Quand le réveil sonna je ne bougea pas, plaquant mon bras sur mes paupières. Pendant combien de temps suis-je restée ainsi ? Dix minutes ? 20 minutes ? Plus ? Je ne saurais pas le dire, tout ce que je sais c'est que pour la première fois depuis un moment la musique a réussi à m'isoler de ce monde. Mais comme à chaque fois que j'éprouve ne serais-ce qu'une once de bonheur le malheur reviens au galop. De quoi je parle ? J'entend les pas lourds de mes parents se diriger vers ma chambre, en soupirant je me releva de mon mieux enfilant rapidement un peignoir pour cacher mes bras mutilés, avant que la porte s'ouvre brusquement. Levant les yeux je vis leurs yeux remplis de haine, de dégoût et de colère. Ma mère s'approcha de moi et leva la main me giflant avec violence, j'ai bien essayée de me protéger de mes bras mais aussi faible que je lé'tais à ce moment là, ils ne servirent à rien, je fus propulser par terre, j'y resta attendant qu'ils partent ou me disent ce qu'ils me voulaient de si bon matin, mais rien. Rien pas un mot un seul. En ayant marre de rester sur le parquet froid je me releva avec difficulté et me dirigea vers ma salle de bain sans même leur jeter un regard, une fois sous la douche je laissa mes larmes inonder mes joues, l'eau brûlante m'ébouillantait. Mes plaies se rouvrant, mes bras entiers étaient couvert de cicatrices. Sans plus de cérémonie je coupa l'eau, me sécha et m'habilla simplement, juste un t-shirt à manche longue noir et mon gilet avec un jogging noir. Pas de maquillage aujourd'hui j'ai pas le temps pour ses conneries, en regardant mon visage dans la glace je vois des traces de larmes et des cernes énormes, en soupirant j'applique du fond de teint dessus et abaisse ma capuche sur la tête, enfonçant mes écouteurs dans les oreilles, je pris mon sac de cours et partit à l'arrêt de bus. Sur le chemin je tombe sur les pestes qui se moquent de moi et de ma tenue.
-Regardez qui voilà! C'est la musulmane!
Cria une fille aux cheveux brun, sans lever la tête je passa devant elle jusqu'à ce qu'elle me prenne le bras appuyant sur ma plaie, je sentis l'adrénaline monter d'un coup et je donna un coup sec pour qu'elle me lâche la regardant avec fureur. Les passants réagirent aussitôt, m'insultant de raciste, terroriste et j'en passe. Ils parlaient souvent de douleur, de sacrifices, de peine, que sois-disant je ne pourrais comprendre. Je ne dis rien durant tout le trajet du bus, une fois au lycée je me réfugia sur le toit du hangar là où personne n'osait allé à cause du vide. Je me recroquevilla contre le mur, laissant mes larmes inonder à nouveau mes joues, ils disent que je connais pas la souffrance ?! Mais merde qu'est-ce qu'ils en savent eux ?! Ils sont pas dans ma tête putain! Je frappa le sol sous la rage, oui je connais la douleur, la souffrance est mon quotidien merde! Arrêtez! ARRÊTEZ DE ME JUGER! Je vous aient rien fait! Ce que je veux ?! J'en sais rien moi! Juste qu'on me fiche la paix! J'en peux plus! J'en ai marre de tous ça! Des coups, des insultes, de cette discriminations, ses insultes, ses rejets...J'ai jamais voulut tout ça! Merde à la fin! Allez tous vous faire foutre! Mes larmes coulaient sur mes joues librement alors que je retenais de mon mieux mes sanglots. mes sois disant "amis" ne comprennent rien, ils ne voient en moi qu'une fille victime des populaires mais qui sourit tout le temps et qui se la raconte...C'est ce qu'ils pensent je les aient entendus. Sourire ? Je ne sais même pas ce que veux dire se mot... Je ne dors plus, je ne mange plus, je ne rêve plus, tout ça n'est que mensonge, mes sourires sont faux, mes rires sont creux et mes yeux vident de tous sentiments...Mais personne ne le voit, parce que les gens croient seulement ce qu'ils veulent voir... Oui je suis arabe mais je n'ai aucune religion. Je ne porte ni le voile, ni rien d'autre! Mon physique vous encule merde! Ouais je suis grande, élancée, ouais j'ai des formes, et alors ?! Tout ça sa fait de moi une beurette ?! Je ne me prostitue pas! Je ne suis pas une fille facile! Pourquoi ils me disent tout ça hein ?! Je sèche rapidement mes larmes et applique du fond de teint à nouveau avant que la porte ne s'ouvre sur Lola et Mélissa deux amies... Vous m'avez comprise quoi... Je me relève et leurs souris faussement les rassurant.
-Tu sais Marion, tu devrais en parler au prof... J'ai pas envie d'être traiter comme une moins que rien parce que je traîne avec toi...
Marmonna Lola, je sentis à nouveau se sentiment me poignarder, je voyais comme un serpent venimeux s'enrouler autour de moi, de mes membres et resserrer doucement ses anneaux me faisant mal, je retint un cri de douleur de mon mieux, je sentais déjà le venin de la morsure me traverser le corps de part en part.
-Lola! Dit pas ça comme si c'était toi qui subissait tous les jours ce que ses pétasses lui font subir.
Me défendis Mélissa dans un soupir, je la regarda surprise, mais reprit aussitôt mon masque souriant le plus convainquant en ma possession, ignorant le venin né de ses paroles me parcourir le corps, je sens que mon sourire a craquer, je sens que je vais me mettre à pleurer, je ne sais pas pourquoi aujourd'hui j'ai tellement de mal à garder mon sourire, pourquoi est-ce que je sens se mur que j'ai construit de mes mains, derrière lequel je me protège chaque jour, et qui laisse la porte ouverte au cauchemar la nuit, s'effondre petit à petit en plein jour... Est-ce que ça veut dire que je suis à bout de force ? Non c'est impossible! Je peux...Je dois résister encore et encore, je suis habituée à tout ça! Je ne dois pas céder si facilement...! Merde! Pourquoi j'y arrive plus ? Je vois le regard de Mélissa se poser sur moi, alors que mon visage affiche une grimace qui était il y a quelque seconde un faux sourire, la sonnerie retentit me sauvant d'un possible interrogatoire de sa part.
En cours de français je m'assois près de la fenêtre, je ne sors qu'un cahier et une feuille, je prend mes notes, avant d'ouvrir le cahier à une page et de commencer à écrire, écrire pour vider mon esprit de toutes douleurs échappés de ce mur si hermétiquement fermé mais d'où s'échappent toujours un filet de douleur. La prof me fixe, m'interroge, me parle, m'engueule sèchement, je m'en fous, pour le prouver je me lève range mes affaires, prend mon sac et je sors. Sans tardé j'entend la déléguée se levée pour me ramenée en cours. Je sais que je vais me faire frapper, insulté, crachée dessus mais je ne cours pas. Je ne fuis pas. Je l'ignore tout bonnement, je regarde l'heure et soupir en voyant qu'il me reste encore 6h30 de cours... Je me retrouve projetée contre le sol brutalement, mon visage racle le sol me provoquant une vive douleur. mais comme d'habitude je ne dis rien. Je ne parle pas. On m'appelle la muette, la soumise et j'en passe...Je m'en fiche... Elle me sourit moqueusement me prend par les cheveux et me frappe de son genou dans le visage, je garde les yeux ouverts, je sens le sang qui coule le long de mes joues, en me tirant par le bras elle fait remonter la manche de mon bras, je réagis aussitôt mais pas assez vite pour qu'elle ne puisse voir ses traits, cette mutilation. Avec un sourire mauvais elle écrase mon bras de ses chaussures à talon, je ne cris pas, je me contente de l'envoyer paître d'un regard sombre, je me relève je ne la regarde pas. Dans les toilettes je nettoie le sang, bande à nouveau mes plaies. Je soupire et maquille mon oeil tuméfié.
Le reste de la semaine fut comme lundi, pas un jour sans que ses filles populaires ne tente de m'ouvrir les veines de forces, ne m'insultent, ne me critiquent. Toutes les personnes qui se disent mes amies tentent de me soutenir, mais je sais que ce n'est que pitié rien de plus rien de moins... Le soir j'ai arrêtée de me mutiler vainement, je prend des anti-dépresseurs, même si ça ne fonctionne pas. En me connectant sur un des réseaux sociaux je souris doucement en voyant mes amis virtuels me parler, me soutenir, me faire rire. Ce soir je m'endors pour la première fois depuis un moment avec le sourire... Qu'elle semaine infernale...
