Reid resta planté là, le regard plongé dans les profondeurs de ces grands yeux marron. Par deux fois il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, sans que rien ne vienne, avant de la refermer et fixer sans un mot son visiteur.
Morgan haletait légèrement ; Reid supposait qu'il avait monté les escaliers en courant, vu que l'ascenseur était en panne. Néanmoins, sa respiration revenait peu à peu à la normale et, en termes de communication, ils en étaient toujours au point mort. Alors, après une minute et vingt-huit secondes à rester planté là, Reid essaya finalement quelque chose :
- Morgan… ?
Soudain celui-ci fut tout près du génie et Reid se recula rapidement jusqu'à heurter le mur derrière lui alors que les mains de Morgan trouvaient le col de sa chemise.
Et, alors, cela recommença. Le long et intense silence, pendant lequel ils se fixaient l'un l'autre. Sauf que, cette fois, leurs visages n'étaient séparés que de dix centimètres et leurs deux respirations étaient haletantes, tandis que Morgan tenait Reid par les épaules avec une certaine force.
- Morgan ? répéta Reid, sa voix à peine plus audible qu'un murmure.
Son ainé ferma les yeux comme s'il était souffrant, ou peut-être en colère, et sa mâchoire se contracta. Il prit une profonde inspiration et, quand il prit la parole, ses mots furent bas et tendus.
- Tu portes le pantalon.
- P-pardon ? questionna Reid avec scepticisme.
- Le pantalon, Reid. Tu. Portes. Le. Pantalon.
- Je… le… hein ?
- Le pantalon ! s'exclama brutalement Morgan. Le pantalon qu'on t'a acheté en Illinois, le pantalon qui était prévu spécifiquement pour sortir en boîte, le pantalon qui était trop serré, le pantalon qu'on a mis cinq minutes à t'enlever quand on est rentré parce qu'aucun de nous n'était sobre et qu'il te collait à la peau, le pantalon que je ne pensais jamais revoir, et tu le portes ! Tu le portes au travail ! Et j'ai dû regarder sans rien dire alors que tu te baladais avec d'un air parfaitement innocent et inconscient de ce que ça me faisait !
Morgan prit une profonde inspiration pour se reprendre, et conclut :
- Ce pantalon.
- …oh.
Reid baissa les yeux. Il portait toujours le jean. Tous ses autres pantalons étaient sales car le lavomatique de sa résidence était fermé suite à une fuite, et il ne lui restait donc plus que celui-ci.
Il releva les yeux et prit lentement les mains de Morgan, toujours sur ses épaules, pour les remettre le long du corps de l'autre agent. Sentant que sa tête commençait à tourner à cause du vin, il se déroba donc au regard de son collègue et retourna dans son salon. Derrière lui, le bruit des chaussures de Morgan lui indiqua que ce dernier le suivait à distance, avec méfiance.
Mal à l'aise, Reid se passa les bras autour de son ventre et resta derrière son canapé, à fixer le film qui continuait.
- Du vin blanc et Benny and Joon ? fit la voix grondante de Morgan, derrière lui.
Reid se tourna en haussant un sourcil :
- Qu'est-ce que tu veux ?
Morgan haussa simplement les épaules, et Reid soupira.
- Pourquoi es-tu là ?
- Je… écoute, Reid, il faut qu'on parle.
- Oh, alors ça, ça promets d'être amusant, rétorqua Reid en levant les yeux au ciel. Qu'y a-t-il à dire de plus, de toute façon ?
Morgan baissa les yeux et dansa d'un pied sur l'autre :
- Est-ce qu'on peut, euh, s'asseoir ?
Reid hésita, puis acquiesça. Il attrapa la télécommande et mit le film sur pause, avant de s'asseoir à l'une des extrémités du canapé et d'attendre que Morgan le rejoigne. Une fois installé, ce dernier fixa ses mains et inspira profondément.
- J'ai parlé à ma mère… de tout ça.
- Tout ça quoi ?
- Ca. Nous. L'affaire, répondit Morgan avant de s'humidifier les lèvres et ajouter : je lui ai aussi dit que j'étais bi.
- Ah ? fit Reid en levant les yeux.
Il gardait les bras croisés contre lui, mais le mouvement de ses sourcils trahit son intérêt.
- Et… donc ?
- Elle a dit qu'elle le savait déjà. Et apparemment mes sœurs l'avaient aussi deviné.
Morgan eut un petit sourire pour tenter d'alléger la tension, mais Reid détourna le regard.
- Tant mieux pour toi, dit-il d'une voix neutre. Je suis heureux que tu sois accepté par ta famille.
- Et toi, tu es accepté par ta famille ?
Reid haussa les épaules :
- Mon père n'est pas particulièrement extatique à cette idée, mais il est convaincu qu'un jour je vais rencontrer « la bonne » et oublier George Clooney et Christian Bale.
Morgan se mit à rire et resta songeur pendant un instant :
- Ils ont tous les deux joué Batman.
Reid fronça les sourcils et considéra cette idée.
- Oh, je n'avais même pas réalisé.
Il eut un sourire qui n'atteignit pas ses yeux puis se retourna vers Morgan.
- Peut-être que j'ai un faible pour Batman. Bien que je n'ai pas vraiment envie de me précipiter dans le lit de Michael Keaton.
Bien que son ton soit à la plaisanterie, le visage de Reid restait inexpressif.
Morgan secoua la tête, riant toujours. Puis, après quelques secondes, il le regarda à nouveau :
- Et ta mère ?
- Elle dit que l'amour n'a pas d'âge, de genre ou de couleur, et qu'il ne peut être reconnu que par ceux qui le ressentent. Elle est heureuse peu importe ce que je choisis de reconnaître comme tel, expliqua-t-il avant de se mettre à rire avec une certaine tristesse et de remarquer : Je ne sais même pas si ce sont réellement ses mots ou si elle les a pris dans un livre.
Il se passa la main dans les cheveux puis ajouta :
- Désolé.
- Il n'y a pas de mal, fit Morgan en secouant la tête.
Ils restèrent assis là en silence, jusqu'à ce que Reid relève les yeux :
- Et donc, pourquoi es-tu venu ?
- C'est vrai, se rappela Morgan en se redressant un peu. Comme je le disais, j'ai parlé avec ma mère et, eh bien, de cette manière dont seules les mères sont capables elle m'a dit ce qu'il fallait faire sans réellement le dire.
- Ah oui ? Et que faut-il faire ?
- Il faut que je te dise la vérité.
- Ouaip, acquiesça Reid, ça, ce serait un agréable changement.
- D'accord, tu peux juste écouter cette fois ? Juste… attends que j'ai terminé.
Reid croisa les bras et acquiesça.
- D'accord, alors premièrement je ne t'ai pas menti quand j'ai dit que j'étais bisexuel, d'accord ? Je n'essayais pas de voir comment tu allais réagir ni quoi que ce soit de ce genre, d'accord ?
Reid soupira et décroisa les bras :
- Je sais. J'étais simplement… furieux. Je savais que dès que je prononcerai ces mots, ils te heurteraient profondément. Je ne… pouvais pas m'en empêcher. C'est comme si je comprenais finalement ce qu'était une diarrhée verbale… soupira-t-il. Désolé, j'ai dit que j'écoutais et me voilà en train de jacasser, comme d'habitude. Je t'en prie, continue.
Morgan soupira :
- Eh bien, je dois dire que je suis heureux que tu ais pris la parole. Reid, j'étais tellement inquiet à l'idée que tu le penses vraiment. Je ne me le serai jamais pardonné si tu pensais ça.
Reid eut un simple sourire, quoiqu'un peu triste, et lui fit signe de continuer.
- Je… je lui ai expliqué l'affaire et ce qui s'était passé entre nous et je lui ai dit que je… euh…
La gorge soudain sèche, Morgan déglutit en sentant une immense vague de culpabilité l'envahir.
- Comment je t'avais … ignoré, disons.
Il ne manqua pas le tressaillement de Reid.
- Et ? fit le génie d'une petite voix.
- Et… elle m'a fait réaliser…
Morgan soupira, et se passa une main sur le crâne.
- Reid, je n'ai pas pleuré depuis Chicago, et ça pourrait ne rien vouloir dire pour toi, mais avant aujourd'hui je n'avais pas pleuré depuis… ce que Buford faisait, formula-t-il avec précaution. Ecoute, je n'ai jamais, jamais, pleuré une séparation. J'ai vu à quoi ressemblaient les pires relations et je savais que celles que j'avais depuis ne leur arrivaient même pas à la cheville. Mais en parlant à ma mère hier, au téléphone, j'ai réalisé ce que je ne savais même pas vraiment moi-même.
- Et c'est quoi ?
- La raison pour laquelle je ne te parlais pas.
Reid inspira brusquement :
- Ah oui ? Et… quelle est cette raison ?
Morgan secoua la tête.
- Au début, je pensais que c'était parce que j'étais fatigué, parce que l'enquête avait été longue. Je me suis convaincu que c'était la raison pour laquelle je n'allais pas te rendre visite à l'hôpital.
- Tu sais, le coupa Reid, si cela avait été toi, j'aurais été à tes cotés à chaque instant. Je ne t'aurais pas laissé jusqu'à ce que tu sois autorisé à quitter l'hôpital.
- Je sais que tu serais resté, fit Morgan à voix basse. Et c'est en partie ce qui rendait mon comportement si horrible quand je me suis rendu compte que je ne t'avais pas accompagné. Et un jour est passé, puis un autre et encore et autre, et on était de retour au travail et ça m'a frappé : j'essayais de retarder au maximum l'inévitable.
- Qui était… ?
- Te voir. Te parler. Interagir avec toi. Choisis celui que tu veux. Tout ce que je savais c'est que j'arrivais soudain au bureau sans avoir la moindre idée d'où nous en étions. D'où nous nous tenions.
- Si tu m'avais parlé, tu le saurais.
- Je sais, mais c'était difficile. C'était tellement difficile. Et en te regardant je pouvais voir que c'était difficile pour toi aussi. Je ne savais pas comment agir, comment arranger les choses.
- Mais tu as continué de m'ignorer, continua Reid désespérément. Je pensais que tu me détestais. Que j'avais franchi une grande et horrible ligne invisible.
- Je sais. Et c'est pour ça que je suis là, parce que maintenant je sais ce que je dois dire. Ce que j'aurais dû dire dès ce moment où tu m'as fait signe depuis l'ambulance.
- Et c'est quoi ?
- Je ne pourrais jamais te perdre.
Pendant plusieurs secondes, Reid resta immobile, sans comprendre.
- Reid, il y a eu un instant, un terrifiant et bref instant, quand l'arme de Grant a tiré, pendant lequel j'ai pensé que tu étais parti. Définitivement. C'était comme si le monde avait cessé de tourner. Et je sais combien ça sonne cliché mais bon sang c'est la vérité ! Je le jure, Spencer, je te le jure. Je n'ai pas pu te regarder parce que je devais viser Grant pour tirer à mon tour. Mais une fois que mon doigt s'est éloigné de la détente, je n'ai simplement pas pu me résoudre à te regarder parce que si tu avais été touché en plein torse, dans l'estomac, ou… à la tête, j'aurais dû faire face aux conséquences. J'aurais dû te faire face en sachant à quel point la situation était horrible. Je sais que c'est égoïste, je l'admets volontiers, mais j'ai eu un flash, une image, juste au moment où je baissais mon arme : je me tournais vers toi et je voyais ton regard sans vie. Et sitôt après j'ai eu une autre vision de moi à coté de ton cercueil et… hoqueta Morgan alors qu'un sanglot se mêlait à sa voix chargée d'émotion. Et la douleur était insupportable. Au point que la douleur physique semblait presque aussi forte que la douleur émotionnelle.
Morgan dut s'interrompre pour maîtriser sa respiration.
- Je nous voyais déjà ensemble. Pendant les derniers jours où on était dans cette maison, j'étais convaincu qu'on avait un avenir ensemble, et en moins d'une seconde j'ai cru te perdre. C'était si clair dans ma tête. Si intense et si net, que c'était presque impossible à nier.
- Oh, souffla Reid, sans oser dire quoi que ce soit d'autre.
- Regarde moi, hoqueta Morgan, regarde l'état dans lequel je suis simplement en y pensant.
Il s'essuya les yeux avec sa veste et tendit la main pour agripper celle de Reid.
- La simple pensée que je ne pourrais plus jamais faire ça. Juste ça. Que je ne pourrais plus te regarder sourire ou te voir penser ou simplement ébouriffer tes cheveux, ça m'envoie dans des profondeurs dont j'ignorais jusqu'à l'existence.
Il sentit les larmes couler et les laissa tomber en silence.
- Et chaque fois que je te regardais, je jure devant dieu que tout ce que je voyais, c'était ta mort, une fin horrible qui arriverait alors que tu essaierais de prouver que tu es capable de faire ce travail. Et je n'arrivais pas à le supporter. Au point de ne même pas pouvoir te parler. J'étais tellement stupide. Il a fallu qu'Emily me remette les idées en place pour que je revienne à la réalité. Et après ça ma tentative au bureau était si foireuse et si insensible que je savais que je méritais entièrement ce que tu me disais. Mais ensuite j'ai parlé à ma mère et elle m'a dit qu'il fallait que je te parle. Même si tu n'écoutais pas, il fallait que j'essaye. Il le fallait.
Morgan ferma les yeux et sentit davantage de larmes couler sur ses joues.
Soudain, il y eut une chaleur agréable sur son visage et il rouvrit les yeux, pour voir que Reid s'était penché et essuyait les gouttes offensantes avec son pouce.
- Ne pleure pas, marmonna-t-il. Je ne supporte pas de te voir aller mal.
- Spencer, continua Morgan en lui prenant le poignet afin qu'il ne puisse le reculer, si je pouvais effacer tout ce que j'ai fait ces derniers jours, je le ferais. Si je pouvais revenir dans le temps et te montrer ce que je ressens réellement, je n'hésiterais pas à le faire. Mais je ne suis pas fait de magie et tout ce que je peux faire, c'est espérer que je réussirai à trouver comment te prouver mes sentiments.
- Les mots sont agréables à entendre, Morgan, sourit doucement Reid en jouant de ses doigts le long de la mâchoire de son ainé. Mais ils ne changent rien à ce que tu as fait.
- Je sais, murmura Morgan. Je sais qu'ils ne le peuvent pas, mais je souhaiterai qu'ils en aient le pouvoir.
- On est censé faire attention aux vœux qu'on formule, souffla Reid.
- Je n'ai jamais été aussi certain du vœu que je formulais.
Les deux hommes se fixèrent pendant un long moment, jusqu'à ce que Reid pousse un soupir.
- Bon sang, pourquoi faut-il que ce soit si difficile ?
- De quoi ?
- Je voudrais pardonner et oublier, Derek. Je le voudrais vraiment. Mais je ne peux pas simplement tourner la page. Il y a seulement deux jours, j'étais blessé, brisé et furieux, et je ne peux pas oublier ça simplement parce que, maintenant, je me sens un peu mieux. Je veux dire… peut-être que je ne me sens pas du tout mieux, ce pourrait être le vin qui parle à l'heure actuelle.
- Comment puis-je me rattraper ?
- C'est là le problème, soupira Reid en reculant finalement sa main. Tu ne devrais pas avoir à le faire.
- Allez, Spence, ça va m'arriver de faire des erreurs.
Ils restèrent à nouveau silencieux pendant de longues secondes.
- Quand je… commença Morgan dans un murmure. Le jour où je t'ai embrassé pour la première fois, j'ai cru que mon cœur allait exploser. J'étais si hésitant et… je ne sais pas, je pensais que tu allais me repousser. Spencer… chaque fois que je t'embrassais, je découvrais de nouvelles émotions. Notre premier baiser m'a fait me sentir détendu ; le second était une réaffirmation ; au club, je ne voulais pas dessouler pour qu'on puisse rester ainsi ; le matin après qu'on ait fait semblant pour la première fois, quand tu avais besoin de me parler dans la salle de bain, j'ai cru que ce baiser était réel et je ne peux même pas expliquer cette sensation grisante que j'ai ressentie ; et au cinéma, oh mon dieu…
Morgan leva les yeux vers Reid, le regard intense.
- Je voulais te prendre, là, sans attendre.
Son regard s'adoucit, et il continua :
- Et ensuite, quand tu parlais de ta mère, cette nuit où on regardait ce vieux film à la télévision, je ne voulais rien de plus que te réconforter. Je me suis retrouvé à agir de manière sincère plutôt qu'agir de sorte à prouver une relation à un inconnu. Je voulais te réconforter, t'embrasser ; je le voulais sincèrement. Je le veux sincèrement.
Spencer dévisagea longuement Morgan.
- Tu ne peux pas simplement fuir ce qui t'effraie, Morgan. Je vais finir par mourir, un jour.
- Pas maintenant. Pas si je peux l'empêcher.
- Ce métier… il nous rongera tous les deux, et il y a de grandes chances qu'on doive en payer physiquement le prix. Comment suis-je censé croire que si je suis à nouveau blessé, tu ne vas pas fuir ?
- Parce que j'ai goûté à ces regrets-là. Et c'est horrible.
Un silence contemplatif s'installa, jusqu'à ce que Reid le brise à nouveau.
- Et si je replonge dans le dilaudid ? Si je suis mis à la porte du FBI et que je m'engage sur un chemin destructeur ? demanda-t-il d'une voix à peine audible et le regard baissé. Et si je suis les traces de ma mère ?
Une main ferme lui tint la mâchoire et l'obligea à relever les yeux pour rencontrer ceux de son ainé.
- Je resterai. Je serai là pour toi. Et je ne te laisserai jamais perdre de vue qui tu es.
- Tu ne peux pas le garantir.
- Je ferai tout ce que je peux pour en tout cas, murmura Morgan avant d'approcher sa bouche de celle de Reid.
Le baiser fut lent et hésitant, comme s'ils ne savaient pas vraiment comment s'y prendre, comme s'il s'agissait de leur premier. C'était agréable et ils restèrent ainsi pendant un moment, jusqu'à ce que Reid pousse l'épaule de Morgan et que leurs lèvres se séparent.
- Derek, je ne sais pas…
- Chht.
Morgan se pencha à nouveau en avant mais Reid s'éloigna.
- Arrête, Derek. Je ne suis pas sûr de le vouloir.
Morgan se redressa.
- Spencer, tu te souviens de notre discussion sur la découverte de notre sexualité ?
- Oui.
- Dès que tu as parlé de Jonathan et de ta première fois avec lui, j'ai ressenti de la jalousie. Je n'arrêtais pas d'essayer d'imaginer à quoi il ressemblait et je me comparais à lui. Je ne pouvais plus penser qu'à vous deux ensemble et à comment tu avais du être nerveux pour ta première fois et… et je ne pouvais pas m'empêcher de regretter que ce n'ait pas été avec moi.
- Mais c'est ridicule, constata Spencer en fronçant les sourcils. C'était il y a des années.
- Je sais, soupira Morgan. Spence, il y a eu plusieurs moments dans ce chalet où j'ai senti que notre relation pourrait être réelle. Comme cette fois où nos nez se sont frôlés, ou quand tu m'as récité ton poème, ou quand tu portais mes vêtements, ou quand tu t'es fait contrôler à l'entrée de la boîte.
Ils sourirent tous deux à ce souvenir.
- Et je le voulais. Je veux que ce soit réel, ajouta Morgan avec sérieux. Je veux que ça fonctionne entre nous.
- Derek, le reprit Reid en se passant une main dans les cheveux, tu sais que le Bureau à des règles contre ça.
- Je n'en ai strictement rien à faire de ce que le Bureau peut penser. Je te veux, fin de l'histoire.
Pendant le silence qui s'installa, Reid sembla s'engager dans un combat perdu d'avance avec lui-même.
- Je ne sais vraiment pas ce que je peux faire d'autre pour te convaincre. Je pense que je suis amoureux de toi. Tu es sexy, drôle, charmant, malin, courageux, sensible, et tout ce que j'ai toujours voulu et je ne sais pas comment l'exprimer autrement.
Reid rougit un peu, tandis qu'il paraissait à court de mot.
- D'accord, écoute. Tu te souviens quand je t'ai dit qu'un jour je pourrais envisager de… d'être passif avec quelqu'un en qui j'aurais entièrement confiance ? J'ai continué d'y réfléchir et j'ai essayé de me l'imaginer, et je ne pouvais voir que toi, soupira Morgan. Je pense que c'est parce que tu es le seul avec qui je me sens totalement et entièrement à l'aise. Tu es le seul en qui j'ai toujours eu confiance et dont la confiance en moi n'a jamais faibli. Jusqu'à récemment, en tout cas, ajouta-t-il nerveusement.
A présent, le regard de Reid se trouvait rivé le sol. Il y resta pendant cinq bonnes secondes, avant qu'il ne le lève vers le plafond en prenant une profonde inspiration. Avec une certaine surprise, Morgan se rendit compte que ses yeux brillaient pas mal, et il lui laissa donc davantage de temps.
Finalement, Reid baissa les yeux pour rencontrer les siens.
- D'accord, puisque tu as dit ce que tu avais à dire, je pense que c'est mon tour.
Le jeune agent ajusta sa position sur l'assise du canapé et repoussa ses cheveux derrière son oreille.
- Derek, j'ai eu des sentiments pour toi dès que je t'ai rencontré. Bien sûr, au début, tu semblais être agacé par le « gamin trop bavard qui sait tout sur tout »…
Morgan ne put s'empêcher de pouffer de rire.
- …mais ça n'a pas changé mon opinion de toi, soupira Reid. Tu étais intouchable et si désirable. Tout ce que je voulais, c'était ton attention. Et quand notre amitié à commencé à grandir, j'ai dû me mettre à te remplacer par des hommes rencontrés par hasard dans des bars parce que je ne pouvais plus refréner mes envies, avoua-t-il avant de déglutir et regarder Morgan dans les yeux : Derek, quand nous étions dans la salle de bain avec l'unsub derrière la porte et que tu as dit « je t'aime » ça m'a semblé si naturel de répondre, et je me suis senti si euphorique que j'aurais pu courir autour de la propriété en le répétant encore et encore.
Il se pencha et posa son front contre celui de Morgan, puis passa un bras autour de sa nuque.
- A certains moments, pendant ces derniers jours, j'ai senti cette impression de chaleur en pensant à toi se dissiper lentement.
A ce moment, Reid entendit Morgan inspirer brusquement.
- Mais, assis, là, à t'écouter, je pense, si je suis honnête avec moi-même, que je pourrais retomber amoureux de toi. Mais peut-être que je n'ai jamais cessé de l'être, soupira Reid avant de se pencher en avant et de presser ses lèvres contre celles de Morgan.
L'agent sembla complètement médusé pendant un certain temps avant de soudainement se mettre à l'embrasser en retour. Reid gronda de satisfaction.
Leurs lèvres dansèrent et leurs langues se mêlèrent et, chaque fois qu'ils se séparaient pour respirer, Morgan murmurait « je t'aime, je t'aime, je t'aime » aussi rapidement qu'il le pouvait. Ils arboraient tous deux de tels sourires que parfois leurs dents se heurtaient, mais cela semblait uniquement ajouter à leur besoin d'être proche l'un de l'autre.
A un moment donné, Reid sentit une main errante courir le long de son coté et il ne put résister plus longtemps au besoin de le toucher. Plus qu'impatient, il se mit à califourchon sur Morgan et se colla à lui comme s'il tentait de fusionner leurs corps.
Mais, soudain, les lèvres de Morgan disparurent et Reid se recula avec inquiétude. L'ainé des deux agents leva les yeux vers lui avec un certain étonnement.
- Que… qu'est-ce que… balbutia le génie en pensant qu'il avait fait quelque chose de mal.
- Où est-ce que ça nous mène ?
Reid fixa Morgan, complètement perplexe :
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Sommes-nous… ? Est-ce que ça… ? tenta-t-il en les montrant tous les deux. Qu'est-ce qui va arriver maintenant ?
- Derek, dit Reid en se reculant afin de se mettre à hauteur de son regard, je te connais depuis combien de temps ? Je te désire depuis tout ce temps.
Il agrippa la tête de Morgan et suçota sa lèvre inférieure. Puis, il la relâcha et regarda Morgan, les pupilles largement dilatées.
- Hors de question que j'attende plus longtemps, continua-t-il en mordillant doucement le lobe de l'oreille de Morgan avant de se reculer, les sourcils froncés : à moins… que tu ne le veuilles pas ?
- Oh mon dieu, non, sourit Morgan. Je ne peux attendre que le temps que tu décideras de me faire patienter.
- Alors, dans ce cas, arrêtons d'attendre.
Reid sourit à son tour et s'avança pour lentement laisser leurs lèvres se joindre à nouveau.
Pendant un moment, rester là à s'embrasser et écouter les petits bruits de succion et les gémissements qu'ils faisaient leur convint. Mais cela finit par ne plus suffire à Reid qui se mit à faire de petits mouvements des hanches afin d'essayer de provoquer une réaction de Morgan.
Les mains de ce dernier se retrouvèrent plongées dans les boucles qui tombaient près de la nuque du génie, et il l'attira plus près de lui. Reid sourit en continuant de l'embrasser et déplaça ses mains jusqu'au bas du t-shirt de Morgan. Il tritura le bord du vêtement pendant un moment, puis fit courir ses mains sur l'estomac de son ainé, les doigts caressant les vagues formés par les muscles entre ses hanches et le haut du pantalon.
Morgan accéléra le rythme de leur baiser et alla chercher les boutons de la chemise de Reid afin de les défaire. Une fois la plupart des boutons ouverts, il tira sur le tissu pour libérer la partie rentrée dans le jean, puis reprit sa tâche jusqu'à ce que le torse de Reid soit exposé ; une peau laiteuse immaculée à laquelle il ne put résister.
La sensation de la bouche de son ainé frôlant son sternum puis suçant sensuellement son téton était paradisiaque, et si intense que Reid ne put s'empêcher de gémir.
- Oh, bébé, fit-il en tenant la tête de Morgan.
Il ne sentit que d'autant plus le mouvement de son ainé quand celui-ci se recula pour le regarder avec une expression indéchiffrable.
- D-désolé, bredouilla le génie. C'est… c'est sortit tout seul, je… ce n'était pas censé être dévalorisant, ou…
- Détends-toi, sourit Morgan en passant doucement sa main sur la hanche de Reid. Ce n'était pas un regard contrarié, je réfléchissais. Et, j'aime bien.
Il se pencha et embrassa les tétons désormais durcis du plus jeune, provoquant un grognement sourd de sa part.
- J'aime beaucoup, ajouta-t-il avant de retourner à ce qu'il faisait en arborant un large sourire.
Reid ne pouvait nier à quel point c'était agréable, toutefois il s'impatientait rapidement et, bientôt, ses mains furent de retour sur l'ourlet pour retirer le t-shirt de Morgan.
- Du calme, murmura Morgan contre la peau de Reid, on a toute la nuit.
- Parles pour toi, haleta Reid. Mais c'est torride et je suis excité et je veux ton t-shirt hors de mon chemin.
- Ca me va, acquiesça Morgan en levant les bras afin que le jeune génie puisse passer le vêtement si gênant au dessus de sa tête.
- Oh, grand dieu, soupira Reid en laissant courir son regard sur l'estomac ciselé de Morgan en ne pouvant s'empêcher de tendre le doigt et frôler les vagues de ses muscles.
- Merci, mais tu peux m'appeler « Derek », sourit son ainé.
Reid secoua simplement la tête d'ébahissement.
- C'est presque mieux de voir ton corps quand je sais que je peux le toucher sans que ce soit faux ni faire semblant.
- Regarde et touche tant que tu veux, sourit Morgan.
Reid regarda Morgan avec émerveillement avant de se mettre à l'embrasser à nouveau, en laissant ses mains errer sur l'estomac nu de Morgan pendant que ce dernier continuait de tordre ses tétons entre ses doigts. Bien vite, Reid se trouva à rouler des hanches afin d'obtenir le maximum de friction entre eux.
Il ne fallut pas longtemps avant qu'ils n'arborent tous deux des bosses conséquentes dans leurs pantalons. Reid pouvait sentir une fine pellicule de sueur se former sur son dos et son torse. Il baissa un peu ses mains pour atteindre la ceinture de Morgan.
Il défit la sangle de cuir, le bouton puis la fermeture éclair et avança la paume de sa main vers l'érection prise dans le tissu, quand il sentit une large main sur son poignet.
- Qu'est-ce qu'il y a ? questionna-t-il contre la bouche de Morgan.
- J'aimerai qu'on aille dans la chambre avant d'aller plus loin.
Reid marqua une pause, puis acquiesça.
- Porte-moi, dans ce cas.
- Pardon ?
- Porte-moi comme tu l'as fait la première fois que nous avons prétendu avoir une relation sexuelle.
- C'est toi qui a demandé, beau gosse, sourit Morgan.
Reid poussa un petit cri de surprise quand les mains de Morgan se posèrent sous ses fesses pour le soulever et le porter à travers la maison, jusqu'à ce qu'il ait trouvé la chambre du génie.
Une fois passé la porte, Reid reposa ses jambes à terre et poussa Morgan contre le mur.
- Je te désire tellement, bébé.
- Tu n'imagines pas à quel point on peut désirer.
- Crois-moi… commença Reid en glissant une jambe entre celles de Morgan et en levant l'autre de sorte à obtenir la plus délicieuse résistance contre sa plus sensible zone de peau… je le sais parfaitement.
- Oh bon sang…
Morgan avança ses hanches pour la même raison et se mit à mordiller Reid dans le cou.
- Mmm, oh, siffla le génie entre ses dents avant de se reculer et se mettre rapidement à genoux.
- Tu n'as pas…
- Derek Morgan, ne songe pas une seule seconde à me dire « tu n'as pas à faire ça » l'avertit Reid d'un ton menaçant en baissant le jean de Morgan. Je ne le ferai pas si je n'en avais pas envie. Et j'en ai envie depuis que je t'ai vu torse nu pour la première fois dans les vestiaires.
- Tu veux me faire une pipe depuis tout ce temps ? demanda Morgan avant de pousser une exclamation de surprise quand Reid tira le membre durci hors du boxer.
- Si j'étais une femme, je t'aurais pris dans ma bouche sur le champ. Mais vu que j'étais ton collègue masculin cela semblait étrange.
- Tu es stupéfiant.
Reid sourit malicieusement :
- Attends d'avoir eu un aperçu de ce que je sais faire, dit-il avec un clin d'œil.
- Oh merde ! s'exclama Morgan alors que la bouche de Reid de déplaçait le long de son membre de la plus délicieuse des manières.
Reid fit un « mmh » d'acquiescement, ce qui fit pousser à Morgan un grognement qui envoya des frissons le long de l'échine du jeune génie. Sachant que la sensation était incroyable, il leva la main et empoigna les bourses de Morgan. Et effectivement, quand il leva les yeux, Morgan se mordait les jointures des doigts pour essayer de s'empêcher de crier.
- Tu me penses toujours si innocent ? questionna Reid d'un ton taquin en se reculant, avant d'engloutir entièrement le membre de son ainé.
Une main se glissa dans les cheveux de Reid et agrippa fermement les boucles. Le jeune agent aurait souri si sa mâchoire et ses lèvres n'étaient pas déjà occupés à une autre tâche.
- Allez, gamin, fit Morgan après une bonne minute. Je veux te tenir à nouveau contre moi.
Reid se leva, et Morgan passa ses bras autour de sa taille. Ils se tinrent là pendant un bon moment, à se tenir simplement l'un contre l'autre. Être peau contre peau était agréable, comme sentir la respiration ainsi que les battements de cœur de l'autre s'accorder aux leurs.
Finalement, Reid se recula et déposa un baiser sur les lèvres de Morgan, avant de faire un pas en arrière en prenant sa main. Il le guida jusqu'au lit et le fit asseoir sur le bord, avant de se reculer de nouveau et ouvrir le bouton puis la fermeture de son jean. Il allait le défaire quand il s'arrêta et envoya à Morgan un regard circonspect.
- Je ne pense pas pouvoir réussir à le retirer moi-même, avoua-t-il, un peu honteux.
- Tu es sérieux ? rit Morgan.
- Pas pour un moment, non, gloussa-t-il.
Morgan secoua la tête, puis tapota le lit à coté de lui. Reid fit deux grands pas en avant et s'y allongea sur le dos sans cesser de rire.
- Oh mon dieu, te souviens-tu de la première fois où nous avons fait ça ?
- Et toi ? s'enquit Morgan avec scepticisme en souvenant à quel point Reid était ivre.
- Suffisamment pour savoir qu'on en a plutôt bavé.
- Oh ça oui, sourit narquoisement Morgan en agrippant le haut du pantalon du génie.
Reid donna une tape sur le bras de son collègue et tortilla ses hanches de manière à retirer son pantalon tout en gardant son sous-vêtement.
Morgan tira sur le tissu et, lentement, exposa les jambes lisses et douces. Cette vue s'avéra si irrésistible qu'il se pencha et embrassa la peau qui apparaissait peu à peu, ce qui fit tressaillir Reid sous lui.
- Tu ne facilites pas les choses, beau gosse.
- Toi non plus, Derek !
- Je sais, répliqua Morgan avec un sourire narquois avant de retourner à ce qu'il faisait.
Il ne rencontra que peu de résistance pendant qu'il faisait glisser le tissu sur ses cuisses.
- Ca ne semble pas si difficile, commenta Morgan.
- C'est au niveau de mes mollets que c'est vraiment serré, fit Reid d'une voix légèrement teintée de regret. Je t'avais dit qu'il était trop petit.
- Peut-être, sourit Morgan, mais ça rend sacrément sexy sur toi.
Reid rit, et rougit, et se tortilla à nouveau alors que le jean descendait au niveau de ses genoux.
- Attention, l'avertit Morgan avant de tirer brutalement sur le tissu pour le défaire entièrement.
- Waouh, sourit Reid, pas mal du tout.
- J'ai pris des cours de déshabillage à la fac, répliqua Morgan en haussant les épaules.
Reid fut secoué d'un rire quasiment hystérique, ce qui laissa à Morgan l'opportunité de se placer au dessus de lui pour attaquer sa gorge de ses lèvres.
- Bon sang, tu es doué, hoqueta Reid, rendu quasiment muet par les bons soins de Morgan.
Ce dernier répondit d'un « mmh-mmh », puis joua avec un de ses tétons avant de descendre la main pour la presser contre son érection.
- Oh c'est pas vrai, siffla Reid en levant les hanches pour accentuer la friction.
- Comme ça ?
- Bon dieu oui.
- Et que dis-tu de ça ? questionna Morgan.
Il glissa la main sous l'élastique de son sous-vêtement pour avoir une meilleure prise.
- Merde ! hoqueta Reid alors qu'il essayait de réprimer les gémissements qui venaient en continue.
- Tu es tellement sexy, gronda son ainé.
- Mmmh. Ah ! fut la seule réponse du génie.
- Plus aussi intelligent, pas vrai ? taquina Morgan.
- S'il te plaît ! geignit Reid comme s'il n'avait pas entendu ce dernier commentaire. Pitié. Le lubrifiant est dans le tiroir du haut. Je ne peux plus attendre.
L'autre agent acquiesça rapidement avant de tendre la main vers la table de nuit et fouiller à l'intérieur pendant une seconde pour en retirer un petit tube qu'il posa sur le lit. Puis, il passa ses doigts sous l'élastique du sous-vêtement de Reid et leva rapidement les yeux pour rencontrer ceux du génie.
- Vas-y, l'encouragea celui-ci avec un sourire.
Morgan baissa lentement le boxer noir, exposant centimètre par centimètre le membre de Reid. Quand il eut enfin terminé de retirer le vêtement, il s'arrêta un instant pour contempler Reid dans toute sa nudité.
- Tu es magnifique.
- Arrête, ordonna Reid en rougissant brusquement.
- Pourquoi ?
- Parce que tu me fais rougir.
- Heureux de voir que je te fais cet effet.
- La ferme, sourit Reid. Vas-y.
- D'accord, d'accord.
L'ainé des deux agents prit le lubrifiant et en mit une bonne quantité sur ses doigts, avant de lancer le tube sur le lit. Il plaça une main à l'intérieur de la cuisse de Reid et celui-ci écarta largement les jambes.
- Magnifique, répéta Morgan avant d'approcher ses doigts de l'entrée. Ca va ?
- J'ai déjà fait ça, Derek. Ca va aller, sourit le jeune agent.
- Très bien, j'y vais.
Alors que le premier des doigts de Morgan s'insinuait en lui, Reid sentit un étrange frisson de satisfaction. Un type de plaisir qu'il n'avait pas l'habitude de ressentir à ce moment de ses relations sexuelles, et il ne put s'empêcher de gémir de plaisir.
- Tu prends déjà du bon temps ? questionna Morgan, intrigué.
- Je suis si heureux que ce soit toi qui fasse ça, sourit Reid avant de passer sa main derrière la nuque de son ainé pour l'amener à lui dans un baiser doux et sensuel.
Morgan sourit contre sa bouche et se servit de ce baiser comme d'une distraction pour ajouter un deuxième doigt.
- Oh ! panteta Reid de plaisir.
Bien sûr, c'était un peu douloureux, mais il était trop heureux pour vraiment s'en soucier.
- On devrait probablement passer à trois, hein ? demanda Morgan en écartant et tournant ses doigts.
Reid se tortillait sous la délicieuse sensation, et éprouvait de fait quelques difficultés à écouter Morgan. Il agrippa néanmoins son bras et acquiesça.
Ses yeux s'embuèrent quand le troisième doigt vint s'ajouter aux autres, mais par trois fois il assura à Morgan que tout allait bien et, bientôt, les doigts qui le travaillaient lui procurèrent les sensations de sa vie.
- Oh ! Mon dieu ! Mmm ! haleta Reid.
- Si sexy, sourit Morgan. Magnifique.
- Oh dieu, tu veux vraiment faire ça ?
Morgan déglutit et hocha la tête. Il ôta ses doigts et eut l'air incertain.
- Quoi ?
- Est-ce que… je dois utiliser un préservatif ? questionna son ainé.
- As-tu la moindre maladie ?
- Non.
- Dans ce cas…
Reid sembla réfléchir pendant un moment et ajouter :
- Je te fais assez confiance pour ne pas en utiliser. Je t'aime, Derek. Mais si tu es inquiet, je suis d'accord pour qu'on utilise un préservatif.
- Je t'aime aussi, sourit Morgan.
Il attrapa ensuite le lubrifiant, en mit une grande quantité sur sa main et s'en enduisit. Il fit attention en se mettant en position et embrassa doucement Reid avant de le pénétrer lentement.
- Oh, waouh, tu es gros, hoqueta-t-il.
- Est-ce que tu vas bien ?
- Très bien, bébé.
Vingt secondes plus tard, Morgan se retrouva entièrement dans le mince jeune homme.
- Si serré, grogna-t-il.
- Ah oui ?
Reid se déplaça et contracta les muscles de son estomac afin de serrer davantage Morgan.
- Oh merde ! Refais ça !
- Quoi ? Ca ? questionna malicieusement Reid en répétant son geste.
- Bordel c'est sexy.
- Mmh, merci, taquina le jeune génie. Maintenant, bouge, murmura-t-il avec un sourire que Morgan lui rendit.
L'ainé des agents entama un rythme régulier, et Reid agrippa le biceps de Morgan tandis que celui-ci agrippait ses hanches.
- Pitié, plus fort. Je te veux tout entier, gémit Reid en entourant la taille de Morgan de ses jambes.
Ce dernier fut ravi d'obéir et il accéléra la cadence, avec des gestes plus brusques. Il joignit sa bouche à celle de Reid et bien que leurs mouvements rendent cette tâche difficile, ils partagèrent un baiser maladroit et passionné.
- Je pourrais continuer à t'embrasser pour l'éternité, murmura Morgan. C'est grisant.
- Tu es comme une drogue, sourit Reid. C'est étrange de le vivre pour de vrai après avoir fait semblant deux fois.
Morgan laissa échapper un petit rire, écourté par l'effort qu'il déployait.
- Oui, c'est certain.
Reid sourit et poussa soudain sur ses coudes, puis bascula et inversa leurs positions. Il fit des mouvements d'avant en arrière en posant ses mains sur les abdominaux de Morgan, et il laissa échapper un grognement sous l'effet du changement de friction.
- Oh mon dieu que c'est bon.
Morgan acquiesça puis leva les mains pour agripper la tête de lit et ainsi pouvoir ajouter ses mouvements à ceux de Reid.
- Tu es incroyable. Tu es incroyable, pantela Reid.
- Ecoute qui parle ! Beau gosse, tu es incroyable.
Reid ne put même pas secouer la tête, trop absorbé par les sensations provoquées par Morgan. Il ferma les yeux et rejeta la tête en arrière.
- Ah, ah, oh, haleta et gémit puis cria Reid quand les doigts de Morgan trouvèrent ses tétons.
- C'est si bon d'être en toi Spencer. J'ai attendu ça si longtemps.
Reid hocha la tête, puis sentit la main de Morgan sur sa nuque.
- Regarde-moi beau gosse, je veux voir tes yeux.
Reid ouvrit les yeux et les fixa dans ceux de Morgan, tout en continuant ses mouvements qui faisaient voler une mèche de cheveux devant ses yeux. Morgan la remit en place derrière ses oreilles, exactement comme il l'avait fait à l'intérieur de la voiture, cette nuit fatidique. Cela fit malgré tout sourire le génie.
Une fois les cheveux retirés du visage de Reid, Morgan replaça ses mains sur la tête de lit. Reid l'imita et se pencha pour placer ses doigts sur ceux de son ainé.
Et le nouvel angle était paradisiaque.
Cet angle plaçait Morgan juste au niveau de sa prostate et il ne put s'empêcher de gémir fortement en sentant les vibrations que cela envoya le long de sa colonne vertébrale.
- Oh mon dieu ! Putain !
Les yeux de Morgan s'écarquillèrent.
- Redis ça.
- Quoi ? Putain ?
- Oh mon dieu, dit Morgan en fermant les yeux. Tout juste quand je pensais que tu ne pouvais pas être plus sexy, un mot comme « putain » franchit tes lèvres.
- J'aime jurer pendant le sexe, sourit Reid bien qu'il ait des difficultés à s'exprimer alors qu'il en perdait quasiment la tête. J'aime dire des choses comme « putain » et « queue » et « jouir », ajouta-t-il malicieusement.
Morgan ne fit que le fixer.
- Baise-moi Derek, ronronna Reid. Prends-moi violemment. Jouis pour moi.
Morgan grogna et accéléra la cadence. Reid soupira de satisfaction sous le plaisir extrême.
L'ainé des agents ôta ses mains de la tête de lit et attrapa les hanches de l'autre homme afin d'ajouter de l'intensité à ses mouvements, faisant gémir et haleter Reid.
- Oh mon dieu. Oh merde. Oh, ah, nngh !
- Tu y es ?
- Presque. Oh mon dieu. Si proche.
Reid fit courir une main dans ses cheveux pour les dégager de son visage.
- Allez, bébé. Jouis pour moi, chantonna Morgan en prenant la queue de Reid entre ses mains, pour bouger en rythme avec leurs mouvements.
- J-je… ah ! Je… mh. Oh. Derek ! Merde ! Bordel !
Reid vint finalement sur la main et l'estomac de Morgan, et se laissa complètement emporter par les bons soins de son ainé. Quand il eut terminé, il continua ses mouvements tout en gardant les muscles de son estomac contractés. Bientôt, Morgan craqua à son tour.
- Spencer. Oh mon dieu, Spencer. Si sexy. Oh, merde !
Avec un dernier rugissement, Reid sentit Morgan se vider en lui. Ce fut un sentiment extrêmement satisfaisant. Une plénitude.
Ils restèrent ainsi un moment, Reid assis sur le membre à moitié dressé de Morgan, tous deux faisant doucement courir leurs mains le long du corps de l'autre en pantelant.
- Viens là, fit Morgan dans un souffle.
Reid sourit avant de se soulever pour s'allonger aux coté de Morgan. Celui-ci lui fit face et joua paisiblement avec une mèche de ses cheveux.
- Je t'aime.
- Je suis si heureux, sourit Reid.
Morgan lui rendit son grand sourire.
- Qu'est-ce que les filles diront quand elles sauront, à ton avis ?
Reid eut une fausse grimace :
- J'ai le sentiment qu'elles seront heureuses, mais pas surprises.
- Oui, probablement, rit Morgan.
Il y eut une courte pause emplie de joie.
- Tu avais raison, sourit Reid en traçant des motifs sur la peau de Morgan. J'avais bel et bien besoin d'un peu d'amour. C'était… waouh.
- Tu l'as dit.
Ils restèrent étendus là, en nouveaux amants, en nouveaux partenaires. Heureux d'être à porté des bras de l'autre après une longue période d'amour supposé à sens unique. Paisiblement, entiers. L'homme allongé à coté de Spencer avait l'odeur des plus agréables phéromones et rayonnait d'un éclat intoxicant qu'il savourait.
Alors qu'ils commençaient tous deux à dériver dans un état de sommeil rassasié, deux pensées traversèrent l'esprit de Reid. Chacune d'elles étant l'exact opposé de ce qu'il pensait quand ils avaient eu l'idée de se faire passer pour un couple.
Cela allait fonctionner.
C'était son petit paradis personnel.
NdT : Et voilà, j'ai hâte de connaître vos avis sur cette fin !
N'hésitez pas à dire ce que vous pensez de la traduction et en particulier celle du lemon, c'est seulement mon deuxième donc je manque encore beaucoup de familiarité avec ce genre de scène, et les conseils et observations sont plus que bienvenus.
Sur ce, je vous dis à très bientôt !
Edit : J'ai publié un sondage sur mon compte twitter ( malohkeh_) pour choisir le thème de ma prochaine traduction. Aucune inscription n'est nécessaire, n'hésitez pas à venir me dire ce que vous préférez parmi les choix proposés !
Zangetsugaara : ça pour un câlin, c'est un sacré câlin ! xD
CM-SRxDM : et voilà le vrai lemon tant attendu ^^ alors, verdict ?
deryous50 : merci ! oui Morgan le méritait totalement, il falait au moins ça avant la fin heureuse
val : oui enfin, il en aura mis du temps à comprendre. Hâte de voir pour ma part les réactions sur la conversation… et ce qui suit !
