DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.
Rating : M
Genre : romance / slash / Yaoi
Hello tout le monde !
Vous avez été incroyablement nombreux à poster des reviews sur les chapitres précédents ! Merci du fond du coeur !
Certains d'entre vous m'ont suggéré de poster un chapitre le mercredi et un autre le samedi, afin de ne pas avoir à attendre trop longtemps entre deux chapitres... Je teste donc cette nouvelle formule aujourd'hui. Merci de me dire si ça vous convient comme ça ou s'il vaut mieux revenir à deux chapitres le samedi.
Bonne lecture !
Chapitre 13 – Assasymphonie
"Cette nuit, intenable insomnie
La folie me guette
Je suis ce que je fuis
Je subis cette cacophonie
Qui me scie la tête
Assommante harmonie
Elle me dit, tu paieras tes délits
Quoi qu'il advienne
On traîne ses chaînes
Ses peines »
(Florent Mothe – Mozart l'Opéra-Rock)
27 octobre 2014 – Potter Corp., La City, Londres
Harry ferma les yeux, appréciant la fraîcheur de la vitre contre son front fiévreux.
Il avait mal dormi la nuit passée. Son sommeil avait été agité, peuplé de rêves sans queue ni tête, entrecoupés de réveils anxieux où il tâtonnait frénétiquement à côté de lui, afin de vérifier qu'il n'était pas seul.
Il ne l'était pas.
La veille, après le départ d'Astoria, et comme il s'y attendait, Draco l'avait planté au milieu du Chemin de Traverse, prétextant le besoin d'être seul.
Harry n'avait rien fait pour le retenir, sachant que ça ne servirait pas à grand-chose. Dépité, il l'avait regardé partir puis avait accompagné ses fils chez Florian Fortarôme, bien décidé à profiter de ce moment avec eux.
Florian avait pris sa retraite depuis longtemps. La boutique était désormais tenue par sa fille, Madeleine. Elle leur avait trouvé une table un peu à l'écart où ils avaient pu discuter tranquillement.
Et pour Harry, ce fut une discussion très interpellante.
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La veille - 26 octobre 2014 – Florian Fortarôme, Londres Sorcier
James était positivement ravi de son cadeau. Il n'arrêtait pas de parler de tout ce qu'il ferait avec son fléreur, de l'endroit où il l'installerait à Poudlard et des tours qu'il pourrait lui apprendre.
-Merci papa, dit-il pour la dixième fois.
- Pas de quoi, mon grand. Je suis content que ça te fasse plaisir. Mais en rentrant, il faudra appeler ta mère pour la prévenir. Je ne voudrais pas que…
- Oh, on s'en fout de l'avis de maman ! décréta-t-il. Tu as bien le droit de m'acheter des cadeaux, non ?
Harry fut un peu étonné du ton coléreux avec lequel James avait lancé cette phrase.
-Oui, bien sûr, dit-il. Mais l'avis de ta mère a de l'importance. Ce n'est pas comme si c'était un jouet ou une babiole quelconque. C'est un animal et on n'a jamais vraiment discuté du fait de savoir si elle était d'accord pour que tu en aies un.
- Je ne te comprends pas, dit James en secouant la tête. Maman elle, elle se fiche de ton avis ! Pourquoi tu n'en fais pas autant ?
- C'est compliqué James. Je n'ai pas droit à l'erreur…
- Parce que t'es pé… hm… je veux dire à cause de ton homosexualité ?
C'était la première fois que James lui posait ouvertement la question. A côté de lui, Albus était silencieux mais toute ouïe.
-En partie, dit Harry en soupirant. D'une manière générale, la justice sorcière considère que la place des enfants est en priorité auprès de leur maman, que c'est elle qui est la mieux placée pour bien s'occuper d'eux. Quant à moi, eh bien… les juges sont… inquiets de savoir si mon… mode de vie est compatible avec l'éducation de jeunes enfants. C'est pour ça que je dois faire attention, que je dois veiller à bien respecter tous les termes du jugement.
- Sinon quoi ? On pourrait ne jamais plus te voir ? demanda Albus.
- C'est un risque, oui, souffla Harry.
- Pourquoi les juges ne nous demandent pas notre avis ? Nous, on pourrait leur dire que tu t'occupes très bien de nous ! N'est-ce pas James ?
- Oui. C'est vrai, admit-il. Tu t'occupes bien de nous. Et le fait que tu es pé… gay n'y change rien.
- Ce… ce n'est pas si simple, dit Harry, la voix rendue rauque par l'émotion. La justice est une affaire d'adultes.
- Oui mais en attendant, c'est nous qui sommes au milieu ! s'énerva James. On devrait être en droit de dire ce qu'on pense !
- Je sais, mon grand. Je sais.
Ils furent interrompus par l'arrivée d'une jeune fille, un carnet à la main.
-Bonjour, puis-je prendre votre commande ? Oh ! Salut James ! Je ne t'avais pas reconnu de loin. Ça fait plaisir de te voir.
- Bon… bonjour A… Amanda, bafouilla James, les joues toutes rouges.
- Salut Mandy ! dit Albus.
- Papa, dit James qui s'était un peu repris, je te présente Amanda Parks. Elle est en cinquième. C'est aussi l'Attrapeuse de l'équipe.
- Enchanté Amanda ! Tu travailles ici ?
- Je donne un coup de main à Maman pendant les congés. Et comme nous sommes en congé forcé à cause de cette épidémie d'éclabouille…
- Oh, tu es la fille de Madeleine Fortarôme !
- En effet. C'est un honneur de vous rencontrer. Mon grand-père me parle souvent de vous ! Il dit que vous avez passé pas mal de temps ici durant l'été 1994 et qu'il vous a même aidé à faire vos devoirs de vacances.
- C'est vrai ! rigola Harry. Sans parler de tous les sundaes qu'il m'a offerts !
La jeune fille se mit à rire à son tour. Harry ne put s'empêcher de remarquer l'air totalement subjugué de son fils.
-J'ai entendu parler de tes performances au Quidditch, dit-il encore. C'est donc à toi qu'on doit la victoire de Gryffondor l'année dernière ?
- Oh, Monsieur Potter ! Ce n'est pas à vous que je dois dire que les victoires au Quidditch sont avant tout collectives !
- Tu as raison, sourit Harry. Tu envisages une carrière professionnelle ?
- Hm, c'est un peu tôt pour le dire. Mais je ne pense pas… Le succès dans ce domaine est trop éphémère. A vrai dire, j'ai envie de travailler ici, avec Maman et qui sait, peut-être reprendre le commerce à mon tour.
- Ce serait un beau cadeau pour ton grand-père.
Amanda hocha la tête. Elle prit ensuite leurs commandes à tous les trois et s'éloigna.
-C'est vraiment une jeune fille charmante, dit Harry à son fils. Et très jolie.
- Oui, peut-être, répondit James évasivement.
- Ah allez, Jamie ! dit Albus. Fais pas celui qui n'en a rien à faire ! Tu en pinces pour elle, avoue-le !
- La ferme Albus !
- Quand elle est là, tu rougis, tu bégayes… tout le monde le voit bien que tu es amoureux d'elle !
- Je t'ai dit de te taire !
- Albus, n'ennuie pas ton frère, tempéra Harry. Pourquoi tu ne l'inviterais pas un jour pour voir un match ? reprit-il à destination de James.
- Ce n'est pas une bonne idée. C'est vrai qu'elle est jolie et que nous nous entendons bien mais… elle n'est pas faite pour moi.
- Pas faite pour toi ? s'étonna Harry. Mais pourquoi ?
James pinça les lèvres et souffla brièvement.
-Tu l'as entendue comme moi, papa ! Sa seule ambition est de reprendre cette boutique ! Il est hors de question que ma femme soit une simple… commerçante alors que moi je me destine à des choses bien plus importantes.
Harry regarda son fils avec effarement.
-Ta femme ? Mais James… tu as quatorze ans ! Personne ne dit que c'est elle que tu vas épouser ! Et puis, c'est quoi ce mépris pour son choix de vie ? Il n'y a rien de déshonorant à être commerçant !
Un petit claquement de langue lui répondit.
-Je savais que tu ne comprendrais pas, dit James d'un ton pincé.
- Alors explique-moi ! Dis-moi quelles sont ces choses si importantes que tu comptes faire !
- J'envisage une carrière au Ministère. J'en ai parlé avec p… avec Filibert. Et aussi avec oncle Ron. Ils m'ont tous les deux encouragé dans cette voie. Oncle Ron m'a même proposé d'aller faire un stage auprès d'oncle Percy l'été prochain. Il m'a dit que son frère avait très tôt eu l'ambition de travailler au Ministère et que c'est grâce à cela qu'il était parvenu à devenir si jeune l'adjoint du Ministre.
- Ouais, grogna Harry. Il fut un temps où Ron se moquait bien des ambitions de Percy…
- Que dis-tu ?
- Rien. C'est bien d'avoir déjà des projets d'avenir et tu ferais sûrement une très belle carrière au Ministère mais je ne vois pas en quoi ça t'empêche de fréquenter Amanda…
James secoua la tête, mais ne daigna pas répondre. A la place, il se leva pour aller aux toilettes.
-C'est parce qu'elle est de sang-mêlé, dit nonchalamment Albus en caressant la tête de son serpent.
- Quoi ?
- Amanda… James l'aime bien mais il ne veut pas sortir avec elle parce qu'elle est de sang-mêlé. Ça ne plairait pas à Gabriel.
- C'est qui lui ?
- Un Serdaigle de sixième année. Le chef de leur groupe.
- Quel groupe ?
- Je ne sais pas au juste… Ce sont des élèves de différentes Maisons. Ils se rassemblent pour parler de l'avenir du monde sorcier, de ce qu'il faut faire pour préserver nos traditions… ça a l'air ennuyeux à mourir.
La nuque de Harry se couvrit d'une sueur froide. Ça ne pouvait pas être vrai.
-Et James fréquente ce… groupe depuis longtemps ?
- Je ne crois pas, non. Un mois peut-être. Il y a un problème papa ? s'inquiéta Albus, voyant son père un peu pâle.
- Je… non, il n'y a pas de problème. Albus, ne dis pas à James que tu m'as parlé de ça, ok ?
- Ouais. Ok.
James revint à table au moment où Amanda apportait leurs glaces. Harry fit en sorte de ne rien laisser paraître mais il était clairement inquiet.
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De retour à l'appartement, il fut soulagé d'y trouver Draco. Il était au téléphone avec Pansy, manifestement en train de discuter de dossiers.
-Ok… dis à Richard de ne pas s'inquiéter, je vais régler cette histoire. Hammerback est un vieux grincheux. Il aboie beaucoup mais il ne mord pas…. Non, je t'assure qu'il ne nous quittera pas… Ok… tu me rappelles s'il y a le moindre problème… Oui, je sais… je sais… Pansy, on en a déjà parlé… Non, je ne te laisse pas tomber…Oui, moi aussi je t'embrasse. A bientôt.
Il raccrocha en soupirant.
-Des problèmes à ton cabinet ? s'enquit Harry.
- Rien que je ne puisse gérer d'ici. Pour l'instant.
- Draco, je…
- Ne dis rien Potter. Si je suis ici, c'est que je le veux bien. N'y vois ni sacrifice ni quoi que ce soit d'autre de désintéressé. Ça ne me ressemble pas, tu le sais.
Harry ne put s'empêcher de sourire. Il s'approcha et serra Draco contre lui.
-Je suis content que tu sois là, souffla-t-il.
Draco ne chercha pas à savoir si Harry parlait de manière générale ou bien du fait qu'il ne s'était pas « enfui » comme la veille. Il se contenta de lui rendre son étreinte. Et comme toujours lorsqu'il était dans ses bras, Draco sentit une douce chaleur lui gonfler le cœur et se répandre en lui. Lentement, il glissa les mains sur ses épaules, le long de son dos, jusqu'au creux de ses reins, appréciant chaque courbe, chaque muscle qui roulait sous ses doigts.
Le souffle de Harry s'accéléra quand il sentit des lèvres aventureuses embrasser la peau tendre du cou avant de migrer vers la mâchoire, la joue puis la tempe. Impatient, il alla chercher cette bouche qu'il désirait plus que tout, tandis que ses mains se faufilaient sous la chemise entrouverte.
Très vite, le baiser devint intense, presque vorace. Harry se hissa dans les bras de Draco, entourant sa taille de ses jambes.
-J'ai envie de toi, murmura Harry.
- Qu'est-ce que tu fais de tes enfants ?
- Ils sont dans leurs chambres à s'occuper de leurs animaux. Je leur ai dit de ne pas descendre avant l'heure du dîner…
- T'es incroyable tout de même… on aurait pu attendre…
- Ah oui ? provoqua Harry en se collant un peu plus contre le corps de Draco.
Draco capitula sans difficulté. Il emmena Harry dans la chambre, qu'il prit soin de verrouiller avec un collaporta avant de jeter un sort de silence.
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-Putain de bordel de merde… le sexe avec toi, c'est… vraiment… indescriptible, haleta Draco.
Il se retira précautionneusement et roula sur le côté, le souffle encore court.
-Content que tu reconnaisses mes talents, sourit Harry.
- Et dire que tu refusais d'être le passif !
- Tout ça c'est des conneries en fait… passif ou pas, là, c'est moi qui maîtrisait la situation !
- Si tu le dis…
- Et puis, c'est pas comme si tu n'aimais pas ça non plus… Tu ne te plaignais pas vraiment hier, sur la table de la cuisine…
Draco jugea préférable de ne pas répondre. Il se souvenait parfaitement de la veille et surtout de ce qu'il avait dit à Harry.
Ils restèrent silencieux quelques minutes, blottis dans les bras l'un de l'autre, savourant ce moment de sérénité.
-Draco ? dit Harry après un temps.
- Hm ?
- Tu crois que la Guerre a vraiment servi à quelque chose ? Je veux dire… on est débarrassé de Voldemort… mais s'est-on débarrassé de ses idées ?
- Si tu penses que les idées de Voldemort sont mortes avec lui, tu es bien naïf. C'est évident qu'il y en a toujours qui pensent comme lui. Mais de là à assister à l'émergence d'un nouveau Mage Noir, je ne crois pas… Et puis, si c'est le cas, tu seras là pour nous en débarrasser une nouvelle fois, non ?
Harry eut un petit rire désabusé.
-Pourquoi demandes-tu ça ? Il s'est passé quelque chose ? questionna Draco, inquiet.
- Albus m'a parlé d'un groupe qui s'était formé à Poudlard… et dont James fait partie. Ils prônent le respect des traditions sorcières et… la pureté du sang.
- Des traditionnalistes ? Il y en a toujours eu à Poudlard, même avant l'arrivée des Mangemorts. Ma grand-mère Druella avait fondé un groupe de ce genre à l'époque. Avec Augusta Londubat.
- Quoi ? La grand-mère de Neville ?
- Elle-même. Elles étaient très amies et surtout très conservatrices. Elles ont cependant fini par se disputer.
- Pourquoi ?
- Toujours le même vieux débat… La vieille Londubat estimait que pour préserver les traditions et les faire perdurer, il fallait éduquer les sorciers nés-moldus et les sang-mêlés, en les purgeant en quelque sorte de leur part moldue. Ma grand-mère elle, était une suprématiste pure et dure. Elle considérait que la magie devait être réservée aux sang-purs et exclusivement à eux.
Un peu choqué, Harry mit quelques secondes à assimiler ces propos.
-Je n'en reviens pas que la grand-mère de Neville soit… comme ça… Son propre fils a été victime des Mangemorts… elle s'est battue pendant la Guerre !
- On peut vouloir la préservation du monde sorcier et être contre le fait qu'il soit dirigé par un dangereux mégalomane.
- Oui mais quand même… ça me déçoit un peu.
Draco soupira.
-Harry, ouvre un peu les yeux. Tu crois vraiment que le monde a changé ? Les Londubat, les Weasley… malgré leur pseudo amitié pour les moldus, ils n'en restent pas moins des conservateurs.
- Mais…
- Prend Londubat. Son père et sa mère étaient des sang-purs. Et lui ? Il a fréquenté Loufoca Lovegood après la Guerre mais est-ce qu'il s'est marié avec elle ? Non. Il a épousé Hannah Abbott, une sang-pur dont la généalogie et la santé mentale sont sans équivoque. Pareil pour les Weasley. Les Delacour et les Deauclaire sont deux des plus anciennes familles sorcières françaises. Et les Johnson comptent parmi leurs ancêtres les premiers colons de Salem.
- Et que fais-tu d'Hermione et moi ?
- Justement. Vous êtes les seuls à avoir divorcé. Et par qui avez-vous été remplacés ? Brown et Molkins. Des sang-purs. Ce qui est curieux d'ailleurs… continua Draco en fronçant les sourcils.
- Quoi donc ?
- Molkins. J'ai toujours cru que la lignée s'était éteinte après la première guerre des sorciers… J'ai dû me tromper.
Harry s'assit sur le lit. L'étonnement se lisait sur son visage.
-Tu connais vraiment la généalogie de toutes les familles sorcières de ce pays ?
- Bah, répondit Draco avec un geste évasif. A force d'entendre ma mère en parler constamment, j'ai fini par retenir pas mal de choses, en effet.
- Enfin, tout ça ne me dit pas ce que je dois faire pour James, soupira Harry.
- A ta place, j'en parlerais avec McGonagall, histoire qu'elle les surveille.
- Hm… oui, bonne idée.
- Par contre, je n'en parlerais pas à ton fils tout de suite. Il risque de le prendre mal si tu t'en mêles directement.
- Tu crois ? Mais bon sang, que fait-il avec eux ? s'énerva Harry. Il n'est pas de sang-pur !
Draco éclata d'un grand rire.
-James n'est ni sang-pur ni sang-mêlé ! Il est de sang-Potter ! Personne ne peut rivaliser avec ça !
Harry rougit et bougonna. Il n'aimait pas ce genre d'argument.
-Allez, arrête de te torturer avec ça, dit Draco en se levant. Allons plutôt prendre une douche. Ce n'est pas que je n'aime pas être couvert de tes fluides corporels mais c'est tout comme…
Il échappa de justesse au coussin qui s'écrasa contre le mur.
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27 octobre 2014 – Potter Corp., La City, Londres
-Monsieur Potter !
La voix sortit brusquement Harry de ses pensées. Il se tourna vers la dizaine de personnes réunies autour de la table.
-Nous devons prendre une décision ! se lamenta Jawahar Singh, un des membres du conseil d'administration.
Oui, bien sûr. Ils étaient là pour ça. Encore fallait-il qu'Harry se souvienne à propos de quoi. Hermione remarqua immédiatement qu'il avait décroché de la discussion.
-Tu es d'accord avec nous pour dire que Di Marco devient ingérable, n'est-ce pas Harry ? dit-elle en espérant le remettre sur les rails. Si des sponsors comme Locaste, Adadas ou Le Sorcier Sportif nous lâchent, on court à la faillite.
Ok. On parlait des Tornades de Tutshill.
Cela faisait trois mois maintenant que le club n'avait plus remporté la moindre rencontre. La raison tenait manifestement à une mésentente farouche entre les joueurs et l'entraîneur Lorenzo Di Marco. Lors du dernier match, les supporters avaient hué les joueurs pendant presque toute la partie, laquelle se termina en à peine trente minutes. Après quoi, ils avaient envahi le terrain en signe de protestation. Plusieurs sponsors du club avaient fait part de leur mécontentement et menaçaient ni plus ni moins de retirer leurs billes.
Les instances dirigeantes des Tornades voulaient limoger Di Marco mais elles avaient besoin pour cela de l'aval du propriétaire du club.
-Darren ? demanda Harry. Y a-t-il une chance pour que la situation entre les joueurs et Di Marco s'arrange ?
- Je ne pense pas, répondit Darren Wayne, le représentant des Tornades au conseil d'administration. Di Marco est un bon entraîneur mais il a fait toute sa carrière chez les Falconi de Milan. La méthode italienne ne colle pas avec les joueurs anglais. Souviens-toi quand on évoluait à Caerphilly… le problème était le même avec Paolo Battiglia.
- Oui, tu as raison, admit Harry. Bon, nous n'avons pas le choix. Darren, tu annonceras à Di Marco qu'il est limogé avec effet immédiat. Brandon Coolidge devient entraîneur ad interim, le temps qu'on trouve quelqu'un d'autre.
Tout le monde opina du bonnet, soulagé qu'une décision soit prise.
-Et concernant ses indemnités ? demanda Hermione. Il est resté seulement six mois…
- Tant pis. On lui versa l'entièreté. Ça nous coûtera de toute façon moins cher que le départ des sponsors. Mais demande à Théo de revoir cette clause dans le contrat du suivant. Je ne veux plus que ça se reproduise.
Hermione acquiesça en prenant quelques notes.
-A ce propos, reprit Harry. On a déjà des candidats pour le poste ?
- Plusieurs noms circulent, dit Darren. Mais la direction du club penche fortement pour l'ancien gardien du club de Flaquemare, Olivier Dubois. Il entraîne pour le moment les Tapesouaffles de Quiberon mais il a envie de rentrer en Angleterre.
- Hm oui. Ça semble une bonne idée en effet.
Plusieurs autres commentaires positifs accueillirent cette information.
-Bien, il semble que nous ayons terminé, conclut Harry. Merci à tous.
Tout le monde se leva et quitta la salle de réunion. Après avoir salué les membres du conseil d'administration, Harry regagna son bureau en compagnie d'Hermione. Il y trouva son fils aîné, en train de tournoyer sur sa chaise de bureau.
-Papa ! cria-t-il. C'était génial ! Wilson m'a montré plein de trucs ! C'était… whaou… Pourquoi tu ne m'as pas emmené ici avant ?
Harry sourit devant l'enthousiasme de son fils. Sur le conseil de Draco, il avait décidé de prendre James avec lui au bureau et de lui faire visiter l'entreprise. Peu convaincu au départ, il devait bien admettre que son amant avait eu raison d'insister.
-Si j'avais su que ça te passionnerait autant, c'est sûr que je t'aurais emmené plus tôt. Tu as aimé alors ?
- C'était incroyable ! J'ai pu assister à la fabrication d'un Hurricane ! Et Wilson doit encore me montrer un tas d'autres choses ! Tu crois que je pourrais revenir demain ?
- Je ne sais pas… je serai absent une grande partie de la journée, demain…
- Ce n'est pas grave, dit Hermione. Moi, je suis là. Je peux m'occuper de James.
- Allez papa !
- Bon, c'est d'accord.
- Merci papa ! T'es le meilleur !
Ce n'était pas le genre de choses qu'Harry avait l'habitude d'entendre dans la bouche de son fils et il se sentit incroyablement heureux.
-Prends tes affaires James, dit-il, nous allons rentrer à l'appartement. Albus va bientôt revenir de chez Scorpius. Hermione, tu es sûre que ça ne te dérange pas de…
- Absolument, coupa la jeune femme. Ça me fait plaisir de passer un peu de temps avec mon filleul.
James sourit et embrassa sa marraine avant de suivre son père sur l'ère de transplanage.
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Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
A peine rentré, Harry réceptionna un Albus tout heureux de la journée qu'il avait passée avec son meilleur ami. Il entreprit de raconter tout ce qu'ils avaient fait. Harry eut même droit aux détails de la bonne entente entre Milo et Shaka, les deux serpents.
-Scorpius m'a dit que c'était un don très rare de pouvoir parler aux serpents, c'est vrai papa ?
- Oui, c'est rare en effet.
- Il paraît aussi que c'est génétique. Tu es fourchelang ? Ou bien maman ?
- Je… il y avait des fourchelangs dans la famille Black. Et comme ta mère et moi avons des ancêtres Black, ça doit venir de là…
Il ne pouvait pas se résoudre à lui expliquer qu'il avait été fourchelang et qu'il avait perdu cette faculté le jour où Voldemort avait cessé de vivre dans sa tête.
-Et James ? Pourquoi il ne le parle pas, lui ? demanda Albus.
- Je ne sais pas. On sait très peu de choses sur ce… don.
- Ah bon.
- Albus… essaye d'être discret à propos de ça, tu veux bien ?
- Pourquoi ?
- Parce que… comme Scorpius te l'a dit, c'est très rare. Certaines personnes pourraient être… envieuses ou bien ne pas comprendre pourquoi tu possèdes cette faculté. Elles pourraient… te juger différemment.
Albus fronça les sourcils. Il sentait bien que son père ne lui disait pas tout mais il comprenait aussi que ce n'était pas la peine de poser plus de questions.
-D'accord, dit-il. Je ferai attention.
- Bien. Va te changer maintenant. Je vais commander des pizzas pour ce soir… je n'ai pas très envie de préparer à manger.
- Draco n'est pas là, c'est ça ?
- Ça n'a rien à voir ! s'insurgea Harry. Je…
- C'est bon papa ! Je te fais marcher ! Des pizzas c'est parfait. James est en haut ?
- Oui, il joue avec Spock.
Albus s'empressa d'aller le rejoindre. Harry lui, fouilla dans le tiroir de la cuisine, là où il amassait tous les prospectus de livraison de plats à domicile. Il décrocha le téléphone mais avant d'appeler la pizzeria, il forma un autre numéro. Un allô assez sec lui répondit.
-Draco, c'est moi. T'es où ?
- Au bureau.
- Ah ? Je ne t'ai pas vu de la journée…
- Contrairement à certains, il y en a qui travaillent, Potter. Qu'est-ce que tu veux ?
Le ton était agressif. Harry sentait bien que Draco était contrarié par son appel.
-Rien de spécial. Je voulais juste savoir si tu rentrais dîner avec nous ou pas. Je commande des pizzas.
- Non. J'ai des choses à terminer ici.
- Ok. Bon, à plus tard alors.
- Ouais. Salut.
Draco raccrocha, laissant Harry désappointé et un peu triste. Sans plus réfléchir, il forma le numéro de la pizzeria et passa la commande.
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Bien plus tard, Harry monta à l'étage souhaiter bonne nuit à ses deux fils.
Albus était déjà presque endormi, si bien qu'Harry se contenta de l'embrasser sur le front et remonter les couvertures sur lui.
James était encore éveillé et lisait un livre sur l'histoire des balais de courses que Wilson lui avait prêté.
-Tu ferais mieux de dormir si tu veux être forme pour demain, dit gentiment Harry.
- Je sais, répondit James en étouffant un bâillement mais j'aurais aimé terminer ce livre pour en parler avec Wilson. Il m'a promis de me montrer les balais de collection.
- Ah ça… c'est quelque chose en effet !
James referma le livre et le posa sur sa table de nuit.
-Pourquoi tu n'inviterais pas Amanda à venir visiter l'entreprise… ça pourrait l'intéresser, tu ne crois pas ? tenta Harry en s'asseyant au bord du lit.
- Papa… c'est gentil à toi mais on en a déjà parlé hier…
- Je sais. Mais ça ne t'engage à rien ! Et puis, Amanda a l'air de t'apprécier aussi, non ?
- Je te l'ai dit, on s'entend bien… mais ça n'ira pas plus loin.
Harry expira brièvement.
-C'est parce qu'elle est ne plaît pas à Gabriel ? ne put-il s'empêcher de demander.
- Quoi ? Mais qui… oh je m'en doutais ! C'est Albus qui a cafté c'est ça ?
- Albus n'a pas « cafté ». Il m'a simplement dit que tu fréquentais un groupe… de traditionnalistes et que ce… Gabriel n'aimerait pas que tu fréquentes une sang-mêlé.
Comme son fils ne répondait pas, Harry insista.
-Ecoute James… il faut être prudent dans ce genre de réunion. Tu dois…
- On ne fait rien de mal ! s'énerva l'adolescent. On discute seulement des traditions sorcières et de ce que nous pouvons faire pour ne pas qu'elles se perdent ! Qu'y a-t-il de mal à ça ?
- Rien… sauf si ça t'amène à considérer que certains sorciers sont davantage en droit que d'autres de faire de la magie. Comme les sang-purs par exemple.
- C'est l'inverse justement ! Notre idée est que les traditions sorcières soient mieux enseignées aux nés-moldus et aux sang-mêlé pour une meilleure intégration !
- Déjà ce mot… intégration…
- Papa ! soupira James. Je sais ce que tu crois, je sais de quoi tu as peur… mais ce n'est rien de tout ça ! Bon sang ! Tu crois vraiment que je laisserais quelqu'un critiquer les sang-mêlé alors que j'en suis un ? Ou bien les nés-moldus quand tu sais combien j'aime et je respecte Tante Hermione ?
- Alors pourquoi ça pose un problème à ce garçon que tu fréquentes une sang-mêlé ?
James ferma les yeux un instant en soupirant.
-Papa, ça ne t'est jamais venu à l'esprit que ça pose un problème à Gabriel tout simplement parce qu'il a des vues sur elle ? Il la critique parce qu'il l'aime ! conclut-il avec emphase comme si c'était absolument évident.
Harry resta interdit quelques secondes.
-Ah… oui, bien sûr. Comment n'y ai-je pas pensé ? marmonna-t-il.
- C'est normal… t'es trop vieux pour comprendre.
- Hé !
James se mit à rire, content d'avoir houspillé son père.
-Sérieusement James… si ce n'est pas Gabriel, alors qui t'a mis en tête qu'Amanda n'était pas une fille pour toi ?
Le garçon ramena ses genoux contre son torse, plutôt embarrassé.
-Filibert, admit-il après un temps. Il m'a dit que pour qu'un mariage fonctionne, il fallait que les personnes viennent du même milieu, qu'elles aient les mêmes ambitions.
- Bon sang, soupira Harry. Pour qu'un mariage fonctionne James, il faut avant toute chose de la confiance ! Le milieu n'a rien à voir là-dedans. Quant aux ambitions, elles peuvent changer. Moi, à ton âge, je voulais être Auror. Finalement, je suis devenu joueur de Quidditch et maintenant je dirige une entreprise. Et puis, je te l'ai déjà dit, tu n'as que quatorze ans… c'est un peu tôt pour penser à te marier. Sors avec Amanda ou pas, peu importe mais quoi que tu fasses, fais-le pour toi, parce que c'est ta décision et pas celle de Filibert, la mienne ou celle de qui que ce soit d'autre !
James hocha la tête, pensif.
-C'est pour ça que tu t'es séparé de maman ? Parce que tu n'avais plus confiance en elle ?
- Non, murmura Harry. C'est parce qu'elle n'avait plus confiance en moi. Et elle avait raison.
- Parce que tu la trompais ?
Mal à l'aise, Harry posa les coudes sur ses genoux et baissa la tête. Il ne s'attendait pas à avoir cette discussion et encore moins, aux paroles franches de son fils.
-Oui.
- Avec des hommes ?
- Oui.
James eut un petit reniflement de mépris.
-Pourquoi tu t'es marié avec maman si tu ne l'aimais pas ?
- J'aimais beaucoup ta mère James, n'en doute pas une minute. Durant les premiers temps de notre mariage, nous avons été très heureux. Tu ne serais pas là, sinon.
- Que s'est-il passé alors ?
- J'ai… comment dire… ce que je ressens pour les hommes, je ne l'ai pas choisi. Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant que dorénavant je préférerais les hommes aux femmes… ça a toujours été là, quelque part en moi. Mais je ne voulais pas l'admettre. Sauf qu'il y a certaines choses qu'on ne peut pas se cacher à soi-même indéfiniment… Je regrette beaucoup d'avoir autant fait souffrir ta mère, elle ne le méritait pas.
Le silence se fit pesant et Harry pensait que son fils ne dirait plus rien. Il se leva alors pour quitter la pièce.
-Bonne nuit James, dit-il en ouvrant la porte.
- C'est pour ça aussi que tu ne restes jamais longtemps avec tes… copains ? A cause d'un manque de confiance ?
Harry regarda son fils, assis dans son lit, les yeux obstinément fixés sur le mur d'en face.
-En partie oui. Mais surtout parce que je ne les aimais pas suffisamment pour les laisser entrer dans ma vie.
- Et Draco ?
- Quoi Draco ?
- Tu l'aimes ?
- Oui, souffla Harry après un temps. Je l'aime. Vraiment.
James hocha la tête. Etait-ce un assentiment ou une manière de mettre fin à la discussion, Harry ne le savait pas. Toujours est-il qu'il se coucha et rabattit la couverture sur lui.
-Bonne nuit papa.
- Bonne nuit mon grand.
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Il était une heure passée quand Draco regagna l'appartement. Tout était silencieux. Les enfants devaient dormir depuis longtemps et Harry aussi.
Draco ôta sa veste qu'il jeta négligemment sur le dossier d'une chaise et desserra sa cravate. Puis il se rendit à la cuisine. Il n'avait pas faim mais il avait envie d'un lait chaud. C'était une habitude qu'il avait gardée de son enfance. Il aurait mieux aimé le boire dans son lit, accompagné d'un bon livre mais il risquait de réveiller Harry. Alors il se contenterait de le boire au comptoir de la cuisine.
Il prit une tasse dans l'armoire puis ouvrit la porte du réfrigérateur pour en sortir la brique de lait. Il la secoua légèrement pour constater qu'elle était pratiquement vide ou en tout cas, pas suffisamment remplie pour se servir une tasse.
-Et merde, marmonna-t-il en posant rageusement le carton sur le plan de travail.
Au moment où il referma la porte en inox, il sursauta. James se tenait juste derrière, à moitié dans la pénombre.
-Bordel ! Ça t'arrive souvent de te planquer derrière les portes de frigo pour faire peur aux gens ?
- Ben, dis donc… Il faut pas grand-chose pour te faire peur à toi…
- Qu'est-ce que tu fais là ? répliqua sèchement Draco, vexé de passer pour un peureux.
- J'avais soif. Je venais chercher de l'eau.
Disant cela, il contourna Draco pour aller lui-même dans le frigo prendre une petite bouteille d'eau minérale.
-Alors ? dit Draco en vidant le carton de lait dans sa tasse. Il paraît que tu as visité l'entreprise aujourd'hui ? Tu as aimé ?
- C'était génial. J'y retourne demain. Et toi ?
- Quoi moi ?
- Tu as aimé ce que tu as fait aujourd'hui ?
Draco le fixa, perplexe et légèrement suspicieux.
-J'ai fait mon travail, dit-il. Et oui, j'ai aimé ça.
- Hm. Et c'est quoi ton travail au juste ?
- Je suis un spécialiste de la propriété intellectuelle. Je suis en train d'établir les brevets pour la fabrication du nouveau balai de Potter Corp.
- Hm.
- C'est quoi le problème ? s'agaça Draco.
James ne répondit pas tout de suite, se contentant de boire tranquillement son eau.
-Je t'ai vu cet après-midi, dit-il finalement.
- Et ?
- Tu flirtais avec un des chefs-techniciens.
La mâchoire de Draco se contracta imperceptiblement.
-Je pourrais le dire à mon père, ajouta James.
- Serait-ce de l'intimidation ? se moqua Draco.
Vexé de ne pas être pris au sérieux, James pinça les lèvres, préparant une réplique bien sentie.
-Va raconter à ton père tout ce que tu veux… ça lui est égal, le coupa Draco. Il n'y a aucune exclusivité entre nous.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire, petit ignorant, qu'il fait ce qu'il veut de sa vie et moi de la mienne. Et que rien de tout cela ne te regarde.
- Il s'agit de mon père, ça me regarde !
- Voyez-vous ça ? rigola Draco ouvertement. Et depuis quand les sentiments de ton père t'importent ? Je croyais qu'il n'était qu'une pédale qui te faisait honte ?
James serra les poings sous l'effet de la colère.
-Pourquoi tu es avec lui ? finit-il par demander, les dents serrées.
- Je te le répète : ça ne te regarde pas.
- Les autres, c'était facile, continua James sans égard pour la réponse de Draco. Ils étaient avec lui pour son argent et pour sa célébrité. Toi, on voit bien que tu t'en fous de l'un comme de l'autre.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Ton attitude. La manière dont tu lui parles. Les autres étaient tellement… lèches-cul, c'en était écœurant. Toi, tu es différent. Du coup, je me demande pourquoi tu es avec lui.
- Je pourrais te répondre mais je crains que tes chastes petites oreilles de gamin ne soient pas prêtes à entendre ce que j'ai à dire…
- Je ne suis pas un gamin !
Draco toisa l'adolescent de haut en bas. Il lui faisait pitié avec ses grands airs et sa morgue à deux noises. Exactement comme lui au même âge.
-C'est bon, j'ai compris… t'es avec lui pour le sexe, c'est ça ?
Malgré la façon volontairement provocante dont il avait dit ça, le visage de James était rouge d'embarras.
-Eh bien ? Tu n'as rien à dire ? insista-t-il.
James fusillait Draco du regard. Même dans la pénombre, ses yeux brillaient d'une rage contenue.
-Que veux-tu que je te dise de plus ? Tu as tout compris apparemment, répondit Draco avec nonchalance.
- C'est… vraiment la seule raison ?
Draco haussa un sourcil. Il s'était attendu à une réaction virulente, outrée, à des mots durs. Pas à cette question.
-Non, dit-il. Mais c'est la meilleure. Et la seule qui ait un sens.
- Mon père n'est pas comme ça.
Draco ne put s'empêcher de rire.
-Qu'est-ce que tu sais de ton père ? Tu le vois trois fois par an, et encore… et tu crois le connaître ? Quand as-tu discuté avec lui d'autre chose que de Quidditch ? Quand t'es-tu intéressé à ce qu'il a vécu ? Alors, ne viens pas me faire la leçon, tu veux ? Tu ne sais rien de lui.
- Peut-être… mais je sais qu'il t'aime, lui. Il me l'a dit.
Pour le coup, Draco resta sans voix. James n'attendit pas de réponse. Il tourna les talons et grimpa rapidement l'escalier qui menait à sa chambre.
Un sentiment étrange s'empara de Draco. Quelque chose qu'il ne ressentait pratiquement jamais. La culpabilité.
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Harry ouvrit un œil en entendant du bruit dans la chambre. L'instant d'après, il sentit un corps se coller contre lui avec urgence.
-Draco ? marmonna-t-il. Ça ne va pas ?
- Ça va. Désolé de t'avoir réveillé.
Il voulut se retourner mais les bras de Draco autour de lui l'en empêchaient.
-Tout va bien, entendit-il murmurer.
Harry se laissa aller à cette étreinte et se rendormit aussitôt, inconscient du trouble dans le coeur de Draco.
A suivre...
