Titre : Tout ce sait rien ne s'oublie
Auteur : Marysol Cx
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas (sauf Snape dans mes rêves), et ils appartiennent à JK Rowling
Rating : M
Désolée pour l'attente, je travaille à fond sur une nouvelle fic (j'ai déjà 40 pages d'écrites ) et j'espère pouvoir commencer à la poster bientôt.
Bonne lecture !
Marysol
Chapitre 39
Il régnait un calme anormal dans la Grande Salle. Cela était sûrement dû aux personnes inconnues qui avaient pris place aux points stratégiques de la pièce. Peut-être aussi à cause des deux aurors qui avaient leur baguette pointée sur leur Maitre des Potions.
Personne n'osait lever la voix, de peur d'être menacé aussi, mais tous chuchotaient vivement afin de comprendre ce qu'il se passait. Il ne s'était pourtant rien passé de particulier avec le directeur des Serpentards. Il avait été désagréable et avait retiré des points par poignées, comme à son habitude. Les tablées se jetaient des regards, chacun se demandant si les autres avaient plus d'informations. Puis, quelqu'un croisa le regard d'Hermione Granger et fit le rapprochement. Cette dernière avait l'air paniquée et serrait sa baguette dans sa main en jetant des regards à tous les sorciers du Ministère, à la recherche d'une échappatoire. Mais personne n'aurait pu, ne serait-ce, croire que Miss Je-Sais-Tout avait fait quelque chose de mal ; c'était donc forcément son meilleur ami, Harry Potter, qui s'était encore fourré dans les ennuis jusqu'au cou. Mais en quoi cela concernant Snape ? Lui avait-il fait une mauvaise blague ? Non, le Ministère ne s'impliquait pas dans les affaires de Poudlard pour une simple blague de collégien.
Où était Potter d'ailleurs ? On ne le voyait plus trop depuis quelques semaines, mais en cet instant, son absence semblait résonner comme jamais.
Un craquement résonna dans le hall, faisant se retourner les quelques centaines d'élèves de Poudlard.
— Expelliarmus !
— Stupefix !
— Immobilus !
Sous le regard stupéfait de tous, Harry Potter venait d'apparaitre et de prendre un sortilège dans le dos. Mais le plus impressionnant fut sa réception. Car, quand bien même il venait d'être projeté au sol, il fit une roulade évitant les deux attaques suivantes, se retourna et mit ses assaillants au sol d'un geste de la main. Sûrement n'avait-il pas remarqué tout ce qui se tramait autour de lui, car il s'approcha des hommes pour les empoigner par le cou et leur murmurer des mots que seuls eux entendirent.
— Mr Potter ! s'égosilla Dolores Ombrage pour avoir l'attention de son martyr.
Il se retourna vivement, baguette en avant, prêt à attaquer. Et là, il comprit tout ce qu'il se passait et ce qui allait arriver.
— Va-t'en ! hurla la voix de Severus dans son esprit alors que son regard désolé se posait sur lui.
— Mr Potter, répéta Ombrage d'une voix plus calme. Quel plaisir de vous voir parmi nous.
Son esprit était encore sonné par le sortilège qu'il avait reçu dans le dos, il était déconcentré par tous les regards qui se portaient sur lui, paniqué par les baguettes qui s'enfonçaient dans la nuque de Severus. Il y avait trois aurors dans son dos qui se relèveraient bientôt, deux qui étaient sur Severus et qu'il devrait donc neutraliser en premier. Puis quatre de chaque côté de la Grande Salle, sans compter Ombrage qui lui lancerait sûrement un Impardonnable s'il bougeait d'un centimètre.
Les élèves étaient perdus. Que se passait-il pour l'amour de Merlin ?! Pourquoi donc Snape et Potter se retrouvaient menacés par Ombrage et les hommes du Ministère ? Snape était peut-être un ancien Mangemort, mais Harry Potter était le Survivant, il ne pouvait donc pas être impliqué dans une histoire de magie noire. Que s'était-il passé pour qu'ils soient tous les deux concernés ?
Et soudainement, la lumière se fit à l'instant même où la Gazette du Sorcier atterrit devant eux.
— Je pense que vous trouverez les réponses à vos questions dans le journal, susurra Ombrage en descendant de l'estrade pour s'approcher d'Harry qui commençait à ne plus contenir sa magie. Les pensées de ses camarades l'assaillaient, lui permettant de savoir ce que contenait le fameux journal.
Sa colère ne fit que grandir encore plus. Autant envers ceux qui avaient osé ouvrir leur bouche pour parler lui, autant envers lui-même qui n'avait pas été assez vigilant sur tous les points qui avaient réussi à apparaitre dans le journal.
— Eh bien, Mr Potter, je vous trouve bien silencieux. Pourtant, vous deviez bien faire attendre votre voix quand votre professeur vous a fait toutes ces marques.
Il ne rougit pas, il ne baissa même pas les yeux pendant une fraction de seconde ; mais Merlin qu'il se détestait en cet instant. Pourquoi avait-il fallu qu'il quitte les appartements de Severus uniquement vêtu d'un pantalon de survêtement. D'autant plus que les paires d'yeux qui fixaient ses suçons et son serpent qui se mouvait rapidement, lui sifflant ce qu'il se passait dans son dos, le déconcentraient.
Face à lui, Ombrage sortit un parchemin et s'éclaircit la voix.
— Mr Potter, je vous arrête pour avoir entretenu une relation interdite et immorale avec votre professeur de Potions. Également pour avoir fraternisé avec un ancien Mangemort qui n'a jamais réellement été innocent. De plus, nous pouvons ajouter aux charges l'agression que vous avez porté aux agents du Ministère.
Il n'était plus en colère. Il était dans une rage noire. Il savait qu'elle faisait tout pour le pousser à bout, pour qu'il craque et l'attaque qu'elle puisse rajouter de nouvelles accusations. Mais il ne lui ferait pas ce plaisir.
La situation était très simple. Ombrage les voulait tous les deux, mais surtout lui. Donc, si elle l'avait, sûrement laisserait-il Severus tranquille. Et il n'y avait pas trente-six solutions.
Il concentra toute la magie de son corps dans ses mains et quand il se sentit prêt, son regard se planta dans celui de son amant.
— Severus, lança Harry faisait entendre sa voix pour la première fois. Ferme les yeux.
Il ne laissa le temps à personne de comprendre ce qu'il se passait. Une boule de magie fonça sur Severus, les éblouissant tous. La seconde d'après, Severus Snape avait disparu les laissant tous hébétés et stupides.
— Bonne chance pour le trouver, murmura Harry qui s'effondra au sol, vidé de toute sa magie.
Severus était à l'abri, c'était tout ce qu'il comptait. Il ferma les yeux et se laissa attraper.
HPSSHPSSHPSS
Severus reconnu immédiatement l'endroit. Il était venu chercher Harry ici le jour où le Ministère avait perquisitionné le manoir. Un rire sans joie passa ses lèvres. Ils avaient perquisitionné le manoir. Harry lui avait dit qu'il se tramait quelque chose, mais il l'avait rassuré, l'avait fait oublié ses craintes de la plus douce des manières. Et là, Harry était aux mains du Ministère et lui était dans une cabane perdue dans la forêt sans sa baguette et sans la possibilité de transplaner s'il ne voulait pas risquer de se faire remarquer. Qu'avaient-ils encore fait pour mériter cela ? Il ne leur restait plus que deux mois. Dans deux mois ils auraient pu vivre leur idylle en paix, loin des manigances et de la haine d'Ombrage et du Ministère. Mais il avait fallu qu'elle les dénonce, qu'elle trouve de nombreuses preuves, qu'elle les espionne alors qu'ils baissaient leur garde. Quels idiots ils avaient été !
Il n'essaya même pas de se rassurer en se disant qu'Harry serait emmené au Ministère, jugé comme n'importe qui et serait finalement acquitté. Non, Ombrage empêcherait la justice d'aller dans leur sens, et peut-être même d'aller tout court. En cet instant, Harry était sûrement en route vers Azkaban ou dans une cellule de suppression de magie au Ministère. Peut-être lui avaient-ils mis des bracelets qui bloquaient toute magie, même involontaire, comme chez les enfants. Mais une chose était sûre, il ne pourrait pas s'échapper facilement il ne pourrait sortir des griffes d'Ombrage autrement que par la voix légale qu'était la justice.
Son cœur se serra alors qu'il réalisait ce que tout cela voulait dire. Harry était prisonnier d'Ombrage, lui-même était prisonnier de cette petite maisonnette sans rien pour se défendre ou survivre. Ils étaient séparés, sans aucun moyen de rejoindre l'autre. Vu comment le Ministère s'en mêlait, Gringotts devrait sûrement dévoiler les habitations d'Harry, dont le manoir qui avait été visité comme étant le sien à l'époque. Donc rien de bon en vue. Sa seule chance restait...
— Lana, appela-t-il doucement, peu sûr de sa voix.
— Maitre Severus ! s'exclama l'elfe en apparaissant devant lui. Lana a appris pour Monsieur Harry, je vous promets Monsieur, Lana n'a rien dit ! Ni les autres, Lana vous promet !
— Calme-toi, je sais bien que tu n'as rien fait. Mais tu vas pouvoir m'aider. J'aurais besoin que tu préviennes Dumbledore que je suis ici, mais en faisant très attention à ce que personne ne t'entende ou ne te vois. Tu penses pouvoir faire cela ? Dis-lui que je n'ai pas de baguette, pas de moyen de partir et je ne vais pas survivre ici très long. Ça ira ?
— Oui, Maitre Severus, Lana peut ! Lana va y aller tout de suite.
L'elfe disparut immédiatement, laissant de nouveau seul Severus qui était totalement désemparé par la situation. Il n'arrivait plus à formuler la moindre pensée cohérente. Tout ce qui tournait dans son esprit était son échec. Il avait échoué à protéger Harry. Pire encore, Harry avait dû le protéger, se laissant tomber de lui-même dans les griffes du Ministère.
Il prit sa tête entre ses mains, espérant vainement que toute sa honte disparaitrait s'il venait à s'emprisonner le crane à en souffrir. Mais non, elle était là. Puissante, douloureuse, à lui rappeler ses erreurs.
Des larmes commencèrent à couler sur ses joues, à tel point qu'un flot intarissable coulant désormais de ses yeux. Il pleurait toutes ses erreurs. Quand il a laissé sa mère mourir sous les coups de son mère, le jour où il avait traité Lily de Sang-De-Bourbe, la main de Lucius qu'il avait serré, le faisant rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres cette nuit où il avait dénoncé les Potter, causant leur perte… Et désormais, toutes les souffrances qu'il avait causé à Harry dans sa jeunesse et il lui avait tout pardonné pourtant ! Et une fois encore, à cause de lui, il souffrait. Et il ignorait s'il allait le revoir un jour, et dans quel état.
Tout était de sa faute. Harry était enfermé il ne savait où à cause de lui, il jouait au héros depuis des années car il l'avait toujours provoqué, il avait grandi dans une famille monstrueuse car il avait fait tuer ses parents.
Son corps tremblant glissa au sol, incapable de tenir une seconde de plus debout.
—Pardonne-moi, Harry, murmura-t-il alors qu'il priait pour que tout ceci ne soit qu'un mauvais rêve.
HPSSHPSSHPSS
— Nous devons faire quelque chose, Albus ! Un de nos élèves a été emmené par le Ministère, par une sorcière qui utilise de la magie noire sur eux !
— Je le sais, Minerva, soupira Dumbledore sûrement pour la centième fois depuis le début de la discussion.
— Et où est Severus, dans tout ça ? Potter l'a fait disparaitre et nous ignorons s'il n'est pas lui aussi aux mains du Ministère.
— J'en doute fort, Harry est puissant, il savait ce qu'il faisait. Je suis sûr que…
Un pop sonore le coupa dans sa phrase.
— Professeur Dumbledore, Lana est désolée d'interrompre le professeur, mais c'est très important.
— Je t'écoute.
— Severus Snape m'envoie vous dire qu'il est en sécurité, mais il n'a pas de baguette ni de vivres et ne sait pas s'il peut transplaner.
— Qui es-tu, elfe ? demanda doucement mais fermement Minerva qui n'avait pas confiance facilement en ces petites créatures.
— Je suis une des elfes de Maitre Harry Potter. Je m'occupe du manoir où ils vivent avec Maitre Severus quand ils ne sont pas à Poudlard. S'il vous plait, vous devez aider Maitre Severus et Maitre Harry. Dolores Ombrage est une femme monstrueuse, elle va tout faire pour les détruire tous les deux.
Un léger hoquet passa les lèvres de la professeure de métamorphose. Si une elfe parlait ainsi d'Ombrage, qu'avait-elle donc pu faire ?
— Lana va vous emmener le voir, Monsieur Dumbledore. Vous avez juste à prendre la main de Lana.
— Albus, vous n'allez tout de même pas la suivre ! s'exclama Minerva, outrée de voir son collègue faire ainsi confiance.
— Enfin, Minerva, pensez-vous vraiment que je ne connaisse pas tous les elfes qui circulent dans ce château ?
Sans hésiter, il prit la petite main tendue et disparut. Mais ce que Minerva ne savait pas, c'est qu'il s'agissait d'un elfe qui avait envoyé Harry dans la Grande Salle le matin même. Un elfe qui était autorisé à être dans le château. Malheureusement, seul Harry connaissait cette partie de l'histoire.
HPSSHPSSHPSS
— Severus ! s'exclama Dumbledore en voyant son protégé sain et sauf.
Puis, le Directeur réalisa qu'il était recroquevillé sur lui-même, son corps tremblant. Pendant une seconde il voulut s'approcher de lui pour le réconforter, mais il réalisa que Severus ne voulait sûrement pas qu'on le réconforte. En cet instant, il ne souhaitait qu'Harry. Alors il attendit patiemment que le professeur se calme et qu'il se relève pour lui faire face.
— Foutez le camp, ordonna froidement le professeur, comme s'il n'avait jamais été vu aussi faible la seconde d'avant.
— Je veux vous aider, Severus. Vous autant qu'Harry.
— Alors que faites-vous encore là ? s'énerva-t-il. Pourquoi n'est-vous pas au Ministère à tout faire pour libérer un de vos élèves ?!
— Ombrage avait un mandat d'arrêt… avoua Dumbledore d'une petite voix.
— Mais sous quel motif bon sang ?!
— Entrave à une enquête du Ministère. Bien non déclarés au Ministère. Suspicion de fraternisation avec les Mangemorts.
— Entrave ? Quels biens ? Avec moi ?!
— Quand ils ont visité ce qu'ils pensaient être votre manoir, les elfes d'Harry en avaient modifié l'apparence. Le même manoir qui n'est pas indiqué dans les registres du Ministère. De même pour ses appartements. Et en effet, vous êtes le Mangemort en question.
Severus se prit la tête entre les mains, tirant sur ses cheveux dans l'espoir de calmer un peu la colère qui s'emparait de nouveau de tout son être. Harry était enfermé au Ministère, ou peut-être même à Azkaban ! Et ils ne pouvaient rien y faire ! Le Ministère était dans la légalité, Harry était majeur donc personne n'avait le droit de demander sa sortie. Et les accusations du Ministère étaient fondées… Stupides et ne méritant nullement une incarcération mais fondées.
— Que pouvons-nous faire, Albus ? murmura Severus d'une voix brisée et dépitée.
— Je… je l'ignore. Attendre… Attendre et voir ce qu'il se passera. J'essayerai de contacter le Ministre directement mais je doute que j'aurai une réponse.
— Je vais vous le dire franchement, Albus, souffla Severus d'une voix glaciale. Si d'ici demain je ne sais pas où est Harry, et plus important, comment il va j'irai moi-même au Ministère et je tuerai tous ceux qui se mettront sur ma route.
— Je comprends, Severus. Et je ferai tout mon possible pour le sortir de là, mais je ne pèse plus rien au Ministère, aujourd'hui.
Severus lui lança un regard noir qui voulait sûrement dire « si vous ne pouvez rien faire, allez-vous en ».
— Je vais essayer de contacter Shacklebolt, au moins pour avoir des informations.
— Faites comme bon vous semble, murmura le professeur qui s'était effondré dans le canapé.
Dumbledore n'osa pas insister. Il quitta la maisonnette et transplana quelques centaines de mètres plus loin et rejoignit son bureau à Poudlard. Il allait tirer cette affaire au clair. Harry reviendrait à Poudlard et le froid professeur qu'était Severus Snape serait de retour dans ses cachots avant que personne n'ait le temps de remettre en cause son sérieux et sa froideur.
Du moins, il l'espérait.
Alors, on me déteste ou on me déteste ?
