Titre : Tout ce sait rien ne s'oublie

Auteur : Marysol Cx

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sauf Snape dans mes rêves), et ils appartiennent à JK Rowling

Rating : M

Bonne lecture, à dans deux semaines :)

Marysol Cx


Chapitre 23

Harry se réveilla en baillant. Il avait beau avoir dormi, la nuit n'avait pas été de tout repos. N'allez pas croire qu'il s'était passé quoique ce soit avec son amant. Aujourd'hui, c'était la première nuit qu'il repassait dans son dortoir avec ses camarades, tous étant rentrés chez eux pendant les vacances de Noël. Il avait pris goût à ce calme et cette sérénité pendant deux semaines. Entre sa tour et les cachots, il avait perdu toute habitude au bruit environnant. Même ses sorts d'insonorité n'avaient pu l'aider à dormir : il savait qu'ils étaient là, ça lui suffisait pour ne pas réussir à dormir. Il avait hésité pendant un instant à aller dormir à Pré Au Lard, mais il avait promis au Directeur avec qui il avait eu une petite conversation suite à ses nombreuses absences, que ça n'arriverait plus. Les cachots avaient été une option rayée immédiatement aussi. Il refusait qu'Harry vienne dormir avec lui –bien qu'il ne le refusait jamais à d'autres moments de la journée. Ce refus était tout simplement pour une question de sécurité et de discrétion : hors de question qu'il ne soit pas dans son dortoir si jamais McGonagald venait pointer.

Il n'était que 6h, mais il se leva malgré la fatigue qui le fit bailler à nouveau. Il se dirigeait vers la salle de bain quand une idée lui vint. Il ne savait pas trop comment Severus allait pouvoir réagir, mais il avait appris durant les deux semaines passées qu'il ne pouvait réellement se mettre en colère contre lui, même quand il essayait de faire en sorte que. Quand par exemple il était apparu un matin avec le petit déjeuner alors qu'il dormait encore, ou quand il eut laissé une rose noire sur le canapé après être partit même quand il avait glissé une petite note érotique entre deux copies de 3èmes années qu'il devait corriger. Alors il ne se faisait aucuns soucis quant à sa réaction s'il le trouvait dans sa salle de bain en allant lui-même se laver.

Comme il l'avait prévu, son amant entra dans la salle de bain alors qu'il ne portait qu'une serviette autour de ses hanches et que ses cheveux goutaient lentement sur le sol. Il se délecta du regard perdu et des joues rosées de son amant. Il s'attendait à de fausses réprimandes, sauf qu'à la place, son amant vint se coller contre lui en l'embrassant langoureusement.

— Sale gamin, murmura-t-il en plaquant ses mains sur ses fesses couvertes par une fine serviette.

Severus prenait un malin plaisir à sentir l'excitation d'Harry contre sa cuisse. Il avait voulu jouer en venant se doucher ici, mais il n'allait pas le laisser s'en sortir comme ça. Quand enfin il le sentit à deux doigts de craquer, il sortit de la salle de bain en lui disant de se dépêcher de libérer la place. Harry le regarda partir avec désespoir, son sexe dur et son corps brulant de plaisir. Tout compte fait, peut-être ce n'était pas une si bonne idée de venir. Il ne pouvait le nier, cette fois-ci, Severus avait gagné. Enfin… Peut-être pas tant que ça. Il verrouilla la porte d'un geste de la main et retira son sort d'insonorisation. Il alla s'asseoir contre la porte, sentant la présence de Severus à quelques mètres de lui, et commença à se toucher en gémissant son prénom, comme il l'avait déjà fait la semaine passée après avoir passé du temps avec lui, à s'embrasser sur son canapé. Il se délectait autant du plaisir qu'il ressentait que des petits halètements de Severus de l'autre côté du mur. Ce dernier, maudissait une nouvelle fois ce gamin dont il était tombé amoureux de se moquer de lui et de gagner à chaque fois qu'il essayait de le provoquer. Un jour, se promit-il, il gagnerait à son tour. Mais en attendant, il pouvait juste attendre qu'il finisse les joues rouges, le souffle court, et en trouvant son pantalon décidément trop serré.

HPSSHPSS

Harry soupira pour la 7ème fois en près de 2h. Décidément, Dumbledore ne trouverait jamais un seul professeur de Défense contre les Forces du Mal digne de ce nom. S'ils avaient croisé depuis 7 ans de nombreux professeurs, des bons, des mauvais, des fous (beaucoup) celui-ci était de loin le pire, car il était ennuyeux à mourir. Il passait les cours à leurs expliquer telle ou telle créature, à leur montrer comment faire un sort sans jamais leurs faire pratiquer. Ce qui était un gros problème, car même si une bonne partie de la classe maitrisait déjà le programme, merci à l'AD et à la Résistance, ce n'était pas le cas de tous, et les ASPICs approchaient.

Pour passer le temps il se mit à dessiner sur son parchemin. Rien de bien concret, juste des petits symboles, les quelques runes qu'ils connaissaient à force de regarder Hermione travailler. Elle le regardait d'ailleurs, avec le même air que depuis le début de l'année, qui voulait dire « Vas-tu un jour écouter en cours ? ». Et comme à chaque fois il la regardait, un petit air de « De toute façon j'ai pas besoin ». C'était presque un rituel qui c'était installé entre eux, de lui faire remarquer qu'il n'écoutait pas, pour qu'il lui réponde que ce n'était pas nécessaire à sa réussite. Le seul cours où il écoutait restait les potions, où il écoutait même un peu trop, fixant intensément son professeur à chaque cours. Hermione lui avait d'ailleurs fait remarquer, en lui demandant ce qu'il avait à le fixer, et il avait bafouillé en disant qu'il le regardait comme d'habitude. Suite à ça il avait tenté de faire plus attention, mais il savait qu'il ne pouvait s'en empêcher, et qu'Hermione n'était pas dupe.

— Pour la semaine prochaine, je veux 3 parchemins sur les différentes façons de désarmer et neutraliser son adversaire, ordonna le professeur de Défense d'une voix lente et endormante –presque pire que Binns.

Harry se délectait presque de les entendre tous se plaindre d'un devoir maison alors qu'ils venaient juste de reprendre les cours. Il en aurait pour 20 minutes à tout casser. Il connaissait déjà tout sur le sujet. Quant à la rédaction, sa plume qui écrivait alors qu'il dictait suffirait à rendre ça encore plus rapide. Même pas de temps perdu avec Severus de cette manière.

Severus… Il prenait une bonne partie de ses pensées, pour ne pas dire toutes. Il se demandait encore comment ils en avaient pu en arriver là, mais il ne s'en plaindrait jamais. Il n'avait jamais été aussi heureux. Il avait eu peur, tellement peur, que Severus le mette à la porte au bout de quelques jours, réalisant qu'il n'était pas celui qu'il voulait avoir comme amant. Mais il n'en avait rien été. Dès le premier jour il avait été câlin, souriant, même si peu bavard mais ça ne dérangeait pas Harry. S'il aimait bien parler, le calme était primordial pour lui, et avec Severus il le trouvait.

— Harry, tu viens ?

Il sortit de ses pensées, découvrant Hermione debout à côté de lui, alors que la classe se vidait lentement, sous les rechignements des quelques-uns qui allaient en potions. Harry sourit intérieurement. Il allait le revoir, et comme c'était la pause du midi après, il pourrait peut-être manger avec lui et faire son devoir de Défense pour avoir son avis. C'était quelque chose qu'il avait fait pendant les vacances : savoir ce qu'il pensait de son travail, et ça lui avait permis de supprimer quelques erreurs récurrentes dans différentes matières. Il refusait en revanche de lui donner la moindre information, y compris sur le devoir de potion qu'il avait fait et rendu en retard, vu qu'il était à rendre avant les vacances. D'ailleurs, il devait les rendre aujourd'hui. Pour ce devoir, il s'était abstenu de rajouter quelque chose dans sa copie. Rajouter un papier dans le tas qu'il corrigeait c'était une chose, dans sa copie, c'en était une autre…

— Assis, lança-t-il, sa voix claquant contre les murs.

Harry ne put retenir un sursaut. Il n'avait plus l'habitude. Il avait entendu une voix douce pendant 2 semaines, il avait entendu Severus. Là, c'était Snape, la terreur des cachots.

— J'ai eu, pendant 2 semaines, la joie de corriger vos torchons, heureusement peu nombreux. Même les 5èmes années auraient été capables de faire mieux que certains.

Il prit entre deux doigts, tenant relativement loin de son visage, la première copie.

— Monsieur Weasley. La prochaine fois, rendez un parchemin blanc. Cela nous évitera une perte de temps considérables à tous les deux.

Il lâcha la copie sur la table, mais en ayant auparavant prit le soin de faire voir à tous le magnifique « T » qui y était inscrit à l'encre rouge. Il distribua le reste sans faire de commentaire trop violents, ce qui étonna Harry, qui savait qu'il avait mis un seul EE et deux A, mais il ne savait pas à qui, même s'il pensait avoir A, le EE étant sûrement pour Hermione. Mais quand la copie tomba devant cette dernière, il comprit que c'était à lui qu'appartenait la meilleure note.

— Et bien, monsieur Potter, il semblerait que nos délicieux cours imposés par ce cher directeur aient enfin porté leurs fruits, n'est-ce pas. N'en prenez juste pas l'habitude, et n'imaginez pas que vous allez pouvoir les arrêter là.

Il fixa sans trop comprendre sa note. Il savait qu'il s'était amélioré, et pas qu'un peu, mais de là à recevoir les éloges de Snape ? Car il était sûr et certain que leur relation n'avait pas influencé sur la notation, d'une part parce que Severus était extrêmement professionnel, et d'autre part parce que leur relation durait depuis trop peu de temps pour qu'elle ait vraiment un impact sur eux en dehors de l'intimité de ses appartements.

— La potion à commencer aujourd'hui est inscrite au tableau. Ce sera la potion du mois à venir. Vous reprendrez à chaque cours pour la continuer, je vous conseille donc d'être extrêmement vigilants. Une erreur pourrait vous être fatale, et vous n'aurez pas de seconde chance. Cette potion comptera notamment pour une bonne partie de votre note ce trimestre, alors appliquez-vous. Vous pouvez commencer.

Harry commença à lire le tableau, alors qu'Hermione se précipitait déjà sur les ingrédients, comme toujours plus rapide que lui à commencer. Il eut du mal à retenir un éclat de rire. Du Polynectar. Un jeu d'enfant pour Hermione qui en avait fait en deuxième année, et lui devrait s'en sortir haut la main vu son niveau aujourd'hui. Peut-être dirait-il à Severus qu'il en avait déjà fait, peut-être un jour… Pour l'instant, il devait commencer sans faire d'erreurs, mais il était quasiment sûr qu'il allait y arriver.

HPSSHPSSHPSS

— Harry, quel était ce sourire quand tu as vu quelle potion vous deviez faire ? Tu ne l'as jamais fait, alors pourquoi être heureux ?

Il s'arrêta dans la récitation de son devoir de Défense. Normalement, Severus ne l'interrompait jamais quand il travaillait. Cela devait le travailler pour qu'il lui demande ainsi. Et devait-il lui dire la vérité ? S'il voulait que leur relation dure, oui, il devait lui dire. Le jour était donc arrivé bien plus vite qu'il ne l'avait pensé.

— Promis, tu ne t'énerves pas ?

— Qu'as-tu encore fait, Harry ?

— Avait fait, plutôt…

Il abandonna son canapé où il travaillait pour rejoindre Severus et s'asseoir sur ses genoux.

— Il se trouve, qu'avec Hermione et Ron, on en avait déjà préparé, avoua-t-il.

— Et puis-je savoir pourquoi ?

— Et bien…

Il cherchait une manière de l'amener délicatement, mais il n'en voyait pas. Alors autant faire ça comme on retire un pansement…

— En 2ème année, on pensait que Malfoy était l'hérité de Serpentard donc on a pris la place de Crabe et Goyle pour aller l'interroger.

Il n'osa pas relever la tête pendant plusieurs secondes, s'attendant à des cris, mais rien ne vint. Alors il releva doucement la tête, croisant le regard surprit de son amant.

— Je dois admettre qu'outre tous les articles du règlement brisés, je suis assez fier de toi. Pas pour la raison pour laquelle vous l'avez utilisé, mais tu as su faire une potion relativement compliqué en 2ème année.

— Hermione l'a faite, corrigea-t-il. Nous on s'est contenté de…

— Voler les ingrédients, termina-t-il tranquillement. Pensais-tu que j'oublierais un jour ?

— Je n'ai jamais eu l'espoir que tu oublies quoique ce soit me concernant de près ou de loin… Tu ne m'en veux pas ?

Il l'observa passer sa main dans ses cheveux, dégageant son visage de quelques mèches rebelles.

— J'ai cessé de t'en vouloir il y a déjà bien longtemps, soupira-t-il. Comment pourrais-je t'en vouloir quand tu me regardes avec ses yeux là ?

Sa main reglisa dans ses cheveux et s'empara d'une mèche qui comportait encore quelques rares reflets verts.

— Tu penses les refaire ? Demanda-t-il en faisant glisser ses cheveux entre ses doigts.

— Je n'y avais pas pensé. Peut-être, si ça fini par me manquer. Pourquoi ? Tu voudrais ?

— J'aimais bien, ça mettait en valeur tes yeux.

— J'y penserai à l'occasion, sourit-il en posant sa main sur sa joue.

Il en profita pour poser un baiser sur sa joue libre, pour ensuite filer se rasseoir sur le canapé.

— Je veux finir ce devoir avant de devoir retourner en cours. Comme ça, ce soir je suis libre.

— On verra gamin, j'ai du travail aussi, et moi je ne peux pas le faire en 30 minutes.

— Dans ce cas je viendrai te voir pour un cours particuliers. Tu te sentiras moins coupable d'abandonner tes copies comme ça. Et puis, j'aimerais bien qu'on retravaille sur comment je peux donner ma magie aux gens. Les deux fois où je l'ai fait avec toi ça m'a complètement épuisé, et j'avais du mal à l'arrêter pendant. Ca pourra toujours me servir de savoir faire ça.

— Si tu veux, mais uniquement si tu me laisses travailler jusqu'à la sonnerie. D'accord ?

— Vendu !

Severus l'observa alors qu'il se réinstallait confortablement dans son canapé. Comment avait-il pu se faire si vite à la présence bruyante de ce gamin ? Sûrement parce que c'était son amant, et qu'il aimait le voir faire du bruit dans ses appartements, ça lui faisait savoir qu'il était juste là. Il n'aurait jamais imaginé, que lui, Severus Snape, bâtard et Sang-Mêlé, espion de l'Ordre et Mangemort puisse trouver un jour quelqu'un pour partager sa vie, même pour un temps. Et quelle personne… Il aurait traité de fous tous ceux qui lui auraient dit qu'il se serait un jour amouraché du Survivant, fils de son ennemi juré. Mais c'était ainsi que la vie avait décidé les choses. Et c'était une décision dont il n'était pas le maitre qu'il espérait ne jamais avoir à regretter. Le sourire que lui lança Harry le conforta dans son choix, il était heureux ainsi.


Les reviews m'aident à écrire O:)

Pour celles et ceux qui peuvent se demander, la fiction est loin d'être finie, je vous rassure :)

A bientôt !