Hello à tous !
Mille excuses pour l'heure tardive à laquelle je poste les nouveaux chapitres, cet été fut chargé, jusqu'à présent, en événements.
Je remercie chaleureusement celles et ceux qui ont laissé quelques reviews, c'est motivant ! Le trafic sur la fanfiction est plutôt bon pour un début, donc merci merci aux visiteurs, mais ne soyez pas timides, laissez vos impressions !
greed72 : bien vu, en effet Shiryu n'est pas chinois mais japonais. Gageons que DM, dans son orgueil de chevalier du plus haut rang, ne s'est jamais tellement abaissé à s'intéresser à la vie de ses petits camarades des rangs inférieurs, ce qui expliquerait son erreur... :))
Le fait de se savoir lue motive grandement l'envie d'écrire, de continuer l'histoire et surtout de trouver des idées. J'en ai quelques-unes en tête... J'espère qu'elles vous plairont.
Pour comprendre certains détails qui apparaissent dans ce chapitre, je vous invite à aller lire la nouvelle fanfic que je viens de publier, « La creatura bella bianco vestita ».
Bonne lecture !
L'Amazone.
Chapitre 3
« Le meilleur des maîtres »…. Qui l'eut cru en effet… » Aphrodite fit perler un rire cristallin à l'écoute du récit que DM venait de lui faire, à lui et à Shura, le lendemain matin. Oui vraiment, à y regarder de près, c'était des plus comiques.
« Arrête de te moquer, Princesse. Qui eut cru également que tu serais bon à autre chose qu'à te peinturlurer les ongles, hein ? » répondit agressivement DM.
La remarque stoppa net le rire du chevalier des Poissons.
« Elle me touche cette gamine. Tu sais que c'est la préférée d'à peu près tous les chevaliers d'or ? » Assis sur les marches de son temple, Shura n'avait pas relevé la tête, trop occupé à graisser des épées d'entraînement.
DM eut un air soupçonneux : « Tu insinues quoi le bouquetin ? Que tous nos nobles pairs, si valeureux et si obsédés, lui courent déjà après ? Les putes de Rodorio et d'Athènes ne suffisent plus ? »
Shura haussa les épaules : « Qu'est-ce que tu vas chercher… Panorea n'est plus une enfant, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. C'est une excellente apprentie, elle est gentille avec tout le monde et tout le monde l'aime. Souviens-toi que c'est la première à avoir atteint la vitesse des chevaliers de bronze parmi nos apprentis, elle nous a tous étonnés. Elle fera un excellent chevalier d'or. »
DM grommela. Le Capricorne ne lui disait pas tout. Il tourna la tête vers Aprodite : « Qu'en penses-tu, toi ? »
Le beau Suédois se mura dans un silence dédaigneux. « Bon, si tu ne réponds pas, c'est que tu es vexé. Et jaloux. J'en conclus que tu estimes beaucoup Panorea », ricana DM.
Aphrodite haussa les épaules et tourna les talons. Les deux chevaliers le suivirent du regard un instant, puis DM s'assit à côté de son frère d'armes : « Mon cher Shura, parmi les chevaliers d'or, dans ton « à peu près », je distingue nettement les traits d'un Suédois ». L'Espagnol rit franchement, puis reprit son ouvrage.
« Et ton apprenti, il progresse ?, l'interrogea DM.
« Pas autant que je le voudrais il ne fera pas un successeur digne de moi, ce qui me déçoit. Un chevalier d'argent, tout au plus. Ils sont rares, les chevaliers de la trempe de ton apprentie ».
« Tu ne me dis pas tout, Shura. »
Cette fois, le Capricorne croisa le regard ferme de l'Italien. « Je ne vois pas de quoi tu parles. »
« Serais-tu amoureux de Panorea, par hasard ? »
Le chevalier en resta bouche bée. « Angelo, enfin… elle a 16 ans ! »
« On n'a jamais vu que ça empêchait quoi que ce soit. Je trouve qu'elle traîne beaucoup ici d'ailleurs. »
« Tu sais très bien que c'est plus pour Alejandro* que pour moi. Elle continue à m'appeler « tonton Shura » ! Enfin débarque… Elle est très jolie et forte, mais bon… »
« Ah ! tu vois, tu avoues. Me fais pas croire que c'est pour ta bourrique qu'elle vient. »
Shura lui lança d'abord un regard assassin. Insulter son cheval revenait à l'insulter, lui. Il préféra finalement calmer le jeu, repris son trempage en dodelinant de la tête : « Tu es bien un sale Rital, jaloux et possessif. Ce n'est ni ta fille, ni ta femme ! Ni ta sœur tiens. Après tout, elle fait ce qu'elle veut. Elle traîne aussi beaucoup avec Kikieon. »
DM haussa les épaules : « C'est comme son frère, il était le seul de son âge avec qui elle pouvait sympathiser en arrivant ici. »
« N'empêche que le beau rouquin de Mû dédaigne toutes les filles pour elle… Je ne sais pas si elle lui rend son affection… Enfin et puis tiens, démerdes-toi, après tout, pourquoi tu me parles de tout ça au juste ? » demanda Shura en se relevant.
« Elle a changé. Elle rougit sans arrêt, me regarde bizarrement… Tu as bien entendu tout ce que je vous ai raconté. »
«…Et ? »
« Je me demande si elle n'est pas amoureuse. »
Shura eut un petit rire amusé. Il posa son épée, fit face à DM et posa ses mains sur ses épaules : « Faut-il que tu sois aveugle… Pourtant, depuis le jour où tu l'as ramenée parmi nous, ça crève les yeux. »
« Quoi ? » dit DM avec un haussement de sourcils.
« Angelo… c'est de toi que ta petite bellezza est amoureuse. »
« De moi ? Allons, tu délires. »
« Et pourquoi elle rougirait d'être en ta présence ? Pourquoi elle ne veut pas rester dans ta chambre ? Pourquoi elle t'embrasse la main ? »
Gêné, DM grommela : « Piété filiale, dirons-nous. »
« Absurde. Elle est amoureuse de toi, crois-moi. » Shura ferma un peu les yeux, et ajouta avec un sourire : « En même temps, je la comprends. »
DM se retourna et regarda Shura, étonné. Oh, et puis, pas si étonné que ça… Il sourit lui aussi, au souvenir de ces quelques moments qu'ils avaient passé ensemble, unis et même fous amoureux. Shura n'avait jamais caché qu'il aimait les deux sexes, et que l'Italien avait été le meilleur amant qu'il avait jamais connu.
DM garda son sourire, passa rapidement une main sur la joue de Shura : « Mais nous… nous sommes des hommes, des adultes. Des frères. Nous pouvons tout nous permettre. Il y a cependant des interdits qu'on ne doit pas dépasser. »
« Je ne pense pas que quiconque y trouverait à redire. »
« Possible, mais moi je ne préfère pas. »
DM se détourna et commença à descendre les escaliers de marbre. « Une dernière question… Est-ce que tes sentiments à toi sont clairs, envers Panorea ? »
DM resta un instant sans rien répondre, sans se retourner. « Honnêtement ? »
« Honnêtement. »
« Shura… je n'en sais rien. C'est bien ce qui m'ennuie. »
Il ne dit plus rien et partit.
Descendant prestement les marches qui le séparaient de son temple, Deathmask méditait. Ce mot même le fit sourire. Jamais auparavant il ne serait parti dans de telles réflexions...
Et est-ce que je l'aime, et m'aime-t-elle, et qu'est-ce que je dois faire… bah ! Bêtises de femelles. Pas bon pour moi tout ça. Je me ramollis… Quand Grand Mouton** m'envoyait en mission, je n'avais pas de temps pour ça. Pas de temps pour elle, non plus. C'est Shura qui s'en occupait. Je suis sûr qu'il l'aime, le bougre. Sale Espingouin menteur. Diable, toujours cette pensée !
De rage, il donna un coup de pied dans un rocher, le brisant en morceaux. Juste à côté du temple de Shaka, pas malin ça. L'hindou n'était pas très patient avec lui, il allait encore lui dire qu'il faisait décidément trop de bruit dans ce lieu sacré qu'est le Sanctuaire. DM haussa les épaules, s'assit un instant sur l'escalier de marbre. Qu'il aille au diable celui-là aussi.
Le Sanctuaire… A sa droite, DeathMask avait une vue imprenable sur la vallée silencieuse et le baraquement des apprentis. Oh dieux, qu'est-ce qu'il donnerait pour sortir de ce marasme, cet ennui, cette impression de tourner en rond... A quoi servaient-ils, depuis des années, enfermés en autarcie, comme disparus de la surface de la Terre, grandioses et inutiles ? A pas grand chose, il fallait bien l'avouer. Les chevaliers de Bronze avaient une vie plus libre, eux. Et lui, qui entraînait une jeune femme… Il ne savait pas trop dans quel but, finalement. Au moins n'allait-elle pas moisir dans un bureau, coincée entre l'ennui, des collègues insupportables et un patron tripoteur, ou vendre son corps pour survivre, ou encore se marier, faire 3 enfants, et périr de frustration à 50 ans. Au moins aurait-elle de quoi se défendre dans ce monde. Fidèle à sa nature franchement rebelle, DM n'imaginait pas que l'on puisse vivre une vie d'esclave, jalonnée d'évènements depuis longtemps prévus par la société et n'existant que pour attendre la mort. Pour lui-même, il avait souhaité autre chose, aussi cruel que sa vie eut été, et ce n'était pas un si grand hasard si le destin avait mis Panorea sur son chemin.
Pourtant, les mots de Shura trottaient obstinément dans sa tête. Il devait l'admettre, il savait, lui aussi. Si les autres le voyaient également, la chose devait être plus que sûre. Panorea l'aimait, depuis le premier jour. Comme un père, sans doute. Aujourd'hui, peut-être différemment. Peut-être qu'il devait la pousser à partir. A faire le tour du monde. Tiens… c'est une idée pédago intéressante, ça. Il en parlerait à Grand Mouton.
DM se releva, et après un dernier regard sur la vallée, repris sa descente. Demain, il la renverrait à ses camarades. Peut-être qu'elle avait raison. Il ne fallait pas laisser naître trop d'ambiguïté.
*voir « La creatura bella bianco vestita »
une autre fanfic que j'avais écrite et sur laquelle l'anecdote se base. Oui, j'ai doté Shura de la possession d'un cheval... espagnol. J'avais envie d'enrichir le personnage:)) c'est ça qui est beau avec l'art de l'écriture : la liberté d'imaginer est totale !
** Lu dans une fanfic, je ne sais malheureusement plus laquelle ! J'avais trouvé l'anecdote très drôle (surnom de Shion donné par DM lorsqu'il était enfant), et si l'auteur(e) se manifeste, j'espère qu'il/elle appréciera l'hommage que je lui rends en empruntant ce surnom sympathique.
