sur le parchemin. Qu'est-ce que Dumbledore avait voulu insinuer ? Il y repensa toute la nuit, à tel point qu'au matin il connaissait chaque phrase à la virgule près.

HPSSHPSSHPSS

— Monsieur Potter, je vous libère. Vous pouvez retourner en cours. Je vous laisserai expliquer personnellement à vos professeurs pourquoi vous étiez absent.

— Merci madame

Il quitta sans attendre l'endroit. A son réveil, Snape avait, à son plus grand désespoir, disparu. Il avait cours avec lui le matin même. Il appréhendait grandement. Était-ce une bonne idée d'y aller ? Avait-il vraiment le choix ? Étant donné qu'il avait été absent trois semaines, oui, il pouvait se permettre une matinée de plus. Il ne se sentait pas capable de supporter le regard froid et pénétrant de Severus sur lui. Alors il se rendit -ou plutôt transplana— aux abords de la classe de métamorphose. Il ne restait que quelques minutes avant le début du cours, mais il savait que leur professeure serait déjà dans la classe alors il alla la voir et lui donna le même discours qu'à Dumbledore. Comme il s'y attendait, elle tenta de le choya en lui disant qu'il pouvait venir la voir à toute heure, pour n'importe quoi, même ses histoires de cœur s'il en sentait le besoin. Cette dernière remarque l'avait choqué ; la lueur dans son regard qu'il avait perçu au même moment était particulière, comme si elle savait quelque chose qu'il ignorait. Cela voulait-il dire que Severus avait parlé... ? Ou que quelqu'un avait deviné ? Mais pourquoi viendrait-elle lui dire avec un sourire qu'il pouvait venir lui en parler ? Si elle savait, elle devait aussi savoir qu'il n'y avait pas la moindre réciprocité dans ses sentiments. Alors il ne releva pas. Il la remercia juste et alla s'asseoir alors qu'elle ouvrait la porte aux élèves qui attendaient dehors. Immédiatement des murmures montèrent alors que tout le monde le regardait. Il eut soudainement l'envie de transplaner à Pré au lard et s'enfermer encore quelques semaines dans son appartement, seul.

— Silence ! Claqua la voix froide de McGonagald.

Son ordre fut exécuté dans la seconde ; personne ne voulait risquer de la contredire surtout quand on savait qu'Harry était son petit protégé depuis la guerre.

— Bien, nous allons à présent revoir le transplanage et le début de la partie pratique. Non, vous n'allez pas vous entraîner à transplaner. Même si vous êtes presque tous majeurs et que certains savent déjà, vous n'êtes pas sans savoir que vous ne pouvez dans l'enceinte du château.

— Potter peut, lança la voix moqueuse de Ron.

Harry ne répondit rien. Il était revenu depuis même pas 10 minutes et déjà on lui sautait dessus et on le provoquait. Il aurait pu laisser passer, mais il avait trop laissé passer. Alors il prit ça comme une déclaration de guerre. Il n'aurait pas dû le provoquer et se moquer de lui, non, il n'aurait jamais dû. Il allait lui faire payer, et il allait grandement s'en amuser.

— Merci Mr Weasley pour l'information, mais je ne me souviens pas vous avoir accordé la parole.

Harry ne répondit pas à nouveau, mais sourit sans joie à Ron, heureux de voir que même les professeurs semblaient peu apprécier ses remarques.

— Bien, à présent, Mr Potter, que diriez-vous d'illustrer mon cours ? Si vous vous en sentez capable.
Pendant un instant il hésita. Était-ce une bonne idée de s'afficher ainsi ? Après Ron l'avait dit à toute la tour de Gryffondor, qui avait dû le dire à tout Poudlard... Alors il se leva et vint se placer à côté de son professeure avec un sourire. Autant en profiter pour l'énerver un peu plus, et imposer encore plus son respect au sein de l'école, car il ne doutait pas que ses capacités pourraient être remises en cause à force de rater des cours.

— Très bien. À présent, à quoi avez-vous besoin de penser pour transplaner sans risque de vous désartibuler ?

Il frissonna à la question. Il ne s'était désartibulé d'une seule fois, mais cela remontait à tout juste quelques jours et son bras lui faisait toujours mal bien qu'il n'y avait plus rien.

— Je visualise l'endroit où je veux aller, je ressens chaque partie de mon corps. L'odeur de l'endroit où je vais peut m'aider aussi, surtout si je transplane dans la panique.

— Exactement. Bravo Mr Potter. Je suis persuadée que la plupart d'entre vous n'auriez pas été capable de me le dire alors que vous avez tous assistés à ce cours, dit-elle à la classe qui s'empressa de prendre des notes. À présent, pouvez-vous transplaner quelque part dans la classe ?

— Bien sûr.

Il réfléchit quelques secondes a ou il pouvait aller. Mais quand il croisa le regard froid de Ron, un léger sourire apparu sur son visage.

Quand le cri strident de Ron résonna dans la classe, il s'en voulu de ne pas avoir eu sur lui un enregistreur Moldu. Il avait transplané derrière lui en posant ses mains sur ses épaules et avait disparu à nouveau la seconde d'après pour être devant lui avec un regard glacial.

— Très bien Mr Potter. Vous pouvez retourner à votre place. À présent, qui peut me dire quels sont les caractéristiques d'avant et d'après transplanage ?

HPSSHPSSHPSS

Harry n'eut conscience de l'horreur qu'il allait subir qu'en entendant ses camarades parler de Snape qui était de retour et donc des cours de potions qui reprenaient le matin même. Il n'était pas préparé à cela. Le regarder dormir dans l'infirmerie c'était une chose ; mais là, en cours, il allait se venger. Il allait lui faire subir l'audace qu'il avait eue de tomber amoureux de lui et surtout de lui dire.
Il hésita pendant plus d'une seconde à ne pas y aller, à retourner à l'infirmerie en disant qu'il était fatigué ; mais il ne pourrait pas y échapper éternellement...

Draco, Zabini et Nott étaient déjà devant la salle quand il arriva. Si en temps normal ils se seraient fait un plaisir de se moquer de lui et de ses semaines d'absences, cette fois-ci ils n'en firent rien, car ils n'étaient pas sans savoir qu'à présent, énerver Harry n'était pas du tout une chose intelligente à faire.

La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard en un grincement. Ils se marchèrent presque les uns sur les autres pour rentrer et s'éloigner d'Harry dont semblait émaner une aura quelque peu effrayante.

— Weasley, avec Potter. Au moins vous ne laisserez pas Granger vous rattraper comme à chaque fois.

Harry retint un grognement. Il commençait déjà. Il alla s'installer à une paillasse au fond alors que Ron se mettait à ses côtés en le dardant d'un regard noir qu'il évitait volontairement.
Quand il entendit le nom de la potion à faire, il sut qu'il allait souffrir pendant les deux prochaines heures. C'était la première fois qu'il leurs donnait une potion qu'ils n'avaient jamais travaillée ou même évoquée pendant leurs cours du soir. Il voulait qu'il se plante. Mais il ne lui ferait pas se plaisir.
Au bout d'une heure, sa potin ressemblait exactement à ce qu'il fallait, il avait quelques minutes de pause et en profita pour regarde celle de Ron qui n'avait ni la bonne couleur, ni la bonne texture. Il pensait savoir comment rattraper cela, mais même pour tout l'or de Gringotts il ne l'aiderait pas. Mais quand il la vit commencer à bouillonner et à déborder, il le poussa pour qu'il ne se prenne pas d'éclaboussures. Et sans surprise, se fut lui qui reçut tout sur son bras qu'il avait levé. Ron le fixa, ahuri.

— Ne pense pas que je le fais pour te montrer que je ne t'en veux pas. Tu es con et je ne veux plus te parler. Mais si tu l'avais pris toi, tu serais en train de pleurer sur le sol et ça m'aurait déconcentré.
Il se rendit vers l'armoire à ingrédient en évitant que Snape ne voie son bras. Il était assez grand pour soigner la brûlure lui-même. Il prit quelques herbes qu'il allait broyer tout en surveillant sa potion. Son bras lui faisait relativement mal, et il voyait sa peau qui commençait à se décomposer par endroit, mais ça ne l'inquiétait pas plus que ça. Une fois qu'il aurait passé de la pommade, sa peau cicatriserait rapidement. D'ici 1h il n'y aurait plus rien. Il serrait les dents pour ne pas gémir de douleur. Sa peau commençait à dégager une odeur de brûlé et il devait se dépêcher pour ne pas attirer Snape pas ici.

Il commençait tout juste à étaler la pommade qu'il entendit la voix de Snape résonner dans le silence des cachots.

— Quel est l'idiot qui s'est brûlé et qui est trop stupide pour s'en être rendu compte ?

Il commença à faire le tour des tables en cherchant d'où venait l'odeur. Et malheureusement pour Harry, il n'eut pas le temps de mettre un Glamour, Snape se tenait déjà derrière lui.

— Potter. Sans surprise. 20 points de moins pour Gryffondors pour avoir mît en danger vos camarades.

— Mais ce n'est pas ma faute ! C'est la potion de Ron qui a eu un problème et je l'ai protégé.

— Dans ce cas, 20 points de moins pour vous aussi, Weasley. Potter, venez avec moi pour vous soigner.

— Je vais bien. J'ai déjà appliqué une pommade et d'ici 1h ca aura totalement disparu.
— Je n'ai pas confiance en vos talents. Aux dernières nouvelles, le maître des potions ici, c'est moi. Suivez-moi.

Il tenta de résister mais il le tirait tellement fort qu'il n'eut pas d'autre choix que de venir dans son bureau.

— Comment vous sentez-vous ? Demanda-t-il d'une voix beaucoup plus douce sui lui était habituellement réservée.

— Ca va je vous ai dit. Je peux retourner faire ma potion ?

— Nous savons tous les deux qu'elle ne bougera pas.

Il ne chercha pas à répliquer. Ils devaient parler, et apparemment Snape avait choisi ce moment pour cela. Il ne pouvait pas lui donner tort, il avait déjà mis en place tout un plan pour le fuir jusqu'à la fin de l'année.

— Que s'est-il passé pour que vous finissiez dans cet état à l'infirmerie ?

— J'ai juste mal dosé ma potion, rien de plus.

— Nous savons que c'est faux. Vous ne ratez pas vos potions. Ou alors uniquement si vous êtes dans un état qui vous fait la rater. Que s'est-il passé ? Cela a-t-il un rapport avec ce que vous m'avez dit ?

Il sentit un léger changement dans sa voix sur la dernière phrase. Elle semblait presque suppliante, chose qu'il n'avait jamais entendu chez Snape auparavant.

— Je… J'étais fatigué, j'ai mal dosé, c'est tout. Ça arrive à tout le monde.

Il baisa les yeux pour ne pas croiser le regard pénétrant de son professeur qui aurait sondé son esprit s'il avait pu.

— Bien… Dans ce cas, je vous laisse retourner en cours. Passez tout de même voir Madame Pomfresh pour votre bras si jamais il ne cicatrice pas normalement.

— J'y penserai.

Pourtant, ils restèrent là, immobiles, à se fixer. Aucun ne voulait s'éloigner de l'autre.

Harry s'en voulait plus que tout de lui avoir dévoilé, car il savait qu'il l'avait perdu à jamais à cause de ça, qu'ils ne feraient plus jamais de cours particuliers, qu'il ne lui apprendrait plus jamais rien qu'ils ne passeraient plus de temps ensemble. Qui devait-il blâmer pour être tombé amoureux d'un professeur qu'il le haïssait il y a tout juste quelques mois et qui semblait tout juste commencer à le supporter ? Pourquoi lui avait-on fait ça ? Ne pouvait-il pas vivre enfin une vie tranquille avec une jolie fille avoir quelques héritiers et mourir en héros ? Apparemment non. Il serait différent jusqu'à la fin. Alors il pensa aux conséquences. Ses amis ? Ils n'avaient pas attendu cela pour le lâcher. Sa célébrité ? Il ferait tout pour s'en séparer. Sa vie ? Etait-il prêt à passer une vie à regretter cet homme ? Il n'y survivrait sûrement pas.

Snape n'en pensait pas moins. Il s'était attaché à un gamin stupide, immature, rebelle, moqueur ; talentueux, beau, drôle, joyeux. La vie n'en avait pas fini avec lui. Jusqu'à sa mort elle se moquerait de lui. Que devait-il faire alors ? Pour commencer pouvait-il le croire ? Ne lui avait-il mentit comme on lui avait mentit toute sa vie ? Peut-être, sûrement. Mais Dumbledore y avait fait allusion il devait savoir des choses qu'il ignorait, ou du moins savoir la vérité, qui semblait aller dans son sens vu ce qu'il avait pu lui sous-entendre. Que risquait-il ? De souffrir ? Rien ne pouvait être pire qu'un Doloris de toute façon. De se faire renvoyer ? Comme s'il aimait enseigner à des idiots pareils… Et en acceptant le fait qu'il ne lui avait peut-être pas mentit, pouvait-il vraiment y perdre quelque chose ? Il n'avait rien à perdre de toute façon.

Est-ce que ce fut inconsciemment, ou par un regard, ou même une pensée mais sans avoir eu même le temps de comprendre ce qu'il se passait, ils s'embrassaient avec la plus grande tendresse au monde.


Enfin... N'est-ce pas... N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !