DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.
Rating : M
Genre : romance / slash / Yaoi
Chapitre 16 – When I need you
« When I need you
I just close my eyes and I'm with you
And all that I so want to give you
It's only a heart beat away»
(Leo Sawyer)
7 novembre 2014 – Potter Corp., La City, Londres
Cinq jours.
Cela faisait cinq jours qu'il était parti et il n'avait pas appelé une seule fois. Harry retira ses lunettes et se massa les yeux en soupirant. Que pouvait-il attendre d'autre de la part de Malefoy ?
Aucun des deux n'avait évoqué l'étrange comportement de Harry après leur retour de chez Théo et Justin. Ils avaient passé la soirée du samedi ensemble, autour d'un repas préparé par Draco. Pour n'importe quel observateur extérieur, la scène aurait pu sembler romantique à souhait, surtout quand Draco avait soulevé Harry dans ses bras pour le transporter jusqu'à la chambre à coucher où ils s'étaient aimés jusque tard dans la nuit.
Le dimanche, ils l'avaient passé à paresser dans leur lit puis autour d'un brunch improvisé.
Finalement, l'heure du départ arriva bien trop vite au goût de Harry. Ils se retrouvèrent face à face devant la cheminée, un peu embarrassés.
-Tu vas me manquer, avait fini par murmurer Harry.
- Prends soin de toi, avait été la seule réponse de Draco.
Puis il l'avait embrassé. Un baiser long et doux, sans véritable effusion. Le même baiser qu'il lui donnait le soir avant qu'ils ne s'endorment. Harry voulait croire qu'il s'agissait-là de la manière pour Draco de lui dire qu'ils ne se quittaient pas vraiment, qu'ils se disaient simplement au revoir. Jusqu'à un lendemain indéterminé.
Harry soupira une fois encore. Il consulta sa montre. 11h50 à Londres. 6H50 à New-York. Qu'était-il en train de faire ? Sans doute son jogging dans Central Park. Ou bien était-il déjà à son bureau ? Inconsciemment, il avait repris son portable en main et jouait avec l'écran jusqu'à faire apparaître le numéro de Draco. Ce serait si simple de presser sur la petite icône verte… Jusqu'à présent, il s'y était refusé. Il ne voulait pas être celui qui ferait le premier pas. Mais la tentation était grande. Parce que le manque l'était tout autant.
-Monsieur Potter ?
La voix de sa secrétaire suspendit le geste de Harry.
-Oui, Peggy, dit-il en appuyant sur le bouton de l'interphone.
- Votre tailleur a appelé. Le smoking que vous avez commandé est prêt.
- Parfait. Pouvez-vous en prendre livraison et…
- Le déposer chez vous ? C'était prévu.
- Je m'en doutais, sourit Harry.
- Par ailleurs, je vous rappelle que vous avez rendez-vous avec Darius Lloyd au Pitiponk dans dix minutes.
- Merci Peggy. J'y vais de ce pas.
Voilà qui réglait le dilemme du coup de téléphone à Malefoy. Harry rangea son portable dans la poche intérieure de son veston. Il prit son manteau dans la penderie et se dirigea tranquillement vers la zone de transplanage.
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Ecole de Sorcellerie de Poudlard
« In the cauldron boil and bake,
Fillet of a fenny snake,
Scale of dragon, tooth of wolf,
Witches' mum… »
-Non, non, non ! Ça ne va pas du tout ! couina la voix du Professeur Flitwick. McLoed, c'est un la bémol sur « scale » et non un la ! Et vous, Evert, vous êtes à contretemps sur la deuxième phrase. Croche pointée double, quatre croches, noire pointée ! C'est pourtant simple comme rythme ! Fiiil-let of – a fen-ny-snaaaake, scanda-t-il en battant la mesure. Les altos, vous devez davantage articuler sinon on ne vous comprend pas. Allons, reprenons au deuxième couplet.
Il tapota sa baguette magique sur son pupitre et les instruments se remirent à jouer les quelques mesures précédentes.
« In the cauldron boil and bake,
Fillet of a fenny snake,
Scale of dragon, tooth of wolf,
Witches' mummy, maw and gulf,
Double, double, toil and trouble
Fire burn and cauldron bubble
Double, double, toil and trouble
Fire burn and cauldron bubble
Double, double, toil and trouble
Fire burn and cauldron bubble
Something wicked this way comes ! »
-Voilà qui est mieux mais nous sommes encore loin du compte, dit le petit bonhomme. Nous reprendrons mardi prochain à 17 heures. Bon appétit à tous.
Les élèves s'égayèrent dans la salle de répétition, ramassant rapidement leurs affaires, pressés de rejoindre la Grande Salle pour le repas de midi. Albus Potter allait faire de même quand il fut interpellé par le Professeur Flitwick.
-Monsieur Potter ! Pouvez-vous me dire pourquoi Monsieur Miller est à nouveau absent à cette répétition ? C'est la deuxième fois cette semaine.
- Je… hm… il… il a… renversé son chaudron de potion et… et il a dû tout nettoyer, mentit Albus.
- Vous avez conscience, Monsieur Potter, que je peux obtenir confirmation de cet événement auprès du Professeur Montague…
- Je…
Albus baissa la tête.
-Je ne sais pas où il est, Professeur, admit-il piteusement.
- Quand vous le verrez, dites-lui que s'il manque encore une répétition, il sera définitivement exclu de la chorale et que je me verrai dans l'obligation d'écrire à ses parents.
- Oui, Professeur.
- Et Potter… dites à Monsieur Miller que ce serait fort dommage de nous priver de son talent. Tout comme vous, votre camarade a une très jolie voix. Ce serait une perte pour la chorale de devoir le remplacer.
- Je lui dirai Professeur, répondit Albus en souriant.
Il aimait bien le Professeur Flitwick. Même s'il était sévère, il avait toujours un mot d'encouragement pour les élèves.
Il sortit de la classe et partit d'un pas rapide, en posant la main sur le ventre pour calmer les protestations de son estomac affamé. A l'intersection du couloir qui menait à la Grande Salle, il trouva Scorpius qui l'attendait.
-Scorpius ! Te voilà ! Flitwick n'était pas content que tu sois absent de nouveau ! Il menace de t'exclure de la chorale et d'écrire à tes parents !
- Je me moque de cette stupide chorale ! J'ai des choses autrement plus importantes à faire ! asséna-t-il avec hauteur.
- Ah oui ? Des choses trop importantes pour que tu puisses m'en parler ? s'énerva Albus. Même ton serpent refuse de me dire ce que tu fabriques !
- Tu as osé interroger Milo ? dit Scorpius en plissant les yeux de colère.
- Oui, je l'ai fait ! Parce que je m'inquiète pour toi ! Tu disparais pendant des heures, tu ne viens plus aux repas, tu manques le club d'échec et la chorale alors que tu adores ça ! Et moi je suis obligé de mentir pour toi !
- JE NE T'AI RIEN DEMANDE POTTER !
- EH BIEN TANT MIEUX ! DEBROUILLE-TOI TOUT SEUL MILLER ET SI TU TE FAIS RENVOYER DE L'ECOLE, CE SERA BIEN FAIT POUR TOI !
Albus dépassa l'autre garçon en lui donnant un rude coup d'épaule.
-ATTENDS ! cria Scorpius en le retenant par le bras. Albus, attends… je suis désolé ! Je ne voulais pas créer des problèmes et je te remercie de ce que tu fais pour moi. Je te promets de ne plus m'absenter.
Pour la première fois depuis le début de l'échange, Albus regarda vraiment son ami. Son teint déjà pâle d'ordinaire, l'était encore plus et ses yeux cernés comme s'il ne dormait plus depuis plusieurs jours.
-Scorpius, qu'est-ce qui se passe ?
- Rien. Je devais réfléchir… à certaines choses.
- Tu veux m'en parler ? Papa dit que les problèmes semblent moins graves quand on en parle à quelqu'un.
- Je… oui… Un jour. Pas tout de suite.
- Ok, dit Albus en haussant les épaules. Tu viens manger ? Je meurs de faim.
- Tu as vraiment un estomac à la place du cerveau Potter !
- Ouais, il paraît que j'ai hérité ça de mon oncle Ron.
Les deux garçons se remirent en route, Albus rêvassant à ce qu'il mettrait dans son assiette, Scorpius réfléchissant à ce que son ami venait de dire.
-Albus ? dit-il juste avant qu'ils n'entrent dans la Grande Salle. Tu penses qu'il a raison ?
- Qui ?
- Ton père. Quand il dit que les problèmes sont moins graves quand on en parle.
- Oui, je pense que oui. En tout cas, c'est que lui faisait avec tante Hermione et oncle Ron. Et vu toutes les bricoles dont ils se sont sortis tous les trois, ça marchait plutôt bien !
- Alors, j'ai quelque chose à te dire. Ou plutôt à te montrer.
- Ok, on mange et puis on ira se trouver un coin tranquille pour parler.
- Non, tout de suite.
Le ton mortellement sérieux de Scorpius inquiéta Albus.
-Tu as… C'est vraiment grave ?
- Je ne sais pas. Disons que j'ai fait une… découverte. Et que je ne sais pas quoi en penser.
- Une découverte ? Ça a un rapport avec l'endroit où tu disparais depuis des jours ?
- Oui. Je peux te montrer si tu veux.
Albus regarda son ami, les yeux brillants. Cette proposition eut raison des protestations de son estomac. Entre un repas ordinaire et une escapade dans les recoins inconnus du Château, qui plus est parfaitement contraire au règlement, le choix était vite fait.
-Allons-y !
Avec un grand sourire, Scorpius emmena son ami en courant au travers des couloirs.
Cependant, l'excitation d'Albus retomba comme un soufflé quand ils arrivèrent devant une porte bien connue.
-La bibliothèque ? dit-il, consterné. C'est ici que tu te caches depuis tout ce temps ?
- Ben oui, dit Scorpius, comme si c'était une évidence.
Albus soupira, déplorant déjà d'avoir raté le repas pour venir… ici. Scorpius, lui, ne se rendait compte de rien. Il slalomait entre les rayons jusqu'à arriver devant une petite grille qui servait de voie d'accès à une salle carrée et de taille moyenne.
-C'est quoi ici ? demanda Albus avec un regain d'avidité. Une section interdite ?
- Interdite ? s'étonna Scorpius. Pourquoi je t'emmènerai dans une section interdite ? T'es vraiment bizarre par moments, Potter.
Il poussa la grille et se dirigea immédiatement vers un rayon sur la gauche.
-Tu vas finir par me dire ce qu'on fait ici ? ronchonna Albus, que le manque de nourriture rendait grincheux.
- Regarde ça ! dit Scorpius en posant brutalement sur la table devant eux, un ouvrage relié contenant des photos sorcières.
Il posa le doigt sur la photo d'un petit garçon blond à l'air hautain, vêtu de l'uniforme aux couleurs de la Maison Serpentard.
-Ben quoi ? dit Albus en y jetant un coup distrait. C'est toi… le jour où on a pris les photos de classe. Tu… Tiens ? Je ne me souviens pas que tu avais mis du gel dans tes cheveux…
- Parce que ce n'est pas moi !
- Pas toi ? Mais… alors qui ?
Scorpius baissa le doigt sur le nom inscrit en-dessous de la photo. Draco Lucius Malefoy, première année, Maison Serpentard.
-Draco ? s'exclama Albus avec des yeux ronds. Tu es sûr ?
- Absolument. Ecole de Sorcellerie de Poudlard, année 1991, lut Scorpius sur la couverture en cuir.
- C'est dingue ! Il te ressemble comme deux gouttes d'eau !
- C'est plutôt moi qui lui ressemble.
- C'est fou, ça ! Mais alors, le gel dans les cheveux, ça craint vraiment ! Oh là là, je sens que je vais le chambrer avec ça la prochaine fois que…
- Tu ne trouves pas ça étrange qu'on se ressemble autant ? coupa Scorpius d'un ton dur.
- Heu… bof… c'est… je sais pas… Pourquoi ça te contrarie autant ?
Le garçon souffla avec exaspération puis alla prendre un autre volume sur l'étagère. Celui-là datait de l'année 1992. Scorpius tourna les pages jusqu'à trouver ce qu'il cherchait.
-Astoria Elisabeth Greengrass, Serpentard, dit-il en montrant la photo d'une jolie fillette aux longs cheveux bruns et aux yeux marron. Ma mère.
Il tourna une autre page.
-Archibald Edward Miller, Serdaigle. Mon père. Ils sont tous les deux entrés à Poudlard en 1992.
- Qu'est-ce que tu essaies de me dire ?
- Bon sang, Albus ! Ouvre tes yeux ! Tu trouves que je ressemble à mon père ? Ou à ma mère ?
- Heu…
Embarrassé, Albus fixait l'image d'un garçon déjà grand pour son âge, blond foncé, aux yeux noisette.
-Bah… c'est difficile à dire, tu sais… on ne ressemble pas toujours à ses parents autant qu'on le croit.
Exaspéré, Scorpius tourna rageusement les pages de l'album.
-Ah oui ? dit-il en montrant une autre photo, celle d'un jeune garçon aux cheveux ébène en bataille, dont les yeux verts étaient cachés par de petites lunettes rondes.
Albus regardait, abasourdi, la copie conforme de son visage, les lunettes en plus.
-Et ça vaut aussi pour James, continua Scorpius, sa voix partant dangereusement dans les aigus. Il a les cheveux auburn mais exactement le visage de votre mère.
Il croisa les bras sur sa poitrine et ferma les yeux pour tenter de faire refluer les larmes qui menaçaient de couler.
-Scorpius, tenta Albus avec douceur… Il y a peut-être une explication…
- Laquelle ? Comment deux personnes avec les yeux bruns peuvent-elle avoir un fils aux yeux gris ? Et ce blond tellement clair qu'il en paraît presque blanc ? D'où vient-il ? Hein ? s'emporta-t-il.
- Tu as peut-être un ancêtre avec ces yeux et ces cheveux-là ?
- Non. Il n'y a personne qui ressemble à ça dans ma famille. J'ai vérifié les portraits sur au moins trois générations.
Albus se recula, étonné.
-Quoi ? Mais quand…
- Pendant l'épidémie d'éclabouille.
- Mais… ça veut dire que…
- Oui. Je m'en suis douté dès que j'ai rencontré Monsieur Malefoy sur le Chemin de Traverse. Il a eu cette façon de me regarder comme s'il voyait un fantôme. Et moi… je… je l'ai senti. C'est difficile à expliquer mais c'est comme ça.
Scorpius déglutit difficilement.
-Alors, en rentrant chez moi, je… je me suis glissé dans le bureau de ma mère. Je savais où elle rangeait sa malle de souvenirs d'école et d'université. J'ai trouvé une photo d'elle et de Monsieur Malefoy prise dans un pub. Au dos, il était noté « New York, mai 2002 ». Onze mois avant ma naissance.
- J'ai lu dans l'Encyclopédie Sorcière Universelle qu'il faut neuf mois pour faire un bébé ! dit Albus d'un ton docte.
- Ça je le sais aussi… mais il se trouve qu'elle est restée à New York pendant six mois. Entre mai et octobre 2002.
- Oh.
Un silence pesant s'installa entre les deux garçons.
-Alors… alors tu crois que Draco est… ton père ? formula timidement Albus.
- Oui, je le crois. Et je crois qu'il est au courant aussi.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
Scorpius haussa les épaules.
-Je n'en sais rien. Mais une chose est sûre : il ne voulait pas de moi.
- Ne tire pas si vite de conclusion. Tu ne sais pas ce qui s'est passé.
- S'il voulait de moi, pourquoi m'avoir menti tout ce temps ?
Cette fois, Scorpius ne put retenir ses larmes. D'un geste impulsif, Albus le tira vers lui et l'entoura de ses bras.
-Chhhh… ça va aller, dit-il en tapotant le dos de son ami, secoué par de profonds sanglots.
- Il ne voulait pas de moi, répéta encore Scorpius. Il ne m'aime pas.
- S'il ne t'aimait pas, pourquoi t'a-t-il offert Milo ?
Scorpius se redressa. Il sortit de sa poche un mouchoir blanc et s'essuya délicatement les yeux et le nez. Albus eut un sourire en se disant qu'en toutes circonstances, son ami faisait preuve d'élégance.
Et comme s'il avait compris qu'on parlait de lui, Milo se déroula du poignet de Scorpius où il dormait paisiblement. Il remonta le long du bras du garçon et se lova dans son cou en sifflant doucement.
-Il dit qu'il a ressenti l'amour dans le cœur de l'humain aux yeux de Lune, traduisit Albus. Et qu'il ressent la même chose dans le tien.
Scorpius passa tendrement son doigt sur la tête de Milo.
-Je ne sais pas quoi faire Albus.
- Tu veux que j'en parle à mon père ? Il sait peut-être quelque chose.
- Non, ne lui dit rien. Je dois… je dois encore réfléchir.
- Comme tu veux.
Les garçons rangèrent les livres et sortirent de la bibliothèque.
-Scorpius Malefoy. Mon vrai nom, c'est… Scorpius Malefoy.
- Ça ne te va pas trop mal, dit Albus.
- Je vais me renseigner sur la famille Malefoy. A part le fait qu'ils sont très riches, je ne sais rien sur eux.
- Ça veut dire que tu vas encore disparaître des heures et manquer la chorale ? Et ne plus me parler ? acheva Albus d'une petite voix.
- Non, rien de tout ça, je te le promets.
Ils continuèrent leur chemin vers la classe de métamorphose où ils avaient leur prochain cours. Au grand dam d'Albus, ils avaient définitivement raté le repas de midi. Mais tant pis. Scorpius vivait quelque chose de difficile et il avait été content d'être là pour lui. Il était comme…
-Ça alors ! s'exclama Albus, en s'arrêtant net dans le couloir.
- Qu'y a-t-il ?
- Si Draco est ton père… et si Draco et mon père sont ensemble… ça veut dire… qu'on est des frères par alliance !
Scorpius haussa un sourcil.
-Hm… je n'avais pas vu ça sous cet angle. C'est bien, conclut-il en souriant.
Leur bonne humeur retrouvée, ils continuèrent à deviser gaiement sur leur nouveau statut fraternel.
-Au fait, dit Scorpius en changeant de sujet. Tu as vraiment consulté l'Encyclopédie Sorcière Universelle pour savoir comment on faisait les bébés ?
Albus rougit violemment.
-Je… heu… non… je suis tombé là-dessus par hasard…
- A d'autres. Tu peux me le dire à moi.
- Bah… j'étais curieux, c'est tout. Les filles sont pas faites pareilles que nous et du coup… je me demandais comment c'était.
- Et c'est comment ?
- Bizarre. Apparemment, c'est… creux.
- Comment ça, creux ?
- Ben d'après le dessin, elles ont une sorte de cavité dans leur ventre qui est reliée à une sorte de… tunnel, dont l'entrée est cachée entre leurs jambes, et dans lequel on est censé mettre notre… hm… quand… il est dur. Enfin, tu vois quoi.
- Oui, je vois. Et c'est tout ?
- Ouais, je crois.
Scorpius leva les yeux au ciel.
-Pfff… ça n'a rien d'extraordinaire, dit-il d'un air blasé. Tout le monde peut le faire. Je ne vois pas pourquoi ton frère et ses copains n'arrêtent pas de parler de ça comme si c'était le truc le plus incroyable qui soit !
- Sans parler des mystères qu'il fait là autour ! Quand j'ai voulu lui poser la question, il m'a remballé en se moquant de moi et en disant que j'étais trop petit « dans tous les sens du terme ». Quel idiot !
- Tu l'as dit. En tout cas, maintenant, on en sait autant que lui. Si pas plus, conclut Scorpius d'un ton supérieur.
Ils entrèrent tous les deux en classe, avec sur le visage l'air éminemment satisfait de ceux qui ont découvert comment marche le monde.
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Ministère de la Magie, Quartier des Aurors.
Neville Londubat jeta un œil aux différentes informations épinglées sur le mur en face de lui. Il n'avait pas vraiment avancé dans l'enquête sur le vol des plans du ThunderBird et ça le contrariait grandement.
-Une infusion de ravegourdes ?
Il leva les yeux vers celle qui avait parlé. Luna Lovegood lui tendait un gobelet rempli d'un liquide fumant et à l'odeur peu engageante.
-Non, merci. Je me contenterai de mon jus de chaussette habituel, répondit-il en portant sa tasse de café à ses lèvres.
- Tu as tort. Ça aiguise les méninges.
Contre toute attente, après Poudlard, Luna avait décidé de s'inscrire à l'Ecole des Aurors en même temps que Neville. Les mauvaises langues en avaient été pour leurs frais car elle s'était avérée très douée, pas tant pour les missions de terrain que pour les interrogatoires. Ses questions directes et parfois insensées déstabilisaient les suspects qui finissaient soit par lâcher une information capitale, soit par craquer tout simplement.
Neville l'avait fréquentée pendant plusieurs mois. Elle n'était pas la première fille dont il était tombé amoureux, Ginny Weasley ayant eu cet honneur, mais la première avec laquelle il avait eu réellement l'intention de construire sa vie. La Guerre était terminée, ils avaient l'avenir devant eux et cet avenir semblait rayonnant. Ce fut donc avec confiance qu'il avait présenté à sa grand-mère celle qu'il considérait déjà comme sa future femme.
Durant tout l'entretien, Augusta Londubat s'était montrée charmante, attentive et fort bien disposée à l'égard de la jeune fille. Mais sitôt après son départ, le couperet était tombé.
-Il est hors de question que tu épouses cette fille, Neville, avait-elle asséné.
- Mais Grand-Mère… Je l'aime !
- Neville, tu es le fils de deux héros de la Première Guerre. Toi-même, tu as été l'artisan de la chute de Voldemort aux côtés de Harry Potter. Tu ne peux pas ternir le nom de notre famille en t'accoquinant avec cette fille.
- Cette fille comme tu dis, s'appelle Luna ! Et elle aussi a participé à la Bataille ! Elle a même été enlevée par des…
- Je ne discute pas ses mérites durant la Bataille. Je dis simplement qu'elle n'a pas sa place dans notre famille.
- Mais pourquoi ?
- Par Merlin Neville ! As-tu oublié qui est son père ? Ce… journaliste de pacotille ? Cet agitateur ?
- C'est grâce au Chicaneur que Harry a pu enfin dire au monde sorcier que Voldemort était revenu ! Toi-même tu as pris un abonnement juste après la parution de l'article !
La vieille dame fit un geste évasif de la main comme pour minimiser l'importance de ce fait.
-Les Lovegood sont des… illuminés. Pandora Lovegood, paix à son âme, était une femme charmante mais complètement irresponsable. C'est un miracle qu'elle n'ait pas blessé son enfant au cours de ses désastreuses expériences, dont la dernière lui a coûté la vie. Quant à Xenophilus, ce n'est même pas la peine d'en parler !
- Luna est un peu excentrique, c'est vrai mais elle est très intelligente, et très douce et…
- Neville, dit calmement Augusta. Pour la dernière fois, il est hors de question que tu épouses Luna Lovegood. Crois-moi, tes parents auraient espéré tellement mieux pour toi.
Une fois encore, sa grand-mère avait joué sur la corde sensible. Tout héros de guerre qu'il était, il était incapable de tenir tête à sa grand-mère quand il était question de ses parents. La mort dans l'âme, il avait donc rompu avec Luna. Comme il avait trop de respect pour la jeune fille pour lui mentir, il lui avait expliqué la raison. Luna avait haussé les épaules, ne paraissant pas vraiment surprise par sa décision. Elle lui avait simplement souhaité d'être heureux.
Ils étaient restés amis, du moins autant qu'on puisse l'être dans de telles circonstances et avaient continué leurs études.
Peu de temps avant de devenir aspirant Auror, lors d'une garden-party organisée chez les McMillan, il avait retrouvé une ancienne camarade d'école, Hannah Abbott. Même s'il ne faisait aucun doute que cette rencontre avait été arrangée par sa grand-mère, Neville s'était pris à apprécier sa compagnie. Ce fut donc tout naturellement et avec les plus vifs encouragements d'Augusta, qu'il avait fait une cour discrète mais assidue à la jeune femme, avant de l'épouser six mois plus tard.
-Tu es mal à l'aise.
- Pardon ? dit Neville en sortant de ses pensées.
- Tu es mal à l'aise, répéta Luna. Tu n'as trouvé personne d'autre pour travailler sur cette enquête avec toi, et ça te gêne que ce soit moi.
Elle avait dit tout cela d'un ton égal, sans animosité, comme elle seule savait le faire. Le règlement des Aurors leur interdisait de travailler seul sur une enquête, mais vu que celle-ci impliquait un haut-fonctionnaire du Ministère, il lui fallait une personne de confiance. Et la seule en qui il avait confiance, c'était Luna.
-Je ne suis pas mal à l'aise, se défendit-il. Et c'est faux de dire que je n'ai trouvé personne d'autre. Je voulais que ce soit toi.
Luna le regarda sans expression particulière et ça lui fit mal. Depuis qu'ils avaient rompu, elle semblait avoir perdu un peu de ce grain de folie qu'il aimait tant. Oh, elle restait toujours aussi excentrique qu'autrefois, ne fût-ce que dans sa façon de s'habiller ou dans les bijoux qu'elle portait… mais elle avait imperceptiblement changé. A cause de lui.
Il soupira et baissa la tête. Bien qu'il essayait de se persuader du contraire, il aimait toujours Luna, plus qu'il n'aimerait jamais Hannah. Comme à chaque fois qu'il pensait à ça, son regard se portait machinalement sur la photo qui ornait le coin de son bureau. Ses deux enfants, Frank et Alice, lui souriaient gentiment avant d'embrasser leur mère sur la joue.
-Ce qui est fait est fait, Neville. Tu ne peux pas avoir le boullu et l'argent du boullu.
- Comment fais-tu pour toujours deviner à quoi je pense ? dit-il en souriant malgré lui.
- C'est un don de gernumblie. Je l'ai depuis que je me suis fait mordre par un gernumbli jardinsi.
Neville rit de plus belle, renonçant à savoir au juste ce qu'était un gernumbli jardinsi. Luna était tellement rafraîchissante, tellement… Luna.
-Bon, c'est pas le tout, dit-il en se levant, mais cette enquête piétine. Que savons-nous jusqu'à présent ?
- La société BroomBroom a été constituée il y a deux ans, récapitula Luna. Par un certain Desmond Pollock. Le capital social était de mille gallions, autant dire rien du tout pour une société qui prétend commercialiser des balais de courses. Le siège social est situé à Manchester, dans un entrepôt qui est indiscutablement à l'abandon depuis de nombreuses années. Excepté le hangar où Malefoy et Nott ont trouvé les caisses, il n'y a jamais eu la moindre activité commerciale sur place.
- Où en est-on avec Desmond Pollock ?
- Pour le moment, nulle part. Il semble totalement inconnu. C'est comme s'il n'avait jamais existé. Donc je cherche encore. J'ai interrogé William Edgerton, l'avocat de la société. Il a rencontré Pollock à trois reprises, uniquement à son cabinet. Il dit qu'il n'avait aucune idée que la société BroomBroom était en fait une société bidon. Pollock ayant payé ses honoraires rubis sur l'ongle, il ne s'est pas méfié. L'homme semblait très sérieux et fortuné.
- Hm, commenta Neville. Quand on sait qu'Edgerton refuse même de lire la première ligne d'un dossier sans une provision de plusieurs milliers de gallions, il pouvait l'être !
- Edgerton dit également que Pollock était vraiment très inquiet pour l'issue de la procédure.
Neville eut un petit rire méprisant.
-Ben tiens… un bon comédien ! Edgerton a donné une description physique de son client ?
- Rien de très particulier. Pas très grand. Un peu enrobé. Cheveux bruns, yeux bruns.
- Hm. La moitié de la population sorcière, quoi. Et la Chine, ça donne quoi ?
- Rien du tout. Pas moyen d'identifier la société qui fabrique les balais.
Le silence s'installa entre les deux Aurors, jusqu'à ce que Neville pose la question qui était au cœur du problème.
-Et à part le morceau de papier trouvé par Nott dans l'entrepôt, quels liens a-t-on pu établir avec Ron Weasley ?
- Un seul jusqu'à présent. Il y a six mois, Pollock a introduit une demande auprès du Département des Sports afin que ses balais soient agréés pour les compétitions officielles. Il semblerait que la demande ait été refusée… ce qui expliquerait la présence d'un parchemin signé par Ron dans les documents de la société.
Neville se mit à faire les cents pas dans le bureau.
-Ce n'est pas logique. Pollock savait qu'il revendait des balais contrefaits, sur base de plans vraisemblablement volés… Pourquoi prendre le risque d'introduire une demande d'agrément au Ministère ? Ça n'a aucun sens !
- Sauf à vouloir impliquer Ron d'une manière ou d'une autre, dit Luna.
- L'impliquer ? répéta Neville. Tu veux dire qu'il s'agirait d'un coup monté contre Harry… et contre Ron ?
- Je ne sais pas. Je dis juste qu'il est étrange pour un sorcier de parvenir à faire disparaître toutes ses traces, excepté un morceau de papier qui, fort opportunément, incrimine Ron Weasley.
La réflexion de Luna était judicieuse. Même si Pollock avait été obligé de déserter son entrepôt à la hâte, il lui suffisait d'un sort pour faire tout disparaître.
-Auror en Chef Londubat, l'interrompit un technicien en entrant dans le bureau. Voici les enregistrements demandés.
- Bien. Merci, dit Neville en prenant le boîtier que l'homme lui tendait.
Il l'ouvrit et sortit un DVD qu'il inséra dans le lecteur moldu prévu à cet effet.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Luna.
- L'enregistrement d'une caméra de surveillance moldue qui donne sur Hamilton Road. Elle est assez bien placée pour voir tous ceux qui sont entrés dans l'immeuble.
Bien qu'il eut enclenché la marche rapide, le visionnage du DVD était long et rébarbatif. La rue était relativement passante mais personne ne semblait s'intéresser au numéro 566.
-Neville, là ! dit Luna après une quinzaine de minutes.
L'Auror fit un arrêt sur image pour voir un homme, manifestement pressé, s'engouffrer dans l'immeuble de la société BroomBroom. Il recula de quelques images jusqu'à ce que le visage de l'homme soit presque face à la caméra. Il était grand, mince, les cheveux roux flamboyants.
-C'est Ron, commenta Luna.
- Il semble bien. Voyons voir... D'après l'enregistrement, on était le samedi 25 octobre… à 16H28. Qu'est-ce qu'il faisait là un samedi ?
- C'est tout de même curieux qu'on ait vu personne d'autre entrer dans le bâtiment. Pas même quelqu'un qui pourrait être Pollock, observa Luna.
- Il transplane peut-être directement à l'intérieur. Ou bien il emprunte une autre entrée. J'ai remarqué une porte de service quand je suis allé visiter le hangar.
- Justement. Si Ron Weasley est dans le coup, pourquoi rentre-t-il par l'entrée principale, dans une rue moldue sous surveillance ?
Une fois encore, Luna visait juste. Tout ça n'avait pas de sens.
-Il n'y a qu'un moyen de le savoir, conclut Neville. Il nous faut convoquer Ron Weasley.
O°O°O°O°O°O°O
Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
Harry sortit de la salle de bain en emmenant avec lui un nuage de vapeur. Une serviette enroulée autour des hanches, il commença par sécher ses cheveux au moyen d'un sort, avant de se diriger vers le lit où était posée une housse en velours sombre. Il fit glisser la fermeture éclair pour dévoiler un magnifique smoking sorcier en barathéa noir. Il était accompagné d'un gilet en satin blanc.
Il ouvrit ensuite la porte de son dressing. A l'intérieur, il se força à ne pas regarder les espaces qui, jusqu'il y a cinq jours, étaient encore occupés par les costumes de Draco. C'était idiot, il le savait, mais il ne s'était pas encore résolu à combler ce vide en y remettant ses propres affaires.
D'un geste sec, il dénoua la serviette et enfila le boxer noir qu'il venait de prendre dans le tiroir de la commode. Puis, il alla droit vers la tringle qui supportait ses chemises et en choisit une en popeline blanche à plastron plissé, parfaite pour assortir un smoking.
De retour dans la chambre, il commença à s'habiller. Il compléta sa tenue par de discrets boutons de manchettes en forme de vifs d'or, et par un nœud papillon blanc. Il enfila ensuite la cape qui faisait office de veste chez les sorciers.
Il jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir, en se rappelant la toute première fois où il avait porté une pareille tenue : il avait quatorze ans et venait de remporter la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Vingt années s'étaient écoulées depuis. Et tellement de choses avaient changé.
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Club des Tornades de Tutshill, Tidenham, Gloucestershire
La direction du Club des Tornades de Tutshill avait décidé de faire les choses en grand pour accueillir leur nouvel entraîneur, Olivier Dubois. La magie aidant, le grand hall avait été aménagé en véritable salle de réception. La décoration était somptueuse, la nourriture délicieuse et le champagne coulait à flots. Et comme dans toute réception, il y avait des discours. D'interminables et ennuyeux discours.
Tandis que le Président du club expliquait à grand renforts de superlatifs son contentement d'avoir recruté leur nouvel entraîneur, Harry sirotait sa troisième flûte de champagne, à l'abri derrière une haute plante en pot.
Des applaudissements nourris lui firent dire que son moment de tranquillité était désormais révolu. Il soupira, vida son verre et sortit de sa cachette. Il savait qu'il ne pourrait pas éviter les gens toute la soirée. Après tout, il était le propriétaire du club, le bailleur de fonds… on attendait de lui un minimum de civilité.
Mais après avoir serré des dizaines de mains enthousiastes, s'être fait présenter des dizaines de personnes dont il n'avait même pas retenu le nom, il se dit qu'il méritait bien une petite pause et surtout un petit remontant. Il se rua sur le bar mais cette fois, ne se contenta pas d'une coupe de champagne.
-Un whisky pur feu, s'il vous plaît.
- Tout de suite Monsieur.
- Un deuxième ! demanda une voix derrière lui. Sinon, je ne tiendrai pas le coup.
Harry se retourna pour identifier celui qui venait de parler.
-Olivier ! Te voilà ! dit-il en serrant vigoureusement la main du nouvel entraîneur.
- Par Merlin, j'ai bien cru que Warren n'allait jamais me lâcher !
- Aah, ne lui en veux pas ! Il est tellement heureux d'avoir pu te mettre le grappin dessus !
- Le bonheur est partagé. Ça faisait un petit moment que je voulais revenir en Angleterre. Je te remercie d'ailleurs de m'en avoir donné l'opportunité.
- Oh, je n'ai rien fait de spécial. C'est Hermione qui a négocié avec les Tapesouaffles.
- Oui mais on sait que c'est toi qui tiens les cordons de la bourse. Rien ne se fait sans ton aval.
Harry ne répondit pas, se contentant de sourire et de hausser les épaules.
-Tu n'as pas envie de sortir un petit moment ? reprit Olivier. C'est un peu bruyant et surchauffé ici.
- Bonne idée.
Ils se retrouvèrent dans le couloir et s'assirent sur un banc, leur verre à la main. L'endroit, plus calme, se prêtait mieux à la conversation. Ils parlèrent pendant un long moment, de la carrière de Harry, de celle d'Olivier, du milieu du Quidditch qui était sans pitié. L'alcool aidant, Harry se sentait bien, détendu, heureux de parler avec cet homme qu'il avait toujours beaucoup apprécié.
-Où vas-tu t'installer maintenant que tu es de retour ? demanda-t-il.
- Pour le moment, je loue un appartement à Londres, du côté de Lambeth. Mais j'ai envie d'autre chose. J'ai repéré une jolie maison dans la campagne aux abords de Gloucester. Mais je suppose que ce ne sera pas pour tout de suite.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est le genre de projet que je n'ai pas envie de réaliser seul. Je voudrais le construire avec celui qui partagera ma vie.
Harry médita ces paroles quelques instants. Il savait depuis longtemps qu'Olivier était homosexuel. La nouvelle avait fait la une de la presse sportive peu de temps après qu'il ait été engagé par le Club de Flaquemare. A l'époque, beaucoup avaient affirmé haut et fort que la carrière du nouveau gardien était terminée. Pourtant, Olivier avait tenu bon. Son talent avait parlé pour lui et il avait fini par obtenir l'appui inconditionnel de ses coéquipiers. Au bout de quelques mois, il n'avait plus jamais été question pour le Club de se séparer de leur nouvelle vedette.
-C'est la vie paisible de Quiberon qui t'a donné envie de te caser ? plaisanta Harry, presque malgré lui.
- A vrai dire, ça fait un moment que j'y pense. Est-ce si incroyable que ça ? dit Olivier plus férocement qu'il ne l'aurait voulu.
- Non, admit Harry. Bien sûr que non.
- Les sorties, les coups d'un soir, tout ça m'a amusé un temps… mais plus maintenant. Maintenant, j'ai envie d'un peu de stabilité. Avoir une vraie relation. Acheter une maison. Et peut-être me marier.
- Te marier ? s'exclama Harry avec incrédulité.
- C'est une des raisons pour lesquelles je voulais rentrer en Grande-Bretagne. Les moldus viennent d'adopter une loi qui autorise le mariage des personnes de même sexe. Pas comme ces culs-serrés de sorciers...
- Et l'Union magique ?
- Hm… seulement réservée aux sangs-purs, dit Olivier avec dédain. Ce que je ne suis pas. Et puis, ce n'est pas vraiment un mariage… c'est une union de patrimoines.
Harry ne put s'empêcher de ricaner, s'attirant le regard mécontent d'Olivier.
-Qu'y a-t-il de si drôle ?
- Oh, je ne ris pas, bien au contraire ! dit Harry. Je pensais juste qu'il faudrait me payer vraiment très très cher pour je retente le mariage, de quelle manière que ce soit !
- Une mauvaise expérience ne veut pas…
- Le mariage n'est qu'une institution réac et bourgeoise qui ne peut plaire qu'aux hétéros.
Oh Merlin, se dit Harry. Voilà que je parle exactement comme Draco.
Penser à Draco n'était pas précisément une bonne idée. Le sentiment de bien-être qu'il ressentait depuis tout à l'heure venait de s'évaporer.
-Je suis désolé, dit-il. Ce n'est pas parce que mon mariage a été un échec que ce doit être le cas pour tout le monde. Je ne savais pas que les moldus avaient changé leurs lois… je devrais le dire à Justin et Théo.
- Qui sont Justin et Théo ?
- Justin Finch-Fletchey et Théodore Nott. Ils étaient de la même année que moi à Poudlard. Respectivement Poufsouffle et Serpentard. Ils vivent ensemble depuis un an et ils viennent d'acheter une maison.
- Un Poufsouffle et un Serpentard ? C'est possible ça ? demanda Olivier en riant.
- Il faut croire ! Ils ont l'air vraiment très heureux ensemble.
- Remarque, toi aussi tu es avec un Serpentard. Malefoy, c'est ça ? Si je me souviens bien de lui, le moins commode de tous !
Harry ne put s'empêcher de rire.
-Ouais. Il n'est pas commode, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais comment tu sais ça ? La nouvelle est parvenue jusqu'en Bretagne ?
- Je suis toujours abonné au Daily Prophet. Votre couple a fait la une pendant plusieurs jours. Sans compter l'article dans Quidditch Magazine, celui de Sorcière Hebdo…
- Oui, oui, ça va, dit Harry en faisant un geste agacé de la main.
- Au fait, où est-il ?
C'était une simple question mais elle irrita Harry au plus haut point.
-A New-York. Il a dû rentrer. Un problème à régler à son cabinet, répondit-il sommairement.
- Hm. Et… il va revenir ?
Olivier avait dit cela avec d'un ton qu'il voulait égal mais où pointait une certaine attente.
-C'est quoi cette question ? répliqua Harry, acerbe.
- Eh bien… la question de quelqu'un qui n'est pas désintéressé de savoir si la place est libre.
Harry fixa Olivier, abasourdi mais amusé tout de même.
-Dis donc… je ne te savais pas si entreprenant !
- Bah, tu sais… à mon âge, on n'a plus vraiment envie d'attendre que les choses se fassent toutes seules.
- Tu viens d'avoir quarante ans ! A t'entendre, on dirait que tu en as quatre-vingt ! rigola Harry.
- Ne te moque pas ! le tança gentiment Olivier. Et n'élude pas la question !
- Ecoute… ton intérêt me flatte beaucoup mais…
- Mais tu veux donner une chance à Malefoy. Je comprends.
- Pas seulement à Malefoy, rectifia Harry. A moi aussi. A nous. A notre couple. Même si nous fonctionnons différemment des autres.
Il lui parut soudainement fondamental de préciser ce fait. Ce n'était pas uniquement Draco qui était en cause. Lui non plus n'était pas un modèle de constance. Ni de fidélité.
-Différemment ? questionna Olivier, perplexe.
- Oui… nous sommes… ce qu'on peut appeler un couple libre.
- Oh.
La moue sceptique d'Olivier fit dire à Harry qu'il ne semblait pas franchement accepter ce principe.
-Tu désapprouves ? demanda-t-il.
- Je n'ai pas à approuver ou pas, Harry. C'est ta vie, je n'ai pas à la juger. Je voudrais juste te poser une question. Et j'aimerais que tu répondes honnêtement.
- Je t'écoute.
- Est-ce que tu es vraiment heureux de cet… arrangement ?
Harry posa les coudes sur ses genoux en baissant la tête. Il réfléchit longuement avant de daigner répondre.
-Non, admit-il à contrecœur. Je voudrais vraiment qu'on essaye d'être un couple normal. Mais nos vies, nos histoires… tout ça rend les choses compliquées.
- Tu es amoureux de lui ?
- Oui.
- Et lui ?
- Je crois.
- Tu crois ? s'étonna Olivier.
- Il… il ne le dit pas.
- Ah.
Un silence embarrassé avait pris place entre les deux hommes qu'Harry s'empressa de briser.
-Draco a vécu des choses qui… qui ont fait qu'il a renoncé à l'amour, voulut-il expliquer.
- Aucun homme ne renonce volontairement à l'amour Harry. Il se force à vivre sans, c'est tout. Mais je suppose qu'en valeureux Gryffondor que tu es, tu vas le remettre dans le droit chemin, rigola Olivier.
Pour toute réponse, Harry envoya une bourrade amicale dans les côtes de son voisin, avant de rire de bon cœur.
Ils plaisantèrent encore quelque peu, parlant de choses et d'autres avant de se séparer.
-J'ai finalement passé une excellente soirée, dit Harry.
- Moi aussi. Je crois que Warren va être furieux contre moi de lui avoir faussé compagnie mais tant pis !
- Ne t'inquiète pas pour Warren. Je lui dirai que c'est moi qui t'ai accaparé toute la soirée. Il n'osera pas me faire de reproches.
- Qu'est-ce que je disais… valeureux Gryffondor !
- Gryffondor toi-même !
Harry serra chaleureusement la main d'Olivier avant de regagner la sortie, le sourire aux lèvres et le cœur plus léger.
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Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
De retour chez lui, Harry eut, tout juste, le courage d'enlever son smoking et de passer un pantalon de pyjama avant de s'effondrer sur son lit. Il était minuit à peine mais il était épuisé.
Deux heures plus tard, la sonnerie de son portable le sortit de la torpeur du sommeil. Tâtonnant sur la table de nuit, il finit par trouver l'appareil et décrocha machinalement.
-Allô ? fit-il d'une voix faible.
- Salut.
Son cœur fit un bon dans sa poitrine à l'entente de la voix dans le combiné. Pour le coup, il était complètement réveillé.
-Salut.
- Je te dérange ?
- Bon sang Malefoy, tu as une idée de l'heure qu'il est ?
- Bah, c'est le weekend. T'étais quand même pas couché ? Si ?
- Eh bien oui, figure-toi.
- Oh. Désolé. Je pensais que tu serais sorti.
- Tu n'es pas désolé. Tu espérais seulement me déranger alors que j'étais en train de m'envoyer en l'air.
Draco se mit à rire et Harry se rendit compte qu'il ne pourrait jamais se lasser d'entendre ce son.
-Bien vu Potter ! Sans blague, tu dormais vraiment ?
- Oui. Je suis allé à la réception que le club des Tornades organisait pour Olivier Dubois et ça m'a lessivé. Je suis rentré avant minuit. Et toi ? Tu t'apprêtes à sortir ?
- Non, la semaine a été épuisante et je n'aspire qu'à une chose : me vautrer dans mon lit et dormir douze heures d'affilée.
- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Draco Malefoy ?
Nouveau rire.
-C'est pourtant bien moi. Crevé. En manque de sexe. Mais c'est bien moi.
- Tu n'es jamais en manque de sexe.
- Eh bien là, je le suis. La journée, je suis accaparé par tous les clients qui ont appris mon retour et qui veulent absolument me voir. Et le soir, je reste des heures avec Pansy à préparer ma défense contre cet emmerdeur de Colin Tuckle. Résultat, je n'ai même plus le temps de baiser.
- Ni de m'appeler apparemment, lâcha Harry sans pouvoir s'en empêcher.
En entendant le silence à l'autre bout du fil, il se maudit pour son incapacité chronique à réfléchir avant de parler.
-Ouais. Je sais. Je suis désolé pour ça Harry. Vraiment.
Draco était sincère. Harry n'en doutait pas une seconde et il s'en voulut encore plus.
-Non, c'est moi qui suis désolé… Je me doute bien que tu es débordé, c'était idiot de ma part de dire ça. Comment ça se présente avec Tuckle ? dit-il pour se rattraper.
- Pansy pense toujours que je devrais trouver un arrangement mais je ne veux pas. On s'est sérieusement engueulé à cause de ça… Du coup, elle estime qu'elle ne peut plus me défendre elle-même. Elle m'a trouvé un autre avocat, spécialisé en droit pénal.
- Oh merde. C'est moche ça.
- Bah, je ne m'en fais pas. On va se rabibocher, comme toujours.
- Et ton nouvel avocat ? Il est bien ? demanda Harry, presque à son corps défendant.
- Mmm… voyons voir. Cheveux blonds, de très beaux yeux bleus, un physique assez sportif…
- Tout ce que tu aimes quoi, commenta Harry avec dépit.
- Pas vraiment. Tu sais que mon truc dernièrement, c'est les petits bruns aux yeux verts. Et puis… je ne suis pas un bouffeur de chattes, je pensais que tu le savais.
Harry mit une seconde à comprendre.
-Oh ! Tu veux dire que…
- Meredith Pierce, c'est son nom.
- … c'est une femme.
- Il paraît. Je ne suis pas allé vérifier.
- Ce que tu peux être méchant ! rigola Harry, bien plus soulagé qu'il ne voulait l'admettre.
- Tu ne rirais pas autant si c'était ta main qu'elle avait broyée en te disant bonjour ! Bon, j'exagère. Elle a une sacrée poigne mais j'admets qu'elle est très jolie. Et surtout très compétente.
- Pansy te connaît décidément très bien.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que si ça avait été un mec, tu aurais passé plus de temps à vouloir coucher avec lui qu'à préparer ta défense.
Le ton se voulait léger et un peu railleur mais Draco ne fut pas dupe.
-C'est toi que je veux Harry.
Harry dut faire un effort et se souvenir comment respirer.
-Moi aussi, c'est toi que je veux, murmura-t-il d'une voix rauque. Mais… on est loin et…
- Avec le téléphone, pas tant que ça.
- Quoi ?
- Tu as reçu mon paquet ?
- Quel paquet ?
- J'ai appelé une boutique spécialisée du Chemin de Traverse pour qu'on te le livre aujourd'hui. Le hibou avait pour instruction de le laisser sur la terrasse…
- Oh. Je ne suis pas allé dans le salon… Attends, je vais voir.
Il se leva promptement et fila dans la pièce de séjour. Il alluma la lampe qui éclairait la terrasse et remarqua un paquet plat posé sur le sol.
-Je le vois, dit-il en ouvrant la porte-fenêtre et en se baissant pour le ramasser, frissonnant sous le vent froid. Qu'est-ce que c'est ?
- Ouvre. Tu verras bien.
Harry coinça le téléphone entre sa joue et son épaule pour pouvoir défaire l'emballage. A l'intérieur, se trouvait une boîte rouge vif toute simple. Quand il souleva le couvercle, il vit, religieusement posés sur une étoffe en velours noir, un cylindre d'à peu près cinq centimètres de long, d'une intense couleur bleu et muni d'un cordon, un petit boitier ressemblant à une télécommande et un anneau en argent étincelant. Sur le côté, un petit carton indiquait « Avec les compliments de Weasley, Friponneries pour Sorciers Fripons ! ».
-Tu… tu as… ça… ça vient de chez… George Weasley ? baragouina Harry.
- Exactement ! Il a ouvert un département sextoys, en vente exclusivement sur wizznet. Anonymat garanti !
- Anonymat ? rugit Harry. Mon cul oui ! Tu n'as peut-être pas donné mon nom mais au cas où ça t'aurait échappé, il connaît mon adresse ! Il aura directement fait le rapprochement !
- Tu savais qu'il avait une succursale à New York ? Et à Paris ?
- Et à Rome et Rio ! Je sais ça ! Ne détourne pas la conversation !
- Pourquoi tu es contrarié ?
- Parce… parce que maintenant George Weasley croit que je prends mon pied avec un plug anal et un cockring !
- J'ai failli faire ajouter un gode à boules…
- Par Merlin, Draco, soupira Harry à fendre l'âme… George est le dernier Weasley qui m'adresse encore la parole, à part Molly et Arthur. Je ne vais plus jamais pouvoir le regarder en face…
- Harry, tu dramatises tout… Weasley est avant tout un commerçant, un homme d'affaires… il ne va jamais risquer de mettre en péril son commerce en mettant un client mal à l'aise ! S'il a créé ce département, c'est qu'il y avait une demande, non ?
- Oui, sûrement… mais…
- Au pire, tu feras un envieux.
- Pourquoi ?
- J'ai dû prendre la taille la plus large pour le cockring…
- Génial, maugréa Harry… maintenant, il connaît la taille de ma queue.
Un petit ricanement se fit entendre de l'autre côté de la ligne.
-Ouais ! Je serre les fesses rien que d'y penser !
- Draco, murmura Harry. Pourquoi m'as-tu acheté ça ?
Draco garda le silence un instant avant de dire, d'une voix basse et lourde :
-Prends la boîte et retourne dans la chambre.
Harry ne songea même pas à discuter. Il savait très exactement ce que Draco avait en tête.
-Tu sais ce qui te reste à faire.
- Oui, souffla Harry.
Il se débarrassa de son bas de pyjama et grimpa sur le lit, s'asseyant au milieu du matelas, dos contre la tête de lit. Il brancha le haut-parleur du téléphone qu'il posa à côté de lui et commença à se préparer. Il enfila d'abord l'anneau pénien qui était effectivement à sa taille. Le contact du métal froid le fit frissonner et durcir quasi immédiatement mais pas autant que ce qu'il s'apprêtait à faire.
Il prit le tube de lubrifiant dans sa table de chevet et enduisit légèrement le plug avant de l'insérer en lui. L'intrusion n'était pas très imposante et donc peu dérangeante.
-Voilà, dit-il à destination de Draco.
- Bien. Caresse-toi, ordonna-t-il.
Harry s'exécuta. Il prit son membre en main et imprima quelques mouvements de va-et-vient.
-Maintenant, dis-moi ce que tu veux. Dis-moi exactement ce que tu veux.
- Draco, je… c'est… c'est embarrassant.
- Tu n'as jamais fait ça avant ?
- Non, admit Harry, rougissant.
Draco pouvait percevoir la gêne de Harry au travers du combiné. Il n'était pourtant pas timide dans leurs ébats, loin de là. Il était même plutôt entreprenant et assez curieux de tout essayer. Mais il s'exprimait peu. Or, faire l'amour par téléphone impliquait de verbaliser chaque acte posé, ce qu'Harry avait manifestement du mal à faire. Il fallait le désinhiber quelque peu.
-Prends la télécommande. Appuie sur le 1.
Aussitôt, le plug se mit à vibrer. Harry hoqueta de surprise avant de gémir doucement sous la sensation. Le petit embout massait délicatement les parois de son rectum, envoyant de longues vibrations bienfaitrices dans son ventre.
-Appuie sur le 2.
La vibration se fit plus intense et Harry gémit ouvertement.
-Oh Merlin… Draco… c'est… c'est trop bon…
- Dis-moi ce que tu veux Harry.
- Je… Je veux…
- Dis-moi ce que tu veux que je te fasse.
- Suce-moi, souffla finalement Harry.
- Bien. Tu sens mes lèvres sur ton gland ? Il est si doux, si rouge, si brûlant. Tu sens, Harry ?
- Oui… oh oui…
- Ma langue tourne autour, recueillant les premières gouttes de ta semence. Elle te lèche doucement, sur toute ta longueur et revient laper ta fente si sensible.
Harry avait les yeux fermés, la tête rejetée en arrière tandis que sa main s'activait avec force sur sa hampe.
-Prends-moi… dans… ta bouche Draco !
- Je te prends… tout au fond… tu sens ? Mes lèvres qui glissent sur ta queue, luisante de ma salive, ton gland, étroitement serré dans ma gorge pendant que je déglutis…
- Oh oui… exactement comme ça…
Bordel, pensa Harry alors qu'il empoignait son sexe de plus belle. Il était tellement perdu dans ses sensations qu'il en avait presque oublié que Draco n'était pas vraiment là.
-Et… et toi ? parvint-il à dire entre deux grognements.
- Moi ? souffla Draco. Moi, je vais te baiser. Appuie sur le bouton bleu.
Péniblement, Harry ouvrit les yeux et fit ce que Draco lui demandait. A l'intérieur de lui, il sentit le dildo s'élargir délicatement.
-Oh Merlin ! Merlin ! Merlin ! psalmodia-t-il en roulant sur le côté.
Il était à présent à quatre pattes sur le matelas, pantelant, le dos couvert de sueur. Pour sûr, s'il n'y avait pas eu l'anneau pénien, il aurait joui sur le champ.
-Tu es prêt Harry ? Tu sens ma queue entre tes fesses ? Tu sens mon gland qui écarte ton trou affamé ?
- Oui, je le sens… et putain de merde, c'est bon… Prends-moi Draco, baise-moi fort.
-Appuie sur le 3.
Le plug se mit à vibrer beaucoup plus d'intensité, dilatant les parois de Harry avec force. Il gémit de plaisir, la tête dans l'oreiller, le cul relevé sans pudeur. Dans le haut-parleur, il entendait les halètements de Draco, ce qui l'excita encore davantage.
Brusquement, il se redressa. Assis sur les talons, les jambes largement écartées, il inspira profondément.
-Draco, murmura-t-il d'une voix rauque et atrocement sensuelle. Couche-toi sur le dos.
Il entendit un bruit de drap froissé, signé que Draco changeait de position.
-Je vais m'empaler sur toi, dit-il ensuite.
- Oh Merlin… Harry…
- Tu me sens coulisser sur toi ? Tu me sens prendre ta queue tout au fond de moi ?
- Oui… bordel, oui…
Pour le coup, Harry avait totalement oublié sa réserve des premiers instants.
-Tu sais que tu es le seul ? Hein Draco ? Tu es le seul à pouvoir me baiser, à pouvoir jouir en moi… tu le sais, n'est-ce pas ?
- Oui, je le sais, répondit Draco dans un sanglot étouffé. Toi, c'est pareil… toi seul en as le droit…
- Ouvre largement tes cuisses et doigte-toi.
- Harry…
- Tu le fais ? Je veux entendre le bruit mouillé de tes doigts qui entrent et qui sortent de ton cul.
Seuls des gémissements lui répondirent et il était certain que Draco lui obéissait. Il avait atteint le point de rupture. Ses testicules étaient durs et gonflés, le faisant souffrir tellement le besoin de délivrance était aigu. Toujours assis sur les talons, il montait et descendait le bassin sur une verge imaginaire, se mordant les lèvres. Le plug toujours enfoncé au plus profond de lui vibrait encore et encore.
-Draco… je… je n'en peux plus… je vais venir… je…
- Moi aussi… merde… c'est trop fort… je vais jouir en toi Harry…
- Oui… oui… maintenant…
Il ouvrit le fermoir du cockring qui tomba entre ses jambes dans un bruit mou. Il poussa les vibrations du plug au maximum, les bras tendus derrière lui pour soutenir son corps secoué de spasmes.
Il cria, se cambra tandis que son sexe tressautait violemment, expulsant son sperme à au moins cinq reprises, sur son torse et jusque dans son cou. Les oreilles bourdonnantes, il n'entendit pas le râle animal poussé par Draco, lui aussi aux prises avec un orgasme foudroyant.
Quand la tempête se calma, il désactiva le plug et se pencha légèrement en avant. Il détendit ses sphincters, laissant le dildo s'échapper de son rectum avec un petit bruit humide.
Haletant, le corps en sueur, il eut juste la force de reprendre le téléphone et de le porter à son oreille.
-Putain de merdre… c'était… je ne sais pas ce que c'était…
- Ouais…
- Tu es un pervers Malefoy…
- Je sais…
- Mais bordel ce que j'aime ça…
- Je le sais aussi…
Si Harry en jugeait par l'essoufflement de sa voix, Draco avait pris son pied autant que lui.
-Merci, dit-il. C'était… j'en avais besoin.
- Moi aussi.
- Draco… commença Harry, hésitant.
Il ne savait pas quoi faire. Il avait peur de tout gâcher.
-C'était génial… j'ai adoré… mais je…
- Tu crois que tu pourrais prendre un portoloin un de ces jours ?
Harry aurait pu en pleurer de soulagement.
-Dimanche prochain, je suis à Belém pour le Grand Prix de Formule Balai du Brésil. De là, je peux prendre un portoloin pour New York. Je ne pourrai rester que trois jours car je dois être de retour pour la Convention Annuelle des clubs de la Ligue Anglaise de Quidditch mais…
- Ce sera parfait !
- On se voit bientôt alors.
- On se voit bientôt.
- Tu me manques Draco.
Harry n'espérait pas obtenir de réponse. Mais peu lui importait. Il avait seulement besoin de le dire tout haut. C'est donc avec la plus grande stupeur qu'il entendit murmurer :
-Tu me manques aussi.
A suivre...
