Troisième épreuve : sagesse

Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid. Je n'ai pas froid…Mais si j'ai froid ! Quand les autres me retrouveront je tirerai les oreilles de Mokona : ça marche pas sa technique d'autosuggestion ! Mais alors pas du tout. Ou peut-être que ça ne fonctionne qu'avec les Mokona…Oui mais Mokona a une fourrure, moi je n'ai même plus de tissu sur le dos : quand Einstein m'a tiré à travers ce corridor ça a tout déchiqueté, mon haut ET mes épaules (simple détail insignifiant bien que douloureux). En parlant d'Einstein, il dort dans un trou en face de moi, mais je ne peux même pas m'enfuir, on est encore en vue des gardes. En plus ils sont marrants ceux-là : « nous ne sommes pas censés faire fonctionner nos cordes vocales dans l'exercice de nos fonctions »…Tu parles ! Au moins trois heures qu'ils discutent et que ça me fait mal à la tête. Pas parce qu'ils parlent fort non, mais parce qu'ils parlent de politique, physique quantique et autres sujets à donner des céphalées. Trois heures que j'ai envie de mettre un bon coup de pied dans leur face de nains poisseux intellos…Et surtout trois heures que je ne dors pas, malgré mon état de fatigue. Je me demande si tout le monde va bien…Quand j'ai été enlevée tout le monde semblait en forme, mais que s'est-il passé entre-temps ? Et est-ce qu'il arriveront à me retrouver sous terre ? En tout cas ma décision est prise : dès que l'occasion se présente, je m'enfuis. Je ne peux pas passer ma vie à attendre que mes trois « héros » (oups, quatre plutôt, pardon Moko-chan) me sortent de toutes les situations difficiles dans lesquelles je me fourre. On m'avait dit que j'étais bénie des dieux…bénie des dieux de la poisse oui ! A part faire des doubles six aux dés, je ne suis d'aucune utilité. Alors cette fois-ci, je vais m'en sortir toute seule. Et…

DONG !

Un bruit de gong ! Serait-ce le signal de l'ouverture des portes ? Il faut croire que oui, parce qu'Einstein se réveille. Je tourne la tête : les frères Bogdanov ont posé leurs lances au sol et sont en train d'ouvrir la porte…Attends une minute…Ils sont occupés et désarmés, et l'autre est encore en train d'émerger. C'est ma chance ! Allez, Sakura, mets-toi debout doucement, tourne-toi et…COURS ! J'entends Einstein qui crie derrière moi. Tu ne l'avais pas vue venir celle-là, hein ? Je n'ai peut-être pas le vocabulaire d'une encyclopédie, mais mon instinct de survie est très bien développé. Ce tunnel est vraiment long. Oh non, je l'entends se rapprocher, et il a les gardes avec lui en plus ! Il faut que j'accélère. Ca ne sert à rien, je les entends toujours : ils crient, respirent fort. Et soudain j'entends un autre bruit, une sorte de bruit de courant d'air… « vvvvvvv »…Et je n'ai pas le temps de me retourner que je sens une douleur dans ma jambe gauche ; je m'effondre. Ca fait mal. Je regarde : une des lances d'un garde est plantée dans mon mollet, et dépasse de l'autre côté de ma jambe. Mais il faut que je sorte. Je me lève, je fais un pas, deux, et je retombe…Je ne peux plus marcher. Ils sont arrivés à ma hauteur. Ma vision se brouille. Je ne les entends presque plus, pourtant je vois leurs lèvres remuer…C'est peut-être pas plus mal que je n'entende pas ce qu'ils disent après tout. Je regarde une dernière fois ma jambe et là je vois le sang, mon sang qui coule et qui ne s'arrête pas. Je m'affaisse complètement, les yeux fermés. Je me sens faible. Je suis couchée sur le dos, ma jambe me fait atrocement souffrir. Je ne peux plus ouvrir les yeux, je suis tellement fatiguée…tellement…fatiguée…


« Fye, réveille-toi ! Fye ! »

J'ouvre lentement les yeux et je vois mon petit Mokona penché sur moi, l'air aussi inquiet qu'un Mokona peut l'être. Tout est blanc autour de nous. On dirait une pièce peinte entièrement en blanc, mais tellement bien peinte qu'on ne voit pas où se sépare le sol des murs, ni où se séparent les murs du plafond. Comme un chaos immaculé. Je me relève doucement. J'ai mal à la tête, j'ai soif, et bien que le soleil ne brille pas dans cet endroit, j'ai toujours aussi chaud. Je prends Mokona au creux de mes mains, et me force à lui sourire. Je lance un « tout va bien » sur un ton que j'espère être joyeux, et le pose sur mon épaule. Mais je ne vais pas bien du tout. En plus il faut que je fasse une épreuve…Eh, bien, je ne promets pas grand-chose. Même garder le sourire aux lèvres me fatigue. Mokona a du le remarquer, parce que je sens qu'il me regarde avec insistance.

« Tu sais, Fye, il n'y a que toi et moi ici, ce n'est pas grave si tu ne souris pas.

- Merci, Mokona. De toute façon, je ne résisterai pas longtemps.

- Tu sais, je voulais déjà te le dire avant, mais…

- Ravi de vous voir éveillés. »

Je me retourne. Je le vois. Un immense dragon filiforme, celui que représentait la statue. Comment ai-je pu me réveiller sans sentir sa présence derrière moi ? Je dois vraiment être à bout de force. Il s'avance vers nous, mais il n'a pas l'air menaçant. Pourtant Mokona tremble sur mon épaule, il faut que je me méfie.

« Qui êtes-vous ? » mes lèvres tremblent lorsque je souris. Alors j'arrête. Mokona a raison, ce n'est pas comme si les autres étaient là.

- Mon nom est Luyrqa. Je suis le dieu dragon qui veille sur ce pays ; je symbolise la sagesse. Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?

- Nous devons passer une épreuve.

- Exact. Vos deux amis ont déjà terminées les leurs.

- Alors ils vont bien ! s'écrie Mokona.

- Je n'ai pas dit dans quel état ils avaient fini leurs épreuves, petite créature. »

Je sens Mokona qui s'affaisse contre mon cou. Mais je suis sûr qu'ils vont bien. Si Luyrqa est la sagesse, il reste force et rapidité, et Shaolan et Kurorin sont forts et rapides tous les deux. Je ne me fais pas de soucis pour eux, ils ont réussi. C'est sûr. Je caresse doucement une oreille de Mokona pour le rassurer, puis je regarde à nouveau le dragon.

« Quelle est cette épreuve ? »

A cet instant, les yeux du dieu s'illuminèrent d'une étrange lueur et le décor changea. Ce qui était blanc auparavant se transforma en ce qui ressemblait à une crypte, une salle entièrement construite en vieilles pierres, et dont le seul éclairage était un flambeau accroché au mur. Près de ce flambeau, semblant sortir du sol, se trouvait un cube de pierre, comme un autel d'église, recouvert d'un couvercle de verre.

« Approchez. »

J'avance doucement vers cet autel. J'ai la tête qui tourne et je suis sûr que je ne marche même plus droit, mais je ne laisse rien paraître : je dois réussir cette épreuve, ensuite je me reposerai. Je me penche au-dessus de couvercle de verre. C'est…

« Un parchemin ?

- Un parchemin. Il est la clef de cette épreuve, mais auparavant, il vous faut connaître la consigne. Une consigne ancestrale, qui protège ce parchemin depuis très longtemps. Nombreux sont ceux qui ont tenté de réussir cette épreuve, et tout aussi nombreux sont ceux qui ont échoué, malgré…

- Donnez-nous cette consigne. »

Normalement on n'interrompt pas un dieu dans son discours. Mais il faut en finir au plus vite, je suis à deux doigts de m'évanouir. Tout ça parce qu'il fait quelques degrés de plus qu'à Seles, je suis vraiment faible… Luyrqa me regarde intensément, mais il n'a pas l'air en colère. Ni même surpris. En fait, aucune émotion ne transparaît sur son visage. C'est peut-être pour cette raison qu'il ne m'a pas semblé menaçant. Et moi je serre les poings le plus fort que je peux pour tenir debout face à lui. Déjà que j'ai du mal à le distinguer avec tous ces points noirs qui dansent devant mes yeux, il faut au moins que je paraisse consistant. Il ferme les yeux et tourne la tête, comme presque à regret.

« Soit. Si tu es pressé, allons-y. Ecoute bien, je ne la répèterai pas. »

Sur ce parchemin est écrit
Le mot à prononcer pour sortir d'ici.
Humain, clame-le haut et fort
Et ainsi décide de ton sort.
Par trois reprises tu as le droit d'essayer
Mais une quatrième fois ne devra pas échouer
Car alors ton âme pour l'éternité
Dans cette crypte sera emprisonnée.

« Bonne chance. »

Luyrqa disparut. Fye se laissa tomber à terre, exténué.

« Fye !

- Ne t'inquiète pas, je suis juste fatigué.

- Oui mais…

- Il faut réussir cette épreuve. Après, je te promets de me reposer, d'accord ? Alors jusque là, fais comme si de rien n'était s'il te plaît. Ca m'évitera d'y penser moi-même. Tu peux faire ça ?

- Moui…Tout triste.

- Merci, Mokona. Bon, tu as bien tout retenu ?

- Oui ! Mokona a une super mémoire !

- Bien…Alors réfléchissons : il faut lire le mot qui est écrit sur ce parchemin qui se trouve lui-même sous cette vitre. On pourrait essayer de casser la vitre, mais ça me semble un peu trop facile.

- On a droit à 4 essais, Fye ! Et si on n'essaye rien on ne trouvera jamais la solution.

- Tu as raison. Bon, alors brisons cette vitre ! »

Je me relève péniblement, en m'appuyant tant bien que mal sur l'autel. La vitre ne semble pas bien épaisse, ça ne devrait pas poser trop de problème. Mais…Euh, je la casse avec quoi ? La crypte autour de nous est en pierres…Il doit bien en avoir une qui tient moins bien que les autres…Ah, celle-là !

« Mokona, regarde cette pierre : on dirait qu'elle n'est pas bien fixée au mur. On pourra s'en servir pour atteindre le parchemin.

- Bonne idée ! Mais je ne pourrais pas la soulever à moi tout seul. Il faudra que tu le fasses.

- C'est ce que je me disais. Attends-moi là tu veux ? »

Cette brique n'est pourtant qu'à 2 mètres de moi, j'ai l'impression que je ne l'atteindrai jamais. Mais j'y arrive enfin. Elle n'est pas aussi lourde qu'elle en a l'air, et j'arrive sans trop de problèmes au niveau de l'autel. Je la lève bien haut au-dessus de ma tête ; je chancelle un peu. J'évite le regard inquiet que Mokona pose sur moi, et de toutes les forces qu'il me reste, je frappe. J'entends la vitre qui se brise, mais aussitôt, une éblouissant lumière jaillit, et je suis obligé de fermer les yeux.

Quelques instants plus tard, tout est à nouveau calme dans la crypte. La lumière a disparu, permettant au magicien et à Mokona de rouvrir les yeux. Leurs regards se posent sur le parchemin désormais accessible. Fye s'avance…

« Mokona…La…La vitre est intacte…

- Mokona ne comprends pas…

- Il vous reste 3 essais. »

La voix de Luyrqa avait retentit de façon si inattendue que tous deux sursautèrent. Ils regardèrent autour d'eux, mais ils étaient bel et bien seuls, face à ce document derrière sa vitre.

« Ca n'a pas marché, dit Mokona tout triste.

- Allons, courage mon petit Mokona ! Il nous reste 3 essais. Je suis sûr que nous trouverons la solution.

- Mokona sait ce qu'il faut faire ! Il ne faut pas casser la vitre, alors Mokona va la faire fondre avec la torche ! »

Il sautilla jusqu'à la torche, puis une fois arrivé juste en dessous, il fit un énorme bond qui eu pour résultat de faire tomber le flambeau juste devant les pieds de Fye. Celui-ci se pencha, ramassa l'objet et le plaça au-dessus du verre.

« Ca risque d'être long, Fye. Tu crois que tu auras assez de forces pour le tenir ?

- Ce n'est qu'une torche…Ca ira… »

Mais mon bras tremble déjà…Il faut que je tienne…Il le faut ! Que je réussisse au moins ça…Déjà que je ne leur sers pas à grand' chose, pour une fois que je dois me débrouiller seul, il faut que je réussisse. Mais la chaleur de la torche accentue mon malaise….J'ai encore plus chaud maintenant. Je sens une goutte de sueur descendre le long de ma tempe, puis de ma joue. Mokona l'essuie…Adorable Mokona…Je lâcherai bien cette fichue torche pour le prendre dans mes bras. Mais je ne peux pas. Le verre commence à rougir ; il est plus mou…Je pousse avec la torche. Le pan de vitre molle tombe juste à côté du parchemin. La même lumière qu'avant apparaît. Je ferme à nouveau les yeux, je n'ai pas le choix. Je sens que la lumière est partie. J'ouvre les yeux, mais je sais déjà que la vitre est intacte et le parchemin bien protégé en dessous. La voix de Luyrqa résonne :

"Il vous reste 2 essais, hâtez-vous."

« Mokona ne trouve pas l'astuce…

- Peut-être…

- Oui ?

- On a d'abord cassé puis fait fondre la vitre…A chaque fois des débris de verre sont tombés sur l'autel. Peut-être…Peut-être qu'il ne faut pas toucher la pierre. Il faut trouver un moyen de prendre le parchemin sans faire tomber quoi que ce soit sur cet autel.

- Ca c'est un travail pour Mokona ! Il faut utiliser une de mes 108 techniques secrètes : le super cambrioleur ! »

Et sous les yeux de Fye médusé, Mokona sortit une ventouse et un faisceau laser (d'où, on ne le saura jamais). Il appliqua la ventouse et découpé le verre tout autour. Minutieusement, il ôta le cercle ainsi découpé et le donna à Fye, l'air triomphant.

« Maintenant, Fye, prend le parchemin ! »

Je m'approche et passe ma main toujours aussi tremblante par l'ouverture qu'a créé Mokona. Mes doigts se referment enfin sur ce satané morceau de papier. Mais…

« Non ! »

J'ai crié sans m'en rendre compte. La lumière est apparue à nouveau, ruinant encore tous nos efforts. Luyrqa nous préviens que c'est notre dernier essai ; il faut absolument que nous réussissions. Si Mokona est piégé ici, Shaolan ne pourra pas réunir toutes les plumes et Kuro-tan ne rentrera jamais chez lui. Toutes nos tentatives pour prendre le parchemin n'ont pas abouties…Pourquoi ? C'est sur ce parchemin qu'est écrit le mot clef. Alors pourquoi n'arrivons-nous pas à l'atteindre ? Mokona sautille tout autour de la vitre. Cette épreuve est une véritable énigme…Mais…Peut-être que c'est ça ! Peut-être ne faut-il pas ruser pour attraper ce papier, peut-être cette épreuve est-elle en fait une énigme à résoudre !

« Mokona…Tu peux me réciter la consigne s'il te plaît ?

- Moui… »

« Sur ce parchemin est écrit
Le mot à prononcer pour sortir d'ici.
Humain, clame-le haut et fort
Et ainsi décide de ton sort.
Par trois reprises tu as le droit d'essayer
Mais une quatrième fois ne devra pas échouer
Car alors ton âme pour l'éternité
Dans cette crypte sera emprisonnée. »

Reprenons tout morceau par morceau…

« Sur ce parchemin est écrit
Le mot à prononcer pour sortir d'ici »

Ca c'est clair…Le mot est sur le parchemin…

« Fye, est-ce que…

- Attends un instant, je réfléchis. »

« Humain, clame-le haut et fort
Et ainsi décide de ton sort. »

Ca aussi c'est clair : il faut prononcer ce mot pour sortir…Le mot qui est sur le parchemin.

« Par trois reprises tu as le droit d'essayer
Mais une quatrième fois ne devra pas échouer »

Quatre essais…Pas un de plus…

« Car alors ton âme pour l'éternité
Dans cette crypte sera emprisonnée. »

Bon, pas besoin de paraphraser cette partie…

« Sur ce parchemin est écrit
Le mot à prononcer pour sortir d'ici »…

« Humain, clame-le haut et fort
Et ainsi décide de ton sort. »…

« Par trois reprises tu as le droit d'essayer »…

« Humain, clame-le haut et fort »…
« Humain, clame-le haut et fort »…

Je suis humain, mais pas Mokona…

« Humain, clame-le haut et fort »…

Et les habitants de ce monde sont des nains, ils ne sont pas humains non plus…

« Mokona, écoute…« Humain, clame-le haut et fort »…Je crois…Je crois que le mot à prononcer est humain…Est-ce que ça paraît sensé ?

- Pourquoi pas ? Puisqu'on n'arrive pas à prendre le parchemin, c'est peut-être parce qu'on n'en a pas besoin et que la solution est dans la consigne ! On peut essayer !

- Mais c'est notre dernier essai…Et si…

- Ne t'inquiète pas, Fye ! Mokona a confiance en toi…Si tu crois que c'est une énigme, alors je suis sûr que c'est ça…Alors prononce le mot ! Le plus fort que tu peux ! »

Je ferme les yeux et croise les doigts, priant pour que ce soit ça. Je respire à fond et avec un dernier regard pour Mokona, je me lance…

« HUMAIN ! »

Fin du chapitre 6

Auteur : Eh oui, je sais c'est vache comme fin, mais promis promis promis la suite arrive dans une semaine! Je vais m'y remettre sérieusement! D'autant plus que Malédiction est déjà finie sur papier, ça ira donc plus vite!

Fye : j'ai aussi hâte que Fatigue soit finie, j'en peux plus moi!

Auteur : mon pauvre Fye...je n'ai pas prévu de finir Fatigue avant un bon bout de temps, il faudra tenir!

Mokona : Mokona est là pour soutenir! Fye pourra toujours compter sur Mokona!

Auteur : sauf s'il t'arrive quelque chose dans les chapitres qui viennent... Allez, à bientôt tout le monde et reviews svp, même si c'est pour réclamer la suite comme Deidara-san mdr