DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Les dialogues de la série Queer as Folk appartiennent à Ron Cowen et Daniel Lipman.

Rating : M

Genre : romance / slash / Yaoi


Bonjour à tous,

Il n'y a pas de mots assez forts pour vous remercier pour vos reviews de la semaine dernière. Mille mercis à vous tous qui suivez cette histoire avec autant de passion !

Bonne lecture !


Chapitre 21 – It's a sin

"When I look back upon my life

it's always with a sense of shame

I've always be the one to blame"

(Pet shop boys)

13 décembre 2014 – Ecole de Sorcellerie de Poudlard

-Merci d'être venus Monsieur et Madame Miller. Veuillez prendre place, dit Minerva McGonagall en leur indiquant deux sièges recouverts de tartan rouge et vert.

- Professeur ? Il y a un problème avec Scorpius ? demanda immédiatement Archibald Miller en s'asseyant.

McGonagall prit place derrière son bureau.

-En effet Monsieur Miller. Les autres professeurs et moi sommes très inquiets au sujet de votre fils. Depuis près d'un mois, Scorpius est dissipé. Il est impertinent en classe et néglige ses devoirs. Ses notes sont en chute libre alors qu'aux premiers mois de l'année scolaire, il était le meilleur élève de sa classe.

- Ce ne peut être dû qu'à de mauvaises fréquentations, affirma Archibald Miller. Ce jeune Potter, avec qui il passe tout son temps, a sans doute une mauvaise influence sur lui !

- Absolument pas ! répliqua le professeur McGonagall. Bien au contraire ! Ce jeune garçon a tout essayé pour que son ami revienne à de meilleures dispositions mais en vain. Scorpius a même fini par abandonner la chorale et le club d'échecs, deux activités qu'il aimait pourtant plus que tout.

Archibald Miller soupira avec agacement.

-Ecoutez, dit-il abruptement. Scorpius est un excellent élève ! Il…

- Je sais d'où vient le problème, coupa Astoria. Nous n'avons jamais rien dit à personne mais… maintenant…

- Astoria ? De quoi parles-tu voyons ?

Elle ne prit pas égard à la question de son mari et s'adressa directement à la directrice, la regardant bien en face.

-Scorpius n'est pas le fils d'Archibald.

- ASTORIA ! DE QUEL DROIT TU…

- Ça suffit Archie ! Je ne peux pas me taire plus longtemps !

Minerva McGonagall croisa les mains sur son bureau, avant de dire, d'une voix posée :

-Il est le fils de Draco Malefoy, n'est-ce pas ?

- Vous racontez n'importe quoi ! s'écria Archibald. Scorpius est…

- Sauf votre respect, Monsieur Miller, je suis peut-être d'un âge avancé mais j'ai conservé de très bons yeux et une excellente mémoire, particulièrement quand il s'agit de mes anciens élèves. Quand Scorpius s'est assis sur le tabouret lors de la Cérémonie de Répartition, j'ai eu l'impression d'être revenue 23 ans en arrière, le 1er septembre 1991 au moment où Draco Malefoy s'asseyait à cette même place.

- Un enfant blond aux yeux bleus n'a rien de très spécifique, maugréa Miller.

- Archie, soupira Astoria. Ça ne sert plus à rien de nier…

Elle reporta son attention sur Minerva.

-Scorpius est bien le fils de Draco Malefoy. Et il le sait.

- QUOI ? éructa Archibald. MAIS COMMENT EST-CE POSSIBLE ? C'EST LUI HEIN ? IL N'A PAS TENU SA PAROLE ! J'AURAIS DU M'EN DOUTER ! CE SALE MANGEMORT ! JE VAIS…

- Monsieur Miller ! coupa sèchement le professeur. Je vous prie de modérer vos propos ! Aucune insulte ne sera proférée en ma présence, est-ce clair ?

Malgré le poids des ans, Minerva McGonagall était toujours aussi impressionnante, car Archibald Miller se racornit comme un enfant pris en faute.

-Depuis combien de temps Scorpius est-il au courant ? demanda-t-elle à Astoria.

- Un mois. Il m'a envoyé un hibou pour me dire qu'il l'avait découvert. Je ne sais pas comment… Il… il voulait que j'écrive à Draco pour organiser une rencontre… J'ai refusé.

- Vous avez démenti sa… découverte ?

- Non, admit Astoria. Ça n'aurait servi à rien. Scorpius est intelligent… je savais que ça arriverait tôt ou tard.

- Et quand comptais-tu m'en parler ? s'agaça Archibald.

- Je… bientôt, soupira son épouse. Mais je craignais ta réaction… manifestement j'avais raison…

- Comment oses-tu dire une chose pareille ? Je…

- Monsieur Miller, coupa Minerva McGonagall. Nous sommes ici pour trouver une solution au problème de Scorpius. Pas pour régler le différend avec votre épouse. Madame Miller ? Scorpius vous a-t-il encore écrit par la suite ?

- Oui, pratiquement tous les jours. Soit pour me poser des questions sur Draco, soit pour exiger de pouvoir le rencontrer. Je répondais évasivement et concernant son désir de le rencontrer, j'éludais afin de gagner du temps pour pouvoir en parler avec mon mari.

McGonagall pinça les lèvres et expira brièvement.

-Je vois, dit-elle. La raison du comportement de Scorpius semble désormais évidente. Madame Miller, Monsieur Miller, loin de moi l'idée de vous dire ce que vous devez faire, mais je crains que la situation ne puisse s'arranger tant que votre fils sera préoccupé par cette histoire.

- Je sais, dit Astoria. Je crois que le mieux est qu'il puisse parler à son père le plus rapidement possible.

- Je m'y refuse ! s'opposa son mari. Scorpius n'a qu'un seul père et c'est moi ! Où était Malefoy quand il a attrapé la dragoncelle ? Ou les oreillongoules ? Qui s'est levé au milieu de la nuit pour le rassurer quand il faisait des cauchemars ? Qui l'a emmené à ses premiers matches de Quidditch ! Qui a…

- Archie, tempéra Astoria. Personne ne remet en question tout ce que tu as fait pour ton fils. Tu as raison, tu es son père et tu le resteras mais… il veut connaître son père biologique et c'est son droit. Il est déterminé… et… je crains qui si nous continuons à nous y opposer, il finisse par nous détester et nous tourner le dos. Est-ce vraiment ce que tu veux ?

Archibald soupira lourdement.

-Non, non… bien sûr que non.

- Bien, dit McGonagall. Je propose que Scorpius passe le weekend avec vous afin que vous puissiez discuter tous les trois.

- C'est une bonne idée, convint Astoria.

- Parfait. Je vais demander à….

La directrice fut interrompue par des coups frappés à la porte. Elle agita sa baguette et la porte s'ouvrit sur Rusard, l'inusable concierge. Il tenait sans ménagement un élève par le col de sa robe.

-Madame la Directrice, j'ai trouvé ce vaurien en train de commettre des dégradations sur la gargouille qui garde l'entrée de votre bureau !

- Je ne commettais aucune dégradation ! se rebella Albus Potter. Je voulais seulement voir la Directrice !

- Mensonges ! Cette vermine jetait des sorts sur une œuvre d'art inestimable ! Il doit être sanctionné !

- Monsieur Rusard, coupa McGonagall, je vous ai déjà dit de ne pas insulter les élèves. Quant à savoir si Monsieur Potter doit être sanctionné, c'est à moi d'en juger ! Laissez-nous.

Le concierge s'en alla en ronchonnant. Ni les années, ni la guerre n'avaient eu raison de son mauvais caractère et de son mépris pour les élèves.

-Monsieur Potter ? demanda sévèrement McGonagall en reportant son attention sur Albus. Comme vous pouvez le voir, je suis occupée. Qu'y a-t-il de si urgent pour que vous essayiez de forcer l'entrée de ma gargouille ?

- Je n'ai pas…

- Monsieur Potter !

- C'est Scorpius, Professeur. Il… il s'est enfui.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

-Tu es bien matinal, dit Harry en passant amoureusement les bras autour de la taille d'Olivier et en posant sa joue contre son dos.

- Tu es au courant qu'on m'a engagé pour entraîner une équipe de Quiddtich ? rigola Olivier en continuant à préparer le petit-déjeuner. Que diras-tu quand les Tornades termineront derniers du championnat ?

- Ben… que t'es viré.

Olivier lui donna un petit coup de coude vengeur avant de l'embrasser avec tendresse.

-Qu'est-ce que tu prépares de bon ? demanda Harry en allant s'asseoir de l'autre côté du comptoir.

Il jeta un coup d'œil circonspect à la mixture verdâtre qui stagnait à l'intérieur du blender.

-Une boisson énergisante. Essentiel avant un match.

- Hm… je ne joue pas de match, moi.

- C'est pourquoi je t'ai préparé ceci.

Il fit glisser sur le plan de travail un bol rempli de quelque chose d'indéfinissable.

-C'est quoi ?

- Un mélange de kamut, de sarrasin et de sorgho, avec du lait d'avoine.

- Heu… je ne peux pas juste avoir des corn-flakes ?

- Les corn-flakes sont une catastrophe sur le plan diététique ! Goûte-ça, tu verras, c'est bien meilleur !

Harry trempa sa cuillère dans le bol et goûta du bout des lèvres.

-Hm… Olivier… le prends pas mal… mais les graines, c'est pas mon truc. Je préfère quelque chose de plus…

- Industriel ?

- Ouais, on va dire ça.

Olivier esquissa un mouvement de baguette et le bol se vida. Dans l'armoire, il prit la boîte de Cheerios qu'il posa un peu trop brutalement sur le comptoir. Il ne dit rien mais Harry vit qu'il était vexé.

Il n'avait pas fallu longtemps à Harry pour comprendre qu'Olivier était un acharné de diététique. Il prenait soin de lui à coups de séances de cardio, de musculation, de boissons hyper protéinées et de plats végétariens. Bio évidemment. De ce point de vue-là, il s'entendrait bien avec James.

Harry se crispa à cette pensée. Il n'avait pas encore annoncé à ses enfants sa rupture avec Draco et il ferait bien de le faire avant qu'ils ne le découvrent par un quelconque article dans un tabloïd. Ce qui ne manquerait pas d'arriver rapidement… Il n'avait jamais parlé de ses ruptures avec ses enfants car aucun de ses ex n'avait eu suffisamment d'importance pour intéresser ses fils. Mais Draco, c'était différent. Il avait noué une vraie relation amicale avec Albus et même si James s'en défendrait, Harry savait qu'il l'appréciait.

En soupirant, il se promit d'écrire à ses fils le soir-même. En attendant, il devait se préparer moralement à ce qui l'attendait ce matin.

-Ça va Harry ? demanda Olivier. Tu as l'air un peu absent.

- Non, tout va bien. Je réfléchissais à certaines choses.

- Des choses peu agréables apparemment.

- Oui et non. Ecoute Olivier… ce matin, je vais aller voir Draco.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

Comme il s'y était attendu, Olivier ne prit pas la nouvelle de gaité de cœur.

-Sa mère me l'a demandé. Je dois le faire. Au moins pour elle.

- Tu dois ? Tu ne dois rien du tout !

- Je le lui ai promis, Olivier. Et je n'ai qu'une parole.

- Ouais, c'est ça…

- Ça veut dire quoi, ça ? demanda sèchement Harry que cette conversation commençait à agacer.

- Exactement ce que ça veut dire ! Tu m'as dit que c'était fini !

- ET C'EST LE CAS !

- ALORS QU'EST-CE QU'IL FAIT ENCORE ICI ? POURQUOI N'EST-IL PAS ENCORE REPARTI ?

- Il ne repartira pas, murmura Harry. Il est revenu vivre définitivement en Angleterre.

- QUOI ? ET TU COMPTAIS ME LE DIRE QUAND ?

Harry soupira, tentant tant bien que mal de se calmer.

-Je ne pensais pas que ça avait de l'importance.

- Tu te fous de moi ? Merde Harry ! C'est ton ex ! On était censé en être débarrassé et là, tu me dis qu'il revient vivre ici ?

- Ecoute Olivier… même si j'ai rompu avec Draco, il n'a jamais été question de me « débarrasser » de lui ! Théo et lui défendent les intérêts de ma société et je n'ai pas l'intention de prendre un autre avocat.

Olivier encaissa la nouvelle sans ciller.

-Ça veut dire que tu vas le revoir. Pas seulement aujourd'hui.

- Ça veut dire que ce sont les affaires de ma société et qu'elles ne regardent que moi… et Hermione. C'est clair ?

- Parfaitement clair ! répliqua-t-il avec colère.

Harry se leva et contourna le comptoir pour se rapprocher d'Olivier.

-Tu n'as pas à t'inquiéter, dit-il d'un ton apaisant, en caressant son bras. Nos relations seront strictement professionnelles. Tu dois me faire confiance.

- J'ai confiance en toi. Mais pas en lui.

- Olivier, murmura Harry. S'il y a bien quelque chose que j'ai en horreur, ce sont les scènes de jalousie. Certains trouvent ça romantique mais moi… ça me soûle. Ok ?

Le ton était doux mais le message était clair. Olivier hocha la tête. Harry l'embrassa en souriant.

-J'aime mieux ça, mon cœur… Je vais prendre une douche. Tu seras encore là quand j'aurai fini ?

- Sans doute que non. Je pars dans dix minutes.

- Alors, je te souhaite une bonne journée. On se voit ce soir ?

- J'ai hâte.

Harry lui sourit une nouvelle fois et se dirigea vers sa chambre. A ce moment, des flammes vertes se mirent à crépiter dans la cheminée.

-Harry ? appela Olivier. La cheminée s'active… tu veux que…

Il n'obtint aucune réponse sinon le bruit de la douche qui se mettait en marche.

O°O°O°O°O°O°O

Ecole de Sorcellerie de Poudlard.

-C'est Scorpius, Professeur. Il… il s'est enfui.

- QUOI ?

Archibald Miller s'était retourné d'un bond.

-Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Où est mon fils ? tonna-t-il.

- Monsieur Miller, calmez-vous, tempéra la Directrice.

Elle se leva, contourna son bureau et rejoignit Albus qui était resté près de la porte.

-Expliquez-vous Monsieur Potter.

- Ce matin, j'ai… je… en revenant du petit-déjeuner, il n'était nulle part. Il a laissé Milo dans son terrarium sans lui dire où il allait. Puis, j'ai trouvé ça sur la table de nuit, dit Albus en sortant un morceau de papier de sa poche. Scorpius dit qu'il en a assez d'attendre, qu'il sait où trouver son père et qu'il a trouvé un moyen pour y aller. Il me demande de ne rien dire à personne… mais…

Albus baissa la tête, ennuyé de trahir son ami.

-Vous avez bien fait, Monsieur Potter. Etes-vous certain qu'il n'est pas dans le Château ?

- Oui Professeur. J'ai… hm… enfin... j'ai demandé à James de… vérifier.

McGonagall hocha la tête. Elle était parfaitement au courant que James possédait dorénavant la fameuse Carte du Maraudeur qui avait autrefois appartenu à son père. Elle le tolérait car elle savait que l'adolescent n'avait pas hérité de sa propension à violer le couvre-feu à la moindre occasion.

-Je vois, dit-elle. Il n'est donc plus dans l'enceinte de l'école.

Les parents de Scorpius se regardèrent, ne comprenant pas pourquoi la Directrice semblait si catégorique.

-Mais comment a-t-il pu sortir ? demanda vivement Astoria. Je croyais que l'enceinte de l'école était protégée !

- Elle l'est, confirma McGonagall. Excepté un samedi par mois lors des sorties à Pré-au-Lard. C'était le cas ce matin. Votre fils a dû parvenir à se faufiler parmi les élèves.

- C'est inadmissible ! s'énerva Archibald. Je vais en aviser le Conseil d'administration de l'école !

- Comme vous voulez Monsieur Miller, mais le plus urgent me semble de savoir où votre fils a bien pu aller et par quel moyen !

- S'il cherche son père, il doit sûrement être chez Harry Potter, dit Astoria.

- Non, Madame.

Les adultes se tournèrent vers Albus.

-Comment cela ? demanda Astoria. Je croyais qu'ils vivaient ensemble ?

- Le jour où James et moi devions regagner Poudlard après l'épidémie d'éclabouille, nous avons entendu mon père parler avec Dra… avec Monsieur Malefoy. Il lui disait qu'il allait se sentir bien seul après notre départ, surtout sachant que lui aussi allait devoir repartir chez lui…

- Chez… lui ? bafouilla Astoria. Mais… Oh Merlin !

- Que se passe-t-il Madame Miller ? s'inquiéta la Directrice.

- Draco… le... il… il vit à New-York !

Un lourd silence s'en suivit.

-C'est impossible, souffla Archibald. Comment Scorpius trouverait-il le moyen d'aller à New-York ?

- C'est impossible en effet, confirma McGonagall. Jamais un sorcier mineur non accompagné ne pourrait être autorisé à prendre un portoloin. Même chose pour les avions moldus.

- MAIS OU PEUT-IL ETRE ? s'affola Astoria.

McGonagall remonta vers son bureau et prit de la poudre de cheminette.

-Je vais commencer par contacter Monsieur Potter. Peut-être sait-il quelque chose. HARRY POTTER ! cria-t-elle en jetant une poignée de poudre dans l'âtre.

Aussitôt des flammes vertes se mirent à crépiter. Il fallut une bonne minute avant qu'un visage n'apparaisse dans les flammes. McGonagall haussa un sourcil en reconnaissant son ancien élève.

-Hm… Bonjour Monsieur Dubois.

- Professeur McGonagall ? C'est bien vous ?

- C'est bien moi. Monsieur Potter est-il là ?

- Pas pour le moment. Je peux vous aider ?

- A vrai dire, je cherche également à joindre Monsieur Malefoy.

Le visage vert et souriant d'Olivier Dubois se ferma complètement.

-Malefoy ne vit plus ici, dit-il durement.

- Hm, oui. Pouvez-vous demander à Monsieur Potter de me contacter par cheminée le plus rapidement possible, s'il vous plait ?

- Pourquoi ? S'il s'agit de Malefoy, cela ne concerne plus Harry. C'est terminé entre eux !

Dans le coin de la pièce, Albus eut un petit hoquet de surprise mais personne n'y prit garde.

-Je souhaiterais m'entretenir avec Monsieur Potter, si vous le voulez bien, répliqua Minerva un peu sèchement.

- Je suis le compagnon de Harry ! J'ai le droit de savoir de quoi il s'agit !

- Dans ce cas, dites-lui c'est au sujet de Scorpius Miller. Et dites-lui que c'est extrêmement urgent ! Bonne journée Monsieur Dubois.

Elle coupa la communication avant que l'autre ne puisse rajouter quoi que ce soit.

-Si Scorpius a quitté la région, dit-elle il n'a pu le faire que par cheminée. Et la seule cheminée publique que je connaisse est aux Trois Balais.

- Nous allons aller voir sur place, dit Archibald. Madame Rosmerta l'a peut-être aperçu.

- Excellente idée. Je vais prévenir les Aurors et je reste ici au cas où Harry Potter me contacte.

Les parents de Scorpius quittèrent le bureau sans un regard pour Albus que tout le monde semblait avoir oublié.

-Je peux faire quelque chose Professeur ? demanda-t-il d'une toute petite voix.

- Je crains que non, Monsieur Potter. Mais peut-être que les Aurors auront quelques questions à vous poser. Je vous demanderais donc de rester dans votre salle commune.

- Oui, Professeur.

Albus traversa le bureau, la mine basse.

-Monsieur Potter ? appela la Directrice alors qu'il arrivait près de la porte. A propos de ce que vous avez entendu dans la cheminée… Je ne doute pas que votre père allait vous en parler lui-même.

Le garçon haussa les épaules.

-Je ne crois pas. Il ne le fait jamais.

- Je suis désolée, dit-elle d'un ton très doux. J'espère que ça ne changera rien à votre amitié avec Scorpius.

- Non. C'est juste que… je l'aimais bien, Draco. Avec lui, c'était différent.

Minerva hocha simplement la tête et laissa Albus repartir vers sa salle commune. Elle songea qu'entre Potter et Malefoy, tout avait toujours été différent.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

Quand Harry revint au salon, douché et habillé, il était seul. Olivier lui avait laissé une petite note sur la table.

« Tu me manques déjà. A ce soir mon cœur ».

Il sourit et fit disparaître le morceau de papier, en se demandant vaguement si Olivier s'attendait à ce qu'il conserve chacun de mots d'amour qu'il lui laissait. Sans vraiment le vouloir, il repensa à l'album qu'il avait trouvé dans le bureau de Draco à New-York, où était rangée la serviette en papier qu'il avait signé en guise d'autographe. Il chassa aussitôt ce souvenir avant que d'autres ne viennent l'envahir. C'était déjà suffisant de devoir bientôt se retrouver face à face avec Draco.

En passant devant la cheminée, il remarqua qu'elle crépitait très légèrement comme si elle venait d'être utilisée. Quelqu'un avait apparemment essayé de le joindre.

Ce ne devait pas être important, vu qu'Olivier ne lui avait rien dit.

Il continua son chemin vers le hall d'entrée, prit sa veste et respira un grand coup avant de transplaner.

O°O°O°O°O°O°O

Ministère de la Magie, Quartier des Aurors, Londres Sorcier

Neville ne décolérait pas. L'enquête sur la contrefaçon des ThunderBird n'avançait pas. Et pour cause ! Cela faisait une semaine qu'il avait demandé que le Magenmagot lui délivre un mandat de perquisition pour le Département des Mystères. Une semaine que le Président et le Ministre tergiversaient, se demandant s'il était vraiment opportun de jeter l'opprobre sur tout un service pour une simple affaire commerciale !

Au risque d'écoper d'une sanction, il s'apprêtait à renvoyer un énième courrier à Dawlish quand il fut interrompu par l'arrivée bruyante de l'Officier Perkins.

-Auror Londubat ! haleta-t-il. Une demande urgente de Poudlard ! Un élève de onze ans est porté disparu !

- Dites à Smith de rassembler l'équipe delta. Qu'ils me rejoignent à Poudlard. Je pars immédiatement.

Le Chef des Aurors laissa sa paperasserie en plan. Une disparition d'enfant était définitivement une priorité par rapport à une simple affaire commerciale.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Draco Malefoy, Pimlico, Londres

En appuyant sur la sonnette de l'entrée, Harry avait secrètement l'espoir que Draco ne soit pas là. Au moins, il pourrait dire à Narcissa qu'il avait essayé mais que…

-Oui ?

Pas de chance.

-Je… heu… hm… c'est Harry.

- La sonnette est équipée d'une caméra. Je te vois, Potter. Qu'est-ce que tu veux ?

- Te parler.

- C'est ce qu'on fait, non ?

- Oui mais… on pourrait le faire ailleurs que sur le trottoir ?

- Techniquement, tu n'es pas sur le trottoir, tu es sur…

- Merde Malefoy ! Tu me laisses entrer, oui ou non ?

Il ne se passa rien pendant quelques secondes, si bien que Harry crut que Draco allait le laisser en plan. Puis il entendit un bourdonnement et le claquement de la serrure qui se déverrouillait.

Il ne pouvait plus reculer.

Arrivé sur le palier du troisième étage, il remarqua que la porte d'entrée était entrouverte. Il frappa deux petits coups sur le battant et entra. La première chose qu'il vit, ce fut l'elfe de maison qui était en train d'arroser les plantes.

-Atticus ? s'étonna Harry.

- Bonjour Monsieur Potter.

- Mais… que fais-tu ici ? Je croyais que…

- Ça ira comme ça, Atticus. Tu peux nous laisser.

- Oui, Monsieur Malefoy.

L'elfe s'en alla en trottinant.

-Tu as récupéré Atticus ?

- Je ne l'ai pas « récupéré » Potter ! réagit Malefoy. Atticus n'est pas un vieux déchet dans une benne à ordures. Il m'a suivi, c'est tout. Contrairement à certains, il ne m'a pas laissé tomber, lui, termina-t-il avec dépit.

Harry ne releva pas l'allusion. A la place, il demanda :

-Mais… et l'agence de location ? Et son syndicat ?

- Il a démissionné. Il est… comment dire ? Indépendant. Mais je le soupçonne de vouloir créer la même structure ici, en Angleterre. Il faudra que je le présente à Granger un de ces jours…

- Et tu vas le laisser faire ?

Draco regard Harry avec stupeur, puis secoua lentement la tête, consterné.

-Rien à faire, murmura-t-il… pour toi, je resterai toujours un salaud.

- Quoi ? Mais… non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Je…

- Laisse tomber Potter. Tu n'es sûrement pas venu ici pour me parler de mon elfe de maison. Alors, dis ce que tu as à dire et casse-toi…

Il avait dit cela avec une infinie lassitude dans la voix. Une lassitude à laquelle Harry n'était pas habitué et qui lui fit peur. Venir lui parler de son père lui sembla tout-à-coup une idée désastreuse. Pourtant, il était là et il devait aller jusqu'au bout.

-Ta mère est venue me voir, dit-il prudemment.

Tout le corps de Draco se tendit. Son regard se fit plus dur.

-Qu'est-ce qu'elle te voulait ? demanda-t-il en serrant les poings.

- Elle voulait que je te parle de ton père.

- Mon père ? s'exclama Draco, ahuri. Pourquoi diable toi, tu devrais me parler de mon père ?

- Il est malade Draco. Vraiment très malade. Il… enfin… il...

Un ricanement méprisant lui répondit.

-Il va mourir, c'est ça ?

- Oui.

- Tout le monde meurt Potter. C'est un peu le principe…

- C'est une question de jours, Draco…

- Et alors ? jeta-t-il avec désinvolture. Qu'est-ce que tu essaies de me dire ? Que je dois aller à Azkaban ? Faire comme si ces quinze dernières années n'avaient pas existé ? L'embrasser ? Le prendre dans mes bras ? Lui tenir la main le temps qu'il y passe ?

- Pas forcément… mais aller le voir, oui. Lui parler.

- Pour lui dire quoi ? Salut p'pa, c'est moi ! Tu sais, ton traitre de fils… celui à qui tu n'as jamais pardonné d'avoir échoué ?

- Qui te dit qu'il n'a pas envie d'avoir ton pardon à toi ?

Draco rigola franchement.

-Bon sang, Harry, ce que tu peux être naïf quand tu veux… Mon père n'attend le pardon de personne. Et certainement pas le mien.

- Draco, c'est ton père… si tu n'y vas pas, tu le regretteras toute ta vie.

Draco soupira en croisant les bras sur son torse.

-Pourquoi ma mère t'envoie toi ? Pourquoi pas Blaise ?

- Parce que je sais ce que c'est que de perdre son père. Ecoute Draco… je crois qu'elle a raison. A ta place, si je pouvais…

- Tu n'es pas à ma place, martela Draco.

Quelque chose de dangereux s'alluma dans ses yeux.

-Ton père à toi, il est mort en héros. Il est mort en protégeant sa famille ! Le mien, il s'est servi de moi comme d'une monnaie d'échange pour sa libération ! Il a accepté que je sois souillé pour racheter ses fautes ! Tu crois vraiment que c'est un père, ça ? Il m'a forcé à m'agenouiller devant ce monstre ! Il m'a forcé à l'appeler « maître », à le servir, à le craindre ! Je clamais que j'avais été choisi ! Que c'était un honneur, que j'en étais fier ! La vérité, c'est que je me dégoûtais autant que mon père et toute sa clique de dégénérés me dégoûtaient….

- Draco, je sais que…

- Tu ne sais rien. Absolument rien.

Harry se tut, conscient que tout ce qu'il pourrait dire ne servirait à rien. Il songea à repartir mais Draco n'avait manifestement pas terminé.

-Quand tu l'as tué, murmura-t-il si bas que Harry dut faire un effort pour l'entendre, je me suis juré que plus jamais je ne me soumettrai à quelqu'un. Je me suis juré de ne jamais être comme mon père. Un pantin, un être servile, incapable du moindre libre arbitre parce qu'il a perdu son âme pour l'amour d'un monstre…

- L'amour ? Bon sang, Draco… ce qui unissait les mangemorts à Voldemort, ce n'était pas de l'amour ! C'était la peur !

- Ça revient au même. Quand on s'attache à quelqu'un, on finit invariablement par avoir peur. Peur de le décevoir. Peur de le perdre. Peur qu'il s'éloigne, qu'il cesse de nous aimer, qu'il nous abandonne. L'amour et la peur ne font qu'un. Et moi, je refuse de vivre encore dans la peur.

Rien n'avait préparé Harry à entendre ce discours. C'est pourquoi il peina à retrouver une voix posée pour parler.

-C'est pour ça que tu n'as jamais voulu d'investir émotionnellement avec moi ? Parce que tu avais peur de me perdre ? Que je t'abandonne ? Comme ton père ?

- C'est ce qui a fini par arriver, non ? Mais peu importe, dit Draco en agitant négligemment la main. Entre nous, ce n'était que du sexe de toute façon.

- Ç'aurait pu être beaucoup plus que ça… Pour moi, c'était beaucoup plus que ça.

Draco leva les yeux au ciel et soupira ostensiblement.

-On ne va pas avoir à nouveau cette conversation, si ?

- Pourquoi refuses-tu de me parler ?

- Parce que je n'ai rien à te dire, Potter.

Le ton était calme, assuré. Pourtant quelque chose vacillait dans ses yeux.

-Pourquoi tu ne m'as pas dit la vérité ?

- Quelle vérité ? demanda Draco, à nouveau tendu.

- Sur ce qui s'est vraiment passé à New-York.

Draco pinça les lèvres et souffla fortement par le nez.

-Je me doutais bien que ma stupide mère ne parviendrait pas à se taire…

- Pourquoi ? répéta Harry.

- EXACTEMENT POUR CA ! s'emporta-t-il. PARCE QUE JE NE VOULAIS PAS QUE TU ME REGARDES COMME CA !

- Et je te regarde comment d'après toi ?

- Tu le sais très bien… tes yeux de cocker transpirent la pitié…

- Ce n'est pas de la pitié ! C'est…

- Oh et puis, j'en ai rien à foutre ! dit Draco abruptement. De toute façon, qu'est-ce que ça aurait changé ? Hein ?

- Je…j'aurais…

- Tu aurais quoi ? Reporté tes projets de mariage avec ton gardien de but ?

Harry ne sut que répondre. Il ne releva même pas le sarcasme. Il préférait se taire plutôt que de mentir.

-Je m'en doutais, dit Draco, plus doucement. Alors, j'ai bien fait… car si tu étais resté pour cette raison, je ne te l'aurais pas pardonné.

- Je le sais, murmura Harry. Je le sais.

Il était temps de partir. Les mains dans les poches, il fit demi-tour pour retourner dans l'entrée mais avant de s'en aller, il dit :

-Que les choses soient claires, Malefoy. Si je te garde comme avocat, ce n'est pas par pitié. Mais parce que tu es un putain de requin et que t'es le meilleur.

Draco fut plutôt surpris d'entendre ça et contre toute attente, il se mit à rire.

- Tu vas regretter de m'avoir dit ça quand tu recevras ma prochaine note d'honoraires !

Pour Harry, ce rire, doux et clair, c'était la nourriture de son cœur. Il se surprit à penser que ça, au moins, ils pourraient peut-être continuer à le partager. Une douce bulle de chaleur s'étoffa dans sa poitrine.

-On restera amis ? demanda-t-il.

- Rester amis ? Nous n'avons même pas commencé à l'être.

- On pourrait essayer.

- Comme on a essayé d'être ensemble ?

- Draco, s'il te plaît, je voudrais seulement…

- Oui.

- Oui, quoi ?

- Oui. On pourrait essayer.

Harry sourit plus franchement, heureux malgré lui. Malgré cette apparente facilité que Draco avait de balayer les mois qu'ils avaient passé ensemble, comme s'ils n'avaient eu aucune importance.

-Concernant Azkaban, tu me promets d'y réfléchir ? demanda-t-il.

- On est amis depuis moins de cinq secondes et tu me casses déjà les burnes.

- Tu promets ?

- Oui.

Draco ferma très fort les yeux, dans un effort exagéré de concentration.

-Voilà. J'ai réfléchi. C'est non. Salut Potter.

Harry comprit qu'il ne devait pas insister. La nouvelle relation qu'il tentait de mettre en place avec Draco était suffisamment fragile pour ne pas déjà tout gâcher.

-A un de ces jours Malefoy.

O°O°O°O°O°O°O

Manoir Malefoy, Wiltshire

Narcissa supervisait les arrangements floraux dans le salon de réception. Elle était extrêmement satisfaite de ce fleuriste qui venait de s'établir dans le village sorcier, voisin du domaine Malefoy. Ses obtentions étaient magnifiques. En témoignaient ces superbes bouquets d'iris qui s'harmonisaient si bien avec les tons jaunes de la pièce.

Lucius adorait les iris. Non sans une certaine nostalgie, elle se rappelait qu'il lui en offrait tout le temps au début de leur mariage. Elle se moquait gentiment de lui en disant qu'elle n'était qu'un alibi et qu'il aurait tout aussi vite fait de se les offrir à lui-même.

Ils étaient heureux à cette époque. Même si Lucius avait déjà rejoint les rangs des mangemorts, même si la Première Guerre des Sorciers faisait rage, ils avaient la conviction de faire ce qui était juste : préserver la pureté du sang et l'intégrité du monde sorcier. Ce qu'ils avaient pu être inconscients… Et crédules aussi. Comment avaient-ils pu tous suivre aveuglement les ordres d'un homme qui n'était rien d'autre que ce que lui-même méprisait : un sang-mêlé ?

En y réfléchissant, la disparition de Voldemort en juillet 1981 leur avait été salutaire. Lucius était redevenu l'homme déterminé et fier dont elle était tombée amoureuse à Poudlard. Il était parvenu à intégrer les cercles les plus influents de la société sorcière. On le craignait et on le respectait. Mais l'autre était revenu. Et avec lui, la peur et la soumission. La folie.

Narcissa battit des paupières pour chasser ces souvenirs ignobles. Tout cela était fini, et bien fini. Pour elle et son fils, du moins. Car Lucius, lui, en payait toujours le prix.

En replaçant correctement une fleur dans un vase, elle songea que les prochaines fleurs qu'elle commanderait au fleuriste seraient certainement pour la tombe de son mari.

ROUF !

Elle ne s'inquiéta pas du bruit que fit la cheminée et continua à arranger les fleurs. Les protections magiques du Manoir émirent une douce lueur durant une seconde, signe qu'elles avaient reconnu la présence d'un héritier Malefoy.

Ce ne pouvait donc être que Draco. Le dernier des Malefoy.

- Que me vaut l'honneur de ta visite mon fils ? demanda-t-elle, dos à lui, à l'autre bout de la pièce.

- Bonjour, dit une petite voix.

Narcissa se retourna brusquement, manquant de peu de renverser le vase. Elle porta la main à son cœur et ouvrit la bouche dans un cri silencieux. La tête lui tourna. Elle ferma les yeux un instant afin de reprendre ses esprits. Quand elle les rouvrit, elle fut convaincue qu'on lui avait jeté un sort.

Devant la cheminée, se tenait Draco. Droit, sérieux et un peu inquiet. Le seul problème, c'est qu'il était vêtu de l'uniforme de Poudlard. Et surtout qu'il avait onze ans.

O°O°O°O°O°O°O

Ecole de Sorcellerie de Poudlard

-Professeur McGonagall.

- Auror Londubat. Merci d'avoir fait si vite.

- C'est bien normal. Dans ce genre de situation, chaque minute compte. Pouvez-vous m'expliquer en détails ce qui s'est passé ?

Minerva McGonagall rapporta les évènements à Neville. Avec précision et concision. Sans rien omettre.

-Ce jeune garçon se serait donc mis en tête de rencontrer son père biologique, c'est cela ? Draco Malefoy.

- Exactement.

- Où sont ses parents ?

- Monsieur et Madame Miller sont à Pré-au-Lard afin de savoir s'il a été vu là-bas. Nous pensons qu'il a profité de la sortie mensuelle des étudiants des troisième à septième années, pour rejoindre le village et prendre une cheminée.

- C'est le plus plausible, en effet.

A ce moment, ils entendirent plusieurs craquements provenir du couloir. La porte du bureau directorial s'ouvrit ensuite sur deux hommes et une femme.

-Nous voilà, Neville, dit la femme. Qu'est-ce qu'on a ?

- Ah Demelza… Il s'agit de Scorpius Miller. Onze ans. Il s'est enfui de Poudlard. Nous pensons qu'il est allé à Pré-au-Lard pour y prendre une cheminée. Les parents sont sur place. Rejoignez-les et interrogez tous ceux que vous pouvez.

- Bien. Nous y allons.

Nouveaux craquements. En leur qualité d'Aurors, il leur était possible de transplaner dans les lieux publics et privés, même ceux entourés de protections aussi drastiques que celles de Poudlard.

-Professeur McGonagall, me serait-il possible de m'entretenir avec Albus Potter ?

- Bien sûr. Je vais demander à un elfe d'aller le chercher.

Pendant qu'ils attendaient l'arrivée de l'élève, Neville posa encore plusieurs questions à la Directrice. Finalement des coups furent frappés à la porte.

-Entrez Monsieur Potter, dit Minerva. Je vous présente l'Auror Neville Londubat. Il va nous aider à retrouver Monsieur Miller.

- Bonjour Monsieur, dit Albus, un peu impressionné par l'uniforme. Vous… vous êtes le père de Frank, c'est ça ?

- C'est bien ça. Je suis aussi un ami de tes parents. Nous étions ensemble à Poudlard.

- Oh.

- Albus, je voudrais te poser quelques questions. Tu n'as absolument aucune idée d'où Scorpius aurait pu aller ?

- Non Monsieur. Le seul endroit qu'il connaît et où on pensait que Draco se trouvait, c'était chez mon père. Ni lui ni moi ne savions qu'il vit en réalité à New-York.

- J'ai appelé par cheminée chez Harry Potter, précisa McGonagall, mais il n'était pas là. J'attends qu'il me recontacte.

- Hormis ses parents, est-ce que Scorpius a d'autres membres de sa famille à qui il aurait pu s'adresser, se confier ?

- Il a deux cousines de son âge qui vivent en Irlande, dit Albus. Elles sont à Durmstrang. C'est tout ce que je sais.

- Il ne t'a rien dit de particulier ces derniers jours ? Quelque chose d'inhabituel ?

- Non, Monsieur. Il… Scorpius ne me parlait plus beaucoup depuis un certain temps. Il était souvent de mauvaise humeur et triste aussi… Il ne venait plus à la chorale ni au club d'échecs. J'ai essayé de l'aider mais… on a fini par se disputer, alors j'ai laissé tomber. Je n'aurais pas dû.

- Monsieur Potter, intervint la Directrice. Tout ceci n'est en rien votre faute. Vous avez fait tout ce que vous avez pu.

Albus haussa timidement les épaules.

-Merci Albus, dit Neville. Tu peux t'en aller.

Le jeune garçon hocha la tête. Avant de quitter le bureau, il demanda :

-Vous allez le retrouver, n'est-ce pas ? Frank dit que vous êtes le meilleur de tous les Aurors du Ministère…

- Je vais faire tout ce que je peux, je te le promets.

- Merci Monsieur Londubat.

Neville fut frappé par l'angoisse et la tristesse qu'il pouvait lire dans ses yeux.

-Il a l'air fort affecté par la disparition de son ami, dit-il quand l'enfant eut refermé la porte.

- Oui, confirma McGonagall. Scorpius et lui sont quasiment inséparables. L'un comme l'autre n'ont pas vraiment d'amis, seulement quelques camarades comme votre fils ou dans le cas d'Albus, ses cousins. Mais ceux-ci sont plus âgés que lui. Le lien n'est pas le même.

- Pauvre gosse.

Minerva ne fit aucun commentaire, ne sachant pas s'il parlait d'Albus ou de Scorpius. Ou bien des deux.

-Professeur ? Puis-je utiliser votre cheminée ? demanda l'Auror, soudain fébrile.

- Oui, bien sûr. Vous pensez à quelque chose ?

- Même si Malefoy a caché l'existence de son fils à tout le monde, je suis persuadé qu'il l'aura dit à au moins une personne.

Neville activa la cheminée en donnant le nom de l'interlocuteur qu'il cherchait à joindre. Par chance, celui-ci était chez lui.

-Londubat ? Il y a un problème ?

- Bonjour Zabini. Oui, il y a un problème. Le fils de Malefoy a disparu.

- Hm… Je ne suis pas sûr de comprendre…

- Tu comprends très bien Zabini. Scorpius Miller a disparu. Il s'est enfui de l'école pour retrouver son père. Son vrai père.

- Putain de bordel de merde.

- Comme tu dis. Où est Malefoy ?

- Il… il est ici, à Londres. Mais je doute que son fils connaisse son adresse, il vient seulement d'emménager.

- Tu as une idée d'où il pourrait chercher son père ?

- Chez Potter.

- Le Professeur McGonagall l'a appelé par cheminée mais il ne répond pas.

- Je vais l'appeler sur son portable et Draco aussi. Tu es à Poudlard ?

- Dans le bureau de la Directrice.

- Demande au Professeur McGonagall d'ouvrir sa cheminée car Draco va débouler dans la minute. Et connaissant ce mêle-tout de Potter, il va rappliquer aussi.

Blaise coupa la communication. Dans le bureau directorial, Minerva s'activait à lever les sorts qui protégeaient la cheminée.

O°O°O°O°O°O°O

Manoir Malefoy, Wiltshire

-Par Salazar… mais… qui es-tu ? demanda Narcissa quand elle eut suffisamment recouvré ses esprits.

- Mon nom est Scorpius Miller. Je… je cherche Draco Malefoy.

- Draco Malefoy ne vit plus ici.

- Oh, dit le garçon avec une grande déception. Vous savez où je peux le trouver ?

- Dis-moi d'abord pourquoi tu le cherches.

Scorpius se dandina d'un pied sur l'autre, mal à l'aise, puis releva le menton d'un air hautain.

-Je ne crois pas que cela vous regarde.

Narcissa tenta du mieux qu'elle put de contenir la bouffée d'espoir et de joie qui gonflait dans sa poitrine.

-Merlin, sourit-elle tendrement. Tu lui ressembles tellement…

Scorpius fronça les sourcils.

-Je ne comprends pas… vous… vous savez qui je suis ?

- Je l'ai su à la seconde où je t'ai vu. Mais je ne pouvais pas y croire… C'était tout simplement… impossible… Et pourtant tu es là…

- Excusez-moi, Madame, mais… qui êtes-vous ?

- Narcissa Malefoy. Je suis ta grand-mère.

Le garçon ouvrit de grands yeux émerveillés.

-Ma… ma grand-mère ? Je n'ai jamais eu de grand-mère ! La mère de Maman est morte avant ma naissance. Et celle de Papa, pendant la guerre.

- Qui est ta maman ?

- Astoria Greengrass.

Narcissa haussa un sourcil. Elle se souvenait d'Astoria pour l'avoir croisée à plusieurs réceptions peu avant la guerre. Elle savait aussi qu'elle avait un très gros béguin pour Draco mais de là à imaginer qu'elle ait pu parvenir à ses fins… Pourtant, le résultat était là, debout devant elle. Il ne faisait aucun doute que Scorpius était le fils de Draco. Pas seulement à cause de la ressemblance physique mais aussi et surtout parce que les protections magiques du Manoir avaient reconnu l'enfant comme un Malefoy. Ces protections étaient anciennes, aussi anciennes que le Manoir lui-même et basées sur la magie du sang. Elles ne pouvaient pas se tromper.

-Madame ?

La voix de Scorpius sortit Narcissa de ses pensées.

-Vous allez bien ? Vous êtes un peu pâle.

- Tout va bien mon garçon. Je suis seulement encore un peu bouleversée, c'est tout.

- Est-ce vous pouvez m'emmener voir mon père ?

- Oui, bien sûr. Oh Merlin, il va avoir un choc quand il apprendra que…

- Il le sait.

- Je te demande pardon ?

- Il le sait. Monsieur Malefoy est au courant pour moi. Mais par contre, il ne sait pas que moi, je sais…

Narcissa pinça les lèvres de colère.

-Draco Lucius Malefoy, siffla-t-elle entre ses dents. Tu as intérêt à avoir une bonne explication pour m'avoir caché cela !

Elle allait demander à un elfe de lui amener sa cape de voyage quand elle prit conscience que l'enfant portait lui aussi une cape. Avec l'écusson de Serpentard.

-Comment se fait-il que tu portes l'uniforme de l'école ? D'où viens-tu exactement ?

- Je… c'est que…

- Je veux la vérité, jeune homme !

Scorpius leva les yeux sur sa grand-mère. Il avait toujours pensé que les grands-mères étaient des personnes douces, gentilles, qui ne se fâchaient jamais. La sienne semblait sur le point de lui jeter un sort avec les yeux.

-Je me suis enfui de l'école, admit-il, penaud.

- Tu t'es… enfui ?

- Ce matin était jour de sortie à Pré-au-Lard pour les plus grands. Les protections autour de l'enceinte sont levées le temps de laisser sortir les élèves. J'ai payé Andrew Sorkins et Jimmy Falls, deux cinquième année, pour qu'ils me cachent entre eux le temps de sortir de l'école.

- Tu as payé deux élèves ? s'exclama Narcissa.

- Ben oui, dit Scorpius en levant les yeux au ciel. Il fallait bien que quelqu'un me donne un coup de main !

Il n'y avait plus aucun doute. Ce gamin était bien un Malefoy.

-Ecarte-toi, dit Narcissa d'un ton réprobateur. Je dois passer un appel par cheminée.

- A mon père ?

- Certainement pas.

O°O°O°O°O°O°O

Ecole de Sorcellerie de Poudlard

ROUF !

Draco Malefoy sortit d'un pas impérial de la cheminée.

-Que se passe-t-il ? demanda-t-il immédiatement. Blaise vient de m'appeler pour me dire que Scorpius a disparu !

Il était tellement inquiet pour son fils qu'il ne se préoccupait nullement de savoir qui désormais était au courant de sa paternité.

-Comment est-ce possible ? reprit-il d'un ton véhément.

- Calmez-vous Monsieur Malefoy, dit Minerva McGonagall, peu disposée à être questionnée de la sorte.

- Apparemment, Scorpius a découvert que tu étais son père biologique. Il a quitté Poudlard pour te trouver, résuma Neville.

- Me trouver ? Mais il ne sait pas où j'habite !

- Justement. C'est bien là le problème.

- Tu veux dire que mon fils se promène on ne sait où ? Mais qu'attends-tu pour lancer des recherches ? Faire un repérage sur sa magie ? Bordel, c'est…

ROUF !

Harry Potter sortit de la cheminée en trébuchant. Il ne dut son salut qu'au corps de Draco qui était sur sa trajectoire. Il s'y heurta durement, manquant de peu de se vautrer au sol.

-Draco ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Zabini m'a appelé pour dire que Scorpius avait disparu !

- Oui Harry, commença patiemment Neville…

- Mais comment a-t-il fait pour quitter l'école ? Et surtout pourquoi ? Albus est avec lui ?

- Non Harry, continua Neville. Albus est ici. C'est lui qui a prévenu le Professeur McGonagall que Scorpius avait disparu.

- Tu as commencé les recherches ? On a des pistes ? Tu as fait un traçage de sa magie ?

- D'ici, il n'a pu aller qu'à Pré-au-Lard, dit Draco. Tu as vérifié ?

- Il faut contrôler les cheminées, renchérit Harry.

- Interroger les élèves, reprit Draco.

- Tu as pensé à tracer sa magie ?

- LA FERME ! cria Neville.

Les deux hommes se turent, choqués par l'éclat de voix de l'Auror.

-Oui, nous avons lancé les recherches. Des Aurors écument Pré-au-Lard en ce moment-même et interrogent tous ceux qui peuvent l'être. Quant à tracer la magie de Scorpius, vous pensez bien que c'est la première chose que j'ai faite. Mais le gamin est intelligent et il n'a pas utilisé sa magie une seule fois depuis qu'il est parti ou s'il l'a fait, c'était dans un lieu rempli de sorciers où elle est passée totalement inaperçue.

A ce moment, les Aurors Robins et Corner entrèrent dans le bureau directorial, accompagnés des parents Miller.

-TOI ! rugit Archibald en voyant Draco. C'EST DE TA FAUTE !

- Monsieur Miller ! clama McGonagall.

- ON ETAIT TRANQUILLE ET IL A FALLU QUE TU VIENNES TOUT GACHER !

- TAISEZ-VOUS ! s'interposa Harry. DRACO N'Y EST POUR RIEN !

En fait, il n'en savait strictement rien mais il avait décidé de prendre fait et cause pour Draco.

-Ça suffit ! intervint Neville avant que ça ne dégénère. Demelza, tu appris quelque chose sur place ?

- Nous avons interrogé les élèves. Deux d'entre eux ont admis que Scorpius leur a donné cinq gallions chacun pour qu'ils le cachent durant le trajet vers le village. Le gamin voulait absolument aller chez Honeydukes acheter les confiseries préférées de sa petite sœur malade. D'après eux, ils n'ont pas pu refuser car il avait les larmes aux yeux en leur expliquant qu'il voulait absolument lui faire un cadeau de Noël.

- Oh Merlin, souffla Archibald, consterné. Scorpius n'a pas de petit soeur…

Draco, lui ne put s'empêcher de sourire en coin. Il reprit toutefois son sérieux face au regard courroucé de Harry et à la gravité de la situation.

Les personnes présentes n'eurent pas l'occasion de polémiquer davantage car la cheminée crépita bruyamment. Minerva s'y précipita pour voir le visage impassible de Narcissa Malefoy au milieu des flammes.

-Bonjour Professeur McGonagall, dit-elle d'un ton dégagé. Je suis désolée de vous déranger mais je me devais de vous informer que l'un de vos élèves se trouve à côté de moi en ce moment-même.

- Comment ? Scorpius est avec vous au Manoir ?

- Parfaitement. Il a surgi de ma cheminée il y a quelques minutes à peine.

- Oh Merlin ! Quel soulagement ! Il va bien ?

- Très bien me semble-t-il. Si vous m'y autorisez, je vous le ramène immédiatement.

- Bien sûr ! La cheminée est débloquée. Nous vous attendons.

Une minute plus tard, Scorpius et Narcissa sortaient de l'âtre à quelques secondes d'intervalle. L'enfant parut un instant déboussolé par le monde et l'agitation qui régnait autour de lui. Il est vrai que le bureau directorial avait rarement été aussi peuplé qu'en cet instant.

-SCORPIUS ! cria Astoria en se jetant sur son fils pour le serrer dans ses bras. Ne refais plus jamais ça ! Tu m'entends ! Mais qu'est-ce qui t'a pris voyons ?

- Je… je suis désolé Maman mais… tu ne voulais pas… et j'étais… je te demande pardon !

- Nous étions morts d'inquiétude Scorpius ! dit Archibald.

- Pardon Papa… je ne me suis pas rendu compte… je suis désolé…

Quand ses parents s'écartèrent, il put voir les autres personnes présentes dans la pièce. Il y avait le Professeur McGonagall, à côté d'un homme à la robe bordeaux et au visage sympathique. Deux autres personnes habillées de la même manière se tenaient derrière lui. Il reconnut aussi Monsieur Potter. Et finalement, un homme grand et blond, habillé avec élégance.

-Monsieur Malefoy, souffla le garçon en fixant son père.

Il fit un pas vers lui, incertain. Puis un deuxième. L'homme ne bougeait toujours pas. Peut-être qu'il ne voulait pas le voir. Peut-être qu'il ne voulait pas de lui… Un silence tendu régnait dans la pièce. Draco esquissa un mouvement. Il leva légèrement les mains. Pour Scorpius, ce fut suffisant. Il combla la distance entre son père et lui en quelques enjambées et se précipita dans ses bras. Draco le souleva sans peine, ému de sentir les bras de son fils se refermer autour de son cou.

-Alors… vous… tu… tu sais qui je suis ? murmura une petite voix à son oreille.

- Oui, je le sais.

- Tu es fâché que je sois au courant ?

- Non, au contraire, dit Draco en le reposant au sol.

Le garçon lui fit un large sourire.

-Par contre, continua-t-il, je suis fâché que tu te sois enfui comme tu l'as fait ! Et puis, comment t'es-tu retrouvé au Manoir ?

- J'ai d'abord pensé que tu habitais à Londres avec Monsieur Potter. Mais Albus m'a dit que non… que tu avais apparemment une maison où tu allais retourner vivre. Je n'avais aucune idée d'où c'était. Jusqu'à ce que je lise dans Généalogie des Sang-Purs que tous les Malefoy sans exception, ont vécu dans le Manoir du Wiltshire depuis au moins le 16ème siècle, expliqua-t-il d'un ton docte. J'ai donc pensé que c'était ta maison. C'est pourquoi j'y suis allé.

- C'est vrai que j'ai vécu là-bas toute mon enfance et mon adolescence. Mais après, je suis parti habiter à New-York. Jusqu'à cette semaine, où je suis rentré m'installer à Londres. Tu as de la chance d'y avoir trouvé ma mère…

- J'ai bien fait de ne pas t'écouter quand tu m'incitais à vendre, dit Narcissa d'un ton moqueur.

- Quoi qu'il en soit, dit Draco à Scorpius, c'était une très mauvaise idée.

Archibald renifla ostensiblement, n'appréciant pas franchement que Malefoy fasse une remontrance à son fils.

-Bien, dit alors McGonagall en se tournant vers les parents Miller, il semble acquis que votre fils est sain et sauf, je suggère donc qu'il reparte avec vous pour le reste du weekend, comme nous l'avions convenu.

Astoria et son mari hochèrent la tête en guise d'assentiment.

-Puisque tout semble rentré dans l'ordre, plus rien ne nous retient ici, dit alors Neville. Nous allons regagner le Ministère.

- Bien sûr, Monsieur Londubat. Merci pour votre aide, dit McGonagall.

- Oui, merci. Vraiment, ajouta Astoria.

Neville fit un sourire bienveillant. La seconde d'après, ses coéquipiers et lui avaient transplané.

-Monsieur Miller, dit la Directrice en reportant son attention sur son élève, vous allez regagner votre dortoir pour prendre vos affaires. Ne croyez cependant pas que cette histoire en restera là. Votre attitude a été inadmissible. Fort heureusement, votre ami Albus a eu plus de discernement que vous et a jugé bon de me prévenir de votre escapade. Je vous attends donc lundi à 9 heures précises dans ce bureau afin de vous infliger la sanction qui convient à votre comportement. D'ici là, je retire cinquante points à la Maison Serpentard en raison de votre fugue. Et j'accorde trente points à Monsieur Potter pour avoir agi comme il le fallait. Vous pouvez y aller. Un elfe viendra vous chercher quand il sera temps de partir.

- Oui, Professeur.

Le jeune garçon baissa la tête et s'apprêta à quitter le bureau. La tension dans la pièce était à son comble et Harry se dit que sa place n'était pas ici. Nul doute que les Miller et les Malefoy avaient certaines choses à éclaircir.

-Professeur ? dit-il. Si vous le permettez, je vais raccompagner Scorpius à sa salle commune. J'en profiterai pour voir mon fils.

- Comme vous voulez Monsieur Potter.

Draco lui fit un bref signe de tête, le remerciant silencieusement.

A peine la porte refermée sur Harry et Scorpius, Archibald Miller attaqua immédiatement.

-Tu es content de toi ? Onze ans ! Onze ans que Scorpius grandit sans aucun problème ! Et voilà que tu pointes et tu fiches tout en l'air !

- Baisse d'un ton Miller ! Et ne me rends pas responsable de ce qui vient de se passer ! Je n'y suis absolument pour rien ! Si Astoria était venue me voir pour me dire que Scorpius voulait me rencontrer, tout ça ne serait jamais arrivé !

- Laisse ma femme en dehors de ça !

- Les reproches ne vous mèneront nullement part, intervint Minerva. La question est de savoir ce que vous comptez faire à propos de Scorpius.

- MAIS RIEN DU TOUT ! éructa Miller.

- Archie, tempéra Astoria. Draco est le père de Scorpius. Il a le droit de le voir…

- Il n'a aucun droit ! C'est mon nom sur le certificat de naissance, pas le sien !

- Ne me provoque pas Miller, siffla Draco. Je n'ai rien fait jusqu'à présent parce que j'avais donné ma parole à Astoria mais maintenant que Scorpius est au courant de tout, je n'ai plus aucune raison de rester en dehors de sa vie ! Il veut me connaître, au cas où ça t'aurait échappé et si tu as un tant soit peu de jugeote, tu feras en sorte de régler cette affaire amiablement !

- Sinon quoi Malefoy ? ricana-t-il. Tu me menaces ? Et tu vas faire quoi au juste ? Te pointer au Magenmagot et leur dire qu'après onze ans d'absence, tu te décides enfin à reconnaître ton fils ? Tu crois vraiment que tu es en droit de réclamer quoi que ce soit ? Toi, un ex-mangemort sans aucune morale ?

- Retirez cela immédiatement.

Toutes les têtes se tournèrent vers Narcissa. En cet instant, ses yeux auraient pu faire geler le Phlégéton.

-De quoi vous mêlez-vous ? jeta sèchement Archibald.

- Archie, murmura Astoria d'une toute petite voix. Archie, s'il te plaît… ne dis plus rien…

- Quoi ? Tu crois que cette femme me fait peur ? Que pourrait-elle faire ? ricana-t-il. Me jeter un tricot à la figure ?

C'était la chose à ne pas dire. Minerva McGonagall laissa échapper un soupir résigné, en même temps qu'Astoria.

-Monsieur Miller, dit Narcissa d'une voix soyeuse et parfaitement maîtrisée. Ce que mon fils essaie de vous dire, et que, manifestement vous ne semblez pas comprendre, c'est que vous n'avez pas le choix. Scorpius est un Malefoy et il sera reconnu comme tel. Je m'en assurerais lundi à la première heure.

- Mère, souffla Draco… Essayons de ne pas en arriver là. Tout ce que je demande, c'est de pouvoir passer un peu de temps avec mon fils.

- Draco, Scorpius est un des Vingt-Huit, dit Narcissa, d'un ton sentencieux, comme si cela expliquait tout.

Contrairement à sa femme et à McGonagall qui semblaient avoir parfaitement compris, Archibald était perdu.

-Un des vingt-huit ? C'est quoi ça ?

- Le Registre des Sang-Pur, Monsieur Miller, expliqua Narcissa avec une bonté feinte, qui reprend les vingt-huit familles sorcières authentiquement sang-pur. Les Greengrass en font partie, et les Malefoy aussi, bien entendu, dit-elle avec hauteur. Ce qui fait de Scorpius un des Vingt-Huit également.

- Et alors ?

- Et alors ? singea Narcissa. La filiation des Vingt-Huit est régie par les Lois Anciennes, et pas par les lois du Ministère. Il me suffit de faire au Magenmagot une déclaration en ce sens, et le nom de Miller disparaitra du registre de l'état civil pour devenir Malefoy. C'est aussi simple que cela.

- C'est n'importe quoi… c'est…

- C'est la vérité, Monsieur Miller, dit le Professeur McGonagall. Les Lois Anciennes supplantent toutes autres lois quand il s'agit de la filiation des Vingt-Huit.

- Vous… vous ne pouvez pas…

- Vous pensez sincèrement que je vais laisser l'hériter des Malefoy recevoir une éducation qui n'est pas digne de lui ?

Astoria eut un mouvement de recul, choquée par les propos de Narcissa et surtout ce qu'ils impliquaient.

-Vous allez nous l'enlever ? s'exclama-t-elle.

- Non ! réagit Draco. Personne ne va t'enlever Scorpius ! Ni moi, ni ma mère. Personne !

- Draco ! s'indigna Narcissa. Il s'agit de ton fils ! De l'héritier de…

- IL S'AGIT D'UN ENFANT DE ONZE ANS DEJA SUFFISAMMENT BOULEVERSE PAR CE QUI LUI ARRIVE ! tonna son fils.

Un grand silence suivit le coup de colère de Draco. Même Archibald semblait fixer son rival avec reconnaissance.

-Comme je l'ai dit, répéta Draco plus doucement, tout ce que je demande, c'est de pouvoir passer un peu de temps avec Scorpius et apprendre à le connaître. Je ne veux rien de plus.

- Je… je crois que nous pouvons trouver un terrain d'entente, dit finalement Archibald, conscient désormais de ce qu'il risquait s'il continuait à s'opposer à la famille Malefoy.

- Bien. Merci, dit Draco.

O°O°O°O°O°O°O

Harry jeta un regard à l'enfant qui marchait à côté de lui. Scorpius n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient quitté le bureau de la Directrice. Ils avançaient dans les couloirs déserts, sans qu'Harry ne reconnaisse le chemin. Trop d'années avaient passé pour qu'il se rappelle comment on accédait à la Salle Commune des Serpentards.

-Vous croyez que j'ai fait tout ça pour rien ? demanda soudainement Scorpius.

- Pardon ?

- Mon père. Vous croyez qu'il voudra me revoir ?

- Bien sûr qu'il voudra te revoir ! Mais il n'est pas le seul à décider. Toi non plus, d'ailleurs. Et je ne pense pas que tu aies eu une brillante idée de t'enfuir comme ça.

- A ma place vous auriez fait quoi ? demanda Scorpius, sur un ton vindicatif. Si vous aviez découvert qu'on vous avait menti toute votre enfance, vous auriez fait quoi ?

Harry n'eut pas l'occasion de lui répondre car, sur l'entre-faits, ils étaient arrivés devant la porte de la Salle Commune, gardée par un tableau représentant un homme qu'Harry croyait ne plus jamais revoir. Les yeux d'obsidienne de Severus Rogue se posèrent sur lui et Harry eut l'impression qu'ils sondaient son âme. Puis ils s'adoucirent imperceptiblement. A ce moment, Harry aurait pu jurer que le Maître des Potions avait eu un bref hochement de tête. Comme une approbation.

-Semper, prononça Scorpius, inconscient de l'échange silencieux qui venait de se dérouler.

Le tableau s'ouvrit et Severus Rogue disparut à la vue de Harry.

La Salle Commune n'avait pas changé. Elle était toujours vaste, un peu sombre et baignée d'une étrange lumière verte. Deux larges canapés Chesterfield se faisaient face en son milieu, tandis que plusieurs fauteuils étaient disséminés aux quatre coins de la pièce.

Deux ou trois élèves relevèrent la tête pour identifier les arrivants et quelques murmures s'en suivirent. Harry put entendre son nom chuchoté à plusieurs reprises mais les élèves s'en désintéressèrent assez vite pour revenir à leurs occupations.

Un garçon apparut alors dans l'encadrement de la porte qui menait au dortoir.

-Papa ! cria Albus en reconnaissant son père.

Il remarqua ensuite que son meilleur ami se tenait juste à côté.

-Scorpius ! Tu es revenu ! Bon sang, j'étais…

- La ferme, Potter ! Et ne m'approche plus, dit Scorpius, en le bousculant sans ménagement.

- Mais enfin… Scorpius, qu'est-ce que tu as ?

- Tu n'es qu'un traitre Potter ! Je te faisais confiance ! Je t'avais demandé de ne rien dire à personne mais évidemment, il a fallu que tu ailles cafter chez la vieille McGonagall à la première occasion !

- Mais je voulais seulement…

- Tais-toi ! Je ne veux rien savoir !

Scorpius disparut dans le couloir, laissant Albus désemparé.

-Papa, qu'est-ce qu'il a ? J'ai seulement voulu l'aider ! J'ai…

- Chut, ce n'est rien, dit Harry en le serrant contre lui. Ça va lui passer, ne t'en fais pas. Il est en colère, c'est tout. Contre tout le monde. Mais ça va passer.

- Je n'aurais pas dû aller voir la Directrice.

- Bien sûr que si. Tu as fait exactement ce qu'il fallait.

Albus se dégagea de l'étreinte de son père et soupira lourdement.

-Il faut croire que les Potter et les Malefoy ne sont pas fait pour s'entendre…

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Bah… j'ai appris pour toi et Draco. Je sais que vous n'êtes plus ensemble.

- Quoi ? Mais qui te l'a dit ?

- Le monsieur dans la cheminée. Dubois, c'est ça ? Il a dit qu'il était ton compagnon.

Harry était perdu. Qu'est-ce qu'Olivier venait faire dans l'histoire ?

-Tu as parlé à Olivier Dubois par cheminée ?

- Pas moi. Le Professeur McGonagall. Après que je sois allé lui dire que Scorpius avait disparu, elle a appelé chez toi mais tu n'étais pas là. C'est ce monsieur qui a répondu. Quand McGonagall lui a parlé de Draco, il s'est énervé et il a dit que vous n'étiez plus ensemble. Après, McGonagall a demandé que tu la rappelles le plus vite possible, que ça concernait Scorpius et que c'était urgent.

- Bordel, siffla Harry.

Il se passa la main dans ses cheveux, ne parvenant pas à croire qu'Olivier avait délibérément omis de lui parler de cet appel. Il devrait avoir une très sérieuse conversation avec lui.

-C'est vrai ce qu'il a dit ?

- Quoi ? dit Harry, sortant de sa réflexion.

- Ce monsieur, il a dit qu'il était ton compagnon. C'est vrai ?

- Oui, c'est vrai. Il s'appelle Olivier Dubois. C'est un ancien joueur de Quidditch. Maintenant, il est entraîneur.

- Génial, dit Albus d'un ton morne. Il va plaire à James, alors.

- Il te plaira aussi, tu verras. Il est très gentil.

Excepté quand il décide de me cacher des choses, pesta Harry en lui-même.

-On va le rencontrer ?

- J'aimerais bien, oui. Il passera sans doute quelques jours à Noël avec nous. Tu es d'accord ?

- C'est ta vie papa. Tu fais ce que tu veux.

Le ton froid de son fils n'avait pas échappé à Harry.

-Ecoute, Albus… Je sais que tu aimais beaucoup Draco. Je l'aimais beaucoup aussi… mais… on ne voulait pas la même chose dans la vie. C'était un peu difficile de continuer ensemble, si on n'avait pas les mêmes attentes… tu comprends ?

Albus haussa les épaules. Tout ce qu'il comprenait, c'est que Draco était le seul petit-ami de son père qui, jusqu'à présent, s'était intéressé à lui pour ce qu'il était et pas parce qu'il y était obligé.

-Tu vas le dire à James ?

- Oui. J'aurais bien aimé le voir aujourd'hui mais je suppose qu'il est à Pré-au-Lard ?

Son fils hocha positivement la tête.

-Ceci dit, je pourrais peut-être aller là-bas et…

- Ça je ne te le conseille pas, dit vivement Albus.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il s'est décidé à inviter Amanda !

- Oh ! Evidemment… il n'appréciera pas de me voir débarquer en plein milieu de son rendez-vous, rigola Harry.

- Ça c'est sûr !

- Bon, eh bien je lui écrirai dans ce cas. Je le ferai dès ce soir, et si…

Des coups frappés à la porte l'interrompirent. Comme personne n'allait ouvrir, les coups redoublèrent d'intensité. Finalement, un élève de deuxième année s'extirpa d'un fauteuil et, sans se presser, ouvrit le battant.

-C'est pas trop tôt ! lança une voix sèche et un peu trainante. Faut arrêter de te secouer la tige, morveux, ça rend sourd ! Et puis, c'est quoi ce tableau à la con ? Il faudrait peut-être expliquer à son abruti d'occupant qu'il est censé rester dedans !

L'élève fut poussé sur le côté par le visiteur et le regarda entrer avec des yeux exorbités. Les autres élèves présents en firent autant.

-C'est… c'est Draco Malefoy…

- J'y crois pas… Malefoy… le Préfet…

- Ouais… l'ancien attrapeur…

Manifestement, la présence de l'ancien Prince des Serpentards dans les murs de la Salle commune était bien plus impressionnante que celle du Survivant.

-Draco ! s'exclama Albus en le voyant entrer.

Il courut vers lui et l'étreignit avec force devant le regard médusé de ses camarades.

-Salut Albus, dit gentiment Draco en lui ébouriffant les cheveux. Je viens chercher Scorpius. Il est là ?

- Quoi ? Scorpius s'en va ? paniqua le garçon. Il… il est renvoyé, c'est ça ?

- Non, pas du tout. Il va simplement passer le reste du weekend chez ses parents.

- Ah.

Le soulagement était palpable dans la voix d'Albus.

-Il est dans le dortoir. C'est au bout du…

- Je sais encore où c'est, sourit Draco.

Il marcha en direction du couloir, non sans jeter un regard condescendant au petit groupe d'élèves qui le fixaient toujours comme des strangulots hors de l'eau.

-Hé quoi ? Vous voulez ma photo, bande d'idiots ?

Les élèves sursautèrent et se détournèrent tout aussi vite.

Harry, resté en retrait, ne put s'empêcher de rire.

O°O°O°O°O°O°O

Draco frappa trois petits coups à la porte du dortoir avant d'entrer. Scorpius était debout devant son lit, en train de ranger quelques affaires dans un petit sac de voyage. Milo, qui zigzaguait sur la couverture, se redressa et siffla doucement en direction de l'arrivant, comme pour le saluer.

-Tes parents t'attendent, dit Draco avec douceur.

L'enfant hocha la tête. Il se détourna pour prendre ses affaires de toilette rassemblées sur la table de nuit. Méticuleusement, il les rangea dans une petite trousse.

-Je suis désolé, dit-il. Je ne voulais pas causer d'embarras.

- Peu importe. Tout ce qui compte, c'est que tu sois sain et sauf. On s'est tous beaucoup inquiété pour toi.

- Je sais. Je suis désolé, répéta le garçon.

- Je ne comprends pas, Scorpius… pourquoi ne m'as-tu pas écrit ? Les hiboux auraient su où me trouver.

Scorpius resta silencieux un moment tandis qu'il inspectait sa brosse à dents avec beaucoup d'attention.

-Il y a des choses qu'on ne peut pas écrire, dit-il soudain très grave. Il y a des choses qu'un père et son fils doivent se dire face à face.

Il s'était retourné pour fixer Draco, dans une attitude rigide, comme s'il le défiait de le contredire. Mais Draco ne songeait pas à le contredire. Au contraire. Une boule douloureuse se forma dans son ventre, non pas à cause de Scorpius, mais à cause de ce qu'il venait de dire. Des paroles bien trop sages pour un enfant de onze ans et qui le renvoyaient brutalement à son propre comportement.

-Je comprends, dit-il.

Scorpius termina de ranger ses affaires et referma son sac.

-Que va-t-il se passer ? demanda-t-il les yeux baissés.

- Pour l'instant tu vas rentrer avec tes parents. Ensuite…

- Je parle de nous.

- Oh. Eh bien, tes parents sont d'accord pour que tu passes quelques jours avec moi pendant les vacances de Noël. Si tu es d'accord, évidemment…

Un sourire rayonnant illumina les traits du jeune garçon. Il fit le tour du lit et enserra la taille de son père avec force. Draco posa une main dans son dos, l'autre sur sa tête, la pressant un peu plus contre son torse.

-J'ai tellement hâte de te connaître, murmura Scorpius.

- Moi aussi, mon bonhomme. Moi aussi.

O°O°O°O°O°O°O

Harry se trouvait toujours dans la Salle commune, discutant avec son fils. Quand ils virent Draco et Scorpius, ils se levèrent tous les deux. Résolument, Albus avança vers on ami.

-Je suis désolé si tu penses que je t'ai trahi, dit-il, mais ce n'est pas le cas. J'étais inquiet pour toi. Vraiment très inquiet. Je ne…

- La ferme, Potter.

Albus ne protesta pas. Scorpius le serrait contre lui à l'étouffer.

-Si ç'avait été toi, j'aurais fait pareil, dit Scorpius. Tu es mon meilleur ami. Tu es le seul qui a le droit de me dire quand je fais n'importe quoi.

Il s'écarta et se dirigea vers la porte de sortie, suivit par Draco.

Ce dernier s'arrêta cependant à hauteur de Harry.

-Je vais aller le voir.

- Quoi ?

- Mon père. Je vais aller le voir.

- Oh.

Draco lui sourit un peu tristement.

-Oui. Il y a des choses qu'un père et son fils doivent se dire. Face à face.

O°O°O°O°O°O°O

Appartement de Harry Potter, Fulham, Londres

-Harry ? C'est moi !

Olivier posa son sac contenant ses affaires de Quiddtich dans l'entrée et se débarrassa de sa veste.

-Harry ? répéta-t-il en entrant dans le séjour.

La pièce était totalement silencieuse, si on exceptait le craquement des buches dans la cheminée. Olivier regarda aux alentours, remarquant enfin la silhouette de Harry, assis dos à lui, dans un des fauteuils du séjour.

-Harry ? s'inquiéta-t-il. Quelque chose ne va pas ?

Harry se leva, fit le tour du siège pour se placer face à Olivier, baguette dirigée droit sur lui.

-Donne-moi une bonne explication sur le fait que j'ai reçu un appel urgent de Poudlard ce matin et que tu n'as pas cru bon de m'en avertir.

Le ton froid et menaçant fit littéralement frissonner Olivier.

-J'attends.

Olivier soupira. Il n'essaya même pas de nier.

-Je n'en ai aucune.

- MAIS PUTAIN OLIVIER ! QU'EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ TOI ? cria Harry.

Il était tellement en colère que sa baguette se mit à crépiter dangereusement.

-Je suis désolé. McGonagall a parlé de Malefoy… puis d'un autre mec dont je ne savais rien… ça m'a mis en rogne… Je n'ai aucune excuse.

- L'autre mec en question, c'était un gamin de onze ans qui avait disparu de Poudlard !

Le visage d'Olivier devint blême.

-Merde, souffla-t-il. Je… je… il va bien ? Vous… est-ce que…

- C'est bon, admit Harry. On l'a retrouvé sain et sauf.

- Oh bordel, je suis tellement désolé Harry… Je t'en supplie, crois-moi… je suis vraiment, vraiment désolé… Si j'avais su…

Harry souffla lourdement et abaissa sa baguette.

-Qu'est-ce que je t'ai dit ce matin à propos de la jalousie ? demanda-t-il avec lassitude.

- Je sais… je regrette… c'est plus fort que moi… Je t'aime tellement, Harry. Le fait de savoir que Malefoy te tourne toujours autour me rend fou !

- Malefoy ne me tourne pas autour ! Pour ta gouverne, il n'a même pas bronché quand je lui ai dit que c'était fini entre nous ! Il a… accepté, tout simplement ! Alors arrête de lui prêter des intentions qu'il n'a pas !

Olivier hocha la tête et ferma les yeux.

-Je crois que je vais rentrer chez moi, dit-il. Ça vaut mieux.

Il traversa le salon pour aller rechercher ses affaires dans l'entrée.

-Olivier, attends.

Il s'arrêta mais n'osa pas se retourner pour regarder Harry.

-Reste.

A suivre...