Le lendemain matin, la lueur du jour les tira du sommeil, leurs corps entremêlés, imprégnés l'un de l'autre. Maura inspira, elle n'aurait jamais espéré vivre cette seconde. Elle se concentra pour en saisir la moindre once.
Puis elle ouvrit les yeux. Jane le regard rivé au plafond, se tourna vers elle et sourit.
"Bonjour murmura-t-elle la voix rauque.
-Bonjour, sourit la blonde à son tour.
-Bien dormi ?"
Maura ne put s'empêcher de rire.
"Oui répondit-elle enfin,... mais je ne sais pas combien de temps.
-6 heures" répondit Jane.
Maura se crispa, surprise et regarda l'heure. 10h30. Elle regarda Jane confuse.
"Korsak m'a obligée à prendre ma journée, le temps que les fédéraux boucle l'affaire..."
Dans une seconde suspendue, la réalité se distilla dans l'espace. Un silence s'installa.
Les yeux verts de la blonde observèrent ceux du détective.
Jane se tut, attendit. Maura pouvait sentir qu'elle attendait. Une explication sûrement, des mots à mettre sur ce qui avait basculé 6 heures plus tôt.
Lorsque rien ne vint, un sourire rassurant se dessina sur les lèvres de Jane. Elle extirpa son corps magistral des draps et se tint debout, exposée assez longtemps pour que la blonde, troublée, remarque les sillon rouges de ses griffures. Maura baissa les yeux de culpabilité.
"Je vais prendre une douche... et puis je vais rentrer. Tu pourras dire à Ma de m'appeler quand elle viendra ?"
La blonde acquiesça, répondit au sourire que Jane lui offrit avant de passer le seuil de sa chambre.
"On se voit plus tard" murmura-t-elle avant de disparaitre.
Et Maura, seule, se plongea plus encore dans les couvertures. Elle inspira, put sentir les effluves de leurs ébats tout autour d'elle.
Jane était restée Jane. Insaisissable, forcément, mais attentive toujours, à sa manière. Elle avait dû attendre son réveil, des questions plein la tête, sans en poser une seule. Maura voulut sourire. Rien n'était brisé, elle pouvait être sûre. Elle n'avait de toute façon, jamais eu raison de douter.
Et là encore elle n'avait pas eu tort.
Pendant les jours, semaines d'après, tout redevint normal. Le tumulte des incidents s'apaisa, autour et à l'intérieur. Retourner à la morgue avait été plutôt simple, très, trop sûrement comparé aux standards. Mais ce chemin pour Maura, celui vers son bureau traversant ce hall et le couloir du sous-sol, avait marqué les victoires. Celle après Dennis, celle après Hoyt, celle après Doyle. Celle après sa suspension pour présomption de meurtre. Celle après avoir lavé la mémoire de Susie.
Ce chemin n'était pas la confrontation avec ses démons, mais signe toujours, qu'elle leur avait échappé.
Avec Jane, la seule forme d'inconfort qu'elle eut pu ressentir, s'évapora vite. Le naturel de leur amitié revint, salvateur, simple lui aussi. Un prodige à lui seul après des événements qui auraient pu détruire ce havre d'évidence, qui depuis des années, était le seul fil rouge inchangé dans leur vie. Des moments étranges étaient advenus, principalement des souvenirs, surgis en présence l'une de l'autre. Leur regard avait parut figé, puis avait fuit. Aucune question pourtant, jamais. Une Omerta que chacune d'elle consentait pour ne pas se perdre.
Et la deuxième fois arriva. 6 semaines et 3 jours plus tard. Sans prévenir sans signe avant coureur.
Et alors, chacune s'était interrogé:
Etaient-elles vraiment capable de faire machine arrière ?
