20h30.
Elle avait essayé pendant 15 minutes, assise à la table parfaitement blanche, devant Michael au sourire parfait, à la discussion d'ordinaire si facile.
Maura avait sentit progressivement son souffle se tarir, sa peau devenir incandescente.
Le mensonge. Il lui était impitoyable sous toutes ses formes.
"Est-ce que tout va bien ? demanda son rendez-vous.
-Non... Michael, je... je vais devoir partir je suis désolée."
L'homme l'avait regardé l'air confus.
"Je dois être auprès de Jane...
-Jane ? Questionna-t-il sans comprendre.
-Oui... Jane »
Et Maura n'expliqua rien d'autre. Comment expliquer Jane ? Elle fut infiniment soulagée, cependant lorsque les manières de Michael l'obligea à acquiescer, interdit.
"Très bien » dit-il en posa le menu sur la table.
-Merci Michael, je suis vraiment désolée de t'avoir fait déplacé jusqu'ici »
L'homme d'affaires, béat, ne put que regarder la plus belle femme du restaurant se lever et s'éloigner pour sortir.
Maura arriva dans la rue, monta les escaliers, ne prit même pas la peine de frapper. Elle plongea la clef dans la serrure et ouvrit.
Jane debout dans la cuisine sursauta, surprise, effrayée l'espace d'une seconde.
"Maur, qu'est-ce que...?
-Shhhh"
Maura interrompit le dialogue, s'avança, déterminée, passa une main derrière sa nuque et l'attira contre ses lèvres. Ses mains cherchèrent la peau sous le débardeur de Jane. Descendirent la cambrure de ses reins, vers ses fesses qu'elle avait déjà sentit fermes, entre ses jambes ouvertes.
La brune se laissa guider vers sa chambre, déshabillée par les mains les plus douces et expertes qu'elle avait pu connaître. Allongée, bientôt rejointe. Et quelques minutes plus tard, son regard presque ébloui glissait sur le corps de Maura, qui ondulait au dessus d'elle, nue, en nage.
La blonde brillait sous la lumière, d'une lueur comme du feu. Ou comme l'or. Jane ferma les paupières pour garder ses esprits, la sensations de ses doigts à l'intérieur de Maura, la vision d'elle, clashait tous ses murs. Crispait l'espace, ses pensées. Elle se redressa, fondit sur la poitrine qui se soulevait devant elle. La bouche humide et brûlante avala les pointes turgescentes. Maura gémit, ses mains dans la chevelure noire. Elle serra Jane contre son torse, ondoya son bassin pour la sentir au creux d'elle.
Il y avait cette intensité indicible à découvrir les choses. Une fois, la première. Et il y avait la déchirure de les retrouver, aussi cinglantes, plus tard. De retrouver leur puissance, vivace, et de la sentir de nouveau se frayer dans son être.
Maura sentir son corps jouir, avec une magnitude inouïe. Et au bord de la plénitude, elle chercha entre les cuisses de la brune, et s'enfonça. Jusqu'au bout, comme on s'enfonce jusqu'à la garde. Et seulement là, l'explosion arriva par vagues.
Successives, addictives, comme six semaines plus tôt.
Et la nuit les perdit, sans mot toujours, en cris encore, jusqu'à éteindre leur force.
Frankie avait passé la nuit pour le mieux. La nouvelle avait ébréché l'aube et étiré des sourires. Et dans le soulagement, les paroles, de nouveau, avaient été tues.
Jane avait sans doute eut l'air un peu obscure, l'espace d'un moment mais elle avait souri. Maura, comblée sans pouvoir le comprendre, n'avait eut qu'à reprendre sa place.
La vie s'écoula, intrépide, poignante, poussant chacun, un pas après l'autre, sur ses propres traces. Vers ses propres défis. Des proverbiales "séries noires" qui ne s'arrêtaient vraiment jamais, Maura et Jane portèrent le poids qui incombait à leurs fonctions. Femmes de tête, héroïnes assez souvent, surhumaines de temps à autres.
Obligées à tous les dépassements, épuisées ensuite. Tressaillant elles aussi, sur leur propre route.
La troisième fois arriva. La quatrième aussi. Et la cinquième.
Au beau milieu d'une nuit, presque toujours, à la sortie d'un enfer ou aux portes d'un abîme.
Les prétextes de toute façon s'effacèrent peu à peu. Paix, Néant, Chaos. Trois royaumes mêlés dans leur havre, trois forces palpitantes dans leur être, dans leur souffles erratiques où s'évanouissait le monde. Pour renaître et leur rappeler le goût évanescent de la vie. Sa beauté.
Et cette fragilité, qui était son prix le plus cruel.
