DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.
Rating : M
Genre : romance / slash / Yaoi
Chapitre 18 – One day, I'll fly away
"One day I'll fly away
Leave all this to yesterday"
(Randy Crawford)
17 novembre 2014 – Appartement de Draco Malefoy, Central Park West, New-York
Quelque part, loin dans les limbes du sommeil, Harry avait vaguement conscience que quelqu'un lui secouait l'épaule pour le réveiller.
-Draco, fiche-moi la paix, marmonna-t-il. J'veux dormir encore…
- Non, Monsieur, vous devez vous lever. J'ai la chambre à faire.
Intrigué tant par les paroles que par la voix fluette de son interlocuteur, Harry finit par refaire surface et soulever péniblement une paupière. Il sursauta en se trouvant nez à nez avec deux yeux globuleux qui le fixaient. Aussitôt, il attrapa ses lunettes sur la table de chevet et put contempler une petite créature aux oreilles longues et poilues et au nez volumineux.
-Qui… qui es-tu ?
- Mon nom est Atticus, Monsieur.
Il se rappela que Draco lui avait parlé d'un elfe de maison.
-Tu es… tu es… l'elfe de maison de Malefoy, c'est ça ?
- Oui. Et j'ai la chambre à faire. Alors, vous devez vous lever. Monsieur.
Harry haussa un sourcil au ton très directif de l'elfe.
-Hm… ton maître te laisse lui parler de la sorte ? Ou c'est juste avec moi ?
- Mon maître ? Je n'ai pas de maître !
L'elfe semblait vexé. Il regardait Harry avec colère, ses petits poings serrés sur les hanches. Harry remarqua alors qu'il portait une salopette en coton bleu foncé sur un t-shirt blanc.
-Nom d'un épouvantard… mais tu es habillé !
- Evidemment ! s'écria l'elfe, indigné.
- Mais… comment ça se fait ?
La petite créature plissa les yeux, soudain méfiante.
-Vous avez un problème avec les elfes libres ?
- Absolument pas ! se défendit Harry. C'est juste que… dans mon pays… ils sont plutôt rares.
- Eh bien, pas ici ! La loi a aboli l'esclavage des elfes il y a longtemps. Ceux d'entre nous qui servent une famille à demeure, le font de leur plein gré.
- Et les autres ?
- Ils se sont regroupés dans des agences et proposent leurs services à la journée.
- C'est ton cas ?
- Oui.
Harry ne cacha pas son étonnement.
-Malefoy s'est adressé à une agence pour louer les services d'un elfe de maison ? C'est plutôt inattendu de sa part.
- Monsieur Malefoy est souvent absent. Parfois, il n'a pas besoin de moi pendant plusieurs jours. Dans ces cas-là, je vais travailler momentanément pour d'autres sorciers.
- Et Malefoy te traite correctement ?
Harry n'avait pu s'empêcher de poser la question sachant comment Dobby était malmené lorsqu'il appartenait à la famille Malefoy.
-Les sorciers n'ont pas intérêt à nous maltraiter ! Le Syndicat nous protège ! dit l'elfe en bombant le torse.
- Le Syndicat ?
- Oui. C'est une association que les elfes ont créée il y a quelques années afin d'obliger les sorciers à respecter leurs droits. On lui doit notamment l'instauration du salaire de base minimum, des congés payés et la cotisation obligatoire à une caisse d'assurance maladie.
- Merlin ! On peut dire que vous êtes bien organisés…
- C'est le cas. Mais pour en revenir à votre question, Monsieur Malefoy est un excellent employeur. Il me paie presque le double des autres sorciers. Beaucoup de camarades envient ma position.
Il avait dit cela le menton relevé, manifestement très fier d'occuper ce poste.
-Maintenant, si vous voulez bien bouger afin que je puisse travailler. Monsieur Malefoy est peut-être un bon employeur mais il ne me paye pas à rien faire ! Et je tiens à ce que mon travail soit fait à la perfection.
- Ok, ok… capitula Harry en sortant du lit.
Il ne semblait pas envisageable de négocier avec ce petit elfe très zélé.
-Je peux au moins utiliser la salle de bain ? demanda-t-il narquoisement.
- Pas plus de quinze minutes.
Rectification. Zélé et tyrannique.
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Harry oublia sa mauvaise humeur contre Atticus quand il découvrit sur la table de la cuisine un somptueux petit-déjeuner. Il attaqua à belles dents une gaufre moelleuse au sirop d'érable, des roulés à la cannelle et des fruits frais, tout en lisant la presse sorcière locale et en sirotant son café.
-C'était délicieux, dit-il en s'essuyant la bouche alors que l'elfe était en train de débarrasser.
- Merci Monsieur ! Monsieur Malefoy m'a dit de vous dire que vous pouviez le rejoindre à son cabinet vers midi.
- Oh… d'accord.
Harry regarda l'heure. 10h30. Que pouvait-il bien faire en attendant ? Il n'avait pas assez de temps pour aller visiter un musée ou une exposition. Et la météo maussade ne l'incitait pas à aller se promener ou faire du shopping. Il décida donc de rester fureter dans l'appartement, désireux de découvrir le cadre de vie habituel de Draco. Après tout, il n'était venu ici qu'une seule fois et avait surtout visité la chambre à coucher.
Il commença par le salon. Il eut un sourire en voyant l'installation home cinéma qui occupait le mur du fond. Entre ça et ses multiples appareils électro-ménagers, on pouvait dire que Draco avait définitivement mit de côté son aversion pour les choses moldues. Harry s'approcha pour jeter un coup d'œil à l'impressionnante collections de DVD alignés sur le mur de gauche. Il y en avait des centaines, triés par genre. Il nota avec enthousiasme que Draco semblait partager son goût pour les films de gangsters et d'espionnage. Enthousiasme un peu amoindri quand il se rendit compte qu'en trois mois de relation, ils n'avaient jamais parlé de leurs goûts respectifs, que ce soit en matière de cinéma, de littérature ou de musique. Il ne connaissait ni la couleur préférée de Draco, ni son plat favori. Tout juste savait-il qu'il détestait les aliments farineux et les huîtres.
Avec un soupir un peu triste, il prit le couloir. Il dépassa la chambre de Draco et ouvrit la porte de la pièce voisine. C'était une salle de sport de taille moyenne mais relativement bien équipée. En face, on trouvait une chambre d'ami, spacieuse et décorée avec beaucoup de goût. Harry se dit que ce devait être la chambre que Draco réservait à Blaise lorsqu'il venait lui rendre visite.
Restait alors une porte, tout au fond du couloir. Certainement le bureau de Draco.
Harry poussa le battant sans conviction, persuadé que la pièce devait être protégée par un sort de fermeture. A son grand étonnement, la porte s'ouvrit sur un bel espace, chaleureux et luxueux à la fois. Les murs étaient entièrement couverts de rayonnages de bibliothèque en bois sombre. Dos à la fenêtre se trouvait une large table en verre dont la modernité contrastait agréablement avec le reste du mobilier. Il eut un grand sourire quand il vit, posé sur un coin de la table, plusieurs cadres contenant des photos sorcières. Il y en avait une de sa mère, une de Blaise et lui en face de la statue de la Liberté et une autre de Blaise, Théo et Pansy. La dernière était une photo d'eux deux, prise par Hermione un soir où ils avaient dîné tous ensemble.
Dans la pièce, tout était parfaitement rangé. Une partie des rayonnages supportait des livres moldus, une autre des livres sorciers sur des sujets divers et variés. Sur une étagère proche du bureau, il y avait plusieurs classeurs reliés sur lesquels étaient indiqués des noms de famille ou de sociétés. Harry n'y toucha pas, supposant qu'il s'agissait de dossiers professionnels. Pourtant, son regard fut attiré par l'un deux, plus ancien et tenu à l'écart des autres. Sur la tranche, on pouvait lire les initiales « H.P. ».
Sa curiosité fut plus forte que tout. Harry s'empara donc du classeur et l'ouvrit prudemment, comme s'il craignait qu'une quelconque créature maléfique s'en échappe. Il ne contenait pourtant rien d'autre que des coupures de presse, soigneusement collées sur des parchemins et glissées dans des chemises en plastique. La première datait du 15 septembre 1998. Il s'agissait d'un article du Daily Prophet qui relatait la victoire des Flèches d'Appleby sur les Frelons de Wimbourne et le succès de leur nouvel Attrapeur vedette : Harry Potter.
Au fil des pages, Harry vit défiler tous les évènements marquants de sa carrière de joueur de Quidditch. Ses victoires, ses défaites, ses transferts, la naissance de ses enfants, ses apparitions aux galas de charité, aux inaugurations d'écoles ou d'hôpitaux… toute une vie méthodiquement collationnée sous forme d'articles de journaux. Harry en était sidéré. Il n'avait jamais imaginé que Draco ait pu suivre sa carrière avec autant d'intérêt.
Il tourna une nouvelle page du classeur et contempla, toujours avec la même émotion, son visage rayonnant alors qu'il soulevait la Coupe du Monde de Quidditch. Les doigts un peu tremblants, il passa à la coupure de presse suivante. Nul doute quant à son contenu. C'était un article du New-York Wizzard qui annonçait le grave accident dont il avait été victime. Curieusement, Draco n'avait retenu que cet article-là et un autre, celui paru dans le Daily Prophet. Il était rangé sous un film plastique, comme tous les autres, sauf qu'à celui-là était attaché une petite note écrite à la main : « il est hors de danger ». Harry ne reconnaissait pas l'écriture.
Qu'est-ce que cela voulait dire ? Que Draco avait cherché à prendre de ses nouvelles ? Qu'il avait contacté quelqu'un en Angleterre pour connaître son état ? Qu'il s'était… inquiété pour lui ?
La gorge serrée, Harry feuilleta le reste de l'album. Les autres coupures parlaient de sa reconversion, du rachat d'une vieille fabrique de balais et de la success-story qui s'en était suivie. Il était presque arrivé à la fin quand la page suivante lui fit écarquiller les yeux : une phrase, griffonnée sur une serviette en papier. « Pour Draco, mon plus grand fan depuis 23 ans. Harry Potter ». Juste à côté, un t-shirt miniaturisé à la taille d'une moufle, arborant en belles lettres rouges : Fan Club Officiel de Harry Potter.
Et enfin le dernier article. L'interview parue dans le Sunday Prophet quelques semaines auparavant, avec la magnifique photo prise pendant la conférence de presse.
Quand il referma le classeur, Harry en avait presque les larmes aux yeux. Il ne savait pas quoi penser.
-Que faites-vous là ?
Harry sursauta. Atticus se tenait à l'entrée de la chambre, ses sourcils broussailleux froncés jusqu'à n'en former plus qu'un seul.
-Monsieur Malefoy n'autorise personne à entrer dans son bureau, sauf moi pour y faire le ménage, dit-il d'un air mécontent.
- Je n'en savais rien… La porte était ouverte, répliqua Harry.
Atticus le regardait maintenant avec méfiance.
-Je suppose que tu as oublié de la refermer en repartant, ajouta Harry, un peu perfidement.
Le menton pointu de l'elfe tressaillit mais il ne répondit rien, sans doute conscient qu'il avait failli à sa tâche. En voyant la petite créature lui faire front avec fierté, Harry eut une pensée triste pour Dobby qui, à la place d'Atticus, serait certainement allé s'ébouillanter les pieds pour se punir. Il soupira. Dobby aurait été tellement heureux ici…
-Ecoute, Atticus… faisons un marché. Je ne dirai rien à Draco sur ton… oubli. Et toi, tu ne lui dis pas que je suis venu dans cette pièce. D'accord ?
- Je ne reçois d'ordre que de mon employeur.
- Je sais… et Draco t'avait ordonné de verrouiller cette pièce, non ?
Atticus semblait en proie à un débat intérieur. Finalement, il hocha lentement la tête.
-D'accord.
Il fit demi-tour pour regagner la cuisine.
-Monsieur Malefoy a raison, dit-il en s'éloignant. Vous êtes différent des autres.
Harry ne sut jamais ce que l'elfe avait voulu dire car l'instant d'après, il avait disparu.
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Cabinet M&P Associates, Park Avenue, New-York
-Potter.
- Bonjour Pansy. Moi aussi ça me fait plaisir de te voir.
Pansy toisa Harry de haut en bas, avant de hausser les épaules.
-Draco est en réunion avec son avocate.
- Bon… ben je vais l'attendre alors.
- Comme tu veux.
La jeune femme se détourna et s'éloigna d'un pas chaloupé, laissant Harry en plan dans le couloir.
-Pansy ! Attends !
- Quoi Potter ? soupira-t-elle en croisant les bras sur la poitrine.
- Est-ce que ça s'est arrangé entre Draco et toi ?
Pansy le fixa d'un œil suspicieux.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ?
- A moi, rien. Mais votre amitié compte plus que tout pour lui… alors…
- Tu crois qu'en me cirant les pompes, ça changera ce que je pense de toi ?
- Je ne te cire pas les pompes ! Je sais que tu ne m'aimes pas et que ça ne changera pas de sitôt ! Même si je ne sais pas pourquoi…
- Tu sais très bien pourquoi. Tu n'as rien à faire avec Draco. Tu ne vas rien lui apporter de bon, excepté des ennuis.
Harry resta abasourdi.
-Des ennuis ? Draco se met très bien dans les ennuis tout seul ! A ce que je sache, ce n'est pas à cause de moi que ce… Tuckle s'en prend à lui !
Pansy le transperça d'un regard mauvais et pointa sur lui un doigt accusateur.
-Non, mais c'est de ta faute s'il réagit comme un abruti. En d'autres circonstances, Draco aurait été d'accord avec moi ! On aurait conclu un accord avec Tuckle et l'affaire aurait été enterrée en moins de deux jours ! Mais il a fallu que tu débarques et maintenant Draco ne songe qu'à une chose, se battre ! Il dit que c'est une question d'honneur ! Et ça, c'est uniquement à cause de toi ! Je ne sais pas ce qu'il veut te prouver mais…
- Et qu'y a-t-il de mal à ça ? Draco est innocent ! s'emporta Harry.
- Tu ne comprends rien, Potter, soupira Pansy. Draco va s'engluer dans un procès qu'il va perdre de toute façon…
Elle semblait soudainement abattue… et triste.
-Pourquoi dis-tu ça ? Tu ne le crois pas ?
- Bien sûr que si je le crois ! se rebiffa-t-elle. Le problème n'est pas Tuckle. Le problème, ce sont tous les autres.
- Tous… les autres… ? bafouilla Harry.
Pansy ricana méchamment.
-Oui, Potter. Tous les autres. Draco n'est pas un saint. Il n'a peut-être jamais fait d'avances à un pauvre type comme Tuckle mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas arrivé avec d'autres !
Harry ferma les yeux, accablé lui aussi.
-Tu comprends le problème Potter ?
- Oui, souffla-t-il. Oui, je le comprends. Mais pourquoi Draco s'entête si…
- Je te l'ai dit, coupa Pansy. A cause de toi. A cause de ce que tu pourrais penser.
- Mais c'est n'importe quoi !
- Alors, va lui dire. Moi, il ne m'écoute plus.
Sur ces mots, Pansy fixa ostensiblement la porte du bureau de Draco, à quelques pas d'où elle se trouvait. Elle secoua tristement la tête puis tourna les talons.
Harry ne tergiversa pas longtemps. Il s'avança vers le bureau.
-Kate… est-ce que…
La secrétaire de Draco, qui avait entendu toute la conversation, lui fit un petit hochement de tête affirmatif.
-Voulez-vous que je vous annonce ?
- Non, ça ira.
- Monsieur Potter, dit-elle encore juste avant qu'il ne frappe à la porte. Je… je voulais…
Elle semblait embarrassée. Harry se rapprocha de son bureau pour l'inciter à continuer.
-Je voulais vous dire que… Je sais que Monsieur Malefoy n'a pas toujours un comportement irréprochable… mais c'est un excellent avocat, et un aussi un excellent patron. Il est apprécié par les clients. Il est doué et… et… il y en a ici que ça contrarie, conclut-elle dans un souffle.
- Vous voulez dire que certains… sont jaloux de lui ?
- Oui. A bien des égards. Et ils n'attendent qu'un faux pas pour le faire tomber.
Harry soupira. La nature humaine le révoltait par moment.
-Merci, Kate.
Résolument, il avança vers la porte et frappa trois coups secs. Elle s'ouvrit sur un Draco manifestement contrarié d'être dérangé.
-Kate, je… Potter ? Que fais-tu là ? Tu ne peux pas attendre que je termine ma réunion ?
- Non, Draco, ça ne peut pas attendre. C'est à propos de Tuckle.
Draco fronça les sourcils. Il allait répondre quand une autre voix se fit entendre.
-Vous savez quelque chose sur Colin Tuckle ?
La femme qui venait de parler était petite, menue, blonde comme les blés et fixait Harry de ses incroyables yeux bleus.
-Meredith Pierce, dit-elle en tendant la main. Je suis l'avocate de Draco.
- Enchanté. Harry Potter, le… hm… l'ami de Draco.
- Le petit-ami, vous voulez dire ? corrigea-t-elle en riant. C'est bien que vous soyez là ! Draco, pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'il était là ?
Draco marmonna quelque chose que personne ne comprit.
-Il pourrait nous être utile, reprit Meredith. Il pourrait témoigner… N'est-ce pas Harry ? Vous seriez d'accord de témoigner ?
- Hors de question ! asséna Draco avant que Harry ait eu le temps de répondre.
- Mais…
- J'ai dit non ! Harry, qu'est-ce que tu voulais me dire sur Tuckle ?
- Je… hm…
Harry se dandina d'un pied sur l'autre, pas vraiment à l'aise d'être scruté de la sorte par les deux avocats.
-Tu ne penses pas que Tuckle n'est qu'un appât ? Un leurre ? Que quelqu'un l'utilise pour t'atteindre indirectement ?
A la grande consternation de Harry, Draco éclata de rire, suivi par Meredith.
-Bon sang, Potter ! Tu crois quoi ? Qu'on n'y avait pas pensé ?
- Nous avons ici la liste de tous les collaborateurs qui ont été licenciés ces cinq dernières années, expliqua Meredith. Nous avons examiné le motif de licenciement pour chacun d'entre eux, et celui-ci est imparable. De plus, Draco n'a été… impliqué… avec aucun d'entre eux.
- Et ceux qui sont partis volontairement ? demanda Harry.
- Nous avons vérifié également, dit Draco. Trois ont démissionné après seulement quelques semaines car le travail ne leur convenait pas. Cinq ont été débauchés par d'autres cabinets et un a déménagé au Canada. Et avant que tu ne le demandes, je n'ai couché qu'avec deux d'entre eux.
Harry ignora cette dernière remarque.
-Et ceux qui sont toujours là ? interrogea-t-il.
Sa question flotta quelques instants avant que Meredith ne se tourne vers Draco.
-Tu crois que quelqu'un cherche à te nuire de l'intérieur ?
Draco pinça les lèvres, le visage fermé.
-Je suppose qu'on ne peut négliger aucune éventualité, finit-il par dire.
- Bien, dit Meredith. Alors, allons droit au but. Qui ?
- Russell Davis. Naïm Madani. Adam Fishburne. Diego Torres.
- Tu les as fréquentés longtemps ?
- Aussi longtemps que les autres. C'est-à-dire quelques heures.
- L'un d'eux s'est-il montré déçu que ça n'aille pas plus loin qu'un coup d'un soir ?
- Hm… Certainement pas Naïm. Il avait eu une journée de merde, moi aussi. C'était exactement ce que nous voulions tous les deux. Adam lui, était fiancé mais coucher avec un autre homme était son fantasme absolu. Maintenant, il est marié, il a une fille et il est le plus heureux des hommes… Quant à Diego et Russell, je n'ai pas eu l'impression que ça les dérangeait. Diego a bien tenté de s'accrocher un peu mais il a vite compris que c'était peine perdue.
Meredith soupira. Tout ça ne menait à rien.
-Et sur le plan professionnel ? demanda Harry. Ils ont eu de l'avancement dernièrement ?
- Naïm Madani dirigeait déjà à l'époque le département de droit immobilier. C'est un des plus gros départements du cabinet et qui rapporte énormément. Madani n'en changerait pour rien au monde. Adam Fishburne a eu une promotion, c'est vrai. Il est passé associé junior il y a six mois. Mais c'était dû à son excellent résultat dans un gros dossier de délit financier. Diego Torres semble se contenter de ce qu'il a pour le moment… Quant à Russell Davis, il…
Draco s'interrompit et fronça les sourcils.
-Davis voulait la direction du département propriété intellectuelle, dit finalement Draco. Ça lui a été refusé. Pansy et moi estimions que ce poste devait revenir à Richard Armitage, en raison de ses compétences.
- Il y a eu un vote ? demanda Meredith.
- Oui. Richard et Russell étaient à égalité, mais comme Pansy et moi sommes associés gérants, notre vote a été prépondérant.
- Quelle a été la réaction de Davis ? questionna Harry.
Seul le silence lui répondit. Draco s'était éloigné vers la fenêtre et fixait les sommets des gratte-ciels devant lui.
-Draco ? insista Meredith.
A contrecœur, il quitta la fenêtre pour revenir au centre de la pièce. Les mains dans les poches de son pantalon, il s'appuya sur le bord de son bureau.
-Il m'en a voulu, lâcha-t-il. Il a prétendu que je voulais l'évincer parce que je craignais qu'il me fasse de l'ombre… Comme si quelqu'un pouvait me faire de l'ombre, ricana-t-il. Il a eu une discussion houleuse avec Pansy qui a fini par lui enjoindre de prendre quelques jours de vacances. A son retour, il était calmé. On a parlé, il s'est excusé, disant que la déception lui avait fait dire n'importe quoi. On est allé boire un verre et… vous imaginez la suite.
Harry souffla bruyamment, ne cachant pas sa contrariété.
-Et ça s'est arrêté là ? dit-il avec plus de hargne que nécessaire. Il ne t'a plus fait aucun reproche ?
- Non.
- Peut-être voulait-il seulement coucher avec toi, avança Meredith. Cette histoire de promotion ratée lui en a donné l'occasion.
- Je ne sais pas, dit Draco. Au départ, c'était plutôt moi qui voulait coucher avec lui mais ce crétin trouvait malin de me résister !
On aurait pu entendre une mouche voler tant le silence était pesant. Draco se rendit compte de la portée de ses paroles au moment où Meredith se levait, un air grave sur le visage.
-Eh bien, je crois qu'on tient celui qui se cache derrière Colin Tuckle. Je vais demander à mon détective de trouver tout ce qu'il peut sur Russell Davis. Harry, j'ai été ravie de vous rencontrer, dit-elle avant de s'éclipser rapidement.
Lorsque la porte du bureau fut refermée, Harry fit face à Draco.
-Pour le coup, c'est toi qui est un crétin !
- C'est bon, Potter. Je n'ai pas besoin de leçon de morale !
Harry ferma les yeux pour s'exhorter au calme. D'une main, il frotta l'arrière de sa nuque, comme à chaque fois qu'il était embarrassé.
-Draco, je… je crois que tu devrais accepter de passer un accord avec Tuckle.
Le regard noir de Draco le transperça de part en part.
-T'es de mèche avec Pansy, c'est ça ? Elle s'est dit que toi, tu arriverais à me convaincre ? Eh bien, elle s'est plantée ! Personne ne me fera changer d'avis !
- Draco…
- JE SUIS INNOCENT HARRY ! JE N'AI HARCELE PERSONNE ! ET JE VEUX QUE CE SOIT ECRIT DANS UN JUGEMENT POUR QUE TOUT LE MONDE LE SACHE ! JE SUIS PEUT-ETRE UN SALAUD MAIS JE NE SUIS PAS UN MENTEUR ! QUANT A TOI, SI TU NE ME CROIS PAS, TU N'AS PLUS RIEN A FAIRE ICI !
Le cri de colère de Draco ébranla Harry. Pansy se trompait. Draco ne se battait pas pour lui prouver quelque chose. Il se battait pour lui-même. Et ça, Harry ne pouvait que le respecter.
-Je te crois, Draco, dit-il plus doucement. Je n'ai pas l'ombre d'un doute sur ton innocence. Et quoi que tu fasses, je te soutiendrai.
Ces paroles apaisèrent Draco immédiatement. Il s'approcha de Harry et le prit dans ses bras.
-Je vais dire à Kate que je prends mon après-midi.
- Tu es sûr ? Je ne voudrais pas que…
- Je veux passer du temps avec toi. Maintenant.
Harry lui sourit avec tendresse.
-Qu'as-tu envie de faire ?
- Tu ne devines pas ?
- Hm… rien de trop fatiguant, j'espère… j'ai été réveillé plutôt brutalement ce matin.
Draco rit doucement.
-Oh, toi tu as fait la connaissance d'Atticus…
- Exactement ! Ce n'est pas un elfe que tu as là ! C'est un général d'infanterie !
- Il a son petit caractère, c'est vrai. Mais je n'ai trouvé personne qui repasse mieux mes chemises que lui.
- Ceci dit, je n'en reviens pas que le grand Draco Malefoy, digne représentant de l'aristocratie sorcière britannique la plus pure, loue les services d'un elfe de maison !
- Hélas oui. C'est très regrettable mais les elfes ne sont plus taillables et corvéables à merci dans ce pays. Au lieu de ça, ils sont devenus contestataires et surtout beaucoup trop bavards !
- Ne sois fâché sur lui. Il t'adore !
- Un elfe qui m'adore. On a aura tout entendu, grommela Draco.
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18 novembre 2014 – Appartement de Draco Malefoy, Central Park West, New-York
Harry s'étira longuement et paresseusement. Soit Atticus était absent, soit il avait reçu de Draco l'ordre de le laisser dormir, mais dans les deux cas, Harry en était heureux.
La veille, l'après-midi avait consisté en une sieste crapuleuse entre les bras de Draco. Le soir, ils s'étaient rendus dans un petit restaurant italien que Draco voulait absolument lui faire découvrir avant de se rendre dans un club dans Greenwich Village.
La soirée avait été parfaite. Draco avait été parfait. Spirituel, piquant comme à son habitude mais aussi tendre et attentionné, rendant Harry encore plus amoureux qu'il ne l'était déjà. Mais tout cela n'était rien comparé à la nuit qu'ils avaient passée. Harry rentrait à Londres quelques heures plus tard et ne sachant pas quand ils se reverraient, ils avaient voulu profiter l'un de l'autre le plus longtemps possible. Epuisés, ils avaient fini par s'endormir aux environs de quatre heures du matin.
Harry s'étira encore, appréciant malgré lui les courbatures de son corps, vestiges de cette nuit époustouflante. Draco et lui avaient définitivement une compatibilité sexuelle incomparable. A ce degré-là, ce n'était même plus de la compatibilité, c'était tout simplement de l'osmose.
Avec un soupir de satisfaction, il s'extirpa du lit. En passant dans la salle de bain, il ne put s'empêcher de se demander comment Draco était parvenu à se lever aussi tôt en ayant dormi aussi peu.
Un peu plus tard, il eut la confirmation qu'Atticus n'était pas venu ce matin car aucun petit-déjeuner plantureux ne l'attendait sur la table de la cuisine. Ce n'était pas un problème car vu l'heure tardive, il se contenterait d'une tasse de café et d'un fruit. En se servant dans la corbeille, il remarqua un post-it collé sur le plan de travail.
« Je te rejoins au Terminal à 17h30. D. »
Harry croqua dans sa pomme et haussa les épaules, perplexe. Cela voulait-il dire qu'il ne verrait pas Draco du reste de la journée ? Il comptait pourtant le rejoindre sur le temps de midi comme il l'avait fait la veille… Vu l'heure à laquelle ils s'étaient endormis, peut-être que Draco pensait qu'il ne se réveillerait pas à temps ? Qu'à cela ne tienne, il était debout, habillé et reposé. Rien ne l'empêchait d'y aller. Il termina sa pomme, renonça à son café et enfila son manteau. Deux minutes plus tard, il était parti.
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Cabinet M&P Associates, Park Avenue, New York
Dans le hall principal, Harry croisa Kate qui s'en allait prendre sa pause déjeuner.
-Monsieur Potter ? s'étonna-t-elle. Je peux vous aider ?
- Je viens voir Draco. Il est dans son bureau ?
- Je suis désolée Monsieur Potter. Monsieur Malefoy ne vous a rien dit ? Il n'est pas là. Il est parti jouer au Quiddith…
- Parti… jouer au… Quidditch ?
- Oui. Tous les mardis, il joue au Quidditch avec ses anciens coéquipiers. Je croyais que vous étiez au courant.
- Oh… heu… non. Je ne savais même pas qu'il avait fait partie d'une équipe…
- Oui, oui. Il était poursuiveur dans l'équipe universitaire des Stardust !
- Ah… eh bien, je vais essayer de le rejoindre là-bas alors… Merci, Kate.
La jeune femme lui sourit en lui faisant un signe de tête et continua son chemin vers la salle de repos des employés.
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Stade des Stardust, New-York sorcier
Harry connaissait l'équipe des Stardust de nom. Elle était toujours très bien classée dans le championnat universitaire américain et certains de ses joueurs avaient fait par la suite une très belle carrière des clubs de première ligue. Mais il n'avait jamais su que Draco en avait fait partie.
Encore une chose qu'il ignorait à propos de son amant.
A peine arrivé dans le stade, il entendit des rires, des cris et des encouragements parvenir du terrain et se répercuter sur les gradins vides. Il leva les yeux et vit six joueurs évoluer avec aisance dans le ciel. Préférant ne pas se faire remarquer, il se cala discrètement derrière un pilastre d'où il pouvait observer la scène.
Les joueurs disputaient ce qu'aux entraînements, on appelait un trois contre trois : un poursuiveur, un batteur, un attrapeur. Vu la position stationnaire de Draco en cet instant, Harry supposait qu'il occupait le poste d'attrapeur. Il avait vu juste car une seconde plus tard, il démarrait en trombe, un éclat doré à quelques mètres de lui.
Depuis son accident, Harry avait fait de son mieux pour gérer la frustration et la déception de ne plus pouvoir jouer. Mais certains moments restaient plus difficiles que d'autres et c'était indiscutablement le cas de celui-ci. Voir Draco s'élancer à pleine vitesse, effectuer les figures que lui maîtrisait à la perfection dix ans plus tôt, était une épreuve. Encore plus parce qu'il s'agissait de Draco. L'éternel rival, celui qu'il fallait battre à tout prix. Celui aussi qui, sans le vouloir évidemment, l'avait amené au Quidditch, simplement en volant le rappeltout de Neville.
Le cœur dans un étau, il continua à regarder Draco faire tout ce que lui était désormais incapable de faire. Avec un désarroi grandissant, il prit conscience que jamais, aussi longtemps qu'ils resteraient ensemble, ils ne partageraient un moment comme celui-là. Jamais, ils ne se congratuleraient d'avoir réussi une belle passe ou une figure risquée. Jamais, ils ne voleraient côte à côte, profitant de l'ivresse de la vitesse et de la liberté. Pour eux, le Quidditch garderait toujours un goût de confrontation, de rivalité. Un goût de haine. Et ça le rendait amer. Amer et jaloux.
Un cri victorieux retentit dans le stade lorsque la main de Malefoy se referma sur le Vif d'Or. Les six joueurs regagnèrent le sol et se congratulèrent mutuellement.
-Bien joué Malefoy, dit le poursuiveur de son équipe.
- J'aurai ma revanche, répliqua l'autre attrapeur en riant.
- J'y compte bien ! répondit Draco. On se retrouve mardi prochain ?
- Avec plaisir. Tu nous as manqué.
- Ouais, on est rudement content que tu sois de retour à New-York.
- Merci les gars, moi aussi je suis content d'être ici, dit Draco.
- Tu ne viens pas au vestiaire ?
- Allez-y. J'arrive, dit-il.
Les autres joueurs ne discutèrent pas plus longtemps et quittèrent le terrain. Draco prit son temps pour ranger les balles. Quand il eut la certitude d'être seul, il dit sans retourner :
-Tu peux sortir, Potter. Ils sont partis.
Harry sortit de l'ombre et marcha lentement vers Draco.
-Comment savais-tu que j'étais là ? demanda-t-il.
- C'est comme ça, dit Draco en haussant les épaules. Je sais toujours quand tu es là.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- J'ai pensé que si tu avais voulu te montrer, tu l'aurais fait.
- Je ne parle pas de ça. Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu jouais toujours au Quidditch ?
Draco soupira.
-C'est évident, non ?
- Pas pour moi.
- Je voulais éviter de te faire du mal inutilement.
- Je suis assez grand pour savoir ce qui me fait du mal ou pas ! dit Harry d'un ton sec. Et pour le moment, ce qui me fait le plus de mal, c'est de savoir que tu m'as caché ça !
- Je n'ai rien caché ! J'ai seulement évité de te confronter avec ce qui a fait ta vie pendant des années et que tu aimais par-dessus tout !
- Je ne suis pas une petite chose fragile qu'il faut protéger Malefoy ! s'emporta Harry.
- MAIS ALORS QU'EST-CE QUE CA PEUT TE FOUTRE ? OU EST LE PROBLEME ? éructa Draco en ouvrant grand les bras.
Le regard noir, Harry lutta contre une envie déraisonnable de le frapper.
-Le problème ? Je vais te le dire ! On est censés être ensemble mais je ne connais rien de toi ! Ni ta couleur préférée, ton genre de film, ce que tu aimes lire ou ton plat favori ! On ne partage rien, absolument rien !
Draco fixa Harry avec froideur.
-On n'est en tout cas pas en mesure de partager le Quidditch, vu que tu n'es plus capable d'en faire. Alors à quoi bon t'en parler ?
Harry accusa le coup difficilement.
- Tu n'en as rien à foutre, n'est-ce-pas ? demanda-t-il d'une voix sourde.
- De quoi tu parles ?
- Je te parle de nous, de ce qui nous lie, de ce qu'on vit ensemble !
Draco soupira en levant les yeux au ciel.
- Tu me soûles, Potter. Je suis venu ici pour me détendre, pour évacuer la pression et toi, tu viens m'emmerder avec tes états d'âme et ta jalousie à deux noises !
- Ma jalousie ?
- Exactement ! Tu veux qu'on partage des choses ? Commence déjà par accepter le fait que je puisse faire des choses sans toi ! Même des choses que tu ne peux plus faire ! Merde, j'ai une vie ici ! Ma vie ! Et je ne vais pas en changer pour ménager ta susceptibilité !
-Je vais rentrer à l'appartement préparer mes affaires. Ce n'est pas nécessaire de m'accompagner au Terminal, dit Harry en tournant les talons.
Impassible, Draco regarda Harry transplaner sans esquisser le moindre geste.
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Terminal des Portoloins, New-York
-Les passagers pour le portoloin 4002 à destination de Londres-Chemin de Traverse sont priés de se diriger vers la salle numéro 5 pour embarquement. Seuls les sorciers en possession d'un titre de transport sont autorisés à accéder à la salle d'embarquement. Les passagers pour le portoloin 4002 à destination…
Harry se leva. D'un pas pesant, il se dirigea vers le hall des départs. Depuis une heure qu'il attendait ici, il n'avait cessé de ressasser sa conversation avec Draco et surtout la fin de celle-ci. Que devait-il en penser ? Que tout était fini entre eux ? Venait-il vraiment de rompre avec Draco sur le bord d'un terrain de Quidditch ? Si Hermione avait été là, nul doute qu'elle lui aurait chauffé les oreilles sur son hyper réactivité et son incapacité à faire la part des choses. Comment parvenait-il à accepter que Draco voie d'autres hommes mais pas qu'il ne lui parle pas de ses hobbies, le Quidditch en particulier ? Pour une personne censée, ça dépassait l'entendement… Mais pas pour Harry. Car le problème était bien plus profond que ça : cette querelle, aussi anodine était-elle, avait ramené à la surface l'image du Draco Malefoy qu'il avait détesté toute sa scolarité. Il le revoyait, dans sa tenue de Quidditch vert émeraude, le toiser d'un regard moqueur. Il repensait à ses coups bas, à ses tricheries, à sa rage lorsqu'il perdait – c'est à dire à chaque fois. Comme si l'image de l'adolescent arrogant et méchant qu'il avait été ne parvenait pas à s'effacer devant l'homme qu'il était devenu.
Perdu dans ses pensées, il sursauta quand il sentit quelqu'un l'agripper par le bras. Il se retourna vivement pour faire face à deux yeux gris tempétueux.
-Tu pensais vraiment que j'allais te laisser partir comme ça Potter ? dit Draco, d'une voix qui se voulait nonchalante mais qui tremblait quelque peu.
Le soulagement qu'Harry ressentit était indescriptible. Incapable de répondre quoi ce soit, il se contenta de serrer Draco contre lui.
-Tu as raison, murmura-t-il après un long moment. Je suis jaloux. Triste. Et en colère aussi… contre moi surtout. Et puis, te voir sur ce balai, c'était… comme à Poudlard… comme quand on…
- Nous ne sommes plus à Poudlard, coupa Draco.
- Je sais. Crois-tu que nous pourrons oublier un jour ?
- Ces trois derniers mois m'ont fait penser que c'était le cas, dit-il simplement.
Harry s'écarta lentement et le regarda bien en face.
-Draco… où va-t-on comme ça ?
- Honnêtement… je ne sais pas.
- Dernier appel. Les passagers pour le portoloin 4002 à destination de Londres-Chemin de Traverse sont priés de se diriger vers la salle numéro 5 pour embarquement.
- Je dois y aller, soupira Harry.
Draco le retint encore un peu.
-Le brevet pour le Cobra est presque prêt. Je vais devoir bientôt venir à Londres pour le déposer…
- Alors fais vite, murmura Harry.
Il entoura la nuque de Draco de ses bras et l'embrassa avec douceur.
-A bientôt Draco.
Il l'embrassa une fois encore puis s'éloigna.
-Tu… tu n'as rien d'autre à me dire ? murmura Draco presque timidement.
Harry le regarda un peu tristement.
-Prends soin de toi.
Il lui fit un petit signe de la main et disparut dans le couloir d'embarquement. Draco repartit vers la sortie, une terrible sensation de manque lui serrant le cœur.
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19 novembre 2014 – Potter Corp., La City, Londres
Harry bâilla longuement. Il avait pris une potion revigorante pour lutter contre les effets du décalage horaire mais celle-ci ne semblait pas faire beaucoup d'effet.
Un coup d'œil à sa montre lui apprit qu'il était seulement 16h30. Il réfléchit à ce qu'il allait faire ce soir. Il voulait sortir. Il avait besoin de sortir, de voir du monde. D'arrêter de penser. Malheureusement pour lui, il était plutôt seul. Hermione était à Paris pour la convention annuelle des équipementiers de Quidditch. Blaise était parti la rejoindre pour y passer le weekend. Et Théo était parti à Stockholm voir Justin… Il ne semblait pas avoir d'autre alternative que de sortir seul.
Cette perspective ne l'enchantait guère et son propre manque d'enthousiasme le consterna. Il y a quelques mois d'ici, c'était son quotidien et jamais il n'aurait l'idée de s'en plaindre.
La porte de son bureau s'ouvrit brusquement, le tirant de sa réflexion.
-Wilson ! Vous ne pouvez pas… Je suis désolée, Monsieur Potter, dit Peggy qui arrivait à la suite d'un technicien en chef particulièrement remonté.
- Ce n'est rien Peggy. Wilson, que se passe-t-il ?
A peine Peggy eut-elle refermé la porte que Wilson avança vers Harry, le regard noir.
-Pourquoi vous ne m'avez rien dit ? demanda-t-il avec hargne.
- Dire quoi ? répliqua Harry en fronçant les sourcils.
- A propos du ThunderBird ! De la contrefaçon !
- Ah… ça.
Harry se renfonça dans son fauteuil, encore un peu plus las qu'il n'était déjà.
-Oui, ça, répéta Wilson. Je viens d'être interrogé par les Aurors ! Ils enquêtent sur le vol des plans !
- Wilson, écoutez… je…
- Vous pensez vraiment que j'ai quelque chose à voir avec ça ? Vous pensez vraiment que j'ai volé ces plans ?
Wilson était en colère mais surtout blessé, Harry le sentait au ton de sa voix.
-Non, dit-il fermement. Je n'ai jamais pensé une chose pareille ! Jamais ! C'est pour ça que j'ai refusé que Malefoy ou Nott viennent vous interroger ! Mais je ne pouvais pas empêcher les Aurors de le faire, ajouta-t-il, résigné. Je suis désolé.
- Vous auriez dû m'en parler, dit Wilson beaucoup plus doucement.
- Je sais. J'ai eu tort. J'espère que vous pardonnerez de vous avoir mis en difficulté.
- Bah… ces Aurors ne m'impressionnaient pas. Je sais que je n'ai rien fait. Tout ce qui compte, c'est que vous me fassiez confiance.
- J'ai plus confiance en vous qu'en n'importe qui d'autre.
Le technicien en chef hocha la tête. C'était ce qu'il voulait entendre.
-Nous avons subi des pertes ? demanda-t-il.
- Aucune, affirma Harry. Draco Malefoy a fait en sorte que les balais soient immédiatement retirés de la vente le temps qu'un expert confirme qu'il s'agissait bien de contrefaçons.
- Hm… c'est pour ça que vous l'avez fait venir. Pas pour le brevet du Cobra.
- C'est vrai, admit Harry. Et vu son efficacité, j'ai pensé que lui confier le brevet du Cobra serait une bonne idée.
- Vous avez bien fait. Ce type est doué. Il s'y connaît en balais.
Harry ne fit aucun commentaire, se contentant d'un hochement de tête.
-Vous avez une idée de qui est derrière tout ça ? demanda Wilson.
- Aucune. J'ai beau y penser encore et encore, je ne vois pas comment les plans ont pu sortir d'ici. Pas avec le système qu'on a mis en place.
- C'est ce que je me dis aussi. C'est incompréhensible.
Les deux hommes restèrent silencieux un petit moment.
-Il a l'air bien cet Auror, dit finalement Wilson d'un ton bourru. Intègre. Correct. Par contre, sa collègue a l'air complètement folle.
Harry ne put s'empêcher de rire.
-Luna donne toujours cette impression ! Mais elle est d'une intelligence redoutable.
- Bah… je suppose qu'on n'a pas le choix. Il faut leur faire confiance.
- En effet.
- Bon, ben, je vais retourner à l'atelier. Si je peux faire quoi que ce soit, vous me le dites, hein ?
- Promis.
Wilson quitta le bureau et Harry se remit au travail. Du moins il essaya car à peine une minute plus tard, le bourdonnement de son portable se faisait entendre. Non sans une certaine déception, il nota que le numéro affiché lui était inconnu.
-Allô ?
- Harry ? C'est Olivier Dubois.
- Hé ! Salut Olivier ! Comment vas-tu ?
- Bien ! Je ne te dérange pas ?
- Pas du tout ! Que puis-je faire pour toi ?
- Eh bien… je suis désolé de t'appeler en dernière minute mais… il se trouve que j'ai deux places pour le match Arsenal-Liverpool de ce soir… et je me demandais si tu voulais m'accompagner…
- Du foot moldu ?
- Ouais… c'est vraiment bien, tu sais… je…
- C'est d'accord.
- Tu… c'est vrai ?
- Puisque je te le dis. On se retrouve à quelle heure ?
- Vers 19 heures à Ashtburton Grove ?
- Parfait ! A tout à l'heure.
En raccrochant, Harry arborait un grand sourire. Il avait finalement trouvé une distraction pour ce soir.
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Emirates Stadium, Ashburton Grove, Londres
Confortablement installés dans les tribunes VIP de l'Emirates Stadium, le stade du club d'Arsenal, Harry et Olivier profitaient de la mi-temps pour commenter le match avec enthousiasme. Harry s'étonna qu'Olivier soit un tel connaisseur.
-Comment se fait-il que tu te sois intéressé au football ? demanda-t-il.
- Tout à fait par hasard, expliqua Olivier. Quand j'étais à Quiberon, un des batteurs de l'équipe, un né-moldu, nous a emmené voir son frère qui évoluait dans le club de Nantes. Au départ, je trouvais que ça n'avait aucun intérêt. Tu penses… pas de balais, pas de magie, rien… et puis, j'ai fini par y prendre goût. Maintenant, je suis fan.
- A Poudlard, Dean Thomas était un vrai mordu de foot. Je me souviens de ces interminables soirées qu'il a passées à essayer de convaincre Ron Weasley que le foot était aussi intéressant que le Quidditch… Il n'y est jamais parvenu.
- Réaction typique de sorcier. C'est dommage car si les sorciers prenaient la peine de s'y intéresser, ils verraient que l'absence de magie est largement compensée par de la tactique, de la stratégie et beaucoup d'adresse.
Harry approuva, totalement convaincu.
-J'ai voulu racheter une équipe de foot il y a quelques années, dit-il.
- Qu'est-ce qui t'en a empêché ?
- Trop de complications pour séparer les activités sorcières et moldues. Trop de risques aussi que les moldus découvrent ce que je fais vraiment.
- Hm… je comprends. Ceci dit, rien ne t'empêche de créer une équipe de foot sorcière.
- Et quelle différence y aurait-il avec le Quidditch ?
- Pas de balai. Pas de magie.
- Quoi ? s'exclama Harry. Tu veux dire… faire jouer des sorciers comme des moldus ?
- Pourquoi pas ? Ça, ce serait un vrai challenge !
Ils ne purent continuer la discussion car le match reprenait mais l'idée s'était déjà installée dans un coin de la tête de Harry. Il faudrait vraiment qu'il en parle à Hermione à son retour de Paris.
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Bien plus tard, installés à une table dans un pub bondé, Olivier et Harry terminaient leur troisième London Pride.
-J'ai passé une super soirée, dit Harry.
- Vraiment ?
- C'était exactement ce dont j'avais besoin pour me vider la tête.
- Hm… des soucis à oublier ?
- Ouais, on peut dire ça.
- Des soucis qui s'appellent Malefoy ?
Harry haussa les épaules, sans démentir.
-Je comprends, dit Olivier. Les relations à distance, ce n'est pas simple.
- La distance n'est pas le problème.
Olivier jeta un œil à Harry qui, le visage fermé, portait sa bouteille à la bouche pour boire une longue gorgée.
-Si tu veux en parler… amena-t-il prudemment.
Harry soupira.
-Je ne vais pas gâcher une si belle soirée avec mes états d'âme.
- Ne sois pas idiot. Tu ne gâches rien… surtout si c'est pour me dire que Malefoy est un piètre amant par exemple, plaisanta Olivier.
- Je pourrais te dire beaucoup de choses sur Malefoy mais sûrement pas qu'il est un piètre amant !
- Oh… ne me dis pas qu'en plus d'être beau, il est aussi un dieu au lit ! râla faussement Olivier.
- Dire qu'il est un dieu est encore en-dessous de la vérité, rigola Harry. Sérieusement, je n'ai jamais connu quelqu'un comme lui. Entre lui et moi, c'est… je n'ai même pas de mot pour en parler. C'est comme s'il savait, un millième de seconde avant moi, ce que je veux, ce que j'attends… Il anticipe tout. Il comprend tout. Il est…
- Ok, c'est bon ! N'en jette plus ! Il est exceptionnel ! C'est quoi le problème alors ?
- Le problème, c'est qu'en dehors du lit, rien ne va plus. Il a sa vie… une vie dont je ne sais rien. Une vie dont je ne fais pas partie.
Harry s'interrompit mais Olivier ne fit rien pour le presser à parler.
-Hier, continua-t-il après quelques secondes de silence, j'ai découvert que pendant des années, il a été poursuiveur de son équipe universitaire. Il joue encore aujourd'hui… juste comme ça, avec des anciens coéquipiers mais… je… c'est…
Nouvelle interruption. Harry semblait vraiment avoir difficile à parler.
-Vas-y, soupira-t-il. Moque-toi de moi. Je sais que c'est complètement débile mais…
- Ce n'est pas débile, coupa Olivier. Tu es jaloux, c'est tout. Tu as été confronté à quelque chose que tu voulais occulter : Malefoy peut toujours voler et pas toi. Sachant votre histoire passée, ce n'est pas anodin. Alors, non, ce n'est pas débile.
Harry prit une brusque inspiration, choqué par les propos d'Olivier. Pas leur brutalité. Mais surtout par leur clairvoyance et leur véracité.
-C'est… c'est en substance ce que Draco m'a dit.
- Que vas-tu faire ?
- Rien. Je finirai bien par surmonter ça. Et puis… Draco va bientôt venir à Londres. Il saura comment me faire oublier.
- Le sexe n'est pas la solution à tout.
- Je sais. Mais avec lui, c'est la seule que je connaisse, dit Harry avec lassitude.
Il porta la bouteille de bière à sa bouche et but une gorgée, plus par réflexe que par envie.
-Hm… et toi ? demanda-t-il après un temps. Il était comment ton ex ?
- Beau. Intelligent. Français. Et infidèle, résuma Olivier en souriant. J'en étais raide dingue. Au début, le fait qu'il voie d'autres mecs ne me dérangeait pas… je trouvais même ça… excitant. Mais ça n'a pas duré. Et quand j'ai réclamé un peu plus de stabilité, d'exclusivité… il m'a quitté. Une histoire banale, en somme.
Harry sourit à son tour mais ne fit aucun commentaire, préférant ramener la conversation sur un sujet plus distrayant. Aux alentours de minuit, ils décidèrent de rentrer chez eux. Ils quittèrent le pub en quête d'une rue déserte où ils pourraient transplaner sans être vus.
-Au risque de me répéter, j'ai vraiment passé une bonne soirée. Merci pour tout Olivier.
- On remet ça quand tu veux.
- Très vite, alors, dit Harry d'un ton légèrement suggestif.
Olivier lui fit un petit sourire et se pencha pour l'embrasser sur la joue.
-Bonne nuit Harry.
Il disparut dans un craquement, laissant Harry un peu surpris et surtout très conscient qu'il avait énormément apprécié la compagnie de son ancien camarade d'école.
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23 novembre 2014 – Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
-Allô ?
- Harry ? Je te réveille ?
- Merde… Olivier… c'est dimanche ! Evidemment que tu me réveilles !
- Peu importe ! Sois dans une heure au stade des Tornades.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Ne pose pas de questions, viens ! Et enfile des vêtements chauds ! Tu ne seras pas déçu !
- Mais…
Harry n'acheva pas sa phrase, Olivier avait raccroché. Il soupira lourdement mais finit néanmoins par s'extirper du lit et se trainer jusqu'à la salle de bain en bougonnant. Mais sa mauvaise humeur s'échappa rapidement à mesure que l'eau s'écoulait sur lui. Il avait revu Olivier deux fois durant la semaine et il devait admettre qu'il était heureux de le retrouver une fois encore. Olivier avait une joie de vivre contagieuse et ça lui faisait du bien au moral.
Il s'habilla rapidement, choisissant un pull et un pantalon épais. Il enfila également une veste matelassée, une écharpe et des gants. De plus en plus curieux quant à la raison de l'appel d'Olivier, il s'empressa de transplaner.
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Club des Tornades de Tutshill, Tindenham, Gloucestershire
Olivier attendait Harry à l'entrée du stade, calmement appuyé contre le mur, les bras croisés devant lui.
-J'espère que ça en vaut la peine, grommela Harry pour la forme. Je dormais comme un bébé, moi !
- Ça en vaut la peine, crois-moi ! Allez viens.
Harry suivit Olivier à l'intérieur du stade, ne comprenant toujours pas pourquoi il était là. Jusqu'à ce qu'il voie, posé au milieu du terrain, deux balais dont un équipé d'un siège.
-C'est quoi ça ? demanda-t-il sèchement.
- Tu connais Nigel Ellerby ? Il a mis au point…
- Un siège pour balai. Pour sorcier à mobilier réduite. Je sais.
- Mais c'est exactement ce qu'il te faut ! s'exclama Olivier, étonné du manque d'enthousiasme de Harry.
- Non ! Ce n'est pas ce… truc… qui refera de moi le joueur de Quidditch que j'étais !
Olivier s'avança vers Harry et dit prudemment.
-C'est vrai. Tu ne seras plus jamais le meilleur Attrapeur du monde. Tu ne seras même plus jamais un joueur de division amateur. Mais le Quidditch n'est pas tout. Tu aimais peut-être le Quidditch, mais tu aimais surtout voler. Et ce truc, comme tu dis, va au moins te rendre ça…
Les bras croisés contre lui, un air buté sur le visage, Harry gardait les yeux obstinément baissés.
-Bon, soupira Olivier après un temps. Je croyais bien faire. Désolé de t'avoir réveillé pour rien.
Il se dirigea vers le terrain afin de récupérer les balais.
-ATTENDS ! cria Harry. Attends… je… je vais essayer.
Olivier lui fit un sourire éblouissant qui le déstabilisa quelque peu.
-Tu ne vas pas le regretter, je te le promets !
Ils s'installèrent tous les deux sur leurs engins respectifs, un Eclair de Feu IV pour Olivier et un Nimbus 3000 pour Harry. Avec une certaine appréhension, Harry se saisit du manche. Son dernier vol en balai remontait à deux ans maintenant et avait duré cinq minutes à peine. La fragilité de sa hanche et de sa colonne vertébrale ne lui avait pas permis de se maintenir en équilibre plus longtemps.
-Ça va aller, dit Olivier, le voyant anxieux.
Soudain plus déterminé, Harry donna un coup de talon au sol et fit décoller son balai. Il prit rapidement de la vitesse et de l'altitude, s'occasionnant un léger vertige. Progressivement, il se détendit. Même si la position de vol était différente de ce qu'il connaissait, il parvenait à bien manœuvrer le balai. Le siège était confortable, il lui maintenait le dos efficacement et lui donnait un plus grand sentiment de sécurité.
Après quelques tours de chauffe, Harry était complètement à l'aise.
-Tout va bien Harry ? cria Olivier pour couvrir le sifflement du vent.
- C'est super ! Mais là, j'ai envie d'autre chose !
- OK ! SUIS-MOI !
Olivier accéléra et s'éleva bien au-delà des gradins. Il survola le stade et s'échappa dans la campagne du Gloucestershire. Harry, lui, n'avait plus ressenti un tel bonheur depuis des années. Il profitait de chaque sensation : le vent glacé qui fouettait ses joues, la vitesse qui grisait ses sens, l'altitude qui l'exaltait totalement. Il volait ! Par Merlin, il volait ! Et sans connaître la moindre douleur ou la moindre appréhension.
Leur périple s'éternisa. Ils alternaient les pointes de vitesse et les allures plus modérées. Harry s'essaya même à quelques piqués sous l'œil inquiet d'Olivier. Finalement, après plus de deux heures de vol, ils regagnèrent le stade.
Harry descendit de son balai, sans ressentir la moindre douleur. Olivier se tenait à quelques mètres de lui, souriant comme toujours. Il le regarda et quelque chose d'indescriptible lui transperça le cœur. Il marcha vers lui, presque au ralenti. Olivier fronça les sourcils.
-Harry, ça va ? Tu as l'air…
Il ne put achever sa phrase car les lèvres de Harry s'étaient écrasées sur les siennes au moment où ses mains lui encadraient le visage. Olivier passa les bras autour de la taille de Harry, rapprochant son corps du sien. Il répondit au baiser. La sensation était tellement intense qu'il ne se sentit même pas transplaner.
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Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres
Olivier eut le souffle coupé au moment où son corps se retrouva plaqué contre un mur, la bouche impérieuse de Harry toujours pressée contre la sienne.
-Harry… murmura-t-il tout contre ses lèvres.
- Quoi ? grogna l'intéressé. Tu en as envie, non ?
- Oui mais…
- C'est toi qui disais que tu n'avais pas de temps à perdre…
- Je sais mais… et Malefoy ?
Harry s'écarta d'Olivier brutalement, le regard noir.
-Quoi Malefoy ? A l'heure où on parle, il est sans doute en train de baiser deux mecs à la fois !
- Oui mais toi, tu n'es pas comme ça.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Je le sais, c'est tout.
Harry sembla si triste à cet instant qu'Olivier en fut terriblement ému. Il posa ses mains sur ses joues et souleva son visage vers lui.
-Malefoy ne se rend pas compte de la chance qu'il a, souffla-t-il. A sa place, je ne laisserais personne d'autre que moi poser les yeux sur toi, je te couvrirais de cadeaux pour que tu n'ailles jamais plus voir ailleurs…
- Il ne m'en faut pas autant…
- Je te dirais que je t'aime à chaque minute…
Sur ces mots, il embrassa Harry à nouveau. Mais cette fois, le baiser était tendre, doux, tranquille.
-J'ai envie de toi Harry, murmura-t-il. Je veux faire l'amour avec toi… mais seulement si tu en as envie. Pas pour que tu te venges de Malefoy…
- J'en ai envie… Terriblement envie.
Olivier sourit. Harry aussi.
A suivre...
