Je me réveilla en sursaut à la sonnerie de mon réveil, en regardant l'heure je remarqua qu'il était encore tôt. Me levant difficilement j'alla me doucher, je laissa l'eau chaude couler sur mon visage effaçant les traces de larmes, je sentais mes plaies me piquer en ouvrant les yeux je vis qu'elles s'étaient ré-ouverte sous la pression de l'eau, en soupirant je baissa la pression et nettoya le sang qui coulait ignorant la douleur. La douche finie, je me sécha, banda mes plaies avec précaution et m'habilla d'un pantalon slim noir avec les mêmes chaînettes que la vieille, je mis un débardeur noir avec mon éternel gilet noir, je me maquilla de mon mieux avant de me coiffer simplement. Je descendis dans la cuisine un sourire faux plaqué au visage.

-Tu te lève enfin ?

Questionna ma mère d'un ton désintéressée, prenant mon courage à deux main mon sourire se crispant légèrement je lui répondis de façon joyeuse

-Oui! J'étais trop impatiente de voir mon nouveau lycée! J'ai tellement hâte que je n'arrivais plus à dormir!

Je mens. J'ai peur. C'est pour ça que je ne dormais pas. Si je dors je fais des cauchemars. J'ai trop peur. Je ne veux pas y aller! Je veux pas rester ici! Je veux partir loin de tout ça! En me forçant à garder le sourire je cherche un bol dans les placards, je sent mes bras mutilés me tirailler fortement. Sous la douleur je lâche ce que j'ai dans la main me laissant tomber à genoux, ma mère et mon père arrive. Je ne dis rien et essaye d'oubliée cette douleur au bras, je sens une main sur mon épaule qui me force à me relever je retient un petit cri de douleur. Mon père me fixe énervé, levant la main face à mon visage j'essaye d'anticiper ce qui va suivre, mais comme à chaque fois... Comme tous les matins... Il me gifle violemment, je me laisse faire, je sais pertinemment que je ne peux lui échapper. Ma mère me regarde déçu et soupire se désintéressant de moi dès que ma petite soeur entre.

-Encore à casser la vaisselle Marion ? T'es pathétique!

Se moque t-elle, je ne la regarde même pas, je réussis à m'extraire de la poigne de cet homme, je m'assois à ma place et mange une pomme. Je n'attend pas leur permission pour sortir de table, je me hâte à grand pas de récupéré mes affaires de cours, mes clés de moto et me dirigea vers la porte d'entrée, en passant devant la porte de la cuisine je sens mon sourire s'affaisser petit à petit et mes yeux commencer à s'embrumer suite aux mots si froid et dénué de sentiments de mes parents.

-Franchement elle est insupportable! Qu'est-ce qui m'a pris de la mettre au monde ?

Soupira ma mère d'un ton si froid que je n'en eu le souffle coupé, mon coeur tambourina fortement dans ma poitrine.

-Je ne sais pas! Si tu m'avais écoutée aussi! Je t'avais dit que je ne voulais pas d'elle! Cette fille ne nous apporte que des malheurs!

Rétorqua mon père avec sécheresse. Sentant les larmes coulés je sortit en courant claquant légèrement la porte, montant sur la moto je pris la direction du lycée tentant vainement de réprimer mes larmes et mes sanglots. Devant mon nouvel établissement je soupira et me gara... J'entra dans le bâtiments mon casque en main, un sourire faussement joyeux aux lèvres je m'avançais dans les couloirs du lycée, tentant d'ignorer péniblement les regards posés sur moi. Quand ma tête cogna le mur je grimaça à peine, tellement habituée à cela je releva simplement les yeux vers mon agresseur du jour. Une jeune fille aux cheveux blonds méchés de bleus et de mauves me regardait l'air mauvaise, ses "amies" ricanaient fièrent de leurs coups.

-Salut, moi c'est Cynthia! Désolée mais t'étais sur mon chemin! Bye la salope!

Me salua t-elle d'un ton ironique, sans même lui répondre je me releva doucement et m'épousseta légèrement, leur jetant un dernier regard vide de toutes forces de vivre je continua ma route les mains dans les poches. Je les entendaient. Tous! Je les entend tous chuchoter sur mon chemin, me lancer des regards noirs et dégoûtés. Je me doutais bien que ça ne changerait rien ici, j'ai eu tort de croire que tout cela allait changer, sans un mot j'alla en classe directement. En entrant tous me dévisageaient avec une curiosité malsaine, même la prof.

-Entre, retire ta capuche et présente toi rapidement!

Déclara t-elle sans même me regarder. En soupirant j'alla devant la classe et retira ma capuche, mes cheveux châtain retombant mollement sur mes épaules.

-Salut m'appelle Marion. J'ai 16 ans.

Dis-je laconiquement sans même regarder une quelconque personne et alla m'asseoir au fond loin d'eux ne sortant qu'une feuille et un stylo, ignorant ses murmures peu flatteurs et instigateurs de mauvaises choses à venir, en regardant par la fenêtre mes yeux tombèrent sur un chêne planté dans la cours, je le fixa durant tous les cours qui suivirent.


Je rentrais chez moi lentement, l'envie de retourner avec ma famille était très basse, quand je me pris à nouveau un mur. Relevant la tête je croisa les pestes de se matin, avec amusement elles se mirent à me frapper, m'insulter sans discontinuer. J'étais là. A terre, baignant presque dans mon propre sang. Je ne disais rien. J'avais mal. Je voulais pleurer. Je voulais hurler. Mais mes yeux restèrent secs et vident, me relevant difficilement, j'effaça le sang sur mon t-shirt et rentra dans l'appartement, avec peine je marcha jusqu'à ma salle de bain privée m'enfermant à double tour.

Je m'appelle Marion Harness je suis d'origine arabe et ma vie est un enfer depuis ma naissance.