Titre : Tout ce sait rien ne s'oublie

Auteur : Marysol Cx

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sauf Snape dans mes rêves), et ils appartiennent à JK Rowling

Rating : M

Bon chapitre :)


Chapitre 36

— Va-t'en ! Cria Pétunia en pointant sur lit la cuillère en bois qu'elle avait toujours en main. Sort de ma maison, sale monstre !

— Pétunia, enfin, calme-toi ! S'énerva Vernon. De qui s'agit-il ?

— C'est lui ! Le monstre qui était ami avec Lily ! C'est lui qui l'a fait tuer !

Le visage du chef de famille vira soudainement au rouge, n'annonçant rien de bon. Mais il était un sorcier, alors il s'en fichait un peu. Alors, d'un geste de la main, il les força à se taire et alla s'asseoir dans le salon, dépassant un Dudley qui ne cessait de blanchir.

— Il n'y aura que d'une seule façon de me faire quitter cette maison : en me donnant des réponses. Alors venez ici moldus peureux et inhumains !

Son calme commençait à en prendre un coup. Après tout ce que cette famille avait fait subir à Harry, parce qu'il lui en avait parlé de nombreuses fois depuis le début de leur relation ! Voilà que cette même famille avait manqué de provoquer la mort d'un bébé, sur le simple fait qu'il était sorcier. Que serait-il arrivé à Harry si Dumbledore n'avait pas forcé Pétunia à le protéger… ? Il frissonna à cette pensée.

Finalement, le couple rentra dans le salon, alors que leur fils n'avait pas bougé du couloir où il l'avait vu pour la première fois.

— Et votre fils aussi. Il est la raison de ma présence ici.

— Duddy ! Gémit Pétunia en se précipitant sur son fils. Qu'as-tu fait ?

— Je… Rien… Rien, maman, je promets.

— Assis, ordonna Severus, déjà relativement énervé.

Vernon le jaugea du regard pendant une seconde, ainsi que sa baguette qui était dans sa main, et décida que s'asseoir était sûrement la meilleure chose à faire.

— Bien, nous allons pouvoir discuter. Harry a, il y a quelques semaines de cela, trouvé un enfant dans un hôpital. Un enfant sorcier, qui aurait été laissé pour mort dans une poubelle, proche de la mort et sans la moindre famille. Il l'a donc soigné. Puis, bien évidemment, il a voulu savoir s'il avait encore une famille. Il m'a donc demandé de l'aide. Et, alors que je pensais qu'il avait été abandonné par des moldus effrayés qui ne connaissaient rien à la magie, qui ont peut-être cru que leur enfant était possédé par le diable ; j'apprends que cet enfant vient d'une famille où la magie est connue. Alors, maintenant, Dursley, vous allez me dire ce qu'il vous est passé par la tête quand vous avez cru qu'abandonner un enfant de la famille d'Harry Potter, Sauveur du monde magique, assassin du Seigneur des Ténèbres ; serait une bonne idée.

Pétunia était proche de l'évanouissement. Vernon ressemblait à grosse tomate. Dursley, lui, ne bougeait toujours pas ; mais il semblait avoir atteint le dernier stade de la pâleur, un de plus et on aurait pu le considérer comme mort.

— Nous… Nous ne voyons pas de quoi vous voulez parler, balbutia Vernon. Jamais un enfant n'a mis les pieds ici.

— Répondez, maintenant. Ma patience a des limites et vous commencez déjà à les dépasser.

Dursley commençait à se dandiner sur ses gros pieds, prouvant qu'il n'allait pas tarder à craquer. Se pourrait-il que ses parents ne soient au courant de rien ?

— Dudley, n'aurais-tu pas quelque chose à me dire ? Susurra Severus en caressant sa baguette.

— Je voulais pas ! explosa-t-il. C'est elle qui m'a forcée ! Je voulais qu'on le laisse dans un orphelinat, mais elle disait qu'il était dangereux…

— Dudley, murmura sa mère, de quoi parles-tu ?

— Amalia, elle était enceinte… Je vous l'ai pas dit, je voulais pas que vous soyez en colère. Je l'avais dans ma chambre parfois, quand elle voulait pas s'en occuper. Pour ça que je mettais la musique aussi fort… Et un jour, il a fait des trucs bizarres. Des trucs… magiques, comme Harry faisait. Moi je comprenais, enfin… j'avais pas peur quoi. Mais elle, elle a dit qu'il était possédé, qu'il fallait le tuer et tout. Je lui ai dit que les démons nous pourchassaient si on tuait un enfant, elle m'a crue et elle a rien fait. Mais elle m'a forcée à l'abandonner, je voulais pas moi… Je l'aimais moi, James…

Severus avait l'impression d'avoir fasse à lui un bébé cachalot sanglotant dans les bras de sa mère. Finalement, cette famille n'y était pas pour grand-chose dans cette histoire. Bien sûr, si les grands-parents avaient eu connaissance de l'existence de cet enfant, les choses ne se seraient sûrement pas passées différemment. Mais dans le cas présent, ils n'y étaient pour rien.

Il n'en demanda pas plus. Il se contenta de leur lancer un sort d'Oubliette. Concernant sa venue pour les parents, et efface également l'existence de l'enfant de l'esprit du plus jeune. Ce gamin, quand bien même horrible avec Harry durant son enfance, semblait avoir murit ou au moins changé. Il n'avait jamais voulu faire souffrir son enfant ou le tuer. Il en était même venu à accepter le fait qu'il soit sorcier, de ce qu'il avait compris. Il ne méritait donc pas de vivre avec cette culpabilité.

Il quitta la maison et d'un tour sur lui-même, il disparut.

Il avait retrouvé la famille de cet enfant, c'est ce qu'Harry souhaitait. Devait-il dire la vérité à Harry sur l'identité de cette famille ? Peut-être pas tout de suite. Son amant serait capable de vouloir prendre l'enfant à sa charge, d'autant plus qu'il ne pourrait pas retourner dans la famille qu'était les Dursley. Mais ils n'avaient jamais évoqué la question d'un enfant. Mais la situation qu'ils traversaient, avec Ombrage, les ASPICS à la fin de l'année, leur relation qui malgré tout restait fragile car récente et tenue secrète. Si son amant en venait à garder cet enfant avec eux, il ne voulait pas imaginer toutes les conséquences possibles. D'autant plus qu'il ignorait comment Harry pourrait réagir face à cet enfant qui était de son sang, quand il avait perdu le sien quelques mois auparavant.

Mais ce jeune sorcier ne pouvait pas non plus rester dans un orphelinat. Il y aurait forcément un moment où sa magie se dévoilerait. Un problème se posait aussi en le mettant dans un orphelinat sorcier, où il testerait son sang pour savoir si un sorcier de sa famille était référencé au Ministère. Le nom d'Harry ressortirait immédiatement et ce serait scandale d'envergure nationale. « Harry Potter abandonne son neveu, un monstre se cacherait-il derrière le héros ? ». Il imaginait déjà les titres que la presse pourrait pondre.

Et bordel, le nom qu'il avait donné au gamin ! James… N'aurait-il pas pu choisir autre chose ? Il était convaincu que ce n'était pas par hasard. Il avait dû apprendre prénom de Potter père et l'avait choisi pour son fils. Etait-ce pour un jour arriver devant Harry et lui dire qu'il s'en voulait ? Qu'il n'était pas comme ses parents et qu'ils voulaient tout recommencer à zéro ? Il ne saurait jamais. Et il n'était pas sûr de vouloir savoir non plus. Mais il ne mentirait pas à son amant sur le prénom de cet enfant.

En parlant de son amant, ce dernier l'attendait dans ses appartements et se leva d'un bond en le voyant apparaitre dans la cheminée.

— Alors ! s'exclama Harry en lui sautant presque dessus.

— Du calme, j'ai beaucoup de choses à te dire. Va t'asseoir, je vais faire du thé.

Oh… Cela n'annonçait rien de bon. Harry avait appris avec les semaines que son amant allant faire du thé était le témoin d'une discussion longue et laborieuse à venir. Mais il ne fit pas de commentaires et prit place dans le canapé.

Il s'empara la tasse quand lui tendait son amant, humant le doux parfait.

— Bien… Quoi que je vais te dire, je souhaite que tu restes assis sur ce canapé et que tu n'ailles pas faire une bêtise en allant voir sa famille ou lui.

— D'accord, c'est promis. Maintenant, dis-moi, le pressa Harry.

— Je… Il s'appelle James.

Il ignora la pointe de douleur qui passa dans le regard de son élève.

— Sa famille vit dans le Surrey. Il a été élevé pendant un an par son père, sans rien dire à ses parents. Quand il a commencé à montrer des signes de magie, il n'a pas pris peur car il connaissait la magie. Mais la mère, elle a voulu le tuer… Il a réussi à la convaincre de ne « que » l'abandonner et a espéré qu'on le retrouve à temps. Il n'a jamais voulu cela.

— Tu penses qu'on peut lui rendre, dans ce cas ?

— Non. Je lui ai effacé la mémoire, c'était mieux comme ça.

— Mais pourquoi ? On avait retrouvé sa famille !

Harry se leva, sa magie commençant à crépiter autour de lui.

— Je voulais qu'on lui retrouve sa famille, qu'il vive avec des gens qui l'aiment, qu'il n'ait pas à vivre comme moi, avec des gens qui ne voulaient pas de lui !

— Harry… tenta Severus.

— Mais non ! commença à hurler Harry. Monsieur a cru que c'était une meilleure idée de leur faire oublier son existence. Et pourquoi ? Pour protéger le secret du monde magique ? Depuis quand tu en as quelque chose à faire !

Severus sentit sa gorge commencer à le serrer.

— Je me suis presque tué pour sauver ce garçon. J'ai failli y laisser la vie ! Tu réalises ce que ça veut dire ? Ou alors tu t'en fous à ce point de moi ?

— Harry… gémit Severus qui commençait à avoir des difficultés à respirer.

— Et on va faire comment maintenant ? Le laisser entre les mains du Ministère ? Ils seraient capables de retrouver ma signature magique sur lui et m'accuser de l'avoir voler à sa famille ou je sais quoi !

Un bruit sourd résonna dans les cachots, faisant taire Harry qui se retourna vers son amant.

— Severus !

Dans sa colère, sa magie s'était attaquée à son compagnon, l'étranglant.

— Oh, Severus… Tu m'entends… ?

— Crétin, murmura-t-il portant sa main à sa gorge. Si tu me laissais parler aussi…

Harry aida son professeur à se rasseoir et soigna sa gorge qui commençait à bleuir, en posant la main dessus. Severus sentit une douce chaleur s'insinuer dans son corps et la douleur disparut.

—Je suis désolée, murmura Harry en se blottissant contre son ainé. Je ne voulais pas… Mais tu as détruit sa…

— Tais-toi donc, Potter, le coupa Severus. Ce garçon, James, n'aurait pas pu vivre dans sa famille.

— Pourquoi ça ?

— Parce qu'ils ont déjà dû élever un sorcier et ce ne fut pas avec amour.

Severus hésita pendant une seconde à lui dévoiler la vérité. Son amant était fragile, instable, puissant ; rien ne bon ne résulterait de cette vérité. Mais il l'a lui devait. Comme il lui avait crié quelques minutes auparavant, il avait failli mourir pour sauver cet enfant.

— C'est ton neveu Harry. C'est le fils de ton cousin, Dudley.

HPSSHPSSHPSS

Heureusement qu'Harry portait sa cape d'invisibilité, ou de nombreux élèves l'auraient arrêté pour lui demander s'il allait bien. On aurait dit un robot dans sa démarche et un fantôme pour son teint. Quant à l'état de son esprit, dire que ce dernier était à peu près aussi efficace que celui de Goyle lors d'un cours de potion, était assez représentatif.

Severus avait refusé qu'il quitte ses appartements car étant beaucoup trop instable et imprévisible. Mais il ne l'avait pas écouté. Alors son professeur n'avait pas osé s'opposer, de peur qu'il craque réellement. Cependant, il avait envoyé une note à Miss Granger qui devrait le récupérer à son arrivée dans leur salle commune et le faire parler, ou, au moins, le faire sortir de sa léthargie.

Il n'avait pas réussi à comprendre les pensées de son amant une fois qu'il lui ait dévoilé que le garçon était de sa famille. Il s'était attendu à de la surprise, de la joie, de la peur, de la colère même ; mais il n'avait rien eu. Harry s'était refermé sur lui-même, comme une huitre et avait refusé de lui parler autrement que par monosyllabes.

Une note venant d'Hermione glissa sous sa porte plusieurs minutes après le départ d'Harry, lui informant qu'elle l'avait récupéré et qu'elle le tiendrait au courant de la situation par le même moyen, sauf s'il souhaitait faire autrement. Il n'avait pas répondu. Il avait juste brûlé la feuille pour ensuite aller s'enfermer dans son laboratoire.

Mais il était incapable de se concentrer sur ces potions. Ce gamin lui en ferait voir de toutes les couleurs. Il ne lui arriverait jamais de normal. Il lui arriverait toujours quelque chose. Depuis l'été dernier il avait tué Voldemort, avait totalement changé dans son style et sa personnalité, devenant une sorte de dark Harry. Il avait frôlé la mort à cause d'une grossesse, puis en essayant de sauver un gamin. Pour qu'ensuite Ombrage arrive et essaye de le tuer à chaque retenue qu'ils avaient ensemble. Tout cela ne s'arrêterait donc jamais… Il avait le sentiment que le mauvais sort s'abattait sur Harry, et plus récemment sur eux.

Il se força à reprendre contenance. Il avait des commandes de potions qui l'attendaient, et il était temps qu'il s'en préoccupe. Alors, pendant deux heures, il prépara des potions de régénérations sanguines, de nutritions et de Poussos pour l'infirmerie. D'autres à usages divers et variés pour ses collègues. Puis, vint une demande de Remus, qui l'informait qu'il serait bientôt à court de potion Tue-Loup. Remus… Il avait plusieurs fois fait appel à Remus ces derniers mois, quand Harry n'allait pas bien soit pour l'aide, soit pour le retrouver. Peut-être que cette fois encore il pourrait l'aider.

Il se dépêcha d'entamer la préparation de la potion, comptant lui envoyer avec une demande pour le moins particulière. Quand bien même il était un loup-garou, il lui semblait la personne la plus adaptée pour s'occuper d'un jeune sorcier sans foyer.

HPSSHPSSHPSS

— Harry, s'il te plait, parle-moi. Je m'inquiète pour toi.

Depuis déjà une heure, le Survivant n'avait pas bougé, n'avait pas ouvert la bouche ; malgré toutes les interventions et les vaines tentatives de son amie.

— C'est à cause du jeune sorcier ? Demanda-t-elle, à court d'idée pour le faire parler lui-même. Severus a retrouvé sa famille ?

Bien sûr, elle savait déjà tout grâce à son professeur et ses petites notes volantes. Mais Harry ne savait pas cela.

— James, murmura finalement Harry. Il s'appelle James. James Dursley…

— Comme…

— Oui, comme eux. C'est le fils de mon cousin.

Il resta silencieux quelques secondes. Voyant qu'elle n'en satisfaisait pas, il fut clair.

— Maintenant, que tu sais, s'il te plait, laisses-moi seul.

Hermione sentit son cœur se serrer. Jamais Harry ne l'avait mis congédié de la sorte. Mais elle comprenait qu'il ait besoin d'être seul, de faire le point sur tout ça. Alors elle le laissa seul, au coin du feu, dans leur salle commune.

Il avait une famille. Une famille qui voulait de lui, qui l'aimait. Mais savoir d'où venait ce garçon lui faisait tellement mal. Deviendrait-il en grandissant comme les Dursley, n'haïssant pas les sorciers mais, à l'inverse, les moldus et les créatures magiques ? Ne lui en voudrait-il pas de l'avoir supprimé des esprits de son père et grands-parents ? De l'avoir laissé pendant des semaines dans un orphelinat sordide dans lequel il était encore aujourd'hui, en ce moment ? Il aurait toutes les raisons du monde pour lui en vouloir.

Il resta longtemps assis devant le feu, regardant danser les flammes. La soirée commença à pointer le bout de son nez, puis la nuit. Il finit par être seul dans la Salle Commune. Il serait sûrement resté là toute la nuit si quelqu'un n'était pas rentré dans la pièce.

— Harry.

Son humeur s'adoucit. Son amant était venu le chercher jusqu'ici. Il devait donc s'inquiéter pour lui.

— Viens, s'il te plait. J'ai peut-être trouvé une solution.

Il le laissa s'approcher et prit appui sur lui pour se lever. Il ne croyait pas en ce qu'il avait à lui dire, mais il n'avait pas la moindre excuse pour rester prostré ici plus longtemps.

Ils ne croisèrent personne sur le chemin des cachots. Heureusement pour eux, car la vision de Severus Snape tenant Harry Potter par la taille n'était pas quelque chose à montrer aux étudiants ni aux professeurs.

Une main sur ses reins invita Harry à rentrer le premier dans les appartements du Maitre de potions.

— Harry ! Cria une voix fluette qu'il reconnue.

Son cœur se remplie de joie quand il vit le sourire magnifique de James. Ce dernier qui n'était pas seul, qui était dans les bras de Remus, dont le sourire était tout aussi magnifique.

— Harry, voici ma solution, sourit Severus.

Remus… Remus qui était aimant, consciencieux, loyal, droit. Oui, Remus était la parfaite solution et la parfaite personne.

— Merci, murmura Harry en se blottissant dans les bras de son amant, sous le sourire des deux adultes et du petit garçon qui avait trouvé sa famille.


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