Hey ! Comme promis, voilà le premier chapitre de ma fanfiction "Jusqu'à la prochaine fois". Oui, il est en retard et je m'en excuse ! J'ai dû retaper plusieurs fois le chapitre sur Fanfiction car le site ne voulait pas l'enregistrer dans la partie "Doc Manager". Je suis dessus depuis 14h et là, j'ai plus du tout de patience ha ha. J'espère malgré tout que le chapitre va vous plaire ! Merci beaucoup à ceux qui commentent, suivent ou tout simplement lisent cette histoire. Merci beaucoup à vous, ça me pousse à continuer d'écrire !

Toshiro-Hitsugaya222 : Hey ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! J'espère que l'histoire va te plaire ! Quand cette fanfiction sera terminé, je pense me lancer dans une histoire plus longue, on verra bien le résultat ! Je te souhaite une excellente lecture ! Bye !

Crixstal : Hey ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! La suite est enfin là ! J'espère que le chapitre te plaira ! Bonne lecture et à bientôt !

Jazzlyne : Hey ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! Ha ha, ne t'inquiète pas, je posterai souvent ! Merci beaucoup et j'espère que la suite va te plaire ! Bonne lecture et à bientôt

Anne-Snow (guest) : Hey ! Merci beaucoup pour ton commentaire ! Le chapitre 1 est enfin là et j'espère qu'il va te plaire ! Bonne lecture et à bientôt !

Cinochie : Hey ! Merci pour ton commentaire ! Oui, le prologue était court mais tu vas voir, les chapitres sont vraiment très longs ! J'espère que l'histoire va te plaire, bonne lecture !

Melanie (guest ) : Hey ! Merci pour ton commentaire ! Je suis contente que mon prologue t'ai plu ! Tu aimes aussi mes one-shot, c'est super alors :) ! Merci beaucoup pour tout tes compliments, j'espère vraiment que la suite va te plaire ! Bonne lecture !

jarley : Hey ! Merci pour ton commentaire ! Ne t'inquiète surtout pas pour ça, tout va être très détaillés (les tenues, les lieux, les scènes...) c'était court car c'était un prologue mais les chapitres sont très longs. On verra bien les réactions du Joker face à l'absence et la torture d'Harley. J'espère que la suite va te plaire et encore merci pour tes encouragements ! Bonne lecture !

BadGirl (guest) : Hey ! Merci pour ton commentaire ! La suite est enfin là et j'espère vraiment qu'elle va te plaire ! Bonne lecture !

Yumi-Tsukine : Hey ! Merci beaucoup pour ton commentaire très long (j'adore ha ha !) C'est vrai que je poste très souvent alors c'est normal que tu sois en retard x) Je pense faire des one-shot sur la relation entre le Joker et Harley à l'asile mais pas maintenant. J'ai une vingtaine de one-shot en réserve donc on verra bien ! Merci pour tes compliments ! Killer Croc sera très présent, comme les autres détenus ! Je voulais vraiment détailler leur passé (qui était presque invisibles dans le film, dommage !) Amanda, je la supporte pas haha ! Elle est d'une méchanceté et tellement agaçante ! Bref, je la supporte vraiment vraiment pas ! Bref ! Je te souhaite une excellente lecture et à bientôt !

Voilà voilà ! Je veux juste vous prévenir que ce chapitre est très long ! Lisez le lorsque vous avez du temps devant vous ! Si vous préférez des chapitres plus courts, dîtes le moi ! bref !

Bonne lecture à tous et n'hésitez surtout pas à commenter !

Bye ! (Le prochain chapitre sera posté la semaine prochaine)


24 octobre 2016

Dans un coin bruyant et coloré de Gotham, une boîte de nuit était ouverte depuis trois heures. Les danseurs, les buveurs et les serveurs se mélangeaient dans une immense pièce dorée et grise. Les bouteilles d'alcools étaient posées sur les tables, se baladaient de main en main ou étaient négligemment jetées dans un coin. Les paires de talons frappaient le sol, suivant le rythme rapide de la musique. Les plus riches achetaient les boissons les plus chères tandis que les plus discrets buvaient leurs verres près du bar bondé. Les chevelures blondes, brunes, rousses et décolorées dansaient dans les airs, attirant les regards lubriques des hommes. Une jeune femme tomba dans les bras d'un inconnu et l'embrassa à pleine bouche, ce qui était quotidien dans ce lieu incontournable.

Au milieu de la piste se trouvait une petite scène ronde, rouge et noire. Cependant, elle restait étrangement vide. Chaque personne qui avait essayé d'y monter s'était faite tabasser presque à mort par des hommes inconnus, suivant les ordres d'une personne cachée à l'arrière de la boîte, derrière deux immenses rideaux bordeaux et épais.

Une jeune femme ouvrait difficilement une porte noire, les mains prises par quatre bouteilles pleines. Elle sourit lorsqu'elle y arriva enfin, les boissons saines et sauves. Elle les posa devant un homme silencieux, faisant attention à ne pas verser le verre déjà plein, posé sur la petite table blanche. Sans un mot, elle tourna les talons et passa de nouveau la porte, le corps légèrement moite à cause de la chaleur étouffante. Alors qu'elle retournait vers le bar, deux mains puissantes attrapèrent ses bras pâles. L'inconnue se retrouva contre un mur, le souffle coupé.

«- Je n'ai rien fait gémit-elle en fixant les quatre hommes.

Ses cheveux ne sont pas assez blancs siffla l'un d'eux.

-Sa robe est rouge et noire, c'est suffisant, non ?

-Ses yeux sont bleus, c'est parfait remarqua le plus vieux en souriant.

-Que voulez-vous ? Demanda-t-elle en tremblant.

-On a besoin de tes services.

-Je suis serveuse...

-Ce soir, tu vas jouer à un petit jeu.»

Le regard bleu et apeuré de la jeune femme se posa sur la liasse de billets que tenait un homme. Elle avala difficilement. Elle avait terriblement besoin d'argent, sa famille ne l'était plus financièrement et le métier de serveuse n'était pas assez pour vivre convenablement à Gotham. Ses études étaient compliquées à payer, tout comme son loyer et ses dépenses. Mais la jeune femme avait des principes. Était-elle capable de les vendre pour terminer son fin de mois difficile ?

«- Tu sais qui est l'homme assis là-bas, n'est-ce pas ?

-C'est le Joker répondit-elle en blêmissant. Je ne veux pas de problème avec lui, vraiment pas !

-Tu ne vas pas voir de problème trésor, juste partager un petit instant avec notre boss.»

Et alors, sans réaliser ce qu'elle faisait, la jeune femme hocha la tête.

Dix minutes plus tard, elle ouvrait de nouveau la porte noire de la petite pièce. Les lumières étaient très peu présentes et une odeur d'alcool régnait. Le silence semblait pesant et étrangement bruyant aux oreilles de la jeune femme. Ses yeux bleus se posèrent sur le corps fin et musclé du Joker. Un frisson traversa son corps.

Le Joker était connu pour être impitoyable et violent, elle ne voulait pas mourir dans cette boîte de nuit. Elle se sentait trop grande sur les talons que lui avaient prêté un des quatre hommes. Sa robe rouge et noire lui semblait soudainement trop courte alors que la taille lui convenait autrefois. Ses cheveux blonds collaient ses épaules moites et pâles. Elle passa une main dans ses mèches, les sourcils froncés. Les billets cachés dans sa petite poche discrète semblaient peser une tonne. Ils semblaient brûler sa peau, lui rappeler ce qu'elle venait faire dans cet endroit.

Elle s'arrêta à quelques pas du canapé violet. Elle s'assit et fit face au Joker, les yeux fixés sur son visage inexpressif. La jeune femme n'avait jamais apprécié ce genre d'homme mais il dégageait quelque chose de dangereux et d'animal, quelque chose qui l'attirait. Il était connu, riche, possessif et violent. Il était si tristement dangereux qu'un frisson de peur traversa de nouveau son corps. Elle ne pouvait pas prévoir sa réaction et encore moins de plan pour s'en sortir. Si ce dernier ne l'appréciait pas, elle pourrait très vite se retrouver morte dans un coin.

De plus, la jeune femme était certaine que le Joker avait déjà une compagne. Des amis lui avaient dit qu'elle se nommait Harley Quinn et qu'elle accompagnait le Joker dans tout ses plans burlesques et sanglants. Elle était surnommée la Reine de Gotham par les habitants de la ville, elle inspirait de la crainte dans cette boîte de nuit toujours surpeuplée. Les gens se demandaient comment elle avait pu tomber amoureuse du Joker. Tout Gotham savait qu'elle avait été psychiatre dans l'asile du célèbre criminel. Ce dernier avait été son patient pendant quelques semaines et avait réussi à la séduire. La jeune Harley Quinn était un mystère pour eux.

Cette information fit battre un peu plus vite le cœur de la jeune femme. Et si Harley Quinn apprenait ce qu'elle allait faire avec le Joker ? Si elle était aussi folle que les gens le laissaient entendre, elle ne ferait pas long feu. Tout le monde savait qu'Harley faisait souvent des séjours en prison et en asile, capturée par Batman. La jeune femme serait incapable de se défendre contre ce genre de femmes, elle ne savait même pas se battre.

«- Bonsoir murmura-t-elle en jouant avec ses doigts. On m'a envoyée ici pour passer un moment avec vous. Vous allez bien ?»

Ses paroles ne semblèrent pas atteindre les oreilles du Joker. Il ne tourna même pas la tête vers elle, les yeux toujours rivés sur la baie vitrée qui laissait voir la boîte de nuit remplie. Sa main droite était posée sur une cane richement décorée, d'une couleur foncé et étrange. Un mélange de noir et de rouge pensa la jeune femme en se mordant la lèvre inférieure. Sur les conseils des quatre hommes, elle se décida à réagir.

Ils avaient pensé à chaque réaction de leur patron, ils savaient qu'il resterait silencieux. Mais, ils connaissaient le comportement passionné du Joker. Combien de fois avaient-ils vu Harley Quinn et lui couchés sur le canapé, les lèvres scellées dans un baiser tout sauf chaste ? Cette femme pouvait convenir, elle pouvait prendre la place d'Harley juste pour une nuit. Ils étaient certain de cela et avaient assuré à l'inconnue que tout se passerait parfaitement bien.

Alors la jeune femme décala les bouteilles et s'assit sur la table blanche. Sa robe se releva légèrement, montrant ses jambes galbées et blanches. Sa main s'arrêta à quelques centimètres de la cuisse du Joker, elle n'osait pas le toucher. Ses lèvres rouges formaient une moue légèrement séduisante et ses yeux cherchaient ceux du jeune homme. Soudain, alors qu'elle laissait ses mains glisser sur les jambes du Joker, ce dernier grogna dangereusement et tourna sa tête vers l'invitée. Il tourna sa tête vers l'invitée. Il la dévisagea plusieurs secondes, découvrant pour la première fois sa présence. Il attrapa sa main pâle et la serra violemment. La jeune femme grimaça de douleur.

«- Ne me touche pas.

-Ils m'ont dit de venir gémit-elle en se retenant de pleurer.

-Tes parents ne t'ont jamais dit de ne pas écouter les inconnus ? Siffla-t-il en relâchant sa main.

-Je n'avais pas le choix.

-Nous avons toujours le choix, toujours murmura le Joker en souriant. Mon choix de la soirée sera de te laisser vivre, ce n'est pas généreux ?

-Si sanglota la jeune femme.

-Tu peux remercier tes yeux bleus et tes cheveux blonds, ils me rappellent quelqu'un déclara le Joker. Je suis d'humeur sentimental ce soir, c'est ton jour de chance !

-Je vous fait penser à Harley Quinn ? Demanda l'inconnue avant de sursauter.»

Le yeux du Joker prirent une teinte foncée, presque noire. Sa main droite brisa la cane et un morceau de bois se logea dans sa peau. Aucune grimace de douleur ne traversa les traits de son visage. Il regarda sa main, arracha violemment le débris et le jeta dans un coin. La jeune femme regarda les gouttes de sang tomber sur le sol lavé. Soudain, elle sentit la main gauche du Joker entourer sa gorge pâle et si fragile dans sa poigne. La jeune femme sentit qu'il n'utilisait pas toute sa force et elle en était soulagée. Elle savait qu'il pouvait briser son cou d'une simple pression, il pouvait la tuer sans qu'elle ne le voie bouger. C'était la proie, il était le chasseur.

A cet instant, elle se sentit terriblement stupide. Sa robe était remontée beaucoup trop haut, ses mains tenaient fermement la table pour ne pas tomber et elle cherchait désespérément de l'air. Elle se sentait si pathétique, si fragile dans cette position. La jeune femme sanglota.

«- Qui t'a donné le droit de parler d'elle ? Demanda-t-il, toujours assis.

-Désolée.

-C'est si facile de s'excuser, si facile. L'arme universelle de l'Humanité. On brise, on poignarde mais attention ! On s'excuser alors tout est pardonné dit le Joker en fermant les yeux.

-Je ne voulais pas vous blesser.»

Un rire bruyant traversa les lèvres rouges du Joker. La jeune femme fixa cette bouche si tentante autrefois et se demanda si elle serait en vie dans quelques secondes. La main puissante du roi lâcha sa gorge, elle tomba sous le choc et essaya de reprendre une respiration correcte. Les yeux foncés de colère du Joker se posèrent sur les talons colorés que portaient la jeune femme. Un hurlement de colère brisa le silence. Le Joker se releva violemment.

Sa main ensanglantée se posa sur sa joue et ses ongles grattèrent sa peau. Deux longues griffures prirent place sur son visage, à côté d'un de ses nombreux tatouages. Il se dirigea vers la prote fermée et l'ouvrit. Alors qu'il commençait à sortir de la pièce, il retourna sur ses pas et pointa la jeune femme du doigt. Cette dernière était couchée sur le sol, les mains posées sur la moquette et le souffle court. C'était difficile pour elle de reprendre son souffle, la prise du Joker avait été trop serrée sur sa gorge. Quelques traces rouges se trouvaient sur son cou, formant les doigts pâles et longs du jeune homme. Elle releva la tête et le regarda, tendue et inquiète.

«- Enlève ses chaussures et pose les sur le sol correctement. Tu as trois minutes pour quitter la boîte de nuit trésor.»

Il sourit et tourna les talons, sans un regard pour la jeune femme terrifiée. Elle s'empressa de reprendre son souffle. Lorsqu'elle se sentit un peu mieux, elle s'assit sur le canapé violet et ôta les chaussures rouges et noires. La jeune femme les regarda, se demandant pourquoi elles avaient une si grande importance pour lui. Comment un homme comme le Joker pouvait s'intéresser autant à ce genre de futilité ? La serveuse était complètement perdue par son comportement.

Elle avait vu son regard s'embrumer un instant lorsqu'il les avait vu à ses pieds. Elles étaient jolies, très chères d'après leur qualité mais anciennes. Le bout des talons était usé et une trace écarlate tâchait un des talons noirs. Elle frissonna lorsqu'elle comprit que c'était tout simplement du sang. Ses doigts frôlèrent les deux talons et elle décida de les retourner. Les semelles étaient étrangement neutres, propres et entretenues. Elles étaient d'une couleur grise jolie mais trop simple par rapport au reste de la chaussure. Ces semelles étaient étranges.

Les rayons de lumière que dégageait une lampe à sa droite les éclairèrent rapidement. Le regard bleu de la jeune femme fut attiré par une petite phrase gravée dans le matériau gris et propre. D'une écriture grossière et ancienne, l'inscription était difficile à déchiffrer. Les lettres étaient rondes et écarlates. Elles avaient été recopiées sur les deux semelles grises. Deux dessins en forme de sourire et de cœur accompagnaient les deux phrases identiques.

«- Harley Quinn suivra toujours le Joker, peu importe son chemin murmura-t-elle.»

La jeune femme lâcha la paire de chaussures et sauta sur ses pieds nus. Elle comprenait la réaction violente du Joker, elle avait osé porter les chaussures de sa petite-amie !

Un frisson traversa son corps et elle se dépêcha de sortir de la pièce. Cependant, elle fit face au Joker et à quatre hommes. Elles les reconnaissait, c'était le groupe qui lui avait donné l'argent et cette foutue paire de talons. Il la fixèrent durement, sûrement prêts à en finir avec elle.

Doucement, le Joker ferma la porte et leur montra le canapé. Sa main était toujours blessée. Son sang formait des petites perles écarlates qui tombaient sur le sol à chacun de ses mouvements. Un haut-le-cœur fit frémir la jeune femme, elle détestait voir des blessures et du sang. Elle détourna le regard, essayant vainement d'oublier l'environnement où elle se trouvait.

«- Ne soyez pas timides, asseyez-vous sourit-il en se dirigeant vers sa place. Allez, venez répéta-t-il en tapotant les places à ses côtés.

-Patron, on ne voulait...

-Assis hurla le Joker.»

La jeune femme se dépêcha de s'asseoir. Elle se posa le plus loin possible des quatre hommes et du Joker, elle ne voulait vraiment pas mourir ce soir. Son regard se posa sur la baie vitrée et elle remarqua que la boîte était toujours bondée. L'horloge rose et bleue du bar indiquait une heure du matin. La serveuse avait quitté son service depuis à peine trente minutes. Elle semblait être dans cette pièce depuis des heures. L'inconnue passa trois fois ses mains dans ses cheveux, paniquée par la suite des événements. Lorsqu'elle reposa ses mains, elle sentit le petit tas de billets verts dans son unique poche. Une idée traversa son esprit fatigué et paniqué.

«- Tenez, je ne veux pas de cet argent, je veux juste partir dit-elle en sortant les billets de sa petite poche. Tenez, il y a tout !

-L'argent n'est pas le problème greluche siffla un des hommes.

-Vous m'avez poussé à venir ici !

-Tu as accepté de te vendre pour de l'argent chérie, ne fais pas la prude rit un autre en la pointant du doigt. Tu vas crever ce soir.

-Voyons, ce n'est pas une façon de parler sourit le Joker en posant ses chaussures cirées sur la table.»

Une bouteille d'alcool s'éclata sur le sol, faisant voler quelques gouttes de vodka dans la pièce. Une se posa sur la joue de la jeune femme. Elle l'essuya rapidement, les yeux fixés sur ses pieds nus. Son collant transparent était troué, elle venait seulement de le remarquer. Dans sa robe à bas prix, elle se sentait terriblement vulgaire. Le rouge à lèvres que ces hommes lui avaient forcé à porter était trop coloré. Ses cheveux blonds étaient décoiffés et du sang tâchait ses mains pâles. Elle ne savait pas à qui ce sang appartenait, elle espérait seulement qu'il ne provenait pas de son crâne. Elle sursauta lorsque le Joker se pencha pour prendre un verre d'alcool, celui qu'elle avait rempli il y a une heure. Elle voulait tellement revenir en arrière, elle voulait reprendre son job de serveuse et refuser l'offre de ce groupe de tarés. Il but le verre d'une traite et le posa sur ses jambes tendues. Le cristal semblait capturer toute la lumière.

«- Qui a eu cette magnifique idée ? Demanda-t-il en souriant. Pas de secrets entre nous voyons, ne faites pas les timides continua-t-il.»

Son ton semblait si faux et froid aux oreilles du groupe que la jeune femme ne put s'empêcher de trembler. Elle ne voulait pas mourir, elle n'avait rien fait. Elle n'était pas du genre à se vendre ainsi, c'était complètement stupide de sa part. Oui, elle trouvait le Joker attirant et elle n'aurait pas refusé de l'argent pour coucher avec lui mais elle aimait la vie. Elle voulait grandir, trouver un garçon sympa, avoir des enfants peut-être. Elle voulait tout vivre sauf la mort, et surtout pas dans un endroit de ce genre. Elle ne voulait pas mourir dans cette robe, entourée de ces gens et maquillé vulgairement. La jeune femme se mordit la lèvre pour ne pas craquer et pleurer.

«- Moi, c'est moi qui ai eu cette idée souffla le plus jeune. Je l'ai proposée au groupe.

-De la sincérité dans mes troupes, surprenant s'exclama le Joker en jouant avec son verre. Pourquoi cette idée ?

-On l'a vu passer et elle ressemble tellement à Harley que...»

Un hurlement de douleur franchit ses lèvres lorsque le verre de son patron s'éclata sur son visage. Un morceau de verre se glissa dans sa joue, déchirant sa peau blanche et mouillée par la sueur. Il hurla de nouveau, les mains posées sur son visage ensanglanté. Il ne savait pas où il était blessé, tout son visage semblait brûler de douleur. Il tomba à genoux et essaya d'ôter le plus de morceaux de verre possible mais ses mains tremblaient trop. Le Joker grogna deux fois.

«- On ne prononce jamais son nom ici. On ne le prononce ni devant moi, ni dans mon dos. On ne pense pas jamais à elle, c'est clair ? siffla le Joker en les pointant tous du doigt.

-Désolé gémit sa victime en tremblant de douleur. On l'a vu passer et son physique correspond à vos critères.

-Je n'ai pas de stupides critères répondit le patron en levant les yeux au ciel. Je ne suis pas comme vous, je ne baise pas avec une femme parce qu'elle a des cheveux blonds ou des yeux verts.

-Elle a le physique d'Harley...non non, je suis désolé, je n'ai pas fait attention s'excusa le plus jeune en levant les mains. Patron...»

Le Joker sortit son arme et tira sur son ancien homme de main. Son corps tomba mollement sur le sol et son visage défiguré était tordu dans une grimace de douleur. La jeune femme hurla de peur et se colla le plus possible contre le canapé. Ses pieds nus se posèrent sur le tissu violet et ses bras s'enroulèrent autour de ses jambes pliées. Elle fixa le groupe, paniquée et choquée par le meurtre. Aucun des autres hommes ne réagit, habitués par ce genre de situations. Le plus vieux ne regarda même pas le corps de son ancien coéquipier. Il se tourna vers le Joker et commença à parler, la voix légèrement tremblante. Ses mains jouaient nerveusement avec sa cravate.

«- Elle semblait vous convenir et vous étiez silencieux depuis des jours. On a décidé d'agir et on l'a payé pour qu'elle vienne vous voir.

-Une idée si ingénieuse se moqua le Joker en rangeant son arme.

-On ne savait pas patron, on est désolés répondit un autre homme. On voulait seulement vous voir réagir.»

Le Joker se mit sur ses pieds et poussa négligemment le corps de sa victime. Il s'arrêta devant le groupe de quatre adultes et s'assit sur la table, en face d'eux. Il sortit son arme et se mit à jouer avec, les yeux fixés sur ses mains tâchées par le sang. Il trouvait ce mélange de couleur agréable à regarder. Blanc contre rouge, la peau albâtre contre le sang écarlate. Le Joker aimait ce mélange. Ses yeux pâles et légèrement plissés se posèrent enfin sur ses hommes de main.

«- Réagir ? Je réagis toujours. Regardez ! Là, j'ai réagi face à votre stupidité. J'ai tué ce gamin trop stupide pour réfléchir avant de parler. Quant à vous quatre, vous êtes à deux doigts de voir votre cervelle voler. Je me retiens d'exploser votre crâne, je veux tellement voir votre sang éclabousser ma jolie baie vitrée à dix milles dollars. Surtout toi chérie précisa le Joker en la pointant avec son arme. Tu as prononcé son nom, tu as osé me toucher et porter ses chaussures...

-Ils m'ont donné ses chaussures ! Hurla-t-elle en les pointant du doigt. Ils m'ont pris mes talons et m'ont ordonné de les porter.

-Où avez-vous trouvé cette paire de talons ? Demanda le Joker en fixant les trois hommes.»

Ces derniers se regardèrent un court instant et le plus courageux, un blond musclé et tatoué sur les bras, ouvrit la bouche. Les deux autres restèrent en retrait, inquiets pour la suite.

«- La paire se trouvait dans vos vestiaires personnelles.

-Lesquels ?

-Ceux de la boîte de nuit. Il y avait la fameuse paire de chaussures, une robe de soirée, un sac à main vide et quelques bijoux. On a prit ce qui nous semblait correspondre à H...Mademoiselle...

-Vous avez fouillé dans ses affaires alors ? En conclut le Joker en souriant.

-Oui murmura les trois hommes en baissant la tête.»

Sans prévenir, il tira sur eux. Les trois corps tombèrent en arrière, la bouche ouverte et les yeux fermés. La seule femme présente essaya de hurler mais sa gorge était trop sèche pour le faire. Alors, elle posa simplement ses deux mains moites sur sa bouche maquillée. Le Joker se leva et se mit à marcher dans la pièce, les mains croisées dans le dos. Son arme semblait capturer toutes les lumières de la pièce, faisant frémit la future victime. Ce lieu lui donnait des frissons de peur.

«- Tu t'appelles comment ?

-Irina répondit la jeune femme en fixant ses pieds nus.

-Tu travailles ici, non ?

-Oui.

-Depuis quand ?

-Quelques mois murmura Irina en relevant le visage.»

Le Joker se tourna et avança à grands pas vers elle. Irina se tendit et se colla contre le dos du canapé, les mains posées de chaque côté de son corps. Il se rapprocha le plus possible d'elle, les yeux rieurs et amusés. Un nouveau frisson caressa tout les membres de la jeune Irina.

«- Tu étais prête à te vendre pour quelques milliers d'euros ?

-J'en avais besoin gémit Irina en fermant les yeux.»

Les lèvres du Joker bougèrent et murmurèrent quelque chose. Il se reprit et dit doucement :

«- Tu es sa pâle copie.»

Il s'écarta rapidement et visa la jeune femme. Elle hurla de peur, les yeux grand ouverts. Le Joker fit semblant de tirer et mima un bruit de balle avec sa bouche. Il éclata de rire et jeta son arme sur le sol, les yeux fermés et les lèvres étirées dans un sourire fou. Irina éclata en sanglots et se mit violemment à trembler. Elle ne pouvait pas en supporter plus alors elle sauta sur ses pieds et se mit à courir vers la porte mais ses bras tremblaient trop pour ouvrir le verrou. Ses mains glissaient sans cesse, à son plus grand désespoir. Ses larmes l'empêchaient de voir correctement et son souffle devenait de plus en plus irrégulier et paniqué. Elle suffoquait.

«- J'ai promis à ma jolie poupée de ne pas tuer de femmes pendant son absence. Elle adore faire ça à ma place hurla de rire le Joker en se dirigeant vers la jeune femme.»

Il ouvrit lentement la porte et Irina courut vers les couloirs, le visage baigné de larmes et le cœur prêt à exploser de peur. Le roi de Gotham la vit se glisser derrière la porte principale et rejoindre la boîte de nuit bondée.

Le Joker continuait de rire lorsqu'il se laissa tomber sur son fauteuil tâché. Il s'arrêta un instant et hurla :

«- Johnny !»

Une porte voisine s'ouvrit et un homme sérieux apparut. Un sourire étirait ses lèvres, il semblait à l'aise malgré la présence de son patron. Il remarqua les mains ensanglantées du Joker et les nombreuses armes sur le sol. Ce dernier pointa les quatre morts du doigt ordonna sérieusement :

«- Débarrasse-moi d'eux. Et surtout, occupe toi de localiser Harley.

-Justement patron, on sait où elle se trouve.

-Comment l'avez-vous localisé ?

-Une taupe l'a vue.

-Où ? Demanda le Joker en se penchant en avant.

-Belle rêve. Harley Quinn est à Belle rêve.»

Le Joker se mit à sourire sincèrement, les yeux brillants d'impatience.


27 octobre 2016

Une voiture noire et silencieuse se glissait sur une route perdue dans la forêt. Ses roues frappaient les cailloux et les branches mortes, créant un vacarme qui poussait les animaux à se cacher. Les vitres étaient teintées, empêchant les curieux de distinguer qui se trouvait dans le véhicule. Une vitre était cependant ouverte, laissant voir le visage fatigué et fermé d'une femme noire. Sa chevelure bouclée et coiffée bougeait pas d'un pouce malgré le vent fort et froid de l'automne. Une feuille orangée et morte se colla contre la vitre. L'inconnue l'attrapa et joua avec. Lorsque la voiture se gara devant une bâtisse sécurisée et sombre, la petite feuille n'existait plus. Ses parties orangées volaient tristement dans les airs.

Un homme trottina jusqu'à la voiture, une arme collée contre son flanc droit. La portière s'ouvrit rapidement, il s'arrêta devant et salua sa supérieure. Puis, il serra la main qu'elle lui tendait. Un sourire étira ses lèvres roses lorsqu'elle vit une jeune femme se tenir timidement derrière le soldat. Ses longs cheveux blonds étaient attachés dans un chignon mal fait et ses yeux cernés la fixaient à travers des lunettes noires et imposantes.

«- Mademoiselle Moone, je vois que vous êtes en meilleure forme déclara Amanda Waller en la saluant.

-Bonjour madame Waller, oui je vais mieux. Je suis ici car Rick m'a dit que vous aviez besoin de moi répondit timidement la jeune femme. Si c'est pour l'enchanteresse, ce n'est plus possible et...

-Ne t'inquiète pas June coupa son interlocutrice en souriant. J'ai besoin de toi pour quelques recherches. J'ai entendu dire que tu avais fait des études de psychologie.»

June Moone fronça les sourcils, poussa doucement son petit-ami et se rapprocha d'Amanda. Elle la regarda dans les yeux, les bras croisés sur sa poitrine et une question brûlait ses lèvres.

«- Comment le savez-vous ?

-J'ai un dossier sur vous mademoiselle Moone, j'ai un dossier sur chaque habitant de cette planète.»

Un rire calme s'échappa de ses lèvres légèrement roses. Elle s'arrêta quelques secondes plus tard et dirigea son attention vers le soldat dernier la fixait sans rien n'exprimer.

«- Vous vouliez me dire quelque chose ? Demanda Amanda Waller.

-Les gardiens m'ont appris que les détenus ont un comportement étrange en ce moment.

-Comment ça ?»

Rick Flag se tourna vers June et lui murmura quelque chose à l'oreille. La jeune femme hocha la tête et tourna les talons. Elle se dirigea vers les portes immenses de la prison avant de s'y appuyer. Quelques-uns de ses cheveux blonds s'étaient libérés de son chignon et volaient maintenant dans la brise froide de l'automne. La scientifique ôta ses lunettes et les rangea dans son sac à dos, le regard toujours fixé sur son téléphone. Dans sa main droite se trouvait un objet ancien mais très coloré, ce qui attira l'œil d'Amanda Waller.

Elle se promit de questionner le plus vite possible la jeune femme à ce sujet. Amanda se détourna de June et se concentra sur Rick Flag. Ce dernier regardait également mademoiselle Moone, une expression étrange sur le visage. Ses sourcils étaient toujours froncés et ses mains serraient son arme. Sa patronne l'appela deux fois avant qu'il ne réagisse.

«- Killer Croc a tué un soldat. Les autres m'ont précisé qu'il l'avait menacé la veille.

-C'est habituel dans cette prison Flag, ne sois pas choqué pour si peu.

-Non, écoutez moi répondit-il. Il y a quelque chose d'étrange en ce moment. Deadshot est retrouvé chaque matin complètement mouillé dans sa cellule, sans aucune raison.

-Je comprends murmura Amanda en se mordant la lèvre inférieure, perdue dans ses pensées. A-t-il menacé la tranquillité de la prison ?

-Non. Ils sont tous étrangement calmes.

-On ne peut pas se concentrer sur eux pour le moment. Le projet J n'est toujours pas prêt et nous avons besoin de le présenter aux dirigeants. On doit rester focalisés sur ce dossier capital.

-D'accord, nous continuions de surveiller et torturer Harley Quinn ?

-Toujours mais ne la tuez surtout pas ! Si elle commence à montrer des signes de faiblesses psychologiques, vous l'envoyez voir June.

-Comment ça ? S'offusqua Rick en s'écartant d'un pas. Pourquoi devons-nous envoyer Harley Quinn voir mademoiselle Moone ?

-Ce sera notre psychiatre. Elle est connue du groupe, la détenue sera peut-être plus détendue face à elle.

-C'est une criminelle, jamais elle ne baissera sa garde.

-Elle l'a déjà baissé devant le Joker, pourquoi pas devant June ?

-Parce que le Joker est son amant !

-Il ne l'était pas auparavant mais elle a tout de même cédé. Nous devons croire en l'impossible Rick ou alors notre plan échouera.»

Les deux adultes se fixèrent un instant lorsqu'un autre soldat s'approcha d'eux. Il tendit un dossier vers son supérieur, les salua et retourna vers la prison. Un hurlement strident et deux grognements se firent entendre puis le silence reprit ses droits. Amanda leva les yeux, fixa les murs infranchissables de la prison et se demanda qui avait été tué cette fois, et surtout, qu'il l'avait tué ? Elle pariait sur Killer Croc, il était d'humeur massacrante depuis quelques temps.

Elle frissonna de froid, sa petite veste de tailleur rouge n'était pas assez chaude pour cette saison. Son regard brun se posa sur son soldat qui fixait beaucoup trop sérieusement le nouveau dossier. Ses lèvres étaient pincées et un tic nerveux faisait bouger son œil droit.

«- Que se passe-t-il ?» demanda Waller en pointant du doigt les nombreuses feuilles.

«- Une fusillade a eu lieu à Gotham annonça Rick en lisant les fiches.

-Et alors ? Nous avons seulement la responsabilité de la prison.

-Un message pour vous se trouvait sur les lieux.

-Donne moi ce dossier ordonna Amanda en blêmissant.»

Rick tendit les dossiers mais posa sa main sur le tas de feuilles. Sa patronne leva la tête vers lui et le questionna du n'était pas une réaction habituelle chez son plus vaillant soldat.

«- La fusillade a eu lieu il y a deux heures. Ne soyez pas inquiète pour le message.

-Je ne suis jamais inquiète, maintenant enlève ta main siffla Amanda.»

Le soldat ôta rapidement sa main et s'écarta. Il croisa les bras devant son torse et fixa sa patronne, attendant une réaction. La bouche légèrement maquillée d'Amanda Waller s'ouvrit doucement et un air de dégoût s'installa sur son visage autrefois stoïque. Ses doigts glissaient sur les images à chaque fois qu'elle découvrait une nouvelle page. Les corps de victimes s'entassaient dans la boîte de nuit autrefois bruyante et alcoolisée. Sur un mur blanc, une phrase avait été écrite à l'aide d'un rouge à lèvres. A côté de l'inscription, un sourire vert avait été dessiné. Amanda Waller ferma violemment le dossier et le tendit à son soldat. Il l'attrapa et le glissa sous son bras.

Sa patronne souffla et passa une main manucurée sur son visage.

«- Le Joker sait où elle se trouve.

-D'après lui, on lui a volé sa poupée. Il va attaquer répondit Rick en passant une main sur son front, fatigué. Nous devons faire quelque chose.

-Justement, il va réagir et c'est tout ce que nous voulons. Il va venir à Belle rêve pour récupérer Harley Quinn.

-Nous faisons quoi avec elle alors ?»

Amanda Waller ouvrit sa portière, se glissa dans la voiture, demanda à son chauffeur de refaire le chemin en sens inverse et se tourna vers le soldat Flag.

«- Vous continuez de la torturer, de filmer et surtout, vous essayez de la joindre à notre cause.»

Sur ses mots, elle referma la portière et la voiture partit.

«- C'est facile à dire vieille folle murmura Rick en shootant dans un caillou.»

Il souffla plusieurs fois de fatigue et se dirigea vers June qui attendait toujours près des portes. Il posa doucement sa main sur l'épaule de sa petite-amie et chercha à croiser son regard. Cependant, June gardait ses yeux scrupuleusement fermés. Rick Flag glissa sa main droite sous le menton de la jeune femme et lui demanda :

«- Tu vas bien ?

-Je suis si fatiguée Rick murmura-t-elle en gardant les yeux fermés. Je rêve d'une nuit calme et reposante.

-Lorsque tout cela sera fini, on partira loin d'ici June.

-Tu me le promets ?

-Je te le promets sourit Rick.»

Il tapa trois fois sur les portes. Ces dernières s'ouvrirent dans un bruit désagréable et métallique. Trois soldats saluèrent rapidement le couple avant de se diriger vers les cellules, le regard dur et les armes chargées. Ils étaient sous tension. Jamais les détenus ne s'était comportés aussi étrangement.

June Moone glissa son téléphone dans la poche de Rick, sous l'ordre de ce dernier et rangea dans son sac l'objet mystérieux. Elle croisa les bras sous sa poitrine et demanda à son compagnon, tout en regardant droit devant elle :

«- Je suis ici pour suivre psychologiquement Harley Quinn, n'est-ce pas ?

-Comment le sais-tu ?

-Je suis une femme qui a un diplôme en psychologie et j'ai toujours quelques pouvoirs. A qui d'autre Amanda Waller donnerait cette tâche ? Sourit June, mal à l'aise.

-Elle est folle, ne l'oublie pas.

-Amanda Waller ou Harley Quinn ?»

June Moone et Rick Flag éclatèrent de rire. Ils s'arrêtèrent brusquement lorsque les petites portes noires du bâtiment principal s'ouvrirent devant eux.

Accompagné de six soldats, une jeune femme chantait une berceuse. Ils la traînaient à travers le couloir avec aucune délicatesse. Les pieds nus de la détenue touchaient à peine le sol et ses cheveux étaient attachés dans une queue de cheval colorée. Deux brûlures se trouvaient sur ses tempes trempées de sueur. Un sourire étrange étirait les lèvres rouges et sèches de la jeune femme.

Ils la jetèrent dans sa cellule, elle tomba sur le sol bétonné dans un bruit sourd. June se dirigea vers les barreaux et posa ses mains tremblantes sur deux d'entre eux. Elle murmura le prénom de la prisonnière, un sourire amical plaqué sur les lèvres. June voulait simplement parler avec Harley.

«- Oh, June Moone si je ne me trompe pas murmura Harley en se couchant sur son lit. Comment vas-tu ?

-Bien Harley et toi ?

-Je sais pas trop sourit-elle. Ils me brûlent le cerveau alors je penche plus pour le pas trop bien.

-Tu veux quelque chose ?

-Je tuerais pour un café chaud.»

June hocha la tête et se tourna vers son petit-ami. Ce dernier comprit et se dépêcha de partir chercher un café. Il le faisait pour sa compagne et non pas pour Harley. Sous les regards interrogateurs des trois soldats encore présents, la scientifique s'assit sur le sol.

«- On n'a jamais eu le temps de parler.

-C'est vrai répondit Harley. Mais tu es trop agaçante pour que je puisse t'apprécier.

-Merci rit June en croisant ses jambes. Pourquoi suis-je agaçante ?

-Laisse tomber, je divague.»

Et soudain, Harley s'endormit sous les yeux choqués de mademoiselle Moone. Rick arriva quelques instants plus tard, un café chaud dans les mains. Il le posa sur le sol et fixa la seule détenue féminine de la prison. Il fronça les sourcils et se demanda s'il avait été trop long.

«- Elle s'est endormie en moins de trois minutes.

-C'est l'électrocution répétée qui engendre cela soupira June.

-Dîtes aux médecins de baisser le nombre de volts ordonna Flag aux autres soldats. Maintenant !»

Un des trois soldats hocha la tête et partit en trottinant vers les couloirs. Les deux autres restèrent en retrait, les yeux fixés vers la cellule.

«- Il faut partir Moone, tu ne peux pas rester ici pour la nuit.

-D'accord, je vais y aller.»

La jeune femme se leva, salua rapidement le soldat et tourna les talons. Rick la regarda partir, à deux doigts de courir pour l'embrasser mais il ne pouvait pas paraître aussi faible devant ses coéquipiers. Alors, il tourna son regard vers la détenue endormie. Les cheveux presque blancs d'Harley Quinn semblaient attirer la lumière, tout comme sa peau pâle. Ses lèvres étaient toujours d'un rouge flashy, malgré les bains et le manque de maquillage.

Et sans qu'il comprenne pourquoi, Rick Flag ressentit de la tristesse pour cette jeune femme exténuée par la torture.

«- Demain, vous lui donnerez un café chaud ordonna-t-il avant de partir.»

Seul la respiration lente d'Harley Quinn brisa le silence de la prison.


27 octobre 2016

Lorsque la nuit arriva, des mouvements suspects commencèrent dans l'une des nombreuses cellules. Un homme bougeait le plus doucement le matelas qui lui servait de lit. Un sourire illumina son visage lorsqu'il regarda l'immense trou qui lui faisait face. Cela lui avait pris si longtemps que pour lui, ce trou était devenu son plus grand chef-d'œuvre. Le détenu offrit un doigt d'honneur à la caméra de surveillance trafiquée et sauta. Il glissa plusieurs secondes avant de tomber. Son corps coula quelques secondes dans l'eau usée et sale avant qu'il ne se décide à immerger. Il prit une longue respiration et sauta hors du petit courant d'eau. Son regard noir et cerné se posa sur la télévision allumée. Elle diffusait des clips de rap obscènes et bruyants. Un rire discret s'échappa de ses lèvres gercées. Un grognement animal sur sa gauche attira son attention. Il tourna la tête et vit la main verte de Killer Croc le saluer.

«- Salut mon croco, je vois que tu es heureux dans ta cellule.

-Tu me dis ça à chaque visite, c'est fatiguant répondit l'animal en se levant de son lit. Tu veux une boisson énergisante ?

-Tu as des boissons énergisantes ? S'offusqua Deadshot.

-C'était une des closes du contrat rit Killer Croc en lui offrant un clin d'œil. Tu as eu quoi toi ?

-Des repas plus caloriques et le droit de voir ma fille toutes les deux semaines.

-Tu t'es fait avoir répondit simplement le détenu en laissant ses mains caresser sa peau reptilienne. J'ai dû tuer quelques soldats mais j'ai eu ce que je voulais.

-Je prévois de m'échapper de cette foutue prison croco, ne t'inquiète pas pour moi. Pourquoi tu ne t'enfuis pas ?

-Comment veux-tu que je le fasse ?

-Le courant d'eau doit bien mener quelque part ! S'exclama Deadshot en ouvrant les bras.

-Ouais, j'ai déjà essayé souffla le détenu en écrasant sa canette vide sous son pied. Il mène à une grille sécurisée. J'ai essayé de la briser mais tous ce que j'ai gagné, c'est un courant d'électricité dans tout le corps. J'ai cru que mes burnes étaient brûlées à vif !»

Un rire franc coupa court à la discussion. Le détenu était maintenant appuyé contre un mur, les yeux fermés et la bouche grande ouverte. La remarque de Killer Croc avait tant amusé Deadshot qu'il riait à gorge déployée, se moquant de se faire prendre par les gardes. Son coéquipier lui grogna de se taire ou du mois, d'être un peu plus calme. Deadshot s'excusa, les larmes aux yeux en imaginant la scène et reprit le contrôle de son rire.

«-Et toi ? Demanda Killer Croc.

-J'ai jamais réellement eu la possibilité de chercher une issue. Je suis surveillé comme un chien, ils ont peur que je mette la main sur une arme.

-Comme si c'était possible grogna l'animal.

-Mais j'ai des informations qui pourraient changer notre situation sourit Deadshot. Les gardiens arrivent dans dix minutes pour leur tour de garde...

-Dépêche-toi de parler.»

Deadshot attrapa une cannette bleue, la vida d'une traite et la jeta dans un coin de la cellule. Killer Croc lui grogna dessus, énervé par le geste polluant de son compagnon de galère. Ignorant les grognements de l'animal, le détenu commença à partager ce qu'il venait d'apprendre.

Lorsqu'il finit, un sourire étirait les lèvres des deux prisonniers. Deadshot se glissa dans l'eau sombre et laissa seulement sa tête dépasser. Le visage de Killer Croc montrait bien qu'il voulait poser une question, alors le détenue attendit patiemment qu'il se décide enfin à parler. Quelques secondes plus tard, son coéquipier le regarda et lui demanda, soucieux :

«- Tu penses qu'il sera d'accord pour nous faire échapper ?

-Seulement si on aide Harley. Il faut lui faire passer un mot.

-Va falloir réfléchir à une solution.

-Oui mais pas maintenant, les gardes arrivent dans trois minutes. Salut croco.»

Killer Croc ne répondit pas aux salutations amicales de son ami. Il se recoucha sur son matelas et bougea ses mains au rythme de la télévision. Pendant ce temps, Deadshot reprenait le sens inverse pour retourner dans sa cellule. Il gravit les derniers centimètres, se coucha sur le sol, reprit son souffle et se dépêcha de rejoindre son matelas usé.

Alors qu'il se glissait sous la couette grise et puante, deux gardiens arrivèrent devant la petite trappe. Un des deux frappa deux fois, ordonnant au détenu de répondre. Deadshot fit semblant de se réveiller et répondit d'une voix enrouée par le sommeil :

«- Allez vous faire foutre.»

Habitués, les deux soldats firent qu'un simple doigt d'honneur en direction de la trappe avant de reprendre leur tour de garde.

Pendant ce temps, un groupe de sept soldats descendaient les escaliers. Ils se dirigeaient calmement vers les sous-sols de la prison. C'était là que se trouvait le détenu le plus inquiétant pour eux. Le plus courageux se posta près des barreaux. Il remarqua des marques de dents sur le matériaux incassable d'après leurs supérieurs. Un frisson le traversa. Son corps ne ressemblerait plus à rien si Killer Croc lui tombait dessus.

Soudain, le son de la télévision baissa et le détenu se leva de son lit. Il se glissa dans l'eau, les yeux fixés vers les soldats, et leur sourit une dernière fois avant de disparaître dans les profondeurs. Ces dernières étaient son havre de paix, personne n'osait venir l'ennuyer ici. Il se coucha dans le fond, et comme tous les soirs, il décida d'y rester tant que les gardes ne seront pas partis. Il ferma les yeux et se reposa de cette longue journée à ne rien faire.

Mais alors qu'il commençait à s'endormir, Killer Croc se surprit à avoir de l'espoir.

Il voulait vraiment partir de cette prison.


29 octobre 2016

Dans une pièce immense et située dans un bâtiment de la prison carcérale, un groupe d'individus discutait vivement sur un sujet de sécurité nationale. L'écran immense et tactile éclairait leurs vêtements chics et leur visage choqués par l'idée proposée par Amanda Waller.

Cette dernière était toujours debout en face de son ordinateur allumé et de la table recouverte de documents secrets et épais. Dans un coin de la pièce, June Moone et Rick Flag se tenaient discrètement la main. La jeune femme se sentait mal dans cette ambiance étouffante et bruyante, elle ne supportait pas ce genre d'événements. C'était trop pour elle, c'est pour quoi elle s'écarta de son compagnon et ferma les yeux.

Elle se pencha en avant et s'ordonna de respirer correctement. Un, deux et on recommence pensa la scientifique, la main posée sur sa poitrine. Elle grimaça lorsqu'elle se sentit trop serrée dans ce tailleur noir et trop strict. Rick Flag posa une main sur son épaule et lui murmura :

«- Ne t'inquiète pas Moone, tu ne dois rester ici que dix minutes. Je te demande que dix minutes.

-Je resterai dix minutes, je te le promets mais je t'en supplie...

-Que veux-tu ? Demanda-t-il, paniqué. Tu as besoin d'eau ?

-Je veux juste que tu la fermes.»

Rick sourit, amusé par la réplique de la jeune femme et posa ses lèvres sur sa tempe. Un homme assis non loin leur jeta un coup d'œil curieux avant de se concentrer de nouveau sur le discours de madame Waller.

«- Vous voulez rallier le Joker à votre cause ? Demanda le plus vieux du groupe en croisant les bras.

-C'est ça répondit Waller en tapant sur son clavier.»

L'image officielle du Joker apparut sur l'écran géant. Il souriait de toutes ses dents et ses yeux semblaient briller de malice. Il se tenait devant un fond blanc où était marqué, dans un coin, ''Arkham Asylum''. Sa chevelure verte était parfaitement coiffée et contrastait avec l'ensemble de couleurs pâles qui l'entourait. Ses lèvres rouges s'opposaient au blanc de sa blouse, tout comme son sourire semblait exagéré dans ce genre d'environnement.

«- Et comment allez-vous le rallier à votre groupe ou escadron...Je ne sais même pas ce que vous avez crée souffla un des hommes en ôtant ses lunettes, fatigué.

-Nous avons une personne qui peut le pousser à rejoindre nos rangs.

-Qui est cette personne si exceptionnelle ? Se moqua un autre dirigeant en se penchant en arrière. Dîtes moi qui s'est, j'ai une furieuse envie de la remercier.»

Amanda Waller appuya de nouveau sur son clavier et cette fois, ce fut le visage froid et moqueur d'Harley Quinn. Ses cheveux blancs semblaient se fondre dans le fond pâle. Les pointes de ses cheveux colorées attiraient le regard, tout comme ses traits angéliques. Elle était étrangement ravissante sur cette photo. Cette dernière lui donnait un côté simple qui empêchait le groupe d'adultes de grimacer de dégoût face à cette criminelle notoire et tristement célèbre.

«- Harley Quinn, sa compagne informa Waller en la pointant du doigt.

-Elle ne semble pas dangereuse déclara une femme en fronçant les sourcils.»

Amanda Waller se permit de rire un court instant avec de reprendre son sérieux. Elle attrapa un dossier nouveau mais très épais et le donna à sa collègue. Cette dernière l'attrapa, l'ouvrit à la première page et lu à voix haute :

«- Tueuse en série, tueuse à la chaîne ,tueuse de masse, partage le statut de chef de la mafia de Gotham City avec le Joker, voleuse, tendance à des crises psychologiques et bras droit du Joker depuis quelques années»

Un silence lourd tomba dans la pièce. June Moone grimaça en entendant le dossier de la jeune femme. Elle s'était prise de sympathie avec cette criminelle, oubliant l'horreur de ses actes. Son regard se posa sur la photo d'Harley Quinn. Elle semblait si fragile et candide que tout cela semblait n'être qu'un tas de mensonges. La main de la scientifique serra celle de son compagnon. Pour rester en vie, il ne fallait jamais oublier qu'Harley Quinn était une tueuse.

«- Ancienne psychiatre à l'asile d'Arkham, elle a permit l'évasion du patient suivant : Le Joker. Comment ça ? Demanda de nouveau la femme, le dossier entre les mains.

-Harleen Quinzel, de son vrai nom, était une psychiatre comme les autres. Cependant, elle s'est vue confier le Joker et ces deux là se sont rapprochés.

-Comment ça rapprochés ? Grogna un des hommes en serrant les poings. Elle a failli à sa mission !

-L'amour peut créer des situations cocasses répondit simplement Amanda Waller en haussant les épaules. Elle est tombée amoureuse du Joker et lui a permit de s'échapper.»

La seule femme assise autour de la table tendit le dossier à sa coéquipière puis demanda :

«- Comment va-t-elle nous aider ?

-Le Joker fera tout pour la récupérer.

-Dans votre dossier, il est décrit comme un psychopathe qui ne ressent rien pour ses concitoyens lu un homme en fronçant les sourcils.

-Harley Quinn n'est pas n'importe quelle concitoyenne à ses yeux.»

Les dirigeants politiques se regardèrent un instant, perdus.

«- Nous ne comprenons rien à cette relation étrange.

-C'est difficile à comprendre précisa Amanda en s'asseyant. Le Joker n'a, d'après nos sources, jamais aimé qui que ce soit. Il a toujours été très solitaire dans ses plans jusqu'à sa rencontre avec Harleen Quinzel. Il l'a séduite, emmené avec lui dans sa fuite et la jeté dans une cuve d'acide pour la transformer à son image. Lien entre eux, mariage, punition...Appelez cela comme vous voulez mais cela a une importance. Renommée Harley Quinzel par le Joker, elle est d'une immense importance. Il la surnomme sa poupée, il a besoin d'elle dans son quotidien. Lors de notre dernière expédition avec l'escadron, le Joker a essayé de la reprendre. Mais son plan a échoué lorsque nous avons détruit son hélicoptère. Il ne va pas rester sur une défaite, c'est impossible continua-t-elle. Cette femme, dit-elle en pointant l'image du doigt, est notre seule solution de survie. On la nomme la reine de Gotham, il y a bien une raison. De plus, il y a quelques jours, le Joker a déclaré la guerre.

-La fusillade à Gotham, c'est bien ça ?

-C'est ça. Un message m'était dédié sur la scène de crime.»

L'image d'Harley Quinn s'effaça pour laisser place à une image ensanglantée. Quelques hommes grognèrent de dégoût et un autre blêmit. Sur le mur autrefois blanc, une phrase rouge était marquée.

«- Vous avez quelque chose qui m'appartient lu le doyen de la réunion. C'est le Joker ?

-Le sourire gravé sur les visages des victimes est sa marque de fabrique. Il sait où se trouve Harley et la veut par tous les moyens.

-Pourquoi le voulez-vous dans vos rangs ?»

Amanda Waller se leva, passa ses mains sur son tailleur bordeaux et changea d'image. Une photo du Joker et Harley Quinn, prise dans un journal régional, s'afficha. Le bras droit du roi de Gotham collait le corps délicat d'Harley contre le sien. Ils étaient souriants et habillés de façon burlesque. Ils étaient entrés par effraction dans une banque de Gotham. La photo avait été prise par une caméra de surveillance toujours en marche lors du braquage. Les talons de la jeune femme écrasaient de nombreux billets jetés sur le sol et son bras libre tenait une arme. Derrière et devant eux, des hommes déguisés en animaux les protégeaient des gardes armés.

«- Le Joker est fou ou du moins, se fait passer pour fou. Il est craint par les criminels de Gotham, il est tristement célèbre.

-Deadshot ou encore Poison Ivy le sont aussi.

-Oui mais il existe une différence. Il y a une hiérarchie dans le monde criminel ! Le Joker est en haut de la pyramide. Il a une mainmise sur la mafia de Gotham, il a une place dans la pègre. Si nous avons le Joker, nous avons une grande partie des criminels américains dans nos rangs.

-Quel est votre plan ? Demanda un de ses coéquipiers, très peu convaincu.

-June, s'il te plaît.»

La jeune femme se leva lorsqu'elle entendit son prénom. Ses talons noirs lui semblaient beaucoup trop grand et elle recommença à paniquer. Ce fut la légère caresse que Rick lui offrit sur la main qui la calma. Sans un mot, mademoiselle Moone se dirigea vers Amanda et se posa juste devant l'immense écran tactile.

«- Je te reconnais murmura le doyen. Tu étais l'Enchanteresse !

-Oui, je l'étais répondit June. Je l'étais mais nous avons réussi à m'ôter ce poids des épaules. Je suis ici devant vous pour soutenir le projet de madame Waller. J'ai fait des études de psychologie et je peux pousser Harley Quinn à nous rejoindre. Elle me connaît, je la connais aussi. Je peux aider et je le ferai si vous nous offrez la chance de prouver nos compétences.

-Avez-vous toujours des pouvoirs ?»

June fixa dans les yeux l'homme qui avait posé la question. Elle sortit une objet ancien et coloré de sa poche. Le regard d'Amanda Waller brilla de curiosité, c'était l'objet que la scientifique avait sorti devant la prison. Lorsque la main blanche et tremblante de la jeune femme se posa dessus, une lumière rouge se glissa dans ses veines. June tomba à genoux devant la table, les yeux fermés et le souffle court. Rick Flag se leva rapidement et l'aida doucement à se relever. Elle ouvrit de nouveau les yeux et ils semblèrent, un court instant, brûler. Ils prirent une teinte écarlate puis tout redevint à la normale. Un murmure franchit l'assemblée.

«- Je peux encore faire quelques tours de passe-passe sourit June en sortant un dossier de son dos. Tenez, c'est un cadeau.»

Elle le posa devant l'homme le plus proche et rangea l'objet dans sa poche de droite. Avec douceur et inquiétude, l'homme lu les premières pages et un air surpris éclaira son visage.

«- C'est le dossier de la Corée du Nord, ce sont des informations sur la Corée du Nord !»

Un murmure traversa le groupe de dirigeants. Le dossier passa de main en main avant de s'arrêter de nouveau devant Amanda Waller. Cette dernière le rangea rapidement dans son sac et lança un regard vers June.

«- Quelle sera votre rôle là-dedans ?

-Suivre psychologiquement notre détenue 6, Harley Quinn.»

Le doyen se leva, posa ses deux mains sur la table et déclara :

«- Vous avez notre accord, le projet J peut débuter.»

Sur ses mots, le groupe se leva et quitta la salle de réunion. Un sourire sincère étira les lèvres de June Moone lorsque la dernière personne les salua avant de s'engouffrer dans le couloir principal. Amanda sortit le dossier coréen et le posa devant elle. Il semblait de très bonne qualité contrairement aux autres. Ces derniers étaient passés tellement de fois entre les mains des dirigeants que les bas des pages étaient cornés.

«- Nous avons réussi murmura June en se laissant tomber sur la première chaise.

-Heureusement qu'ils n'ont pas tourné les pages souffla Rick Flag en rejoignant sa petite-amie. Ils auraient découvert que le dossier est un faux.

-Ils sont trop idiots pour le faire se moqua Amanda Waller en éteignant l'écran géant. Comment as-tu fait pour écrire en coréen June ? Tu parles coréen ?»

Amusée, la concernée ouvrit les yeux et fixa sa supérieure. Elle fit bouger ses doigts au-dessus de sa tête et commença à murmurer des paroles incompréhensibles pour les deux adultes. Ils se regardèrent, se demandant ce qu'il se passait devant eux. La jeune femme commença à tourner ses yeux dans ses orbites, les mains toujours tendues au-dessus d'elle. Ses lèvres murmuraient de plus en plus vite et son corps commença à convulser. Rick Flag prit peur et tendit sa main vers elle.

«- La magie souffla-t-elle en fermant les yeux, comme possédée. Plus sérieusement, j'ai juste reproduit les petits dessins que Google Traduction m'a proposé avoua June en se calmant.»

Un vrai sourire de bonheur étira les lèvres de Rick Flag lorsqu'il entendit les explications loufoques de mademoiselle Moone. Elle le faisait sourire, même dans les pires situations.

«- Nous avons failli perdre notre poste.

-Je n'ai aucun poste, je n'avais rien à perdre ! Murmura June.

-June, quels sont tes vrais pouvoirs ?

-Comment ça ? Demanda-t-elle en fixant Amanda.

-J'ai vu tes yeux changer de couleur.»

June se remit sur ses pieds, attrapa le bras de Rick Flag et dit simplement :

«- L'enchanteresse m'a laissée quelques cadeaux. Rien de très important.»

Sans un regard de plus pour leur supérieure, les deux adultes quittèrent la salle de réunion.

Amanda fixa les deux dossiers qui se trouvaient devant elle. Le faux dossier coréen et celui qui résumait la vie de couple du Joker et Harley. Elle cacha le premier dans son sac et attrapa le second. Elle quitta la salle de réunion à son tour, toute son attention sur les détails du dossier numéro vingt-quatre. Elle devait tout faire pour attirer le célèbre Joker dans ses filets, même si elle devait sacrifier quelques-uns de ses soldats pour cela. Le projet J devait enfin aboutir.

«- Madame Waller, madame Waller hurla un soldat en courant après elle.

-Que voulez-vous soldat Lee ? Demanda-t-elle en glissant son dossier sous son bras gauche.

-La détenue six a des hallucinations. Elle perd l'esprit.

-Guidez-moi vers sa cellule.»


29 octobre 2016

Dans sa cellule habituelle, Harley Quinn gigotait violemment sur le sol. Sous les regards inquiets de deux médecins et d'Amanda Waller, la jeune détenue pleurait sans retenue. Ses cheveux colorés et décoiffés et se collaient contre ses joues mouillées par les larmes versées. Ses bras étaient tendus vers l'avant et essayaient vainement d'attraper une personne imaginaire. Tout cela était si dérangeant qu'une des médecins décida de partir de la prison, abandonnant les séances régulières d'électro-chocs. La seconde hésita un court instant et annonça qu'elle allait boire un café. Deux soldats étaient restés dans la pièce, le regard fixé sur le corps tordu de leur détenue. Harley hurla deux fois avant de tirer ses cheveux. Elle grimaçait de tristesse.

«- Depuis combien de temps est-elle comme ça ? Demanda Amanda Waller

-Cela fait quelques minutes madame. Elle a perdu la raison lorsqu'une des médecins a prononcé le nom de son compagnon. Elle l'a insultée avant de tomber sur le sol répondit un soldat.»

Soudain, Harley arrêta de pleurer et resta immobile sur le sol. Elle s'était endormie, les mains en sang à force de gratter le sol usé de la prison. Amanda lança un regard vers la prisonnière et fit signe à un des soldats de la coucher sur son matelas.

Ce dernier glissa son arme dans son dos, ouvrit la cellule et porta avec délicatesse le corps froid et blessé d'Harley Quinn. Il la posa sur le matelas et se dépêcha de sortir. Il n'aimait pas se trouver dos à elle. Malgré son état déplorable, la jeune femme était capable de le tuer en quelques secondes. Il ferma la porte à clé, la rangea dans la poche intérieure de veste marron et reprit sa place habituelle, près de la porte.

«- Envoyez là vidéo au Joker, maintenant ordonna Amanda en tournant les talons.»

Toujours endormie, les muscles du visage d'Harley Quinn se contractèrent lorsqu'elle entendit le nom de son poussin.


29 octobre 2016

«- Patron ?»

La voix grave d'un homme brisa le silence d'un appartement. L'homme de main se trouvait au milieu du salon, un petit colis marron dans les mains. Ses pieds butèrent plusieurs fois sur des bouteilles vides et des armes à feu chargées. Son regard noisette se bloqua sur la petite montagne de vêtements qui traînait dans un coin de la pièce. Des robes de soirées, des talons, des jupes déchirées et des débardeurs colorés s'entassaient. Tout cela était entouré de nombreuses roses d'un rouge écarlate. Non loin de là, son patron était couché, les yeux fermés et le souffle rapide. L'homme de main serra un peu plus fort le colis, se demanda s'il devait le réveiller.

«- Patron ?

-Quoi ? Siffla-t-il.

-Un colis pour vous.

-Comment ça ? Grogna l'homme en restant sur le sol.

-Votre nom est marqué dessus dit-il en tournant le colis vers la droite.

Donne moi ça !»

Le Joker sauta sur ses pieds, shoota dans un bouteille pleine et attrapa violemment le colis. La bouteille s'éclata contre l'un des murs et des milliers de morceaux volèrent dans la pièce. Le liquide transparent et alcoolisé se mit à couler sur la moquette violette.

Le Joker fixait le colis, les sourcils froncés et des millions de questions en tête. Il se demanda si cela n'était tout simplement pas un piège mais la curiosité était trop forte. Il ouvrit violemment le papier, s'ouvrant le doigt. Son sang tâcha le colis mais il ignora sa blessure. Une lettre tomba lentement sur le sol tandis qu'un dvd glissait dans la main droite du roi de Gotham.

«- Ramasse la lettre.»

L'homme de main se baissa, attrapa la lettre mais ne préféra pas la lire. Il ne voulait pas annoncer quoi que ce soit au Joker, surtout si cela avait un lien avec Harley Quinn. Il tendit le petit papier blanc et rouge vers son patron. Il attendit que le dernier le prenne. Cependant, le Joker était trop concentré sur son colis Il s'était dirigé vers la télévision et jouait avec le disque.

Il le glissa dans le lecture et croisa les bras. Sa chemise verte était ouverte, dévoilant son torse tatoué. Le tissu souple était tâché à quelques endroits de sang, son doit l'avait frôlée.

«- Patron, la lettre.»

Le Joker tendit la main, le regard toujours fixé vers la télévision. Rapidement, son homme de main la lui donna. Son patron lui ordonna alors de partir alors il tourna les talons et se dépêcha de sortir. Il avait un mauvais pressentiment, il était certain que ce colis allait être une source de colère pour le Joker. Et comme à chaque fois, c'était eux qui allaient devoir subir ses foudres violentes et craintes de tous. L'homme de main souffla, heureux de partir.

Lorsque la porte se referma, le Joker se décida à lire la lettre.

Mais au même moment, le visage tordu par la douleur d'Harley Quinn s'afficha sur l'immense télévision. Ses lèvres rouges formaient une grimace tandis que ses yeux étaient fermés. Un morceau de cuir se trouvait dans sa bouche, étouffant ses cris. Ses jambes bougeaient dans tous les sens à chaque électrochoc. Deux femmes tenaient fermement ses bras et deux soldats regardaient la scène sans réagir. Le Joker remarqua de nombreux bleus sur le corps pâle de la détenue.

Un grognement animal accompagna les hurlements aiguës d'Harley Quinn.