DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.

Rating : M

Genre : romance / slash / Yaoi


Je le dis à chaque fois : vos reviews me font énormément plaisir ! J'attends avec impatience vos réactions à l'issue de ces chapitres.

Merci à tous.

Bonne lecture !


Chapitre 19 – Comment te dire adieu

« Mon cœur de silex vite prend feu,
Ton cœur de pyrex résiste au feu,
Je suis bien perplexe, je ne veux
Me résoudre aux adieux »

(Françoise Hardy)

27 novembre 2014 – Quartier des Aurors, Ministère de la Magie

Neville Londubat se frotta les yeux, fatigué par cette journée.

-Nous pouvons définitivement mettre Ron Weasley hors cause, dit-il.

- Sans aucun doute, approuva Luna Lovegood. Jacob Ryan a confirmé sa présence au stade des Pies à l'heure des faits. Le Ministre également.

- Sans compter les dizaines de photos du Daily Prophet, de Quidditch Magazine et les images de WizzTV

- Nous pouvons rayer les autres témoins de la liste. Pas la peine de perdre notre temps à les interroger.

- Non, en effet. Que donne la piste interne à l'entreprise ?

- Absolument rien. Aucun employé de Potter Corp. n'a d'antécédent judiciaire. Il y a deux jours, Hermione Granger m'a fourni le descriptif du processus de fabrication des balais. Il est conforme à ce que le technicien en chef nous a expliqué. Aucune équipe n'a accès à l'intégralité des plans.

- Les seuls à les avoir sont donc Harry et ce… Wilson, résuma Neville en consultant ses notes.

- Oui. Et je doute que Harry sabote lui-même son entreprise.

- Reste Wilson. Tu penses vraiment qu'il dit la vérité ?

- Il a immédiatement demandé à être soumis au véritasérum. Ce n'est pas l'attitude d'un coupable…

- Hm… ou alors il sait pertinemment bien que nous ne sommes pas dans les conditions légales pour l'y soumettre, contra Neville.

- Je ne crois pas que cet homme connaisse nos subtilités juridiques. C'est un manuel, il vit pour ses balais… il est honnête, ça se lit dans ses yeux.

- Ouais, soupira Neville. Tu as raison… je ne crois pas non plus à sa culpabilité. Ça nous ramène donc…

- Au département des Mystères, acheva Luna.

Les deux Aurors se tournèrent vers le panneau accroché sur le mur du fond. Il donnait une vue d'ensemble des différents protagonistes et des liens entre eux. Une flèche reliait Potter Corp. a une liste de douze noms.

-J'ai vérifié chaque nom, dit Luna. Aucun ne semble avoir de lien avec Harry ou son entreprise.

- Et avec Ron ?

- Il connaît certains d'entre eux, évidemment, puisqu'ils travaillent avec son département. Comme avec le nôtre d'ailleurs… mais rien qui dépasse le cadre strictement professionnel.

- Je vais tout de même me rendre chez Potter Corp. et présenter la liste à Harry. On ne sait jamais, peut-être qu'un nom lui évoquera quelque chose. Il faudrait également examiner leurs comptes bancaires. L'un d'eux a pu être grassement payé pour voler les plans.

- Je vais faire la demande, approuva Luna.

- Il n'empêche que tout ça n'a pas de sens, ragea Neville. Depuis la trahison d'Augustus Rockwood, les Langues-de-plomb sont soumis à un Serment Inviolable et tous leurs faits et gestes sont contrôlés par le Mangenmagot. Je ne vois pas comment l'un d'entre eux aurait pu divulguer les formules de Harry Potter ou partir avec ses plans sous le bras ! C'est totalement impossible !

- Je n'en suis pas si sûre, dit Luna.

Devant l'air interrogateur de Neville, elle s'expliqua.

-En fait, tous les jours, les Langues-de-plomb retirent des pièces consignées au Département des Mystères sans que ça pose le moindre problème… Ils le font à chaque fois que…

- Que nous avons besoin d'examiner une pièce dans le cadre d'une enquête, termina Neville à sa place. Sur demande expresse d'un Auror. Tu te rends compte de ce que ça veut dire ?

- Oui. Soit un Langue-de-plomb a rédigé une fausse demande pour justifier le retrait, soit l'instigateur de tout ceci est l'un des nôtres.

Neville frappa la cloison de ses poings. Complètement abattu, il laissa son front cogner lourdement le mur.

-Je ne peux pas y croire, dit-il. Non, je ne peux pas y croire.

- Neville… ne nous emballons pas. La première hypothèse est peut-être la bonne. Commençons par aller vérifier au Département des Mystères qui a eu accès à la zone où sont entreposés les plans. Nous pourrons ainsi identifier le Langue-de-plomb qui a procédé au retrait. Après nous aviserons.

- Oui. Oui… tu as raison, dit-il en se retournant. Je… je suis désolé… j'ai perdu les pédales…

Luna hocha la tête et lui fit un doux sourire. Dans un geste de réconfort, elle posa sa main sur son épaule.

-Rentre chez toi, dit-elle gentiment. Prends un peu de repos. Tu n'es plus en état de réfléchir correctement.

- Heureusement que tu es là, dit-il en posant sa main sur la sienne.

Sans préméditation, Neville fit un pas de plus vers sa collègue et la serra dans ses bras. L'étreinte dura toutefois un peu plus longtemps que ce qui était socialement acceptable.

-Neville, je…

- Non, souffla Neville. Ne dis rien. S'il te plaît. Juste… un moment.

Le corps de Luna se détendit progressivement et Neville ferma les yeux quand il sentit les bras délicats de celle qu'il aimait entourer ses épaules. Au bout de quelques secondes, il n'y tint plus. Il s'écarta lentement, sa bouche effleurant la joue de Luna jusqu'à arriver à la commissure de ses lèvres. Avec une infinie douceur, il l'embrassa et eut la pensée fugace que chaque minute de sa vie aurait dû ressembler à ça… Ce qu'il ressentit alors le submergea à tel point qu'il se recula brutalement, catastrophé par ce qu'il venait de faire.

-Je… hm… je vais aller au Magenmagot pour obtenir un mandat de perquisition…

- Vu l'heure tu ne trouveras plus personne.

- Heu… oui, évidemment. Je… j'irai demain matin à la première heure.

Pour se donner une contenance, il retourna à son bureau et commença à ranger les papiers qui s'y trouvaient.

-Je crois que nous avons fini pour aujourd'hui, dit-il sans oser regarder la jeune femme.

Celle-ci hocha la tête et se dirigea vers la porte. Mais avant de sortir du bureau, elle dit :

-Quitte-la.

- Quoi ?

- Ta femme. Si tu veux être avec moi, quitte-la. Et après seulement, on pourra envisager quelque chose.

- Je… Luna… ce n'est pas si simple… j'ai…

- Alors ne refais plus jamais ça.

Luna partit en refermant doucement la porte, laissant Neville encore plus embarrassé qu'il n'était déjà.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

Bzzzz… Bzzzz… Bzzzz…

Harry Potter jeta un regard courroucé vers son portable, dont la sonnerie interrompait ses activités. Il songea un moment à laisser filer l'appel sur sa messagerie avant de voir le nom de son correspond s'afficher sur l'écran.

-Allô ?

- Salut.

- Salut Draco.

- Je te dérange ? Tu dormais ?

- Non pas encore. Comment ça va ?

- Ça va. Et toi ?

- Ça va.

Bon sang, c'était quoi ça pour une conversation ? se dit Harry en fermant les yeux. Ils en étaient donc déjà là ? A ne plus rien avoir à se dire au téléphone ?

-Je… hm… et le procès ? Ça se passe comment ?

- On a la confirmation que Tuckle est bel et bien instrumentalisé par quelqu'un. Le mois dernier, il a reçu une très grosse somme d'argent.

- Russell Davies ?

- Non. Une société du Belize. Mais il y a des chances que Davies soit derrière.

- L'enquête de Meredith a donné quelque chose ?

- Ouais… Tuckle et Davies se sont vus chez lui à huit reprises depuis que je l'ai muté au département faillite. C'est beaucoup pour de simples collègues de travail…

Draco soupira. Harry pouvait entendre à sa voix qu'il était épuisé.

-On a aussi découvert qu'il a eu plusieurs contacts avec deux des associés membres du conseil d'administration, ces quatre derniers jours.

- Il rassemble ses partisans ?

- Oui. J'en ai parlé avec Pansy. On va réunir le Conseil d'administration dès demain pour leur exposer ma volonté d'aller au procès et procéder à un vote de confiance.

- Un vote ? Mais… c'est ton procès ! Ça ne regarde que toi ! Pourquoi doivent-ils voter ?

- Si un associé du cabinet, a fortiori un associé gérant est poursuivi en justice, le Conseil doit approuver à la majorité, la stratégie de l'associé et lui accorder sa confiance. C'est indispensable vis-à-vis de nos clients, de nos concurrents et des membres du cabinet qu'on leur montre que le conseil est uni et en accord avec l'associé visé par la plainte.

- C'est… c'est dingue…

- C'est comme ça que ça se passe en droit américain. Sorcier ou non.

- Tu auras la majorité n'est-ce-pas ? demanda Harry, clairement inquiet.

- Oui. C'est pour ça qu'on réunit le Conseil demain. Afin que Davies n'ait pas le temps de convaincre d'autres membres.

- Oui… oui, c'est la meilleure chose à faire.

Draco ne répondit pas mais Harry pouvait entendre sa respiration un peu saccadée à l'autre bout du fil.

-Harry… je…

Nouveau silence.

-Draco, qu'y a-t-il ?

- Je… merde, c'est idiot… je…je voudrais que tu sois là. Juste… là.

Cet aveu, lâché dans un souffle, lui fit mal. Submergé par la culpabilité, Harry tenta d'avaler la boule douloureuse qui s'était formée dans sa gorge.

-Moi aussi, se contenta-t-il de murmurer.

- Je suis pathétique, n'est-ce-pas ?

- Bien sûr que non ! Tu es anxieux ! C'est normal ! Qui ne le serait pas à ta place ? Mais tout va bien se passer, j'en suis sûr.

- Ouais, je sais… il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Mais bon… je serai soulagé quand ce sera fini.

- C'est à quelle heure ?

- 10 heures.

- 15 heures ici. Tu me tiendras au courant ?

- Bien sûr.

- Draco, tu n'es pas seul. Pansy, Meredith, Théo, Blaise, Hermione… Moi. On est tous avec toi.

- Je sais. Merci.

Le silence se fit à nouveau. Mal à l'aise, Harry ne savait pas trop quoi dire pour alimenter la conversation.

-Tu… hm… tu fais quoi là ?

- J'allais dormir.

- Hm… tu as toujours les jouets que je t'ai offerts ?

- Je… oui, évidemment mais… je suis désolé Draco, là, je le sens pas trop… La journée a été pénible, je dois me lever tôt demain… enfin, tu vois…

- Oui, pas de problème. Tu veux en parler ?

- De quoi ?

- De ta journée de merde.

- Oh… ce n'est rien. Juste… des futilités. Tu as autre chose à penser, de plus important.

- Tu es important.

Harry serra les dents. Il était presque sur le point de pleurer.

-Harry ? Est-ce que ça va ?

- Oui, oui… je… je crois que je stresse un peu, c'est tout… je serai content quand ce sera fini.

- Ouais, moi aussi… Bon. Je vais te laisser dormir.

- Merci d'avoir appelé.

- Pas de quoi. Bonne nuit Harry.

- Bonne nuit Draco.

Harry raccrocha et jeta le portable au bout du lit.

-Quand est-ce que tu vas lui dire ? demanda Olivier, allongé à côté de lui.

- Lui dire quoi ?

- A propos de nous.

- Olivier, soupira Harry… on en a déjà parlé… c'est trop tôt…

- C'est trop tôt ou bien tu hésites ?

N'obtenant pas de réponse, Olivier se redressa et s'assit dans le lit.

-Harry… je vais être honnête. Je suis bien avec toi, et j'ai envie que ça continue. Mais je refuse d'être une relation épisodique, un sex-friend et encore moins un amant secret. Moi, ce n'est pas un amant que je veux, c'est un compagnon. Si tu n'es pas en mesure de me donner ça, alors je préfère qu'on arrête.

- Tu sais que j'ai horreur qu'on me mette la pression…

- Je ne te mets pas la pression. Je te dis simplement les choses. Clairement. Sans faux semblants.

- Moi j'appelle ça de la pression.

- Désolé que tu le prennes comme ça. C'est juste que… je t'aime, Harry. Comme je n'avais jamais aimé auparavant. Et j'en crève de devoir le cacher.

- Comment peux-tu être si sûr de toi ? On s'est revu il y a quelques semaines à peine.

- Appelle-ça un coup de foudre. Je t'ai vu et j'ai su que c'était avec toi que je voulais passer le reste de ma vie.

Harry haussa les épaules, moitié amusé, moitié agacé par le discours d'Olivier.

-Tu es vachement fleur bleue pour un mec, plaisanta-t-il.

- Et toi, tu ne l'es pas assez… Harry, je ne te demande pas d'emménager avec moi après-demain. Je te demande juste de me dire si j'ai une chance d'être le bon. Celui avec qui tu voudras construire quelque chose.

La question était loin d'être simple. Olivier était vraiment quelqu'un de bien. Gentil, spirituel, tendre, humble, optimiste. Très beau aussi… il avait toutes les qualités pour lui. Il était plutôt conventionnel côté sexe mais ça n'empêchait pas Harry d'apprécier, même si ce n'était pas Draco. Draco et son emportement, son caractère de merde, son arrogance, sa vulgarité aussi. Draco et sa fougue, sa fierté, son intelligence. Sa fragilité.

Draco et ses peurs. Immuables.

Harry, lui, avait changé. Il le réalisait en cet instant.

Le plus ironique, c'était que l'instigateur de ce changement était Draco lui-même. Il en était tombé amoureux, au point de vouloir avec lui ce qu'il n'avait voulu avec aucun autre avant lui. Au point de vouloir la seule chose que Draco lui refuserait à jamais.

Etait-il en mesure de le faire changer ? Etait-il seulement en droit de le faire ?

Avec un pincement au cœur, il comprit qu'il ne cesserait jamais d'aimer Draco, mais il comprit surtout que s'ils continuaient, ils finiraient un jour par se détester. Encore plus fort qu'autrefois.

Il regarda Olivier et l'évidence le frappa. Olivier était un homme avec qui il était possible de construire quelque chose. Harry et lui n'avait aucun passé compliqué, jalonné de haine et de jalousie. Ils n'avaient jamais été ennemis ou rivaux. Olivier n'était pas hanté par les fantômes d'un passé qu'il ne parvenait pas à oublier, il ne portait pas le poids d'un nom de famille honni. Il était lui, tout simplement. En accord avec lui-même. Serein.

Et puis, Olivier n'avait pas peur de dire je t'aime. Il le disait tout le temps. Et Harry se rendait compte combien il avait eu besoin d'entendre ces mots.

- Je ne peux rien dire à Draco maintenant, dit-il sans répondre à la question d'Olivier. C'est… je ne peux pas lui annoncer ça par téléphone ou par mail ou… Je dois le voir en face, tu comprends ?

- Oui, bien sûr que je comprends.

Sans plus attendre, Olivier allongea Harry sur le dos et se mit à le couvrir de baisers, en lui murmurant qu'il l'aimait. Harry ferma les yeux, transporté par sa voix chaude et ses caresses brûlantes. Encouragé par les gémissements et l'abandon de Harry, Olivier glissa un genou entre ses cuisses afin de mieux se positionner entre elles. La réaction ne se fit pas attendre. D'un coup de rein, Harry renversa leurs positions.

-Harry, je…

- Retourne-toi.

Olivier ne discuta pas. Ce n'était pas encore ce soir qu'il posséderait l'homme qu'il aimait.

Harry ferma les yeux, ne faisant rien pour chasser le visage aux yeux gris qui s'incrustait derrière ses paupières.

L'adultère du cœur était infiniment plus douloureux que celui du corps.

O°O°O°O°O°O°O

28 novembre 2014 – Potter Corp., La City, Londres

La journée du vendredi avait été interminable. Harry avait été d'une humeur de chien, à tel point qu'il était parvenu à faire pleurer Peggy. Consterné par son propre comportement et après une bonne engueulade d'Hermione, il s'était répandu en excuses et dans la foulée, avait fait livrer à sa secrétaire un bouquet de quarante roses blanches.

A 18 heures, il n'avait toujours pas de nouvelles de Draco. Il avait beau appuyer sur la touche « refresh » de son ordinateur portable, sa messagerie personnelle stagnait désespérément.

-Qu'est-ce qui ne va pas ?

Il leva le nez pour voir Hermione en face de lui, le front barré d'un pli soucieux.

-Comment fais-tu pour toujours entrer sans que je t'entende, rouspéta-t-il.

- Harry… s'il te plaît. Je ne plaisante pas. C'était quoi cette crise de colère tout à l'heure ?

- Je me suis excusé.

- Je sais. Ce n'était pas ma question.

Harry se renfonça dans son fauteuil en soupirant.

-J'attends des nouvelles de Draco. Il… il devait passer devant le conseil d'administration de son cabinet à propos du procès.

- Blaise me l'a dit. Mais ces choses prennent du temps… il t'appellera sûrement ce soir.

- Hm… oui, sûrement.

Hermione n'était pas complètement rassurée. Elle n'insista pourtant pas et s'apprêta à quitter le bureau.

-Hermione ? Attends…

- Qu'y a-t-il ?

- Assieds-toi, si tu veux bien.

Clairement inquiète, elle prit place dans un siège. Harry ne la regardait pas, préférant fixer un point quelque part à ses pieds.

-Je couche avec Olivier, lâcha-t-il soudain.

- Tu… ? Je ne comprends pas… Olivier ? Olivier Dubois ?

- Oui.

Elle écarquilla légèrement les yeux. Elle savait que les deux hommes se voyaient souvent mais elle n'avait pas imaginé un instant qu'il puisse y avoir entre eux autre chose que de l'amitié.

-Depuis quand ?

- Suffisamment longtemps pour savoir qu'il me plait et que je suis bien avec lui.

- Draco le sait ?

-Non. Ce sont nos règles. Pas de nom.

- Dans vos règles, il y a aussi « jamais deux fois avec le même », releva Hermione.

Comme il ne répondait rien, elle claqua la langue avec exaspération.

-Harry, laisse tomber, ok ? Tu sais comme moi que ces règles, c'est n'importe quoi ! Tu n'en as jamais voulues et tu ne les jamais respectées ! C'était juste un moyen pour toi de garder Draco !

Harry haussa les épaules en soupirant.

-Tu vas le lui dire ? demanda-t-elle.

- Je n'en sais rien. Olivier veut que je le fasse mais…

- Mais quoi ? Ne me dis pas que tu espères jouer sur les deux tableaux !

-Et pourquoi pas ? C'est bien ce que lui fait, non ?

- Pourquoi ta relation avec Draco pose problème tout d'un coup ? Je croyais que tu étais amoureux de lui ?

Harry releva la tête, évitant toujours de croiser son regard.

-C'est vrai. Je l'aime toujours et ça ne cessera pas de sitôt. Mais avec lui, c'est impossible. Je m'en rends compte aujourd'hui. Je souhaite des choses qu'il ne peut pas me donner ou qu'il ne veut pas me donner… on tourne en rond et j'en ai assez. J'ai besoin d'avancer, de me stabiliser… Tu vois, sourit-il tristement, j'ai fini par t'écouter.

Hermione, elle, ne souriait pas vraiment.

-Je ne sais pas quoi dire.

- Eh bien, déjà me dire que tu me soutiens, ce serait bien…

- Je suis ton amie, Harry, tu le sais… Rien ne pourra changer ça. Mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec toi.

- Ah bon ? Tu penses que je dois rester avec un mec qui me trompe à longueur de journée ? Qui n'est pas foutu de se satisfaire de moi et seulement de moi ?

- Il ne t'a jamais menti sur ce qu'il était et ce qu'il voulait…

- Oui, eh bien ça ne me convient plus ! s'énerva Harry.

- Tu lui en as parlé ?

- Quand Hermione ? Dis-moi quand ? Depuis qu'il est rentré à New-York, il m'a appelé trois ou quatre fois, à peine ! Il m'a tout juste envoyé trois mails !

La jeune femme se mordit la joue, partagée entre de la tristesse pour son meilleur ami et de la tristesse pour un homme qu'elle avait appris à connaître et à apprécier.

-Tu es malheureux avec lui ? demanda-t-elle.

- Non, avoua Harry après un moment. Je suis malheureux sans lui. C'est à dire à peu près tout le temps. Car même quand il est avec moi, il est absent. Son corps est là, son âme aussi… mais pas son cœur. Et ça, je ne parviens plus à le supporter.

- Et Olivier ? Il te rendra heureux ?

Harry détourna à nouveau les yeux.

-Est-ce que Blaise te dit qu'il t'aime ? demanda-t-il d'une voix très basse.

- Oui… oui, il me le dit souvent.

- Alors tu as ta réponse.

Hermione hocha doucement la tête. Elle le comprenait. Et comme toujours, elle le soutiendrait et le protégerait.

-Tu dois le lui dire, Harry.

- Je sais, souffla-t-il. Je le ferai.

- Ok, murmura-t-elle.

Elle se leva, espérant que Harry tienne parole.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

Deux heures plus tard, Harry reçut un mail.

« Tout s'est bien passé. Je serai à Londres samedi prochain, je te raconterai tout à ce moment-là. Cette semaine va être très chargée, ce sera difficile pour moi de t'appeler. A bientôt. DM ».

-Harry ? Tu viens ? Notre table est réservée pour 20 heures 30 au Feng Shui. Si on est en retard, ils vont la refiler à quelqu'un d'autre !

- J'arrive.

Une semaine. Il lui restait une semaine pour trouver comment dire adieu à Draco.

O°O°O°O°O°O°O

Chinatown, Londres

Blaise avait passé une excellente soirée.

Une fois par an, il se retrouvait avec cinq de ses amis de la faculté de psychomagie pour évoquer leurs souvenirs et surtout rester en contact avec les deux d'entre eux qui avaient quitté Londres pour Glasgow et Dublin. Cette année, ils s'étaient réunis au Weng Fu, un restaurant de Chinatown.

Il remonta le col de son manteau pour se protéger du froid et s'engagea dans Wardour Street. Là, à l'angle d'un établissement qui s'appelait le Feng Shui, il y avait une petite ruelle toujours déserte où il pourrait transplaner à l'abri des regards. Arrivé à proximité du lieu, il dut cependant constater que la ruelle n'était aussi déserte que ça. Deux hommes discutaient.

-Tu as passé une bonne soirée ? demanda le premier.

- Merveilleuse. Comme toujours avec toi, répondit le deuxième.

Blaise fronça les sourcils. Il connaissait cette voix. Subrepticement, il jeta un coup d'œil en direction du couple. Mais il faisait bien trop noir pour y voir quelque chose.

-On rentre ? reprit le premier.

- Pressé ?

- Pas toi ?

- Je ne sais pas… j'ai envie de me promener. De m'émerveiller des lumières de la ville. De te tenir la main.

- Hm… Harry Potter deviendrait-il romantique ?

- A qui la faute ?

Tout le corps de Blaise s'était tendu. Il se pencha une fois encore pour regarder dans la ruelle. Le couple était en train de s'embrasser. Et ce n'était pas un doux et chaste baiser. Quand ils se séparèrent, Blaise n'eut qu'une fraction de seconde pour se coller au mur afin de ne pas être vu. Quand les deux hommes émergèrent dans Wardour Street, inconscients d'avoir été épiés, la lumière du réverbère éclaira une fraction de seconde le visage bien connu du Sauveur du monde sorcier.

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6 décembre 2014 – Terminal des Portoloins de Londres-Chemin de Traverse

-Le portoloin 863 en provenance de New York – Avenue Perpendiculaire, de 19h24, est arrivé au terminal numéro 6. Les passagers sont invités à sortir par le couloir est.

Harry n'avait jamais été aussi nerveux de sa vie. Ou peut-être que si mais il ne s'en souvenait plus. Pour la centième fois, il frotta ses paumes contre la surface rugueuse de son jeans.

Non sans mal, il était parvenu à convaincre Olivier de lui laisser le weekend pour annoncer la nouvelle à Draco. Ils s'étaient disputés. Olivier avait reproché à Harry de ne pas vraiment vouloir mettre fin à cette relation. En étant parfaitement honnête avec lui-même, Harry devait avouer qu'il n'avait pas tort. Une petite voix perfide dans sa tête et dans son cœur, lui dictait de ne rien dire, de profiter de ce weekend avec Draco et de le laisser repartir à New-York dans l'ignorance. Mais il n'était pas comme ça. Et puis, Draco ne méritait pas ça. Car malgré ses défauts, son infidélité chronique, Draco ne lui avait jamais menti.

Il lui parlerait. Dès ce soir.

Un flot de passagers envahit le couloir est. Harry se leva. Il ne tarda pas à apercevoir parmi la foule, la silhouette longiligne de Malefoy. Son cœur accéléra. Leurs regards se croisèrent. Son cœur accéléra encore. Draco joua des coudes pour se frayer un chemin. Il pressait le pas. Il courait presque. Draco courait vers lui.

Harry fit un pas en avant. Puis deux. Il marcha. De plus en plus vite. Il finit par courir lui aussi. Son cœur allait exploser. Une seconde plus tard, des bras forts se refermaient autour de lui. Un souffle tiède se perdait dans son cou.

-Tu m'as manqué Harry.

Oui. Il lui parlerait.

Demain.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

-Je te sers quelque chose à boire ? demanda Harry en jetant sa veste sur une chaise de salle à manger.

Draco le regarda se précipiter derrière le bar alors que lui était seulement en train de déboutonner son manteau et de retirer son écharpe.

-Oui. Je veux bien.

- Un whisky pur feu, ça va ?

- Parfait.

Les gestes de Harry étaient tellement fébriles et saccadés qu'il faillit renverser la bouteille d'Ogden's Old. Il expira lentement et serra les poings pour tenter de se calmer. Au prix d'un certain effort, il parvint à remplir les verres et les amener au salon où se trouvait Draco.

-Tiens, dit-il en lui fourrant le verre en main.

Immédiatement, il but une longue gorgée du sien sous le regard moqueur de Draco. Celui-ci but à son tour, plus modérément puis retira le verre des mains de Harry. Il le posa sur la table basse en même temps que le sien.

-Allons, allons… pourquoi es-tu si nerveux ? murmura Draco en entourant sa taille de ses bras et en l'attirant à lui.

- Je… je ne suis pas nerveux, protesta faiblement Harry.

- A peine. On dirait que tu vas vomir ton quatre-heures. Ou que tu as peur de te faire dépuceler. Ou les deux ?

- Idiot, souffla Harry, faussement vexé.

Draco rigola gentiment avant de retrouver son sérieux et de regarder Harry avec gravité.

-Je t'ai manqué à ce point-là ?

- Tu n'as pas idée…

- Je suis content de savoir que tu n'as trouvé aucun amant capable de te satisfaire aussi bien que moi…

Harry ne put réprimer un frisson. Draco en tira, fort heureusement, la mauvaise conclusion.

-Hm… mon petit Gryffondor est en manque de sexe… Nous allons remédier à ça sans tarder.

Il se pencha et embrassa Harry avec lenteur. Pendant ce temps, ses mains se faufilaient sous le pull en laine, caressant doucement ses flancs. Harry renonça à garder la maîtrise de lui-même quand un doigt aérien retraça la cambrure de ses reins. Il s'appuya sur les épaules de Draco et entoura sa taille de ses jambes. Draco le porta jusqu'à la chambre où il le posa sur le bord du lit avant de s'agenouiller devant lui. Il souleva le pull et le fit passer par-dessus sa tête. Ses mains glissèrent le long des bras, remontèrent vers les épaules pour ensuite redescendre sur ses pectoraux. Sa bouche suivit de près, posant des baisers humides le long de son ventre, jusqu'à la lisière de son jeans.

Le souffle court, Harry le regardait faire. Son cœur accéléra quand il vit le regard affamé de Draco. Celui-ci terminait de déboutonner le jeans, écartant les pans pour dévoiler un boxer rouge vif. Il posa la bouche sur le tissu, mordillant doucement ce qui se cachait dessous. Harry gémit sourdement, la tête rejetée en arrière. Il sentit les doigts fins se glisser sous l'élastique et d'un coup sec, abaisser le pantalon et le sous-vêtement. Ses chaussures et ses chaussettes disparurent avant qu'il ait eu le temps de s'en rendre compte, le laissant totalement nu.

Draco se recula un instant pour admirer la vue qui s'offrait à lui, celle d'un sexe pourpre et gonflé, émergeant d'une toison noire et dense, tellement raide qu'il collait presque au ventre hâlé de Harry.

Il releva les yeux vers son amant. Ses lèvres étaient entrouvertes, exhalant un souffle précipité, ses joues étaient roses et ses pupilles dilatées par le désir. Draco tendit la main, saisit le sexe brûlant et le tira vers lui. Il ouvrit lentement la bouche et s'approcha. Une douce euphorie s'empara de lui quand il goûta la chair chaude et velouté posée sur sa langue.

Lorsqu'il referma les lèvres autour du membre de Harry, il entendit celui-ci émettre un râle de plaisir tellement érotique que son propre sexe pulsa dangereusement dans son caleçon. Il tenait Harry en son pouvoir, rien qu'avec sa bouche et le savoir était proprement grisant. Transporté par cette seule pensée, il se mit à le sucer avec un enthousiasme bruyant.

Harry lui, luttait pour se contrôler. Il ne voulait pas jouir maintenant mais avec un tel traitement, il était certain de ne pas tenir longtemps. Une succion encore plus vigoureuse que les précédentes, suivie d'une langue fine qui lécha sa fente si sensible, finit par l'emporter.

- Oh Merlin… Merlin… je vais… AAAAAH !

Draco sentit une première giclée de sperme au fond de sa gorge, suivie d'une deuxième et d'une troisième. Harry s'était accroché à ses cheveux, s'enfonçant frénétiquement dans sa bouche offerte comme s'il ne pouvait plus s'arrêter de jouir. Il finit par expirer lentement et profondément, cessant tout mouvement du bassin. Draco le lécha une dernière fois, satisfait.

Il se releva lentement.

-Recule-toi, dit-il d'une voix basse.

Harry obtempéra, se plaçant au milieu du matelas, dos à la tête de lit.

Sans un mot, Draco commença à se déshabiller. Il se déchaussa, puis déboutonna sa chemise lentement. Il l'ouvrit sur son torse d'albâtre et la laissa glisser le long de ses bras. Elle atterrit au sol dans un doux bruit d'étoffe froissée. La ceinture fut débouclée, les boutons du pantalon détachés un à un, sans précipitation. Le pantalon tomba à ses chevilles. Il l'enjamba. Haletant, Harry le regarda passer ses pouces sous l'élastique du boxer noir et le faire descendre le long de ses interminables jambes. Il durcissait à nouveau.

Calmement, Draco monta sur le lit, avançant à genoux dans la direction de Harry, son sexe dressé tressautant à chaque mouvement, et vint s'asseoir sur ses cuisses. Il entoura son visage de ses mains et se pencha pour l'embrasser. Harry savoura ce baiser comme un assoiffé qui reçoit une gorgée d'eau.

Brusquement, il réalisa que c'était peut-être la dernière fois qu'ils faisaient l'amour. Alors, il s'accrocha désespérément à Draco, nouant ses bras autour de son cou, l'embrassant comme un possédé. Draco dut se rendre compte de son trouble car il s'écarta de lui, juste le temps de poser son front contre le sien et de caresser ses cheveux.

-Tout va bien Harry… tout va bien…

Non. Tout n'allait pas bien mais ça, Draco ne pouvait pas le savoir.

Déterminé à oublier ce qu'il adviendrait d'eux dans les heures prochaines, il saisit les fesses de Draco et l'invita à se remettre sur les genoux, de façon à avoir son sexe à hauteur de sa bouche. Lentement, il lécha la verge du plat de la langue avant de suçoter le gland. Draco respirait fort. Il avait les yeux fermés, comme pour mieux se concentrer sur ce qu'il ressentait.

-Baise-moi la bouche, souffla Harry.

Draco tressaillit. Les doigts enfouis dans les mèches brunes, il attira le visage de Harry tout contre son haine et commença un va-et-vient. Il gémit sourdement quand il sentit son membre s'enfoncer profondément dans la gorge chaude et parfaitement détendue. Il tint fermement la tête de Harry tandis que ses coups de reins se faisaient plus vifs et plus rapides.

-Putain Harry… tu me rends fou…

Incapable de prononcer le moindre mot, Harry se contenta de lever vers Draco un regard débordant de débauche. Le blond était au bord de la rupture. Usant de toute sa volonté, il garda le contrôle de lui-même et se retira. Son sexe luisant rebondit contre le menton de Harry, entrainant avec lui un filet de salive.

Sans attendre, il se positionna entre les cuisses de son amant et tira son bassin vers lui pour qu'il se retrouve en position allongée.

-J'ai eu envie de toi toute la journée, murmura-t-il. A vrai dire, j'ai toujours envie de toi. Parfois, je n'arrive même pas à penser à autre chose qu'à nous, faisant l'amour encore et encore. Tu me fais bander, Harry. Quasiment en permanence.

Patiemment, il promena ses longs doigts sur les épaules, sur l'intérieur des bras, jusqu'aux paumes.

Harry exhala un son rauque, à mi-chemin entre la plainte et le soupir. Tout son corps se cambra dans un frisson de plaisir. Draco était le seul capable de l'embraser juste du bout des doigts.

Conscient de l'effet qu'il lui faisait, Draco fit le chemin inverse pour redescendre sur le torse, caressant au passage les tétons, dessinant le contour de chaque muscle, du nombril, se perdant dans la toison brune qui entourait la plus magnifique érection qui lui ait été donnée de voir.

Doucement, presque avec paresse, il branla la hampe dure et chaude.

-J'aime ton corps. J'aime le toucher, le caresser, le faire s'abandonner à moi, dit-il d'une voix si douce qu'elle semblait presque irréelle.

Dans un état second, Harry bougea frénétiquement les hanches, à la recherche de plus de contact avec cette main miraculeuse, cette main qui parvenait mieux que quiconque, à lui faire ressentir tant de choses.

-J'aime parvenir à te faire jouir de toutes les façons possibles et imaginables. J'aime te regarder quand l'orgasme te prends et savoir que tu jouis pour moi. Rien que pour moi…

Un sanglot s'échappa de la gorge de Harry, malgré lui. Draco ne parlait jamais comme ça. Certes, il aimait les mots crus pendant le sexe car il savait que ça attisait le désir de Harry, tout comme le sien. Mais jamais, il ne s'était livré de la sorte.

Draco continua à le masturber d'une main, tandis que de l'autre, il lui caressait l'intérieur des cuisses. Il se baissa, embrassa la peau tendre de l'aine, puis ses bourses avant de s'allonger sur le ventre. Délaissant son érection, il plaça les mains sous les fesses de Harry et les souleva, les écarta, dévoilant son intimité.

Il darda la pointe de sa langue sur le petit trou, qui pulsa sous la caresse. Puis, il le lécha. Interminablement.

-Draco… baise-moi. Par pitié, baise-moi.

Avec un sourire sadique, Draco continua son occupation tandis que Harry s'agitait avec désespoir.

Finalement, Draco se remit à genoux.

-Ma baguette est restée dans le salon. Tu as du lubrifiant ?

- Tiroir de droite, grogna Harry.

Draco s'étendit de tout son long pour accéder au dit tiroir, amenant son sexe à proximité du visage de Harry. Celui-ci en profita le happer entre ses lèvres et le sucer goulûment. Il en ressortit quelques secondes plus tard avec pop sonore et un peu comique.

-Tsssst… petit Gryffondor sournois, le tança gentiment Draco en se penchant sur Harry pour l'embrasser. Pas comme ça… Je veux te baiser et jouir en toi. Te baiser tellement fort que tu t'évanouiras.

- Bordel de merde... vas-y !

Avec un sourire en coin, Draco déboucha le tube de lubrifiant et en fit couler une généreuse quantité sur ses doigts. Il empoigna son sexe et le branla avec une lenteur exagérée sur toute sa longueur, provoquant un bruit humide.

Après ce qui lui sembla une éternité, Harry sentit le gland mouillé se positionner devant son entrée. Il releva les jambes et les posa d'autorité sur les épaules de Draco, facilitant l'accès à son trou affamé. Draco bougea les hanches, s'insinuant progressivement, forçant délicatement le passage, jusqu'à se retrouver totalement enveloppé dans un tunnel chaud et divinement étroit.

-Mmm… c'est tellement bon, Harry…

Pendant de longues minutes, il bougea incroyablement lentement. Entrant profondément, se retirant presque entièrement mais pas tout-à-fait. Entre l'une ou l'autre poussée, il posait un baiser aérien sur le mollet de Harry ou caressait sa cheville avec sa joue.

-Plus fort, murmura Harry. Prends-moi plus fort…

Draco obéit en donnant un fort coup de rein. Il en fut remercié par un râle animal qui l'excita atrocement. La frénésie prit possession de son corps et il se mit à pilonner Harry avec la dernière des énergies. Celui-ci suivit son rythme en se masturbant violemment, en demandant toujours plus. Ils criaient, haletaient, geignaient, explorant dans la plus parfaite osmose le territoire de la baise brutale et primaire. Leur plaisir était tel qu'il confinait presque à la folie.

Tous les deux surent exactement le moment où l'autre était sur le point de succomber.

Draco donna un coup de rein plus puissant que les autres. Harry se contracta encore plus fort. Draco passa ses bras autour de la taille de son amant et l'attira sur ses genoux. Harry se laissa tomber, s'empalant sur le sexe volumineux qui le pénétra jusqu'à la garde. Draco cria. Harry aussi. Draco eut l'impression d'être avalé par un vortex. Harry convulsa.

L'orgasme jaillit de leur corps quasiment au même instant. Harry retomba sur le matelas, se cambrant alors qu'un filet de sperme fusait hors de lui pour atterrir sur son ventre. Draco sentit sa propre semence se répandre à l'intérieur et déborder de l'anus dont il abusait sans remord. Il donna encore quelques coups de rein, avant de s'écrouler à son tour, vidé de toute énergie.

Il leur fallut de longues minutes avant de récupérer leur souffle. Dans un silence bienfaisant, ils restèrent sans bouger, écoutant les battements de leur cœur s'apaiser, leur respiration se calmer.

-Ne crois pas que j'en ai fini avec toi, murmura Draco après un temps. Je veux te faire l'amour toute la nuit.

- J'y compte bien, répondit Harry, amusé.

Draco releva la tête et le regarda avec un regard tellement sérieux que Harry en frissonna. Il lui caressa doucement la joue.

-Tu sais Harry… qu'on le veuille ou non… entre nous, c'est éternel.

Harry écarquilla démesurément les yeux.

-Je veux dire, continua Draco, que quoi qu'il arrive, nous ne pourrons jamais oublier. Ni le bon. Ni le mauvais. C'est comme ça.

- Pourquoi dis-tu ça ? demanda Harry d'une voix sourde.

Draco sourit tendrement.

-Pour rien. Il faut croire que l'orgasme me rend philosophe… c'est assez inquiétant en fait, rigola-t-il.

Harry sourit à son tour, un peu déstabilisé quand même.

-Mais trêve de bavardages, murmura Draco. Nous avons mieux à faire, tu ne crois pas ?

- Si… je le crois.

Il se redressa, faisant rouler Draco sur le dos. Puis il l'embrassa. C'était un baiser urgent, suppliant. Une prière pour un pardon qu'il ne méritait pas.

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7 décembre 2014 – Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

Harry n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'il était seul dans le lit. Ça ne l'étonnait pas. Draco semblait ne jamais souffrir du décalage horaire.

Lui par contre, aurait encore bien dormi quelques heures de plus. Ne fût-ce que pour retarder l'échéance qui approchait. A peine eut-il pensé cela qu'une boule énorme se forma dans son ventre. Il repensa à la nuit qu'ils venaient de passer, à ce que Draco lui avait dit.

Entre nous, c'est éternel.

Avec une infinie tristesse, Harry se dit qu'il avait raison.

Le cœur lourd, il se leva. En sortant de la chambre, il s'attendait à sentir la présence de Draco d'une manière ou d'une autre. Mais tout était parfaitement silencieux dans l'appartement. Où était-il passé ?

Une petite note posée sur le comptoir de la cuisine le renseigna.

« Quand tu auras émergé, rejoins-moi au 37, Charlwood Street, troisième étage. C'est un immeuble moldu à Pimlico. DM ».

Un immeuble à Pimlico ? Qu'est-ce que Draco pouvait bien faire là-bas ? Il ne s'interrogea toutefois pas plus longtemps. Il prit un cookie dans la boîte posée sur le plan de travail, ouvrit le frigo, but un peu de lait à même la bouteille et fila prendre une douche.

Dix minutes plus tard, il était lavé, habillé, presque nourri et prêt à partir.

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Pimlico, Londres

Le numéro 37 sur Charlwood Street était un immeuble typiquement londonien. Pas très haut, façade en briques brun-rouge et crépi blanc, portes à colonnades et grille en fer forgé à l'avant. De plus en plus intrigué, Harry grimpa les quelques marches qui menaient à la porte d'entrée et actionna la sonnette du troisième étage.

La porte s'ouvrit dans un bourdonnement. Il traversa le vestibule en direction d'un ascenseur ultra moderne qui contrastait avec le style victorien du bâtiment.

Arrivé au troisième, il fut accueilli par Draco qui se tenait à l'entrée d'un appartement. Un duplex, plus précisément. En souriant, il s'écarta pour laisser entrer Harry.

L'intérieur était magnifique. Parquet en chêne clair, murs blancs, plafonds stuqués, luminaires discrets et moderne. Tout semblait avoir été refait à neuf, pourtant l'endroit dégageait pour Harry une impression de déjà-vu.

Lorsque son regard tomba sur les œuvres d'art accrochées au mur, il comprit d'où lui venait cette impression : c'étaient les mêmes tableaux que ceux qui décoraient le loft de Draco à New-York.

-Qu'est-ce que c'est que cet endroit ? demanda Harry, perplexe.

- Bienvenue chez moi ! dit joyeusement Draco.

- Chez toi ? Comment ça, chez toi ?

- Je viens de l'acheter. Cet appartement était libre depuis des mois. Grâce à la magie, j'ai pu tout aménager en une semaine.

Harry secoua la tête.

-Je ne comprends rien… je croyais que tu étais à New-York toute cette semaine ?

- Oh, je ne m'en suis pas occupé moi-même, tu penses bien. Blaise et Théo m'ont aidé. Blaise avait une procuration pour signer l'acte de vente et Théo m'a trouvé des décorateurs et des déménageurs sorciers. Un jeu d'enfant.

- Mais… et ton loft à New-York ?

- Vendu. Je reviens vivre à Londres. Définitivement.

La mâchoire de Harry aurait pu se décrocher tant il était estomaqué par cette nouvelle.

-Ok, dit-il d'une voix blanche. On va reprendre depuis le début car là, j'ai dû louper quelque chose. Aux dernières nouvelles, tu avais un prestigieux cabinet d'avocat à New-York. Et surtout, un procès au cul qui demandait ta présence sur place.

Draco rigola devant son air ahuri.

-Comme je te l'ai dit dans le mail, tout est réglé avec le conseil d'administration. Finalement, ça s'est passé bien mieux que je ne le pensais.

- D'accord… mais… et le procès ?

- Tout ça pourra se faire sans moi.

- Et ton cabinet ?

- Pansy continue à le gérer à New-York. Moi je m'occupe dorénavant de la succursale londonienne.

- Le cabinet de Théo…

- Non, le mien. Théo travaille pour moi, je te rappelle.

Harry fronça les sourcils. Quelque chose lui échappait.

-Draco, dit-il patiemment. Que se passe-t-il au juste ?

- Je viens de te le dire. Je reviens vivre ici.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pourquoi tu as acheté et aménagé cet immeuble en une semaine à peine, alors que tu aurais très bien pu revenir chez moi le temps de…

- Tu sais très bien pourquoi, Harry, coupa Draco qui ne souriait plus du tout.

L'atmosphère dans la pièce se fit soudain pesante. Harry déglutit péniblement.

-Je ne comprends pas de quoi tu parles.

- Je parle d'Olivier Dubois. Vu votre récente relation, je ne pense pas qu'il apprécierait de savoir que je partage ton appartement.

La nuque de Harry se couvrit brusquement d'une sueur froide.

-Comment l'as-tu su ? demanda-t-il très bas.

- Ça n'a pas d'importance, répondit Draco un peu sèchement. La question est plutôt : quand comptais-tu me le dire ?

- J'allais le faire. Seulement, je… Je ne voulais pas t'en parler au téléphone, ou par mail, et certainement pas alors que tu étais en plein dans cette histoire de procès…

- Oh, tu es tellement attentionné, Harry. C'est touchant, se moqua Draco.

Harry soupira, complètement abattu.

-Je suis désolé Draco.

- Tu n'as pas à l'être.

Draco ne dégageait aucune hostilité, aucune animosité. Il était calme, presque résigné. Et cela effrayait Harry plus que tout.

-Si… si tu étais au courant… pourquoi as-tu quand même décidé de revenir vivre ici ?

Contre toute attente, Draco éclata franchement de rire.

-Oh là là, Harry, ce que tu peux être vaniteux par moment ! Toute ma vie ne tourne pas autour de ta petite personne, tu sais ! Pour ta gouverne, ça faisait un moment qu'avec Pansy, on trouvait nécessaire que l'un de nous vienne ici pour développer le cabinet à Londres. Cette histoire de procès a un peu retardé la décision, mais finalement me voilà. Tu n'as rien à voir là-dedans.

Cette réponse fit plus mal à Harry qu'il ne voulut bien l'admettre.

-Oui. Je m'en doute bien.

- Harry… c'est bon, on ne va pas en faire une histoire ! Dis-moi plutôt si c'est un bon coup ?

- Je te demande pardon ?

- Dubois ! Est-ce c'est un bon coup ? répéta Draco. Allez, tu peux me le dire…

- Ça… ça n'a rien à voir !

- Bien sûr que si ! rigola Draco. Je ne connais personne qui aime le cul autant que toi !

- Il n'y a pas que le sexe dans la vie, répliqua Harry, vexé.

- Il paraît… Personnellement, je pense que si.

- C'est vraiment ce que tu penses ? Qu'entre nous ce n'était que du sexe ?

Draco haussa les épaules.

-Je sais ce que tu veux m'entendre dire mais je ne le dirai pas.

- C'est bien là le problème ! s'énerva Harry. Olivier, lui, il me dit ce que j'ai envie d'entendre ! Il me dit ce que toi tu ne diras jamais !

- Eh bien tant mieux, soupira Draco.

Harry le regarda avec tristesse et incrédulité, consterné par son manque de réaction.

-C'est tout ce que ça te fait ?

Draco leva la tête et observa le plafond pendant un instant, comme s'il cherchait la meilleure façon de s'exprimer. En soupirant, il reporta son attention sur Harry.

- Qu'attends-tu de moi exactement ? Que je mette un genou en terre et que je te demande de m'épouser ? Tu sais très bien que ça n'arrivera jamais. Je ne suis pas comme ça, je ne veux pas de ça ! Et jusqu'il y a peu, tu n'en voulais pas non plus.

- J'ai changé. J'ai évolué… j'ai grandi.

- Grandi, répéta Draco en ricanant. C'est Théo et Justin qui t'ont foutu toutes ces niaiseries dans la tête ?

- Théo et Justin n'ont rien à voir là-dedans ! J'ai ouvert les yeux, c'est tout ! Nous n'avons pas d'avenir Draco… Pas de rêves en commun. Rien. Avec Olivier…

Harry s'interrompit. Il ferma les yeux un instant et reprit.

-Olivier m'aime, Draco. Il m'aime comme toi tu ne pourras jamais m'aimer !

Draco se mordit la lèvre inférieure. Il leva les mains dans un geste fataliste et d'un ton placide, il dit :

-C'est vrai. Je ne t'aimerai jamais de cette façon-là.

- Même si je le savais, ça fait un putain de mal de chien de te l'entendre dire, murmura Harry.

- Je suis désolé. Je ne veux pas te faire souffrir. Je ne l'ai jamais voulu.

- Pourtant, tu y arrives très bien.

- Alors, que fais-tu encore ici ?

Cette fois, le ton de Draco était brusque et moqueur. La douleur dans le cœur de Harry se fit plus intense.

-Je ne sais pas. Je crois que j'ai bêtement espéré que tu me demandes de rester.

- Tu as vraiment espéré ça ?

- Tu as envie que je reste ?

- Oh non, non, non, Harry, se moqua Draco… ne renverse pas les rôles. C'est ta décision. Pas la mienne.

Ils se fixèrent un moment sans ciller. Puis Harry hocha la tête.

-Tu as raison. C'est ma décision.

Il tourna les talons et repartit vers la porte d'entrée. Sur le seuil, il regarda son ex-amant une dernière fois.

-Prends soin de toi Draco.

- Toi aussi Harry.

Lorsqu'il entendit la porte se refermer doucement, Draco ferma les yeux.

-Il m'aime comme toi tu ne pourras jamais m'aimer.

- C'est vrai. Je ne t'aimerai jamais de cette façon-là.

Dans le silence de son nouvel appartement, de sa nouvelle vie, il murmura :

-Je t'aime bien plus que lui ne pourra jamais t'aimer. Et c'est pour ça que je te laisse partir.

A suivre...