Temps présents...

« Tu n'es pas lui »

Maura dans son bureau sortit de ses pensées et lut sur l'écran de son téléphone.

« Je ne suis pas qui ? »

«Ton père. Tu n'es pas qu'un foutu patrimoine génétique.»

La blonde serra la mâchoire.

« Je sais » répondit-elle.

« ok »

A ce sms laconique d'une manière typiquement Jane, le médecin légiste soupira, le sentiment d'être pathétique la forçant a sécher ses pleurs.

La question existentielle des origines se réglait chez l'individu à peu près à l'âge de 6 ans selon les théories de Freud et Klein.

En elle ? ces réponses ne viendraient pas, elle l'avait su même enfant. Un réalisme plus facile à gérer, même à cet âge, que la vérité près de trente ans plus tard.

Et la science lui était plutôt secourable encore une fois. Les facteurs déterminants la personnalité d'une personne étaient, en partie au moins, parfaitement exogènes. Passés les débats complexes autour de l'identité, les postulats brossaient les fondements du libre arbitre. Affirmaient l'existence et la valeur des choix.

Et Maura, au final, n'avait qu'à ignorer certains détails, pour que tout tienne en ordre. De simples détails :

-le fait qu'elle ait embrassé la même carrière que sa mère.

-son besoin irrépressible et inexplicable de revenir à Boston.

-Son demi-frère, décédé, manifestement détenteur de son vivant d'un QI équivalent au sien.

- la ressemblance physique, ces manières qu'elle avait reconnues en Hope et qui l'avait faite fondre en larmes à leur deuxième rencontre.

Pourrait-elle un jour couvrir l'horreur sans s'en rendre compte ?
Fermer les yeux aveuglée par l'amour ?

N'avait-elle pas fait exactement ça avec Ian ?

Les démons avaient seulement attendu Marcus Carpenter pour ressurgir. Et Maura pouvait sentir le doute mordre.

Son téléphone vibra une nouvelle fois.

« Je suis à Boston pour une conférence ce soir. On dîne ensemble ? Bruce »

La blonde fronça le regard à la déception qui la serra en découvrant le destinataire.

Jane allait vraiment s'en tenir à son dernier message pour ce soir.

Avant de pouvoir trop y réfléchir, Maura se leva.

Elle avait eu besoin d'ombre.

Maintenant, tout à coup elle avait besoin d'air.