Titre : Satanée potion

Rating : Toujours T mais cette fois-ci, à cause du léger lime que contient ce chapitre.

Genre : Un peu de tout, humour, romance, aventure . . .

Résumé : Accueillir à Poudlard pendant une semaine mes enfants qui ont fait un bond de vingt ans en arrière, je peux. Tomber amoureux de Drago Malefoy, je peux. Mais faire un bond de vingt ans en avant, je ne crois pas que je peux . . . HP/DM

Note de l'auteur : A part un grand merci un lalouisablack qui m'a corrigé ce chapitre, je n'ai rien à dire. Par contre, on se retrouve à la fin. ;)


Chapitre 17 : Epilogue : Prélude . . . à notre famille

Mai 1998 :

La pièce était . . . Bah blanche.

Tout était blanc. Sièges, table, murs, sol, plafond, décorations, fleurs, bibelots, tout absolument tout . . . Y compris ma robe.

Je jetai un coup d'œil angoissé par la fenêtre entrouverte dont les rideaux de voile fin (et blanc !) s'agitaient doucement sous la brise, et vrillai mon regard sur l'agitation qui régnait dans la rue. Il y avait là nombres de personnes (sorciers), et les autres (moldus) les regardaient déposer des fleurs, des cartes, des objets de toutes sortes devant la devanture d'un magasin abandonné depuis des années. Quelqu'un avait-il prévu de dire aux sorciers qu'ils n'étaient pas censés faire ça, histoire de conserver le secret sur l'existence des sorciers ? Non, parce que, à ce rythme là, ils n'allaient pas être longs à découvrir que St Mangouste se planquait derrière ces murs !

Soupirant, je me décollai de la vitre (que l'on m'avait gracieusement permis d'avoir, histoire que je n'ai pas complètement l'impression d'être emprisonné) et rejoignis mon lit sur lequel je m'installai.

Je m'ennuyais ferme dans cette piaule. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé de me distraire. J'avais repeint la chambre de toutes les couleurs possibles et imaginables, créant parfois des mélanges . . . Étonnants. Mon infirmière m'avait gentiment demandé d'arrêter de faire l'enfant. J'avais donc redécoupé et coloré son uniforme d'infirmière de sorte qu'il ressemble à une tenue de . . . Call-girl. Heureusement que j'étais doué pour éviter les sorts.

A part mon non-talent de décorateur que je m'étais découvert, mes amis me rendaient régulièrement visite, brisant ainsi la monotonie de ma solitude. Depuis mon réveil deux jours auparavant, Hermione, Ron, Blaise, Ginny, Molly, Arthur, Tonks, Remus et Dumbledore n'avaient cessé de se relayer à mon chevet. Seulement, il manquait la personne la plus importante, et personne ne voulait me dire où il était. J'angoissais, à un niveau qu'aucun d'eux ne pouvaient imaginer.

- Mr Potter ?

Je me retournai à l'interpellation de ma nouvelle infirmière, âgée d'une vingtaine d'année. La précédente avait déclaré forfait, prétextant qu'elle n'était pas payée pour être baby-sitter. Pouffiasse.

- Oui ?

- Le professeur Dumbledore souhaiterait vous voir.

Je lui fis signe de lui permettre d'entrer.

- Jennifer ? La rappelai-je avant de la laisser partir. Quand pourrais-je sortir ?

Elle m'adressa un petit sourire contrit.

- Je suis navrée Mr Potter, mais . . .

Je ne la laissai pas aller plus loin : je connaissais déjà la suite. Elle me tendit un sourire d'excuse et s'effaça pour laisser entrer mon directeur.

- Bonjour Harry.

- Bonjour professeur.

Dumbledore s'installa sur l'une des chaises de la pièce, se postant face à moi.

- Je vois que tu as remis la chambre en état, constata-t-il avec un sourire malicieux.

Je grognai, me retenant de bouder parce qu'on m'avait enlevé mon jouet.

- Comment va le professeur Rogue ? M'enquis-je avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit d'autre.

- Il se remet doucement. D'après les médicomages il ne pourra pas réutiliser sa jambe convenablement avant de nombreuses années. Severus a eut un peu de mal à digérer la nouvelle.

D'où les hurlements du matin-même.

Je ricanai.

Pour une fois que Rogue passait ses nerfs sur quelqu'un d'autre que moi. Encore que, il était devenu plus doux depuis que . . .

Je m'efforçai de ne pas y penser.

- Et pour les autres ? Vous ne voulez toujours rien me dire ?

Effectivement, rien. On n'avait absolument rien voulu me dire sur ce qu'il s'était passé après mon évanouissement. C'était moi qui avait détruit l'autre face de serpent, mais on m'interdisait de savoir quoi que ce soit sur le dénouement de la bataille finale. J'avais envie de mordre. Pour Severus, je ne l'avais su que parce que je l'avais aperçu dans sa chambre, la seule fois où j'avais réussi à sortir de ma prison lumineuse. Depuis, silence radio.

- C'est justement pour ça que je suis là, Harry. Tiens.

Il me tendit un parchemin. Un long parchemin.

- Qu'est-ce ? Voulus-je savoir en le déroulant.

Un voile passa devant les yeux du vieil homme.

- Les noms des gens morts au combat, murmura-t-il.

Mon sang se glaça dans mes veines. Mais je parcourus quand même la liste des yeux. Et les noms, des noms connus, aimés, haïs, me sautèrent aux yeux laissant libre cours à mes larmes.

. . .

Filius Flitwick

Vincent Crabbe

Cornac McLaggen

Padma Patil

. . .

Grégory Goyle

Zacharias Smith

Shackelbot Kingsley

Millicent Bulstrode

. . .

Neville Londubat

. . .

Susan Bones

Narcissa Malefoy

. . .

Luna Lovegood

. . .

Alastor Maugrey

. . .

Je laissai le parchemin tomber à terre.

J'étais atterré.

Tous ces morts, connus ou inconnus. Tous ces amis, alliés. Kingsley qui m'avait enseigné bon nombre de sorts appris en temps normal aux Aurors, Maugrey qui m'avait donné l'envie de devenir moi-même Auror, Narcissa qui avait béni ma relation avec son fils et rejoint notre camp par amour pour lui, Luna et son sourire doux , Neville, ami fidèle . . .

Je ne cachai pas ma détresse et pleurai abondement, faisant fi de la présence de Dumbledore. J'étais sûr que lui aussi avait été touché par tous ces amis tombés lors de la bataille.

Mais malgré toute ma détresse, il y avait aussi cet espoir qui naissait en moi parce qu'il n'était pas sur la liste. Il était donc vivant.

- Harry, m'interpella Dumbledore, il faut que tu saches que, malgré tout ce que j'ai pu faire, les membres du Ministère ont arrêté Mr Malefoy. Ils sont en train de le juger pour avoir soi-disant été un Mangemort. Et ils ont bien l'intention de lui infliger le châtiment ultime.

oOo

- Harry ?! S'exclama Hermione quand je passai devant elle en trombe, mais qu'est-ce que . . . ?!

Je l'avais déjà dépassé, je n'entendis donc pas la fin de sa phrase, qui devait se résumer à peu de choses près à « qu'est-ce que tu fais ici ?! ». J'avais quelque chose de plus urgent à faire dans l'immédiat.

Derrière moi, j'entendis ma meilleure amie qui m'avait emboité le pas, demander à notre directeur ce qu'il se passait. Il lui répondit simplement que le spectacle allait en valoir le détour.

Et il n'avait pas tort. J'allai réduire le Ministère à l'état de poussière !

Accuser Drago, mon Drago d'être un Mangemort, alors qu'il avait été à mon côté tout le long de la bataille, abattant plus que son lot d'ennemis, de Mangemorts, s'étant même battu avec son père pour préserver ma vie. Scrimgeour allait voir ce que c'était que d'avoir le Survivant - nouvellement le Sauveur - à dos !

- . . . Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?

Les voix me parvenaient. Je n'étais plus très loin du tribunal.

- D'aller vous faire voir. Je n'ai jamais vu autant d'incapables dans une même pièce. C'est inquiétant de vous savoir à la tête de notre gouvernement, alors c'est peut-être pas plus mal que je crève dans les prochaines heures.

J'accélérai le pas.

Personne ne mourrait aujourd'hui, et certainement pas lui !

- Harry, qu'est-ce que tu vas faire ? S'écria Hermione. Tu es encore convalescent, il faut te ménager. S'il te plait, arrête-toi et discutons calmement, d'accord ? Harry ?!

Je l'ignorai et poussai violemment la porte du tribunal qui s'ouvrit brusquement. Plus de deux cent paires d'yeux interloqués se posèrent d'un seul mouvement sur moi. Mais une seule paire de prunelles avait de l'importance pour moi en cet instant présent. Celle qui appartenait à Drago Malefoy, enchaîné à son siège.

- Mr Potter que signifie tout ce tohu-bohu ? Où vous-croyez-vous ? Vous êtes . . .

J'interrompis Fudge d'un seul regard flamboyant. Le bruit de sa déglutition difficile fut audible à tous. Je me désintéressai ensuite des membres du Magenmagot et m'avançai d'un pas autoritaire vers le siège de Drago.

- Harry ? Souffla ce dernier.

Je ne lui répondis pas, sortis ma baguette de ma cape et, d'un coup de poignet sec, le délivrai de ses entraves.

- Qu'est-ce que . . . ? S'insurgea à nouveau le Ministre. Potter, vous ne pouvez . . . ! Aurors, arrêtez-le !

Mais aucun des cinq hommes présents dans la pièce ne bougèrent, tétanisés qu'ils étaient. Il fallait aussi dire que ma magie m'échappait et que mes doigts et ma baguette créaient des étincelles de toutes les couleurs, ce qui suffisait à les effrayer.

- Mr le Ministre, j'espère que vous ne comptiez pas sur ma mise en quarantaine à St Mangouste pour faire enfermer Drago ? Susurrai-je entre mes dents en regardant Fudge alors que je remettais mon Serpentard sur ses pieds.

- Bien sûr que non, s'insurgea rapidement le Ministre.

- Il voulait seulement me tuer avec la bénédiction du peuple, cracha Drago.

Le ministre pâlit. Je m'énervai. Le sol trembla. De la poussière tomba du plafond. Les membres du Magenmagot me regardèrent, horrifiés.

- Drago n'a jamais été un Mangemort, déclarai-je en attrapant fermement le bras de mon ami avant de remonter la manche de sa robe et de montrer son avant-bras vierge de toute marque à l'assemblée.

- Cela ne prouve rien, s'écria Fudge, furieux de voir de quelle manière j'agissais envers lui. Les marques de tous les Mangemorts ont disparu avec la mort de leur Maître.

Je plissai des yeux, m'impatientant et ma colère augmentant exponentiellement de mon impatience. Le fauteuil où Drago était assis quelques secondes auparavant n'y résista pas : il s'écroula, détruit. Les personnes présentes sursautèrent.

- Calmez-vous, Mr Potter, intervint une voix féminine que je replaçai immédiatement : c'était celle d'Amélia Bones.

Je me tournai vers elle, un peu plus calme. Je n'oubliai pas qu'elle venait de perdre sa nièce.

- Il nous faut une preuve qu'il n'ai jamais agi pour Vous-Savez-Qui pour pouvoir l'innocenter entièrement, continua-t-elle. Avez-vous ceci ?

Je ricanai.

- Bien sûr. Prenez n'importe lequel de mes souvenirs, tous même s'il le faut. Vous verrez que Drago est blanc comme neige.

Puis, me tournant violemment vers Fudge :

- Il est de notoriété que vous êtes homophobe Mr le Ministre. Je n'oublierais pas ce que vous avez essayé de faire.

Il pâlit considérablement.

Il comprit ce que je sous-entendais. Si Harry Potter ne le soutenait pas, le peuple ne le soutiendrait pas . . . Et alors, personne ne voterait pour lui aux prochaines élections.

- Drago, on y va.

Un morceau de banc derrière moi s'écroula, faisant tomber quelques membres du Magenmagot qui crièrent.

- Avec plaisir.

- Mme Bones, lançai-je en traversant le tribunal, tenant Drago par le bras, si vous voulez des preuves de ce que j'avance, vous savez où me trouver.

Le plafond se fissura sur toute sa longueur.

- Bien sûr, Mr Potter. Mais nous vous demanderons de ne pas détruire le Ministère en partant.

- J'essaierai, répliquai-je, acerbe.

L'une des deux portes tomba en poussière.

- Harry, soupira Drago, je crois qu'on vient de te demander quelque chose . . .

oOo

Février 1999 :

Hermione ajusta ma robe. Je gigotai.

- Harry, râla-t-elle en guise de menace.

Je grimaçai. Mon reflet dans le miroir fit de même avant que l'objet ne se mette à râler à son tour.

- Cette couleur ne va pas à son teint, bougonna-t-il. Et puis, c'est quoi cette coupe ? Il s'est coiffé avec un Avada ou quoi ?

Je retins de justesse le geste instinctif d'envoyer mon peigne dans le miroir.

- Harry, arrête de stresser, me recommanda Hermione en me faisant face. Tout va bien se passer.

Elle était bien gentille, mais c'était pas elle qui était sur le point de se marier.

- Et Drago ? Demandai-je.

Elle me lança un regard doux.

- Tu veux que j'aille voir comment ça se passe de son côté ?

J'opinai véhément de la tête.

- D'accord, mais je ne reviendrais pas après, la cérémonie va bientôt commencer. On se retrouve plus tard.

- Quand je ne serais plus un Potter.

- Quand tu seras devenu Mr Harry Potter-Malefoy, rectifia-t-elle avec un regard sévère. Et arrête de stresser ainsi, tu me rends folle !

Je ris légèrement, alors qu'elle quittait la pièce, splendide dans sa longue robe couleur prune qui tournoyait autour de ses jambes.

Ma meilleure amie partie, je n'avais plus personne pour gérer mon stress . . . Alors je me remis à triturer les manches de ma robe. Cette dernière, turquoise et marron aux boutons d'or (nda : les couleurs sont inspirés de ma boite de chocolat XD On trouve l'inspiration où on peut, hein ! NdBêta : Tu manges quoi comme chocolat ? Parce qu'une boite turquoise et marron, je vois pas :P nda : C'est d'une chocolaterie de ma ville nommée Jeff de Bruges . . . Trop bon ! ^^) me collait à la peau. Il y avait tout juste assez de place pour laisser la place à un pantalon, et j'avais l'impression d'être un aliment emballé dans du cellophane.

. . .

Pas super plaisant comme comparaison tout de même . . .

Soupirant, je me détournai du miroir sur pied et m'avançai vers un large fauteuil de cuir qui se trouvait dans un coin de la pièce pour m'y laisser tomber. La petite salle dans laquelle je me trouvais était l'une des chambres du manoir que venait de nous remettre le Ministère pour s'excuser d'avoir soupçonné Drago d'avoir été un Mangemort et de lui avoir réquisitionné tous ses biens. Drago avait demandé à récupérer le manoir de ses parents, mais les autorités avaient été contre : trop de magie noire dans les murs de la bâtisse, elle devait être détruite.

Mais bon, le manoir qu'on nous avait donné en échange n'était pas non plus n'importe quoi. On n'avait même une salle réservée au transplanage ! Est-ce que toutes les maisons pouvaient se vanter de ça ? J'en doutais, monsieur.

Un léger frappement à la porte de la chambre où je me trouvais me tira de mes pensées. Avec un froncement de sourcils surpris, je me levai pour ouvrir.

Hermione m'avait pourtant bien dit qu'elle ne reviendrait pas . . .

A peine eus-je tourné le bouton de la poignée que l'on força ma porte, et je dus reculer précipitamment pour ne pas la recevoir en pleine tête. J'eus alors la surprise de constater que c'était Drago qui venait de forcer le passage.

- Drago ? Mais qu'est-ce que . . . ?

Il me fit taire d'un baiser.

- Tais-toi, m'intima-t-il en commençant à déboutonner le haut de ma robe. On a tout juste trente minutes avant le début de la cérémonie.

- Et alors ? Voulus-je savoir, essayant de me soustraire à sa poigne.

- Alors, dit-il, ca fait deux jours que je n'ai pas vu, pas senti, pas touché, pas embrassé, rien ! J'ai envie et besoin de toi, maintenant.

Agréablement surpris, je me laissai tomber sur le fauteuil qui butait contre mes mollets, emportant Drago dans ma chute. Il entoura mes hanches de ses jambes et je réussis à passer mes mains sous sa robe pour la lui enlever rapidement.

- Tu proposes quoi ? Le taquinai-je alors qu'il déboutonnait mon pantalon d'un geste expert.

Il eut un sourire mutin. Mon caleçon se retrouva sur mes chevilles.

- Une petite gâterie, ça devrait te faire plaisir, susurra-t-il alors que son visage s'abaissait vers mon bas-ventre.

oOo

Mars 1999 :

Je m'étirai silencieusement et jetai un coup d'œil à mon réveil.

Il était pratiquement neuf heures. J'avais donc encore plus d'une heure devant moi pour me préparer et ensuite rejoindre Drago à St Mangouste.

Mon regard se posa ensuite sur mon annulaire gauche auquel brillait un anneau d'argent : mon alliance.

Notre union avait certes été un peu précipitée, mais c'était surtout pour que l'enfant ne naisse pas hors des liens du mariage, chose sur laquelle Drago avait été intraitable. Et ça ne m'avait pas dérangé, bien au contraire. De toute manière, à l'époque où nous avions accepté d'être les premiers « cobayes » de la potion mise au point par Severus, j'envisageais déjà de demander sa main à Drago. La suite s'était déroulée selon un schéma quasi logique. Et à présent, nous étions qu'à quelques minutes de la naissance de notre premier enfant.

Mon cœur se serra d'appréhension et s'envola de joie à la fois.

Un enfant : un désir, une envie que j'avais cru ne jamais se concrétiser quand j'avais pris conscience que je ferais ma vie entière avec Drago. Après tout, deux hommes n'étaient pas fait pour procréer. Mais c'était sans compter sur Severus et Dumbledore. Le dernier avait demandé au premier de créer une potion qui pourrait permettre aux couples dans l'incapacité d'avoir une descendance, de connaître le bonheur d'avoir un enfant. Et il suffisait d'une mèche de cheveux de chacun des parents pour pouvoir avoir un enfant génétiquement identique à ses géniteurs. Un miracle.

Refusant de me complaindre dans une rêverie inutile, je repoussai les couvertures du lit au pied de celui-ci et mis pied à terre.

Après tout, la réalité avait bien plus de goût.

oOo

Les médicomages, infirmiers et patients me regardaient passer, estomaqués par mon audace. Il fallait dire aussi que ce n'était sans doute pas tous les jours qu'ils voyaient un fou furieux courir dans les couloirs de St Mangouste comme si sa vie en dépendait.

En même temps, c'était entièrement ma faute si j'étais en retard. Ca m'apprendra à rester trop longtemps sous la douche ! Maintenant, Drago allait m'égorger !

Dérapant bruyamment, je réussis - je ne sais trop comment - à ne pas me viander lamentablement sur le sol du couloir de la maternité et à me redresser suffisamment pour continuer normalement ma route. En quelques secondes, je parvins devant la porte jaune canari qui abritait la salle dans laquelle nous avions rendez-vous. En gros y était inscrit : Extraction Infantile. Impossible que je me goure de porte.

Soupirant, je poussai le battant.

A l'intérieur, ne se trouvaient que Severus, Drago et une infirmière. Aucun des trois ne se tourna vers moi à mon entrée. Ils entouraient un chaudron duquel s'échappait une vague lueur rosâtre, produit par une forme de la même couleur et qui gigotait légèrement. Puis . . .

Puis il y avait Severus tenant un poignard argenté au dessus de l'enfant.

Je paniquai.

- MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FAITES ?! Hurlai-je en sautant sur Severus, manquant d'envoyer promener le chaudron.

Un « Potter ?! » interloqué mixé à un « Harry ?! » furieux m'empêcha de frapper Severus et de lui laisser le temps de s'expliquer.

- Que se passe-t-il ici ? Grondai-je, furieux.

Une poigne forte m'arracha de mon adversaire et me remit sur pied avant que l'on ne m'ait répondu, puis je croisai le regard furibond de ma moitié.

Venais-je de faire une boulette ?

- Severus était sur le point de délivrer l'enfant, m'expliqua-t-il, les bras croisés et le pied droit tapotant nerveusement le sol. Alors peux-tu me dire pourquoi tu as sauté dessus comme ça ?

Je coulai un regard vers Severus qui se remettait difficilement debout. Dans ma hâte de le maîtriser, j'avais oublié son handicap. J'espérais ne pas lui avoir fait trop mal.

- Je . . . J'ai cru qu'il allait le tuer, avouai-je piteusement, à présent conscient de la bêtise de ma pensée.

Drago haussa un sourcil, cessant son tapotement.

- Faut vraiment que t'arrêtes d'être aussi paranoïaque.

- Désolé, marmonnai-je, les mains enfoncées dans les poches de ma cape.

Soupirant, Drago leva le regard au ciel avant de me sourire et de me rependre dans ses bras.

- Non, ce n'est pas entièrement ta faute. C'est normal que tu sois sur tes gardes avec tous ces Mangemorts qui t'en veulent et qui cherchent à avoir ta peau. Mais tu sais que je suis là.

Le visage caché dans son cou, je souris, soulagé de l'entendre me répéter qu'il me protégerait envers et contre tout. Comme lors de la guerre.

- Navré d'interrompre un si charmant spectacle, fit soudainement Severus avec une grimace éloquente de dégoût, mais je crois que nous avons un marmot qui s'impatiente.

Il accentua sa phrase d'un coup de pouce en direction du chaudron dans lequel la masse rose s'agitait de plus en plus, et nous nous avançâmes vers le récipient. Severus brandit à nouveau le poignard, mais rassuré, je le laissai faire. Il s'en servit alors pour déchirer la membrane qui protégeait l'enfant, puis il plongea les mains dans la substance et en ressortit un petit paquet beige.

Qu'il déposa délicatement entre mes bras, sans que je ne m'y attende.

C'était tout gluant au premier abord - à cause du liquide - et cela m'emplit de dégoût. Mais ensuite, je vis le petite visage fripé, les quelques cheveux blonds, les petits poings serrés. Je sentis le cœur battre à coups sourds, la chaleur du corps et je sus.

Je sus que c'était mon enfant. Mon fils.

Notre fils.

Le fruit de notre amour, à Drago et moi, la récompense à nos batailles, à nos douleurs, à nos morts. Je tenais l'avenir dans mes bras, celui qui transformerait notre noir passé en un avenir éclatant. Lui, et tant d'autres à venir.

- Vous avez choisi un nom ? Demanda Severus.

Souriant, je caressai de mon index le poing serré de l'enfant. Ce dernier l'attrapa et l'enferma vigoureusement pour son jeune âge dans sa petite main.

- Oui, répondit Drago. Ce sera Sirius Potter-Malefoy.


Voilà, ici s'achève cette histoire. Et vous remarquerez que contrairement à L'immense privilège d'être parents, la fin est . . . Normal, dirais-je. ^_^

Je vous remercie tous pour tout vos encouragements au fil de ses semaines, de votre patience quand la publication entre deux chapitres s'est faite plus longues, et surtout, pour tout vos commentaires si jolis. J'espère vous revoir bientôt sur l'une ou l'autre de mes fanfics ( les nouvelles, hein, parce que je sais déjà qui lit La Seconde Guerre ^^)

Milles bisous et Kenavo ! ( Pour ceux qui ne sauraient pas, ça veut dire au revoir en breton)

Kimophélia