DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.
Rating : M
Genre : romance / slash / Yaoi
Bonjour tout le monde !
Merci pour vos nombreuses reviews sur le chapitre précédent ! Concernant la publication, vous êtes plus nombreux à préférer deux chapitres le samedi afin d'avoir plus d'histoire à lire en une fois ! A partir de la semaine prochaine, je reprends donc mon rythme de deux chapitres par samedi.
Bonne lecture !
Chapitre 14 – Everywhere I go
« Danger will follow me now everywhere I go
Angels will call on me and take me to my home
Well, this tired mind just wants to be led home »
(Lissie)
30 octobre 2014 – Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
-C'est ce matin que tu vas à Manchester ? demanda Harry en se versant une tasse de café.
La bouche pleine de toast à la confiture, Draco se contenta d'acquiescer en hochant la tête, le nez plongé dans le Daily Prophet.
-Tu m'appelleras sitôt que c'est terminé ?
- Hm hm, dit encore Draco.
- J'aurais voulu t'accompagner mais je n'ai aucune solution pour les enfants. Hermione a des rendez-vous toute la journée et Molly doit accompagner Arthur à Sainte-Mangouste pour des examens médicaux. Je resterai certainement avec eux à la maison… à moins qu'on aille au Zoo de Londres… mais ce n'est pas grave, tu pourras me joindre quand même.
- Potter…
- Ceci dit, j'aurais peut-être pu demander à ce qu'ils passent la journée chez l'un ou l'autre copain mais…
- Potter ! s'écria Draco. Je n'ai pas besoin que tu sois là ! On s'en sortira très bien Théo et moi… c'est notre boulot ! Alors arrête de stresser comme ça, tu me donnes des crampes d'estomac.
- Désolé… c'est juste que… je suis un peu anxieux…
- Non tu crois ?
Draco replia le journal et termina son café.
-Bon, je vais y aller. A plus tard.
- Tu seras là pour le départ des enfants ? demanda Harry alors que Draco rangeait quelques documents dans son attaché-case.
- Leur départ ? Quand ça ?
Il releva la tête avec étonnement.
-J'ai reçu le courrier hier, dit Harry en prenant un parchemin sur le dressoir. L'épidémie est totalement enrayée et le Château rouvre dès cet après-midi. Le retour des élèves est programmé toutes les dix minutes afin d'éviter les embouteillages dans les cheminées. Albus et James partent à 18h20.
- Je ne suis pas sûr d'être là, dit Draco en enfilant son manteau en cachemire couleur tabac. Mais peu importe. Ce sont tes gosses, pas les miens.
- Oui mais ils t'apprécient. Surtout Albus. Je pense que ça lui ferait plaisir de te dire au revoir.
- Harry, arrête de te convaincre que tes gosses en ont quelque chose à foutre de moi. Ce n'est pas le cas.
- Tu te trompes… Ils…
- Tu les salueras de ma part. Maintenant, il faut vraiment que j'y aille si tu veux que j'arrive à l'heure à Manchester pour botter le cul de ton concurrent de malheur.
- Ouais, ok. A plus tard alors. Tu m'appelles hein ?
La réponse peu courtoise de Draco fut perdue dans le craquement du transplanage.
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30 octobre 2014 – Banlieue de Manchester
-Tu es certain que c'est ici ? demanda Théo.
- Avançons, nous verrons bien, répondit Draco.
Histoire de ne pas se faire repérer, ils avaient tous les deux transplané dans une petite ruelle peu engageante à une centaine de mètres du lieu de rendez-vous. Ils étaient dans une petite zone industrielle comme il y en a des dizaines autour des grandes villes, et Manchester en particulier. Sauf que celle-ci ne semblait pas débordante d'activité.
Ils se mirent en mouvement, s'attirant immédiatement les regards des quelques passants. Il faut dire que leurs luxueux vêtements ne les aidaient pas à passer inaperçus.
-Pfff… J'ai l'impression qu'ils en veulent à ma vie, soupira tragiquement Théo.
- Ils en veulent surtout à ta paire de pompes à cinq cents livres sterling.
- Tu crois ?
- Mais non, idiot. Allez, fais pas ta chochotte et avance.
- Avance, tu en as de bonnes, toi ! Tu ne sais même pas où se trouve cette entreprise !
- En tout cas, c'est la bonne rue, dit Draco en pointant le doigt vers une plaque située en hauteur.
Ils continuèrent leur chemin, passant devant une succession de hangars et d'entrepôts. Plusieurs d'entre eux étaient clairement à l'abandon.
-Excusez-moi, dit Draco en arrêtant un ouvrier qui marchait la tête basse et le pas pressé.
- Mais t'es pas bien ? souffla Théo. Ne leur parle pas !
- Excusez-moi Monsieur, répéta Draco sans tenir compte de la remarque de son ami. Nous cherchons la société… BroomBroom.
L'homme haussa les épaules.
-Connais pas, lâcha-t-il en continuant sa route.
- Pour le coup, c'est toi l'idiot, dit Théo. C'est un moldu. Comment veux-tu qu'il connaisse l'existence d'une société sorcière ?
- Ta gueule Nott… au moins j'essaye de…
- Vous cherchez quoi ?
La voix provenait d'un homme, petit et râblé, qui se tenait à quelques pas d'eux. Les mains dans les poches d'un blouson crasseux, il chiquait quelque chose d'indéfinissable, dévoilant à intervalles réguliers, des dents jaunies et gâtées.
Draco ravala une grimace de dégoût et afficha un visage neutre.
-La société BroomBroom, 566 Hamilton Road.
- Vous m'donnez quoi en échange ?
Il aurait dû s'en douter. Ce vaurien de moldu voulait lui soutirer du fric. Avait-il seulement de l'argent moldu avec lui ? Il porta la main à la poche intérieure de son manteau, à la recherche de son portefeuille. Dans la doublure de sa manche, il sentait la présence rassurante de sa baguette.
Sans quitter l'homme des yeux, il sortit de son portefeuille un billet de vingt livres sterling. Il supposait que ce serait suffisant pour se faire indiquer le chemin. Et si ça ne l'était pas, le moldu se retrouverait avec un sort entre les deux yeux.
-Tenez, dit-il en lui tendant le billet.
L'homme s'approcha et Draco put sentir un horrible relent de nicotine froide s'échapper de sa bouche. Ce n'était d'ailleurs plus une bouche mais un cendrier. L'espace d'un instant, Draco envisagea les ravages que le tabac pourrait faire sur ses dents blanches et parfaites. Avec horreur, il s'imagina avec des chicots noircis et une haleine fétide.
Il allait arrêter de fumer immédiatement, c'était décidé.
-Z'êtes pas dans la bonne rue, dit l'homme après avoir fait disparaître le billet dans sa poche. Ici c'est Hamilton Street.
- Et Hamilton Road c'est où ? demanda Théo avec impatience.
L'homme les regarda avec un air innocent. Draco soupira et sortit un deuxième billet qui disparut tout aussi vite que le premier.
-Juste là, dit l'homme en montrant le carrefour.
Il s'éloigna en riant grassement.
-Sale con, siffla Théo en prenant sa baguette. Il va voir ! Je vais le stupéfixer et on va récupérer ton fric !
- Laisse tomber, dit Draco avec nonchalance. Quarante livres de plus ou de moins, je ne verrai pas la différence.
- C'est de l'extorsion !
- Je t'ai dit de laisser tomber, ok ! J'ai pas envie de me retrouver à devoir expliquer aux flics moldus notre présence ici.
Théo rengaina sa baguette de mauvaise grâce. Ils arrivèrent à l'intersection indiquée par le moldu et prirent à droite dans Hamilton Road. Ils marchèrent une cinquantaine de mètres avant d'arriver devant le numéro 566.
L'aspect miteux de l'immeuble ne les étonna pas plus que ça. C'était le propre des bâtiments qui abritaient des activités sorcières. Ce qui était problématique par contre, c'était la porte entrouverte.
Après un coup d'œil à Théo, Draco sortit sa baguette et poussa le battant. Ils pénétrèrent dans un petit hall d'entrée où se trouvait un guichet d'accueil. Les lieux semblaient totalement déserts.
-Hominum revelio, dit Draco.
Il ne se passa absolument rien. Ils continuèrent leur progression en contournant le guichet et en suivant un long couloir. Ils ouvrirent chacune des portes pour constater que les bureaux étaient vides.
-Les fumiers, ils se sont tirés ! s'emporta Draco.
- Hm… je ne sais pas, dit Théo. J'ai plutôt l'impression que ces locaux n'ont jamais vraiment été occupés. Regarde la poussière qui s'est accumulée… il n'y a aucun mobilier ou presque…
Il fit un mouvement fluide de la main qui tenait sa baguette. Une très légère brume scintillante apparut au bout du couloir, s'échappant des interstices d'une double porte en fer.
-On a pratiqué de la magie derrière ces portes, s'exclama Théo.
Ils avancèrent résolument vers le fond du couloir. La double porte était verrouillée mais un simple alohomora suffit à l'ouvrir. Ils firent irruption dans une vaste pièce, meublée en tout et pour tout d'un petit bureau et d'une chaise. Quelques caisses en bois traînaient, éparses.
Théo fouilla le bureau sans succès. Les tiroirs étaient vides. Comme tout le reste de la bâtisse, semblait-il.
-Théo, viens voir, dit Draco qui était penché sur le contenu d'une des caisses.
- Tu as trouvé quelque chose ? dit-il en s'approchant.
Draco plongea la main dans la caisse et en retira un petit fagot de brindilles cassées.
-Qu'est-ce que c'est ?
- Les brindilles qui servent à la fabrication des balais.
- Tu crois ? C'est peut-être juste de la paille pour rembourrer les caisses…
- Non. Crois-moi, je connais tout des balais dorénavant. Ce n'est pas de la paille mais de très fines branches de peuplier. Les mêmes que celles utilisées sur les ThunderBird. Bien sûr, celles du ThunderBird sont assouplies et travaillées afin qu'elles ne cassent pas… Pas comme celles-ci, acheva-t-il d'un air dégoûté.
Théo fit le tour de la caisse et s'arrêta devant le côté opposé à Draco.
-En tout cas, nous savons maintenant que les contrefaçons ne sont pas fabriquées ici, dit-il en croisant les bras sur son torse.
Draco le rejoignit et put voir ce qui lui donnait cette certitude. Sur le bois était apposée une grande étiquette portant des caractères chinois rouge vif et en dessous « Shenzhen China ».
-Génial, maugréa Draco. Une usine de contrefaçons en Chine. Autant chercher un botruc dans un nid d'hippogriffe.
Théo examina chaque caisse. Elles étaient vides et provenaient toutes du même endroit.
-On a affaire à une société bidon, dit-il en refermant le couvercle de la dernière caisse. Ce hangar ne sert que de lieu d'assemblage et d'entreposage le temps que les produits soient écoulés sur le marché.
- Ces salauds se sont bien foutus de ma gueule ! dit Draco en donnant un coup de pied rageur dans une caisse. Merde !
- On devrait peut-être aller voir Edgerton…
- Leur avocat ? Même s'il sait quelque chose, il ne dira rien. Non, je préfère aller directement chez les Aurors. Viens, ne trainons plus ici… Théo ? Tu m'écoutes ? Théo ?
Ledit Théo était penché sur un baril en métal qui avait apparemment servi à brûler des papiers. Il en répandit le contenu sur le sol pour l'examiner de plus près.
-Théo ? Qu'est-ce que tu fous ? demanda Draco en s'approchant.
- Regarde ça.
Il tenait un morceau de parchemin triangulaire.
-C'est quoi ce bordel ? souffla Draco.
La plus grande partie du document était parti en fumée, mais l'essentiel était resté intact : la signature.
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Potter Corp., La City, Londres
-Miss Granger ? dit Jayanti, la secrétaire d'Hermione. Une dame demande à vous voir mais elle n'est pas sur le planning des rendez-vous.
- Alors qu'elle revienne un jour où elle aura rendez-vous !
- C'est qu'elle est… très insistante. Elle dit venir des Etats-Unis et n'avoir pas que ça à faire.
Hermione releva le nez de ses papiers, un air outré sur le visage.
-Elle ne manque pas d'air celle-là ! Dites-lui que je ne reçois personne et au besoin faites venir la sécurité pour la raccompagner à la porte.
- Je crains que ça ne serve à rien Miss Granger. Elle semble vraiment… déterminée.
Hermione connaissait bien sa secrétaire, pour l'avoir elle-même engagée. Et il n'était pas dans les habitudes de Jayanti Suresh d'être intimidée par un visiteur. Son doux visage à la peau couleur cannelle et aux yeux chocolat cachait un caractère bien trempé et un grand sang-froid.
-Cette personne a-t-elle au moins eu la courtoisie de se présenter ?
- Ce n'est pas nécessaire. Ne me dis pas que tu m'as oubliée Granger, dit une voix moqueuse depuis la porte.
Sans attendre d'y être invitée, la visiteuse entra dans le bureau, balançant négligemment son sac en python sur une chaise, ainsi que sa veste en vison noir.
-Parkinson ? dit Hermione, abasourdie. Mais qu'est-ce que tu fous ici ? Si c'est Malefoy que tu cherches, il n'est...
- Je verrai Draco plus tard. Si je suis ici, c'est apparemment pour te sauver les miches.
- Quoi ? Je ne comprends rien à ce que tu dis !
- Vous allez rester là longtemps, vous ? demanda Parkinson en se tournant vers Jayanti qui n'avait pas bougé d'un pouce. C'est une discussion privée. A moins que tu ne veuilles qu'on discute de tout ça devant ton personnel, rajouta-t-elle en regardant Hermione cette fois.
- Tout ça quoi ?
Pansy leva les yeux au ciel en soupirant lourdement.
-Par Salazar, ce qu'elle est cruche. Zabini, tu baisses sérieusement dans mon estime, murmura-t-elle.
- Blaise ? Mais que vient faire Blaise là-d… oh mon dieu. Mon procès. L'avocate. C'est toi.
- A ton avis, j'étais là pour quoi ? Juste pour le plaisir de prendre un café et papoter du bon vieux temps ?
Elle reporta à nouveau son attention sur la secrétaire.
-D'ailleurs, vous, au lieu de rester plantée comme un radis, rendez-vous utile ! Préparez le café. Je prends le mien avec du lait et deux sucres, dit-elle avant de s'asseoir dans un des fauteuils du petit salon d'angle.
Hermione soupira. Elle allait tuer Blaise, c'était certain.
-Miss Granger, dit Jayanti voyant que Pansy prenait ses aises. Et votre rendez-vous de dix heures ?
- Essayez de joindre la Présidente du Club des Harpies et demandez-lui si elle peut venir à 16 heures. Sinon c'est moi qui me déplacerai à sa meilleure convenance.
- D'accord. Et… pour le café ?
- Ne vous inquiétez pas de ça, Jayanti. Je suis sûre que si Miss Parkinson souhaite un café, elle est encore capable de faire fonctionner sa baguette. N'est-ce pas Pansy ?
Ladite Pansy se contenta de hausser les épaules. Hermione fit signe à Jayanti qu'elle pouvait s'en aller.
-Quand Blaise m'a dit qu'il fallait que je prenne un avocat encore plus retors que Maddy Hooper, je ne pensais pas qu'il faisait allusion à toi, commenta Hermione en s'asseyant face à Pansy.
- Personne n'est plus retors que moi Granger.
Hermione et Pansy se jaugèrent mutuellement durant quelques instants.
-Une chose est sûre, tu as changé, dit Pansy. Maintenant que tu n'as plus cette moquette en poils de lama sur la tête, t'es plutôt pas mal. T'es même carrément bien roulée !
- C'est le fait de mourir d'amour pour Malefoy qui t'a fait virer gouine, Parkinson ?
Le regard noir de Pansy brilla d'un éclat douloureux qu'elle tenta de cacher mais sans succès.
-Je suis désolée, dit Hermione, consciente que sa remarque était inutilement méchante. C'est…C'est juste qu'on n'a jamais été franchement amies toutes les deux… et…
- Et on ne le sera certainement jamais. Je ne suis pas là pour ça.
- Je n'ai pas demandé à ce que tu viennes. Personnellement, je suis très contente de ce que fait Théo. Il…
- Il t'a rendu ta gamine ? Il a fait en sorte que tu puisses la prendre chez toi ?
- Heu… non, pas encore… mais…
- Alors il n'y a pas de quoi être contente.
- Mais…
- Ne te méprends pas, continua Parkinson en voyant l'air outré d'Hermione. J'aime bien Théo et c'est un excellent avocat d'affaires. Mais le droit sorcier de la famille, c'est autre chose. On ne doit pas craindre de se salir les mains, de se rouler dans la boue et de frapper. Fort. Et parfois en traître.
- Et c'est ce que tu fais ?
- Exactement.
Hermione inspira lentement. Elle ne doutait pas un instant que Parkinson était capable des pires coups bas mais elle n'était pas certaine d'apprécier ce genre de méthodes. Pourtant, ces considérations s'évaporèrent bien vite quand elle se dit que c'était le seul moyen de récupérer sa fille.
-Bon. Blaise semble avoir confiance en toi. Alors je suis d'accord pour que tu me défendes.
- Ça ne marche pas comme ça Granger. C'est moi qui décide si je prends une affaire ou non.
- Mais… tu es là… c'est que…
- Je suis là parce que je veux entendre l'histoire de ta bouche et pas de celle de Blaise avant de prendre une décision. Donc, vas-y. Je t'écoute. Et je veux tout savoir, tu entends ? Pas seulement l'avortement. Tout.
Le regard perçant de Pansy dissuada Hermione d'enjoliver la réalité. Alors, elle raconta tout. L'avortement, le divorce, la multitude de relations éphémères. Elle parla aussi de sa relation avec Harry, du fait qu'ils avaient couché ensemble, qu'elle couvrait ses infidélités quand il était encore marié à Ginny, qu'il lui était arrivé d'aller à sa place chez son dealer lui acheter de la marijuana.
Pansy prenait quelques notes mais le plus souvent, se contentait d'écouter, le visage inexpressif.
Après plus d'une heure de discussion, le silence se fit entre les deux femmes.
-Et pour Potter ? Je suppose que c'est la Weasley qui a la garde des enfants, c'est ça ? demanda Pansy après un temps.
- Heu… oui.
- Potter, lui, a fini par obtenir un droit de visite quand ses enfants ont été en âge d'entrer à Poudlard.
- Oui… mais quel est le rapport avec…
- Et le nom de son juge, tu le connais ?
- Sullivan.
- Et le tien ?
- Marshall.
- Hm.
Pansy fixa son bloc-notes quelques secondes avant d'arborer un petit rictus.
-C'est exactement ça, murmura-t-elle.
- Quoi ?
- Quand dois-tu voir ta fille ?
- Ce samedi. Pourquoi ?
- Pour rien. Tu recevras un hibou cet après-midi.
- Quoi ? Mais à quel propos ?
- Tu verras bien. A bientôt Granger.
Elle se leva, ramassa son sac et son vison et quitta le bureau.
-Parkinson ! s'écria Hermione en la poursuivant jusqu'à la zone de transplanage. C'est quoi cette histoire ? Est-ce que tu me défends oui ou non ?
Pansy se retourna. Son sourire était maintenant machiavélique.
-Oh que oui !
Et sans crier gare, elle transplana.
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Ministère de la Magie
-Monsieur, deux avocats demandent à vous voir.
- Si c'est pour déposer une plainte, envoyez-les vers l'officier de service, dit l'homme tout en continuant à rédiger son rapport.
- C'est ce que j'ai fait mais ils veulent vous parler en personne. Ils disent que c'est extrêmement important.
- Hm… C'est toujours ce qu'ils disent... De qui s'agit-il ?
- Théodore Nott et Draco Malefoy.
Neville Londubat releva la tête, sa plume s'arrêtant à quelques centimètres du parchemin sur lequel une goutte d'encre s'écrasa silencieusement.
-Nott et Malefoy ? répéta-t-il.
- C'est ainsi qu'ils se sont présentés.
- Bien. Merci Officier Perkins. Faites-les entrer.
- Tout de suite Monsieur.
Le jeune homme quitta immédiatement le bureau. Quelques secondes plus tard, la porte se rouvrit sur les deux avocats. Neville se leva pour les saluer, un air circonspect sur le visage.
-Nott. Malefoy. Je suis étonné de vous voir ici.
- Nous souhaitons déposer une plainte au nom d'un de nos clients, dit Théo.
- Vous auriez pu vous adresser à l'Officier de garde. En quoi cela me concerne-t-il ?
- Cette affaire est trop importante pour être confiée à un clampin de base, répondit sèchement Draco.
- Ah. Je suppose donc que cette affaire importante concerne Harry ?
Draco haussa un sourcil, surpris.
-Ne sois pas si étonné Malefoy. Je lis la presse comme tout le monde. Les raisons de ta présence en Angleterre ne sont plus un secret pour personne.
- Peu importe, dit Draco pour couper court. Cette affaire concerne effectivement Potter.
- Bien, je t'écoute.
De la main, Neville désigna les sièges qui faisaient face à son bureau, invitant ses visiteurs à s'asseoir. Lui-même reprit place dans son large fauteuil et croisa les mains devant lui.
-Il nous faut commencer par le début, exposa Draco.
Avec concision, il expliqua à l'Auror qu'un concurrent se livrait à de la contrefaçon des balais ThunderBird, la teneur de l'expertise judiciaire et surtout la découverte que le concurrent était en possession des formules secrètes d'assemblage. Il parla également de l'accord qu'ils devaient conclure ce matin : Potter Corp. renonçait à réclamer des dommages et intérêts si le concurrent avouait comment il était parvenu à obtenir les plans et les formules du balai.
-Laissez-moi deviner, intervint Neville. Ce matin, vous vous êtes présentés au siège de la société et les lieux avaient été désertés ?
- Disons que les lieux n'ont jamais réellement été occupés, indiqua Théo. Excepté une pièce à l'arrière du bâtiment qui a apparemment servi de lieu d'assemblage et d'entreposage. Nous y avons trouvé des caisses provenant d'une ville en Chine.
- Tu ne sembles pas étonné, dit Draco.
- Non, en effet, convint Neville. C'est courant comme façon de faire. Ils ont déménagé leur business ailleurs et changé le nom de la société. Si vous voulez mon avis, ça ne sert à rien de courir après eux. Ce qui compte, c'est trouver qui a bien pu voler les plans et les formules de Harry.
- Nous avons un suspect, dit Draco.
- Oui… heu… en tout cas, un élément d'investigation, précisa Théo, moins catégorique.
Draco sortit de sa poche un morceau de parchemin.
-Nous avons trouvé ceci sur place, dit-il en le remettant à Neville.
L'Auror ne dit rien mais son visage se ferma complètement.
-Tu comprends maintenant pourquoi nous ne pouvions pas évoquer cette affaire avec le premier venu, dit Théo.
- Oui, je comprends, admit Neville. Mais ce morceau de parchemin ne prouve rien en soi.
- Rien ? s'emporta Draco. Dis-moi alors comment et pourquoi un parchemin portant la signature de Ronald Weasley, Directeur du Département des Sports Magiques, s'est retrouvé dans ce hangar appartenant à une société bidon ? Société indiscutablement impliquée dans la contrefaçon des ThunderBird !
- Calme-toi Malefoy, réagit Neville. Je dis que cela ne prouve rien en soi, je ne dis pas que je ne vais pas essayer d'en savoir plus.
Draco souffla rageusement.
-Essayer ? Tu as intérêt à faire mieux qu'essayer Londubat !
- Draco… tempéra Théo.
- Tu as seulement une idée de ce que son entreprise représente pour Harry ! Il a racheté un petit commerce médiocre qui ne valait rien du tout et il en a fait un fleuron de l'industrie britannique du balai ! Une entreprise qui vaut des millions de gallions ! Et ça grâce à des plans, des formules et des sorts uniques au monde ! Cette entreprise, c'est sa vie Londubat ! CE CONNARD DE WEASLEY MERITE QUE JE LUI ARRACHE LES DENTS PAR LE TROU DU CUL POUR CE QU'IL A FAIT !
Neville ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire devant tant de véhémence.
-Malefoy, dit-il calmement. A ce stade-ci, nous ne savons rien de ce que Ron a fait ou pas, ni de quelle manière il est impliqué. Mais je te promets que s'il est l'instigateur de ce vol, je me ferai un plaisir de t'aider à lui arracher les dents.
- Tu… tu vas enquêter ? demanda Draco, beaucoup plus doucement.
- Bien sûr que je vais enquêter !
Un soulagement sans nom se lut sur le visage de Draco.
Neville prit dans son armoire un sac en plastique, estampillé « pièces à conviction » et y glissa le morceau de parchemin.
-Je vous demanderais à tous les deux de ne parler de ceci à personne, reprit l'Auror. Et surtout pas à Harry. S'il sait que Ron est peut-être impliqué, le connaissant, il va débarquer ici pour le confronter…
- Mais il faudra bien que je lui dise quelque chose, dit Draco… Comme il est là, je suis sûr qu'il fait les cents pas en attendant mon appel ! Qu'est-ce que je vais pouvoir inventer ?
- Tu ne dois rien inventer du tout. Dis-lui la vérité, dis-lui même que Nott et toi êtes venus déposer plainte. Mais ne parle pas du parchemin.
Draco hocha la tête. Théo et lui se levèrent ensuite pour prendre congé.
-Je présume que tu y trouves à redire ? dit subitement Draco.
- A redire sur quoi ?
- Potter et moi.
- Tu présumes mal. Crois-le ou non mais j'ai été un des seuls à conseiller à Harry de bien réfléchir avant de s'engager avec Ginny.
- Tu savais ? s'étonna Théo.
- Qu'il était homosexuel ? Nous le savions tous. Ou du moins, on s'en doutait.
- Et personne n'en a parlé avec lui ?
- Non… Dean et Seamus estimaient que ce n'était pas leurs affaires. Ron, lui, ne voulait pas l'encourager dans cette voie. Ginny était désespérément amoureuse de Harry et lui semblait bien l'aimer aussi. Ron a pensé que ça suffirait pour qu'il… change.
- Mais toi, tu n'étais pas de cet avis, c'est ça ? demanda Draco.
- Je pense que Harry aimait sincèrement Ginny. Il aimait son caractère, sa joie de vivre, sa force… L'épouser, lui faire des enfants… c'était dans l'ordre des choses.
- Mais ?
- Harry s'est convaincu qu'il était amoureux d'elle. Pour se cacher à lui-même qu'il était littéralement obsédé par une autre personne.
Neville fixa Draco avec une acuité particulière. A ce moment, les propos que Ginny lui avait tenus au téléphone quelques jours plus tôt, refirent surface.
Tout ça, c'est de ta faute ! Il n'y a jamais eu que toi ! S'il n'avait pas été obsédé par toi, rien de tout ça ne serait arrivé !
-On compte sur toi, Londubat, dit Draco en lui tendant la main.
- Je ferai tout ce que je peux pour tirer cette affaire au clair, répondit l'Auror en serrant la main en retour.
Il raccompagna les deux avocats à la porte.
-Malefoy, dit-il avant que Draco ne s'en aille. Moi aussi, je compte sur toi.
Draco fronça les sourcils, pas certain de ce que Neville voulait dire.
-Harry en a sérieusement bavé ses dernières années. Il n'a eu aucune relation sérieuse depuis son divorce parce qu'il s'est désinvesti émotionnellement de tout le monde, excepté Hermione et ses enfants. Tu peux faire en sorte que ça change.
Le premier réflexe de Draco fut la crispation. C'était le genre de propos qui le mettait sur les nerfs. Pourtant, contrairement à son habitude, il ne lâcha aucune remarque cinglante.
-Tu te trompes, dit-il avec un petit rire désabusé. Je n'ai pas ce pouvoir.
- Bien sûr que si. Toi seul le détiens.
Sur ces paroles lourdes de sens, Neville fit un bref signe de tête et regagna son bureau.
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Ministère de la Magie, Département de la Protection de l'Enfance
-C'est pourquoi ?
La voix nasillarde et agressive de la petite employée tout juste majeure indisposa Pansy au plus haut point.
-On ne dit pas « c'est pourquoi ? », dit-elle d'un ton sec, mais « c'est à quel sujet ? ». Et avant cela, on dit « bonjour ».
- Bonjooour. C'est à queeeel sujeeeet ? singea la jeune fille.
- Je souhaite rencontrer l'assistante sociale qui gère le dossier Granger-Weasley.
L'employée consulta un registre, tournant les pages et déplaçant son doigt sur les colonnes avec une lenteur exagérée. Elle prenait un malin plaisir à prendre son temps.
-Vous le faites exprès ? demanda Pansy, à bout de patience.
Pour toute réponse, Pansy eut droit au bruit humide d'une féroce mastication de chewing-gum, ce qui décupla son énervement. Elle détestait être ignorée de la sorte.
Du coin de l'œil, elle vit approcher une femme grande et sèche, à l'air revêche, qu'elle supposait être la responsable du service. Cette donzelle mal élevée allait savoir ce qu'il en coûte de se moquer d'elle.
-C'est dommage que votre cerveau ne soit pas aussi énergique que votre mandibule, chuchota Pansy avec un grand sourire.
- Gné ?
- Votre mandibule, répéta Pansy. Votre mâchoire, si vous préférez… qui fait qu'en ce moment précis vous ressemblez à un ruminant. Une vache quoi.
Comme elle s'y attendait, la gamine réagit au quart de tour.
-Ho ! Elle a un problème la vieille ? T'as la moule ensablée ?
- Je vous demande pardon ? susurra Pansy.
- Parce qu'avec la tête que t'as, t'as plutôt l'air de sucer les bites à crédit !
- BRENDA !
L'employée sursauta et se retourna vivement pour voir avec horreur sa patronne la fusiller du regard.
-Dans mon bureau, siffla-t-elle. Tout de suite.
- Mais M'dame… Je…
- J'ai dit : dans mon bureau.
La nommée Brenda se leva et après avoir lancé un regard venimeux à Pansy, quitta son poste.
-Je suis mortifiée par ce qui vient de se passer Madame. Nous participons à un programme de réinsertion de jeunes délinquants en leur permettant d'obtenir un premier emploi. Malheureusement beaucoup d'entre eux n'ont pas reçu l'éducation qui convient et ne connaissent pas les limites que nous impose la bienséance en société. C'est tragique.
- Hélas oui, dit Pansy avec emphase. Mais ne soyez pas affligée… tout ceci n'est en rien votre faute.
La femme sourit avec bienveillance.
-Je suis Greta Schmidt, chef de service. Que puis-je faire pour vous Madame ?
- Mon nom est Pansy Parkinson. Je suis l'avocate de Miss Hermione Granger. J'aurais souhaité rencontrer l'assistante sociale qui gère le dossier de Rose Weasley, la fille de Miss Granger.
- Oh, il s'agit de Mrs Bennett. Laissez-moi vous conduire à son bureau.
En suivant Greta Schmidt dans le couloir sombre, Pansy se demanda comment il était humainement possible de travailler dans un endroit aussi déprimant. Elle avait décidément hâte de retrouver la luminosité de son bureau new-yorkais.
Greta frappa deux petits coups à la porte d'un bureau et entra sans qu'on l'y invite.
-Helen, voici Maître Parkinson. Elle souhaite discuter avec vous du dossier Granger-Weasley. Je vous laisse. Bonne journée Miss Parkinson.
- Merci.
Pansy se tourna vers l'assistante sociale, une petite bonne femme grassouillette qui semblerait sans doute moins boulotte si elle achetait ses vêtements une taille au-dessus.
-Que voulez-vous savoir ? attaqua directement Mrs Bennett.
Avisant l'air hostile de son interlocutrice, Pansy comprit qu'elle devrait la jouer finement.
-Pardonnez-moi de vous déranger, commença-t-elle avec un sourire affecté, mais voyez-vous, je viens d'être engagée par Miss Granger pour m'occuper de ce dossier. Ma cliente m'a déjà donné sa version de l'histoire mais… comment dire ? Les clients nous mentent, c'est bien connu… ou alors ils dissimulent certaines choses… Alors, je me disais qu'il était plus raisonnable que je vienne vous voir afin de disposer d'un compte-rendu plus… objectif. Vous comprenez ?
- Bien entendu ! s'exclama Mrs Bennett, soudainement bien mieux disposée à l'égard de l'avocate. Je serai ravie de vous aider.
Sur ses mots, l'assistante sociale ouvrit un tiroir duquel elle extirpa un dossier épais de quelques centimètres.
-Les visites sous surveillance entre ma cliente et sa fille ont débuté il y a six ans, c'est cela ? demanda Pansy en ouvrant son propre dossier.
- Cinq ans et quatre mois pour être précis, répondit Mrs Bennett en pointant du doigt la date d'ouverture du dossier.
- Les visites se déroulent en présence de vous-même et d'une autre assistante ?
- Oui, Miss Tanner ou bien Mrs Ross.
- Elles ont toujours eu lieu ici ? Une fois par mois ?
- C'est exact.
Pansy consulta ses notes en fronçant les sourcils, semblant soudainement embarrassée.
-Je suis désolée de vous demander cela, dit-elle en baissant la voix. Je sais que vous n'êtes pas censée me donner votre avis… mais… que pensez-vous de cette affaire ?
Mrs Bennett s'agita nerveusement sur son siège.
-Je suis tenue à un devoir de réserve, dit-elle avec une raideur qui dissimulait mal son désir de donner son opinion.
- Je comprends, soupira Pansy. C'est juste que… enfin… c'est tellement… enfin, bref. Je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise.
Mrs Bennett expira brièvement, regardant à droite et à gauche comme si elle pouvait être entendue d'une tierce personne. Puis d'une voix de conspiratrice, elle lâcha :
-Si vous voulez mon avis, votre cliente ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Ce qu'elle a fait à son pauvre bébé, à son mari, c'est…
Un claquement de langue aussi désapprobateur qu'éloquent ponctua le propos.
Pansy lui rendit un sourire factice.
-Pourriez-vous me communiquer les rapports d'incidents ? demanda-t-elle.
- De quels rapports parlez-vous ?
- Il n'y a jamais eu d'incident durant les visites de ma cliente ?
- Pas à ma connaissance.
- Hm… vous voulez dire qu'en cinq ans et quatre mois de visites sous surveillance, il n'y a pas eu le moindre problème ?
- Absolument ! Où voulez-vous en venir ?
Le sourire de Pansy se fit carnassier. Les choses sérieuses allaient commencer.
-S'il n'y a eu aucun incident, pourquoi aucun dispositif de surveillance externe n'a encore été mis en place ?
- Je… quoi ? Mais… Elle n'a pas… Ce n'est pas… Je ne vois pas de quoi vous parlez.
- Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire, alors. Loi sorcière sur la protection de la famille et des mineurs. Section VI, organisation des visites sous surveillance. Article 96.4 : « si après 18 mois de visites sous surveillance, aucun rapport d'incident n'a été établi par l'assistant social chargé du dossier, la visite encadrée dans les locaux du Ministère est remplacée par un dispositif de surveillance externe, permettant au parent bénéficiaire de rencontrer l'enfant dans tout autre endroit établi dans un périmètre d'un kilomètre autour des locaux du Ministère et hors la présence d'un assistant social ». Je repose la question : pourquoi ce système n'a-t-il pas encore été mis en place ?
- Hm… Il… Miss Granger n'a fait aucune demande en ce sens…
- Eh bien, considérez qu'elle le fait aujourd'hui.
Mrs Bennett recommença à s'agiter sur son siège.
-C'est-à-dire que… c'est un peu délicat… Monsieur Weasley n'a pas donné son accord… et…
- Relisez la loi. L'accord de l'autre parent n'est en aucun cas requis.
- Ecoutez… c'est...
- Non ! C'est vous qui allez m'écouter ! asséna Pansy. Vous allez établir immédiatement un parchemin au nom de ma cliente l'informant que lors de sa prochaine visite, soit ce samedi 1er novembre, elle pourra emmener sa fille où bon lui semble dans la limite du périmètre autorisé par la loi. C'est clair ?
Devant l'air buté de l'assistante sociale, Pansy poursuivit.
-Qu'est-ce que vous attendez ? Vous voulez que j'aille chercher votre supérieure et que je la mette au courant de vos manquements ? Du fait que vous avez délibérément omis de vous conformer aux dispositions légales ?
- Monsieur Weasley n'acceptera jamais que…
- L'avis de Monsieur Weasley n'a aucune importance.
- Ça, c'est ce que vous croyez, répliqua Mrs Bennett avec hauteur.
Elle prit néanmoins le formulaire adéquat qu'elle remplit rapidement. Une fois fait, elle le tendit à Pansy avec le plus grand dédain. Celle-ci s'en saisit avec le sourire.
-Une dernière chose, ma très chère Helen, dit Pansy d'un ton doucereux. Si jamais la petite Rose Weasley devait être absente au rendez-vous de ce samedi pour je ne sais quelle raison… je vous en tiendrai pour personnellement responsable.
- Hm… je ne sais pas ce que vous essayez d'insinuer mais…
- Je n'insinue rien, je vous mets en garde : vous sortez de ce bureau pour prévenir Weasley des nouvelles modalités de surveillance, et je veillerai à ce que votre carrière soit finie. C'est clair ?
- Ah oui ? Et comment, je vous prie ?
Pansy se contenta de plonger la main dans son sac et d'en extirper un petit boîtier rectangulaire. Elle pressa l'un des boutons et la voix de Helen Bennett se fit entendre.
« Si vous voulez mon avis, votre cliente ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Ce qu'elle a fait à son pauvre bébé, à son mari, c'est… ».
-Violation du devoir de réserve. Violation du secret professionnel… je continue ? dit Pansy en coupant l'enregistrement.
- Vous êtes abjecte ! cracha la petite bonne femme.
- Pas autant que vous.
Le visage déjà rougeaud de Mrs Bennett venait de virer au cramoisi. Pansy quitta le bureau en jubilant ouvertement.
O°O°O°O°O°O°O
Ministère de la Magie, Grand Hall.
Draco et Théo sortirent de la cabine d'ascenseur, le cœur au bord des lèvres d'avoir été brinquebalés dans tous les sens.
-Tu crois que Londubat va tenir parole ? demanda Draco sombrement. Qui nous dit qu'il n'est pas déjà en train de mettre Weasley au courant de tout ?
- Sincèrement, je le crois intègre, dit Théo. D'après Blaise, il n'est plus aussi proche de Weasley qu'il ne l'était à Poudlard. Ils auraient eu un différend assez grave il y a quelques mois de ça.
- Mm… Je suppose qu'on a plus qu'à attendre qu'il nous donne des nouvelles.
- Nous n'avons pas le choix. Tu vas appeler Potter ?
- Je n'ai pas le choix, soupira Draco.
Les deux hommes continuèrent leur chemin en silence vers le comptoir d'accueil pour récupérer leurs baguettes magiques. Devant eux, se tenait une silhouette familière.
-Pansy ? demanda Draco.
La jeune femme se retourna et sourit en reconnaissant ses deux amis.
-Hé ! Salut vous deux !
- Mais bon sang que fais-tu ici ? demanda Draco.
- Tu n'es pas le seul à devoir venir au secours d'un Gryffondor en détresse.
- Quoi ? Mais de quoi tu parles ?
- Je défends Granger.
- Oh tu as fini par accepter ! dit Théo avant que Draco ait pu dire quoi que ce soit.
- Oui. Tu es vraiment sûr que ça ne t'ennuie pas ?
- Certain ! Le droit de la famille n'a jamais été mon secteur de prédilection. Et puis, j'ai déjà suffisamment à faire avec Potter.
- Attendez un peu ! coupa Draco, énervé. Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qui se passe ?
Pansy résuma brièvement la demande de Blaise de s'occuper du dossier d'Hermione, leur rencontre de ce matin et les raisons de sa venue au Ministère.
-Mais si tu es ici, qui s'occupe du cabinet à New-York ?
- Personne. Je retourne à New-York ce soir. Contrairement à toi, je n'ai pas besoin de m'installer dans le lit de Granger pour la défendre correctement !
Théo regarda Draco accuser le coup sans broncher, amusé qu'elle parvienne toujours à lui clouer le bec de la sorte.
-Au lieu de raconter n'importe quoi, laisse-moi plutôt t'inviter à déjeuner, finit par dire Draco.
- D'accord. Mais seulement si je peux choisir le restaurant.
- Un endroit chic et cher je suppose ?
- L'Oblix.
- Rectification, soupira Draco. Très chic et très cher.
- Bon, je vous laisse tous les deux, dit Théo en riant. Draco, tu veux que je prévienne Harry ?
- Oui, je veux bien.
Théo s'en alla vers une cheminée en leur faisant un signe de la main.
O°O°O°O°O°O°O
L'Oblix, Southwark, Londres
Pansy et Draco était attablés le long de l'immense baie vitrée du restaurant.
Situé au 32ème étage du Shard, un building tout en verre en acier inauguré seulement deux ans auparavant, l'Oblix était un lieu cosy et élégant, qui donnait une vue imprenable sur la Tamise, la City et la Cathédrale St Paul.
-Et donc, te voilà en Angleterre et tu ne prends même pas la peine de me prévenir ? dit Draco, boudeur.
- Pour qui me prends-tu ? J'allais t'appeler en sortant du Ministère, répliqua Pansy.
Ils burent chacun une gorgée de leur Saint-Estèphe, tentant de dissiper une atmosphère curieusement embarrassante.
-Toi et Potter êtes très photogéniques, énonça Pansy.
- Tu as lu le Sunday Prophet.
- Oui.
Draco fit lentement tourner le vin dans son verre.
-Ça ne veut rien dire.
- Ça veut tout dire au contraire. Il t'aime ?
- Oui.
- Il te l'a dit ?
- Oui.
Pansy haussa un sourcil, ne masquant pas son étonnement.
-Hm… il a plus de cran que je ne le pensais. Et toi ?
- Quoi moi ?
- Ne joue pas au con.
- On couche ensemble, c'est tout.
- Donc tu ne l'aimes pas.
Draco ne répondit pas. Il garda les yeux obstinément fixé sur la robe rouge grenat de son Bordeaux.
-Donc, si je te demande de rentrer à New-York et de laisser quelqu'un d'autre s'occuper des affaires de Potter, tu accepteras ? reprit Pansy en picorant un morceau de son canard grillé au chutney de mangue.
- Je ne peux pas faire ça ! réagit vivement Draco.
- Et pourquoi pas ? Aux dernières nouvelles, tu as empêché la commercialisation du faux balai. Ton boulot est fait.
- Non ! Il faut maintenant trouver qui est derrière le vol des plans et des formules !
- Tu as déposé plainte chez les Aurors. Le reste n'est plus de ton ressort.
- Il y a encore le brevet du Cobra.
- Rien ne t'empêche de t'en occuper depuis New-York.
- C'est impossible…
- Pourquoi ?
- Parce que !
- Parce que quoi ?
- PARCE QUE JE VEUX RESTER AVEC LUI !
Son éclat de voix lui attira les regards réprobateurs des autres clients et des serveurs.
-Eh bien, au moins maintenant, les choses sont claires, dit Pansy.
- Ecoute… ce n'est pas ce que tu crois…
- C'est exactement ce que je crois, Draco. Tu es amoureux de lui. Et plus vite tu l'auras admis, mieux tu t'en porteras.
- Ce n'est pas aussi simple, souffla Draco.
- Arrête de te chercher des excuses. Tu n'es pas ton père.
Draco balaya l'argument d'un geste agacé.
-Ceci dit, je ne plaisante pas, dit Pansy. Il faut absolument que tu rentres à New-York.
Le ton anormalement sérieux de son associée mit immédiatement Draco en alerte.
-Que se passe-t-il ?
- Colin Tuckle.
- Oh non… ne me dis pas que ce connard a réussi à se planter dans un dossier de faillite !
- Il veut te poursuivre en justice.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Parce que je l'ai changé de département ?
- Il t'accuse de l'avoir harcelé sexuellement.
Draco posa un peu trop brutalement son verre sur la table.
-Quoi ? C'est une blague ?
- Si seulement. Il prétend que tu lui as fait des avances et que, comme il a refusé, tu l'as mis sur une voie de garage.
- Sale petit connard incapable ! Je vais le pulvériser comme une larve de doxy ! Non mais qu'est-ce qu'il croit ? Que moi, je dois m'abaisser à harceler une mocheté dans son genre pour coucher ? Je n'ai qu'à claquer des doigts pour que les plus beaux mecs m'offrent leur cul !
- Arrête Draco. Cette attitude ne nous aidera pas.
- Ah oui ? Et qu'est-ce qui nous aidera ?
- Pour l'instant, que tu reviennes à New-York. Si tu restes à Londres, tout le monde pensera que tu cherches à fuir.
- Si je rentre, je lui casse la gueule.
- Tu ne feras rien de tout. Nous allons tenter de trouver un accord.
Draco fixa Pansy, abasourdi.
-Un accord ? Tu as perdu la tête ? Conclure un accord reviendrait à admettre qu'il dit vrai !
Pansy baissa les yeux, triturant nerveusement le pied de son verre de vin.
-Pansy ? l'apostropha Draco. Pourquoi tu ne dis rien ? Tu… merde, ne me dis pas que tu le crois ?
- Non, Draco. Je ne le crois pas. Je sais que tu n'as pas fait ça.
- Mais alors… quoi ?
Elle soupira lourdement.
-Tu ne peux nier que tu as été particulièrement détestable avec Tuckle.
- Il est médiocre ! Il allait complètement ruiner mon dossier ! Je devais le féliciter peut-être ?
- Non. Mais le problème, c'est qu'il n'est pas le seul. Tuckle n'hésitera pas à rameuter tous les collaborateurs que tu as virés ou avec lesquels tu as eu des problèmes. Tu vas passer pour un tyran.
- Un tyran peut-être mais pas un harceleur sexuel !
- Draco… tu es tout ce qu'un jury déteste.
- Je…
Draco s'interrompit, soudain très las. Il passa la main dans ses cheveux.
-Quand dois-je rentrer ?
- Le plus tôt sera le mieux.
- Toute cette merde prendra combien de temps ?
- Aucune idée.
- Bon. Je partirai ce weekend.
- Pas avant ?
- Non. Je dois prévenir Harry et régler certaines choses avec lui concernant le brevet. Et puis… vu que je ne sais pas combien de temps je serai absent, je…
Il ferma les yeux en soupirant.
-Je voudrais passer un peu de temps avec lui.
- Tu l'aimes vraiment alors ?
Il fallut de longues secondes pour que Draco hoche doucement la tête.
-Tu n'as pas idée à quel point, souffla-t-il.
Pansy sourit tristement.
O°O°O°O°O°O°O
Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
Quand Draco passa la porte du salon un peu avant quatorze heures, il débarqua en plein chaos. Des bruits de tirs et d'explosion résonnaient dans toute la pièce, ponctués d'exclamations vindicatives et de cris de détresse.
Il s'accouda au chambranle, le temps de regarder Harry et ses fils, tous trois assis au bord du canapé, dans une position d'extrême concentration, agitant furieusement les commandes d'une manette de jeu vidéo.
A pas de loup, il s'approcha du canapé, et entoura les épaules de Harry de ses bras tout en l'embrassant dans le cou. La manœuvre déstabilisa Harry qui se fit lamentablement tuer par un Albus déchaîné.
-Bordel Draco ! A cause de toi, je suis mort !
- Langage, Potter. Tes enfants sont là.
- Mes enfants ? Des traîtres oui ! Ils m'ont assassiné sans pitié juste au moment où j'allais leur régler leur compte !
- Ah ! Dans tes rêves, P'pa ! se moqua James. Avec ou sans Draco, on allait te rétamer !
Harry bougonna pour la forme avant de se lever et d'aller embrasser Draco comme il se devait.
-Je croyais que tu rentrais tard, souffla-t-il tout contre sa bouche.
- J'en changé d'avis.
Draco s'écarta en souriant et alla à la cuisine se servir un verre d'eau.
-Alors ? Vous avez fait quoi aujourd'hui ? demanda-t-il en refermant la porte du frigo.
- On a regardé Le Hobbit et on a joué à Call of duty, énonça Albus. C'était génial !
- Et on a mangé des hamburgers ! ajouta James. Avec des frites.
- Bio ? ricana Draco.
James lui fit une grimace éloquente mais Draco vit qu'il n'était pas vexé pour autant.
-Ça vous dit de sortir un peu ? proposa-t-il.
- Ouais ! Où ça ? s'exclama Albus.
- Comme vous voulez… Harry, ce matin, tu pensais à une promenade au Zoo ?
- Oui, en effet. Vous en pensez quoi les enfants ?
- Moi je suis d'accord, dit Albus.
- Tu as réservé le zoo pour nous tous seuls ? demanda James en fronçant les sourcils.
- Heu… non.
- Alors, d'accord !
En voyant la réaction de James et repensant à la journée qu'ils venaient de passer, Harry dut admettre que Draco avait raison. Ses fils ne demandaient pas à être traités comme des princes mais seulement… comme des enfants. Des enfants qui avaient juste envie de passer du temps avec leur père parce qu'ils l'aimaient.
Il s'efforça de dissiper l'émotion qui lui étreignait le cœur en se tournant vers son cadet.
-Albus, tu devras laisser Shaka ici, dit-il. La présence des animaux du zoo risque de le perturber.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le reptile avait adopté Albus. Il ne le quittait pratiquement jamais, restant discrètement enroulé autour de son bras, de son poignet ou de son cou, profitant de la chaleur de celui qu'il appelait « son humain ».
Albus ne protesta pas et monta à l'étage déposer son précieux compagnon dans son terrarium. James le suivit pour prendre un pull et des chaussures.
-Tu as parlé à Théo ? demanda Draco quand les garçons furent sortis de la pièce.
- Oui. Il m'a tout expliqué.
- Je suis désolé.
- Tu n'y es pour rien. On s'est tous fait avoir.
- Ton copain Londubat a l'air de prendre l'affaire au sérieux.
- Oui, j'ai confiance en Neville. S'il y a quelque chose à trouver, il le trouvera.
- Tu as conscience que la première personne qu'il ira interroger, c'est Wilson ?
- Je sais, soupira Harry. Et je suis prêt à affronter les conséquences.
- Tu en sûr ?
- Tant que tu es avec moi, j'y arriverai.
Harry se rapprocha de Draco et lui enserra la taille.
-Merci d'être venu, souffla-t-il. J'avais besoin de toi.
- Harry…
- Je vais bien. Tu es là. C'est tout ce qui compte.
Draco ferma les yeux et serra Harry plus étroitement contre lui.
O°O°O°O°O°O°O
Zoo de Londres, Regent's Park
Malgré que le temps se soit considérablement rafraîchi, la journée était belle et lumineuse.
James et Albus couraient d'un côté à l'autre des allées pour observer les animaux. Ils commentaient, pointaient du doigt, s'extasiaient à tous propos.
Harry et Draco, eux, se promenaient à leur aise, les mains tendrement enlacées.
-Alors, dit Harry. Si tu m'expliquais la raison de tout ceci ?
- Tout ceci quoi ?
- Tu rentres tôt, tu proposes toi-même cette sortie en famille, tu me laisses te tenir la main en public…
- Ça ne te plaît pas ?
- Si, au contraire ! C'est juste que… ça ne te ressemble pas.
Draco ne répondit pas et Harry craignit de l'avoir vexé.
-Draco, dit-il en l'obligeant à s'arrêter. Je veux simplement te dire que je suis bien avec toi, quoi que tu fasses. Et je voudrais que ce soit pareil pour toi.
- Ça l'est, dit Draco. Je suis heureux d'être ici avec toi et tes enfants. Plus heureux que je ne l'ai jamais été.
Le ton sérieux sur lequel il avait prononcé ces mots, inquiéta immédiatement Harry.
-Draco, que se passe-t-il ?
Draco soupira. Il enlaça la taille de Harry et ils se remirent à marcher.
-Je dois repartir à New-York.
- Oui, bien sûr. Comme les autres fois. Où le problème ?
- Non, cette fois c'est différent. Je ne sais pas quand je pourrai revenir.
Harry se tendit imperceptiblement. Au fond de lui, il avait toujours redouté ce moment.
-Oui. J'imagine que ce n'est pas une bonne chose pour ton cabinet que tu sois resté absent si longtemps.
- Ce n'est pas le problème. Les affaires vont bien. J'arrive à gérer tout ça depuis Londres sans difficulté.
- Mais alors…
- On m'attaque en justice, Harry.
- Quoi ? Qui ?
- Un collaborateur. Il m'accuse de l'avoir harcelé sexuellement.
Harry s'arrêta brusquement. Il regarda Draco avec les yeux ronds avant de se mettre à rire.
-Par Merlin ! haleta-t-il. C'est la chose la plus ridicule que j'ai jamais entendue !
- Alors… Tu… tu me crois quand je te dis que je n'ai jamais rien fait de tel ?
- Te croire ? Bon sang, Draco ! Evidemment que je te crois ! Qui aurais-tu besoin d'harceler d'ailleurs ? Les hommes et les femmes se jettent littéralement à tes pieds !
Draco esquissa un petit sourire condescendant mais se reprit très vite.
-En attendant, je suis forcé de rentrer à New-York. Pansy estime que rester à Londres me donne l'air coupable.
- Elle n'a pas tort. Tu vas retourner là-bas et me faire le plaisir d'écraser ce tas de merde qui raconte n'importe quoi !
- Merci Harry. Merci de me soutenir.
- J'aimerais en faire davantage. Je pourrais venir témoigner s'il le faut !
- Et pour dire quoi ?
- Dire qu'un mec qui parvient à se taper Harry Potter n'a certainement pas besoin d'harceler sexuellement qui que ce soit !
Draco éclata d'un grand rire.
-Par Salazar ! Tu ne manques pas d'air Potter ! Depuis quand es-tu aussi prétentieux ?
- Ose me dire que tu ne prends pas un pied d'enfer avec moi, lui susurra Harry à l'oreille.
- Tu as raison, souffla Draco en retour. Tu es une bombe. Le meilleur coup qu'on puisse avoir.
- Et je suis à toi.
Harry ponctua son propos d'un baiser, doux et saturé de sentiments et qui lui valut quelques regards réprobateurs des passants.
-On va venir nous arrêter pour atteinte aux bonnes mœurs, dit Draco en le repoussant gentiment.
- Depuis quand tu en as quelque chose à foutre de l'opinion des hétéros bien-pensants ?
- Moi, j'en ai rien à foutre… mais pas tes enfants.
- Tu as raison, soupira Harry.
Ils s'écartèrent l'un de l'autre et continuèrent leur chemin.
-Tu pars quand ?
- J'ai un portoloin dimanche après-midi.
Si tôt, songea Harry. Puis il se fustigea mentalement d'être aussi égoïste. Il était normal que Draco ne veuille pas perdre de temps.
-Tu es sûr de ne pas vouloir partir plus tôt ? demanda-t-il finalement.
- Pressé de me voir dégager Potter ? répliqua Draco un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
- Non… je me disais seulement que c'était normal que tu veuilles arranger cette affaire au plus vite.
Draco se radoucit instantanément.
-Merci, dit-il en passant son bras autour de ses épaules. Mais non. Le brevet du Cobra est loin d'être prêt et je voudrais préparer un dossier que je pourrai emporter avec moi à New-York, histoire de continuer à travailler dessus.
- Hm… bien sûr. Le travail. Ta conscience professionnelle t'honore.
La pointe d'amertume dans la réponse de Harry n'échappa pas à Draco. Et ça lui fit mal. Parce qu'il avait blessé Harry.
-Ma conscience professionnelle n'a rien à voir là-dedans. C'est juste l'excuse que je me suis trouvée pour rester avec toi un peu plus longtemps…
Il n'aurait pu avoir plus belle récompense que le sourire de Harry à cet instant.
A suivre...
