Une heure plus tard, elle frappa à la porte, ses cheveux encore moites de sa douche, peut être en désordre.

« Maur ? »

Jane ouvrit, inquiète.

Eut l'air même déjà prête à mordre lorsqu'elle remarqua la rougeur des yeux que le maquillage ne couvrait plus.

Maura eut envie de pleurer encore. Mais une chose lui donnait envie encore plus que ça. Elle se rapprocha de la brune, passa une main autour de sa taille, et se blottit contre elle. En serrant fort.

Jane soucieuse, finit par accepter l'étreinte, serra elle aussi humant Maura et son effluve addictive. La blonde inspira également à l'intérieur du contact. Et l'éternité aurait pu s'écouler, engouffrer le reste du monde, elles avec, plus rien, au fond, n'avait d'importance.

La brune ténébreuse rompit néanmoins cette paix en caressant puis guidant le visage de la blonde vers le haut, pour que leurs yeux se touchent, se fondent. Se parlent.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? » murmura-t-elle d'une voix rauque.

Et Maura, honnêtement, ne sut pas vraiment quoi répondre. Son regard émeraude se fronça dans la réflexion, l'exigence et la confusion mélangées dans ses iris. Le langage donnait tellement de choix, il donnait tellement de mots pour dire, le docteur pourtant, sentit sa voix incapable d'exprimer et de faire sens. Trop étranglée, peut-être, trop perdue.

Et pour la première fois, ou presque, de sa vie, la blonde, abandonna. Dans un silence lourd, et une lenteur encore plus écrasante, elle n'essaya pas de pousser plus loin la limite de ses aptitudes et baissa le regard vers sa main posée sur la taille de Jane. La main glissa jusqu'à son abdomen que Maura pu sentir se contracter sous ses doigts, puis descendit lascivement, tellement lascivement, jusqu'à la limite du débardeur porté par la brune. Ils s'immiscèrent sous le tissus... et dans une seconde perçante, effleurèrent la peau d'ambre. Caressant la douceur, et les sillons tracés par les muscles de fer.

Jane serra la mâchoire. Ferma les yeux en sentant Maura caresser sa peau. Quand elle rouvrit les paupières, elle trouva le regard vert rivé vers le sien.

Maura ne put toujours pas parler, mais quand elle passa son autre main autour de la nuque de Jane pour l'attirer contre ses lèvres, elle jura entendre les mots résonner dans sa tête.

Avec une limpidité effrayante.

Donne-moi tes mains...

Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé

Elle appuya le baiser, Jane étreignant son corps.

Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Ses yeux devinrent humides et elle se perdit dans toutes les sensations qui la traversèrent. Jusqu'à que le souffle court, elle ne colle leur front, ses doigts s'entremêlant à ceux de la brune.

Elle porta la main à ses lèvres, et l'embrassa, regardant cette partie de Jane avec une telle révérence qu'elle aurait pu hurler.

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi

Maura ferma les yeux.

Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi

Elle sentit à peine Jane la soulever du sol, et se trouva seulement suspendue et brûlante, à la force fauve qui embrassait la sienne. Dominante. Ecrasante à tellement de titres. Incertaine, vulnérable à tellement d'autres.

Jane lui retira ses vêtements, la plaqua quasiment sur le lit et lui suça les seins. Maura aurait pu se perdre dans la chevelure ondulante qui caressait sa peau, et dans l'image de la langue excitant ses tétons déjà durs. Les lèvres la prirent dans leur écrin, sucèrent, avant de la libérer pour revenir l'exciter d'une langue avide. Un manège qui donna le tourni à la blonde et crispa son ventre. Ses deux seins se trouvèrent rapidement humides, de plus en plus sensibles et fermes. Sucés et excités sans répit jusqu'à ce que, Maura l'avait appris, la faim de Jane soit complètement assouvie.

Elle caressa la nuque, gracile et tendue, plongea ses doigts dans les boucles noires et se mordit la lèvre inférieure en se sentant mouiller à un point presque intenable. Elle imagina cette langue entre ses cuisses, pria pour que Jane y vienne et la prenne dans sa bouche. La mange, l'avale, avec cette même avidité. Sans rien laisser d'autre, derrière, qu'elle.

Elle dût attendre de longues minutes à la fois divines et cruelles, avant que la brune ne décide de progresser dans leur étreinte. Maura erratique, son torse se soulevant au rythme profond de son souffle, vit alors les yeux bruns la fixer, et observa Jane parcourir l'aval de son corps avant de se positionner entre ses cuisses. La blonde pouvait sentir son cœur serrer.

De désirs.

Tous.

Inavouables chacun à leur manière.

Tellement forts qu'elles sentait son âme au bord de rompre.

Aux lèvres qui effleurèrent l'intérieur de ses cuisses, ses yeux se fermèrent et son corps s'arqua. Elle pouvait pratiquement sentir ces caresses sur son centre.

Elle déglutit, puis baissa de nouveau le regard vers Jane. Une seconde s'écoula et dissémina tout son être en cendres. Les mots auraient pu résonner dans l'air.

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit

Jane darda sa langue et s'enfonça en elle.

Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli

Maura gémit.

Fort.

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux

Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Et Jane continua à la prendre. Doucement d'abord, puis plus intensément ensuite. Elle traça les lèvres trempées de son sexe, suça les petites pour qu'elles s'ouvrent. S'immisça dans la blonde jusqu'à l'orifice, trempé, offert. Maura ouverte devant elle, trembla. Jane amena un pouce vers le clitoris déjà humide, et l'excita en caresse circulaire. Puis elle lécha la blonde sans merci, lui ouvrit les jambes encore davantage pour mieux pénétrer son corps.

La blonde se sentit tourner à l'état liquide. Elle n'avait jamais mouillé autant que pour Jane. A un point qui aurait même pu être inconfortable ou embarrassant.

Mais ce qu'elle avait vu leur première nuit ensemble, elle le revit encore : Jane, affamée, lapant tout ce qu'elle avait à donner. Tout, et même ce qu'elle n'avait pas. Jane allait le lui prendre. Et la blonde céda extraordinairement vite.

Elle jouit, fort. Déjà trop excitée par la douce torture de Jane sur ses seins. Tout croula, enfin. Et Maura encore traversée par des spasmes réalisa à peine lorsque la brune quitta sa position, se redressant en disposant ses jambes sur ses épaules. Des doigts devant son entrée encore palpitante lui fit ouvrir les yeux, juste à temps pour se faire prendre.

« Jane ! »

Elle cria de plaisir, de surprise. Et la brune, fut attentive. Pleine de précaution en allant et venant lentement, jusqu'au fond... avant d'accélérer. La blonde crut perdre la tête et se fixa sur Jane, qui elle était rivée vers ses propres doigts.

« Putain Maur... »

Maura regarda elle aussi, et la vision d'elle qui se faisait emboutir la fit presque jouir de nouveau.

« Tourne toi »

Sans hésiter elle obtempéra, bientôt à genoux sur le lit. Jane lui prit les deux mains, qu'elle maintint derrière son dos dans l'emprise d'une des siennes.

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue

Et de l'autre, elle s'enfonça encore.

Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Maura pousser en avant sentit son équilibre tirer sur ses poignets. Et elle sentit Jane la posséder et cria de surprise. Trois doigts au mois... oui au moins, s'enfoncèrent à une profondeur où elle n'avait jamais été touchée avant.

Les doigts sortirent. Et revinrent, tendant déjà son corps, entre deux forces contraire. Auxquelles Maura se livra, corps et âme. Elle ferma les yeux forts, sa voix étranglée, incapable de sortir, quand Jane accéléra. Puis sa voix sortit et dut résonner dans tous l'immeuble, quand le rythme devint effréné. Maura cria de plaisir en continu, incapable de contrôler sa voix, ni les pénétrations entre ses cuisses. Elle se sentit jouir, une fois. Puis deux... puis gicler sur les draps et l'intérieur de ses cuisses.

Jane se retira d'elle et libéra ses bras. Avant de se serrer contre elle. Maura pu sentir des lèvres douce dans le creux de son dos et de sa nuque, en même temps que le mouvement erratique de Jane entre ses propres cuisses.

La brune gémit son prénom, à son oreille... et ne mit pas longtemps avant de se raidir et jouir en coup de rein contre ses fesses. La blonde en nage se retourna, pour voir la brune reprenant elle-même son souffle. Elle cueillit ses lèvres, cueillit sa langue avec la sienne, dans un baiser ivre. Le désir tenace dans son ventre.

Elle se glissa et s'allongea entre les jambes de la brune. Lorsque les yeux l'observèrent avec confusion, elle exigea seulement :

« Encore Jane »

La mâchoire de Jane se serra, elle déglutit même, une rage animale dans les yeux.

« Putain... tu es folle » expira-t-elle.

Après avoir inspirer une ou deux fois, la brune plongea son regard dans celui inflexible de Maura. Puis, elle s'abaissa contre ses lèvres, muscles tendus.

Maura gémit en la sentant contre sa bouche... et la dévora. Elle avala Jane comme elle n'avait jamais rien avalé d'autre. Son clitoris dur contre sa langue, et son antre serrée contre ses lèvres. Elle la prit dans sa bouche et lui fit l'amour avec cette faim inextinguible au fond d'elle.

Jane pesta des vulgarités les dents serrées, encore hyper-sensible. Découvrant encore à ses dépends, ce qu'au juste Maura était capable de faire avec sa bouche. Et putain, elle se demanda si quelqu'un avait déjà pu durer plus de cinq minutes entre ses lèvres.

Elle mit moins de temps, comme à chaque fois. Son regard presque grave, elle regarda Maura et ondula, à deux doigts d'exploser.

La blonde comprit. Oh, elle comprit tellement bien. Et prit le clitoris entre ses lèvres... et lentement, profondément, elle suça. Jane alla et vint entre entre ses lèvres, une fois, deux fois. Lorsque Jane entra la troisième fois dans la bouche experte elle explosa, erratique. Un orgasme étiré par la blonde qui suça avec douceur au travers des spasmes.

Puis sa langue alla cueillir le fruit de son labeur, abondant, savoureux, et Jane tremblante dut se détacher du contact d'elle même. Elle ferma les yeux, incertaine de survivre à ce qu'elle verrait ensuite.

Puis elle ouvrit les paupières. Et vit la perfection en face. Eblouissante à lui brûler l'âme.

« Maura... » soupira-t-elle, avant de s'écrouler à ses côtés, en reprenant son souffle.

Et la blonde termina, à l'intérieur, avec une vérité déchirante, cinglant dans sa chair comme une supplique:

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Ses doigts s'entremêlèrent à ceux de Jane, qui, encore désorientée, passa sa main libre dans sa chevelure.

Ensemble.

Ensemble elles trouveraient toujours un havre.

Et tous les langages pour se définir.

N/A :

Merci d'avoir lu ce texte, court, mais spécial pour moi. Merci au reviewers qui prendront le temps de me parler de leur lecture. C'est toujours important et précieux pour nous, auteurs, pour moi, de savoir comment ce qui est publié est lu et ressenti.

Je vous embrasse fort :) à bientôt.